Impact multigénérationnel immédiat.
On n’a que des éloges pour Nitshisseniten E Tshissenitamin (Je sais que tu sais), entièrement interprété en innu par Chloé Sainte-Marie. Permettez-moi d’en rajouter. Le goût de la chanteuse est encore remarquable sur cet opus. Véritable pont entre Blancs et Amérindiens de bonne volonté, cet album n’aura d’autres fonctions que de tisser des liens plutôt que d’en briser. À l’heure où les Innus essaient de faire valoir leurs droits auprès de l’État québécois, ce baume exhale la paix et la réconciliation.
Voilà la première impresssion. La langue innue est consonnante, se prête parfaitement à la facture americana que maîtrise Réjean Bouchard, guitariste, mult-intrumentiste, arrangeur, réalisaeur émérite. Voilà une de ses plus belles contributions à la musique qui fleurit sur ce vaste territoire. Ce territoire que l’on partage bon gré mal gré… Puisque j’arrive à peine d’un road trip jusqu’au bout de la 138, cet album arrive à point entre mes oreilles. Le mix, les guitares, les choeurs, les ponctions discrètes de traditions amérindienne. Le raffinement, la maîtrise de la facture.
On se penche ensuite sur les textes, pour la plupart écrits par l’Innu Philippe McKenzie , (sauf la chanson titre et un prologue signés Josephine Bacon) on réalise que cet album exhale la reconquête d’une identité, le désir d’harmonie et d’intimité au sein de la communauté innue. Mais aussi, l’inquiétude, le doute, le souhait de passer le relai, le voeu sincère et vibrant de l’émancipation. Traduits en toute simplicité, ces textes sont gorgés de cette candeur des humains au matin de la redécouverte d’eux-mêmes. Aussi, de cette plénitude inhérente à tels espaces habités par l’Innu depuis des temps immémoriaux.
C’est beau.
Voilà un extrait sur la page MySpace de l’étiquette GSI Musique, sa compter l’interview réalisée par Marie-Christine Blais.
Et voici un clip illustrant la grande complicité entre Chloé et l’écrivaine Joséphine Bacon, à qui l’interprète doit une large part de sa connaissance de l’imaginaire innu.











atchoum
20 septembre 2009
15h43
Ce qui est bien avec la qualité des albums que Chloé nous présente depuis des années, c’est qu’on en vient à oublier ses débuts au cinéma…
…….
Cela dit, McCoy Tyner vient nous visiter cette semaine. Allez-vous nous présenter une entrevue avec ce pianiste?
Merci
Alain Brunet
20 septembre 2009
17h31
@atchoum
C’est vrai, on oublie l’actrice des débuts, et c’est une bonne chose en ce qui me concerne aussi. Rarement une artiste québécoise a réussi à changer à ce point la perception qu’on avait d’elle au départ.
Pour McCoy, je crois que je vais passer mon tour. Le dernier passage du pianiste à Montréal (en 2008, je l’avais d’ailleurs interviewé) a malheureusement frisé le pathétique. McCoy a eu un accident cérébrovasculaire il y a quelques années. Il n’est pas l’ombre de lui-même…Triste. Laissons à ses inconditionnels le soin de l’appuyer dans son déclin ultime.
mikhail_boulgakov
21 septembre 2009
10h50
Ah, que de romantisme des ‘zurbains’ dès qu’ils franchissent le pont Jacques-Cartier !
http://www.cvm.qc.ca/encephi/Syllabus/Litterature/18e/bonsauvage.htm
C’est de la semi-blague, mais bon…
Ça fait longtemps que Chloé Ste-Marie ‘tourne autour’ de la culture innue… De nombreux titres en innu se trouvent sur ses autres albums. Cet album était une destination qu’on voyait venir.
J’avoue avoir été assez étonné de trouver ‘parle-moi’ dans le top50 la Presse et autres top du Voir des meilleurs albums d’ici de tous les temps y’a qq années… Soi c’est un peu surcoté, soit j’ai manqué qq chose…
Cela dit, on voit qu’elle fait pas dans l’exotique pour faire plaisir aux Français, bien qu’ils trippent là-dessus. C’est sincère, son affaire.
Ça, pour être consonnante… Si l’ingénieur de son de l’album lit ça, il va sourire. L’innu est probablement la pire langue à ‘dé-esser’ (compression pour enlever les ’s’, ‘ts’, ‘ch’, etc. manuellement)… Batinse que c’est dur à enregistrer comme langue ! Mais l’effet est très ‘mystique’, y’a pas à dire.
À brûle-pourpoint : une poétesse/chanteuse innue qui gagne a être connue ici (elle l’est déjà à l’étranger) :
http://www.nativelynx.qc.ca/fr/litterature/mckenzie.html
markymarc
21 septembre 2009
13h28
Je bien hâte d’écouter cet album; j’ai bien aimé les 3 précédents de Chloé Ste-Marie, que l’on peut, soit dit en passant, se procurer sous forme de coffret bien abordable.
Mais, honnêtement, ce sont les quelques chansons Innu sur ces albums qui m’accrochaient le moins; j’avais toujours l’impression – et ce, même si je ne connais pas grand chose de l’Innu – qu’elle avait un accent. Peut-être était-ce dû au fait que les chansons francophones qui les entouraient étaient pourvues de jolis poêmes; j’en sais rien. Mais quand même, j’ai hâte d’entendre celui-ci…
Enfin, notons que Mme Ste-Marie est une des rares qui sait si bien rendre les poêmes sous forme chantée; ce qui est sans doute dû à la réalisation. J’espère par le fait même qu’elle reviendra avec des albums francophones, puisqu’elle nous a fait découvrir de beaux textes québécois, et a par le fait même donné le goût à certains artistes de s’attarder à la beauté de ces textes. D’ailleurs, c’est à ses côtés que jouait, il y a quelques années, le talentueux L-Jean Cormier (Karkwa), lui qui a par la suite grandement collaboré (réalisation, musique et interprétation) à l’album “12 homme rapaillés”.
mikhail_boulgakov
21 septembre 2009
15h34
J’ai laissé un post avec deux hyperliens, dont celui de Geneviève McKenzie-Sioui, une musicienne et poétesse innue, mais il a dû se perdre dans le cyberespace…
Americana, la sonorité innu ? Pour en avoir produit à quelques occasions dans le cadre du projet Terres en Vue (bonjour le dé-essage manuel, ouch, y’a pas un mot sans ’s’ ou ‘ch’ dans cette langue-là !) c’est très mystique comme sonorité. Groundé à sa manière, forcément, mais ça plane pas à peu près… J’hésiterais à comparer ça à l’Americana. Ça me fait plus penser aux sonorités d’Asie centrale, mongoles et tibétaines.
J’avoue que quand j’ai vu ‘parle-moi’ dans le top50 de la Presse et les tops20 du Voir des ‘meilleurs albums québécois de tous les temps’, je me suis dit, oubedon c’est surcoté, oubedon je manque qq chose…
Et je me suis pas encore fait d’opinion là-dessus !
La sincérité de la démarche de Chloé Ste-Marie ne fait toutefois aucun doute. C’est racoleur, ce genre de thème (les Français en rafollent) mais chez elle, ça passe.
mikhail_boulgakov
21 septembre 2009
15h38
…précisons d’office que quand je pense aux sonorités d’Asie, je n’ai pas Kashtin en tête !
Eux ils faisaient du chansionnier de bar québécois en innu, un exercice de style intrigant et ma foi réussi dans son genre !
Alain Brunet
21 septembre 2009
16h04
@mikhail
De ce côté du pont Jacques-Cartier, on n’idéalise pas la culture amérindienne. N’ayez crainte, Mikhail. Oui, c’est de l’art naïf au plan poétique, si on se fie à la traduction des textes de Philippe McKenzie. Et oui, l’art naïf peut interpeller les amateurs de complexité, surtout lorsqu’on emballe cette candeur poétique de telle manière. Un peu ce que Manu Chao a fait avec Amadou & Mariam, n’est-ce pas ? Et vous ne trouvez pas “americana” ce que fait Réjean Bouchard ? Cet amalgame de country-blues-folk-rock sur lequel il saupoudre quelques inflexions innues, ce n’est pas americana ? Vous trouvez ça plus proche de l’Asie centrale ? J’ai plutôt l’impression qu’au-delà de leurs incantations aux lointaines origines asiatiques (oui oui, le passage de l’Alaska), les innus sont pas mal country-folk, quand il ne sont pas rock !
mikhail_boulgakov
21 septembre 2009
16h26
Les autochtones peuvent ‘être’ musicalement ce qu’ils veulent comme n’importe qui (Blues, Sioui, Hip-Hop, Damien, etc.) puisque la musique est aussi une démarche qui peut puiser ailleurs quand dans le strict atavisme. N’oublions pas que Hendrix est à moitié Cherokee ! Alors oui, bien, les Indiens peuvent ‘rocker’ comme le premier blanc nord-américain venu, c’est entendu !
Mais quand l’innu sonne ‘comme de l’innu’, je vous assure qu’il y’a rien de proprement ‘americana’ là-dedans. Les incantations, les mélopées au quart de ton sur fond de beat hypnothique sont carrément des sonorités d’outre-monde. Pas aussi ‘pire’ que le chant de gorge inuit, mais pas loin…
Je sais pas jusqu’où Chloé Ste-Marie est allée dans l’authenticité de la démarche.
Alain Brunet
21 septembre 2009
16h34
@mikhail
Hendrix, Nina Simone, Robbie Robertson, Neil Young, Tina Turner, tous métissés avec les Premières Nations… Quant à Chloé, sa démarche n’est pas opportuniste. Elle est une proche des Innus pour de vrai. Depuis longtemps, d’ailleurs.
Quant aux composantes musicales proprement innues, elles sont plutôt minces. Et c’est vrai, elles sont souche asiatique – souche très lointaine. Cela étant, on ne peut parler d’une contribution très importante au patrimoine musical mondial. Ce qu’il y a de riche dans la culture améridienne n’est pas particulièrement musical en ce qui me concerne…
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
11h52
@boulgakov : Dire que Kashtin faisaient du chansonnier, ça va toujours, mais pas du “chansonnier québécois” ?
Qui aviez-vous en tête comme chansonnier québécois ?
Philip McKenzie justement est une influence marquante sur Kashtin.
Willie Mitchell en est une autre.
Si Philippe McKenzie est Québécois, il est quand même Innu, et Willie Mitchell n’est pas Québécois.
mikhail_boulgakov
24 septembre 2009
13h24
@marc-andré
Quand on lit la presse musicale spécialisée étrangère, ce qui est entendu comme ‘Québécois music’ (en français dans le texte) va s’apparenter, disons, à ‘y’avait un vieux dans l’bas du fleuve’ et ce genre de toune qui se fait 6 cordes en main par un gars qui a un cahier de 300 tounes du genre devant lui.
Il y a un ’strumming’ chansonnier québécois, des patterns d’accords, qui diffèrent à la marge du même genre de ’sing along’ anglo-saxon. Si on va dans le ‘chansonnier’ est-européen, ou même français, c’est une autre ‘game’ complètement.
Exemple de ce strumming : le mi mineur qui ouvre ‘j’aurais voulu être un artiste’ : c’est le même que le grand succès de Kashtin dont le titre m’échappe. On pourra argumenter que ce ’strumming’ se trouve aussi chez America, par exemple, et ce serait vrai. Tout ça n’est pas coupé au couteau.
J’au souvent entendu des chansonniers de bar québécois ploguer les succès du premier Kashtin entre deux ‘Piché’ ou ‘Beau Dommage’ et ça passe comme une lettre à la poste. Moins évident avec un Brassens ou un Dylan.
En ce sens, il y a des éléments profondément ‘Québécois’, au sens ethnomusical du terme, dans la musique de Kashtin.
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
13h59
@boulgakov : à mon avis, si le style chansonnier québécois et le style de Kasthin se ressemble, c’est qu’ils ont les mêmes influences. Mais ce style n’est pas québécois. Zachary Richard ne fait pas du chansonnier de bar québécois, pourtant bien des Québécois le jouent. Idem pour Francis Cabrel.
William Dunn, Philip McKenzie et Willie Mitchell font partie d’une tradition de chansonniers qui ne s’est pas nourrie du style chansonnier québécois (juste à regarder leur âge et leur période d’activité). Comment sont-ils reliés à Kashtin de façon inéquivoque ? (car on peut toujours prétendre ne pas entendre d’influences..) Kashtin font une reprise de william Dunn sur leur deuxième album; Mitchell est un des premiers artistes que Florent Vollant a vu en spectacle (il d’ailleurs repris Call of the Moose en solo) et Philippe McKenzie a déjà compté parmi ses musiciens.. Florent Vollant.
La seule influence vraiment québécoise qu’on peut accoler à Kashtin est Richard Séguin; en solo et avec les Séguins. Mais c’en est une parmi beaucoup d’autres.
Il faut aussi tenir compte du fait que le premier album (et le deuxième, peut-être) a été produit et arrangé par des québécois, ce qui lui confère un son tout à fait années radiophonique québécois-’80, mais les composition étaient plus dépouillées. Un autre producteur leur aurait conféré un son différent.
Bref, que “Kashtin sonne québécois”, je ne remets pas ça en question. Mais qu’ils faisaient consciemment du québécois.. j’en doute. Je suis allé à Malioténam dans les années ‘80, on n’écoutait pas du Paul Piché ou du Michel Rivard. Ce qui pognait surtout, c’est ce que j’appellerais (faute de mieux) du country / western, style musical qui s’apparente au folk, et pas en français.
Je ne crois pas à un strumming chansonnier qui serait spécifiquement “québécois”. Il faudra plus qu’un accord en mi mineur pour démontrer quoi que ce soit. Qu’on écoute Buffy Ste Marie (amérindienne, Canadienne), même reprise par Donovan (écossais).. Il faudrait peut-être un peu d’humilité avant d’annoncer une catégorie ethnomusicale “chansonnier québécois” pour y mettre tout ce qui passe bien dans les bars québécois.
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
14h02
“Losing my Religion” de R.E.M.. du chansonnier québécois ?
mikhail_boulgakov
24 septembre 2009
14h10
Ne soyez pas de mauvaise fo… C’est pas coupé au couteau, forcément… Laurent Voulzy aussi ’strumme’ comme ça, un coup parti.
Mais au Québec, c’est assez systématique… Comme le ‘pouce / trois doigts’ de Okudjava et de Vissostski, disséminé de Vladivostok à Prague, mais qu’utilisait Félix Leclerc…
lecteur_curieux
24 septembre 2009
14h24
Moi je lis Mikhail plus haut et pour le terme chansonnier il dit du ”chansonnier de bar québécois”, c’est le bar qui est québécois pas nécessairement le chansonnier…
Et le mot chansonnier a plusieurs sens selon les époques et les pays.
Pour moi l’expression chansonnier de bar et pour être Québécois disons que cela me ferait penser au style qui pouvait avoir aux Deux Pierrots dans le Vieux-Montréal dans les années 80…
Un chansonnier de bar pour moi même si j’ai pas écouté ses albums se pourrait être le style à Étienne Drapeau de Star Académie… Puis tiens Sylvain Cossette qui a eu une bonne carrière dans les bars avant de s’imposer… Et maintenant avec un album de covers bien il fait un peu comme cela…
Sauf que j’emploierais un autre terme que chansonnier pour ceux qui font des covers dans les bars et autres succès.
Un chansonnier de bar québécois ? Il ferait du répertoire québécois, du Leclerc, Ferland et à l’occasion il pourrait y aller de ses propres compositions mais irait pas mal dans cette tendance là… Des chanteurs dans la rue aussi dans des places avec beaucoup de touristes font dans le style chansonnier de rue. Dans le métro aussi…
Bon mais chansonnier les originaux ou ceux qui font un numéro c’est de plus grand calibre.
Alors un chanteur de bar faisant des covers pourrait reprendre ”Losing my Religion”, en masse qu’il soit québécois ou anglo…
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
14h31
@boulgakov : j’ai l’impression que vous escamotez mes arguments et tentez de vous en tirer en citant deux noms russes.
Je demeure avec l’impression que vous avez été un peu préremptoire (pour ne pas dire autre chose) en disant que Kashtin faisaient du “chansionnier de bar québécois en innu”. J’ai cité des influences, et ça s’entend, si on écoute. Ces influences sont non-québécoises.
C’est à travers notre prisme local qu’un style musical “du chansionnier de bar québécois” apparait. Ce n’est pas une catégorie qui se tient, en soi.
Et c’est sans compter que rendu à leur 3e album, le style de Kashtin avait pas mal évolué. Si c’était si “chansonnier québécois”, ça ne figurerait pas sur des compils genre putamayo (peut-être pas celle là mais un truc qui lui ressemble) de musiques aborigènes.
lecteur_curieux
24 septembre 2009
14h38
Il y a des commentaires qui ont été écrits pendant que j’en ajoutais un…
Brassens cela c’est pour moi la vraie appellation du terme chansonnier. Plus que la nôtre je trouve. Il faut un humour et de la critique.
———————————————-
Là vous précisez pour chansonnier de bar québécois mais c’est pas tout à fait Kashtin qui en sont mais ceux qui les reprennent… Un chansonnier de bar Québécois pourrait aussi reprendre du Plume Latraverse…
Mais M. Bou. vous parlez de la musique et du style de Kashtin mais il me faudrait en réécouter une… J’en ai une un peu en tête là mais je l’associe pas tant que cela au style de d’autres québécois mais c’est la voix que j’ai en tête…
Prenons celle-ci :
http://www.youtube.com/watch?v=FaCYp5NFrJw
Ce qu’ils font avec la guitare au début cela est très, très entendu par beaucoup… C’est un genre de folk-country très connu et qui a été fait ici au Québec…
C’est la passe avec les percussions dans le milieu… Qui est plus autochtone… Le chant, la langue…
lecteur_curieux
24 septembre 2009
14h47
L’autre jour j’argumentais sur le folk bon mais pris au sens large… Kashtin, ils font du folk québécois et on pourrait classer cela parmi améridien.
De la chanson populaire.
Et pour moi ce ne sont pas des chansonniers dans un sens où je l’entend. Dans le genre numéro de chansonnier. Je l’ai pas vu en spectacle mais pour moi Damien Robitaille est plus un chansonnier, Plume Latraverse aussi. Richard Desjardins peut l’être aussi. Le style chansonnier pour moi fait appel à de l’humour.
Chansonnier de bar, c’est plus celui qui ressemble à l’appellation du temps de Leclerc… Sauf qu’il n’a pas le même niveau certain. Il fait du répertoire québécois et avec une guitare et chante pour amuser le public.
Kashtin sont quand même meilleurs que cela…
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
15h02
Mais pour Kashtin, selon moi, “folk québécois” ne vaut qu’au sens géographique du terme, tout comme on peut dire Richard Séguin faisait du “folk canadien”.
On sait que le gars d’Oukoumé a écouté pas mal de québécois, et ça sonne chansonnier. Robert Paquette, à son époque, même s’il était Ontarien, était en partie influencé par ce qui se faisait au Québec et en quelque sorte c’est du folk québécois.
Mais Kashtin n’ont “passé” par le folk québécois pour créer leur musique, et celle-ci ne revêt qu’accidentellement des formes qu’on considère québécoises (notamment par la production de l’album; les chansons quant à elles étaient déjà fort connues à Malioténam avant d’être endisquées).
lecteur_curieux
24 septembre 2009
16h20
Resalut Marc-andré…
Si je reprends le chanson de plus haut, la guitare cela n’est pas à proprement parlé québécois même si des Québécois jouent comme cela… Cela vient pas des États-Unis ce son ?
Folk québécois au sens géographique seulement ? Moi je dirais aussi au sens identitaire car ils font partie de notre identité québécoise en plus de leur identité autochtone. Je ne peux pas dire pour eux. Richard Séguin, je pense pas qu’il se définirait comme Canadien mais beaucoup plus comme Québécois.
Florent Vollant ? Peut-être plus à son identité autochtone mais je pense bien qu’il se définit aussi comme un Québécois. En tous les cas, pour moi ou pour nous on le voit comme quelqu’un qui fait partie de la famille. Richard Séguin est connu au Canada anglais sûrement mais pas autant que les gars de Kashtin le sont ici, je ne crois pas.
http://www.qim.com/artistes/biographie.asp?artistid=676
Puis Claude McKenzie lui ? J’imagine qu’il se définit comme Innu d’abord et pour sa deuxième identité ce serait canadien ? Je le sais pas. Je ne le connais pas suffisamment.
marc-andre_tessier
24 septembre 2009
16h59
Oui mais je distingue l’identité (Québécois ou Innu, c’est à eux de le dire) du genre musical. Les gens de Kashtin savent ce qu’ils sont, ça serait à eux de le demander.. mais je doute qu’ils définissent leur musique comme du québécois, bien qu’un type voulant faire une retrospective du québécois peut très bien inclure Kashtin.
Américain est le bon terme, au sens contiental. Richard Séguin est influencé par Bruce Springsteen; Bob Dylan et bien d’autres, qu’on ne l’oublie pas (ça s’entend). Florent Vollant et Claude McKenzie ont écouté les Beatles.. ils ont écouté plein de trucs. Willie Mitchell a dû lui aussi en son temps être influencé par des chanteurs folks américains, peut-être même du blues, du bluegrass, qui sait…
Quand on dit que le caractère musical innu a quelque chose d’asiatique, je ne suis pas d’accord. Qu’on écoute les enregistrements faits dans les années ‘40, ‘50 chez les amérindiens (le Smithsonian par exemple, en ont fait un char)…. Les textures envolantes et planantes qu’on entend dans l’album de Chloé Ste-Marie ne viennent pas de là.. Elles viennent d’un travail de recherche, d’un certain syncrétisme, d’une inspiration. Même au niveau linguistique on n’arrive pas à faire de liens entre une langue amérindienne et une langue asiatique; je vois mals comment la musique aurait pu préserver oralement des structures reconnaissables durant toute cette ère qui a vu les anciens amérindiens quitter l’autre continent et s’établir ici.
Certes, les Innus comme Kashtin et Philippe McKenzie, en composant leur folk rock, donnent à leurs chansons des mélodies et une “couleur” originale qui peut-être ne seraient pas venues naturellement à quelqu’un de Répentigny. . celà vient à mon avis d’une réalité différente et d’influences différentes et non d’un atavisme ou d’une longue tradition musicale demeurée intacte ou reconnaissable. On ne peut donc pas dire que ce soit asiatique.