
The Magician’s Private Library, un album signé Holly Miranda, m’a séduit direct.
Encore un bon coup signé XL Recordings, qui vient à peine de nous mettre sur le cul en ressuscitant Gil Scott Heron ? À New York, le label anglais aurait fait d’une pierre deux coups ?
Le buzz est moyen, semble-t-il: l’évanescence de la forme en laisse plusieurs tièdes si je me fie aux textes recencés sur Metacritic. Cette fois, je dois dire n’avoir pas entendu le même album que plusieurs chroniqueurs. J’ai pas mal plus aimé, pour faire une histoire courte.
Depuis lontemps, cette esthétique de la voix au féminin me plaît. Je parle de la voix qui plane, quelle qu’en soit l’altitude. À cette condition, cependant: lorsque la voix survole un vrai concept sonore.
Dans cette optique, Holly Miranda a frappé dans le mille… du moins en ce qui me concerne.
Sans faire dans quelque passéisme, cet enregistement rappelle un peu Elizabeth Fraser et les Cocteau Twins, Hope Sandoval et Mazzy Star, Toni Halliday et Curve, il vous en vient sûrement d’autres entre les oreilles. Cela étant, la voix de Miranda a un timbre et des inflexions qui n’appartiennent qu’à elle.
Ce Magician’s Private Library révèle une solide culture musicale aux chapitres du rock ou de la pop de création. Côté rythmes, une connaissance certaine du binaire mais aussi du ternaire. Une vision solide du mix et de la prise de son. Un goût certain pour les arrangements, bien au-delà de l’instrumentation rock – riches sédiments de synthèse, cordes, cuivres – Stuart Bogie et Eric Biondo du groupe afrobeat Antibalas.
Arrangements élégants et consistants. Superbe exploitation de cette voix qui vole. Interprète habitée. Chansons incarnées.
The Magician’s Private Library a été réalisé par le guitariste et multinstrumentiste David Andrew Sitek , membre de TV on the Radio.
Les chansons ont pour la plupart été créées par la chanteuse, qu’on peut aussi découvrir sur sa page MySpace.
Holly Miranda, nous apprend Last.FM, est originaire de Détroit. Elle a grandi en partie au Tennessee. Elle a étudié le piano et appris seule la guitare et la trompette. En 2001, elle a enregistré High Above The City qui comportait un programme chargé, pas moins d’une vingtaine de titres au menu.
En 2003, elle a fait équipe abec Alex Lipsen, réalisateur et claviériste. Cette collaboration s’est incarnée dans le groupe The Jealous Girlfriends, basé à Brooklyn (Williamsburg). Elle a aussi enregistré et monté sur scène sous le pseudonyme Raven Mayhem.
Avis aux intéressés, le Brooklyn Vegan a mis en ligne des photos récentes de l’artiste.

Avant de découvrir les nouveaux clips, voilà sa chanson Waves en version “roots” – c’est-à-dire captée dans sa plus simple expression.
Holly Miranda makes “Waves” from Yours Truly on Vimeo.










philviel
3 mars 2010
20h46
Merci pour cette suggestion M. Brunet
Pour une autre voix qui souffle, qui transporte, des ambiances qui déchirent : Tiny Vipers… son album, life on earth, m’a scié les jambes.
http://www.youtube.com/watch?v=jaTASr7vpbM&feature=PlayList&p=9A8626D01FB4B36B&index=4
signée par SubPop
morced
4 mars 2010
08h18
le nouvel album d Ali Farka Touré et Diabaté….très fort…en attendant Tinariwen en spectacle
ueven
4 mars 2010
09h24
@alainbrunet
Je vais porter une oreille attentive à cette Holly Miranda. Surtout que David Andrew Sitek y a mis sa touche. Ça promet à mon avis. Merci.
Mais à la lecture de votre billet, je m’étonne surtout de constater que vous avez l’air de vous défendre de ne pas être en phase avec les critiques de cet album.
On s’en fout! Si nous vous lisons régulièrement, c’est que nous vous accordons la crédibilité nécessaire pour nous faire découvrir de nouveaux artistes et faire des critiques qui nous interpellent. Certes, nous ne sommes pas toujours d’accord avec vous, mais ça n’enlève rien à votre crédibilité.
Ueven
mikhail_boulgakov
4 mars 2010
09h25
Puisqu’on est sur le sujet de Heron par la bande, j’ai écouté 4-5 fois et c’est vraiment du très haut niveau.
Des textes de niveau littéraire, puissants, groundés. Des ’sons de syntèse’ obsédants, filtrés, des ambiances dark à souhait. Même un passage vaguement celtique sur trois cordes de guitare qui évoque Nick Drake.
Les ‘tits rappeurs pègreux et autres hip-hopeux du registre fuck you bitch en prennent pour leur rhume d’aplomb…
En plus, c’est hi-fi à mort. Chaudement recommandé à tout amoureux de la Musique avant un grand ‘M’.
Le temps me manque pour approfondir, mais c’est du 4 1/2 les doigts dans le nez, ce disque-là.
hardy_canyon
4 mars 2010
09h48
Craquante! Moi j’adhère totalement. Je vois dans sa page Myspace qu’il n’y a pas d’arrêt prévu à Montréal pour l’instant.
alainbrunet
4 mars 2010
09h59
@ueven
Je ne me défends de rien, j’assume pleinement ma position sans craindre de dévoiler les critiques mi-figue mi-raisin, majoritaires à l’endroit de Miss Miranda. En fait, je me fiche totalement de ce que pense la branchouille, je trouve néanmoins intéressant de faire état de cette variété de perceptions. Dans le cas qui nous occupe, j’y vois un classique effet de meute…
Cela dit, merci de vos encouragements, et bonne écoute !
lecteur_curieux
4 mars 2010
10h08
Merci de nous faire découvrir et de nous permettre de livrer nos premières impressions en écoutant des pièces. Vive le web, pour cela !
Le vidéo plus haut, Waves, je n’ai pas de coup de foudre pour sa voix à ce moment là. Et je continue à mes premières impressions et si je suis impatient de vous les livrer c’est que je viens d’écouter ” Forest Green Oh Forest Green” sur sa page MySpace. Là cela débute TRÈS FORT car J’ADORE CELA. L’AMBIANCE PLANANTE ET TOUT, LES DEUX VOIX, J’adore cela.
alainbrunet
4 mars 2010
10h22
@mikhail
Content que vous aimiez GSH. Vraiment puissant, cet album.
@hardy_canyon
Elle devrait songer à s’arrêter par chez nous. M’est d’avis qu’elle remplirait sa salle.
lecteur_curieux
4 mars 2010
10h31
Une autre impression… Pour Joints et Waves, là sur le web c’est moins ”catchy” mais j’imagine dans votre salon et en montant le son… Le côté planant fera son effet plus fort, pour l’orgue j’adore cela.
No One Just Is, retour pour moi mais dans une autre forme, à la séduction immédiate. Pas besoin d’un système de son avancé, l’effet est là dès le départ, cela vous imprègne et fort. SUPER ! lES arrangements et le concept, c’est fort, très fort.
Ok, je vais arrêter mon écoute et mes commentaires ici, pour le moment… Il faut laisser la chance et le temps à d’autres lecteurs de s’exprimer.
boogie
4 mars 2010
10h33
La “branchouille”, ça commence pas mal à faire “la clique du plateau” comme référence.
Ceci étant dit, je suis séduit par cette artiste, merci pour ce billet.
alainbrunet
4 mars 2010
10h43
@boogie
La branchouille est pas mal plus vaste que la clique du Plateau ! Elle n’obéit pas à des critères géographiques, elle renvoit plutôt à cet état que je pourrais aussi qualifier de nouveau snobisme. Celui des hipsters de tous territoires, ceux qui vous prescrivent ce qui est in et ce qui est out d’un ton assuré, laissant l’impression d’une connaissance profonde de leur sujet.
boogie
4 mars 2010
11h01
@alainbrunet
en partie d’accord, sauf qu’il n’y a pas grand chose de neuf là dedans. J’allais souvent à l’Oblique dans les années 90 –la boutique de disques sur Rivard je ne suis pas à Mtl, je ne sais pas si ça existe toujours.
Fallait pas mentionner qu’on cherchait l’album d’un tel si celui-ci en avait vendu plus que 10 000. Le mépris mes amis. “Ici, ce band x, on ne vend pas ça, on les déteste!”. Ah bon.. Cela étant dit, les vendeurs de l’Oblique connaissaient quand même leur affaire. On peut à la fois être hipster et connaître son sujet.
Comme dans ce film, High Fidelity, sur le monde des vendeux de vinyle “indie”. Pareil.
Finalement, je suppose qu’on est tjs le hipster d’un autre!
alainbrunet
4 mars 2010
11h20
@boogie
D’accord avec votre nuance. C’est pourquoi j’y vais au cas par cas quand je lis Les Inrocks ou Pitchfork.
mikhail_boulgakov
4 mars 2010
12h00
@alain
En passant, Alain, vous avez l’un des seuls blogues ‘non baptisés’ de cyberpresse… Et votre petit logo d’un casque cheapotte avec un jack 1/8, ça fait pas très sérieux… Il serait le temps d’investir un peu là-dessus.
Vous pourriez partir un pool de suggestions.
alainbrunet
4 mars 2010
12h35
@mikhail
Vous avez raison, je vais y voir…
norvegequebec
4 mars 2010
13h51
Bonne idée de nous envoyer la version “roots”, sans effet rajouté et dans l’intimité è l’état brut. J’ai vraiment aimé.
Suis quand même allée écouter la version “fleurie”. Ça donne une autre profondeur à sa voix, fort agréable d’ailleurs. C’est à mon goût.
Après deux semaines d’attente dans ma O&?#%@ de campagne…j’ai finalement reçu le GHS aujourd’hui. Permettez moi un WOW sincère!
lecteur_curieux
5 mars 2010
11h43
Sur iTunes, il y a aussi, un genre d’album-single sorti le 17 novembre 2009 …
Forest Green Oh Forest Green avec une durée plus longue et un autre titre qui n’est pas sur l’album.
Et pour revenir aux achats iTunes, je préfère aussi prendre les projets ou les albums des artistes comme ils se présentent. Par contre, je raisonne aussi avec les cartes iTunes… Une carte à 25$, par exemple et c’est ce que j’ai fait pour Lhasa dont j’ai acheté les deux premiers albums et ajouté des titres du troisième sur les deux CD… Le mariage n’est pas toujours parfait. Mais ce n’est pas bien grave… Sauf que je ne peux pas porter un véritable regard sur son dernier album… The Living Road est mon préféré… Pour les pièces que j’ai du dernier, je ressens de la tristesse et de l’injustice qu’elle soit partie si jeune…
Pour un autre achat… Two Men With The Blue de Willie Nelson & Wynton Marsalis, iTunes offre une piste en bonus…
francois390
7 mars 2010
19h27
@boogie
C’est grâce aux disquaires de l’Oblique que j’ai ouvert mes horizons musicaux depuis les 20 dernières années ! Merci encore à Luc de m’avoir fait découvrir les Sonic Youth, Nomeansno, Dinosaur Jr, Naked City et bien d’autres !
On parle ici non pas de “branchouille” mais d’un véritable Pasionné de la Musique ! Si vous en doutez, regardez l’excellent reportage réalisé par les Francs-Tireurs sur ce métier en voie de disparition…