
Franchement, ce fut un vendredi assez ordinaire au 26e Festival international de musique actuelle de Victoriaville. Rien de transcendant… Courts moments de lumière, fragments relativement intéressants, épisodes carrément surannés.
Le pire, ce fut Lydia Lunch. Diva no wave, post punk, avant punk, électro d’avant-garde, la perfomer new-yorkaise alimente son mythe en s’associant à un lap top hero Philippe Petit. C’était supposé être le clou de la soirée. En ce qui me concerne, ce fut le dernier clou de son cercueil, enfin je parle de l’intérêt que j’y porterai à l’avenir.
Oui, Lydia Lunch a fréquenté moult personnalités et groupes phares des derniers 30 ans, de Sonick Youth à Nick Cave en passant par Einstürzende Neubaten. On s’en contrebalance.
En 2010, il faut être vraiment crédule pour ingurgiter ce qui, une génération plus tôt, pouvait encore choquer. Ce ton agressif et aigri, cette voix qui a bu et fumé à gogo, ces contes de cul, ces récits d’autodestruction sur fond de chaos sociétal, ces phrases vulgaires aux prétentions conceptuelles, ces chants approximatifs (pour être gentil), on entendu ça des centaines de fois. Franchement, je ne vois pas la pertinence se faire balancer cette gadoue en 2010.
Pour l’accompagnement de la Lunch, les sons de Philippe Petit s’avèrent assez intéressants, remarquez. Il faut concéder à la performer qu’elle sait qui fréquenter pour alimenter son petit mythe et son petit talent. Les images derrière elle ? Sorte de diaporama autocontemplatif, sans intérêt aucun.
Bye bye Lydia… on se reverra dans une autre vie.
En première partie du même programme, c’était vraiment mieux. Martin Dumais alias Aun, nous a servi une heure de drone. Magma de sons puissants et uniformes, magma à travers lequel on repère des microvariations, ce qui ajoute à l’effet hypnotique. Les synthés et les images de Julie Leblanc contribuent à nous enfermer dans cette chambre de déflagrations. Le tout est galvanisé en crescendo par la batterie de Michel Langevin.
Rien de sorcier, en somme, mais un effet intéressant… qui aurait dû à mon sens constituer la première partie d’un groupe avant métal vraiment substantiel. Or, cette année à Victo, y a-t-il un vrai volet avant-métal, une vraie séquence heavy pour l’aile gauche des fans de musique heavy ? J’en doute. Et c’est probablement ce qui explique l’audience clairsemée au Colisée des Bois-Francs vendredi soir.
Quant à la Salle des pas perdus, je ne peux dire avoir été profondément séduit. Ni déçu, remarquez. Convenablement nourri, je dirais. Sans tomber de sa chaise, on y repère des séquences intéressantes.
Ce récit poétique de D Kimm en robe de mariée avec un film projeté derrière elle la mettant en scène dans un champ de bovins, c’était bien fagoté. La séance de bitchage entre Alexis O’Hara et la danseuse Luciane Pinto, c’était vraiment rigolo. Le petit cours accéléré d’Alexis sur le vol à l’étalage dans les aéroports, c’était aussi hilarant. Le freestyle de Khyro (également clarinettiste) m’a paru habile; on remarquait d’ailleurs que le gars avait de solides notions de MC hip hop pour s’exprimer ainsi. La musique ? Correcte, considérant les paramètres offerts par cette instrumentation – percussions, clarinette, électronique, guitare, voix.
En somme, j’ai eu l’impression d’une production multidisciplinaire ambitieuse, bien amorcée, bien orchestrée, et peut-être encore “in progress” pour ces Filles électriques qui n’ont certes pas dit leur dernier mot.










cadavreexquis
22 mai 2010
14h01
Au sujet de Lydia Lunch, tu es en retard d’un quart de siècle !!!! J’avais été la voir aux Foufounes Électriques (10$ l’entrée si je me souviens bien). Je croyais aller entendre sa musique mais non, c’était sa pauvre poésie.
Je suis ressorti 10 minutes plus tard, exigeant de me faire rembourser parce que jamais on avait annoncé un spectacle de poésie (en anglais en plus, on aurait dû préciser que c’était pas musical). On a refusé de me rembourser. J’ai été “voler” le pourboire jusqu’à l’occurence du double du montant (la première moitié pour le prix du billet et l’autre moitié parce que j’ai dû “travailler). Ah c’était le bon temps !
alainbrunet
22 mai 2010
14h40
@cadavreexquis
Comme c’est drôle. Voyez-vous, j’étais aussi à ce show des Foufounes il y a 25 ans. Très poche, effectivement. C’était après le buzz à son endroit, c’est-à-dire 1979-80-81… Mais la fille ayant fait beaucoup d’autres choses par la suite, je me disais que ce serait peut-être bon. Erreur.
enormand
24 mai 2010
16h03
L’après-midi du vendredi était meilleure que la soirée. je ne veux pas parler de mon concert ( que le public en juge) mais le show de Bold était très bien…
humble101
26 mai 2010
08h29
Alain, parrait-il que le spectacle des “momies de palerme” était le pire ? Est-ce vrai ?
alainbrunet
26 mai 2010
10h31
@humble101
Je n’y ai pas assisté, mais j’ai recueilli beaucoup de mauvais commentaires de la part de collègues, festivaliers et même de musiciens invités au FIMAV.