
Ils finissent toujours par revenir dans le décor ces mecs loquaces de fin de soirée, hommes des tavernes dans la fleur de l’âge, hurleurs à la lune, tombeurs des nues, témoins hallucinés de l’absurde, bêtes lumineuses… pour reprendre le titre de l’album dont il est ici question – inspiré d’un film de chasse signé Pierre Perrault.
Signées Jimmy Beaudoin, ces histoires contagieuses parlent d’aujourd’hui, elles sont saupoudrées de fantaisie et de réalisme magique comme du sucre à glacer sur une gaufre qu’on dévore de bon matin.
Si les rimes parlent d’aujourd’hui, les musiques s’en tiennent à hier ou avant-hier : country, rock’a'billy, surf rock, tex-mex, folk rock et trames de western spaghetti sont les véhicules avec lesquels Jimmy Beaudoin et ses collègues Revenants (Jonathan Fecteau, guitares, Roland Bréard, contrebasse, Frédéric Lamoureux, batterie) bardassent à souhait sur les chemins de traverse. Riffs de guitares impeccablement maîtrisés, rythmes conformes aux origines du rock, inflexions vocales impossibles à imaginer hors de l’Amérique.
Apparemment, nous sommes en 1955, 1959, 1964, il n’y a dans cette table d’hôte que du vintage longuement mastiqué, chiqué, ruminé à l’intérieur des terres. Qui s’en formalisera? La ferveur du jeu et la célébration des racines sont propices à la régurgitation d’une poésie chansonnière qui trouve tout son sens en 2012.
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