
Dès les premières foulées, ma casquette a commencé à m’énerver. Un rien vous énerve, comme vous savez, dans une course de longue haleine. Je l’avais apportée pour me protéger du soleil, mais là elle me tenait la tête au chaud.
La première personne que je connais vaguement et que j’aperçois le long du parcours, je lui garroche la chose.
C’est arrivé au 17e km, un cher ami a crié mon nom. Hein, comment s’est-il rendu sur de la Commune? Ça va? me demande-t-il. Je lui ai répondu avec mes mains que oui et je lui ai lancé dans un lob superbe ma casquette dégoulinante.
Ça c’est un ami.
Je continue, touché par cette présence, surtout que je savais qu’il avait fêté la veille jusqu’aux petites heures. Qui je vois en haut de la côte Berri? Encore lui! (Était-ce là, d’ailleurs?) Puis sur Saint-Laurent: “Lâche pas, t’es dans tes temps!” J’étais au 28e et en pleine forme…
Incroyable, le revoici juste avant la côte Pie-IX.
Cout’donc, il s’est acheté un hélicoptère ou quoi? Je l’ai vu cinq fois!
“Excuse-moi, je n’ai pas pu me rendre sur Sherbrooke, je voulais t’encourager avant l’entrée dans le stade mais il y avait trop de trafic…” m’a-t-il dit après.
Hier, je l’ai revu au midi. Il avait une enveloppe avec mon nom dessus. Il avait lavé la casquette en plus.
Je suis gêné, ami. Merci pour tout.
(Frérédic Plante aborde le sujet vu de l’autre côté).










amonavis
15 septembre 2009
21h48
Y a pas à discuter: un chum, c’est un chum.
Et c’est bien de mériter un tel passionné dans ses quartiers.
Dr_Martin
15 septembre 2009
22h03
Votre meilleur billet, M. Boisvert.
J’en profiterai pour remercier publiquement Mariline qui – je le sais – s’est fouettée hors du lit pour venir me crier un “lâche pas” beaucoup trop fort pour la distance qui nous séparait, un “lâche pas” empreint de sincérité et de peur-de-m’avoir-manqué, mais un “lâche pas” qui a fait toute la différence. Moi qui était sur le bord d’avoir une émotion (encore?) de n’avoir vu – jusque-là – aucun visage connu (Rachel-Pie IX).
Merci aussi à ce monsieur du blogue que je ne connais pas mais qui a été fidèle à sa parole. Sa pancarte “Dernière descente” était parfaite: faite à la main, portée avec le coeur.
Yves, Mariline, à vous tous, je dis: “Lâche pas”.
e_gingras
15 septembre 2009
22h50
Il est vraiement partout ce Claude Poirier………….
gelavigne
15 septembre 2009
22h54
Après une participation au 10km d’Ottawa au printemps dernier où presque sur tout le parcours des gens encouragent les coureurs comme s’ils connaissaient chacun d’entre eux, je fus quelque peu déçue de voir si peu de gens le long du parcours du demi-marathon.
La foule la plus marquante a été sans contredit celle du coin Rachel-Pie IX, tout juste avant cette fameuse montée. Cette foule était fort probablement constituée d’amis et de familles venus encourager et donner un boost final à “leur coureur” avant de filer vers le Stade pour l’accueuillir chaleureusement. Bande de chaceux quand même !
Montréal semble plus encline à babouner contre les rues fermées à cause de l’évènement (ref. Note aux collègues Claude Poirier et Jeremy Filosa 14/09) qu’à encourager les 15000 coureurs. Dommage !
En espérant que dans le futur, la valorisation du rôle du spectateur soit un peu plus mis de l’avant pour le plus grand plaisir des coureurs. C’est qu’on a besoin de vous !
Isaphilo
15 septembre 2009
23h01
C’est utile…
C’est vrai le spectateur peut-être utile… Mais moi, je préfère courir dans l’anonymat le plus certain bien cachée derrière mes lunettes de soleil (ou pas) ce qui me permet de rester bien concentrée dans ma bulle.
alexgt
16 septembre 2009
00h18
Comme je veut participer l’an prochain (la distance reste à décider), je suis allé jeter un coup d’oeil avec ma copine pour faire le plein d’images à visualiser pendant mon entraînement…
J’ai vraiment tripé !
Mais ce qui m’as surpris c’est que ma copine, pas sportive du tout, as tripé aussi !
On s’est stationné près du Moes (rue Sherbrooke ou Rachel, je ne sait plus) et on as marché jusqu’au stade (je voulais surtout voir l’arrivée). Après quelques minutes j’ai proposé de sortir croyant que ma copine s’emmerdais et qu’il était temps de rentrer à la maison, J’avais vu ce que je voulais voir. Une fois sortis, surprise, ma copine suggère de marcher Viau. Évidamment, il fallais faire le tour du parc pour revenir à la voiture… on as donc marché cinq kilomètres en regardant les coureurs.
Je ne suis pas très poète donc ne saurais vous décrire le “feeling” en regardant les coureurs… Ce qui nous as impréssioné c’est la diversité. Ces gens, si différents les uns des autres, souffrants pour accomplir la même chose. Je ne sait comment le dire… c’était touchant.
On est timides, pas du genre à applaudir ou crier.
Anyway. On as tellement aimé qu’on s’est arrêté dans un dépanneur pour acheter quelque chose à boire et prendre notre temps. Rendus sur Pie IX et Sherbrooke le chrono indiquais 4:30, on regardais les “derniers”. On vois une dame, je sait pas quel âge mais deux jeunes garçons (+- 10 et 12 ans) couraient à ses côtés. Cela touche la maman en ma copine et elle me fais remarquer que c’est cute en cr***e.
On se rends jusqu’a la voiture. Ma copine me dis qu’elle serait resté… surpris qu’elle ait autant aimé je lui suggère alors de prendre Viau pour, tant qu’a être pris dans le traffic, regarder les coureurs.
Nous voila donc sur Viau dans le char cigarette à la main… pis v’la tu pas la dame… avec ses deux p’tits culs encore à ses côtés !!!!! Ses deux fils ont courus au moins cinq kilomètres pour pas que la maman abandonne !!!
On est timides… mais on as pas pus s’empêcher de crier: “C’est beau les gars !!!” “Let’s go la maman !”
En pitchant ma clope, j’ai dis à ma blonde: “l’année prochaine, j’vas le faire…”
Elle m’as répondu: “Même si je cours moins vite, ça te dérangerais tu qu’on le fasse ensemble ?”
Je sait pas si on vas vraiment faire le marathon ensemble, on pars de loin.
Mais j’pense pas qu’on vas encore fumer l’an prochain…
Merci à tous les coureurs, même les “derniers”, vous etiez beau à voir !
Peu importe si on cours 5-10-20 ou 42 km, l’important c’est qu’en vous regardant, on as eue envie de relever nous aussi un défi: celui de se mettre en forme.
Merci.
chou_a
16 septembre 2009
07h58
M. Boisvert,
vous en avez de la chance d’avoir des gens qui viennent vous supporter tout au long du parcours ! J’aurais apprécié de voir des visages connus et j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup moins de gens le long du parcours dimancge… ça m’a frappé, comparativement à Ottawa.
J’ai vu votre arrivée au stade… on peut dire que votre fils était très fier de vous et avec raison. J’espère que vous ne cesserez pas d’écrire sur votre blogue maintenant l’événement de Montréal terminé. Je vous avoue que c’est motivant de vous lire et de savoir que tous ces gens courent à leur rythme, à leur façon… c’est fascinant ! Vous avez réussi à mobiliser les gens de Montréal (et du Québec) pour la cause de la mise en forme. C’est un bel exploit !
À la prochaine course !
Merci !
miss_ju
16 septembre 2009
08h20
Rachel coin Parc Lafontaine – juste comme on est content d’avoir fini la Berri – je me suis fait couper et jambetter par une dame (qui s’est gentiment excusée au passage). Je ne suis pas tombée. Mais j’ai failli. Le moment d’hésitation a duré un gros 3 ou 4 secondes (et n’était pas gracieux), moment intense où j’ai tenu mon spectateur en haleine. Il est devenu fébrile, mon spectateur, je vous dis pas : enfin un peu d’action dans la file monotone des coureurs. Bref je sais pas trop comment j’ai réussi à me ressaisir, mais j’ai réussi, et en relevant les yeux j’ai vu ce gentil monsieur qui applaudissait sur le trottoir, ai cru percevoir une petite touche d’inquiétude dans son regard, alors je lui ai fait un clin d’œil rassurant qui disait à peu près « ça va aller, on est plus fort que ça ». Vraiment. Merci, monsieur, pour votre sollicitude. Ah oui, et merci à l’autre dame, très gentille, qui nous a arrosés sur Delorimier. À celle-ci j’ai levé mon pouce droit dans les airs.
Et finalement je me suis dit en entrant dans le stade : pas sûre que j’aurais eu la patience d’attendre mes chums coureurs si je ne courais pas. Merci aux miens, qui m’ont attendue sur le parcours et à l’arrivée avec des melons coupés (un must). Franchement, on est gâté. On ne doute pas/plus de l’utilité du spectateur.
martintremblay70
16 septembre 2009
09h56
M. Boisvert et tous les participants, toutes distances confondues, sachez que vous méritez le plus profond respect qui soit… Bravo pour vos efforts, vos réalisations personnelles et les exploits que vous avez accomplis il y a quelques jours à peine.
Je devais participer au demi-marathon dimanche dernier. Mon inscription était chose faite depuis juin et ma motivation de réaliser quelque chose d’important, JUSTE POUR MOI, était énorme. Je m’entraînais depuis avril en suivant un plan élaboré par le coach Cloutier. Mon objectif: 1h45 ou moins (avec des plans pour le marathon en moins de 4 heures en 2010). Début juin, un matin où tout allait bien, je décide de me tester un peu et je fais la distance en 1h57. Je suis aux anges, me disant que j’ai encore trois mois pour retrancher 12 minutes à mon chrono et que je vais y arriver en continuant à travailler fort.
Le 5 juillet, malgré une douleur intense à un pied que je traîne depuis une semaine, je participe au 10K de la Coupe Dix30 avec un chrono de 50:54. Mon pied me fait mal, mais je suis encouragé, car en meilleure santé, je serais dans les temps pour atteindre mon objectif. Je prends quelques jours de repos agrémentés de glace par la suite…
Le 9 août, les choses se sont gâtées. Je devais faire un test 21,1 km, à 5 semaines du jour J. Durant les 17 premiers kilomètres, tout allait pour le mieux. Mon rythme était parfait et j’avais l’impression de survoler le bitume à une moyenne de 5:04/km. Il n’en restait que 4,1 à faire et je pourrais me déclarer vraiment prêt pour le 13 septembre!!! C’est alors que la douleur sous mon pied a refait surface avec une violence inouie! Inconsciemment, je me suis mis à modifier mon style de course pour compenser cette douleur et mes genoux ont écopé. À grands coups d’orgueil mal placé, j’ai CHOISI de compléter mon parcours et le résultat a été catastrophique. Chrono final de 2h02 et douleurs aux articulations et à un pied qui m’ont contraint à renoncer à ma participation au demi-marathon pour 2009… À une semaine de l’épreuve, j’ai tenté une petite sortie et j’ai dû revenir à la marche après seulement 400 mètres!
J’étais dans le stade dimanche dernier en tant que spectateur-supporteur pour mon fils de 7 ans qui participait au P’tit marathon. J’étais fier de lui et heureux de voir son sourire quand il a franchi le fil d’arrivée avec sa mère. Mais une partie de mon coeur était remplie de regrets d’avoir été imprudent alors que j’étais si près de mon but. Je voyais les coureurs des autres disciplines faire leur entrée dans le stade avec le sourire ou les grimaces de douleur et je ne pouvais m’empêcher de ressentir un affreux mélange de colère et de tristesse de m’être moi-même privé de cet instant d’extase tant recherché par tous les coureurs…
Avec le recul, je réalise que cette expérience vécue comme spectateur impuissant sera bénéfique pour moi. Elle me fait réaliser à quel point j’étais impliqué émotivement dans ma démarche personnelle et a rehaussé encore de quelques crans mon désir d’atteindre mon objectif. Vous pouvez être certains que je m’entraînerai plus intelligemment à l’avenir et que ce demi-marathon n’est que partie remise!
Brille12
16 septembre 2009
12h15
En réponse à Alexgt:
Vous n’avez peut-être pas le verbe d’un poète mais certainement l’âme d’un conteur. J’étais un peu déçue de n’avoir pas fait ce marathon pour une grande cause. (Bien sûr nous avons tous nos excellentes raisons très personnelles, des noms sur des km et des rêves à escalader sur pie IX…) mais voilà votre superbe message qui nous fait pleurer…Si deux personnes abandonnent la cigarette…je n’ai pas souffert pour rien! Et voilà Filosa pourquoi on ne fait pas 14 tours du circuit Gilles Villeneuve…
hbergeron
16 septembre 2009
12h31
J’ai été surpris par l’impact des spectateurs sur mon humeur. J’ai vu quelques visages connus inattendus qui m’ont soulevés, et pendant que je souffrais le martyre, j’étais content de voir et revoir les mêmes visages sympathiques qui suivaient d’autres coureurs! Comme cette jolie brunette avec ses pancartes variées, on se faisait tous accroire qu’on était son ‘ti-crapeau’; ou les 2 moineaux avec perruque et chapeau de Père-Noël, merci les boys de m’avoir fait sourire quand mes jambes criaient au secours; et les percussionistes merci aussi à vous.
Je cours pour moi-même, en solitaire, et j’avais même dit à mes enfants: pas la peine de venir si ça ne vous tente pas, mais oh boy! la joie de voir ma femme venir me rejoindre à l’entrée du stade! Quand je l’ai vu se mettre à courir à mes côtés alors qu’elle venait de faire son premier demi… elle m’a permis de finir debout alors que je me préparais à tomber à 4 pattes! Et ma soeur, mon frère, mes neveux, ma nièce qui étaient à l’arrivée avec mes enfants… ils m’ont tous remis le sourire en place après des kilomètres de grincements de dents! Merci à tous. On se revoit l’an prochain.
carlow
16 septembre 2009
19h42
rien de mieux que la présence de ces chers, très chers spectateurs! étant à mon premier demi-marathon, chaque fois que l’énergie se faisait moins présente, on aurait dit qu’il y avait un inconnu me souriant, m’applaudissant (je sais bien qu’on applaudissait pas seulement moi mais bon…). La seule façon de leur répondre à été a chaque fois de faire ressortir ce qu’il me restait d’énergie et de leur sourire en retour malgré la douleur de plus en plus présente (surtout à partir de la M**dine de côte PIE IX. Je crois aussi que c’est la présence de tous ces supporteurs qui m’a forcer et propulser vers un temps innimaginé pour un gars qui s’est entrainé que trop peu (1h46 et des poussières…). Toute l’énergie de cette course sur 21,2 KM me donne le gout de recommencer le plus tot que possible à courir afin de m’entrainer pour la même course à Ottawa fin mai! objectif moins de 1h40, en serais-je capable? je crois bien que oui avec la motivation d’autant plus grande depuis un quelconque dimanche 13 septembre! Merci monsieur Boisvert d’écrire sur un sujet qui nous passionne autant!
cc