«Comme d’habitude, se plaint un enseignant, Charles Martin, notre belle langue, que tout un chacun tente éperdument de défendre à grands cris, montre des signes grammaticaux d’un vide incongru. Voici le titre d’un paragraphe d’un de mes élèves: Dans un battement d’aile. Mes trois amis linguistes n’ont pu s’entendre sur l’accord du mot «aile». Au pluriel ou au singulier? Y’a un trou!»Il est vrai que notre belle langue est parfois compliquée. Mais ce n’est pas le cas ici. Je ne sais pas pourquoi vos amis linguistes hésitent sur cet accord, mais le Robert et le Larousse ne tergiversent pas. On écrit battement d’ailes ou battement des ailes, comme on écrit battement des mains. Mais on écrit battement du cœur. Tout cela est bien logique.Jurons et vulgaritésUn de nos fidèles lecteurs a été bien étonné de voir le mot Christ métamorphosé en ****** dans un de ses commentaires. Je l’ai été tout autant que lui. Vérifications faites, j’ai appris qu’un logiciel était été récemment installé pour faire disparaître grossièretés et jurons, apparemment fréquents dans certains blogues de sport.
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Fabrice / Bruxelles
20 Avril 2006
08h23
Aha, voilà donc l’explication de la censure qui avait frappé un innocent “p’tit” (pour petit) d’un commentaire que je vous avais envoyé…
Grmbldrvrdmjdrft !
;-)
Pierrette Laberge
20 Avril 2006
08h32
J’ai consulté mon fidèle compagnon, le Grand Robert, et sa réponse à ce sujet contredit le petit frère, si c’est bien ce dernier que vous avez consulté. En effet le Grand dit : «…S’envoler d’un coup d’aile. Battement d’aile. Partir à tire d’aile.» Plus loin il y a une citaion de Victor Hugo : «Et ses beaux petits bras ont des mouvements d’aile.» Est-ce que le pluriel est pour autant incorrect ? Pas nécessairement. Il peut y avoir une nuance entre les deux selon qu’il s’agit d’une ou plusieurs ailes. On parle de battements de mains en général parce qu’on bat les deux mains ensemble. Mais attention, un chef d’orchestre bat la mesure avec sa main droite. On dira donc : «Le chef indique la rapidité du morceau avec son battement de main.» Ici le pluriel serait erroné. Bref, à mon avis, les linguistes de votre interlocuteur avaient raison de se questionner. Comme on ne sait pas exactement de quoi il s’agit, il est difficile de trancher.
Réponse
À aile, le Grand Robert écrit effectivement battement d’aile. Mais à battement, le même ouvrage écrit battement d’ailes et battement des ailes.
On entendit un grand battement d’ailes.
Le battement d’ailes précipité de la chauve-souris.
À mon avis, le pluriel est bien plus logique.
motamo
20 Avril 2006
11h53
A priori et de façon générale, mère logique soutient effectivement le battement d’ailes pour bien de terre décoller.
Toutefois s’envolent parfois quelques savoureuses exceptions. Par exemple en est-il du battement d’aile du pluvier, feignant la blessure, dans le but d’attirer l’attention vers lui pour la détourner de son nid, lorsqu”il ressent sa progéniture menacée. Il ne bat alors que d’une aile cet oiseau à la digne cervelle !
Quant au battement du pouls, signe de vivacité, il ne cause jamais problème…
Que de subtilité(s), de finesse(s) et de fantaisie(s), arbore notre belle langue !;)
Suzanne Lamy-Thibaudeau
20 Avril 2006
14h21
Bonjour,
J’aimerais savoir la différence du singulier et du pluriel dans ces énoncés : Un battement d’aile, et des battements d’ailes. N’y a-t-il pas deux ailes lorsqu’il y a battement singulier ou pluriel ? Éclairez-moi s.v.p.
Pierrette Laberge
20 Avril 2006
16h36
Comme j’ai dit plus tôt, il y a une différence entre le pluriel et le singulier. À mon avis, un n’est pas plus logique que l’autre. S’il s’agit d’une seule aile, on met le singulier. S’il s’agit de plusieurs ailes, on met le pluriel. Si on ne sait pas le nombre d’ailes en question (et à l’oral il n’y a pas de différence), on met l’un ou l’autre. Toute la logique est dans le nombre d’ailes.
motamo
20 Avril 2006
17h14
Battement dans le sens de «battement d’aile(s)» se définit comme étant un «mouvement alternatif rapide» (Larousse).
Alors, selon le contexte et la nuance désirée, tout est possible : un battement d’aile ou d’ailes ou des battements d’aile ou d’ailes… Il n’y a donc pas de quoi battre de l’aile, point de difficulté!
Par ailleurs, étonné voire sidéré, fus-je moi-même itou de constater la censure du «Christ» de notre compère «voixducentre» alors que, par exemple, le kirpan est toléré même dans nos écoles, avec l’aval des «Pères Noël» de la Cour Suprême. Quelle folie au nom de la Charte des Droits et Libertés… Droits et Libertés sans responsabilité, frôle-t-on quelque peu l’anarchie ? Je déborde, puissiez-vous m’en excuser ?
D’ailleurs, question de tenter le diable lors du dernier weekend pascal, j’ai employé l’expression «je m’en crisse» au sens de «je m’en fous» et je fus censuré, pardieu! Pourtant «s’en crisser» au sens de «s’en foutre» ne constitue-t-il pas un québécisme bien intégré et suffisamment décent ?
À tire d’aile, tempus fugit, je vous quitte. Bonne fin de journée !
G. Fournier
21 Avril 2006
10h36
J’écrirais ailes au pluriel. A-t-on déjà vu un insecte avec seulement une aile. Si oui, informez-moi.
J’ai une question: On entend souvent “à date”. Ai-je raison d’avoir un hérissement de poils à chaque fois? N’est-ce pas un anglicisme de “up to date”? Je l’entends si souvent que je me demande parfois si je ne fais pas erreur?
Merci
G. Fournier
SEB
23 Avril 2006
23h14
Habituellement, on utilise cette expression pour parler de l’envol d’un oiseau. Donc logiquement, “aile” prend un “s”.
Ne pas confondre avec “battre de l’aile”, qui signifie “avoir peine à démarrer”.
motamo
23 Avril 2006
23h14
Primo.
«À date et jusqu’à date sont des calques de l’anglais « to date » et « up to date ». Si on veut dire qu’un document est actualisé, au jour où l’on se trouve, il faut dire : il est à jour. Veuillez mettre mon livret à jour. Ce fichier est inutilisable, il n’est pas à jour.Par ailleurs, si on veut indiquer que le moment où l’on parle constitue une limite dans le temps, on peut utiliser les expressions jusqu’à présent, jusqu’à maintenant, jusqu’ici.»
Tiré du site de l’OLF à l’adresse hyperlien
Deuzio.
De la gent ailée monoptère, deux espèces distinctes, pointent à l’horizon zébré :
L’un issu de l’imaginaire, le «pihi» symbiotique, sous la plume poétique d’Apollinaire :
«De Chine sont venus les pihis longs et souples
Qui n’ont qu’une seule aile et qui volent par couples»
(Guillaume Apollinaire, Alcools, Zone)
L’autre, plus terre à terre à ses heures, le «deltiste» dit aussi libériste. Alaire, ce primate bipède s’agrippe à son deltaplane, allègre, pendant que de ses soucieux congénères pestent de la grippe aviaire…
Comment terminer ce périple céleste sans ce dernier battement d’ailes d’Hugo, en terme d’épilogue si doux à l’oreille :
«Mes vers fuiraient, doux et grêles,
Vers votre jardin si beau,
Si mes vers avaient des ailes
Des ailes comme l’oiseau.»
(Hugo, Victor, Les Contemplations, II, 2.)
Enfin, avant de m’alourdir de trop de plomb dans l’aile, illico je me retire et ma révérence je vous tire!
Jacques Blais
23 Avril 2006
23h15
Comment s’en faire si un professeur et trois linguistes ne s’entendent pas malgré qu’ils aient tous saisi le sens de la locution ? Le commun des mortel, et encore moins s’il est un étudiant du secondaire, ne se pose pas la question suivante lorsqu’il écrit la locution : «S’agit-il ici de battement d’une aile, du battement des deux ailes, ou du battement de quattre ailes (si le sujet est une libellule)?». Il cherhce plutôt à convier un message qui sera lu pour son contenu…
Chartier Pierre
23 Avril 2006
23h15
… les ailes d’un ange, les ailes du désir,des ailes de poulet. Il me semble que pour prendre son envolée, ils faut deux ailes, non? Donc pour moi , ce serais au pluriel mais j’ai quand même un petit doute!
voixducentre
23 Avril 2006
23h15
Intuitivement, instinctivement, j’écrirais “battement d’ailes”. Tout simplement parce que normalement, un oiseau ou insecte bat des deux ailes pour voler ou s’envoler. Il arrive bien sûr qu’un oiseau ou insecte batte d’une seule aile, mais il faut associer cela à une dysfonction; aucun oiseau ou insecte ne s’envolera en battant d’une seule aile. Quand j’étais gosse (dans le sens d’enfant et non de testicule), cruels que nous étions, il nous arrivait d’attraper une mouche et de lui enlever une aile; la pauvre bestiole ne pouvait plus voler et le battement de l’aile restante la faisait tourner en rond, au sol, bien entendu. Alors, pour moi, un battement d’aile, sans “s”, fait handicapé ou suggère une anomalie.
Petite anecdote personnelle: en 1936, avant la guerre, pas celle du Golfe ou d’Irak, mais la deuxième guerre mondiale, celle dont mon père disait “ce n’est rien, vous n’avez pas connu la “VRAIE” (i.e. celle de 1914-1918), j’étudiais au Séminaire des Trois-Rivières et un Français de France avait été engagé pour nous donner des cours de diction. Nous apprîmes plus tard, qu’il avait fui le Front populaire de Léon Blum et que de retour chez-lui, il s’était installé à Vichy pour aider le Maréchal ! Toujours est-il que lors de son premier cours, il se présente en ces termes: “je m’appelle X, j’ai une femme, trois gosses…”Le cours était terminé dans le fou rire général. C’était la première fois que nous entendions le terme “gosse” au sens d’enfant et pourtant il y a peut-être un lien, car en faisant une jeu de mot franco-canadien pour les uns (ou franco-québécois pour les autres), nous pourrions dire que “sans gosses, il n’y aurait pas d’enfants”.Mais quelqu’un de plus sérieux pourra peut-être m’expliquer comment est née cette acception locale du mot “gosse”.
P.S. En entendant le vacarme qui se passait dans la classe, le directeur, un abbé quelque peu sévère, se pointe ; nous étions convaincus de tous écoper d’une retenue le samedi après-midi (à l’époque, il y avait cours le samedi matin). Le saint homme demande au professeur ce qui se passe et ce dernier lui répète ce qu’il nous avait dit ; nous avons repris notre fou rire et le directeur, d’habitude sombre, discret et réservé, riait lui-même aux larmes. Il n’y a plus eu de cours de diction.
Makeme
23 Avril 2006
23h16
Moi je dirais qu’il faut BATTRE le fer quand il est chaud!!!