
Comme tant d’autres, je viens de me farcir le flux continu d’Espace.mu, qui a su enfin imiter NPR aux USA ou The Guardian au Royaume-Uni. C’est-à-dire en offrant l’écoute intégrale d’un album attendu avant sa mise en vente officielle.
Voici donc les impressions de mes premières écoutes, en vrac, «track by track»:
Going Home:
Sur le ton d’une musique liturgique qu’on a enfarinée dans une moulée de microprocesseurs, le poète démantibule son propre personnage avec une minutie autodérisoire sans pareille, sorte de mise en garde contre tout personnage inoxydable, contre tout excès de mythification. Très réussi !
Amen:
Clean and sobre, le soliste y chante à peine. Les dames choristes y abattent le boulot mélodique. Tell me again y rime avec amen, avec finale de trompette synthétique sous des harmonies de clavier bon marché qu’enrichissent violons et guitares véritables. Kitsch, chantre balkanique, tzigane ou juif, bluesman, folk singer ou cowboy, c’est selon ! Et toujours le minimalisme de cette brillante poésie moderne, toujours ce ton de l’Ancien Testament téléporté dans la post-modernité. Leonard sait encore faire les choses en grand.
Show Me The Place:
Ce gospel à peine déglingué, Tom Waits pourrait l’entonner. Leonard y use de ses fréquences les plus graves pendant que ses dames (Sharon Robinson, The Webb Sisters) et ses instrumentistes à cordes reprennent la mélodie un ou deux octaves plus haut. Le piano s’y avère un tantinet country.
The Darkness:
Totalement blues. Guitares virilement grattées, sans subtilité aucune. L’acoustique a tôt fait d’être jointe par l’électrique, aussi par l’orgue Hammond, la basse, la batterie et les choeurs. I’ve got no future I know my days are few chante le septuagénaire.
Anyhow:
Le narrateur y est maltraité, mal aimé… et il a quelque chose à se faire pardonner. Il implore sa partenaire de finir ça en beauté. La demande s’étale sur un blues pianistique et de vieux sons de synthès. Le pont est enrichi de cuivres, de choeurs et du tintement subtil des cymbales.
Crazy To Love You:
Ce qu’il a ramé, le vieil homme, pour aimer sa douce. Depuis le début de cet opus, c’est là que Leonard fait l’effort de chanter plutôt que dire. Rien d’autre qu’une guitare folk derrière cette voix d’outre-tombe, pour employer un euphémisme.
Come Healing:
L’approche est country, folk, petite musique de chambre harmonisée à plusieurs voix, cordes et claviers. On dirait presque un chant de Noël ! Comme le titre l’indique, la guérison de l’âme est au coeur du propos.
Banjo:
Encore un blues au-dessus duquel papillonnent les voix de femmes. Le narrateur y observe un banjo brisé au bord de l’eau, repoussé sur la rive par les ondes d’une mer «sombre et infestée». Le superbe pont de cuivres et de bois, très jazz primitif, fait grimper les enchères, l’épilogue s’annonce superbe.
Lullaby
Cette berceuse, de prescrire le narrateur à sa douce, sert à calmer le jeu d’une nuit qui pourrait s’avérer longue. Country blues teinté de gospel, l’angle musical se veut minimaliste. Le choeur pratique ici le «call and response» typique de la musique afro-américaine, s’en dégage un nuage d’esprits pacificateurs.
Different Sides
Sur un R&B sciemment ralenti, claviers, batterie et choeurs servent les infragraves de l’organe vocal. Leonard y barytone que nous sommes de chaque côté d’une ligne que personne n’a tracée. Devinez où il mènera cette introduction.
En somme:
Voilà à mon sens le meilleur album de Leonard Cohen depuis The Future, ce qui n’est pas peu dire.
À 77 ans, ce relent d’inspiration n’est pas insoupçonné.
Jusqu’à ce qu’il se fasse escroquer par son agent et perde une large part de sa fortune, l’homme menait une vie plus spirituelle qu’artistique. On ne sentait plus chez lui le feu des grandes années, on soupçonnait même une certaine fatigue. Le fondu de sortie a été brusquement interrompu et la contrainte financière semble avoir été bénéfique, enfin plus pour le créateur que pour le praticien zen.
Cohen fut magistral sur scène lors de sa dernière tournée, l’un des plus beaux récitals de chanson qu’il m’ait été donné de chroniquer.
L’inspiration, la finesse et la verdeur sont également au rendez-vous de cet Old Ideas. Sobre et sage, cet album a beau se fonder sur un paquet de «vieilles idées» musicales (blues, country, gospel, folk, traditions juives d’Europe orientale, etc.) et poétiques (les siennes en l’occurrence), notre Leonard n’en réussit pas moins cet amalgame idéal qu’il n’arrivait pas à couler dans Ten New Songs ou Dear Heather.
Liens utiles










unholy_ghost
24 janvier 2012
16h39
Peut-on le dire: le grand chanteur québécois.
alainbrunet
24 janvier 2012
16h40
Montréalais d’abord haha ! Québécois ? Bien sûr: né, élevé et toujours résidant (à temps partiel) du Québec.
unholy_ghost
24 janvier 2012
16h41
Jusqu’à ce que l’île de Montréal dérive dans l’océan, Montréal est toujours au Québec.
alainbrunet
24 janvier 2012
16h43
Les plaques tectoniques sont à l’oeuvre mais ça pourrait être long…
unholy_ghost
24 janvier 2012
16h45
Montréal est un grand désordre universel. Leonard Cohen.
blackened
24 janvier 2012
16h48
Bel album. En plus d’y avoir de bonnes chansons, les arrangements ne sont pas mauvais du tout, cette fois-ci. Sur Dear Heather et surtout sur Ten New Songs, fallait se forcer pour apprécier la voix et la beauté des compositions, parce que ça sonnait cheesy en maudit au niveau de la production.
Bien hâte de mettre la main sur l’album et de voir le monsieur en concert.
norvegequebec
24 janvier 2012
16h54
En effet, ces old ideas sont loin d’être des idées réchauffées. Elles sont les chansons d’un homme qui a vécu sa vie, et qui nous fait la fleur de nous en faire partager la profondeur. Ce sont les mots d’un homme usé et non les radotages d’un chanteur dont tout ce qu’il avait à dire est derrière lui.
Show me the place est magnifique. J’ai aussi pensé à Tom Waits en l’écoutant.
Quand des chansons incitent au recueillement comme celles-là, il est évident que l’inspiration est toujours au rendez-vous.
Les mélodies portent sa voix de manière sublime.
benbonbum
24 janvier 2012
17h15
LEON is still HARD and CO-HEN !!!!The old lion is still hard and going….!
norvegequebec
24 janvier 2012
17h25
J’aime aussi beaucoup l’humour sombre de “Going home “(vous l’avez escamotée celle-là) où il raconte” «I love to speak with Leonard. He’s a sportsman and a shepherd, he’s a lazy bastard living in a suit». Sous des apparences de mélancolie cohenienne, il nous balance «He will speak these words of wisdom/ like a sage, a man of vision/though he knows that he is really nothing/But a brief elaboration of a tune». J’adore ce sens de l’auto-dérision.
atchoum
24 janvier 2012
17h51
Le bonhomme de 77 ans vient de faire la barbe à son jeune Adam dans la fleur de l’âge…. Ça doit faire d’étranges repas de famille, vraiment.
.
Pour ceux que ça intéresse, Michel Garneau a traduit certains poèmes de Cohen. Le bouquin s’appelle Étrange musique étrangère.
aube_radieuse
24 janvier 2012
17h56
Le canadien errant est de retour! On a jasé un peu de Dylan aujourd’hui, est-ce que Cohen vient de faire son “Time Out Of Mind” ?
aube_radieuse
24 janvier 2012
18h07
Hallelujah/Amen.
Aurons-nous droit un jour à des dizaines de reprises sirupeuses de AMEN pour les matantes ??? ;)
effet_placebo
24 janvier 2012
18h08
Mordechai Richler est le plus grand écrivain québécois.
atchoum
24 janvier 2012
18h18
@effet
Tout en étant celui qui a probablement écrit les propos les plus blasphématoires et injurieux à l’étranger sur la culture québécoise. Il a démontré avec beaucoup de régularité son manque de discernement entre racisme et provocation… La seule chose qui me console dans son cas c’est qu’une partie de la communauté juive était aussi incapable de le sentir.
pattesdemouche
24 janvier 2012
18h53
Au lieu de JOHNNY HALLIDAY à Québec, quel bonheur si LEONARD COHEN était l’invité, un Québécois de talent. Mais nous sommes au Québec, on préfère un Français d’assonance anglaise, au talent très ordinaire à un icône du pays.
vigilant
24 janvier 2012
19h04
Heureusement, on peut encore se consoler dans la verdure des Betthoven, Mozart, Vivaldi, Korsakov, Verdi et autres grands disparus qui, eux, connaissaient la musique.
Pierre April
sultitan
24 janvier 2012
20h10
En tout cas sachez qu’il y a juste UNE musique dans ce bas monde: et c’est soit vous LA connaissez ou non. Les artistes que j’aime en musique, c’est juste eux les bons parce qu’eux ils connaissent LA Musique (ou THE Music), et ma décision est universelle et sans appel. Bye.
http://www.youtube.com/watch?v=Anpfs_RMr5Q
LeBureaucrate
24 janvier 2012
20h32
Parfait, voici l’occasion de ploguer la version de The Traitor de Martha Wainwright, tirée film I’m Your Man (2005), chantée alors qu’elle avait besoin d’aller au petit coin. Magnifique.
http://www.youtube.com/watch?v=WMgYxYYqbHc&feature=related
cadbinator
24 janvier 2012
20h32
Cohen, c’est Léo Ferré avec un peu de jovalisme et une voix de basse à faire ronronner les morts…
denis_blouin
24 janvier 2012
20h37
Beethoven…Ferré…!!
http://www.youtube.com/watch?v=XJerl2XEfF0
unholy_ghost
24 janvier 2012
20h55
“Mordecai Richler est le plus grand écrivain québécois.”
Yes, indeed!
unholy_ghost
24 janvier 2012
20h57
Atchoum, Richler a écrit des vacheries sur tout le monde, comme tout bon écrivain doit le faire.
timag
24 janvier 2012
21h54
Disons que Richler est le plus grand écrivain québécois que vous connaissez et lisez serait plus réaliste.
lecteur_curieux
24 janvier 2012
21h55
Évidemment que l’appellation québécois peut s’appliquer à bien des personnes. Toutefois, cette dernière à plusieurs sens, plusieurs définitions. Il y a des questions d’appartenance, d’identité, de territoire, de langue aussi…
La personne pourrait refuser de se décrire comme québécoise mais en l’étant tout autant par ailleurs. Prenez, par exemple, le Parti Égalité dans le passé, c’était lui aussi tout autant un ”parti québécois” que le PQ.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_%C3%89galit%C3%A9
Par contre, il était moins représentatif des Québécois dans leur ensemble. McGill est une université montréalaise, québécoise et canadienne. Fédéralistes, souverainistes, franco, anglos, nouveaux arrivants à partir d’un certain moment à définir, ce sont tous des Québécois et encore ceux qui sont expatriés demeurent aussi des Québécois. Cette identité est variable et peut englober bien des gens.
lecteur_curieux
24 janvier 2012
21h58
”Atchoum, Richler a écrit des vacheries sur tout le monde, comme tout bon écrivain doit le faire.”
Alors, il y a un certain écrivain en France, que vous devriez connaître. Il a même écrit des ”vacheries” sur Gainsbourg ou encore sur les Inrocks.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc-%C3%89douard_Nabe
lecteur_curieux
24 janvier 2012
22h06
Feu, un autre grand Québécois :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Steinberg
Malheureusement, sa succession n’était pas des mieux planifiées.
astyanax
24 janvier 2012
22h29
Richler est peut-être le plus grand romancier québécois, mais pas le plus grand écrivain. Aquin, Miron, Brault et même VLB sont sans doute plus grands que Richler.
lecteur_curieux
24 janvier 2012
22h51
Ah je ne peux pas dire, pour ma part qui est le plus grand, je croyais que parmi eux, on classait, par ailleurs :
Émile Nelligan, Réjean Ducharme ou encore Claude Gauvreau, Jacques Ferron aussi… Mais je dis cela que comme cela… Je n’ai pas assez lu nos auteurs d’ici, même Suzanne Jacob.
lecteur_curieux
24 janvier 2012
22h52
J’ai fait exprès pour nommer d’autres noms. Par esprit, de contradiction et de discussion.
effet_placebo
24 janvier 2012
23h14
”Disons que Richler est le plus grand écrivain québécois que vous connaissez et lisez serait plus réaliste.”
Réaliste? Il me semble que ce que j’ai dit, à défaut d’être vrai (ou faux), est pourtant bien réel.
effet_placebo
24 janvier 2012
23h14
P.S., je m’en calisse c’est qui le plus grand.
stellaire
24 janvier 2012
23h32
Quelle carrière exemplaire! Et quel homme attachant et humble. Il a su bien s’entourer pour cet album et sa voix, même cassé, me donne toujours des frissons.
Que cet artiste immense soit né dans le terreau montréalais me rend toujours très fière. Cohen a toujours l’élégance de parler français dans ses shows devant un public francophone.
Chapeau, Monsieur Cohen! Et continuez à enrichir le patrimoine musical mondial, comme bien l’ont fait.
bt627
25 janvier 2012
00h07
La pochette évoque la fin du film Godfather III. Frissons.
Lehcim54
25 janvier 2012
04h24
noter, le site officiel français :
http://www.leonardcohensite.com/
sultitan
25 janvier 2012
06h03
Peut-être que 2012 sera l’année Cohen. Il le mériterait. D’après les extraits çà semble tremper dans la coolitude (comme si j’en doutais).
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h18
“Aquin, Miron, Brault et même VLB sont sans doute plus grands que Richler.”
Ducharme et Hébert itou au même niveau de grandeur, auxquels il faudrait ajouter Saul Bellow si on prend en compte les ex-pats (il parle de son enfance à Lachine dans son premier roman).
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h19
Le plus grand? On jase, ça ne veut rien dire en soi. Shakespeare le plus grand écrivain anglais? Oui, mais il n’y a pas d’objectivité là-dedans.
effet_placebo
25 janvier 2012
11h27
”Le plus grand? On jase, ça ne veut rien dire en soi.”
De là mon ”j’m'en calisse”. Je m’étonne tout de même que je puisse dire n’importe quoi et que s’en suit une telle discussion. Dans ma tête, c’est aussi absurde que de se demander quelle est la plus grande couleur. Enfin…
Bien hâte d’entendre le vieux Leonard.
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h33
C’est le bleu, sans contredit…
effet_placebo
25 janvier 2012
11h40
Non non non, c’est pas ce que disent les experts.
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h45
On s’en fout des experts!
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h46
Le peuple a parlé…
_boulga
25 janvier 2012
11h47
Fréquence pour fréquence, le rouge c’est les graves et le bleu les aigus. On reconnaît la palette d’un producteur à son usage maîtrisés des rouges bien ocres et bleus soniques qui frisent l’ultraviolet. Les verts et les jaunes midasses, tout le monde est capable de peindre ça soniquement.
En arts visuels j’ai aucune k… d’idée si c’est équivalent. En fait, ça m’intrigue depuis des années. Quelles couleurs sont plus difficiles à rendre?
Je sais qu’en cinéma, le rouge ‘déborde’ et est difficile à maîtriser.
Ça amène la question suivante : comment diable est-ce possible de faire la critique d’un disque en streaming ?! On y entend que les jaunes et les verts. Ça me dépasse et ça me dépassera toujours, même si ça me vaudra d’avoir vexé Alain !
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h50
“Quelles couleurs sont plus difficiles à rendre?”
On va au magasin de peinture et il y a toutes les couleurs, même le neutre (couleur préféré de Barthes, incidemment)… ;-)
alainbrunet
25 janvier 2012
11h51
J’ai l’album, boulga. Je me le suis procuré hier matin. J’avais déjà commencé le travail et… franchement ça n’a pas modifié ma perception. Je vous souhaite une bonne écoute… dans quelques mois.
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h52
C’est plus en photo/ciné que l’analogie joue, il y a des couleurs plus difficiles à avoir suivant les pellicules.
unholy_ghost
25 janvier 2012
11h54
Et au pire, il aurait pris sa Delorean…
unholy_ghost
25 janvier 2012
12h01
À part le fait que Cohen a une voix de fausset, tout est pareil… ;-)
alainbrunet
25 janvier 2012
12h05
Depuis le déclin du vinyle, sa voix est devenue beaucoup plus grave…
unholy_ghost
25 janvier 2012
12h08
Cohen ne pousse plus le contre-ut comme avant, le pauvre, surtout en MP3.
PS: C’est Alain en Delorean…
unholy_ghost
25 janvier 2012
12h18
Je suis d’accord avec Boulga: le streaming c’est pour voir si un album qu’on ne connaît pas tombe dans nos cordes. Pour le reste, il y a Mastercard.
alainbrunet
25 janvier 2012
12h27
Encore là, le streaming ne fera que s’améliorer. La définition actuelle (quelque part entre celle d’un MP3 à 128 kbps et d’un autre à 320) nous donne une information certes partielle mais suffisante pour évaluer grosso modo ce qui se passe. Il va sans dire, éviter radicalement cet outil est impossible dans le boulot que je dois accomplir. Anyway, ceux qui n’y croient pas n’ont qu’à lire les commentaires et critiques d’audiophiles parfaitement équipés. Ça devrait forcément être plus hot n’est-ce pas ?
lecteur_curieux
25 janvier 2012
14h10
Hébert, la cousine de Saint-Denys Garneau ?
lecteur_curieux
25 janvier 2012
14h15
” Dans ma tête, c’est aussi absurde que de se demander quelle est la plus grande couleur. Enfin… ”
Vive l’absurdité alors… Elle se situe sûrement quelque part entre le noir, qui est l’absence de couleur, et le blanc qui est ”constitué par la réunion dans une proportion particulière de toutes les longueurs d’ondes du visible ”.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Noir_et_blanc
Et Vive Leonard Cohen et sa verdeur puisque tel est le présent sujet !
lecteur_curieux
25 janvier 2012
14h17
Le plus grand ? C’est une chose… Au moins six pieds on espère ? Et le plus beau alors ?
effet_placebo
25 janvier 2012
14h52
Le plus beau était Denis Vanier.
unholy_ghost
25 janvier 2012
15h06
Non, le plus beau c’est Michel Louvain (qui a sûrement écrit son autobiographie).
hardy_canyon
25 janvier 2012
15h21
« Le plus beau était Denis Vanier. »
J’aime énormément Leonard, je l’ai vu sur scène, j’ai lu The Spice-Box of Earth et Beautiful Losers et d’autres trucs, j’ai écouté son stock à satiété, mais les mots de Denis Vanier fessent plus fort (quant à moi, rien qu’à moi, bien sûr).
Son « Alléluia » à lui, c’est ça :
« Maintenant que la cérémonie est bénie
trempe une croix dans ce qui me reste de sperme.
Maintenant que je n’y suis plus
je laisse tout au silence,
mouillé au goupillon pollué. »
(dans « Porter plainte au criminel »)
lecteur_curieux
25 janvier 2012
15h22
@ghost
Non Louvain, c’est le plus gentil dans un sens.
http://www.ledevoir.com/culture/musique/316534/disques-louvain-latin-strict-tempo
”du gentilhomme des gentilshommes de la chanson populaire de chez nous ”
Bon mais plusieurs femmes que j’ai connues le trouvent effectivement très beau. Notamment, après l’avoir rencontré en personne. Et une femme relative jeune, en plus.
lecteur_curieux
25 janvier 2012
15h24
Et on pourrait continuer longtemps… Le plus fou ? Le plus rebel ? Le plus sage ?
On y reviendra. Pour Leonard Cohen, c’est pas un des plus élégants ?
lecteur_curieux
25 janvier 2012
15h25
Chez les auteurs-compositeurs-interprètes. Un auteur de chansons est-il lui aussi, un écrivain à quelque part ? Du moins, pour les plus doués ?
tracteur
25 janvier 2012
16h09
Il mériterait un hommage à l´ADISQ
unholy_ghost
25 janvier 2012
16h48
“Le plus fou ? Le plus rebelle ? Le plus sage ?”
A) Leonard Cohen; B) Leonard Cohen; c) Leonard Cohen.
atchoum
25 janvier 2012
18h47
@Ghost
Je vous trouve bien indulgent au sujet de Richler….
sultitan
25 janvier 2012
19h06
@Boulga
En peinture, il y a des pigments naturels plus difficiles à obtenir
que d’autres, comme le bleu et le pourpre.
Depuis, on a remplacé çà par des pigments synthétiques.
Cela a offert plus de variété, mais la qualité n’est pas
toujours la même. Il est facile pour un peintre aujourd’hui
de trouver la couleur voulue (en fait, difficile, car le choix
est vaste), mais il y a tellement de fixant et autres produits
dans les produits contemporains que la couleur ne demeure
pas fidèle avec le temps (quand elle ne craque pas: demander
à des restaurateurs le mal qu’ils ont avec des peintres modernes
qui ont utilisés de la mauvaise peinture).
Il y a des “effets” aussi en peinture. Ce n’est pas juste
une question de couleur. Il y a des recettes pour donner
différents effets. Certains types de peinture et produits
seront recherchés pour différents effets (par example
une peinture diluante).
Finalement, l’oeil humain perçoit au départ
certaines couleurs plus difficilement que d’autres.
Je crois qu’il faut faire attention par contre en esthétique
de donner plus de valeur à la rareté. Par example “ah le
pourpre c’est une couleur royale”. C’est une fausse valeur,
à moins qu’une oeuvre utilise çà de manière à appuyer
une proposition. Une fois que tu as les pigments dans
les mains, il n’y a pas de couleurs plus difficile à atteindre
(les pigments naturels sont limités mais se mélangent),
mais certains “effets” exigent des traitements plus complexes
du matériel.
Qui ici connait l’excellent album Ultramarine d’A Primary Industry?
http://en.wikipedia.org/wiki/Ultramarine
sultitan
25 janvier 2012
19h15
Par contre c’est vrai qu’en art les couleurs ont des significations. Cela varie selon les cultures. Aujourd’hui c’est un cafouilli car les artistes attribuent parfois des symboliques personelles à des couleurs. Çà devient un véritable glossolalia du langage visuel.
sultitan
25 janvier 2012
19h20
Le rouge utilisé dans le logo de La Presse et sur les bannières du site a surement une signification culturelle, par exemple.
sultitan
25 janvier 2012
19h32
Je connaissais un peintre qui fabriquait sa peinture lui-même car selon lui, toute peinture en vente aujourd’hui est de la m…. Son style abstrait pouvait sembler “déjà vu” par l’”élite” artistique (je tousse, parce que l’”élite” en art visuel à Montrèal est dépourvu de, euh…coolitude?), alors il n’a pas percé (il est malheureusement aujourd’hui décédé). Mais on s’en reparlera dans 100 ans, car ses toiles seront probablement aussi belles que le jour où elles ont éré crées. J’espère que son galeriste ou les gens autour de lui vont conserver çà.
sultitan
25 janvier 2012
19h39
@tracteur
Je n’ai jamais entendu parler de Cohen à l’ADISQ. Faut dire que je ne suis pas fin connaisseur de l”historique de ce gala. Mais, si le gala l’a ignoré, pourquoi Cohen serait intéressé à aller là? Je pense qu’il mérite plutôt un hommage Grammy. Il en a pas déjà eu un? Me semble il a reçu un hommage à un certain gala il y a quelques années.
sultitan
25 janvier 2012
19h42
Si j’étais Cohen je préfèrerais me retrouver dans les top 10 musique de fin 2012 que de recevoir un hommage-carrière.
alainbrunet
25 janvier 2012
20h01
Effectivement. Et il risque fort de se retrouver dans les top 10 de cette année.
hardy_canyon
26 janvier 2012
14h47
Des citations de Leonard dans « Félix Leclerc – Le roi heureux » de Jacques Bertin (Montréal, Boréal, 1988, p. 293 à 295) :
« Moi je n’ai pas peur de l’affirmation de la majorité québécoise. J’ai même écrit un livre, Beautiful Losers, en 1964, dont le protagoniste est un séparatiste. »
« Bien sûr, je souhaite que les francophones gardent leur culture! Je trouve simplement qu’il y a peut-être des choses plus importantes que de transmettre à ses enfants l’art d’être québécois ou d’être juif… »
« J’aime bien Lévesque, son style direct, sa façon de dire ce qu’il pense. Il a nettoyé la maison. Son gouvernement a été le premier gouvernement honnête du Québec. »
« J’ai vu Félix Leclerc à quatorze ans, dans une église à l’ouest de Montréal. Il y avait peu de choses dans ce temps-là. Je m’intéressais à tout ce qui était “folk”. Il était célèbre, c’était vers 1950. »
« Félix Leclerc, c’est le premier spectacle que j’ai vu de ma vie… »
unholy_ghost
26 janvier 2012
16h13
Hardy, j’en ai déjà parlé dans une conversation ici sur Leclerc. Je me souviens d’avoir lu une entrevue sur le Web où Cohen se disait indépendantiste, je ne l’ai pas revue depuis (on me dira après que les sites Web ne disparaissent pas).
unholy_ghost
26 janvier 2012
16h20
Ah, j’ai retrouvé la discussion de l’influence de Leclerc sur Brassens, Gainsbourg et Cohen:
http://blogues.cyberpresse.ca/brunet/2011/03/02/20-ans-plus-tard-que-reste-t-il-de-gainsbourg/