
Michael V. Gazzo dans le rôle de Frank Pentangeli dans le Parrain II.
Comment devient-on un traître?
La trahison est un des thèmes du Parrain, ce chef-d’oeuvre de Coppola.
Dans le Parrain II, on voit un vieil ami de la famille Corleone, Pentangeli, décider de trahir le parrain, après qu’il ait refusé de l’aider à éliminer des concurrents.
Pentageli devient un collaborateur de la police. Il révèle les secrets de famille mafieuse.
Mais quand vient le temps de témoigner contre les Corleone, dans une commission sénatoriale, Pentageli voit que son frère, venu de Sicile, est assis aux côtés du parrain dans l’assistance.
Il joue alors le clown et refuse de témoigner contre ses anciens associés.
Traître deux fois, contre la mafia et contre la police.
Il est visité en détention par le conseiller du parrain. Celui-ci ne lui dit pas de se suicider. Mais il lui rappelle la coutume dans la Rome antique, où la république acceptait de prendre en charge la famille d’un citoyen déshonoré qui acceptait de se suicider. Il comprend que les Corleone protégeront sa famille s’il fait de même. Il se tranche les poignets et meurt dans son bain.
Qu’est-ce qui avait motivé Pentangeli à trahir?
La vengeance. La peur de ses rivaux, aussi.
Dans “Ces espions venus d’ailleurs”, le collègue Fabrice de Pierrebourg et l’ex-agent de renseignement Michel Juneau-Katsuya écrivent que les agents qui cherchent à recruter des taupes dans les organisations utilisent un acronyme: AISE.
A pour argent, I pour idéologie, S pour sexe et E pour ego (ce qui inclut diverses motivations tournant souvent autour de la vengeance).
Quelqu’un, quelque part dans une organisation peut passer chez l’ennemi pour une de ces raisons-là.
Les policiers nous disent que dans le cas de Ian Davidson, c’était pour la lettre A.
Trahir tout son passé, mettre des vies en danger pour de l’argent?
Ça arrive.
Il arrive aussi qu’ils n’y survivent pas.
La légende raconte que Judas l’a fait pour une fille.
On ne sait pas si c’est vrai, mais cela a donné cette très belle chanson de Maxime Leforestier, Ballade pour un traître.
Qui donc t’a fait reprendre
Les routes de Judée
Judas qui ne jurait
Que par les filles tendres
Que par les filles tendres
Qui donc a fait descendre
De Nazareth un soir
Une juive aux yeux noirs
Cheveux de palissandre
Cheveux de palissandre
Son corps était à prendre
Pour quelques pièces d’or
Toi, tu couchais dehors
Où tu pouvais t’étendre
Quand tu pouvais t’étendre
Pauvre Judas qui tendait les mains
Judas le mendiant, Judas les mains vides
Qui t’a rappelé tous les parricides
Qui se sont commis pour quelques putains
Tu es allé surprendre
Au Mont des Oliviers
Le seul bien d’amitié
Qu’il te restait à vendre
Qu’il te restait à vendre
L’avais-tu fait attendre?
Enfin, elle est partie
En laissant dans son lit
La corde pour te pendre
La corde pour te pendre










mlebel
19 janvier 2012
13h57
Un homme s’est suicidé. Traître ou pas, il mérite le respect. Comme Judas. Silence; pas une ballade.
philippe99
19 janvier 2012
14h10
Avec votre titre , je croyais que vous parliez de cet homme qui à triché au marathon de Mtl en Bixi !!
:))
laikatypic
19 janvier 2012
14h10
S’ouvrir les veines des poignets me semble beaucoup plus crédible pour un suicide que le fait de s’égorger soi-même. Ça sent le mauvais scénario d’une production lavalloise à petit déploiement!
flush
19 janvier 2012
14h27
Dans la vie, certains ne vivent que pour leur carrière qu’ils peuvent parfois appeller affectueusement “la famille”. Le problème la-dedans c’est que bien souvent ces individus n’ont aucune vie en dehors de celle-ci. C’est-à-dire que leur vie intérieure n’est que du vide et du néant.
Vivre, c’est plutôt mourir chaque jour aux obligations que la vie nous imposent afin de naître à l’inédit et au souffle de l’imprévu. Le comportement conformisme, conventiennel et soumis ne font que “tuer” l’élan de beauté de l’individu dans sa quête d’authenticité et libre des contraintes des pouilleux qui veullent notre bien. Être non dépendant des autres et pleinement autonome amènent l’individu sur des sentiers non-balisés quit lui apporte la soif du vivre qui le libère de la tyrannie des “décideurs” qui ne sont finalement que des tout-nu intérieurement en dehors de leur fonction et autorité.
Voilà le drame : se connaître et vivre en plénitude ou paraître et vivre sous protectorat de lauotorité une vie dénuée de toute saveur !
lebonlarron
19 janvier 2012
14h29
Avant tout, sois loyal envers toi-même; et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, il s’ensuivra que tu ne pourras être déloyal envers personne.
Hamlet – Shakespeare
xrayone
19 janvier 2012
14h47
On est dans la vrai philosophie, @flush,,, beau texte
tabarly
19 janvier 2012
14h54
Expliquez moi mr Boisvert.
Si je suis un mafieux et qu’un plouc vient me voir avec cette liste, il y a trois choix.
1- Je ris et je lui dit de me donner la liste, d’oublier son cash, et je le laisse en vie.
2- Pas de liste, il meurt.
3- Si il y a eu simili-début de discussion, la mafia ne ”crachera” jamais de cash sans valider la valeur de la liste. Sont pas débile, quand même…
Donc, dans les trois cas, la mafia a eu ou ont la liste.
C’est pour cela que le plouc s’est suicidé.
Comme on dit en 2012, c’est un fail sur toute la ligne pour le plouc.
(je m’amuse la…)
chialeux48
19 janvier 2012
15h03
Donc le politicien est un traître grandeur nature.
Pour de l’Argent, il est près à changer des lois et à cotoyer les lobbyistes de façon «légal», pour l’Idéologie, pas de problème de vrai girouette, pour le Sexe, n’avez-vous jamais entendu parler (et étouffer assez vite) de projection de film porno et de la présence de filles faciles entre les murs du parlement et à l’intérieur des voitures aux vitres blindés et l’EGO, ça le politicien n’a que les vedettes comme concurrents et il est GROS.
cimequaire
19 janvier 2012
15h06
De tout l’événement dont vous faites allusion, il n’y a jusqu’ici que des faits allégués en dehors de l’existence d’un homme égorgé! Une prétendue liste ultra-secrète de noms,une voiture vandalisée par des policiers, de l’écoute électronique de on ne sait qui par qui, une somme de un million de dollars, une rencontre sans tiers entre un policier à la retraite et un avocat et un scénario où un policier devenu ripou après une carrière sans tache se fait arrêter au moment de fuir à l’étranger mais est remis en liberté sans qu’aucune accusation ne soit porté contre lui. Le policier ripou loue une chambre et se suicide en s’égorgeant. Que des allégations et un cadavre.
tokyo
19 janvier 2012
15h20
C’est un traitre plus qu’une taupe. Il a trahi ses collègues plus qu’il les a infiltrés
La balade…. je croyais que c’était une chanson de Reggiani?
Chantée par lui, mais MLF auteur. Y.B.
wildnfree
19 janvier 2012
15h22
Il y a beaucoup de hush hush dans toute cette histoire ! Quelqu’un a officiellement identifié la victime ? Quels sont les causes officielles de sa mort ? La police nous dit que ca serait pour A ? Ah ouais, ils ont surement apprit ce FAIT lors de son interrogatoire ?
Il a été *recruté* ou agit par et pour lui-même ? Donc en résumé, un beau texte de fiction sans aucune preuve !
syl20_65
19 janvier 2012
15h31
Chacun veut avoir son coin de paradis au chaud et y vivre une vie de pachat entourée de créatures jeunes et complaisantes comme on le voit à la TiVi. Le probème c’est que ce n’est pas donné à tous d’atteindre ce niveau d’oisiveté honnêtement attendu le système dans lequel nous vivons.
Chacun y va donc de sa p’tite arnaque et sa p’tite fraude “pas si grave que ça” mais qui cause des tords aux finances publiques comme on le voit dans les pays européens au prise avec de sérieux problèmes. Le fameux pelletage par en avant ou on fait payer les autres.
D’autres visent plus haut et on des moyens pour y arriver comme cet ex-policier. En final, tous recherche l’ILLUSION de vivre la vie des gens riches et célèbres parce que de nos jours, c’est ce qu’on a qui fait de nous quelqu’un et non plus ce que nous sommes.
Ainsi, les honnêtes “business persons” se retrouvent bien malgré eux amalgamés avec la crasse fraudeuse et les bandits de grands chemins. À ce niveau, ce sont les millions qui comptent et non les contributions positives à la société. Certains appellent ça la libââââârté.
Le côté positif de ce suicide c’est que les citoyens n’auront pas à payer pour un onéreux procès et les appels et à faire vivre cette crapule à $100000.00/an. Parcontre, madame s’en tire bien puisque sans condamnation de son mari, elle garde la grosse pension.
“Traître ou pas, il mérite le respect”
Désolé mais le respect ça se gagne et cet individu a perdu le mien. Un individu qui accapare le bien public et qui ainsi met en danger ceux qui travaillent à notre sécurité et à notre intégrité pour son propre intérêt pécunier ne mérite certainement pas le respect de ceux qu’il a tenté de tromper. Qu’il se soit suicidé ou non.
northernbud
19 janvier 2012
15h46
“mlebel
19 janvier 2012
13h57
Un homme s’est suicidé. Traître ou pas, il mérite le respect. Comme Judas. Silence; pas une ballade.”
Normalement je serais avec vous. Mais le type était prêt à vendre la vie de ses collègues contre de l’argent sale. Alors côté respect, on repassera. Personellement, son corps peut bien aller aux ordures en ce qui me concerne.
Pierre Denis
vlrglqqf
19 janvier 2012
15h48
Le commentaire de flush à 14h27 peut se résumer au désabusement. Ce qui reviendrait à DAISE. C’est une des raisons qui peut expliquer le comportement de Ian Davidson.
imprezars
19 janvier 2012
16h22
@flush
voilà le plus beau commentaire que j’ai lue depuis fort longtemps sur le blogue de La Presse.
Inspirant ! Merci
Pierre Dauphinais
reparti
19 janvier 2012
16h27
L’ex ministre conservateur Pierre Sévigny avec Gerda Munsinger s’identifiait alors avec la lettre S pour sexe…….il perdit son poste…
L’ex-ministre Maxime Bernier lui perdit son poste pour avoir été négligent sur la sécurité du pays…..S et E.
danny_
19 janvier 2012
17h46
@mlebel
Le type en question songeait à vendre à la mafia une liste de délateurs faisant affaire avec la police, ce qui revenait probablement à condamner à mort plusieurs d’entre eux, alors le respect de sa personne…
dramatico-comique
19 janvier 2012
18h24
M. Boisvert,
Et si on faisait de la convergence dans la convergence.
Je veux dire se servir d’une de vos chroniques pour alimenter un blogue.
Cette semaine,votre chronique intitulée « Les idées politiques » m’a fait tomber en bas de ma chaise. Depuis que je vous lis, rarement lu un texte aussi décapant. Une vraie plaidoirie digne d’un film. Un député dénudé et mis sous son vrai jour. Taillé et mis en pièces.
Merci pour ce texte, j’hésite encore à le mette dans le bac de recyclage.
Convergence parce que si on s’amusait à comprendre tous les vire-capot de la politique en les analysant sous l’angle de l’acronyme AISE, on ferait enfin passer ce mot à connotation péjorative à un bel exercice de style et de réthorique.
Débats enflammés, discussions houleuses au début pour finir quand même, parce que c’est un blogue, à l’éternel et inévitable « Mon père est plus fort que ton père ».
Convergence prendrait ici un tout autre sens; je chronique et je blogue et les sujets sont interchangeables. Rien à vendre, seulement une discussion à alimenter. Dieu que ce serait plaisant, pour ne pas dire rafraîchissant.
M. Rebello et Aise ? Quant à moi, E et E écrit en grosse lettre majuscule.
Il s’écoute parler, se regarde écrire, il promet et rien n’est impossible. Sky is the limit…
Je le sais, j’habite son comté.
Et comme vous M. Boisvert, je l’ai entendu discourir, ad nauseam.
jeanretro
19 janvier 2012
19h57
Je trouve cette histoire d’une tristesse infinie,que quelqu’un après une carrière sans faute décide de vendre la vie des gens qui aident incognito dans des enquêtes pour aider à les résoudre me donne à réfléchir sur l’intégrité de cette personne.Est-ce que ce monsieur croyait détenir un pouvoir de vie et de mort sur les autres,croyait-il qu’il pourrait avoir une vie de pacha ailleurs sans être au mains de ceux à qui il aurait pu vendre ses noms qui sûrement seraient devenu des dommages collatéraux de son action?Oui c’est d’une grande tristesse et il a appris de la plus horrible des façons que jamais il n’aurait la vie rêvée.Pour moi une chose est sûre,lui est parti en laissant derrière lui la désolation pour sa famille,ses collègues,et même les gens qu’il voulait monnayé.Non il n’a pas payé sa dette.
sirwilfrid
19 janvier 2012
21h18
Le PQ perd son temps à vouloir un rapprochement avec le parti QS de Khadir. Le PQ a tout à perdre.
Ce qui presse le plus, c’est le départ de Popo Marois et la venue de Duceppe comme Chef.
Juste à lire les commentaires de blogueurs ci-haut, on voit bien que la venue de Duceppe au PQ fait peur aux libéraux et aux caquistes. Sinon, pourquoi le détestent-ils autant?
L. Boivin,
Longueuil
belette-lachinoise
20 janvier 2012
07h16
Yark pour tous les aspects de l’histoire de Davidson.
Surtout pour sa conjointe qui doit avoir un immense chagrin en plus d’un choc nerveux.