Alain Brunet

Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 18h57 | Commenter Commentaires (16)

Igloofest: Maya Jane Coles, étoile technoïde

Maya Jane Coles

L’Anglaise Maya Jane Coles n’est âgée que de 23 ans et les médias spécialisés en musique électronique la positionnent au faîte de la relève internationale. Les années précédant cette lancée, rapporte le periodique spécialisé Resident Advisor, les dépisteurs de talent l’avaient repérée notamment pour des mixes et remixes sous des étiquettes telles Dogmatik ou 1trax.Un premier EP sous Real Tone a vraiment généré le buzz et l’approbation de l’élite techno / house.

Producer of the Year 2011 par le périodique DJ Mag, Best Breakthrough DJ 2011 par Mixmag, neuvième DJ de l’année 2011 du sondage réalisé par le périodique Resident Advisor, découverte de l’année 2011 aux DJ Awards Ibiza, une de magazines spécialisés, acclamée par ses pairs de différents milieux – les femmes DJ Anja Schneider ou Ellen Allien, les stars Damon Albarn et Tricky pour ne nommer que ceux-là.

Sans exagérer, on peut dire de Maya Jane Coles qu’elle a joint l’élite des DJ se consacrant au plancher de danse, particulièrement en Europe.

Si la house music est sa rampe de lancement, elle draîne dans plusieurs genres musicaux,dont la techno, le dub et le dubstep et présente une touche indéniablement personnelle. Michel Quintal, directeur artistique de l’Igloofest et du Picnik Élektronic, rapporte que Maya Jane Coles a été la plus citée par ses collègues au cours de l’été dernier. Ce n’est pas le fruit du hasard, encore moins d’un buzz artificiel. Maya Jane Coles présente un son des plus personnels. On est loin, très loin de la house boum boum sans envergure.

Liens utiles

Mon interview avec Maya Jane Coles

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Igloofest

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Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 11h39 | Commenter Commentaires (14)

Étoiles du métro

musicien du métro accordeon

Photo tirée du site du Regroupement des musiciens du métro de Montréal

Très bientôt, les heureux élus du programme Les étoiles du métro pourront bénéficier d’une visibilité accrue dans les stations montréalaises. Très bonne chose en ce qui me concerne. Sauf exception, la musique vivante confère au transport collectif une meilleure qualité de vie à ses usagers.

M’est également d’avis que la hausse du niveau des musiciens ne peut qu’être souhaitable. Incidemment, on constate aussi une compétition de plus en plus relevée au sein de cette gent musicale dont le gagne-pain (enfin… une partie congrue des revenus) est la contribution volontaire des passants. Il m’apparaît d’autant plus évident que le calibre des instrumentistes ne cesse d’augmenter au fil du temps. Tant de diplômés des profils musique-étude et des programmes collégiaux se cherchent du boulot, on comprendra qu’ils visent le marché du métro et délogent peu à peu les instrumentistes moins accomplis.

Il n’est plus rare de voir de très bons musiciens jouer dans le métro montréalais. Bien sûr, cette émulation s’accompagne d’une possible bureaucratisation des normes d’accès au métro pour les artistes qui s’y produisent. Comme dans toutes les organisations de défense d’intérêts professionnels, le danger du corporatisme plane aussi au-dessus des musiciens du métro. À eux de rester vigilants et d’éviter qu’une clique ne s’installe au pouvoir de leur regroupement.

Jusqu’à vendredi, les auditions des Étoiles du métro accueillent plusieurs dizaines de participants (70 selon le reportage de la SRC), dont les heureux élus pourront bénéficier de places de choix dans diverses stations et s’ajouteront à la communauté des musiciens du métro. Reste à espérer une population grandissante de musiciens qui puissent s’exprimer dans un plus grand nombre d’emplacements (52 aujourd’hui), bien au-delà des stations névralgiques du centre-ville. Reste aussi à espérer un réel soutien des usagers du métro. Les musiciens qui y jouent s’y bottent le derrière afin d’adoucir nos moeurs et… gagner leur croûte.

Avis aux dépisteurs de talents ! Manu Chao n’a-t-il pas connu ses potes de la Mano Negra en jouant dans le métro parisien ?

Liens utiles

Regroupement des musiciens du métro de Montréal

Communiqué de la STM

Le reportage de la SRC

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Mercredi 25 janvier 2012 | Mise en ligne à 14h33 | Commenter Commentaires (29)

Julien Sagot (de Karkwa) / Piano Mal

julien sagot piano mal

Ses origines sont parisiennes mais il passé la majeure partie de son existence à Montréal. Il affiche une grande ouverture d’esprit, on peut dire de lui qu’il a beaucoup apporté à la singularité de Karkwa. On peut aussi affirmer qu’il en est un des principaux acteurs du secteur recherche & développement. Un secteur qui, d’ailleurs, devra s’activer de nouveau après la pause du groupe.

On voit ici que Julien Sagot est auteur, compositeur, interprète et réalisateur en plus d’être le percussionniste de Karkwa. Avec l’aide du principal intéressé, la réalisation de cet album a été confiée à Simon Angell, guitariste de Patrick Watson et cofondateur de l’excellent groupe québéco-scandinave Thus Owls – de retour en mars de ce côté de l’Atlantique.

L’album Piano Mal a été créé au Québec et en France, respectivement aux studios Mathieu Parisien et La frette (propriété d’Olivier Bloch-Lainé, aussi le compagnon de Marie-Jo Thério). Très rapidement, on est habité par cette musique garnie de mots réunis avec une élégance certaine.

De manière générale, l’architecture musicale est simple. Tout se déploie dans l’habillage, l’arrangement, l’instrumentation, les textures, la réalisation. Et c’est très bien ainsi puisque la forme chanson trouve sa valeur beaucoup plus dans les couches recouvrant les structures que par leur rythme, leurs mélodies ou progressions harmoniques.

À ce titre, Simon Angell a fait du très bon boulot. La variété des styles (folk, rock, ambient, prog, musique répétitive américaine, etc.) sert un univers propre, celui de Julien Sagot. Les prises de sons sont bellement filtrées, les fragment de bruits captés sur le terrain se voient considérablement transformés et confèrent une réelle envergure à ces enregistrements.

On n’en retiendra probablement pas les chansons, on risque d’en retenir le tout. Aucun vers d’oreille à l’horizon (au sens positif de l’expression), aucun refrain ne s’incruste. La voix du soliste y est ténue pour ne pas dire limitée et n’ajoute que de la couleur au tableau. En revanche, cet album peut être saisi comme un tout indissociable, périple effectué en dix stations. Sagot y réussit d’ailleurs l’exploit de ne pas ressembler à Karkwa, ou si peu.

Les textes s’avèrent d’allégeance surréaliste, les choix métaphoriques procèdent d’une diffraction considérable du réel.

Voici quelques citations hors contexte:

Dans Le trucifié : Esprit de la nuit nuée d’abeilles qui me frôle dans cette forêt / Étranger je glisse ma cape se prend à un saule…

Dans Piano mal: Quand tu touches la vitrine sur une colline d’argent c’est un verre d’eau sur la ligne soulevant les corps de chambre alors je fais du caféet je vais me recoucher.

Dans Palissade: Les fées qui déferlent sur la ville / leurs coeurs immobiles / vole avec elle..

Cet angle littéraire dévoile un lexique assez solide, une belle propension à l’image. Si peu de liens réalistes cimentent ce formalisme consonant pour ainsi faire rutiler ses indéniables qualités.

Surréalisme apparent, donc. Le résumé wiki nous rappelle que ce choix esthétique se fonde sur les préceptes suivants que pose le fondateur du mouvement, André Breton:

« automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale [...] Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. »

Enfin… difficile d’affirmer que les textes de Julien Sagot s’inspirent exclusivement du surréalisme. À coup sûr, ils s’en approchent. La quête de sens direct, d’ailleurs, est une valeur que personne n’est obligé de partager, n’est-ce pas ?

Alors ? Perso, je prends cet album pour ce qu’il est d’abord: bel amalgame de sons. Sons joués, cueillis, traités, transmutés, dits, chantés et plus encore.

La suite sur scène est prévue très bientôt, soit pour le lancement à La Tulipe, le mercredi 1er février.

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Simone Records


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Sagot – Piano mal [Teaser] from Julien Sagot on Vimeo.

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