Le linguiste Jacques Maurais a fait parvenir à certains journaux une lettre ouverte aux membres du Conseil supérieur de la langue française. M. Maurais est ancien chercheur au Conseil de la langue française, ancien coordonnateur de la recherche et de l’évaluation à l’Office québécois de la langue française. Il a co-dirigé l’ouvrage L’Avenir du français (Agence universitaire de la Francophonie, 2008).
Pour ma part, je suis entièrement d’accord avec cette lettre. Beaucoup d’entre vous le seront aussi, j’en suis convaincu. Et quelques-uns, bien sûr, seront en désaccord. Quoi qu’il en soit, j’aimerais connaître votre point de vue. À lundi.
Le Conseil supérieur de la langue française doit se prononcer sur la norme du français au Québec au cours de l’automne. Le 23 septembre, à l’occasion d’un colloque tenu au Musée national des beaux-arts de Québec, le président du Conseil a indiqué qu’il entendait proposer l’adoption d’une norme proprement québécoise.
Dans ces circonstances, il n’est sûrement pas inutile, avant qu’ils se prononcent officiellement et définitivement, de rappeler aux membres du Conseil que leurs prédécesseurs ont toujours fait montre de beaucoup de prudence dans leurs prises de position sur la norme du français.
Un sujet délicat
Un événement récent est venu illustrer jusqu’à quel point la question de la norme du français à promouvoir au Québec est un sujet délicat : qu’on se rappelle le tollé de protestations qui a suivi la proposition débattue par le Parti québécois de recentrer l’enseignement de la langue autour de la « langue québécoise standard orale et écrite ». Toutefois, ce qui n’a pas été mentionné dans la presse francophone, mais l’a été dans la presse anglophone, c’est que la promotion de cette langue québécoise pouvait être en fait un facteur de discrimination envers les anglophones et les allophones. Ces derniers en particulier, qui de plus en plus apprennent le français avant même de venir s’établir chez nous, sont prévenus avant leur départ que la langue de travail au Québec est le français. Or, que découvrent-ils à leur arrivée ? D’abord, qu’il est difficile de se trouver du boulot. Ensuite, que pour travailler à Montréal il faut, plus souvent qu’autrement, connaître l’anglais. Imaginez leur déconvenue s’il faut en plus qu’on leur dise qu’ils n’ont pas appris la bonne variété de français !
Langue d’intégration ?
Le président du Conseil, dans sa déclaration du 23 septembre, propose de faire de la variété québécoise de français la langue d’intégration des immigrants allophones. En théorie, dans un monde idéal - celui de quelques linguistes -, la proposition est intéressante et même fascinante. Mais on voit mal comment elle pourra être mise en pratique dans les salles de classe de Montréal où les élèves « de souche » sont fréquemment en minorité ou parfois même absents. Par ailleurs, on sait que les immigrants, dans les premières années suivant leur arrivée, s’établissent souvent dans les quartiers les plus défavorisés de la métropole, là où la langue parlée est loin d’être la « langue québécoise standard en usage au Québec », pour reprendre la formulation de certains linguistes proches du Conseil.
Trop de flou
En ce qui concerne l’enseignement du français dans les écoles du Québec, les consignes doivent être claires, surtout que le système scolaire continue d’avoir de la difficulté à assimiler la dernière réforme des programmes de français. Rien n’est plus dommageable que le flou dans l’apprentissage. Or, les propos du président du CSLF en commission parlementaire le 18 mars dernier sont de nature à semer la confusion : il a affirmé que les « registres familiers […] sont en général assez bien assimilés par les élèves » et que ces derniers pourraient d’ailleurs en montrer à leurs maîtres sur ce point » ; bref, les élèves n’ont pas de leçon à recevoir ! Et il a ajouté : « le rôle de l’école est de faire acquérir, tant à l’oral qu’à l’écrit, la maîtrise des niveaux de langue standard ».
Il y aurait donc plusieurs niveaux de langue standard. Là, je ne comprends plus. Sans doute est-ce une façon de dire qu’il y a la langue québécoise standard et le français dit international. Mais en l’absence de manuels du québécois standard, il est inimaginable d’un point de vue pédagogique d’introduire son enseignement à l’école. D’un point de vue sociologique, une telle proposition soulève des problèmes autrement plus sérieux.
Car l’imposition d’une langue standard n’est pas une opération anodine. Le standard entraîne une dévalorisation des autres variétés, il affermit les barrières sociales déjà existantes et conforte les mécanismes d’exclusion, confinant certains locuteurs hors de la variété nationale et dans un statut d’infériorité sociale. Dans ces conditions, il faut se demander quel standard cause le moins d’injustices sociales, tant chez les membres de la société d’accueil que chez ceux qui viennent avec le désir de s’intégrer à cette dernière : le standard québécois, qui n’est encore décrit nulle part, ou le français dit international, bien décrit dans de nombreux manuels et dont l’enseignement se fait partout dans le monde ?
L’enseignement du français fait face à des difficultés déjà assez grandes sans qu’il soit besoin de venir brouiller les cartes avec une proposition visant à introduire une nouvelle norme alors que les résultats scolaires en maîtrise du français sont à la baisse.
Réussite à la baisse
À cet égard, le rapport quinquennal publié par l’Office québécois de la langue française en mars dernier est on ne peut plus éclairant. En 5e secondaire, le taux de réussite en français est à la baisse depuis 2000. En 2004, un élève sur quatre n’atteignait pas le taux de réussite en syntaxe à l’épreuve uniforme de français du ministère de l’Éducation. Et si la réussite en orthographe était un critère éliminatoire, bon an mal an un élève sur deux échouerait. Au collégial, le rapport établit que le taux de réussite global à l’épreuve uniforme de français affiche une tendance à la baisse depuis 1998. La même tendance apparaît dans les résultats globaux en maîtrise de la langue : la légère remontée enregistrée l’année dernière n’a pas permis d’inverser la tendance à la baisse qui se manifeste depuis une décennie
J’invite donc les membres du CSLF à ne pas se lancer dans la promotion d’une norme proprement québécoise et à maintenir la position déjà défendue par le Conseil dans de précédents avis en se prononçant fermement en faveur du « français correct » ou du français « tout court », qui se caractérise par une prononciation surveillée, le souci des niveaux de langue, la propriété des termes et le respect de la grammaire. Comme le Conseil lui-même l’écrivait en 1998, « nous croyons que c’est là une solution qui peut convenir à tous, car, dans la plupart des cas, il est possible de s’entendre sur ce qui est linguistiquement correct ou incorrect ; pour les cas douteux, qui sont statistiquement peu nombreux ou peu fréquents, des ouvrages de référence, grammaires ou dictionnaires, permettent généralement de se faire une opinion. »
Jacques Maurais

























bpruneau
14 Novembre 2008
02h52
Je crois la même chose. Il y a des dialectes, soit. Il y a même des régionalismes. Mais il faut apprendre le français, point. Il faut viser l’idéal, c’est à dire un français qui sera compris dans tous les pays francophones de la planète. Certains l’atteindront, d’autres non. Mais cet idéal doit exister et doit être promu.
Si les immigrants francophones peuvent enrichir leur langue courante des mots spécifiques du Québec, les Québécois ne doivent s’empêcher d’introduire dans leur discours des expressions francophones de l’extérieur du Québec. C’est de cette façon qu’une culture s’enrichit.
volubill
14 Novembre 2008
04h01
Dommage que le Franqus ne soit pas encore sorti, mais ça s’en vient (en ligne en janvier 2009, puis papier peut-être à l’automne 2009):
hyperlien
hyperlien
hyperlien
(= essai de plusieurs URL)
Le 2e hyperlien (L’actualité) donne un excellent portrait du Franqus. Au bas, cliquer les deux fois sur le bouton Page suivante.
Germaris
14 Novembre 2008
04h34
Bonne journée pour tout le monde !
Monsieur Roux possède est talentueux. Il sait nous donner des sujets de choix pour « meubler » nos devoirs de weekend. Nul doute qu’une foire d’empoigne va naître et se développer d’aujourd’hui à lundi matin…
Sans qu’il soit besoin de le préciser, tous ici savent déjà à quel camp je me rallie.
Et je suis prêt à en découdre avec les défenseurs d’une prétendue « langue » québécoise qui n’est en réalité que la promotion à ce rang des pires tournures et impropriétés que le langage d’ici recèle, l’ensemble affligé d’une orthographe abominable. Nelligan, Roy, Duchemin, Maillet, VLB et même Tremblay ne méritaient pas cela.
Aux armes, citoyens/citoyennes !
Hé hé hé…
Germaris
14 Novembre 2008
04h36
Oups…
Il fallait bien sûr lire :
« Monsieur Roux est talentueux.»
wildwilly
14 Novembre 2008
05h06
Je suis trop éloigné du champ de bataille pour avoir une opinion qui vaut beaucoup sur le sujet du jour. Mais je veux mieux comprendre. C’est quelle langue qu’on utilise ici sur ce blogue? Le français? Le québecois? Un dialecte? Moi, j’ai toujours eu l’impression que c’était le français mais je commence à avoir des doutes. Est-ce vraiment difficile pour un québecois qui voyage en France de se faire comprendre? Et pour un français qui voyage au Québec?
Je n’ai aucune difficulté à comprendre Martin Maguire et Dany Dubé aux émissions à la radio des matchs du Canadien. (Sauf quand ils commencent à faire des blagues et à rire. Là je tombe dans le noir.) C’est quelle langue qu’ils parlent? S’il vous faudrait les évaluer comme élèves à l’école linguistique, quelle note mériteraient-ils? (Les émissions de TV du Canadien ne sont pas disponibles chez moi, alors je n’ai que les bonhommes de la radio en ligne comme exemples de locuteurs du français.)
Germaris
14 Novembre 2008
06h14
Cher wildwilly,
Sur ce blogue, nous sommes tous censés (à défaut de sensés !) utiliser le français.
Toutefois, certains prennent plaisir à démolir le français et ses règles sous prétexte de donner plus de personnalité à la langue utilisée au Québec. Sous prétexte aussi d’innover, de « rafraîchir » et dépoussiérer la langue.
Certains autres pensent qu’ils sont tellement doués qu’ils pourront faire une sorte de « révolution » de la langue d’où naîtra la langue québécoise qui leur plaira à eux. Ils le feront en criant « Ciseaux ! ». Enfin, c’est ce qu’ils croient.
Et tout cela dans le but ultime de rompre tout lien avec la France à l’égard de laquelle subsistent de ridicules rancoeurs ancestrales qui les complexent à un point tel qu’elles les aveuglent.
Pour répondre à votre question, je vous dis : « Oui, il y a de grosses difficultés pour Québécois et Français à se comprendre. Difficultés de vocabulaire, de prononciation, de tournures idiomatiques, de sens totalement détournés. »
Mais c’est vrai que dire : « Veuillez me passer le sel, s’il vous plaît. » sera compris de la même façon des deux côtés de l’Atlantique. Quoique… si vous êtes Français, certains Québécois vous trouveront trop poli et vous serez donc déjà un suspect de prosélytisme francophile ce qui pour certains est jugé comme une tare ou, pire encore, suspect de vouloir donner des leçons de politesse ou de correction de langage !
Dites-vous bien qu’une majorité de Québécois, en leur for intérieur, n’apprécient pas les Français bien qu’officiellement ils s’en défendent.
C’est la raison pour laquelle cette guéguerre durera encore longtemps.
Ce spectacle quotidien affligeant doit faire doucement rigoler les anglophones épris du français et dont vous faites partie…
Mon point de vue est simple :
Étant donné la dégradation de la langue en France, si vous voulez connaître le « bon » français, correspondez avec des Belges, des Suisses, ou encore des Sénégalais ou des Ivoiriens. Ils ne sont pervertis ni par l’anglais, ni par le kébékoi !!!
Quant à la langue des journalistes, -surtout sportifs-, beurk !
PS : « S’il vous fallait » et non « S’il vous faudrait »
Mais je loue et admire quand même la qualité de votre français.
:-)
s_allard
14 Novembre 2008
07h11
Bon matin
De guerre lasse, je ne vais pas me batailler pour une tempête dans un verre d’eau. Comme je l’ai dit moult fois ici, il s’agit d’un vieux débat qui remonte au 19e siècle entre les tenants d’un français dit international et les défenseurs du français québécois. Par contre, ce qui me bluffe c’est les termes du débat actuel : français québécois ou français correct. Faut-il croire que le français québécois est incorrect? Y a-t-il vraiment des gens qui s’opposent au français correct? Certainement pas moi.
Imaginons un instant qu’on avait dit « littérature québécoise ou littérature de qualité » et « acteurs québécois ou acteurs de talent ». Pourquoi est-ce que « québécois » s’oppose à « correct ». Il me semble c’est de la logique élémentaire d’opposer « québécois » à « français, international, africain, belge, etc, »
Par ailleurs, je me demande s’il existe un problème. Qu’est-ce la norme québécoise? Et qu’est-ce qui est différent de la situation actuelle? Est-ce la norme québécoise le joual? Est-ce qu’il est question d’enseigner ce joual dans les écoles et aux immigrants? .
C’est beaucoup de bruit pour rien. Personne n’a prétendu qu’il fallait ériger la langue populaire parlée en norme scolaire. On a toujours enseigné et on continuera à enseigner la grammaire française écrite standard qui est la même partout. La terminologie et les méthodes peuvent varier mais je crois que les Africains, les Français, les Belges et les Suisses apprennent exactement la même grammaire. Mais est-ce qu’ils utilisent cette grammaire scolaire de la même façon? Est-ce qu’ils ont le même vocabulaire ou la même prononciation?
L’usage, ça alors, c’est une autre paire de manches. Est-ce que tous les francophones du monde s’expriment da la même façon? Non Y a-t-il des variétés de français, surtout à l’oral, propres à chaque région du monde? Oui. Est-ce que certaines variétés sont plus prestigieuses que d’autres? Oui. Est-ce qu’il y a des registres de langage, par exemple entre la langue écrite scientifique et la langue argotique? Oui. Est-ce que la maîtrise de la langue scolaire varie surtout en fonction du niveau d’instruction? Oui.
J’avoue que je ne vois pas la nécessité d’une déclaration officielle d’une norme québécoise. Venant de moi, ces mots peuvent paraître un peu sibyllins. C’est qu’il est évident pour moi qu’il existe un français québécois comme il existe un français français et un français belge, chacun avec ses variantes et spécificités. Je constate l’existence d’un continuum d’usages québécois variant du soutenu et littéraire au populaire, usages auxquels doit s’adapter tout étranger ou immigré. J’ajoute également qu’au Québec certaines personnes sont habitées par l’idée que leur français est inférieur à celui du reste du monde. Je conclus donc que c’est un débat sans intérêt qui ne change rien à la situation actuelle.
loubia
14 Novembre 2008
08h13
Il existe un français dit “littéraire” comme il existe un arabe, un anglais, un espagnol littéraires. Ces langues ont aussi toutes les variantes régionales.
Mon point de vue est que nous devrions tous apprendre le français littéraire et étudier la grammaire à fond pour savoir bien l’écrire.
Mais le Québécois est à mon avis aussi valable que le français Créole, Belge, Maghrébin, Cajun, Congolais etc! Tout en se moquant de nous, les Français “adorent” notre accent. Ils ont aussi leur version de la langue.
Mon conjoint est arrivé au pays complètement déphasé à cause de nos néologismes. Il les a appris rapidement et il n’est pas mort. J’imagine que ce doit être à la portée de n’importe quel immigrant moyennement intelligent!
Je refuse de me sentir coupable de ne pas parler un français standard. La tendance du monde est de vouloir tout uniformiser: je m’y oppose! Vive la différence et les saveurs locales.
Germaris
14 Novembre 2008
09h50
Pour une fois (et cela mérite d’être souligné) je suis d’accord avec l’institutrice s_allard.
Il a totalement raison pour ce qui est du titre du sujet du jour.
« Plus choquant tu meurs ».
Si j’étais un Québécois, je me sentirais agressé et humilié.
mikhail_boulgakov
14 Novembre 2008
09h51
Ah là, là…
Revoilà le serpent de mer !
Première des choses, il circule un certain mythe au Québec qu’il convient d’éclaircir. Et ce mythe se retrouve dans la position de Jacques Maurais. Que le créole boréal diffère grandement du français provençal, la cause est entendue. Les deux sont des dialectes. Mais on s’imagine à tort que le ‘français québécois soutenu’ serait quasi identitique au ‘français standard’.
Or, ce n’est pas le cas. Et ça va bien plus loin que ‘traversier’ pour ‘ferry’ et ‘aventurier’ dans le sens de ‘quelqu’un qui aime l’aventure’, plutôt que ‘crosseur’. Faites le test. Imprimez des articles du Monde et des articles du Devoir, pêle-mêle. Portant sur un sujet neutre géographiquement et culturellement, disons, le réchauffement climatique. Faites les lire au premier lettré venu. Il fera un tri parfait. Je dis bien : parfait.
C’est platte à dire, mais ce n’est carrément pas le même niveau d’écriture.
Je le vois bien avec mes jeunes enfants : j’ai envoyé à l’école deux garçons qui parlaient français. Oh, ils parlent toujours français – quoique moins bien – mais surtout, ils parlent désormais le créole boréal. C’est donc la langue d’enseignement. Au tableau il est écrit ‘je suis, tu es, il est’, mais le prof lance du chu, té, yé à tour de bras.
Tant qu’il n’y aura pas dans ce pays un Ataturk pour avoir le culot d’intégrer au cursus des cours de français, langue étrangère, nous dériverons, lentement mais surement, vers l’insignifiance collective…
leguet
14 Novembre 2008
09h57
Oui pour un français parlé plus international. Notre première préoccupation devrait être est-ce que je vais me faire comprendre par mes confrères francophones de la planète quand je parle. Est-ce que j’emploi des mots qui existent dans le dictionnaire ? Les expressions telles : mot ou mol(mot tle faire, mol dire à ton père etc) ou le verbe pogner(qui n’existe pas dans le dictionnaire d’ailleurs) qu’on emploi à toutes les sauces au Québec(on pogne une débarque, on se pogne le cul, on se pogne avec le voisin,j’ai pogné la grippe etc) sont des exemples d’une langue qu’on massacre.
Germaris
14 Novembre 2008
09h57
mikhail_boulgakov :
Entièrement d’accord avec vous !
Par ailleurs, j’ai posté un message clamant mon indignation à propos du titre de la rubrique d’aujourd’hui mais il est actuellement sous censure…
Germaris
14 Novembre 2008
10h01
leguet :
Vous aussi avez raison.
C’est pour cela que je ne cesse de répéter qu’il faut enseigner à nos chers petits que le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue.
À quand un blogue « Les amoureux du québécois » qui mettrait fin à tant de querelles ?
s_allard
14 Novembre 2008
10h06
Quelle perte de temps, toute cette histoire! Est-ce que cette préoccupation avec la norme linguistique est une spécificité québécoise? Les intervenants d’autres pays francophones pourront éclairer ma lanterne à ce sujet. Mais si je regarde les pays anglophones avoisinants je ne vois aucun exemple de déclaration officielle sur la norme de la langue anglaise. D’ailleurs, on ne sait pas qui pourrait faire une telle déclaration. On ne voit aucune instance ou bureaucratie d’aménagement ou de planification linguistique. Et pourtant il existe de grandes variétés d’anglais standard qui ont l’air de fonctionner plutôt bien. Est-ce qu’on a déjà vu nos voisins Canadiens se poser la question : l’anglais correct plutôt que l’anglais canadien ?
Évidemment il faut que le Secrétariat à la politique linguistique, le Conseil supérieur de la langue française et l’Office québécois de la langue française justifient leur existence aux frais des contribuables. Je ne dis pas qu’ils sont inutiles. Je reconnais qu’il y a des dispositifs législatifs à gérer. Mais je ne vois pas leur utilité en ce qui concerne la langue proprement dite. J’estime qu’à l’instar de l’anglais et de la grande majorité des langues, le français québécois peut très bien se passer de ces organismes. Tout au plus pourrait-on faire appel à un mécanisme de coordination entre les ministères de l’éducation pour des questions de langue scolaire. Pour tout le reste je fais confiance aux locuteurs.
vlrglqqf
14 Novembre 2008
10h23
Joualisez-moi d’amour.
J’adore cette toute petite perle typiquement québécoise. Elle traduit qui nous sommes exactement; ici, on peut être intellectuel tout en restant à notre niveau de langage et de compréhension.
M. Roux aborde un sujet enivrant, ce qui nous permettra de tourner en rond toute la journée et même davantage, puisque c’est un puits sans fond.
Germaris
14 Novembre 2008
10h31
vlrglqqf :
« Joualisez-moi d’amour… »
Même si je suis un Français, je vis depuis assez longtemps au Québec pour saisir le sens de cette belle expression.
Imaginons simplement la réaction d’un Français, d’un Belge ou d’un Suisse fraîchement arrivé ici et à qui on servirait cette expression.
Je doute fort qu’il la comprenne.
Eh oui, je le redis : « Le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue. »
:-)
simondugas
14 Novembre 2008
10h42
Je souscris à la thèse de Jacques Maurais. Pour maintenir un minimum, il faut standardiser. Évidemment, un tel équilibre est pratiquement impensable, compte tenu des différents pays où le français est parlé.
Bien sûr, la couleur régionale est importante mais peut être néfaste. Trop de liberté mène à la perdition.
Je ne connais pas la situation linguitique des autres pays, mais ici, on se «louisianise» et de plus, on le glorifie. Quand on regarde l’élite de demain qui écrit au son…
simondugas
14 Novembre 2008
10h45
@ Germaris
Dixit: « Le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue. »
Entièrement d’accord avec vous.
garamond
14 Novembre 2008
10h56
Quand vous dites : Imaginez leur déconvenue s’il faut en plus qu’on leur dise qu’ils n’ont pas appris la bonne variété de français !, je ne suis pas d’accord ! Si jamais je m’en allais vivre en Belgique ou à la Guadeloupe, mon français me suffirait la plupart du temps. De plus, je m’adapterai rapidement au français de la place, sans trop de problèmes.
Aux immigrants, je dis : apprenez le français, n’importe lequel et on vous comprendra !
s_allard
14 Novembre 2008
11h04
Sans vouloir donner dans l’anglomanie, je dois avouer une coupable envie de nos voisins anglophones, qui, contrairement à nous francophones du Québec, ne sont pas constamment confrontés à des questions de bien ou mal parler. Est-ce qu’on dit aux Américains, Canadiens, Australiens. Britanniques, Écossais, parmi tant d’autres, qu’il faut s’exprimer pour être compris dans toute l’anglophonie? Est-ce qu’on dit aux Américains qu’on devrait pas enseigner l’anglais américain parce que cela nuirait aux immigrants qui ont appris une autre variété d’anglais?
Je ne laisse pas d’admirer la tolérance de la diversité linguistique chez les anglophones. Quand je vais au cinéma américain, je vois l’utilisation bien consciente de toutes sortes de dialects régionaux ou ethniques. D’ailleurs on voit souvent dans les génériques la présence d’un « dialect coach ». En français, quand ce n’est pas pour en rire, à la « Bienvenue chez les Ch’tis », les accents régionaux sont plutôt absents.
Et j’ajouterais, tout en sachant qu’on voudrait encore me remonter les bretelles, que cette tolérance de la diversité linguistique est un facteur, parmi d’autres, de ce dynamisme et cette ouverture au changement qui caractérisent l’anglais. Caractéristiques qui favorisent l’extension de l’anglais dans le monde malgré ses difficultés – surtout l’orthographe. J’ai bien dit « favoriser » et non pas « causer » ou « expliquer ».
P.R. - Si vous allez voir des films québécois, vous allez découvrir qu’on y trouve encore plus de dialectes régionaux que dans les films américains. Il n’y a même que ça. À tel point qu’il faut les sous-titrer quand ils sont diffusés dans le reste de la francophonie. Mais personne
Germaris
14 Novembre 2008
11h20
garamond :
Dixit : « Aux immigrants, je dis : apprenez le français, n’importe lequel et on vous comprendra ! »
Facile à dire…
Ce n’est vrai que pour des phrases usuelles.
On n’empêchera jamais un enseignant d’émailler le français de base de tournures idiomatiques, d’expressions, voir même de mots détournés propres à ses origines ou au lieu où il a lui-même appris la langue.
Un exemple (expérience vécue) :
L’adverbe « éventuellement ».
Dans l’ensemble de la francophonie, ce terme implique une notion de probabilité.
Au Québec, il implique une certitude !
Imaginez la confusion qui s’ensuit lors de la conclusion d’une entente.
Ceci posé, je suis assez d’accord avec vous.
vlrglqqf
14 Novembre 2008
11h56
J’adore la lague française où je crois que je peux me débrouiller. Lors de mon premier voyage à Paris, il y avait cette manie constante de nous corriger à propos de tout et de rien, ie: la table est rouge. Monsieur veut dire que cette table est de couleur carmin. J’ai des amis français ici au Québec qui m’aiment bien parce que j’ai réussi à leur expliquer vraiment ce genre d’attitude hautaine a vouloir nous reprendre sans cesse comme si nous étions des autochtones pris en flagrant délit.
Mais oui je comprends la tournure de leurs phrases! J’ai fait mon classique Monsieur! pou utiliser un cliché archi usé. Comment ne pas réagir quand on lit des choses comme justement: autochtones, paysans, français boréal, incultes, amérindiens etc. A franchement parler je ne me reconnais pas dans ce genre de généralisation qu’on fait à notre sujet. Les québécois sont on ne peut plus extrêmement chatouilleux sur des choses comme celles-là!
A mon second voyage à Paris, j’étais un conquérent. Because je me suis souvenu des conseils de mes amis français qui ne concordent pas du tout avec les normes de là-bas. Bref, ça va mieux, mais il est convenu de se montrer circonspect parce qu’on ne montre pas à un vieux singe comme moi à faire des grimaces.
Bonne journée à tous et toutes.
vlrglqqf
14 Novembre 2008
12h00
J’adore la langue française…
davidsonstreet
14 Novembre 2008
12h11
@ Germaris, mikhail_boulgakov et leguet
Vous dites respectivement : « C’est pour cela que je ne cesse de répéter qu’il faut enseigner à nos chers petits que le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue. »
« Tant qu’il n’y aura pas dans ce pays un Ataturk pour avoir le culot d’intégrer au cursus des cours de français, langue étrangère, nous dériverons, lentement mais surement, vers l’insignifiance collective »
et
« ou le verbe pogner(qui n’existe pas dans le dictionnaire d’ailleurs) qu’on emploi à toutes les sauces au Québec(on pogne une débarque, on se pogne le cul, on se pogne avec le voisin,j’ai pogné la grippe etc) sont des exemples d’une langue qu’on massacre. »
***
Je suis persuadé que vous n’êtes pas mal intentionnés, mais je trouve vos propos extrêmement offensants, voire méprisants. À vous lire il faudrait bannir les « présentement » et autres mots honteux, car trop identifiables aux incultes qui prononcent « lundi » au lieu de « lindi ». Vous semblez des gens instruits, mais vous propagez des inepties qui ne peuvent que causer du tort. Je tâcherai donc de bien m’expliquer, malgré mon irritation.
De nos jours, la plupart des chercheurs s’entendent pour dire que l’écart entre la norme du français québécois et celle du français dit « standard » n’a jamais été aussi mince. J’entends déjà vos protestations, nul besoin de les répéter, j’ai lu celles de leguet.
Puisqu’il est lancé, parlons du mot « pogner ». Je vous invite à visiter le site du Trésor de la langue française, un dictionnaire mis en ligne par l’Académie française. Vous l’y trouverez accompagné de la définition suivante : Empoigner, prendre, saisir. Pogner est un québécisme, je vous l’accorde, mais un québécisme d’emprunt. Cela veut dire qu’il est originaire d’ailleurs… en l’occurrence, de France! Littré l’avait effectivement inclus dans son dictionnaire de la langue française de 1863-1873. Son seul crime est d’avoir été classé dans le registre « populaire ».
Malheureusement, cela suffit souvent pour mériter le bannissement. Vous croyez que les Français n’utilisent jamais des expressions appartenant aux registres familier, populaire ou argotique? J’ai à mes côtés un dictionnaire de l’argot français qui fait 1000 pages! Ce que vous ne semblez pas avoir saisi, c’est que les Français ne nous demandent pas la permission pour les utiliser. Pourquoi devrais-je demander la leur pour utiliser des mots comme « pogner »?
J’ai lu beaucoup sur le sujet et je ne peux m’empêcher de penser que les plus réfractaires à la norme du français québécois sont plus préoccupés de luttes de classes que de la qualité de la langue. Ils utilisent volontiers des expressions populaires provenant d’outre-mer parce que ça fait chic, mais rechignent à utiliser celles d’ici parce qu’ils craignent d’être associés à une catégorie d’individus qu’ils méprisent en cachette.
Germaris
14 Novembre 2008
12h20
davidsonstreet :
Je ne comprends pas ce procès que vous me faites pour la phrase :
« C’est pour cela que je ne cesse de répéter qu’il faut enseigner à nos chers petits que le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue. »
Pourquoi cette phrase est-elle à inclure dans les « propos extrêmement offensants, voire méprisants » dont vous faites état ?
J’aimerais bien que :
1 - vous relisiez TOUS mes messages d’aujourd’hui
2 - que vous m’expliquiez pourquoi mes propos vous offensent
mikhail_boulgakov
14 Novembre 2008
12h22
@germaris
‘éventuellement’ ne voudra jamais dire ‘avec certitude’ dans un contrat rédigé au Québec… La langue populaire ne franchit tout de même pas cette barrière.
@david
Wo !
Nous nous saisissons mal ! Vive les ‘pogner’ et autres québécismes de bon aloi, et au diable les ‘lindi’ pincés ! Il n’y a aucun mépris dans mon propos.
Tout ce que je dis, c’est que nous devons, petit à petit, aller vers le bilinguisme français / créole, comme les Haïtiens. Le français à l’école, le créole boréal dans la rue et même en littérature ou au cinéma, c’est tout.
Mais le français à l’école, pas le joual, batinse !
Germaris
14 Novembre 2008
12h27
mikhail_boulgakov :
J’ai souligné à propos d’ « éventuellement » qu’il s’agissait d’une expérience vécue lors d’une entente verbale.
Cela dit, je suis abasourdi par l’attaque de “davidsonstreet” à mon égard.
Il y en a qui soit ne lisent qu’en diagonale ou bien qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent.
Qu’en pensez-vous ?
jensurlarive
14 Novembre 2008
13h28
Je crois qu’au Québec , il serait très sage et justifié , de faire venir des professeurs de français , de France . Il n’y a qu’eux qui puissent vraiment enseigner le français correctement.
Exception faite de quelques rares cas de québécois qui ont
une maîtrise acceptable du français .
Les professeurs québécois , ne savent même pas s’exprimer correctement et font plus de fautes de français que
leurs élèves . Donc à quand des Français comme professeurs de
français ? Très souhaitable . Réfléchissons y , mais cela presse
avant que nous continuions à nous enliser dans un français joualisant .
mikhail_boulgakov
14 Novembre 2008
13h40
@jean
Quand Charles de Gaulle est venu au Québec en 1960 (la visite ‘oubliée’) il est revenu très préoccupé du niveau de créolisation. Il a mis un homme là-dessus, Alain Peyrefitte, qui a notamment envoyé un correspondant ORTF à Montréal, Pierre-Louis Mallen.
Une autre des décisions était d’envoyer 3,000 professeurs de français qui ont abouti, pour la plupart, dans les nouveaux cégeps… Je ne suis pas un baby-boomer mais de nombreux baby-boomers s’en souviendront.
Ç’a été fait… Mais la force d’attraction du créole boréal est trop forte. Il faut que cette volonté vienne d’ici.
@germaris
Pour notre correspondant, ça commence par ‘c’, y’a un ‘x’, et c’est pas ‘convexe’.
davidsonstreet
14 Novembre 2008
13h41
@ Germaris :
J’ai relu attentivement tous vos messages d’aujourd’hui. Je retiens essentiellement ceci :
« Eh oui, je le redis : « Le québécois et le français, eh bien, ce n’est pas la même langue. »
Je constate également que vous êtes Français, je ne le savais pas. Ça explique peut-être votre opinion, je ne le sais pas. J’avoue que ça ne me semble pas pertinent pour l’instant. Je le souligne seulement pour que vous ne pensiez pas que je nourris une haine secrète contre vous en raison de votre origine.
Ce qui m’offense? Que vous teniez mordicus à faire une différence entre le français et le québécois. Je suis Québécois parce que je suis né ici, pas parce que je parle une langue incompréhensible. Cette association est trop souvent faite.
Mis à part mes arguments, je pense que vous comprenez tout ce que je dis. Est-ce que je me trompe? Ma grammaire est-elle si obscure qu’elle occulte mes propos? En vérité, rien, absolument rien, ne vous autorise à penser que ce que je suis en train d’écrire s’appelle le français, et que la langue châtiée qui vous déplaît tant s’appelle le québécois. Si vous voulez vraiment la qualifier, dites que c’est du mauvais français (d’un point de vue élitiste), ou encore du français populaire ou familier du Québec, voilà tout. Elle est parlée ou écrite par des gens qui l’ont pratiquée moins longtemps que vous et moi, mais c’est la même langue.
Comme je l’ai souligné dans mon message (un peu trop long peut-être), les Québécois ne sont pas le seul peuple du monde à compter des individus peu instruits. Beaucoup de Français ne s’expriment que dans la langue familière ou populaire. On ne me fera pas avaler que les francophones de la planète comprennent ces gens-là plus facilement que les Québécois. Vous avez tout compris du premier coup dans le film « la haine »? Si vous avez répondu oui, c’est que vous possédez une culture populaire que je ne connais pas. Reste à savoir si vous la méprisez autant que celle d’ici.
Voilà.
Germaris
14 Novembre 2008
13h41
jensurlarive :
À vous lire, je crois, mon cher, que vous allez vous faire plein de bons amis ici.
Mais je ne serai pas l’un d’entre eux.
Germaris
14 Novembre 2008
13h56
davidsonstreet :
Il me semble que vous êtes quelque peu entêté…
1 - Où ai-je écrit que le québécois me déplaisait ?
2 - Où ai-je écrit que le québécois était du mauvais français ?
3 - Où ai-je fait la moindre allusion à un élitisme quel qu’il soit (québécois ou français) ?
4 - Où ai-je écrit qu’il n’y avait des gens peu instruits qu’au Québec ?
5 - Et, enfin, où donc ai-je écrit que j’avais un quelconque mépris pour la culture populaire ?
Vous devez être nouveau sur ce blog pour découvrir seulement maintenant que je suis un Français (vivant depuis plus de vingt ans au Québec).
Et même mes ennemis les plus pugnaces me rendront cette justice : jamais je n’ai écrit ce qui est énuméré dans la liste ci-dessus.
Je cesse donc ici le dialogue avec vous puisque vous manifestez tant de mauvaise foi.
Germaris
14 Novembre 2008
14h00
Oups !
« …sur ce blogUE… »
davidsonstreet
14 Novembre 2008
14h14
@ germaris
Si vous lisez bien, vous verrez que celui qui lit en diagonale, c’est vous. Le seul repoche que je vous ai adressé, c’est de tenir à faire la différence entre le français et le québécois. Je ne vois pas comment vous pouvez parvenir à le faire et j’ai simplement tenté de parer à l’avance les arguments que vous pourriez exposer pour gagner du temps. Vous n’avez pas répondu à cette question, mais vous pouvez toujours le faire si vous décidez de commencer le dialogue. Car le seul dialogue qui a cours pour l’instant est un dialogue de sourds!
En effet, vous n’avez fait que réagir au fait que je ne suis pas d’accord avec vous, alors que vous disiez envisager avec joie le débat qui allait suivre le débat lancé par M. Roux. J’ai d’autres choses à faire de ma vie que de me créer des ennemis virtuels et je vous invite à cesser de pensez que j’ai pris en grippe.
davidsonstreet
14 Novembre 2008
14h15
que je vous ai pris
vlrglqqf
14 Novembre 2008
14h28
@ volubill
Mille million de mercis pour ces hyperliens à propos du franqus. Comme cela fait chaud au coeur! Qu’il est doux de pouvoir lire des propos aussi délicieux pour la valorisation de l’identité de l’âme québécoise! Se trouvera-t-il quelqu’un pour croire que j’en suis tout ému?
Il y a une phrase de Pierre Martel qui m’a littéralement exalté: “Il est normal que nous regardions le français depuis l’Amérique plutôt que de Paris”. Vous vous rendez cômpte? De toute ma vie jamais je n’ai pensé que je pourrais lire une chose pareille au vu et au su sur l’Internet! Ça alors! Tu parles!
THX1138
14 Novembre 2008
14h33
Je n’ai pas honte de mes racines, de ma façon de parler, mais je me désole quand j’entends nos jeunes parler. Un vocabulaire horriblement pauvre, entrecoupé d’onomatopées qui remplacent des mots qu’on ne trouve pas… ou plutôt qu’on ne cherche pas. C’est comme style full pas cool de ben parler, genre. On n’a qu’à se ballader sur les blogues de ce site même pour dénicher des perles d’ignorance grammaticale.
Le problème du laisser-aller québécois en matière de qualité du français ne date pas d’aujourd’hui. Lorsque j’ai terminé ma 6ème année, il y a plus de 20 ans, ma mère m’a donné elle-même des leçons intensives de français écrit pendant tout un été à raison de 2 heures par jour tellement elle déplorait le laxisme de mon école en la matière. Mon secondaire 1 en français fût totalement inutile. Mon secondaire 2, moins pire mais extrêmement facile… pour accommoder les cancres.
Or, pourquoi nos enseignants sont aussi mous face à la qualité du français de leurs élèves? Faudrait jeter un coup d’oeil sur leur propre maîtrise de la langue pour en tirer des conclusions… Ceci dit, je suis loin de maîtriser parfaitement cette langue si complexe qu’est la nôtre. Je m’échappe de temps à autres. Mais au moins, je fais un effort.
Germaris
14 Novembre 2008
14h42
davidsonstreet :
Donc, si je vous comprend bien, vous appliquez le précepte « Prévenir plutôt que guérir »… Moi, je pense tout simplement que vous m’avez fait un procès d’intention tout à fait injustifié.
Même s_allard avec lequel je suis, - et c’est un doux euphémisme-, en « désaccord » quasi permanent en convient : il y a d’énormes différences entre le québécois et le français.
Même si la base (grammaire, syntaxe) est commune aux deux langues, la terminologie et les tournures idiomatiques en font deux langues différentes. C’est un fait avéré, surtout dans la culture populaire et son expression orale en particulier.
Petite remarque en passant : on ne parle pas le français qu’au Québec…
On le parle de Saint-Boniface à Caraquet et jusqu’à Thibodaux, LA…
Alors, parler de langue « québécoise » pour définir le français utilisé en Amérique du Nord est déjà abusif.
À propos de culture populaire, vous comprenez le cajun, vous ?
Pas moi…
omni-tag
14 Novembre 2008
14h52
Le point tournant a eu lieu au tout début de la décénie 1970. À cette époque on a collectivement choisi qu’ “entre deux joints on allait se poigner le c_l” ! (une “tounne” chanté par Charlesbois, et écrite par ? par ? Pierre Bourgeault ! si, si).
Aujourd’hui nos futurs immigrants ne savent plus trop bien quelle langue nous “perlons” au juste, nos jeunes parlent le “texto-refoulé”, Nos X n’ont pas de vocabulaire - ‘rgarde chose, nos Y reçoivent l’enseignement des X et nous devont sous-titrer nos productions audio-visuelles destinées à la francophonie internationale.
Ce point tournant fut le choix d’un peuple intellectuellement paresseux. Choix malheureusement irréversible selon moi aujourd’hui. La résultante est amusante et sublime de beauté (sans jeu de mot) : Un jeune haïtien d’une ruelle de Montréal-Nord s’exprime dans un français de bien meilleur qualité qu’un petit québécois tout blanc et sortant d’une gentille école privée.
davidsonstreet
14 Novembre 2008
15h02
@ Germaris
je n’arrive toujours pas à comprendre la logique derrière ce système. Merci quand même pour votre réponse. Je ne sais pas si vous faites comme moi, mais j’écris souvent mes messages dans word pour éviter d’avoir à les récrire.
J’ai relu mon message et c’est vrai que je vous accuse d’être méprisant envers la culture populaire. Je faisais allusion à la langue bien-sûr, et je me suis fié à votre message dans lequel vous nous confiez ne pas aimer la langue des journalistes, surtout sportifs (j’espère que vous excluez M. Roux!). Libre à vous de me récrire pour vous expliquer.
Pour ma part, je vois un lien très fort entre la langue et la hiérachie sociale. Pierre Bourdieu a écrit un livre formidable sur ce sujet : ce que parler veut dire.
volubill
14 Novembre 2008
15h08
@ vlrglqqf
Ah oui, j’ai le goût de déménager à Sherbrooke pour voir cette équipe de plus près.
Voir l’équipe à hyperlien et cliquer sur les noms pour voir les biographies.
vlrglqqf
14 Novembre 2008
15h11
@ Germaris
“… et jusqu’à Thibodaux, LA…”
Première fois qu’on signale la chose ou que je la remarque. D’autant plus que ma mère portait le nom de Thibodeau. Est-ce une région de LA? J’aimerais avoir plus de précisions. Merci.
davidsonstreet
14 Novembre 2008
15h13
@ omni-tag
“Le point tournant a eu lieu au tout début de la décénie 1970. À cette époque on a collectivement choisi qu’ “entre deux joints on allait se poigner le c_l” !”
Vous avez raison, il me semble aussi que le point tournant a eu lieu à cette époque. Cependant, je pense que vous vous trompez complètement. C’est là que tout a commencé à aller mieux. Le Québec a renforcé la position du français dans l’éducation, a forcé les grandes entreprises à adopter le français comme langue au travail et a mis en place une loi sur l’affichage… Je dirais que le pire, ça été en 1982.
Pour ce qui est du reste de vos allégations, j’ai 31 ans. Je ne sais pas dans quelle génération vous me classez, mais je n’ai pas de téléphone cellulaire et je suis prêts à faire un concours de vocabulaire contre vous n’importe quand. Je ne prétends pas gagner, mais je n’aurais certainement pas à rougir.
Ps : Je ne suis pas membre de la police de la langue, mais je suis toujours un peu amusé quand je lis quelqu’un décrier la qualité de la langue des autres tout en faisant des fautes d’orthographe : on n’écrit pas « décénie » mais « décennie ».
Germaris
14 Novembre 2008
15h14
davidsonstreet :
Dommage que je doive m’absenter pour quelques heures.
Très vite, je vous dis que René Lecavalier n’a pas eu beaucoup d’héritiers…
Même Jean Pagé et Richard Garnaud ne lui arrivent pas à la cheville…
Quant aux autres oublions-les !
PS : En France, c’est pire !
Germaris
14 Novembre 2008
15h16
Oups !
Garneau…
mamiedoux
14 Novembre 2008
15h53
Je suis québécoise et je parle un français québécois. J’ai voyagé plusieurs fois à travers la France et jamais je n’ai eu de difficulté à me faire comprendre.
Je trouve un peu insultant de lire “français correct plutôt que le français québécois”
Nous avons un accent marqué, mais je n’ai aucune honte de ma manière de parler.
Nous ne sommes pas mieux ni plus mauvais que les français, nous sommes différents et notre manière de parler notre français, l’est aussi.
omni-tag
14 Novembre 2008
16h01
@ Davidsonstreet
Vous avez raison ce concours d’ORTOGRAPHE (est-ce que ça prends deux H?) vous le gegneriez haut la main. De même que pour le concours de grammaire. J’écris ici sur ce “blog” directement depuis la petite case. Je n’ai plus l’aide si précieuse (dans mon cas) de mes correcteurs ortographiques et grammaticaux dans Microsoft Word Enterprise 2007 ! Mais j’ai un super vocabulaire qui me vient de mon papa écrivain et, je le souhaite, une syntaxe assez bien articulée.
Mais oui : Je suis un sous-produit de l’enseignement moderne du français dans les années 70 et 80. La méthode Le Sablier que ça s’appelait au primaire. On apprenait au son. On était très fort en API (alphabet phonétique international).
Je vous rassure toute fois sur un point. Je parle “fluidement” :-) trois langues, dont 3 niveaux de langage distincts en français et 2 en anglais. Mais j’ai mes lacunes comme vous l’avez rapidement constaté.
Celà dit (car j’écris ce “post” en langage verbal), toute cette belle promotion du français au Québec, dans la DÉCENNIE 70, à laquelle vous faites référence, n’était pas autre chose qu’une promotion de la langue de Charlebois. On a, à cette époque, institutionalisé ce qui s’appelait pas tellement longtemps avant le joual (cheval en vieux français ???).
Devrais-je dorénavant, pour “poster” sur ce blog-ci, écrire dans Word, puis copier-coller sur la petite case ?
En terminant vous avez 31 ans, moi 40. Je salut votre maîtrise du français. C’est rare au sein de notre génération. Et oui, vous êtres un X. Bienvenu parmi nous. Ne confondez plus vocabulaire et ortographe et, 100% avec vous, moi aussi j’aurais bien aimé que ça fonctionne en 82 et 95.
omni-tag
14 Novembre 2008
16h15
@ mamiedoux
C’est ok mamiedoux. allez en paix. De toute façon ce débat pour moi est, depuis longtemps, périmé, on ne peut plus rien y faire, et ça donne des articles comme celui qui est ici tout en haut de cette page (Ctrl+home). Et c’est vrai que les français de l’exagone nous comprennent de mieux en mieux. Céline leur a montré comment.
davidsonstreet
14 Novembre 2008
16h30
@ omni-tag
Bon écoutez, je suis désolé. Je ne voulais surtout pas vous faire des reproches ni vous provoquer en duel. J’ai juste voulu vous piquer un peu parce que vous accusiez les plus jeunes de mal écrire, alors que vous aviez fait une petite faute. En toute candeur, je dois vous avouer que je suis moi-même assez mauvais en orthographe, j’ai vu votre faute en recopiant votre citation dans mon logiciel d’édition!
Pour le reste, vous reliez 1982 et 1995, mais je ne sais pas si on parle du même événement. Je pensais au rapatriement de la constitution en 1982 par Trudeau. Il a inséré dans la nouvelle constitution du Canada la Charte des droits et libertés qui affaiblissait la loi 101.
Pour ce qui est de l’institutionnalisation du joual, je me vois forcé de vous contredire encore une fois. Il me semble que c’est justement à cette époque là qu’on a sorti le joual de l’école. Je vous mets un lien vers l’article de Wikipedia sur Jean-Paul Desbiens.
hyperlien
Il était enseignant et il a écrit les insolences du frère untel pour dénoncer le piètre état du français dans les écoles du Québec. Son discours était assez nouveau parce qu’il était parmi les premiers à dire que les Québécois parleraient mieux le français s’ils avaient des incitatifs économiques pour le faire.
omni-tag
14 Novembre 2008
16h38
@ Davidsonstreet
Aille ! Effectivement je référais à 81 pas 82… les référendums ratés. Ou alors était-ce 80 ? M..de je ne sais plus.
Pour la langue au Qc, deux écoles s’affronte quant à l’historique récent de cette dernière. La langue des médias versus celle de l’enseignement. À n’en point douter, celle des médias à connue une sacrée descente ces 30 dernières années !
Les élèves de nos écoles publiques passent bien plus de temps devant le téléviseur qu’en face de leurs profs. Y aurait-il un lien ?
Mobile
14 Novembre 2008
18h38
Pur délire.
hyperlien
mephistau
14 Novembre 2008
19h34
Tout comme on apprend à conduire avec les mains à 10h10.
Maintenant j’ai une main sur le volant et l’autre qui pitonne sur la radio.
champollion
14 Novembre 2008
19h35
Je suis québécois et j’aime tout du Québec, sauf une chose: sa langue parlée. Je la considère pauvre, infantile, irrespectueuse du français écrit, sans saveur ni richesse aucune, et ce partout où je l’entends. Que dire du français des média: il est affreux, monocorde, atone, peu soigné, imprécis, lourd et j’en passe. Il suffit de regarder des émissions télés diffusées dans le reste de la francophonie ou de lire la presse écrite pour s’en rendre compte: on y trouve souvent un language soigné, clair, articulé, riche, recherché, précis, concis, tonique, coloré etc. Les francophones hors-Canada ne remettent pas en question la nécessité de chercher à parler et écrire dans le respect du français qu’ils ont appris, sauf au Québec, bien entendu. Pourquoi cet entêtment? Pourquoi refuser le GROS bon sens comme des enfants immatures qui ne veulent en faire qu’à leur tête?
Qu’il y ait un écart entre le parlé et l’écrit est tout à fait normal, mais au Québec c’est un fossé qui les sépare. Comme s’il était malséant de parler en respectant le plus possible les règles qu’on nous a enseignées. Quel choc pour les nouveaux arrivants! C’est franchement difficile de croire que l’on peut aimer sa langue tout en la négligeant si honteusement.
J’aimerais savoir comment nous avons pu en arriver là. Quelqu’un peut-il m’éclairer à ce sujet?
Mobile
14 Novembre 2008
19h43
J’oubliais… @ davidsonstreet. «Il a inséré dans la nouvelle constitution du Canada la Charte des droits et libertés qui affaiblissait la loi 101.» Il faut écrire «enchâssé», ça fait plus «classe», mais aussi plus exact. Par ailleurs, il faut bien la nommer cette charte, n’est-ce pas? Il s’agit de la «Charte canadienne des droits et libertés», mais il ne pas la confondre du tout avec la «Charte des droits et liberté de la personne» adoptée par l’Assemblée nationale du Québec». On n’est pas dans le même esprit, dans la même bulle, ni dans la même zone… C’est une affaire de grosses. Point barre. «À chacun sa grosse!» comme aurait dit mon père. Maintenant, combien de pans entiers ou partiels de la «Charte de la langue française» sont tombés à cause de l’une ou l’autres de ces grosses? «Go, ogle!» ou pour être vraiment «Frônçais» : «Google est ton ami!».
vlrglqqf
14 Novembre 2008
19h52
@ Germaris
Vous sachant absent pour quelques heures je suis devenu de plus en plus curieux. Alors je suis allé fouiller sur Google concernant Thibodaux LA. Je ne savais rien de la chose mais je suis content de l’avoir appris.
champollion
14 Novembre 2008
19h56
…que l’on puisse aimer…
maxhno
14 Novembre 2008
22h58
@Germaris
Eventuellement veut dire la même chose dans les deux ”langues”. C’est une erreur propre au français québécois de l’utiliser à la place de finalement, qui correspond à la francisation du faux amis anglais ”eventually.”
davidsonstreet
15 Novembre 2008
00h52
@ mobile
Vous dites avoir oublié quelque chose? Pourquoi ne pas avoir persisté? La première « idée » est souvent la meilleure!
Je suis d’accord avec vous, « Enchâsser » est un beau mot (que je n’utilise pas assez souvent, merci, je tâcherai de le garder en mémoire). Cependant, il ne convient pas du tout au domaine juridique. Vous me semblez trop intelligent pour ne pas avoir suivi la discussion. Je vous pardonne donc votre erreur. Vous devriez lire la définition d’ « insérer » dans le Robert. Vous y apprendriez qu’il peut être utilisé dans le sens « d’insérer une clause dans un acte ». C’est beau le français, non? J’imagine que c’est exactement ce à quoi vous faisiez allusion lorsque vous avez souligné l’importance de bien nommer les choses. Il est souvent tentant d’essayer de faire « classe », comme vous dites, mais le résultat est rarement heureux quand on maîtrise mal le médium d’expression.
Quant à votre commentaire sur la Charte, vous avez raison. Cependant, je vous assure que dans un texte important, je lui aurais laissé son titre complet (croyez-moi sur parole, la traduction juridique est mon métier). Désormais, je n’utiliserai plus jamais de sigles ou d’acronymes (ONU, qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire?), c’est beaucoup trop équivoque.
wildwilly
15 Novembre 2008
04h05
@ Germaris
Merci pour m’avoir rassurer que j’utilise le français. On attend toujours que les idiomes diffèrent de pays en pays. Mais vraiment, la prononciation? Évidemment, il ne m’arrive pas souvent de jaser avec les gens de la France.
Fallait, faudrait . . . intéressant. Je voulais donner le sens de l’avenir. Bon. Je me trompais. Merci pour m’avoir corriger. Mais vous n’avez pas répondu au question, même après révision.
wildwilly
15 Novembre 2008
04h09
@ s_allard
L’anglophonie des États-Unis ne s’occupe pas de la qualité de la langue parce qu’il y a un manque de respect non parlé pour l’éducation en général. Ce n’est pas « cool » d’être un étudiant qui se soucie de s’acharner sur ses études, de faire ses devoirs avec soin, et même attendre avec impatience la prochaine journée à l’école. Les universités sont plutôt les endroits pour jouer aux sports, buver l’alcool, et faire le party sans arrêt. Sans parler du but lucratif des administrateurs. L’érudition croupit en bas profond du classement (pour utiliser un expression que j’ai appris en lisant les reportages chez cyberpresse sur le hockey). Vous tirez des conclusions fausses du fait que vous ne voyez pas une grande polémique sur la qualité de l’anglais entendu et lu dans les médias. Il faut vivre au milieu pour bien comprendre que ça dégringole de façon terrifiante. C’est une chance pour moi que je ne serai pas de cette vie en cinquante (trente?) ans quand on va récolter les fruits de ces dégâts.
En même temps, je peux avancer un argument de l’autre côté. C’est vrai que les parents ne comprennent jamais leurs enfants, leurs choix d’habillement, de musique, de couleur des cheveux, des percements, etc. Et le monde survit quand même. Peut-être il n’y a pas là de quoi pour trop nous inquiéter.
wildwilly
15 Novembre 2008
04h26
Peut-être ça va finir par paraître plus tard. Voici les mots perdus de ma réponse @ Germaris:
<:-)) Mais peut-être votre réponse est le commentaire qui se termine par « beurk ». Est-ce que vous me dites que Maguire et Dubé ne parlent pas du bon français? Qu-est-ce que cela veut dire an sujet de ma prétendue compréhension du français?
simondugas
15 Novembre 2008
07h40
Bonjour wildwilly!
Au niveau hockey, je n’ai pas connu feu René Lecavalier. On le cite toujours en référence et je n’en doute point, l’ayant entendu à quelques reprises à l’aide d’archives.
J’ai grandi en écoutant Richard Garneau et je l’aimais bien. Peut-être que Germaris pourrait me refraîchir la mémoire, mais je trouvais son français parlé très bien. En revanche, pour messieurs Maguire et Dubé, on a vu mieux…
Finalement, Pierre Houde m’est supérieur à M. Garneau qui, selon moi, est le meilleur que j’aie entendu.
wildwilly
15 Novembre 2008
08h19
@ simondugas
Merci pour votre réponse. Dommage que je ne connais pas les Garneau, Houde, etc. Je ne peux pas visionner les matches du Canadien ni en anglais ni en français. Ils ne sont pas disponible chez moi. Alors, vos évaluations de leur français ne m’aident pas. Je dois me contenter de la radio en ligne. « On a vu mieux ». On peut le dire pour presque tout annonceur sportif, n’est-ce pas? Moi, j’ai été gâché d’avoir grandi avec le regretté Danny Gallivan. À l’époque, je ne parlais pas le français assez bien pour suivre les matches en français à la TV. À un moment donné, j’assistais plutôt au matches au Forum. Je me tenais debout pour 3 $ par match. Trois dollars pour voir les Dryden, Lafleur, Cournoyer . . .
On sort un peu loin du sujet, mais c’est le fun!
s_allard
15 Novembre 2008
08h44
Bon samedi matin
Je tourne bride. En relisant la chronique de M. Roux, je constate que je dois choisir entre le français correct et le français québécois. Et bien, je choisis le français correct. Je renonce donc à la littérature québécoise de Marie Laberge et de Michel Tremblay, de mes auteurs préférés. Je renonce aux journaux québécois comme Le Devoir, Le Journal de Montréal et La Presse. Je n’écouterai plus la radio et la télévision de Radio-Canada. Pourtant, j’avais toujours pensé qu’il pouvait y avoir un français québécois de qualité. Mais non. Puisque français québécois est synonyme de mauvais français, je me déclare en faveur du français correct. Qu’est-ce que le français correct? Tout sauf québécois.
Dans un autre ordre d’idées, dans l’histoire du français au hockey, il ne faut pas oublier le rôle de Michel Normandin, le prédécesseur de René Lecavalier. Et n’oublions pas que le français n’est pas né au hockey avec ses deux annonceurs. Je pense au l’abbé Étienne Blanchard qui nous a laissé des éléments d’une terminologie du hockey ou le gouret comme on disait dans le temps.
simondugas
15 Novembre 2008
09h27
Wildwilly, vous êtes un chic type.
Je me demande ce qui passe avec Sapine, qui est très présente habituellement. J’espère qu’elle se porte bien.
onassis
15 Novembre 2008
10h53
En tant qu’allophone ayant appris le français bien avant mon arrivée au Québec, je ne peux qu’être d’accord. Un français universel et standard. Ne pas “gommer” les spécificités de la langue québécoise. Garder son “identité”. Mais enseigner un français pouvant être parlé partout dans le monde.
Mobile
15 Novembre 2008
11h01
@davidsonstreet. Un blog (en «frônçais» hexagonal) n’est pas un forum, ni un journal, c’est un lieu où l’auteur fait connaître ses pensées et les confronte à celles de ses lecteurs.
«[…] mais le résultat est rarement heureux quand on maîtrise mal le médium d’expression.»
Pfut… ! «[…] (croyez-moi sur parole, la traduction juridique est mon métier)». Z’avez des croûtes à manger… Le Robert, perso, je m’en tape les b… Etc., etc.
@simondugas. Z’en faites pas! sapine doit nous préparer une de ces gloses…
vlrglqqf
15 Novembre 2008
12h06
Depuis hier, en parlant des hyperliens proposés par volubill au sujet du franqus, je reste “djammé d’ssus”. Le franqus! Qu’il me tarde de le trouver sur un site! Quand sera-ce Seigneur?
Tenez, un exemple type au sujet de l’interprétation entre les mots fleuve et rivière. Les parisiens ont raison de parler de la Seine comme étant un fleuve, c’est spécifié dans tous les dictionnaires. Sans offusquer qui que ce soit, ici au Québec nous la considérons comme une rivière, ie: la Chaudière est une rivière. Idem pour le Rhin et la Saône identifiés aussi comme des rivières. A mon humble avis, il n’y a que le Rhône qui mérite d’être désigné comme fleuve. Pour le plaisir, nous avons fait une mini croisière sur l’Amazone. Idem en bateau mouche sur la Seine. Aucune comparaison ne peut tenir vraiment!
Ce n’est pas du chauvinisme, c’est l’interprétation que nous en faisons. Et c’est cela qui explique la guerre des mots en français, laquelle perdure encore et toujours.
davidsonstreet
15 Novembre 2008
12h15
@ Mobile
Pour votre instruction, je vous mets la définition du mot barbarisme (elle provient du juridictionnaire, un outil conçu par des jurilinguistes) :
Le barbarisme est une faute de vocabulaire; l’emploi est jugé fautif au regard de la forme ou du sens du mot (barbarisme de mot). Ainsi le mot forgé, déformé sous l’influence d’une autre langue (ici l’anglais et le latin)
ou par l’effet de la méconnaissance du langage du droit ou de l’histoire du droit,
ou de l’ignorance de la forme correcte, ainsi que l’incorrection, l’impropriété et même le mot mal prononcé (barbarisme de prononciation) seront, à des degrés divers, des barbarismes : [dilemne] au lieu de dilemme, [pécunière] au lieu de pécuniaire, [rénumérer] au lieu de rémunérer. Faire un barbarisme sera donc employer un mot qui n’existe pas, donner à un mot un sens qu’il n’a pas, employer erronément une conjugaison ou une déclinaison, recourir de façon irréfléchie à certains dérivés non admis par l’usage ou construire un mot à l’aide d’un préfixe ou d’un suffixe incorrect.
Et je joins un exemple pertinent tiré d’une longue liste :
Forme fautive : forme correcte :
[Enchâsser] dans la Constitution Inscrire, constitutionnaliser
Maintenant, si vous avez autre chose que des insultes à me partager,allez-y!
garamond
15 Novembre 2008
12h40
@ Monsieur Roux: Il faudrait limiter à six ou huit le nombre d’interventions provenant de la même personne; sinon, votre blogue va devenir un «chat» !
Mobile
15 Novembre 2008
14h19
@garamond. Perso, je suis contre toute limitation. @darlingstreet (je blague). «Maintenant, si vous avez autre chose que des insultes à me partager,allez-y!» Je dis : «Quid?!». J’ajoute : «non seulement, mais encore»… Vous êtes membre du cénacle maintenant. Calmez-vous!
sapine
15 Novembre 2008
15h00
Bonjour à tous, et en particulier, bonjour à SimonDugas et Mobile qui «s’inquiètent» de ma santé. Enfin, SimonDugas s’inquiète de ma santé, et Mobile le rassure, je suis touchée et comblée. (bisous)
Non je ne suis pas malade, j’ai eu des invités, et internet… eh ben pas possible!!
On ne peut faire la nouba et philosopher sur internet en même temps. ;-)
Je vois que ça discute fort à certains endroits et je crois que je vais y mettre mon grain de sel, ça tombe bien, je cuisine ces jours-ci…
Je n’aime pas beaucoup l’appellation français «correct», je préfère nettement français normatif.
Quant au français québécois, je n’ai rien contre, s’il est «modéré.»
Il n’y a pas de mal à parler un français - couleur locale - convenable, j’insiste sur convenable, et avec des québécismes de bon aloi disons, mais je pense que c’est incontournable, il faut également connaître le français, appelons-le international, si l’on veut être compris de tous.
Qu’il s’agisse de la Belgique de la Suisse, du Mali, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba ou de l’île Maurice, il existe des régionalismes, des accents, des tournures de phrases et j’en passe, propres à chacun et qui répondent aux besoins de chacun surtout.
Mais dans ces pays, les gens plus instruits, ou alors plus scolarisés si l’on préfère, parlent en plus de leur “langue française à eux”, un français “planétaire”.
Nous sommes dans la même situation, mais si je comprends bien, certains veulent imposer le français québécois.
Je ne suis pas d’accord. Je refuse de parler une langue qui sera comprise seulement au Québec, c’est du français qu’il s’agit ici… ne l’oublions pas.
Je sais que certains vont monter aux barricades ou grimper dans les rideaux, au choix, mais bon, ils redescendront… ;-)
Nous avons la chance d’avoir une langue internationale, une langue parlée par de nombreuses personnes dans le monde, profitons-en bien.
Élargissons nos horizons.
Cela dit, je n’aime pas qu’un français qui prétend posséder la vérité, heureusement ils ne sont pas tous comme ça, vienne me dire par exemple que je dois parler de congère au lieu de notre très imagé et imposant banc de neige.
Ici nous avons des BANCS de neige, et de la poudrerie, mot magnifique d’ailleurs et qui décrit avec justesse la situation. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres.
Mais de connaître le mot blizzard ne nuira pas non plus, n’est-ce pas?
Je suis pour un français québecois honnête, mais j’insiste sur le fait que la connaissance du français normatif s’impose.
Finalement SimonDugas, en y réfléchissant bien, je suis peut-être un peu malade aujourd’hui, mais j’ai un tantinet couru après, mea-culpa, mea-culpa… :-(
sapine
15 Novembre 2008
15h04
Il me semble que je n’ai pas vu Mipe depuis quelques jours, et Ivanoé depuis plus longtemps.
simondugas
15 Novembre 2008
15h09
Sapine, mes hommages. J’aime bien votre commentaire. Très juste. En effet, Mipe et Ivanoé manquent à l’appel. Ont-ils de la visite eux aussi? Hé, hé…
sapine
15 Novembre 2008
16h03
Mipe était là il n’y a pas tellement longtemps, mais Ivanoé brille par son absence, enfin espérons qu’il se porte bien.
Par ailleurs, je viens tout juste de lire qu’en Grande-Bretagne, pas la petite, la grande, il y a pénurie de donneurs de sperme, avis aux intéressés.
Mais je crois que je m’égare, je déborde du sujet, une tape sur les doigts quelqu’un??
Parlons québécois, chu encore sul’party.
Traduction, je continue de célébrer, j’ai encore le coeur, ou l’esprit, à la fête.
Mais pour paraphraser quelqu’un que vous connaissez bien, “finies les folies!!!
Comme l’a dit notre Clémence nationale: «Mademoiselle Bourrrrrrrrbonnet!! baissez le nez!!! baissez les yeux!!!!!!!!
Comme c’est une soeur qui parle, elle rrrrroule les r, tout comme notre lieutenante-gouverneure à la retraite, qui soit dit en passant et sans méchanceté, m’a toujours fait penser à une bonne soeur, je n’y peux rien. Dieu veille sur elle, elle en aura besoin, alléluia, alleluia.
Mobile
15 Novembre 2008
17h01
@sapine. ‘ soir, sapine!
«Le jeudi 14 juin 2007
GILBERT LAVOIE: Le thé chez Lise Thibault
Gilbert Lavoie
Le Soleil
J’ai déjà pris le thé chez Lise Thibault. Rassurez-vous, ça n’a pas coûté cher : quelques biscuits et un thé de bonne qualité ! J’avais croisé son Excellence au Louis-Hébert. Je l’avais saluée par déférence, elle m’avait répondu qu’il fallait nous voir.
J’espérais des confidences intéressantes. Erreur ! Le « supplice » a duré une heure ! Une longue heure au cours de laquelle elle m’a répété à quel point les gens l’aimaient, à quel point ses activités étaient importantes pour le petit peuple. Pas un mot sur ses fonctions officielles ! Mme Thibault « trippait» sur l’amour qu’on lui portait et sur son dévouement pour le peuple.
En 1998, elle aurait parcouru 80 000 kilomètres en voiture et participé à 700 activités partout au Québec. « Il y a trop de gens qui élèvent des murs autour d’eux. Il y a trop de personnes de 70 ans et plus qui adoptent la position fœtale et refusent de lutter. Il faut faire quelque chose. » Son discours passait bien, et elle a probablement fini par y croire. Elle a probablement fini par se prendre pour une mère Teresa de la monarchie. Sans faire vœu de pauvreté cependant.
C’est peut-être pour cela qu’elle a mené un tel train de vie. Les gens qu’elle rencontrait étaient gentils, par respect pour le poste et par sympathie pour son handicap. À force de voir la populace faire des courbettes, on finit par se croire utile.
Aujourd’hui, on se scandalise de ses voyages de ski, de golf ou de pêche. Mais je me souviens des articles flatteurs que les médias lui ont consacrés, parce qu’elle faisait du sport malgré son handicap. On la citait en modèle, d’autant plus qu’elle avait mis sur pied une fondation pour permettre à d’autres handicapés de faire du ski alpin avec un équipement spécial.
Même les fonctionnaires fédéraux ont accepté son handicap comme justification de dépenses élevées. « À la suite de sa nomination, Mme Thibault a fait connaître son désir de démontrer que des personnes handicapées peuvent s’acquitter de responsabilités de postes importants dans le secteur public », expliquait le sous-ministre du Patrimoine, Alex Himelfarb, dans une note à la ministre Sheila Copps en 2002.
Mme Thibault était déjà sous surveillance à Ottawa. Le gouvernement venait de lui réclamer un remboursement de 1 800$ pour des frais de restaurant et des parties de golf pendant des vacances en Floride. Le sous-ministre Himelfarb avait alors annoncé à sa ministre que de nouvelles lignes directrices sur les dépenses admissibles seraient rédigées, et qu’entretemps, les fonctionnaires scruteraient toutes les demandes de remboursement avant de les approuver. On n’a pas scruté avec beaucoup de rigueur.
Retour à Mme Thibault. Peut-être qu’elle a vraiment cru que sa « mission » méritait qu’on ne regarde pas à la dépense. Car elle vit dans une bulle bien spéciale, cette femme qui prétend parler aux morts. « J’ai la foi et je crois en la force des morts. Après avoir reçu l’appel de Jean Chrétien, j’ai fait une réunion au sommet avec les gens décédés qui sont passés dans ma vie pour prendre la meilleure décision possible », a-t-elle raconté, après sa nomination. Bonne chance aux policiers qui l’interrogeront.
Peu importe ses motifs, Lise Thibault quitte dans l’humiliation. Son prédécesseur, Jean Louis Roux, avait quitté dans la controverse, à cause d’un flirt de jeunesse avec le nazisme. Mais au moins, il a retrouvé sa dignité en retrouvant le monde du théâtre. Mme Thibault aura plus difficultés : les fonds publics dont elle a abusé auraient été mieux utilisés par Centraide.
Elle devrait prier mère Teresa.»
À votre avis, est-ce que davidsonstreet est des nôtres?!
sapine
15 Novembre 2008
17h42
Je me rappelle d’avoir lu cet article Mobile.
Bien moche toute cette affaire.
Bonne soirée et à bientôt
SAPINE
davidsonstreet
15 Novembre 2008
18h54
@ sapine
Avant tout, je tiens à dire que j’apprécie énormément le ton nuancé que vous avez employé dans votre message. Je pense, par exemple, à votre préférence pour l’expression « français normatif » en opposition à « français correct ». Je pense que c’est grâce à ce genre d’attitude, et aussi à un esprit plus « scientifique », que l’on pourra vaincre certains préjugés très tenaces sur les langues.
***
Voilà. Je suis en accord avec pratiquement tout ce que vous avez écrit dans votre message, mais j’aimerais quand même intervenir sur un point. Vous avez écrit :
« les gens plus instruits, ou alors plus scolarisés si l’on préfère, parlent en plus de leur “langue française à eux”, un français “planétaire”. Nous sommes dans la même situation, mais si je comprends bien, certains veulent imposer le français québécois. »
L’hiver dernier, j’ai eu la chance d’assister à une conférence donnée par Marie-Éva de Villers au sujet de son livre « le vif désir de durer ». Elle a parlé du sujet qui nous préoccupe aujourd’hui. Elle disait avoir été surprise par l’émoi qu’avait causé le débat sur l’adoption de la norme québécoise du français à l’Assemblée nationale. Elle a affirmé que cette nouvelle norme ne confirmerait pourtant que ce tous ont déjà accepté depuis longtemps, à savoir que les Québécois utilisent des québécismes! Selon elle, c’est la seule différence qui existe entre le français correct d’ici et le français correct des Français.
Pour ma part, je suis assez d’accord avec elle. La grammaire que nous apprenons est la même, seul l’usage de quelques mots diffère. Pour le reste, je dirais que tout est affaire, de connaissance du vocabulaire, de créativité, du niveau de langue employé, etc. Il me semble tout à fait normal que certains mots considérés comme populaires ou vieillis en France aient un autre statut ici. Mme de Villers donne l’exemple de l’adjectif « ennuyant », aujourd’hui jugé vieilli en France, qui a été supplanté par l’adjectif « ennuyeux ». Au Québec, les deux coexistent et ils n’ont pas le même sens. C’est ce qu’officialiserait cette norme.
@ mobile
J’aurais probablement choisi le pseudonyme « darlingstreet » si je m’étais établi un peu plus à l’ouest. J’avais bien compris qu’il s’agissait d’une blague, je l’ai même trouvée un peu drôle.
À part ça, si ça ne tient que de moi, je veux bien faire partie de votre bande de nerds, mais je me considère trop vieux pour changer de caractère… Je ne suis pas rancunier pour deux sous, mais j’ai la langue bien pendue. C’est un
« package deal » comme on dirait ailleurs!
vlrglqqf
15 Novembre 2008
19h06
@ sapine
“mais si je comprends bien, certains veulent imposer le français québécois.”
Première fois que je lis une chose pareille! Ou bien vous en déduisez la chose par vous-même, ou bien vous voulez “casser” un tel préjugé que vous sentez indigne de vous. Je ne comprends pas, je ne comprends plus.
Les québécois ne veulent en aucun cas imposer leur langue (le franqus) à qui que ce soit. Ils sont trop courtois malgré leur ruralité. Plus simplement nous la défendons avec l’énergie du désespoir si vous me permettez. On voudrait aussi qu’on cessse de la dénigrer comme si c’était une tare de la pire espèce. Enfin, on voudrait surtout qu’on la respecte comme on le fait pour une grande dame aussi digne que volontaire et qui sait s’imposer s’il le faut. C’est tout.
Pour changer de rythme, les acadiens disent équipolent au lieu d’équivalent. N’est-ce pas d’une beauté rare phonétiquement parlant!
Mobile
15 Novembre 2008
20h57
@davidsonstreet. 10-4!
sapine
15 Novembre 2008
21h23
Je suis venue subrepticement faire un petit tour, c’est plus fort que mon vouloir. Mon soupirant soupire en grande pendant ce temps-là, mais il s’en remettra.
Pourvu qu’il ne rende pas son dernier soupir, hé hé. ;-)
Hoooooonnn!!
Maintenant passons aux choses sérieuses.
@vlrglqqf
Qu’est ce que vous défendez au juste avec l’énergie du désespoir? le franqus? (le mot ressemble à un cancer en phase terminale), le joual? les quand qu’on, les ça la, les tsé veux dire, les si j’arais, les chu tanné, et tous ces bobos qui affligent le français de ce côté-ci de la grande flaque??
Certains Québécois veulent imposer cette langue «malade de la peste» à d’autres Québécois, à personne d’autre, mais c’est quand même déjà trop.
Si vous et moi parlons de la même langue, nous sommes assez loin de la grande dame à laquelle vous faites allusion dans votre commentaire.
Là c’est moi qui ne comprends plus rien. Vous faites l’apologie du franqus?
Pincez-moi quelqu’un.
Je pense que nous ne nous comprenons pas.
volubill
16 Novembre 2008
05h37
@ sapine et vlrglqqf
Je n’ai pas lu attentivement tous ces longs commentaires, mais quoi qu’il en soit, je me demande s’il n’y a pas malentendu… ou plutôt, je réalise que quelque chose d’astucieux se produit: parler du «Franqus» et parler du «franqus».
Le Franqus, c’est d’abord un dico qui recense (http://www.lactualite.com/culture/article.jsp?content=20080221_163057_6616). Comme souvent, cependant, le lecteur occasionnel ou distrait en fera un ouvrage normatif.
Puis, vous en dérivez le nom commun «franqus», qui serait «le français standard en usage au Québec». C’est ça?
Pour répondre à une question de vlrglqqf, le Franqus devrait sortir en ligne en janvier 2009, puis en papier à l’automne.
Sauf changement, la version en ligne sera jusqu’à un certain point interactive. C’est dire que les commentaires serviront à enrichir la version papier. En tout cas, on peut espérer qu’ils ne serviront pas à l’appauvrir :)
Plus tard (sauf changement aussi), la version en ligne ne sera plus gratuite. Du moins c’est ce que j’ai entendu dire par quelques-uns des auteurs lors d’un colloque, puis d’un atelier, sur les dicos québécois au printemps dernier.
D’accord avec vlrglqqf que le lien ci-dessus est «à lire absolument».
Signe des temps, il se passe quelque chose du genre du côté de la 14e édition du Bon usage: gratuit en ligne pour ceux qui ont acheté la version papier, puis, plus tard, la version en ligne ne sera plus gratuite (je n’ai pas vérifié récemment si la version en ligne du Bon usage est encore gratuite).
volubill
16 Novembre 2008
05h39
Essai (lien vers l’article de L’actualité):
hyperlien
volubill
16 Novembre 2008
05h41
Essai II (deux liens):
hyperlien
hyperlien
volubill
16 Novembre 2008
05h42
L’essai II n’a pas fonctionné, alors voici les deux liens séparément:
1) hyperlien
volubill
16 Novembre 2008
05h42
2) hyperlien
volubill
16 Novembre 2008
05h45
… et tant qu’à faire de la pub, voici le lien vers mon blogue Termexplore:
hyperlien
… blogue en rodage, mais c’est l’fun en tabarouette avoir un blogue :)
sapine
16 Novembre 2008
07h08
@vlrglqqf et @volubill
Bon ça va, il y a eu malentendu.
Je me souviens maintenant d’avoir vaguement entendu parler du Franqus et de ce dictionnnaire.
Ça m’était plutôt entré par une oreille et sorti par l’autre.
Je suis contente d’apprendre, du moins j’espère que je comprends bien, que le joual, et tous ses descendants, n’est pas en cause.
Pour le moment, en attendant d’être mieux renseignée à ce sujet, je retire ce que j’ai dit.
Bravo pour votre blogue Volubill.
P.R. - Le Franqus ne sera pas le joual. Mais ce ne sera pas non plus la huitième merveille du monde. Comme vous dites, attendons de voir.
mipe
16 Novembre 2008
08h48
Pourquoi vouloir à tout prix accoler l’épithète québécois à français ? La langue qu’on parle en ce pays est le français et le restera si nous faisons un effort pour l’honorer. Si c’est pour faire une distinction entre le français parlé en France et celui parlé au Québec, l’on peut bien ajouter québécois à français et les linguistes de tout acabit seront bien servis.
C’est un peu la différence qu’on fait entre anglais et américain en parlant d’une traduction : traduit de l’américain. Quant à moi le mot américain employé dans ce sens ne fait que révéler l’origine de l’auteur. Les américains écrivent en anglais au même titre que les britanniques. J’ose espérer que les québécois continueront d’écrire des romans en français et que les français n’ajouteront pas « traduit du québécois ».
Bonjour SAPINE et SIMON DUGAS.
basilic
16 Novembre 2008
09h12
Très bientôt Montréal sera majoritairement anglophone. La dénatalité fait en sorte que dans 25 ans les francophones au Canada seront peut-être à peine 15 %. Je vois que les jeunes qui fréquentent le centre Bell n’ont aucune réticence à ce que tout se passe en anglais, les “tunes” sont anglaises, et on fait la présentation de l’équipe en anglais. Pas de protestation, rien. L’usage du français dans le monde diminue constamment. Nos chanteurs vedettes chantent en anglais. Le marché est aux USA. Alors le combat pour la qualité du français au Québec est un combat d’arrière-garde. Le français ici n’a pas vraiment d’avenir. On peut le regretter mais ça ne changera rien. Le latin est mort, bien d’autres langues aussi. Le monde continue.
vlrglqqf
16 Novembre 2008
09h47
@ sapine
Je vous aime bien cependant que certaines nuanes vous échappent.
Plus implement sur le train où vont les choses ici en Amérique du nord, les québécois seront bientôt engloutis pour disparaître à jamais dans un monde où l’identité d’un peuple reste une vanité de trop. On nous serine de tout côté que l’aspect français de notre culture n’est moins que rien. A entrendre parler certains membres de l’Académie française, nous sommes des autochtones sans âme!
Voilà ce que j’entends par l’énergie du désespoir à vouloir sauver ce qui nous reste de nos us et coutumes autant dans l’art de notre parlure que dans tout ce qui va avec! Je mise sur le franqus parce qu’il serait une preuve écrite de ce que nous sommes vraiment afin de pouvoir le rester
Je m’arrête ici parce que cela devient épuisant de devoir mettre ses tripes sur la table (je parle d’état d’âme exprimé via des mots simples et appropriés pour être bien compris de tous et toutes). D’ailleurs le nombre de mes interventions est largement dépassé ou sur le point de l’être.
A tous les intervenants, je souhaite une bonne journée.
volubill
16 Novembre 2008
09h50
@ basilic et al.
Il s’agirait que l’OQLF s’y mette, ou s’y remette en trouvant cette fois autre chose que les moyens coercitifs qu’on lui a reprochés.
Tout à fait d’accord que le monde du spectacle se passe de plus en plus en anglais, même les noms de groupe.
Solution: des incitatifs, p. ex. subventionnner la francisation des noms de groupe. Tu t’appelles Plateau Mont-Royal Trio? On te subventionne, tu remplis des formules et tu t’appelles Trio Plateau Mont-Royal.
Autre chose: les Libéraux en prennent, des initiatives, mais on dirait qu’ils le font en cachette. Par exemple, récemment, les petites entreprises ont reçu une offre de crédit d’impôt pour la francisation en milieu de travail mais il me semble que les médias n’en ont pas beaucoup parlé:
hyperlien
desorties
16 Novembre 2008
10h31
On m’a toujours dit que : la langue française était la langue de la précision et de la concision. Je veux qu’elle demeure ainsi. Les régionalismes, les accents particuliers ne peuvent pas disparaître car c’est cela qui fait notre richesse et notre originalité. Mais de là à “québéciser” la langue française, je ne suis pas d’accord. Si nous voulons être compris en Suisse, en France et dans tous les pays francophones nous devons respecter les règles de construction de phrases. J’ai remarqué que certains québécois ont énormément de difficultés à s’exprimer clairement dans une assemblée. On leur demande: avez-vous des questions? Et ils nous répondent en parlant de leurs “états d’âme”. L’animateur a de la dificulté à décortiquer la question, et même à la trouver dans tout ce fratras.
Certains québécois manquent totalement de vocabulaire. J’en ai conclus que “nous sommes les fossoyeurs de la langue française” et qu’il faut arrêter de mettre la faute sur les anglophones. Il y a eu aussi une dévalorisation du “bien parler”…les jeunes ne veulent pas être qualifiés de “tapettes”.
Georges Dor (poète) a fait une très forte critique du “parler québécois”…
Ta mé es tu là?…..est-ce que ta mère est là?
desorties
Mobile
16 Novembre 2008
10h32
@mipe. Bonjour! hyperlien . Je n’aime pas Yves Duteil, mais bon…
@ basilic. «Le latin est mort, bien d’autres langues aussi. Le monde continue.» Quid?!!? Le latin est mort! Depuis quand? Panique…
desorties
16 Novembre 2008
10h44
Je veux ajouter un “désir” à mon exposé. J’aimerais, je souhaiterais que tout le Québec (au complet) se monopolise pour la qualité de la Langue française au moins une semaine par année.
La qualité doit monopoliser tout le monde: commerces, industries, parents, enfants, adolescents (enlever la honte et mettre la fierté de bien parler) fonctionnaires, mécaniciens, plombiers, médecins, notaires, avocats etc…
Toute la province devrait être sensibilisée, conscientisée.
Arrêter de mettre la faute sur les autres pour notre inculture…
Il y a du progrès dans l’utilisation des mots français: silencieux, grille-pain, pare-brise etc…mais il reste beaucoup à faire.
Nous avons beaucoup d’anglicismes qui se font un chemin dans notre langage et cela insidieusement. Pour les intéressés:
Livre: Dictionnaire des expressions et tournures calquées sur l’anglais.
Auteur: Michel Parmentier.
PUL 2006.
J’en ai appris.
desorties
sapine
16 Novembre 2008
10h53
@vlrglqqf
Je vous comprends très bien et vous n’avez pas à vous épuiser à m’expliquer ce que vous ressentez et ce en quoi vous croyez.
Hier j’avais mal compris votre intervention, aujourd’hui je comprends très bien et je suis désolée, d’autant plus désolée que je partage entièrement votre opinion concernant nos us et coutumes et j’y attache une plus grande importance que vous ne le pensez.
J’y attache même BEAUCOUP d’importance. D’ailleurs je répète à qui veut l’entendre que si nous ne sommes pas vigilants nous disparaîtrons, langue, us et coutumes, lentement mais sûrement comme un bateau qui coule.
Présentement le bateau prend l’eau de toutes parts, la question est de savoir combien de temps encore il tiendra la mer.
Je pense que l’avenir s’annonce plutôt sombre, quand je réfléchis, mais je préfère rester positive et lutter…
Pour ce qui concerne certains membres de l’Académie française qui pensent que nous sommes des autochtones sans âme, ils font preuve d’une ignorance crasse, et franchement je m’en bats l’oeil. Nous n’avons pas de leçons à recevoir d’eux.
Pour ma part j’ai une dent contre la France qui nous a abandonnés à notre triste sort en 1760, elle nous a laissés choir comme une vieille paire de savates dont on ne veut plus.
Et des années plus tard, des Français venaient ici, se moquaient de notre langue et de notre accent, de nos us et coutumes tant qu’à y être, tout en oubliant que qand on abandonne une colonie, il en reste des séquelles graves.
D’autant plus que la dite colonie était noyée, et l’est encore plus maintenant, dans une mer anglophone.
Je sais que je ressasse des vieilles affaires, mais des fois ça fait du bien.
J’étais vraiment outrée quand j’ai appris que Louis-Joseph Papineau a fait un séjour assez prolongé en France afin d’obtenir de l’aide, un soutien, quelque chose…mais en vain.
Il a bel et bien perdu son temps..ou à peu près. Très humiliant puisqu’on lui avait fait miroiter certains avantages qu’il pourrait tirer de sa visite.
Même résultats aux USA, sauf que ça se comprend mieux, nous n’étions pas une colonie des USA mais bien de la France.
Bon, cela dit, je ne suis pas toujours à déblatérer contre la France, il faut en revenir, au contraire, j’aime beaucoup ce pays de mes ancêtres, et certains de ses habitants.
Je tiens à préciser que je suis une patriote, que j’ai des ancêtres qui se sont battus pendant les troubles (sic) de 1837-1838, que je me bats quotidiennement pour que le Québec demeure français. Cest une chose qui me tient à coeur.
Mais le joual ou tout ce qui s’en approche c’est non.
Bonne journée,
SAPINE/LOUISE
sapine
16 Novembre 2008
10h57
CORRECTION C’est…une chose
sapine
16 Novembre 2008
11h29
BONJOUR MIPE!!
@ Mobile
«Le latin est mort! Depuis quand? Panique…»
Vous me faites vraiment rigoler.
Mais: ubi amici, ibi opes
Voyez Mobile, il n’est pas si tant mort que ça après tout :-)
vlrglqqf
16 Novembre 2008
11h48
@ sapine
Dernier commentaire expressément pour vous madame, parce que finalement nous sommes sur la même longueur d’ondes…
Je peux aisément (:o) me débrouiller en français correct mais aussi en joual puisque c’est ma langue première dont je suis fier et que je ne renie nullement. Au premier abord les gens me croient européen. Quand ils découvrent ma vraie nature ou ma vraie identité, c’est le fou rire à ne plus en finir. Non pas que j’aspire à me prendre pour un autre, j’adore l’humour, surtout celui que l’on dit intelligent. Je déteste la dérision. Je suis un être foncièrement extraverti et j’ai les mots pour l’exprimer.
Le joual n’est pas une maladie honteuse si c’est convenable de le comparer ainsi. C’est la langue de tous les jours à la bonne franquette sans pincettes ni gants blancs. Mais les québécois savent aussi se bien tenir malgré leur ruralité (sic). Là où vous et moi divergeons, c’est que le joual est toujours déprécié par les étrangers. Pourtant en France il se parle une foule de dialectes de l’est à l’ouest, du nord au sud et ma foi, même à Paris! et personne ne grimpe dans les rideaux. Hors de Paris, point de salut, dit l’adage. C’est faux, archi faux!
C’est ici que vous et moi on “fesse” un iceberg! Pas de compromis, chacun tient mordicus à son raisonnement tel que mentionné ci-haut en parlant de la différence entre fleuve et rivière. Des deux côtés de l’Atlantique les choses sont uniques et pareilles, c’est-à-dire que l’identité (ou l’âme d’un peuple) est une priorité absolue et que pour ce faire, chacun veut en imposer à l’autre. Ah! ces querelles oiseuses entre touristes et parisiens! Je connais le tabac puisque mes ancêtres sont originaires de la Vendée.
Et si on en restait là, à présent que l’essentiel a été ventilé entre vous et moi. Quoique nous pourrons toujours à l’avenir échanger sur mille et un sujets.
Chère madame, passez une très bonne journée.
simondugas
16 Novembre 2008
12h13
@ basilic
Entièrement d’accord, on se «louisianise». Alea Jacta est.
sapine
16 Novembre 2008
12h19
@vlrglqqf
Comme j’allais fermer, vous apparaissez. Donc un commentaire expressément pour vous également.
Je pense qu’il faudra, dans un proche avenir, définir ce qu’est le joual exactement.
Il y a une différence entre le joual et la langue du terroir.
Dans un autre débat.
Pour aujourd’hui, dimanche, ite, missa est. ;-)
Voyez MOBILE, pas tout à fait morte, elle gigote encore un peu, surtout le dimanche…
Mais on dit que la messe n’est plus dite en latin, les traditions se perdent, quel dommage, j’aimais tant entendre parler latin.
S’il revenait je crois que j’irais à la messe pour l’entendre un peu…mais enfin.
Bonne journée
Germaris
16 Novembre 2008
13h17
Bonne fin de dimanche à tous (moins un) !
Les discussions en cours sur ce blogue sont tellement nombreuses et diverses qu’il est impossible de répliquer à tous les arguments avancés.
Je m’en vais donc vous servir « en vrac » quelques réflexions suscitées par la lecture exhaustive des multiples commentaires postés durant mon absence de vingt-quatre heures.
Ceux à qui je réplique s’y reconnaîtront facilement, attachés qu’ils sont à leurs raisons, excuses et, surtout, principes.
Moi, le pur bâtard d’un descendant d’immigrants italiens et d’une immigrée espagnole, tous deux devenus français par naissance et par naturalisation, je suis né et j’ai été élevé en France. J’en possède donc, non sans fierté, la nationalité.
Il ne faudrait toutefois pas croire qu’à ce titre, je doive assumer l’ensemble de l’héritage historique de mon pays. Par exemple, le massacre de la Saint-Barthélémy, les guerres napoléoniennes, la Commune et ses massacres, la colonisation à l’échelle universelle, les exactions et la trahison du gouvernement de Vichy sont des événements dans lesquels non seulement je ne me reconnais pas mais que, littéralement, je vomis.
Je suis donc profondément blessé dans mon identité française lorsqu’ici, au Québec, des personnes arguent de mes origines et de ma nationalité pour « m’en servir tout’une » à propos de l’abandon de la Colonie en 1763, et patati, et patata… Je n’en ai vraiment rien à cirer. Louis XV et Montcalm ne sont pas partie de ma généalogie !
Et même si c’était le cas, ça ne changerait rien : « Je-ne-suis-pas-res-pon-sa-ble-de tout-ce-la ». Compris ?
De la même façon, sans être à proprement parler une « petite nature délicate », je suis blessé lorsqu’on argue à gauche et à droite de mon « défaut » (sic) de Français pour me reprocher, lorsque je dis : « En France on dit comme ci, en France on écrit comme ça », d’être un donneur de leçons. Ce que je ne suis certes pas. Je ne fais que communiquer des éléments de ma culture. Rien de plus.
Je pense que certains, pour défendre leurs opinions, n’ont rien de mieux à avancer que leur qualité de Québécois mais refusent ce même droit aux « étrangers » et en particulier aux Français.
Des donneurs de leçons, en vérité, ce blogue en regorge.
J’aimerais bien ne plus jamais être considéré comme l’un d’entre eux.
———————–
Dans un registre plus futile que ce qui précède :
Il faut savoir qu’un fleuve ne définit pas par la taille.
Un fleuve est un cours d’eau dont le courant, de la source à l’embouchure le fait se déverser dans la mer.
Une rivière est un cours d’eau qui se déverse soit dans un fleuve soit dans une autre rivière.
Les dimensions et les débits ne changent rien à la dénomination.
Lorsque certains Français se gaussent de l’accent québécois, il faut savoir qu’en France ils font de même avec les accents des régions dont ils ne sont pas originaires.
La moquerie est une caractéristique fondamentale de l’esprit français. Elle se veut, dans l’immense majorité des cas, « bon enfant » et sans malice aucune.
Les Français adorent se charrier mutuellement, c’est ainsi. Et les Québécois ne sont ni mieux plus mal traités que le soyeux lyonnais, le paysan du Rouergue ou le pêcheur breton.
Les mauvais coucheurs pointilleux et sourcilleux, à la trappe !
Le latin est une langue dite « morte ». Ce qualificatif veut dire qu’elle n’est pas parlée par un peuple, ni élévée au rang de langue nationale par un état. Ça ne veut pas dire qu’elle est ignorée.
À ma connaissance, je crois sans certitude aucune que seul le Vatican possède cette langue comme outil officiel de communication. Le latin est en quelque sorte « l’espéranto » des ecclésiastiques de toutes nationalités.
Et, bien sûr, nous ne négligerons pas l’utilité du latin dans la bonne compréhension du français…
L’Office québécois de la langue française reconnaît le terme « congère » qui est d’ailleurs un terme employé par les météorologistes. Le mot désigne le résultat d’un phénomène naturel. «Banc de neige », que je trouve très explicite et imagé, n’a pas la même précision puisqu’il désigne aussi bien une congère qu’un entassement ou une accumulation de neige provoqués mécaniquement par un engin tel qu’une niveleuse (et non une « charrue »…).
Je reviendrai bientôt avec d’autres petites « picosseries ».
Hé hé hé…
simondugas
16 Novembre 2008
13h39
@ Germaris
En ce qui me concerne (même si votre dernier commentaire ne m’était pas adressé), votre participation est très intéressante et pertinente. Au contraire, que vous soyez Français est un plus. Je déguste chacun de vos colorés commentaires.
Mon but premier lorsque je viens ici est d’apprendre et de m’instruire.
Germaris
16 Novembre 2008
13h40
simondugas :
Merci pour votre délicate attention.
Mon but premier est identique au vôtre !
simondugas
16 Novembre 2008
14h08
Chacun ici peut apporter un élément intéressant, même si je ne suis pas d’accord avec tout. Il est même arriver que je sois avec notre ami Serge Allard. Pas souvent, mais enfin. C’est tout dire.
volubill
16 Novembre 2008
14h09
@ Germaris
Bon 14 h 10 :)
C’est plutôt chasse-neige.
Germaris
16 Novembre 2008
14h19
volubill :
Désolé… mais non.
Un chasse-neige possède en avant des roues avant une lame en « V » assez semblable du point de vue de la forme au « chasse-bisons » qu’on voit sur les locomotives dans les films du genre « western ».
La lame évacue la neige des DEUX côtés du véhicule.
La niveleuse ne le fait que d’UN côté.
volubill
16 Novembre 2008
14h36
@ Germaris
Bonne matière à réflexion, alors poursuivons :)
Je dirais qu’on utilise les niveleuses (angl. grader)… comme chasse-neige.
En fait, chasse-neige signifie plusieurs choses: la lame, le véhicule, et d’ailleurs plusieurs types de véhicules.
En ce qui concerne un ou deux côtés, on voit dans le GDT la photo d’un camion équipé d’un… chasse-neige qui pousse la neige seulement d’un côté.
Voir dans le GDT le terme anglais snowplow, domaine «route», fiche 2 de 2 (2006).
Du côté des trucs en V, il existe le terme «chasse-neige à éperon en V», qu’on voit sur les rails mais peu sur les routes.
hdufort
16 Novembre 2008
14h45
Je n’ai aucun respect pour ceux qui prônent l’écrasement culturel du Québec. Si nous sommes avons réussi à développer notre culture et nos industries culturelles, ce n’est pas en acceptant de nous mettre constamment en position d’infériorité. Devrions-nous accepter d’être des colonisés économiques, politiques et culturels? Paris n’est pas le seul phare de la Francophonie. Cette langue ne nous a pas été imposée de manière coloniale (comme les colonies françaises d’Afrique, d’Amérique du sud et d’Asie). Nos ancêtres sont débarqués ici avec cette langue dans leur bagage et l’ont implantée en Amérique. Et tout comme le bétail qu’ils ont apporté avec eux et qui a évolué pour s’adapter au climat et aux réalités de ce contient, notre langue aussi a subi des mutations. Refuser de le reconnaître, refuser de vouer à cette adaptation respect et reconnaissance, c’est se poser en ennemi de la culture québécoise. Et rien de moins.
Germaris
16 Novembre 2008
15h00
hdufort :
J’espère n’être pas visé par votre commentaire.
Si c’est le cas, vous vous gourrez, mon cher…
:-)
Mobile
16 Novembre 2008
15h01
@Germaris. «[…] Les Français adorent se charrier mutuellement, c’est ainsi.» Ils charrient les z’ôtres aussi! Poche, pochon, sac, sachet, etc. Niveleuse, chasse-neige… Un Frônçais doit par définition avoir raison. À lindi!
vlrglqqf
16 Novembre 2008
15h02
Absolvo te… in nomine patris et fili et spiritu sancti…
Le sacrement de pénitence exige au préalable un bon examen de conscience où tout doit être pesé et soupesé. De même le ferme propos de ne plus recommencer est essentiel pour la paix de l’âme. A quoi servirait l’absolution si toutes ces conditions ne sont pas respectées? Evidemment ce serait sacrilège que de communier dans de telles contitions, d’autant plus qu’il y a le risque de l’enfer en cas de mort subite. Qu’on se le dise (:o)
Amen.
Germaris
16 Novembre 2008
15h19
Mobile :
Vous n’avez pas quelque chose de plus neuf à me servir ?
« Un Frônçais doit par définition avoir raison ». Pfff !
Qui dit cela ? Vous.
Et que je sache, vous ne représentez rien d’autre que vous-même et l’idée ridicule que vous vous faites des Français.
En France comme au Québec il y a des idiots.
À vous de choisir la catégorie dans laquelle vous vous rangez.
Comme on dit souvent : « C’est celui qui le dit qui l’est ! »
En ce qui me concerne, les autres participants de ce blogue jugeront ce que j’ai écrit.
Mobile
16 Novembre 2008
17h10
@Germaris. «[…] Les Français adorent se charrier mutuellement, c’est ainsi.» Ils charrient les z’ôtres aussi! Poche, pochon, sac, sachet, etc. Niveleuse, chasse-neige… Un Frônçais doit par définition avoir raison. À lindi Je persiste et je signe.
Mobile
16 Novembre 2008
17h35
Oups! (est-ce que c’est français?) À lindi!
Germaris
16 Novembre 2008
17h39
Mobile :
Dieu, que c’est triste !
État gravissime…
Consultez, mon cher. Consultez au plus sacrant !
vlrglqqf
16 Novembre 2008
17h58
Pardonnez-moi c’est plus fort que tout, faut qu’on s’cause.
@ sapine
Pour avoir une idée de la différence entre le joual et le langage du terroir, je vous suggère deux oeuvres reconnues et acclamées dans le monde entier. Traduites et jouées à peu près dans toutes langues, elles ont fait l’unanimité.
Pour le joual, je vous suggère de relire “les belles-soeurs” de Michel Tremblay, une oeuvre-maîtressse. C’est une histoire de femmes urbaines mais de classe moyenne à scolarité presque nulle. Essayez de lire la pièce sans préjugés vous limitant seulement au langage écrit ou parlé de l’auteur. Partout la pièce a fait sensation, surtout ici au Québec où à chaque reprise elle est à guichet fermé.
Pour le langage du terroir, je vous propose une re-lecture de “la sagouine” d’Antonine Maillet dans le même esprit. Cette fois c’est l’histoire d’un homme et d’une femme terriens où à Paris on dit paysans. A Paris justement la pièce tiendrait encore l’affiche n’eût été de la décision de Viola Léger et de l’auteur d’y mettre un terme.
@ germaris
Personne ne juge personne. Cependant les gens d’ici constatons certains faits qui ont été abordés au cours des commentaires. Inutile de s’arrêter sur une ou deux particularités qui vous ont fait sursauter. Personne n’est contre vous non plus. Dès le début du commencement “le français correct plutôt que le français québécois”, vous et moi avons présumé qu’on en verrait de toutes les couleurs. Nous savios donc tous les deux à quoi nous attendre. Vos picosseries me font croire que les néologismes québécois ne vous rebutent pas autant que ça!
@ aux autres
Je sens de l’amertume chez certains parmi vous. Personnellement je me suis vidé le coeur pour la simple raison que désormais j’ai écrit noir sur blanc tout ce qui me chicotait intérieurement. Je remercie M. Roux de nous avoir donné ce moyen virtuel pour creuser un peu plus un sujet aussi explosif.
Pour la nuit qui vient, je souhaite de beaux rêves à tous et toutes.
Germaris
16 Novembre 2008
18h08
vlrglqqf :
Ah !
Si seulement !
Si seulement tous possédaient votre raison !
Merci à monsieur Roux pour cet espace mais un petit blâme pour le titre contre lequel je me suis déjà élevé.
P.R. - Le titre n’est pas de moi. C’est celui de la lettre de M. Maurais. Je l’ai respecté.
sapine
16 Novembre 2008
18h45
@vlrglqqf
Je connais très bien les Belles-soeurs, j’ai lu à peu près tout ce que Tremblay a écrit, j’ai même JOUÉ du Tremblay, c’est vous dire. J’aime Tremblay, je ne suis pas loin de «vénérer» Tremblay.
Cependant, je ne veux qu’on fasse du joual, la langue officielle du Québec.
Tremblay ne parle pas joual, il le connaît mais il parle français et vous n’ignorez sûrement pas que son français est impeccable.
Dans ses Chroniques du plateau Mont-Royal par exemple, ses personnages parlent un joual “galopant” mais sa narration est écrite dans un français normatif de toute beauté.
J’ai aussi lu La Sagouine et je l’ai vue au théâtre.
Je ne vais pas vous énumérer ici tout ce que j’ai lu d’Antonine Maillet, mais c’est une auteure que je connais bien et que j’affectionne particulièrement.
vlrglqqf
16 Novembre 2008
19h03
Sans obliger le joual à qui que ce soit, laissons aux québécois leur parlure puisque c’est dans cette forme de langage qu’ils semblent être plus à l’aise et mieux se comprendre sur leur propre terrain. Ils se reconnaissent dans leurs us et coutumes. Vouloir les leur enlever, c’est un crime prémédité épouvantable.
davidsonstreet
16 Novembre 2008
19h06
@ Sapine
Vous dites : “Cependant, je ne veux qu’on fasse du joual, la langue officielle du Québec”
Je ne sais pas si vous avez vu et lu le message que j’ai écrit et qui vous était destiné. J’y explique qu’il n’a jamais été question de ça. Cette question est réglée depuis les années 1960.
@ Germaris
Votre message censuré est mystérieusement apparu dans le fil de discussion… Étrange! J’y répondrai un peu plus tard.
sapine
16 Novembre 2008
19h18
À l..di :-)
sapine
16 Novembre 2008
19h38
@davidsonstreet
Bien contente de vous l’entendre dire…
@vlrglqqf
P.S.
Quand je m’y mets mon joual est excellent, vous seriez étonné.
Il le faut, pour jouer du Tremblay.
Je suis allée à l’autre extrême, dans un français tout ce qu’il y a de plus correct, j’ai fait de la tragédie grecque, d’ailleurs Tremblay s’en est inspiré pour son théâtre, les choeurs…
vlrglqqf
16 Novembre 2008
19h49
Par contre j’avoue sincèrement que je n’ai jamais été capable de lire “c’t'a ton tour Laura Cadieux” de Michel Tremblay. J’ignore pourquoi mais à un moment donné, je m’y perds complètement.
Mobile
16 Novembre 2008
19h51
@Germaris. Un homme du Berry «berrichon»» est aussi «Frônçais» que vous! Vous bêchez. Regardez-vous dans une glace! Qui doit consulter?
sapine
16 Novembre 2008
19h54
@vlrglqqf
P.P.S.
D’ailleurs les gens de théâtre au Québec ont cette capacité remarquable et étonnante de pouvoir jouer en joual une semaine, et de passer directement au français le plus châtié la semaine suivante.
J’ai une amie Française, ici depuis longtemps, qui n’en revient toujours pas.
Germaris
16 Novembre 2008
20h42
Mobile :
« Un homme du Berry «berrichon» (?) est aussi «Frônçais» que vous! »
Qui a dit le contraire ?
Moi, fils d’un ouvrier devenu ingénieur, vous dites que je « bêche » ?
D’abord, ça fait bien cinquante berges que le populo ne jacte plus comme ça.
Ensuite, vous prouvez que vous ne m’avez pas lu ou alors très mal ou encore que vous êtes de la plus parfaite mauvaise foi.
Généralement, je suis poli.
Plus exactement, je suis respectueux de ceux qui me respectent.
Comme ce n’est manifestement pas le cas pour ce qui vous concerne, je vous dis : « Allez au diable avec vos frônçais et vos lindis ! Vos propos insignifiants et décousus, nul n’en a que faire !»
darkmus
16 Novembre 2008
21h37
Bonjour à tous
Voici un texte que j,ai tiré aujourd’hui du site du journal la Presse:
Publié le 16 novembre 2008 à 17h42 | Mis à jour à 17h47
M. Obama et son inséparable Blackberry
Photo: NYT
Cyberpresse
Il ne reste que 65 jours avant que Barack Obama prenne place à la Maison-Blanche, mais d’ici là, il devra apprendre à se séparer de son gadget chouchou : son Blackberry!
Le nouveau président des États-Unis devra se plier à la loi. Toutes ces correspondances, incluant ces courriels, devront désormais se retrouver dans un registre officiel.
Le mot «Sox!» qu’il a envoyé à des amis après une victoire des White Sox pourrait donc être accessible au grand public!
Est-ce que c’est un journaliste qui a écrit ce texte? Si c’est le cas c’est vraiment lamentable. Le texte comporte une erreur de français à deux endroits, que j’estime très grave. L’erreur est dans la phrase “Toutes ces correspondances, incluant ces courriels”. La personne qui a écrit ce texte a utilisée un adjectif démonstratif à la place d’un adjectif possessif. Est-ce une erreur de frappe? Je ne pense pas. Ce genre d’erreur est partout, moi qui est un lecteur assidu du journal La Presse et qui n’a pas le français comme langue maternelle ça me désole de voir ça, et c’est pas la première fois que je signale des erreurs dans votre quotidien.
champollion
16 Novembre 2008
21h40
@hdufort
Cher ami, vous mélangez beaucoup de sujets, ne faites distinction de rien, vos propos sont sans nuances, manquent de clarté, et vous condamnez à tort ceux qui, aussi québecois que vous, ne partagent pas votre fierté singulière pour la langue d’ici.
Je vous recommande une dose de réalisme. Sachons débattre de tout comme des êtres civilisés sans qu’il faille du doigt pointer quiconque.
wildwilly
16 Novembre 2008
23h36
Quelqu’un a dit qu’il vient ici pour apprendre. Moi, je le fais sans cesse. Des exemples:
Subrepticement. Il me fallait le chercher dans mon dictionnaire. Il se traduit en « surreptitiously ». Mais voyons, c’est le même mot. Je devrais le reconnaître. Merci pour cette leçon.
Soupirant. Je connaissais « soupirer » mais je peinais à comprendre « soupirant » en contexte. Une autre recherche me donne « suitor ». Oui, je vois maintenant le lien. J’ai même l’image de Don Giovanni, habillé en des vêtements de Leporello, chantant de l’amour sous la fenêtre d’une belle. Je vous souhaite, par contre, que votre soupirant n’est pas du tout du moule Don Giovanni . . .
Enchâssé. Encore une recherche pour « enshrine ». Bon mot à retenir. Mais je trouve le â suivi par s hors du commun. J’ai appris il y a longtemps que le circonflexe par-dessus une voyelle signifie qu’on écrivait, à un moment donné au passé, un s après la voyelle mais pas aujourd’hui. Comme « château », qui a retenu le s en anglais: « castle ». Et voilà « enchâssé » qui a ET le circonflexe ET le s, même DEUX s. Est-ce qu’il y en a d’autres comme celui-ci, qui retiennent le circonflexe et le s?
Germaris
17 Novembre 2008
05h04
champollion :
Mon cher, je partage votre point de vue.
Il n’est que de lire les attaques dont je suis en particulier l’objet et qui dégoulinent de mauvaise foi et de mensonges, pour comprendre que cette personne et ses alliés n’ont pas pour but la défense du français d’ici ou d’ailleurs.
Tout dialogue constructif et tout échange enrichissant se trouvent de ce fait voués à l’échec.
Germaris
17 Novembre 2008
05h25
wildwilly :
C’est un régal de vous lire.
Quelques petits exemples pour s’amuser :
- château –> castel [d’où vient d’ailleurs l’anglais “castle”]
- châtaigne –> castagne
[castagner = se battre à coups de poings,
envoyer ou mettre une châtaigne = donner un coup de poing
on dit aussi “coller un marron” à quelqu’un (j’ai bien écrit à quelqu’un et non à Allard !)]
- côtière –> costière
[en bordure de la mer, d’un cours d’eau ou d’une région : “Vin des Costières du Gard”]
…
Le dictionnaire en regorge.
Continuez votre bon travail et à vous laisser guider par votre curiosité !
sapine
17 Novembre 2008
07h55
Non WILDWILLY, mon soupirant ressemble à un Don Juan, sans le comportement, hé hé.
Ne perdez pas votre belle et saine curiosité.
SAPINExx
wildwilly
17 Novembre 2008
16h10
@ Germaris
Merci pour les exemples. Mais il me semble qu’ils sont des mots qui ont perdu leur s. Je cherche d’autre mots qui ont retenu et leur s et leur circonflexe. Mais j’aime l’exemple châtaigne –> castagne. Ça me rappele les castagnettes de Carmen . . .
@ sapine
« belle et saine curiosité ». Oui, une enquête au sujet de votre Don Juan serait malsaine, alors je la lâche. Je suis convaincu que vous n’êtes pas du tout du moule de Donna Elvira.
pellem
17 Novembre 2008
17h52
Je ne suis pas convaincu par l’argumentaire de M. Maurais. Bien sûr qu’il a raison de mentionner que l’adoption d’une norme québécoise sans les ressources pédagogiques pour l’appuyer serait hasardeux, mais c’est justement l’absence de norme québécoise qui empêche la mise en place de ces ressources. D’ailleurs, rien n’oblige le Conseil de la langue d’adopter des mesures précipitées quant à la mise en place de mesures pédagogiques, mais l’adoption de la norme servirait de phare et de guide pour les années qui viennent.
Par ailleurs, je suis en désaccord avec la présentation binaire “ou bien norme internationale”, “ou bien norme québécoise” que nous fait M. Maurais. Je crois que les discussions du Conseil sur une norme québécoise consistent à aménager un espace linguistique propre à nos besoins, espace qui serait somme toute tout petit eu égard des normes qui régissent la Francophonie.
Je propose ici quelques arguments pour appuyer l’adoption d’une norme québécoise.
D’abord, les tenants d’une norme internationale semblent oublier qu’au fur et à mesure que la langue se réforme en fonction des besoins linguistiques des Français de la métropole, l’apprentissage de cette même langue se complexifie pour les autres usagers, dont ceux du Québec. Prenons par exemple la dernière réforme de 1990 qui est maintenant enseignée dans nos écoles. La plupart des éléments de cette réforme affecte les locuteurs français des deux côtés de l’océan indifféremment (par l’exemple les règles d’écriture des nombres).
Par contre, certains éléments de cette réforme facilitent la vie des locuteurs français de la métropole au détriment des locuteurs québécois. L’abandon des accents circonflexes sur les “i” le démontre. En France, il y a déjà quelques temps que les voyelles de “traitre” (orthographe de la nouvelle réforme) se prononcent comme celles de “traite”. L’abandon de l’accent facilite l’apprentissage de la langue pour ces locuteurs car une seule graphie correspond maintenant à un phonème commun. Mais au Québec, “traître” ne se prononce pas comme “traite”. “Traître” rime avec “maître” et avec “tête”, alors que “traite” rime avec “faite” et “tète”. Pour le jeune québécois, l’accent permettait de marquer cette différence de sons qu’il reconnaît d’emblée. Son abandon rend l’apprentissage de sa langue plus compliquée, car il a maintenant deux phonèmes qu’il doit rendre par une même graphie dans ce cas particulier, alors qu’il doit tenir compte de la différence de phonèmes dans d’autres situations (tête vs tète). Une norme québécoise permettrait d’accepter “maître” et “traître” comme des graphies acceptables de “maitre” et “traitre”.
Je soutiens de plus que la présence d’une norme québécoise permettrait de fixer certains usages, notamment dans le registre familier, qui sont actuellement extrêmement flottants. J’en veux pour preuve l’édition complète des pièces de Tremblay, au sein de laquelle on retrouve pas moins de trois différentes graphies de “astheure” (pour citer un exemple parmi d’autres). Une norme québécoise permettrait aux Québécois de comprendre leurs propres poètes, de comprendre par exemple que “Mais que tu m’aimes” qu’on retrouve dans la “Marche à l’Amour” de Miron, est une affirmation et non une interrogation, comme je l’ai entendu il y a peu dans un récital, erreur qui dénaturait le sens même du poème.
M.Maurais fait référence à la possible injustice qu’engendrerait l’adoption d’une norme québécoise pour les personnes qui apprennent la langue française à l’extérieur du Québec. En fait, c’est la situation actuelle qui est préjudiciable pour les francophiles qui viennent ici. Je travaille dans un milieu clinique où des professionnels de santé rencontrent des patients, et les Canadiens anglais qui nous arrivent pour un stage, avec en bagage l’apprentissage du français dit international, sont incapables d’interagir avec les patients montréalais francophones à leur arrivée, du fait qu’on ne leur a pas enseigné les rudiments des particularités québécoises. J’ai connu un certain nombre de médecins francophiles qui n’ont pas vu leur compétences être reconnues du fait qu’ils ne comprennent pas la population montréalaise. L’adoption d’une norme québécoise, appuyée des ressources pédagogiques appropriées, permettrait à ces gens intelligents de venir au Québec avec un bagage linguistique mieux adaptés aux situations de la vie de tous les jours auxquels ils sont confrontés.
Finalement, je crois qu’il faut être plus flexible dans l’enseignement d’une norme internationale. Il est impératif qu’un diplômé universitaire puisse s’adresser à un auditoire international, mais je ne crois pas qu’il faille exiger la même obligation pour le travailleur manuel dont l’objectif est de finir son secondaire V avec un métier. Dans ce dernier cas, ce qu’il faut exiger, c’est qu’il écrive clairement. Cette remarque, bien sûr, ne signifie pas que les gens de métier sont incapables d’apprécier les subtilités de la langue française. Nous connaissons tous des gens de métier au français impeccable, amoureux de la littérature. Ma remarque ne se veut pas condescendante. Elle vise simplement à rappeler qu’il faut accepter l’existence de nombreux registres de langue, et que le registre exigé des travailleurs manuels ne doit pas être le même que celui du philosophe. L’adoption d’une norme québécoise, en particulier dans les aspects normatifs du registre familier, permettrait de fixer ce qui est acceptable pour chacun des registres. Certains porteront un jugement de valeur en disant qu’il s’agit d’une proposition visant “à niveler par le bas” et recommanderont les vieilles solutions traditionnelles qui ne marchent pas. Des niveaux d’échec de 65% commandent pourtant des solutions innovatrices et pragmatiques.
pellem
17 Novembre 2008
21h56
J’aimerais citer le texte suivant qui décrit, tout en nuance, la position de Robert Vézina, de l’Office de la langue française, position à laquelle s’oppose M. Maurais:
Le français standard québécois : un concept qui inquiète
L’existence manifeste de québécismes relevant de la langue neutre ou soignée est-elle néanmoins suffisante pour justifier que l’on parle d’un standard québécois? Autrement dit, est-ce qu’un corpus de variantes endogènes, aussi légitimes et légitimées soient-elles, mais relativement peu nombreuses par rapport à l’ensemble du lexique, constitue un standard distinct? Il semble que ce soit sur ce point que se situe l’essentiel du problème. Si l’on affirme que, de toute façon, le français québécois standard est rattaché fortement au français international (v. Martel et Cajolet-Laganière, 1996 : 124), on doit quand même admettre que cette proximité – tout à fait vérifiable – s’est maintenue dans un contexte sociolinguistique où à peu près aucune norme québécoise standard explicite n’était diffusée. Dès lors, on peut se demander, et quelques-uns n’y ont pas manqué, quelles sont les garanties du maintien à long terme de cet attachement au français international une fois une norme québécoise explicitée? Derrière cette question se profile la crainte de l’isolement linguistique, de la perte de contact avec la francophonie – souvent présentée comme un bloc monolithique – et de la créolisation du français québécois. On ne peut rien conclure sur le bien-fondé de cette crainte car, comme le souligne Moreau (1999 : 57), peu d’études ont été faites pour préciser les conditions de l’intercompréhension entre différentes variété de français.
Le maintien de la référence externe
Quoi qu’il en soit, les craintes exprimées vis-à-vis du projet d’explicitation d’un français standard québécois reposent peut-être sur un malentendu. En effet, on voit mal comment un bon usage élaboré à partir de corpus de textes écrits dans le respect de la grammaire française et du vocabulaire commun pourrait aboutir à un standard complètement endogène, distinct et coupé de ses origines. D’ailleurs, on peut remettre en question la relation trop étroite que l’on fait parfois entre les territoires nationaux et les concepts de normes endogène et exogène, puisqu’au Québec la norme dite endogène se nourrit et s’inspire constamment de la norme dite exogène et peu de gens ont le réflexe de distinguer les deux. Des exemples parmi tant d’autres : baladeur et logiciel (qui viennent de commissions terminologiques françaises) ont été spontanément adoptés au Québec pour concurrencer walkman et software (dans le cas de logiciel, l’appropriation du terme est telle que certains croient qu’il s’agit d’une création québécoise; il a quand même inspiré des néologismes québécois : courriel, pourriel); d’un autre côté, le professeur qui enseigne à ses élèves le mot sécuritaire (tel qu’employé dans un syntagme du type : un jouet sécuritaire) est convaincu qu’il leur enseigne le français le plus universel, alors qu’il leur enseigne un bon usage tout à fait québécois.
Même s’ils ne répondent pas à tous leurs besoins, les produits lexicographiques faits en France constituent des références incontournables en matière d’orthographe et de sémantique pour la majeure partie des Québécois, qui les consultent régulièrement et qui leur accordent une grande crédibilité (v. Martel, Cajolet Laganière et Théoret, 1998 : 115). C’est souvent sur la base de ces références que l’on établit l’essentiel des critères servant à juger de la qualité d’un texte québécois. Par conséquent, le paradigme norme endogène/norme exogène, traduit strictement comme opposition entre norme québécoise et norme française de France, laisse en plan une partie importante du rapport que tout locuteur entretient avec la norme. Il demeure indéniable que la norme dite internationale, modèle abstrait qui dépasse largement le simple bon usage parisien, conserve son prestige, ses droits d’influence et de référence chez la plupart des Québécois, lesquels, dans leurs écrits de niveau soutenu, tentent de s’y conformer le plus possible. Le rapport identitaire entre la langue française et les Québécois ne se résume pas uniquement en termes de québécité de l’usage; il est beaucoup plus large et complexe. La prise en compte de cette complexité est fondamentale, notamment dans une perspective pédagogique du français au Québec.
La norme du français québécois : une modulation québécoise du français international
La norme du français québécois, prise comme un modèle complet et autonome, est en quelque sorte une hypothèse de travail utile aux linguistes, aux lexicographes et aux terminologues pour décrire et aménager le vocabulaire, là où l’originalité québécoise est la plus sensible. Elle sert de point de repère. C’est en se plaçant dans une telle perspective, dans les cas où une variation lexicale topolectale existe, que le terminologue, par exemple, peut viser à produire des fiches terminologiques qui reflètent un jugement normatif traduisant l’usage correct du français au Québec, lequel peut différer sur certains points de l’usage reçu en France ou ailleurs. L’affirmation d’un libre arbitre normatif québécois est d’ailleurs primordiale et nécessaire pour notre société qui se veut mûre et moderne, d’autant plus que le fait de décrire un bon usage québécois n’entraîne aucunement le rejet de l’ensemble des ressources du français. En terminologie, ce dernier point est particulièrement important étant donné le rôle capital qu’a joué et que joue encore le français technique diffusé dans des dictionnaires, des vocabulaires, des lexiques ou dans de la documentation provenant de toute la francophonie, dans la francisation des terminologies techniques au Québec. Le français représente un intarissable trésor où sont déposés des siècles de connaissance, d’expérience et de culture12. Il est donc tout à fait correct de parler de français québécois standard, puisque ce concept incarne bien la pleine possession du français par la société québécoise. Il paraît toutefois difficile de présenter un standard d’ici comme s’opposant à des standards d’ailleurs, ou au français international, étant donné la très grande filiation qui existe entre les bons usages de toutes les variétés de français, sans compter le fractionnement symbolique qu’une telle opération suppose. Les concepts de « norme endogène » et de « norme exogène », qui sont utiles pour décrire différents aspects de la réalité linguistique de la communauté francophone québécoise, paraissent moins pertinents lorsque vient le temps de décrire l’ensemble du modèle normatif que l’on souhaite diffuser au Québec, parce qu’ils laissent entendre que ladite norme peut être associée à une des tendances qui la caractérisent, lesquelles, comme nous l’avons vu, peuvent difficilement être soumises à un décorticage précis. Comme le remarque Martel (2000 : 744), la croissance des échanges culturels et économiques entre la France et le Québec accroît en fait la force d’attraction de l’usage français parisien sur l’usage québécois. On observe même, à moindre échelle, le mouvement inverse (niaiseux, clavardage, courriel).
Conclusion
Comment concilier les besoins d’intercommunication et l’incontestable variation des usages dans la francophonie? Si de nombreux linguistes partagent l’objectif d’une plus grande autonomie des différentes variétés de français13, plusieurs émettent des réserves à l’endroit de l’approche que l’on peut qualifier de « nationale ». Le linguiste Michel Francard (1998 : 21) considère que l’avenir du français sera desservi « s’il évolue vers un conglomérat de “variantes nationales” qui tirent leur légitimité de la caution des États-nations correspondants » et que l’usage du français tirera « sa légitimité de sa capacité à dire l’identité plurielle des sociétés et des individus qui les composent ». La solution idéale réside sans doute dans la promotion d’un français international qui le soit vraiment; il faut continuer de discréditer l’idéologie d’une norme rigide et identique pour toutes les communautés francophones (v. Corbeil, 1986 : 60). Sur le plan du vocabulaire surtout, on ne peut plus continuer à poser une stricte adéquation entre norme internationale et norme traditionnelle, comme le font encore certains, cette dernière, identifiée à la norme dite parisienne, ne pouvant plus répondre aux besoins et aux aspirations de toutes les communautés francophones du monde, que ce soit le Québec, la Belgique ou les pays d’Afrique. Il est primordial de reconquérir le sens premier du mot international de sorte qu’il réussisse à exprimer la diversité des cultures et des identités francophones. À la
[p. 46] question de départ (quel est le français standard pour un Québécois?) nous ne pouvons répondre de façon absolue; en revanche, nous formulerons un souhait en paraphrasant Maurais (1999 : 80) : une norme du français québécois viable, c’est une norme d’audience internationale qui tient compte des particularités légitimes du français québécois.
aline5033
17 Novembre 2008
22h37
Beaucoup de choses ont été dites au sujet de notre langue française.
Le joual n’est pas une langue, pas plus que le québécois. Se sont peut-être des dialectes ayant la langue française comme racine, si je puis dire.
Chaques régions, ou pays ont une manière locale de s’exprimer en français, que ce soit les Belges, les Suisses, les Français, oui, nous et les autres tels les Louisianais, les Acadiens et les autres franco-hors-Québec.
Les Acadiens ont une langue très colorée qui a aussi ses nuances d’une région à une autre, tel que du N.-B, la N.-É, l’Î-P-É. Même à l’interieur de chacune de ces provinces il existe des différence marquantes. Les gens de Chéticamp et ceux de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse ont des expressions particulières. Comme ceux de la péninsule acadienne et la région de Moncton et de la république du Madawaska dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick. C’est un peu comme la cuisine, différents mets, différentes expressions.
Je pourrais vous donner moults exemples. L’herbe est toujours plus verte de l’autre côté de la bouchure (clôture). Les jours de lavage, on épare nos hardes (linge) sur la ligne (corde) à linge. Il faut astiquer la place (cirer le plancher) et arrêter de regarder le plancher (le plafond). Là-bas, ils couchent au grenier (2ème étage). Aussi tout est bien amarré, les bouchures, les lignes à linge, les chiens. Les gens du Madawaska sont des Brayons, ils mangent des ployes (crêpes de sarazin). Les gens de la régions de Moncton et Shédiac mangent des poutines râpées, ils parlent shiac. Beaucoup d’expressions sont liées à la mer et les bateaux, beaucoup de pêcheurs, c’est pour cela que tout est bien amarré.
Le shiac, est un mélange de l’anglais et du français. Il faut y avoir vécu dans la région pour le comprendre.
Une anecdote, je suis née en Acadie de parents québécois, et j’ai reçu une scolarité en français dans un pensionnat de religieuses, mais aussi anglophone, langue obligatoire à l’époque au N.-B. Donc, j’étais en réalité beaucoup plus près d’être québécoise qu’autrement. Après mes études, j’ai dû aller plus au sud de la province, donc dans la parite où le shiac était roi. Les gens ne me comprenaient pas, ils disaient que je parlais en terme. C’était bien drôle, j’ai dû me résigner à parler comme eux pour me faire comprendre. Ce n’était pas leur faute, le français n’était à peu-près pas enseigné dans les écoles, ou s’il l’était, c’était illégal, mais toléré par certaines commissions scolaires. Donc, le français dans cette partie était transmis oralement pour beaucoup de personnes. Il y avait l’influence de l’anglais mais aussi des Micmacs.
Ce n’est que depuis les années 60s que l’université de Moncton forme des enseignants. Il reste encore beaucoup à faire, mais je vois une grosse amélioration. Les gens sont fiers de leur culture acadienne et de la langue française, mais cela prendra encore des années pour que le shiac soit oublié, peut-être ne le sera-t-il jamais.
Enfin, si je visite le N.-B. et que le besoin est là, je peux parler comme eux où que j’aille et au Québec, je parle comme vous tous.
Je veux aussi vous faire remarquer que l’anglais a aussi ses différences, avec l’écossais, le britanique et l’irlandais. Les prononciations diffèrent, autant sur notre continent qu’en Europe. Même l’ortographe est différent pour plusieurs mots. Ici au Canada, nous écrivons l’anglais britanique, les USA ont leur propre manière etc. Au Cap Breton, ils parlent comme les écossais du vieux continent, à Terre-Neuve, cela ressemble beaucoup à l’Angleterre.
vlrglqqf
18 Novembre 2008
09h34
@ pellem
Hier, repos complet de cette épopée livresque où je me suis surexposé pour déblatérer sur un sujet mille fois repris et recommencé, décortiqué, épluché, analysé, revu et corrigé, agrémenté ou honni.
Qu’il est doux ce matin de vous lire! A mon avis votre argumentation devrait clore le bec à bien du monde parce qu’elle est fort pertinente et on ne plus juste. Je peux me détendre et dormir en paix jusqu’à la prochaine bataille.
Bonne journée.
pellem
18 Novembre 2008
09h50
Merci vlrglqqf, et j’ai bien aimé aussi vos commentaires, en particulier lorsque vous mentionnez la joie des francophones d’entendre les couleurs distinctes des différents “dialectes” (je parlerais plutôt d’accent). L’immense succès de la Sagouine en France (prix Goncourt, ne l’oublions pas) illustre à merveille qu’on peut parler une langue vivante, colorée de mots enracinés dans la tradition et l’histoire, et appréciée des autres locuteurs…
desorties
18 Novembre 2008
14h02
Le français étant la langue de la “précision et de la concision” des nuances” ceci a donné lieu à une dégringolade de la qualité parmi les adeptes. Ce qui a favorisé les dialectes comme le “joual” “le créole” le “marseillais” le parisien”. Cette langue est difficile à maîtriser. Comme nous sommes à l’époque de la FACILITÉ, et que plusieurs sont réfractaires l’effort, on a même pensé enlever les exceptions (bal, carnaval etc…) pour rendre ça encore plus facile. Plus on enlèvera les difficultés, plus la langue s’appauvrira et deviendra peut-être… un dialecte dans le futur???Je suis très contente d’avoir eu des enseignantes très motivées pour le bon français. Les “bonnes soeurs” ont fait un travail magnifique: concours, prix, jetons pour se reprendre dans notre langage…
À mon avis, le VRAI nationalisme c’est la FIERTÉ de bien parler et de bien ÉCRIRE la langue française, le reste n’est que paroles sans impact dans la vraie vie. Il ne sert à rien de monter aux barricades régulièrement pour GUEULER, si dans la pratique nous ne faisons rien.
desorties.
vlrglqqf
18 Novembre 2008
16h01
Chacun(e) de nous se souvient de Denise Filiatreault et de Monique Mercure personnifiant tour à tour toutes les deux Rose Ouimet dans “les belles-soeurs” de Michel Tremblay! J’entends encore cette réplique (ou plutôt ce cri primal) qui avait fait sursauter le tout Montréal à l’époque et le Québec par la suite. Une réplique qui traduisait toute la détresse et le désespoir de ces milliers de femmes de classe moyenne mais toutes pognées autant que Rose Ouimet: Maudit cul!
Une émotion très intense et de surcroît en joual! Le joual porté à son zénith!Personne auparavent n’avait jamais entendu une chose pareille au théâtre! Insérer une réplique aussi vulgaire mais aussi pertinente dans la vie intime de toutes ces femmes brimées, c’était le comble du comble! C’est ça, le génie de Michel Tremblay.
Encore dernièrement on a fait une re-lecture de la pièce avec une distribution un peu disparate mais aussi efficace. Au deux séances, ce fut encore à guichet fermé. J’y étais.
Ivanoe
19 Novembre 2008
04h19
La nouvelle mise en page de La Presse est l’une des causes de mon silence : je n’arrivais plus à retrouver le forum de M. Leroux…
Ceci étant dit, en me hâtant de lire ces innombrables messages sans regarder les noms de leurs auteurs, j’ai été frappé par la pertinence de l’un d’entre eux, qui rejoignait tout à fait ce que je pense de la question. Quelle heureuse suprise de voir qu’il émanait de la plume si avisée de notre chère Sapine, que je remercie de s’inquiéter de mes absences… Ah ! comme j’aimerais pouvoir lui offrir ce café (ou ce thé) de cinq à sept (ou plus longtemps encore, si le café - ou le thé — et les propos restent chauds…)
Restons… sérieux ! Je partage également le point de vue nuancé de M. Desorties. Mais à Pellem je dis : ne serait-il pas approprié, également, que les Montréalais (eux en particulier) apprennent à s’exprimer pour être compris autrement que de leur tribu immédiate ? On prétend s’ “ouvrir au monde”, travailler “à l’international”, exporter son “savoir-faire”, et on voudrait s’isoler, se refermer linguistiquement ? Façon fort peu honorable, à mon avis, de nier son ignorance et sa paresse d’apprendre correctement sa langue dite “maternelle”, de cacher effrontément ses déficiences langagières dont bon nombre de nos prétendus “comiques” sont l’illustration honteuse la plus achevée ! La maîtrise des niveaux de langage sont l’indice d’une pensée déliée et bien formée, et il me semble que onze ans passés à s’user le derrrière sur les bancs d’école devraient suffire à inculquer cette compétence fondamentale, aux yeux de nous-mêmes et du monde francophone. Ce qui ne nous empêchera en rien d’acquérir une deuxième ou une troisième langue, mais commencons d’abord par la nôtre ! Si l’école n’y parvient pas, cherchez l’erreur ! C’est là, assurément, qu’auraient dû porter en priorité nos innombrables “réformes”.
Si je suis réticent à l’adoption d’un québécois dit “standard”, même si le besoin d’ordre se fait sentir, c’est que je crains, d’une part, que ce prétendu “standard” ne soit rapidement politisé à outrance, comme il arrive si souvent, et rabaissé au niveau le plus bas afin de “faire consensus” (!) Rappelons-nous comment le débat sur les accomodements raisonnables, légitime au départ, a vite dégénéré et nous a valu une commission qui nous a coûté les yeux de la tête sans rien améliorer. D’autre part, selon quel “standard” vais-je écrire mon traité de droit, mon manuel de mathématiques, mon essai de philosophie, ma critique littéraire, mon éditorial, etc, si je veux être lu ailleurs qu’au Québec et compris, sans faire sourire, hors de ma petite tribu ? Il est significatif qu’à l’orthographe près, TOUS les participants s’expriment dans une langue que l’on ne peut certes pas qualifier de typiquement “québécoise”…
Je pourrais avancer bien d’autres arguments mais j’ai été suffisament long et, juste pour faire avaler à Basilic son énormité qui n’a d’autre cause que l’ignorance, je lui jette à la tête : “Claudite iam rivos, pueri, sat prata biberunt ” ! (Combien de fois faut-il rappeler que la latin n’est PAS une langue morte puisqu’il est encore étudié, lu, écrit et même parlé — au Vatican et dans les universités pontificales — et que le français (”correct” ?) est après tout du latin qui a — fortement, j’en conviens — évolué ? Que gagnons-nous à nous éloigner de nos racines ou de nos origines linguistiques, tout en étant bien de notre temps” ? Avons-nous donc si honte d’avoir reçu en héritage une langue si riche, et l’une des rares qui soit encore internationale, parlée — ou connue –, dit-on, par près de 200 millions de personnes ? Quelle est cette prétention à se croire le nombril d’une “autre francophonie”, alors que nos élèves n’arrivent même pas, à dix-huit ans, à en maîtriser les éléments grammaticaux de base ?)
Enfin, enfin, je ne puis résister (”in cauda venenum” !) : s_allard se goure énormément s’il croit que les Anglais ou même les Américains ne se préoccupent pas de l’ “intellégibilité universelle” de leur langue. Ayant enseigné quelque temps dans une institution anglophone, je puis lui assurer qu’ils le font, mais d’une manière toute différente, typiquement anglo-saxonne. Pas d’Académie, certes, ni de tomes comme le Grevisse, mais des armées de correcteurs dès qu’il s’agit de publications sérieuses : voyez combien il y a d’ “editors” et de réviseurs pour un manuel de biologie ou de psychologie — vendu 150 $ –, voire pour une revue à grande diffusion, genre “PC Mag”. Comme nous ne sommes pas 310 millions de consommateurs, une simple grammmaire bien enseignée devrait nous permettre de vivre selon nos moyens et d’avoir un peu plus de sous pour nos routes et nos hôpitaux…
champollion
19 Novembre 2008
09h20
@ desorties:
”À mon avis, le VRAI nationalisme c’est la FIERTÉ de bien parler et de bien ÉCRIRE la langue française, le reste n’est que paroles sans impact dans la vraie vie. Il ne sert à rien de monter aux barricades régulièrement pour GUEULER, si dans la pratique nous ne faisons rien.
.” (desorties)
Vous visez juste desorties. J’espère qu’un jour la majorité incarnera une vraie fierté.
volubill
19 Novembre 2008
19h04
@ leguet, davidsonstreet et mikhail_boulgakov
Voir le mémoire de maîtrise sur le verbe «pogner» publié dans le TLFQ (ULaval, 1997):
Pogner I : Que celui qui n’a jamais dit le mot pogner… jette la première
pierre!
hyperlien
Pogner II : Prendre ou pogner l’autobus? Lequel fait le plus suer?
hyperlien
Pogner III : Un mot tout à fait français!
hyperlien
vlrglqqf
19 Novembre 2008
19h51
@ volubill
Si vous n’existiez pas, il aurait fallu vous inventer.
Encore mille millions de mercis pour les hyperliens.
desorties
21 Novembre 2008
10h12
merci champollion….je constate, j’ai constaté lorsque j’enseignais, la pauvreté de vocabulaire des petits québécois. En concertation avec les parents nous avions décidé d’encourager la “LECTURE” chez les enfants. Certains parents devenaient bénévoles lors de la période de lecture à la bibliothèque. J’avais émis l’hypothèse suivante: on acquiert du vocabulaire en lisant les “bons auteurs”. C’est aussi ma conviction. En écoutant parler dans les autobus, dans les centres commerciaux, les cinémas, les salles d’attente on s’aperçoit très vite que le vocabulaire est restreint…le mot “chose” est employé parce que’on ne sait pas les nommer…Encore une fois, rien ne sert de GUEULER avec des drapeaux, il faut AGIR, prendre les moyens de corriger une situation alarmante…
desorties