Alain Brunet

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    Chroniqueur à La Presse, Alain Brunet est à l'affût des nouvelles tendances de la musique.
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    Lundi 16 janvier 2012 | Mise en ligne à 23h45 | Commenter Commentaires (45)

    Jean-François Fortier: Le jour où j’ai changé le monde

    Jean-François Fortier Le jour où j'ai changé le monde

    Quelques jours (ou semaines) après avoir changé le monde, un émissaire de Jean-Fortier a mis cet album dans ma boîte aux lettres. C’était alors la tempête automnale des contenus, cet album s’est dissimulé sous une pile et je n’ai pas écouté attentivement jusqu’à ce jour. Vieux motard que jamais… Je comprends néanmoins que le pseudo de notre homme (devinez lequel !) ne soit plus actif sur ce blogue depuis la livraison sans feed-back.

    Ce nouvel opus de Fortier est un album de chansons.

    Chansons bien faites, écriture consonante, mature. Thème de la nuit, pendant laquelle on peut apercevoir la vérité se dérober devant nos yeux. Thème de l’habitude, habitude de tout, hiver, soleil, amour, malheur, supplices, journées sans nuages. Thème de la mort qui «nous met dans le cul de nos démons». Thème de la durée, du cycle amoureux. La vie mon vieux, comme dirait PF, dans le collimateur de l’auteur.

    Musicalement, c’est assez varié, joué efficacement, avec maîtrise et sans virtuosité – JF Fortier, guitares, Vincent Tardrew, claviers, Ben Inabocks, piano, Leonardo de Luca, guitare etc. Jazz, bossa lounge, rock’a'billy, pop beatlesque (Macca, surtout), folk ou blues accompagnent ces rimes dans une réalisation dont les moyens dépassent à peine l’artisanat fervent et dont la belle variété stylistique pourrait transcender davantage la synthèse des influences intégrées.

    Avec une telle matière, plus de temps et de fric auraient fait une vraie différence mais bon… On fait avec ce qu’on a.

    Découvert il y a une mèche au sein du groupe Moutons Noirs (années 90), Fortier semble mener de front plusieurs activités professionnelles, dont celle de guitariste et d’auteur-compositeur-interprète. Je me souviens avoir dit du bien de son album précédent, Variations sur le vide, paru en 2005 et créé avec l’appui d’Éric Goulet.

    Six ans plus tard, l’homme lance un nouveau cycle de chansons et dédie cet album à son père disparu en 2009 : dix chansons et une instrumentale, avec ces seuls mots publiés à l’intérieur de la pochette:

    Le coeur entier a avalé la tête / Anéanti tous les mots, tous les noms / Assassiné le cerveau des opérations / Arraché les heures à l’horizon.

    Liens utiles:

    Jean-François Fortier, écoute en continu sur Bandcamp

    Site officiel


    • J’adore ça .J’ai visiter son site sur la Toile et c’est très bien.Merci !
      Bonne sonorité,j’irai surement le voir en spectacle quelque part.

    • Cette personne discute sur ce blogue? Ah oui je me souviens du video. On sent une influence plus américaine que française et c’est tant mieux (pas trop “chanson”, je veux dire). Mais on se demande si l’artiste veut être accessible ou expérimenter. Quelquepart entre les colocs et les Sun City Girls. C’est mur pour un festival genre Francofolies, mais me semble que çà pourrait pousser plus loin que çà. Le jam rock psychédélique avec vibraphones est cool.

    • St. Vincent fait très bien le mélange pop et “expérimental”, mais çà reste assez indie. Le coté pop de Fortier est plus maintream (Colocs). C’est difficile de décrire ce que je veux dire, comme des harmonies qu’on “s’attend d’entendre à la radio FM”. Et çà ne décris pas la musique ici, je dis juste que çà vacille parfois vers ce genre de pop, mais c’est peut-être de manière consciente, un jeu pour l’artiste de bouger entre des influeences. Au final, c’est peut-être le coté “joie de vivre” qui m’interpelle moins, car je préfère souvent des musiques sombres.

    • Je viens braver la tempête pour aller acheter ça, tiens.

    • Les textes sont bien écrit et très beaux arrangements de guitare et de piano. Styles variés et on ne s’ennuie pas une seconde. Un brin de Marc Déry dans la voix, peut-être?

      On s’habitue à tout
      À l’hiver, son soleil
      À l’amour à sa chute
      Aux chansons toutes pareilles

    • Cé peut-être moi mais il aurait bénéficié de limiter (Limiting) un peu moins son master. Je sens qu’il y aurait eu là de sacrés bonnes textures qui sont un peu trop in your face à mon goût.

      Bonne Pop QC.

    • Pour ceux qui n’aurait pas encore deviné son pseudo, c’est un fan du génial Gene Vincent.

    • La musique, les arrangements et l’ambiance me rappellent beaucoup les premiers disques du groupe Godley & Creme (L et Consequences). Sauf que leur voix étaient superbes. Fortier, c’est plus un “diseur” qu’un chanteur. Sa musique m’attire, sa voix me déçoit.

    • Suchie, c’est ce que je disais l’autre jour: aujourd’hui dans le monde francophone, on fait souvent un hybride: chanson (texte poétique, voix en avant dans le mix, paroles dites ou chantées) avec des arrangements rock.

      Je suis allé chez HMV et je n’ai pas trouvé l’album, le quatrième de Fortier selon le vendeur. Il y a un endroit pour le trouver?

    • “Je comprends néanmoins que le pseudo de notre homme (devinez lequel !) ne soit plus actif sur ce blogue depuis la livraison sans feed-back” …Il s’est quand même pointé en décembre…pour le coffret blues…
      Première impression très bonne.
      On s’habitue à tout me fait penser à Jean Leloup

    • Je viens d’écouter la version officielle de On s’habitue à tout et Leloup me semble moins évident avec ce genre d’arrangements. C’est dans la version toute nue que j’ai eu le flash Leloup.

    • Selon son site, l’album est en vente chez Archambault-Berri Uqam et dans les Renaud-Bray. J’y vais de ce pas.

    • @unholy_ghost è 9 h 03

      Be-Bop-A-Lula?

    • J’ai ma copie…

    • J’étais là Alain. J’étais juste + discret…

      @Ghost: Il s’agit en fait de mon 3e. Le 2e, Variations sur le Vide est disponible via mon site, ou via BandCamp en CD et en mp3. C’est pas pour me vanter mais il avait reçu des super critiques à l’époque. Il tourne encore de temps à autre à Radio-Can.

      Mais j’ai plus le premier, et comme j’ai pas les droits…

    • Je viens d’aller faire du tourisme sur le site de jff, j’ai écouté l’album au complet. J’ai comme qui dirait bourré mes valises. Les textes font image et les mélodies s’impriment dans le coco. Le blogue est sympa. Je prendrais bien un cours de guitare avec ça!

    • Je me demandais ce que « entéléchie » signifiait exactement? J’ai wikié mais en vain…

      Et merci de mentionner le batteur Garageband… mais pour une rare fois, je n’avais pas remarqué!

      J’ai vraiment accroché sur On s’habitue :

      On s’habitue, on s’habitue,
      on s’évertue à nous
      Informer, nous séduire
      Nous convaincre, nous mentir
      Nous flatter, nous salir
      Même avec le sourire
      …….
      Aux clochards, aux dentistes
      À tous ceux qui en arrachent
      Qui en arrachent

      On s’habitue toujours à tout
      Mais jamais tout à fait à nous

      C’est très beau tout ça… bravo!

    • Je regarde le dernier vidéo plus haut… Et je vois un côté chansonnier (au sens québécois ) et dans un sens positif. Moi, ma première impression de prime abord, cela me fait penser à certains amis d’Anne-Marie Gélinas. Des chansionniers, un peu plus âgés que notre homme ici.

    • Le deuxième plus pop. Et je pense aussi à Marc Déry. Bon, on fait des comparaisons tout le temps dans une prise de contact.

      Avec tous les extraits de ce vidéo oui, cela semble varié. Et pas ennuyant.

      C’est donc une impression positive sans avoir de ”coup de foudre artistique”. Bonne continuation !

    • Be-bop, le gars du HMV, m’a dit qu’il y avait un album éponyme, une cassette, Variations sur le vide et le dernier. Une cassette reniée ou le premier en plus raw?

    • Pas mauvais, mais comme une décennie trop tard. Très 90’s.

      Avec internet et la mondialisation culturelle, il y a de moins en moins de place pour ce genre de chansons québecoises.

      Ça remplit un certain créneau. Certainement moins accessible pour les 25ans et moins.

      Bon trip honnête.

    • ghost: Le gars du HMV doit être un fan de la première heure s’il te parle d’une cassette… Pour le reniement, c’est le premier CD, trop maniéré et trop lèché…

      frankola: C’est Bandcamp bizarrement qui compresse trop mon truc. Quand on écoute direct sur mon site www.jeanfrancoisfortier.com , ça sonne mieux.

      norvègequébec: c’est pas l’idéal mais j’ai donné des cours via Skype à une française pendant 2 ans… si jamais tu es en Norvège. C’est pas l’idéal mais comme ma méthode fonctionne vraiment bien, c’est souvent mieux que ben des affaires…

      pboudreau: merci!

      sultitan: l’album est vraiment + en mode mineur…

      Et pendant que vous y êtes, je cherche un drummeur pour un projet rock. J’ai envie de composer et de jouer avec d’autres personnes que moi, avec du vrai monde… Je m’occupe de la guit électrique. Manque que le drummeur…

    • Je suis drummeur (genre Sesame street) au sein des Cas lourds, Effet au clavier analog, Boulga à la guitare solo, Sultitan et Jon8 font les bidouillages en tournant les knobs, Boogie fait la basse dans son coin, Alain est notre gérant (pour gérer, il gère…). Tu peux toujours faire la guit rythmique.

    • Désolé, le gars du HMV a simplement entrer ton nom et les albums qui ont passé dans les HMV se sont listés.

    • J’oubliais NorvegeQueb qui fait les choeurs et l’assistante-gérante.

    • Le pire c’est que ça pourrait le faire…

    • Évidemment si je me mettais à chanter dans votre groupe… Disons plus que 30 secondes, ce serait la catastrophe assurée.

    • Désolé, on cherche une chanteuse, groupe de machos qui pissent le plus loin oblige. La petite Hepeley, peut-être, il faudrait passer une audition.

    • Un titre pour l’album: Le péril jaune

    • ?

    • «groupe de machos qui pissent le plus loin »

    • Ha, jaune comme dans “don’t eat the yellow snow”? On pourrait arroser le public, ça amènerait on pourrait ainsi créer une petite hype punk…

    • HAHA album “Le Péril Jaune” par Les Cas Lourds. Çà serait trop bon!

    • Be-bop Je vois que la distance ne t’arrête pas…c’est sûr que je pourrais gratter une guitare devant ma caméra skype, c’est pas fou, on s’habitue à tout après tout :-) mais malheureusement, je ne fitte pas dans tes exigences. Je n’ai pas les 10 cours préalables…

      Ghost, tu me fais vraiment plaisir en me donnant un rôle actif, je croyais que tu me mettrais un turban sur la tête et me mettrais dans le rôle de la groupie. Tant qu’à faire, j’aimerais aussi être en charge de la caisse.

    • Semi-actif, disons. À moins que tu puisses utiliser un dispositif pour pisser aussi loin que nous… ;-)

    • @be bop Je viens de voir que tu as mis le lien du blogue sur ton site. YAhooo,,,on va devenir des célébrités!

    • Bon décalage oblige, je vais aller au pieu, paraît que pendant la nuit, on entend mieux la petite voix et qu’on parle au Bon Dieu. J’ai déjà l’âme vagabonde.

    • @ norvège (tu fais dodo mais bon…) : Exigence!? Je dis seulement qu’on peut prendre un forfait après avoir pris une dizaine de cours. Pour ces dix cours-là, c’est tarif régulier. Mais t’en fais pas, je suis pas désespéré, j’ai plein d’élèves en fait…

      Tu veux être en charge de la caisse… claire? Un snare en bon français… Mais avec Skype, ça va faire un méchant slap…

      @ tous: Je veux bien être rhythm guitar des Cas Lourds mais faudrait juste m’expliquer pourquoi Le péril jaune…

    • Ah, parce que t’as compris pourquoi “Les Cas Lourds”? Lol!

    • La pochette çà pourrait être l’album Jaune de JPF trempé dans de la pisse (image choc manière André Serrano), mais pas dans le but d’insulter JPF (évidemment): plutôt un truc prétentieux qui se voudrait la “prochaine étape” (dans l’histoire de la musique keb).

    • tabarly : “Pas mauvais, mais comme une décennie trop tard. Très 90’s.”

      Faudrait qu’on me l’explique, celle-là. Premièrement, qui faisait quelque chose de semblable il y a dix ans? Je ne m’y connais peut-être pas assez dans ce genre de musique, mais je n’ai vraiment pas l’impression que c’est “dix ans trop tard”.

      Deuxièmement, est-ce que ça dérange? J’ai plutôt l’impression qu’un peu tout a déjà été fait et que tout ce qui reste à faire, c’est de la bonne musique, peu importe le style et l’époque (ou les époques) à laquelle ça peut référer.

    • @sultitan
      Ça va maintenant, j’avais lu trop vite et manqué manqué l’explication du Péril Jaune.
      Pour Les Cas Lourds, ça fait peut-être référence au temps qu’on investi ici à argumenter..?

    • Non, pas vraiment… Ça fait référence à des tensions (disparues, du moins pour l’instant) entre certains participants et leur animateur.

    • Selon moi, Les Cas Lourds c’est un peu des deux réponses précédentes. Je trouve que les réguliers ici on a chacun notre côté “cas lourd” et notre côté “calinours”.

    • Peut-être que Tabarly faisait référence à des bands comme The Flaming Lips, Mercury Rev,..High Llamas? Rien d’embarassant. En fait vos influences m’ont l’air très variées, mais je ne serais pas surpris que vous soyez plus amateur de vieux bands pré 1980 (ce qui est le cas de bien des jeunes artistes aujourd’hui, je pense à Iron And Wine).

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