
Au Québec, les ventes de musique ont suivi le cours américain en 2011 : croissance de 4,7%. Enfin, la croissance est de retour, clame le showbiz, statistique de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ) à l’appui.
Toujours en 2011, 7,8 millions d’albums physiques ont été vendus au Québec, comparativement à 8,2 millions l’année précédente.
Or, 1,4 million d’albums et 13,9 millions de singles ont été vendus légalement en ligne, ce qui représente une croissance de 50% par rapport à l’année précédente. Les ventes de produits dématérialisés représentent 24% des ventes totales.
« Selon le rapport Nielsen Soundscan du Canada, on sait déjà que les meilleurs vendeurs québécois de 2011 sont Ginette Reno (La musique en moi), Roch Voisine (Americana II), la bande de MixMania2, Arcade Fire (The Suburbs) et Richard Desjardins (L’existoire)», rapporte ma collègue Émilie Côté dans un article publié mercredi.
Que signifie cette croissance, au fait ?
« L’année 2011 n’aura pas été aussi lucrative que 2009 ou 2007 pour les ventes de disques au Québec, mais c’est mieux qu’en 2008 et nettement supérieur à 2010, où les ventes totales de musique tous supports confondus avaient fondu de 6% », souligne ma collègue Émilie Côté.
Et voilà.
Ainsi, on arrête de s’enfoncer et l’on observe qu’un nombre croissant de consommateurs achètent en ligne au lieu de se rendre au magasin. En résulte une croissance de 4,7% par rapport à l’année précédente, ceci dû à une proportion de 24% de produits achetés légalement en ligne.
Est-ce à dire que la vente de produits achetés en ligne finira par être un modèle dominant ? Peut-être bien : assez de consommateurs peu familiers avec le piratage daignent désormais acheter en ligne, cette croissance devrait se poursuivre et renverser la vapeur… dans ce qui reste de marché pour l’utilisateur-payeur.
Est-ce à dire qu’un éventuel modèle dominant de vente en ligne serait aussi lucratif que dans les années 90, soit avant la chute ? Peu probable. Ce marché de l’utilisateur-payeur poursuit son déclin, qu’on se pète les bretelles avec cette «croissance» n’y changera pas grand-chose.
Cela étant, le fric reviendra tôt ou tard mais autrement: s’ajouteront aux bénéfices récoltés par cette mini croissance les revenus de l’écoute en continu, ceux des redevances résultant de multiples ententes de licence. Et, surtout, le fric reviendra côté musique lorsque les États feront le choix politique d’imposer à tous les acteurs économiques un partage plus équitable de la cagnotte.










sultitan
19 janvier 2012
00h54
Bon bien j’ai demandé pour l’avenir de l’industrie du disque aux Tarots.
Çà donne:
Maison Dieu – L’Hermite – La Mort – Le Pape
Résolution: Le Chariot.
Ouin, fa que… Il y a comme quelque chose de gros qui est détruit. Destruction de tout ce qui nous a formé jusqu’ici. e conseil c’est d’aller de l’avant sans regarder en arrière.
(Non mais je fais çà à la blague mais j’ai VRAIMENT tiré ces cartes là..Wow…).
niklas
19 janvier 2012
01h40
Il suffit parfois d’un gros vendeur – Adele dans le monde anglophone – pour augmenter/fausser/distortionner les statistiques.
Mais le fait demeure que les ventes digitales deviennent de plus en plus pratique courante. Ce qui est bien en soi.
Par contre, le cloud computing (”legit”) risque de porter un coup aux vielles statistiques sur lesquelles l’industrie du disque se base.
burp
19 janvier 2012
08h08
Je serais curieux de voir ces stats par tranche d’âge. Pas sûr que cette croissance se soit manifestée chez les jeunes consommateurs. En ce qui me concerne ce chiffre n’indique nullement la fin des années noires de l’industrie.
gillesmenard
19 janvier 2012
08h19
Québécoise,peut-être ,mais pas nécessairement francophone.
Si nous y incluons Arcade Fire ,Simple Plan et autres ça fait monter pas mal.
Sont-ce des produits Québécois ou mondiaux!?!?!?
revolte101
19 janvier 2012
08h39
Je trouve ça dommage que les gens ne veuillent même plus lever leur derrière de devant leur ordi pour aller chez le disquaire. Si on avait davantage de bons petits disquaires curieux et cultivés capables de conseiller, de faire découvrir des choses nouvelles, peut-être que ça leur donnerait le goût, mais les grandes surfaces qui dominent la vente de disques ne se prêtent pas à cet échange privilégié. Perso je suis peut-être dinosaure (j’ai 40 ans) mais dinosaure qui s’assume. Rien ne pourra remplacer pour moi le fait de fouiller parmi les CD, de prendre le CD, objet physique, dans mes mains, de l’apporter chez moi en ayant hâte de l’écouter, de le déballer avec fébrilité, de lire le livret qui va avec, de l’insérer dans mon système et de l’ajouter avec satisfaction dans ma collection. Pour moi, toute cette démarche fait partie du plaisir et des éléments qui donnent de la valeur à la musique, comme aux livres dans une bibliothèque. Je trouve que de tout télécharger (surtout si c’est fait illégalement) en fait un produit banal, désincarné et facilement jetable. C’est trop facile. Par contre, l’avantage, c’est de pouvoir découvrir des choses introuvables en magasin, sur des sites comme Aurgasm par exemple. Mais au-delà de ça, je me dis que quand toutes les activités, même socialiser, sont rendues basées sur un ordi, il ne faudra pas s’étonner si on se retrouve avec une société d’obèses et de dépressifs déconnectés. Ah, vous allez dire: mais si tu as juste des CD tu ne peux pas écouter ta musique dans un lecteur portable, iPod, etc? Et non. De toute ma vie, je n’ai jamais écouté de musique en me promenant dehors ou dans les transports en commun. Quand je suis dans la rue, je préfère entendre le bruit de la rue, et quand j’écoute de la musique, je l’écoute vraiment. Je pensais déjà comme ça quand les walkmans sont arrivés, et je n’ai pas changé d’opinion depuis. Dans le métro, je lis et j’aurais peur de rater ma station en étant coupé des sons autour de moi. De façon générale je préfère éviter tout ce qui est susceptible de me couper de l’environnement réel. Aller au magasin acheter mes choses en personne au lieu de cliquer (incluant ma musique) découle de ce choix.
suchie
19 janvier 2012
08h56
@sultitan
Permettez-moi de réinterpréter vos tarots qui sont, à mon humble avis, très justes pour
décrire les dernières années et la situation de l’industrie du disque, à la lumière des dernières statistiques:
Maison Dieu. Chocs et bouleversements contrarient les espérances, annoncent les faillites, chutes, accidents: la dégringolade des ventes de disques, les bouleversements de l’industrie comme on la connaissait.
L’Hermite. Abnégation, solitude, patience, ralentissement, austérité et restrictions matérielles:
conséquences vécues par les acteurs de l’industrie.
La Mort ou l’Arcane sans nom. Mort et renaissance, la transformation, le changement et surtout la métamorphose: l’industrie change et devient autre chose, se renouvelle.
Le Chariot comme résolution. Persévérance, vitalité, avancement, succès financier, triomphe.
Voilà.
Simpliste, mais divertissant.
Vous pouvez m’appeler Madame Suchie. :o)
_boulga
19 janvier 2012
10h23
Ces temps-ci j’écoute mes ‘78 tours québécois (achetés physiquement!) des années 20 à 40 et whoa ! Quelle variété ! Robert L’Herbier, un proto Boris Vian. Albert Viau, un insupportable curé de campagne ‘bonne chanson’ qui annonçait Félix à la virgule près. Un dont j’oublie le nom, qui faisait des arrangements ‘pompe’ jazzy carrément actuels pour l’époque. Des reels, des gigues, de la muzette bien sûr. Et Alys Robi ! Quels singles durant la guerre ! Hyper bien arrangés. C’était des versions, mais bon, tellement mieux faites que la schnoutte de versions sixties !
Et tout ça était vendu parfois à plus de 100,000 exemplaires le disque.
Quel univers. Et dire qu’on a retenu de cette époque florissante que la Bolduc !
Mais j’avoue bien platement que le dernier disque de Québécois francophone que j’ai acheté neuf est probablement 200 nuits à l’heure en 1988… Ah non : le dernier Karkwa, mais je l’ai écouté une fois.
@sultitan
Excellent ! Mais elles sont à l’endroit, ou à l’envers ?
alainbrunet
19 janvier 2012
10h41
sutitan, vous êtes un devin hahaha ! Avec le complément de Madame Suchie, cela est très divertissant, indeed.
jeanfranc
19 janvier 2012
11h02
Je préfère de loin un disque pour vrai, l’avoir en ma possession. Mais les ventes en lignes vont bon train et ce que j’aime c’est que l’on peut acheter seulement une ou deux chansons d’un album.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
11h28
Analyser des chiffres est pas mal toujours une opération intéressante. Mais ce sont les explications et le raisonnement qui les sous-tendent qui sont les plus importantes.
Je ne suis pas certain que les gens de l’Observatoire font toujours les bonnes analyses. Bon mais j’ai pas été étudier cela en détail. C’est un peu comme dans mon domaine faire de l’analyse d’états financiers.
La rentabilité de l’entreprise s’est améliorée ? Oui, mais il faut savoir pourquoi ? C’est la même chose avec l’utilisation des divers ratios, il faut être prudent dans leur interprétation et faire une analyse qualitative et avoir les explications de la direction.
La photo de Ginette Reno est quand même une bonne partie de l’explication de la croissance de cette année. Pas juste elle, remarquez… Sauf qu’il faudrait faire plusieurs analyses. Avec et sans Ginette ? Comparer qui a sorti un album pendant cette année là ? Qui sont les gros canons dans le domaine de la vente ?
En tous les cas, on peut se poser des questions et chercher ensuite nos réponses et explications à travers les données disponibles. Des heures d’études et d’analyses et de plaisir pour les intéressés… ;)
suchie
19 janvier 2012
11h32
Oups! J’oubliais le Pape: arcane de sagesse, générosité, conciliations, ré-équilibrante qui favorise les ententes et les recherches de solutions.
J’aime bien acheter ma musique en ligne, chansons à l’unité ou disques, mais mes plus grands coups de foudre musicaux, je tiens à les acheter en version cd.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
11h41
Aucun problème de fric pour Ginette et le beau Roch. Même, si le lancement d’un album est toujours un risque commercial même pour un gros canon.
La solution passe par les États qui devront imposer un partage plus équitable ? Probablement en partie, et quand on parle de droits d’auteurs et c’est chose là c’est du domaine des biens publics en économie donc même pour des libéraux néo-classiques, on peut être d’accord avec une intervention de l’état.
Je crois quand même que la marché devrait se réveiller !!! L’industrie de la musique ? Elle est liée aux autres industries. Et chez les majors et mêmes les gros indépendants, ils sont dans plusieurs secteurs.
Si le patron de la filiale musique a pas assez de c.ouilles pour aller parler au patron de la filiale disons fournisseurs internet et lui dire que l’argent qu’il fait c’est en partie grâce à lui et non juste par sa propre compétence.
Un exemple c’est Vivendi le groupe ou au Québec bien c’est Quebecor, s’il y a de l’interfinancement entre les filiales et une mauvaise répartition des bénéfices et un mauvais calcul. Bien, pas obligé de croire nous chez le public.
Et c’est la même chose pour Gesca qui est dans l’empire de Power Corporation des Desmarais. Pensez-vous que c’est le seul bénéfice inscrit aux états financiers qui est important ?
Alors, oui à une intervention de l’État et partout dans le monde mais cela risque d’être une longue lutte politique. Qui va finir par se faire ? Bien oui, car le marché aussi va bien finir par en tenir compte. Ce n’est pas seulement une question d’équité et de partage mais d’efficacité économique aussi et de bonne information financière.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
11h54
Oui, oui demandez à l’État de faire des choses mais ne vous y limitez pas. Prenez Ginette Reno, si elle avait pas demandé à avoir des plus gros cachets à l’époque elle les aurait pas eu. Quand elle remplissait les endroits où elle se représentait. C’est son premier gérant qui lui a dit cela ? C’est toi Ginette qui amène le monde ici, demande à avoir plus !!!!
Évidemment cela s’applique plus à ceux qui sont des vedettes populaires mais quand même… Il y en a certains qui sont des fleurons disons ”indie” qui pourraient avoir plus en étant plus forts en terme de négociation et d’affaires. J’en suis persuadé ! C’est pas moi, par contre qui pourrait le faire… Non mais Karkwa, pourraient gagner plus d’argent, leur gérant semble bon mais je pense qu’ils pourraient faire plus d’argent ! Et leur deal avec Coca-Cola ? Ils auraient pu obtenir plus et faire plus original, sûrement.
Ce qu’il faut ? C’est plus d’exemple de réussite financière, commerciale et artistique au même moment ! Pas obligé que ce soit le cas pour tous, mais si certains donnaient l’exemple d’autres suivraient le pas et amélioreraient leurs revenus dans cette dite nouvelle économie ! Pourtant l’économie, c’est toujours la même chose depuis la nuit des temps. Tu vends plus cher que cela te coûte et tu fais un bénéfice.
Je suis pour les deux en même temps. Capitalisme de marché et prise en compte des effets externes positifs comme négatifs. Afin de bien refléter les coûts et bénéfices sociaux, culturels, environnementaux, etc.
alainbrunet
19 janvier 2012
12h00
Lecteur, j’ajouterais qu’il existe une différence énorme entre un soutien financier de l’État avec les taxes des contribuables et des règles de partage équitable des bénéfices réalisés dans une économie de marché. Malheureusement, ces deux notions sont confondues en ce début d’ère numérique.
jon8
19 janvier 2012
12h02
@sultitan-tarots
hahaha! post of the year (so far)
:-)
pboudreau
19 janvier 2012
12h30
Oubliez le chiffres… mon beau-frère s’est acheté un iPad : ça veut dire que l’heure du format physique a bel et bien sonné.
Sérieusement, les ados d’aujourd’hui n’auront rien à faire d’un DVD ou d’un CD dans 5 ou 10 ans Et ils achèteront des chansons à la pièce plutôt que des albums complets, ce qui réduira les ventes totales d’un artiste. Donc pas trop sûr pour la croissance de ce marché.
pboudreau
19 janvier 2012
12h41
« l’on observe qu’un nombre croissant de consommateurs achètent en ligne au lieu de se rendre au magasin. »
Le magasins de CD (Archambault, HMV) ressemblent maintenant à des club vidéos. Pas très intéressant pour y faire des découvertes musicales. Seuls les magasins de vinyles et de CD usagés ont gardé l’ambiance et l’expertise.
Il y a longtemps que j’achète mes CD neufs chez Amazon car c’est moins cher, on peut habituellement y écouter des extraits et ils ont un très grand choix.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
12h43
Que souhaiterais-je peut-être alors ? Que des économistes de diverses écoles partageant des objectifs communs soient impliqués dans des recherches de solutions ?
Peut-être. Des acteurs provenant de plusieurs milieux.
Les solutions passeraient peut-être par des compromis, certes. Je ne crois pas que toutes les pistes ont été observées et les gens portent souvent tous leurs ornières. Comme en politique en fait.
————–
Un autre exemple… Qui pourrait être sur un autre blogue dont celui de Nathalie Collard.
Des patrons allumés. Comme quand RBO est passé à CKOI ou à TQS. C’est le privé, cela. Le privé qui prend un risque et qui va rapporter.
Le rapport avec le sujet c’est quoi ? Bien voyons, on voit bien qu’en musique ils prennent moins de risques quand ils misent sur des albums comme celui de Roch Voisine pour vendre…
Le formatage tue aussi la business au global. Quand il y en a trop et qu’il n’y a presque que plus que cela sous le radar.
Anyway, cela est une chose dont la presque totalité des intervenants ici sur ce blogue son probablement d’accord.
——————–
Cela va nous prendre des gens visionnaires partout. En politique, en affaires, en culture…
lecteur_curieux
19 janvier 2012
12h49
Jean Leloup pourrait être très riche. C’est pas son but dans la vie ? Pas grave. Des gens de business auraient pu faire beaucoup, beaucoup plus d’argent avec lui et sans reniement aucun de sa nature artistique et humaine.
Évidemment c’était et c’est une bête indomptable. Pas grave, le potentiel était immense et l’est sûrement encore ! Qui est prêt à investir dans le bon poulain ? Et pour de vrai et en croyant que l’artistique et le commercial ne sont pas toujours opposés ?
jon8
19 janvier 2012
13h58
”Québécoise,peut-être ,mais pas nécessairement francophone”
On peut en effet se poser la question puisque, à priori, si on s’intéresse au sort de *la musique québécoise* c’est parce qu’il y a de l’élan chauvin là dessous.
Mais dans ce cas, qu’est-ce qui vient le plus ”nous chercher” ? L’artiste ”d’ici” dans le sens géographique, ou l’artiste de culture francophone ”de souche” ?
Arcade Fire ou Fred Pellerin ?
alainbrunet
19 janvier 2012
14h11
Élan chauvin… pas vraiment. On ne fait qu’interpréter à notre tour les données 2011 de l’Observatoire de la culture et de la communication du Québec, qui viennent d’être rendues publiques. Arcade Fire ET Fred Pellerin, donc, se trouvent sur ce territoire d’observation.
norvegequebec
19 janvier 2012
14h24
Parlant musique québécoise, je viens d’écouter Montoire (in english dans le texte). Découverte faite par la porte de côté, par le biais d’un article parlant du roman Charlotte before Christ, écrit par Alexandre Soublière, du groupe Montroire. Moult références au rock de la fin des années 90-début 2 000. PJ Harvey, Oasis, le trip hop de Massive Attack, Supergrass, la brit pop, Jay-Z, Sonic Youth etc…tout cela sur fond d’histoire d’amour, façon urbaine, façon Montréal,
Lien entre la musique et la littérature, you bet!
http://vimeo.com/24638152
_boulga
19 janvier 2012
15h10
C’est toujours un peu ambigu ce débat sur la musique ‘québécoise’. La définir par le code postal de l’artiste est certes rigoureux. Mais pourtant, les ‘liens’ naturels entre Garolou et Harmonium, entre Daniel Lavoie et Paul Piché, etc., sont quand même plus pertinents d’un point de vue d’ethnomusicographe que ceux entre Leonard Cohen et Herbert Léonard.
Arcade Fire et Fred Pellerin, justement, ça n’offre aucun intérêt musicologique des les ‘comparer’.
C’est moins étanche qu’avant bien entendu (les Patrick Watson chummy-chummy avec les Karkwa, etc.).
Moi je me casse pas le bécyk avec ça dans mon classement. L’étiquette est ‘musique canadienne française’, et inclut CANO, 1755 et consorts, à côté de tous l’ouput canadien-français du Québec. Les anglos sont classés dans ‘rock’, ‘pop’ ou whatever.
Ce n’est pas dire qu’ils ne sont pas ‘Québécois’, loin s’en faut. Faut juste remonter d’un cran dans l’arborescence identitaire pour régler l’ambiguité de l’ethnologue qui sommeille…
alainbrunet
19 janvier 2012
15h34
Cano… de Sudbury non ? J’avais vu ce groupe en 1977 à la PdA. Pour l’époque, c’était très bien. André Paiement, le chanteur et compositeur principal, s’était suicidé l’année suivante.
rogiroux
19 janvier 2012
15h38
BREAKING NEWS:
FEDS SHUT DOWN FILE-SHARING WEBSITE
By MATTHEW BARAKAT, Associated Press – 16 minutes ago
McLEAN, Virginia (AP) — One of the world’s largest file-sharing sites was shut down Thursday, and its founder and several company executives were charged with violating piracy laws, federal prosecutors said.
An indictment accuses Megaupload.com of costing copyright holders more than $500 million in lost revenue from pirated films and other content. The indictment was unsealed one day after websites including Wikipedia and Craigslist shut down in protest of two congressional proposals intended to thwart online piracy.
The Justice Department said in a statement said that Kim Dotcom, formerly known as Kim Schmitz, and three others were arrested Thursday in New Zealand at the request of U.S. officials. Two other defendants are at large.
Megaupload was unique not only because of its massive size and the volume of downloaded content, but also because it had high-profile support from celebrities, musicians and other content producers who are most often the victims of copyright infringement and piracy. Before the website was taken down, it contained endorsements from Kim Kardashian, Alicia Keys and Kanye West, among others.
The Hong Kong-based company listed Swizz Beatz, a musician who married Keys in 2010, as its CEO.
Before the site was taken down, it posted a statement saying allegations that it facilitated massive breaches of copyright laws were “grotesquely overblown.”
ÔÔPS!!
_boulga
19 janvier 2012
15h51
@AB
J’ignorais ce détail… J’ai découvert ce groupe (Coop Artistique du Nord de l’Ontario) en allant jouer à Ville-Marie, aux confins du Témiscamingue, à la frontière de l’Ontario. Les gens en écoutaient encore pas mal.
On oublie souvent qu’il y a plus de francophones en Ontario que d’anglos au Québec !
alainbrunet
19 janvier 2012
15h59
Musicalement, c’était très solide. Vraiment parmi les meilleurs groupes francophones des années 70. La soeur d’André Paiement, Rachel, chantait aussi au sein de Cano. Quant aux mots… poésie naïve de mirliton, sans second degré aucun.
be-bop-a-lula
19 janvier 2012
16h36
En raison de la dématérialisation de la musique, c’est pas mal certain qu’on reviendra plus aux chiffres d’avant. Mais faut pas confondre recettes brutes et profits. Les profits peuvent même être + grands aujourd’hui même s’il se vend moins de disques.
Ça devient plus que jamais une histoire de marketing, de combien fort le créateur est capable de susciter chez sa base un sentiment d’appartenance. Ça a toujours été le cas mais disons qu’il en faut + maintenant pour que l’auditeur aille jusqu’à payer. Mais si ce sentiment reste fort, l’affaire est tiguidou. Cette situation est même idéale car la cut de la cie de disque, du disquaire et du distributeur, tout ça désormais se retrouve dans la poche du créateur.
Je discutais dernièrement avec des créateurs qui ont un contrat plutôt old school avec une cie de disque. C’est à peine s’ils rencontrent leur break-even malgré 25 000 copies vendues! Et c’est pas parce que la cie a mis le paquet dans la promo, loin de là. À 10$ dans les poches pour chaque copie vendue, ils auraient pu se retrouver avec 250 000$ brut en + au lieu de rien…
jon8
19 janvier 2012
16h40
je faisais surtout écho au commentaire de gillesmenard (sachant surtout l’historique de ses commentaires sur les blogues) et en lien avec le récent dérapage émotico-politique du coach anglo des Canadiens.
Bref, certaines personnes (et je ne fais définitivement pas parti de ce club) vont accorder beaucoup plus de valeur à quelque chose qui est ”d’ici”, par réflexe de solidarité de la meute ou autre protectionnisme identitaire, mais sans trop savoir ce que le ”ici” veut dire.
Mon observation est donc la suivante:
Région/franco > Urbain/franco > ROC/franco > Expatrié/franco > Région / bilingue …. > jusqu’à Urbain/unilingue anglo (comme le coach)… pattern multi-level, donc. Fred Pellerin et autres Gilles Vigneault étant les Nadia Commanecci de cette hiérarchie identitaire. Des intouchables, des nobles guerriers, des ambassadeurs ”de notre beau pays”. Difficile d’aborder le sujet sans y voir un potentiel de xénophobie, surtout lorsque l’actualité parle mur à mur du naufrage du PQ et du mouvement souverainiste.
Et encore, il y a des variantes: ”expatrié/franco” grimpera de plusieurs rangs si plus value niveau fierté malgré switch de code postal pour zip code (Celine Dion, Cirque du Soleil) ou peut perdre des plumes (déménagement permanent en France et adoption de l’accent).
Mêler le hockey aux questions socio-politiques ça donne toujours du cambouis, y mêler l’art n’arrange pas la cause non plus. Mais il semble que du musicalement médiocre d’ici ce soit mieux que du musicalement médiocre d’ailleurs. Il en sera probablement toujours ainsi.
alainbrunet
19 janvier 2012
16h40
Bien résumé, bebop… Dans l’ancien monde que défendent ceux qui viennent de neutraliser megaupload, si peu d’artistes pouvaient bien vivre avec leur ventes de disques. Penser qu’acheter des CD, c’est mieux défendre les droits des créateurs reste très souvent une vue de l’esprit. Pour ne pas dire un mirage de l’esprit…
unholy_ghost
19 janvier 2012
17h03
La fin de la gratuité vient probablement de commencer aujourd’hui…
Super analyse, Jon8. En fait, il manque une catégorie: expatrié-anglo. Il y en a justement des géniaux. Saul Bellow serait ainsi le seul Québécois d’origine à avoir gagner le Nobel de littérature.
jon8
19 janvier 2012
17h07
”il manque une catégorie: expatrié-anglo”
Je viens d’appeler monsieur Caron de Terrebonne et il considère ”nul si découvert” les expatriés-anglos.
sa phrase exacte:
”tabashlouche! si en plus de parler anglâ t’habite pu icitte, bin t’existe pu dans mon live à moé, c’tu clair!?”
Bien sûr, j’attendrais les commentaires de gillesmenard à ce sujet, il me semble que monsieur Caron n’était pas de bonne humeur aujourd’hui ;-)
alainbrunet
19 janvier 2012
17h14
«La fin de la gratuité vient probablement de commencer aujourd’hui…»
ghost… on ferme des sites comme ça depuis 2001.
pboudreau
19 janvier 2012
17h15
La « dématérialisation » de la musique concorde aussi avec les méthodes d’enregistrement et de diffusion. Un kid peu maintenant s’auto-produire à faible coût et en diffuser le contenu sur un site Wordpress ou Bandcamp.
Les rôles du producteur, du réalisateur, du technicien de son, du gérant, de l’éditeur, de la compagnie de disque etc. ne sont ainsi plus nécessaires.
Bonne nouvelle? Oui, le créateur devient le seul maître à bord, en total contrôle de son produit et de son image.
Mauvaise nouvelle? Oui, car il n’y a plus personne (à part bien sûr les proches de l’artiste, la famille, les amis, les musiciens, les BFF qui diront toujours Wow, c’est bon, continue, ça va faire un malheur) pour filtrer, critiquer, positionner.
Comment alors une perle rare pourra se faire connaître? Qui provoquera le Buzz médiatique nécessaire dans ce tourbillon numérique?
C’est toute une nouvelle industrie qui devra être repensée, bien au delà du mode de distribution.
unholy_ghost
19 janvier 2012
17h32
Hon, je n’avais pas réalisé… c’est vrai?
alainbrunet
19 janvier 2012
17h42
Napster, KAAZA, Grokster, Limewire …
unholy_ghost
19 janvier 2012
17h50
J’aime quand vous me prenez pour un imbécile.
alainbrunet
19 janvier 2012
17h56
Il y a aussi The Pirate Bay…La fin de la gratuité, donc. Hon, je n’avais pas réalisé !
Désolé ghost de vous avoir froissé mais votre ironie n’était pas évidente aux yeux de tous.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
18h05
”La fin de la gratuité vient probablement de commencer aujourd’hui… ” Ghost.
Oui, je comprends tout de suite ton sens de l’ironie, ghost. Mais, il se peut qu’une autre personne comme Alain ait fait une lecture différente. Cela ne saute pas toujours aux yeux, dans les échangees écrits.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
18h07
Ghost ridiculise avec talent ceux qui ont fermé ce site. En une seule phrase courte. Alors, il nous arrive de bien apprécier ce style.
alainbrunet
19 janvier 2012
18h11
On peut le voir ainsi, lecteur, j’applaudis votre propension à la conciliation. Or, plus tôt cette semaine, ghost annonçait sans ironie que l’internet finirait par être monnayé après tant d’années de gratuité. C’est pourquoi l’ironie ne me semblait pas aussi évidente que pour vous dans cette réplique et que… je ne prends vraiment pas ghost pour un imbé. Son point de vue sur la question (celui d’avant hier) est d’ailleurs parfaitement défendable… même si je n’y souscris pas. Enfin… je suis d’accord partiellement avec la perspective d’une monétisation de l’utilisateur-payeur sur l’internet.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
18h11
”Désolé ghost de vous avoir froissé mais je ne voyais pas où vous vouliez en venir.” Alain Brunet.
Bien, c’est en plein cela. C’est comme cela l’humour et la communication. Les interprétations sont parfois différentes. Les points de suspension vienne ici ajouter le sens mais si on n’est pas ”raccord” sur le coup. On peut croire que l’autre nous dit exactement le contraire de son intention.
jon8
19 janvier 2012
18h42
je n’avais pas capté moi non plus le 2e (14e?) degré de la chose. Sur un blogue vaut mieux s’en tenir au 1.5 degré, c’est plus safe pour éviter les malentendus! haha
^^
(voyez ? le ”haha” démontre sans équivoque que je prend la chose avec humour)
;-)
^^
(clin d’oeil, me faisant paraître plus smatt que monsieur Caron)
lecteur_curieux
19 janvier 2012
19h09
”J’aime quand vous me prenez pour un imbécile.”
Pourquoi pas ? Mais c’est pas ici que cela arrive. Un intello rusé pourrait très bien se faire passer pour un imbé.cile pour arriver plus facilement à faire de la subversion. C’est comme dans une négociation avec une autre partie. Ou lorsque l’on joue au poker…
http://www.youtube.com/watch?v=bESGLojNYSo
Ou encore…
”larvatus prodeo ”.
lecteur_curieux
19 janvier 2012
19h21
”voyez ? le ”haha” démontre sans équivoque que je prend la chose avec humour ”
Bien moi, oui je vois de l’humour mais surtout comme celui de quelqu’un qui en le faisant vient de marquer un point ! Ou bien qui voit venir d’avance ce qui s’en vient…
http://www.youtube.com/watch?v=d1ABQuctDOQ
pboudreau
19 janvier 2012
19h25
Comment pourrait-on être froissé lorsqu’on est anonyme?
Et à mon avis bien bien bien personnel, l’usage d’émoticônes dans les blogues n’est pas une solution : on peut dire des bêtises et mettre un bonhomme crampé de rire juste à côté… ça ne signifie plus rien.
jon8
19 janvier 2012
20h20
l’usage d’émoticon est un ART, mon cher pboudreau.
il y a des novices en la matière et des ceintures noires 8e dan qui pourrait écrire un scénario complet avec des smileys.
pboudreau
19 janvier 2012
20h51
Oui, je vous donne raison là-dessus.
Mais dans un courriel avec des gens que l’on connais, c’est différent, je trouve les émoticônes plus sympas que dans un blogue anonyme. C’est bien personnel comme opinion comme je disais.
Mais vous conviendrez avec moi que Smiley ou pas, c’est toujours difficile dans un blogue de faire des doubles sens et des blagues. Certains blogeurs ont beaucoup de talent, on entend presque le ton de leur voix, et ils arrivent à résumer de grandes idées en peu de mots. Je n’en suis pas encore là mais j’y travaille.
jon8
19 janvier 2012
20h58
”Mais vous conviendrez avec moi que Smiley ou pas, c’est toujours difficile dans un blogue de faire des doubles sens et des blagues”
Difficile, en effet.
déjà le format forum est supérieur au blogue à ce niveau.
Mais en fait, la communication tout court est une chose ardue..
gillesmenard
19 janvier 2012
22h58
Je suis plus à l’aise avec les émoticones!
gillesmenard
19 janvier 2012
23h07
@jon8
Pourquoi avoir honte de s’assumer,je ne vois aucun chauvinisme dans le fait de dire que je suis typiquement québécois,de ‘’souche” ou non.Pourquoi un artiste québécois aurait-il à s’excuser de se définir ainsi en n’acceptant pas d’être ”canadien”.Ne sommes nous pas une ”nation distincte”définie par votre cher ”prime minister Harper”.
Alors la musique Québécoise est avant tout ”francophone” avec certaines exceptions de toutes autres langues existant dans une société ouverte sur le monde.
Vive l’Art libre d’une société libre québécoise et française.
Gilles Ménard(je déteste les pseudo)qui s’assume.
sultitan
19 janvier 2012
23h09
Pour revenir à mon tarot (héritage d’un oncle, scientiste de métier qui fut aussi rosicrucien et pratiquant d’ésotérisme sans que personne ne le sâche avant son décès!), les cartes étaient à l’endroit, et mon interprêtation impliquait les alliances. Donc, en détail:
1ère et deuxième carte, c’est l’état de la situation dans le passé récent, la 2ième et 3ième carte c’est le mouvement dans le temps présent, et la 3ième et 4ième carte c’est le mouvement vers le “futur” (ben oui, on en prend et on en laisse, veyons). La 5ième c’est la route à suivre (conseil).
Maison Dieu + L’Hermite = retrait, temps de réflexion après une catastrophe (ici financière).
L’Hermite + La Mort = La longévité, l’expérience est utilisée dans un combat contre la mort.
La Mort + Le Pape = Cette expérience est sacrifiée, “fauchée”, par la Mort. Çà ne passe pas. Les anciennes notions sont sacrifiées, et un renouvellement des connaissances est l’issue irrévocable.
La 5ième carte “conseil’ (Le Chariot) indique(rait) d’aller vers l’avant. La place est au nouveau venu, au jeune premier, mais reste à faire (ce n’est pas le bateleur, ce n’est pas encore prêt, c’est du gros déplacement de vent).
jon8
20 janvier 2012
00h25
sultitan, est-tu bien certain que ce n’est pas le mouvement souverainiste que tu as tiré au tarot ?