
photo La Presse
Y a-t-il une ville un peu grosse ou moyenne au Québec qui ne veuille pas d’amphithéâtre?
Voici maintenant Laval, qui a un projet d’amphithéâtre multifonctionnel de 120 millions $. Le complexe aurait trois glaces et des gradins de 250, 2000 et 7000 places pour chacune d’elles.
Ottawa avait accepté de subventionner le projet. Mais voilà qu’on apprend qu’il doit servir de domicile au club école du Canadien de Montréal, les Bulldogs de Hamilton.
Pourquoi ne rien donner pour Québec et subventionner Laval?
Excellente question. Il n’y a aucune raison de mettre de l’argent fédéral dans ce projet. En termes de gestion des finances publiques, on ne voit pas pourquoi le gouvernement fédéral financerait un amphithéâtre pour déménager une équipe de hockey qui a déjà le sien à Hamilton.
Ce serait du pur gaspillage. Ottawa retire donc ses billes.
Quelle est par ailleurs la logique de financer par les impôts québécois en banlieue de Montréal un amphithéâtre de 7000 places qui servira de base à une équipe appartenant à un club très rentable?
Dans ce cas-ci, on vous dira: on en donne à Québec, pourquoi pas à Laval?
D’abord, en effet, le gouvernement du Québec verse beaucoup trop dans le projet de la capitale. Mais au moins, il jouit d’un soutien populaire et nul ne doute que ce futur Colisée sera rempli à pleine capacité.
Par ailleurs, Québec a réellement besoin de remplacer son actuel Colisée. Et n’a pas de grande salle de spectacle capable d’accueillir des événements d’envergure. Les gens de Québec assumeront la moitié des coûts. Le projet du maire Labeaume se défend donc à plusieurs égards.
Mais un club de la ligue américaine? C’est loin d’être une attraction majeure pour la région de Montréal –l’histoire démontre plutôt le contraire.
Et pourquoi verser encore des millions pour bâtir UNE AUTRE salle de spectacle dans une région qui n’en manque pas?
Ça n’a aucun sens économique. Si ça en avait, on n’aurait pas besoin de quêter des subventions à ce point là.
Quand on pense que pour beaucoup moins cher, on peut construire à Laval deux complexes comprenant un total de huit glaces, on peut se poser de sérieuses questions.
Tant mieux si Ottawa se retire du projet, un autre colisée de quêteux, en somme…
La bonne nouvelle là-dedans, c’est qu’il semble y avoir un début d’opposition un peu organisée à Laval!
Elle a réagi intelligemment et vigoureusement à ce projet hier.











