
Opposée à l’adoption de deux projets de loi américains destinés à éradiquer le téléchargement illégal, l’encyclopédie collaborative Wikipédia fermera le volet anglophone de son site internet en anglais pendant 24 heures mercredi.
Inutile d’ajouter que l’industrie de la musique est au coeur du débat.
À compter minuit la version anglaise Wikipédia, de loin la plus importante, ne mettra en ligne que des données concernant les projets de loi américains Stop Online Piracy Act (SOPA) et Protect Intellectual Property Act (PIPA), mis de l’avant l’automne dernier à la Chambre des représentants chez nos voisins du sud.
Un des objectifs essentiels de ces deux projets de loi consiste à stopper les ventes illégales de produits américains piratés à l’étranger et d’ainsi protéger la propriété intellectuelle telle que les plus puissants de la propriété intellectuelle la conçoivent aux USA.
« Déposé au mois d’octobre dernier à la Chambre des représentant, le très contesté projet de loi SOPA vise à renforcer la lutte contre le piratage en imposant des mesures drastiques. L’une des mesures les plus contestées prévoyait la possibilité pour les autorités américaines d’obliger les fournisseurs d’accès à tout simplement bloquer les sites accusés de violer les lois américaines.
Ces propositions avaient suscité un véritable tollé, chez les internautes mais également chez les grandes entreprises du web comme Facebook, Google, Twitter ou Paypal qui avaient mené une intense campagne de lobbying, menaçant notamment d’imposer un blackout au web américaine », résume un article du Nouvel Observateur.
Ces projets de loi sont qualifiés d’«assez maladroits» , de «dangereux pour un Internet libre », de «menaces pour l’avenir de la Toile de l’usage gratuit, libre et sécuritaire de la toile » par le fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales.
Outre les représentants de Wiki, Google, Facebook, Mozilla et autres Boing Boing, de nombreux opposants aux projets y voient une menace à la neutralité de l’internet ou même un frein à l’émancipation des nouvelles pratiques de partage.
On sait que Google et le média social Facebook, puissantes entreprises comme on le sait, se sont déjà inscrits en faux contre SOPA/PIPA. Sans étonnement, on notera que ces projets ont l’appui des majors de la musique (Sony-BMG, Warner, Universal) et de de celles d’Hollywood – Disney, Columbia TriStar, Metro-Goldwyn-Mayer (MGM), Paramount Pictures Corporation, Twentieth Century Fox, Universal, Warner Bros.
Rappelons qu’une première vague d’opposition a réussi à freiner l’ardeur des promoteurs du SOPA: le républicain Lamar Smith, qui en est l’auteur, a annoncé vendredi concéder la notion de blocage des sites, une des plus redoutables dispositions du projet de loi. À son tour, le gouvernement américain a même brandi la menace d’un véto présidentiel au projet SOPA si le texte était adopté dans sa forme originelle.
« Malgré cette première victoire, les opposants ont décidé de maintenir la pression sur le législateur en participant à un “blackout” prévu pour ce mercredi 18 janvier. En effet, beaucoup soulignent que SOPA n’a pour l’instant été que suspendue et demandent son retrait définitif… De plus, le “Protect IP Act” (PIPA) est actuellement en cours d’examen au Sénat… sous la pression des internautes, plusieurs élus républicains ont déjà demandé sa suspension », rapporte également le Nouvel Obs.
On comprendra pourquoi Jimmy Wales n’a pas renoncé à fermer Wiki pendant 24 heures, estimant que SOPA est «loin d’être mort».
Ainsi, s’affrontent deux conceptions de l’environnement numérique chez les voisins du sud :
D’un côté, les plus grands producteurs et gestionnaires de répertoires de contenus aux USA, les plus puissants propriétaires intellectuels.
De l’autre, celles des entreprises gestionnaires de l’environnement numérique, petites, moyennes et grosses.
Devinez où se site la majorité de la communauté internaute…
Liens utiles
La dépêche d’Associated Press relayée par lapresse.ca
Explication du Stop Online Piracy Act
Protect Intellectual Property Act
Texte Wiki justifiant le blackout de 24 heures










frankola
17 janvier 2012
16h02
Commentaires d’un internet GURU et créateur des sites www.progarchives.com – www.metalarchives.com – www.jazzarchives.com :
Funny but true. SOPA can kill the Internet as we know it ;(
frankola
17 janvier 2012
16h05
oups mauvais liens de ses sites
http://www.progarchives.com
http://www.JazzMusicArchives.com
http://www.metalmusicarchives.com
winslow
17 janvier 2012
16h34
Un autre lien qui résume bien le Protect IP.
http://www.youtube.com/watch?v=yDX8Lyl16Qs&feature=youtu.be
unholy_ghost
17 janvier 2012
16h46
J’ai déjà écrit là-dessus. On a laissé la gratuité tant que la majorité était analphabète d’internet. Maintenant qu’à peu près tout le monde est sur le Web et que les films sont sur le point d’être downloadés par monsieur-madame tout le monde, la fin de la gratuité est pour bientôt, d’une façon ou d’une autre.
alainbrunet
17 janvier 2012
16h48
Hum… c’est pas mal plus compliqué que le cinéma en Europe au temps du Plan Marshall. D’autant plus que la gratuité n’existe pas pour qui connaît le moindrement l’internet et sa vie économique. C’est l’achat à l’unité qui a été remis en question d’où la panique et l’option répressive des majors. Bien malin est celui qui peut prédire avec précision le sort de l’achat à l’unité.
unholy_ghost
17 janvier 2012
16h57
“D’autant plus que la gratuité n’existe pas pour qui connaît le moindrement l’internet et sa vie économique. C’est l’achat à l’unité qui a été remis en question.”
Évidemment.
key_field
17 janvier 2012
17h17
Les conséquences de ces lois risquent d’être très néfastes pour les affaires des psychothérapeutes qui traitent les cas de cyberdépendance. Internet risque de devenir assez plate que les dépendants vont décoller aussitôt…
sultitan
17 janvier 2012
17h47
Ce n’est pas aux fournisseurs de faire la police. Si je comprends bien, ce serait au fournisseur de peser sur le bouton on/off, et s’il oubliait un jour, il se retrouve coupable?
Vas-t-il falloir renouveller cette liste chaque jour? (à la vitesse que va internet).
En effet, c’est dangeureux qu’un petit groupe de gens décident pour tous les autres les sites valides ou non. D’abord, j’ai toujours trouvé que ces agences, comme les services secrets américains, c’est rempli de gens qui décident pour toi ce qui est bien pour toi. J’ai de la misère avec les gens qui ont cette mentalité de chercher à être authoritaire sur les autres. Comme disait Dyogènes à Alexandre Le Grand “ôtes-toi de ma vue, tu me caches le soleil” (ou quelque chose comme çà).
scotch
17 janvier 2012
19h26
J’ai une opinion très partagée, mon côté rebelle est contre mais mon côté propriété intellectuelle est pour. Il ne faut pas tuer la créativité mais si on ne la protège pas, elle ne pourra pas survivre.
danslebois
17 janvier 2012
19h28
Là comme ailleurs faudra payer un `ticket modérateur `, en santé ? jamais !
Cette agence a le meme logo que les Ramones …
carlitos
17 janvier 2012
19h47
Encore l’Histoire qui se répète: des intentions nobles, mais une mise en application complètement à côté de la track.
On coupe à blanc une forêt alors que le besoin est de quelques arbres.
http://www.michaelgeist.ca : un prof reconnu dans le domaine qui étudie et commente ce genre de sujets depuis des années. De la bonne lecture.
Voici un exemple aberrant (un parmi tant d’autres) de ce que les majors Américains veulent mettre en place:
“IP addresses are allocated by regional organizations, not national ones. The allocation entity located in the U.S. is called ARIN, the American Registry for Internet Numbers. Its territory includes the U.S., Canada, and 20 Caribbean nations. SOPA treats all IP addresses in this region as domestic for U.S. law purposes. To put this is context, every Canadian Internet provider relies on ARIN for its block of IP addresses. In fact, ARIN even allocates the block of IP addresses used by federal and provincial governments. The U.S. bill would treat them all as domestic for U.S. law purposes.”
alainbrunet
17 janvier 2012
20h27
carlitos, juste comme ça…je cite Michael Geist depuis une mèche, et il lui arrive de me citer. Michael Geist avait lancé un groupe Facebook il y a quelques années afin de s’opposer à un des nombreux projets de loi avortés de réforme du droit d’auteur. Quant aux revenus destinés à la création, c’est-à-dire la redistribution équitable de la richesse accumulée sur l’internet, j’aimerais bien savoir où il en est. Il n’y a pas si longtemps, sa position n’était pas toujours limpide à ce titre.
noirod
18 janvier 2012
08h33
J`ai tendance à être d`accord avec le fantôme dans ce dossier. L`internet èst considéré comme un phénomene ou comme un phenomene marginal avec entêtement. On aime bien exploiter les différentes possibilités mais on déplore son ouverture.
C`est un peu comme la presse écrite. On veut pas admettre qu`on va disparaitre et qu`à tout le moins des changements draconniens s`en viennent mais d`un autre côté, on offre une version gratuite de ses publications sur le Web.
La propriété intellectuelle c`est une juste cause mais c`est aussi un prétexte vieux comme le monde derriere lequel il fait bon se cacher. Personne n`est contre la vertu mais le piratage,celui qui fait le plus mal aux industries sera toujours un fléau même et surtout apres l`adoption de telles regles. Ceux qui veulent pirater le feront et plus un marché devient illégal, plus il est payant.
Je trouve déplorable que le jupon dépasse pour la majorité des initiateurs du projet qui aiment bien attirer le gros poisson avec la gratuité.
Est-ce à dire qu`il faille baisser les bras et abandonner toute forme de ¨controle ¨ ? Bien sur que non mais avant il faudrait établir les rôles et responsabilités de tous les intervenants et à tous les niveaux afin d`éviter que ce soient les mêmes qui encaissent et les mêmes qui empochent.
unholy_ghost
18 janvier 2012
09h03
C’est pas difficile à comprendre. Les studios ont des archives de films hallucinantes. Ils vont perdre des milliards par année bientôt. On parle d’une industrie qui définit l’Amérique. Tant que le piratage de leurs films est marginal, pas de problème. Mais quand mononcle Gérard va downloader son film du vendredi soir plutôt qu’aller au Blockbuster, ça ne marchera plus. D’ailleurs, ça ne marche déjà plus. Après, comment on va partager les revenus, je ne sais pas trop, mais on devra payer.
alainbrunet
18 janvier 2012
09h09
La notion de contrôle sur l’internet est tellement vaste qu’on observe aujourd’hui la progression très lente de l’utilisateur-payeur sur une base quasi volontaire. Immanquablement, les mesures de contrôles sont mises de l’avant et défendues bec et ongles par les majors du divertissement. Or, la majorité des indépendants,qu’il s’agisse de cinéma, de musique ou de télé, se montrent perplexes sur les questions de protection répressive de la propriété intellectuelle. Au fil de la dernière décennie, on a observé de plus en plus de propositions visant un changement de manière de redistribuer la richesse que génère l’internet. Payer indirectement plutôt que directement, c’est déjà le cas aujourd’hui, ne reste qu’à penser au partage des revenus afin d’assurer la bonne santé économique côté création des contenus. Côté contrôle, l’internet a déjà beaucoup à faire pour éradiquer la vraie cybercriminalité- porno infantile, sites haineux, terrorisme, etc. Pour le reste, bonne chance aux majors du cinéma… Leur capacité technologique à éradiquer le piratage reste très faible aujourd’hui. Quant aux majors de la musique, on y observe actuellement une position beaucoup plus conciliante avec des services qu’elles auraient jugés ennemis il y a quelques années à peine. Pas le choix de transiger avec Spotify, Deezer, Qobuz, Pandora…
unholy_ghost
18 janvier 2012
09h48
Dans ce cas, ils vont faire une intégration verticale en achetant les fournisseurs d’Internet pour nous faire payer indirectement. Quand 350 millions d’Américains vont se trouver gratuitement deux-trois films par semaine sur une base régulière, soit Hollywood va trouver une façon de les faire payer, soit elle n’existera plus.
Le far-west, ça ne dure jamais bien longtemps, le train finit par être construit.
alainbrunet
18 janvier 2012
09h58
Léger détail, ghost : Google et les nouveaux acteurs économiques de l’environnement numérique sont désormais plus gros qu’Hollywood…
vene777
18 janvier 2012
10h33
La guerre au piratage me rappelle la guerre au terrorisme ou la guerre aux drogues. Combattre un ennemi invisible est un combat perdu d’avance.
alainbrunet
18 janvier 2012
11h15
@vene777
La guerre au piratage est encore beaucoup plus complexe que la guerre au terrorisme ou la guerre aux drogues illégales. Les pirates des contenus se comptent par dizaines de millions et non par milliers – pour faire référence aux terroristes ou narcotrafiquants.
scotch
18 janvier 2012
11h36
@alainbrunet
18 janvier 2012
09h58
Léger détail, ghost : Google et les nouveaux acteurs économiques de l’environnement numérique sont désormais plus gros qu’Hollywood…
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Ce qui est aussi étonnant est que Google et les autres “majors” du net n’ont pas peur de la concurrence. Probablement parce qu’ils vont recruter chez les whiz kids? Tandis que Microsoft avait opté pour le monopole. Je sais que ce n’est pas la même chose mais en général les entreprises tendent à être protectionnistes.
alainbrunet
18 janvier 2012
11h51
Comme ghost le souligne justement, le far-west n’est jamais éternel, un ordre finit tôt ou tard par s’imposer. Et puisque Google, Apple, Facebook, Twitter et leurs collègues de l’économie numérique ont le gros bout du bâton, l’intégration devrait se faire de leur côté. Comment ? Hum… difficile à répondre. Chose certaine, l’industrie du cinéma hollywoodien devra revoir entièrement son modèle d’affaires dans ce nouvel environnement. Déjà, Netflix et autres plateformes légales de streaming audiovisuel bouleversent ce modèle. Est-il besoin d’ajouter que les revenus y sont nettement moindres que ceux qui ont bien fonctionné jusqu’à une période récente – salles de cinéma (environ 40%), location et vente de DVD (environ 60%).
scotch
18 janvier 2012
12h10
Ça va être compliqué de réglementer dans ce domaine.
alainbrunet
18 janvier 2012
12h21
La réglementation contraignante pourrait en être une concernant la redistribution équitable de la richesse… L’économie de marché ne s’en porterait que mieux. Prenons aujourd’hui les contenus télévisuels ou cinématographiques canadiens: ne sont-ils pas financés par un partage imposé selon un choix politique ? Or, l’ère actuelle mène à croire que ce type de solution est associé à tort à une forme de taxe, et donc à une contrainte supplémentaire refilée aux consommateurs et libres entrepreneurs. Pas sortis de l’auberge…
unholy_ghost
18 janvier 2012
13h35
“Léger détail, ghost : Google et les nouveaux acteurs économiques de l’environnement numérique sont désormais plus gros qu’Hollywood…”
Bah, ça peut se faire dans l’autre sens, intégration, joint venture et tutti quanti. Edison s’est fait débordé par les pirates d’Hollywood qui ont fini par l’intégrer. Le bottom line, c’est que lorsqu’il y a des milliards qui trainent sur la table, les gens s’entendent (ce n’est pas des activistes qui vont les en empêcher).
unholy_ghost
18 janvier 2012
13h41
Cela dit, Hollywood a le contenu (des dizaines de milliers de films qui sont son trésor de guerre, plus les autres médias qui leur appartiennent), ce qui est une autre sorte de bâton. Il restera toujours le 40% des salles, mais quand l’autre 60% des locations ne reviendra plus dans les coffres, Hollywood ne pourra plus produire ses méga-productions.
alainbrunet
18 janvier 2012
13h56
Oui, l’intégration va se faire dans l’autre sens, c’est ce que je disais quelques répliques auparavant. Or, les acteurs les plus puissants (Google etc.) feront ce calcul: la somme des bénéfices engrangés par l’internet induira-t-elle la nécessité de produire des contenus audiovisuels aussi chers que ceux d’Hollywood ? D’autre part, la nouvelle compétition venant d’ailleurs (Bollywood, etc.) n’exigera-t-elle pas une révision à la baisse comme c’est le cas dans l’industrie de la musique ? Fort possible. Bref, les milliards ne proviendront plus de la même source et les contenus audiovisuels seront différemment financés. À coûts réduits ? Je crois que oui.
scotch
18 janvier 2012
14h07
ETK Google fonctionne aujourd’hui.
unholy_ghost
18 janvier 2012
14h16
Bollywood ne concurrencera jamais Hollywood en Amérique, ce genre n’intéressera jamais les Américains. Il y aura toujours des films en salle (car aucune expérience-maison ne remplace cela) et la tendance sera au contraire à la hausse: quand les films furent concurrencés par une autre forme (radio, puis télévision), la recette fut toujours de faire en sorte qu’il y ait plus-value impossible à imiter. Quand la télé est arrivée, on a poussé la 3D et le Cinérama, puis le CinemaScope (la télé était en format Edison 1.37). On fait la même chose aujourd’hui (3D, écrans larges) et il y a encore de la marge technologique: 60 images secondes, écrans Imax partout, etc. Ça ne tombera pas car ce n’est pas un industrie légère comme la musique. Et puis, c’est consubstantiel à l’Amérique: sa porte d’entrée idéologique dans le monde.
scotch
18 janvier 2012
14h25
ETK, perso, je suis submergée de pub. Sur Facebook, sur hotmail, ici, Iphone et cie. Et malgré tous ces 30%, 40%, 50%, de coupons rabais, j’ai toujours l’impression de me faire avoir. Comme le fameux 99 cents des apps. Comme je ne sais plus qui disait, il attire le poisson avec la gratuité et les primes cadeaux pour ensuite faire avaler le gros moton sur la MC. La technique marketing de supermarché, “Venez goûter les petites bouchées”. Ça ne coûte pas une cenne et ça rapporte beaucoup.
Pour revenir au sujet, je pensais que les gars de Google, Facebook et cie étaient contre la loi parce qu’ils ont commencé un peu comme des pirates ou des hackers avec une idée qui les a rendus multimilliardaires. Je croyais qu’ils avaient peur que ça tue la créativité internet sur le web. Je pensais que c’était l’idée de base parce qu’en fait une fois que vous avez l’idée et que vous capitalisez dessus, je ne vois pas l’intérêt d’être contre cette loi?
unholy_ghost
18 janvier 2012
14h27
Die Antwoord sont soit fous, soit des as du marketing viral: http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/201201/18/01-4487108-des-rappeurs-sud-africains-avec-celine-dion.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B9_arts_244_accueil_POS1
alainbrunet
18 janvier 2012
14h48
« Ça ne tombera pas car ce n’est pas un industrie légère comme la musique. Et puis, c’est consubstantiel à l’Amérique: sa porte d’entrée idéologique dans le monde. »
D’accord avec la seconde partie de cette citation: oui, c’est la porte d’entrée idéologique, et même le salon. Quant à la première partie de l’affirmation, pas sûr… Jusqu’à quand cette hégémonie pourra-t-elle tenir ? Les nouveaux médias ne laisseront pas tomber le cinéma américain mais à quel prix ? D’autres cinémas concurrentiels pourraient se lever, s’adapter et s’imposer dans le reste du monde, avec des effets spéciaux aussi efficaces et créés à moindres coûts. Et si une hégémonie américaine était remplacée par une autre ?
unholy_ghost
18 janvier 2012
15h18
Les Américains ne sont pas intéressés par les histoires des autres, car ils se racontent des mythes personnels qui les aident à tenir comme société. Quelqu’un réussit, comme The Artist, à leur raconter leur propre histoire. Tant mieux, c’est tout profit pour eux: leur réseau de salles et de distribution fait un cash fou sans avoir à hasarder le risque de la production.
Cela dit, s’ils perdent les 60% de la location, les carottes seront cuites.
unholy_ghost
18 janvier 2012
15h24
La musique c’est des cies de disques et des CDs vendus par des détaillants faits par des kids dont on peut exploiter la naïveté. Le cinéma c’est un parc de milliers de salles (avec des amortissements en milliards), des réseaux de distribution, des studios gigantesques et un star-system qui fait tourner le monde médiatique (télé, imprimés, etc.) sur son nez en générant une portion importante du PIB américain. Ça va faire beaucoup de bruit en tombant.
unholy_ghost
18 janvier 2012
15h26
La fin de Hollywood, c’est la fin des États-Unis comme pays dominant, économiquement mais surtout idéologiquement. Certains vont s’en réjouir, cela dit.
alainbrunet
18 janvier 2012
16h55
À moins que Google, Facebook et autres Twitter, nouveaux contenus audiovisuels à l’appui, ne remplacent l’hégémonie hollywoodienne.
unholy_ghost
18 janvier 2012
17h01
?
Faire un film comme Avatar, qui rapporte plus d’un milliard, ça prend un nombre hallucinant d’expertises. Ce n’est pas Google qui va faire ça. Le causalisme technologique qui dit que les nouveaux médias vont remplacer le cinéma, je n’y crois pas. Les gens veulent aller voir un écran géant au milieu d’une foule, et un ordi ou un cinéma maison ne remplacera pas cela.
scotch
18 janvier 2012
17h38
@unholy_ghost
18 janvier 2012
15h26
La fin de Hollywood, c’est la fin des États-Unis comme pays dominant, économiquement mais surtout idéologiquement. Certains vont s’en réjouir, cela dit.
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Je ne suis pas si sûre Ghost, le film qui a gagné aux golden globes est un pastiche du cinéma muet américain.
scotch
18 janvier 2012
17h54
De plus, le film de Descendants qui a gagné n’est pas du tout le rêve américain comme Bride’s Maids. La détresse d’un homme comme George Clooney qui se faisait tromper par sa femme. Contre-emploi intéressant et pas trop Hollywoodien.
alainbrunet
18 janvier 2012
17h58
Il y aura d’autres Avatar et plus encore, financés par la nouvelle économie. Or, le fric ne sera pas récolté systématiquement les six grands studios d’Hollywood. Rien n’est éternel…
_renaud
18 janvier 2012
18h21
C’est meme déjà commencé avec Pixar.
sultitan
18 janvier 2012
23h22
Je pense qu’effectivement les grosses compagnies vont tomber (Et c’est normal. Il n’y a pas beaucoup de compagnie qui durent plus de 150 ans). Les archives seront vendues, données, ou détruites par des fous. Ou plus probablemenmt reléguées aux oubliettes (comme je disais récemment, ce sont les “trippeux”, les collectionneurs, qui font parvenir les films jusqu’à nous, et j’imagine qu’il en sera le même pour des vieux films de Paramount). Il est plus facile de nos jours de produire plus de qualté visuelle à moindre coûts, alors il n’y aura pas nécessairement un arrêt d’activités. Les mentalités changent aussi. S’il n’y a pas d’argent à faire en art (et que c’est encore l’argent qui mène le monde), les gens iront travailler là où il y a de l’argent. Les arts plus vieux seront gratuit sur le net, et ceux pour qui l’argent est un motif secondaire continueront de produire sur des plateformes comme Youtube. Bref, oui la situation aura un impact sur le type d’art qui prendra de l’avant, mais çà ne veut pas dire que ce sera du mauvais art. Ce n’est pas un droit fondamental de l’art d’être rentable (pour reprendre le monsieur grisonnant).
scotch
19 janvier 2012
10h37
Voici les propos de Mark Zucherberg au sujet de SOPA et PIPA, c’était hier sur Facebook pour les abonnés, je n’ai pas le temps de le traduire et je n’ai pas eu le temps de lire son lien non plus:
Mark Zuckerberg
The internet is the most powerful tool we have for creating a more open and connected world. We can’t let poorly thought out laws get in the way of the internet’s development. Facebook opposes SOPA and PIPA, and we will continue to oppose any laws that will hurt the internet. The world today needs political leaders w…ho are pro-internet. We have been working with many of these folks for months on better alternatives to these current proposals. I encourage you to learn more about these issues and tell your congressmen that you want them to be pro-internet. You can read more about our views here: https://www.facebook.com/FacebookDC?sk=app_329139750453932.Afficher la suite
alainbrunet
19 janvier 2012
10h42
Zuckerberg peut bien parler de gratuité… Partagera-t-il un bout de sa fortune avec ceux qui la font ?
scotch
19 janvier 2012
13h01
@alainB
Bien avant que facebook existe, j’étais sur des forum de F1. Déjà à cette époque nous avions une option pour discuter (chat) en privé. Ensuite, ils avaient rajouté sur le forum un salon de discussion oû on pouvait discuter de politique, de d’autres sujets. À chaque fois qu’une gang en Europe ou ici assistait à un Grand Prix, ils mettaient leurs photos en ligne. Déjà une communauté s’était formée entre les Européens et les Québécois, il y a même eu des histoires d’amour transatlantiques. Il y avait beaucoup de jeunes. Ensuite, petit à petit, chacun ouvrait son blogue en invitant des membres du Forum, j’avais mon blogue d’amis (es), j’allais sur celui des autres. En fait, c’était déjà une sorte de facebook, partager des informations, des photos, inviter seulement les gens avec qui nous avions des affinités à nous rejoindre sur notre blogue ou à être invité sur celui des autres. Mais personne à cette époque n’a pensé commercialiser l’affaire. Quand Facebook est arrivé, j’avais déjà décroché de l’affaire. Je me suis finalement ouvert un compte Facebook à cause de la pression de certaines personnes.