Alain Brunet

Jeudi 9 février 2012 | Mise en ligne à 13h50 | Commenter Commentaires (25)

Lumineux Revenants !

Les Revenants Bêtes lumineuses

Ils finissent toujours par revenir dans le décor ces mecs loquaces de fin de soirée, hommes des tavernes dans la fleur de l’âge, hurleurs à la lune, tombeurs des nues, témoins hallucinés de l’absurde, bêtes lumineuses… pour reprendre le titre de l’album dont il est ici question – inspiré d’un film de chasse signé Pierre Perrault.

Signées Jimmy Beaudoin, ces histoires contagieuses parlent d’aujourd’hui, elles sont saupoudrées de fantaisie et de réalisme magique comme du sucre à glacer sur une gaufre qu’on dévore de bon matin.

Si les rimes parlent d’aujourd’hui, les musiques s’en tiennent à hier ou avant-hier : country, rock’a'billy, surf rock, tex-mex, folk rock et trames de western spaghetti sont les véhicules avec lesquels Jimmy Beaudoin et ses collègues Revenants (Jonathan Fecteau, guitares, Roland Bréard, contrebasse, Frédéric Lamoureux, batterie) bardassent à souhait sur les chemins de traverse. Riffs de guitares impeccablement maîtrisés, rythmes conformes aux origines du rock, inflexions vocales impossibles à imaginer hors de l’Amérique.

Apparemment, nous sommes en 1955, 1959, 1964, il n’y a dans cette table d’hôte que du vintage longuement mastiqué, chiqué, ruminé à l’intérieur des terres. Qui s’en formalisera? La ferveur du jeu et la célébration des racines sont propices à la régurgitation d’une poésie chansonnière qui trouve tout son sens en 2012.

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Mercredi 8 février 2012 | Mise en ligne à 15h09 | Commenter Commentaires (2)

Jazz… kubain segua ? Euh jazz de… Kuba Séguin

Jacques Kuba Séguin

Auprès de pointures telles Pat Labarbera et Don Thompson, ce jazzman a étudié au prestigieux Humber College (Toronto). À McGill, Jacques Kuba Séguin a travaillé auprès de Joe Sullivan et Kevin Dean et parfait sa formation de compositeur ou d’arrangeur. Il s’est aussi imprégné des enseignements de Dave Douglas, Jim Black, Chris Potter, Kenny Werner et autres Django Bates.

Après une décennie de jeu intense dans diverses formations émergentes du jazz montréalais, canadien ou étranger, sans compter des passages remarqués dans le monde de la pop instrumentale (Cirque du Soleil, etc.), le trompettiste coiffait le premier chapitre d’un parcours effervescent en lançant l’album Deux Tiers sous étiquette Oddsound.

Jouées par le groupe Oddlot, les compositions de cet en expriment les stations orientales, est-européennes ou nord-américaines. Acoustique, électrique ou électronique, l’instrumentation hybride en traduit aussi les efforts d’actualisation – saxophones, flûte, trompette,trompette FX basse/contrebasse, batterie, guitare, claviers, quatuor à cordes. Les exigences techniques de chaque exécution y sont élevées, les solos y sont relevés, seuls de très bons musiciens peuvent honorer cette approche résolument jazz mais dont les efforts d’actualisation ne font nul doute. Jazz… kubain?

À vérifier ce jeudi au Cabaret du Mile-End: Jacques Kuba Séguin prend le risque d’occuper un club de cette taille pour y faire valoir son art.

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Mardi 7 février 2012 | Mise en ligne à 12h29 | Commenter Commentaires (10)

Kathleen Edwards: Voyageur à Montréal

Kathleen Edwards Voyageur

Failer fut lancé en 2003. Back To Me en 2005. Asking for Flowers en 2008. Voyageur en 2012. Kathleen Edwards s’est déjà taillé une excellente réputation auprès des férus de folk country rock, psych folk et autres variantes indies où le texte bien écrit, la voix bien vibrante et les guitares bien grattées font bon ménage avec une certaine créativité dans la réalisation. Pas n’importe laquelle pour son dernier album: Justin Vernon a fait le travail pour sa bien-aimée. Vous avez bien lu, Bon Iver a réalisé Voyageur dans son nouveau studio du Wisconsin.

Originaire d’Ottawa, Kathleen Edwards est fille de diplomate. Forcément, elle a vécu à l’étranger, ses horizons eurent tôt fait d’être élargis. Plutôt que faire de grandes études, elle entreprit de faire de grandes chansons, trajectoire relativement similaire à la Suissesse Sophie Hunger – qui a aussi un papa diplomate et qui fait de bonnes chansons folk rock.
Douée pour le songwriting, Kathleen Edwards a évolué dans le circuit folk-rock de l’Amérique. Elle eut notamment pour proche collaborateur le musicien canadien Colin Cripps qui fut aussi son mari – jusqu’en 2011, année de changement majeur semble-t-il !

Pour aimer vraiment ce que nous offre Kathleen Edwards, il faut bien comprendre la langue anglaise, à défaut de quoi ce folk rock ressemble à tant d’autres. Cette diffraction de l’intimité qu’explore la parolière s’inscrit dans cette esthétique chansonnière nord-américaine: les joyaux poétiques scintillent dans l’apparente simplicité. The hottest days in the summer / Brought us here together you know it’s true…

Voix cousine de Suzanne Vega, un soupçon de Lucinda Willams, une larme de Neko Case, une goutte de Stacey Earle… Le folk de haute tenue repose sur la plume et la voix, à défaut de quoi il se perd dans les mêmes accords et les mélodies avoisinantes. Cela étant dit, j’aurais aimé un influx plus considérable de la part de Justin Vernon. Ce dernier a choisi de respecter le son antérieur de Kathleen Edwards en y suggérant de petits aménagements, sauf exceptions - Change the Sheets et Empty Threat.

Hâte de voir ce qu’il en retourne sur scène, précisément ce mardi au Cabaret du Mile-End.

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