En Amérique du Nord, il n’y a pas eu de vrai buzz à l’endroit du groupe britannique Elbow, nouveau gagnant du prestigieux Mercury Prize. La question suit la nouvelle: The Seldom Seen Kid est-il vraiment le meilleur album britannique de l’année ? Meilleur que l’ingénieux et très sensible dub-step de Burial, dont l’album Untrue a ébloui la planète électro ? Que l’excellent In Rainbows de Radiohead, qui n’a jamais gagné le fameux prix ? Que l’album Raising Sands de Robert Plant et Alison Krauss ?
Voilà une bonne raison pour remettre The Seldom Seen Kid dans le lecteur. Après une réécoute attentive, je me rends à l’évidence: cet album est très bon, voire excellent. Je n’affirmerais pas qu’il est le meilleur (impossible à déterminer dans l’absolu) mais j’y aurais songé sérieusement si j’avais eu à voter. La richesse et l’inventivité des arrangements, la clarté des chansons, la profondeur des textes, la voix habitée de Guy Garvey, le lyrisme de l’approche. Vraiment très bon. Voilà un choix qui se défend au delà des «questions de goût», voilà un disque qui rivalise avec les noms connus, même avec mon groupe anglais préféré (Radiohead).
Cela ne fera pas d’Elbow un champion des palmarès pour autant, voyez la liste des gagnants du Mercury Prize au cours des années précédentes :
2007: Klaxons
2006: Arctic Monkeys
2005: Anthony & The Johnsons
2004: Franz Ferdinand
2003: Dizzee Rascal
2002: Ms Dynamite
2001: PJ Harvey
2000: Badly Drawn Boy
1999: Talvin Singh
1998: Gomez
1997: Roni Size
1996: Pulp
1995: Portishead
1994: M People
1993: Suede
1992: Primal Scream
Vous aurez constaté que peu de lauréats du Mercury Prize sont devenus très connus mondialement. Vous aurez aussi constaté que tout plein de très bons groupes britanniques n’ont jamais remporté le prix. Ni Radiohead, ni Blur, ni Oasis pour ne citer que des évidences… Trip de jury, en somme ? En ce qui me concerne, les jurys de spécialistes jouent un rôle essentiel dans l’univers culturel, question d’opposer d’autres points de vue à celui des diffuseurs de masse et autres vendeurs de balais. Parfois les jurys sont justes, parfois ils se plantent, on en convient. Idem pour les albums dont on ne juge la qualité que par l’impact dans le marché. Parfois le marché adopte justement une production culturelle, parfois il se plante royalement.
Lire les commentaires (20) | Commenter cet article





