Failer fut lancé en 2003. Back To Me en 2005. Asking for Flowers en 2008. Voyageur en 2012. Kathleen Edwards s’est déjà taillé une excellente réputation auprès des férus de folk country rock, psych folk et autres variantes indies où le texte bien écrit, la voix bien vibrante et les guitares bien grattées font bon ménage avec une certaine créativité dans la réalisation. Pas n’importe laquelle pour son dernier album: Justin Vernon a fait le travail pour sa bien-aimée. Vous avez bien lu, Bon Iver a réalisé Voyageur dans son nouveau studio du Wisconsin.
Originaire d’Ottawa, Kathleen Edwards est fille de diplomate. Forcément, elle a vécu à l’étranger, ses horizons eurent tôt fait d’être élargis. Plutôt que faire de grandes études, elle entreprit de faire de grandes chansons, trajectoire relativement similaire à la Suissesse Sophie Hunger – qui a aussi un papa diplomate et qui fait de bonnes chansons folk rock.
Douée pour le songwriting, Kathleen Edwards a évolué dans le circuit folk-rock de l’Amérique. Elle eut notamment pour proche collaborateur le musicien canadien Colin Cripps qui fut aussi son mari – jusqu’en 2011, année de changement majeur semble-t-il !
Pour aimer vraiment ce que nous offre Kathleen Edwards, il faut bien comprendre la langue anglaise, à défaut de quoi ce folk rock ressemble à tant d’autres. Cette diffraction de l’intimité qu’explore la parolière s’inscrit dans cette esthétique chansonnière nord-américaine: les joyaux poétiques scintillent dans l’apparente simplicité. The hottest days in the summer / Brought us here together you know it’s true…
Voix cousine de Suzanne Vega, un soupçon de Lucinda Willams, une larme de Neko Case, une goutte de Stacey Earle… Le folk de haute tenue repose sur la plume et la voix, à défaut de quoi il se perd dans les mêmes accords et les mélodies avoisinantes. Cela étant dit, j’aurais aimé un influx plus considérable de la part de Justin Vernon. Ce dernier a choisi de respecter le son antérieur de Kathleen Edwards en y suggérant de petits aménagements, sauf exceptions - Change the Sheets et Empty Threat.
Hâte de voir ce qu’il en retourne sur scène, précisément ce mardi au Cabaret du Mile-End.
Les shows de la mi-temps au Super Bowl se résument souvent par une pétarade-parade son et lumière, dont l’objet est d’alléger la tension du match. Alléger, aurez-vous déduit, est un euphémisme dans le cas qui nous occupe.
Plus souvent qu’autrement, le choix du plus grand commun dénominateur s’avère platement vintage, animé par des artistes reconnus depuis des lustres et dont la saveur essentielle est celle de la réminiscence.
Ç’aurait pu être aussi le cas de Madonna, 53 ans, sélectionnée pour le Super Bowl XLVI. Bien sûr, l’objet de sa mission n’était pas de nous gaver de substance mais plutôt de présenter au grand public un spectacle multi-générational de bon goût et de bonne qualité.
D’abord, il y avait lieu d’apprécier le débarquement colossal de l’impératrice. Et ce, dans un environnement scénique évoquant l’Antiquité, non sans rappeler Astérix et Cléopâtre ! Oui oui, une majorité de spectacteurs américains ont plutôt pensé à Ben-Hur ou Spartacus… Voilà néanmoins une accroche de choix pour faire surfer le stade sur Vogue.
La façade d’un immense ghetto blaster, Music devient alors le plancher de danse. Madonna est entourée de de b-boys sans compter un danseur acrobate auquel se joint le tandem LMFAO (Laughing My Fucking Ass Off), constitué de Red Foo et Sky Blu, respectivement fils et petit-fils de Berry Gordy (fondateur de Motown). Rien de sorcier, on en convient, mais d’un goût plus qu’acceptable.
Pour Give Me All Your Luvin, un chanson somme tout assez ordinaire, Madonna et ses associés ont préconisé une chorégraphie de majorettes impériales (raccord avec le concept Cléo…) auxquelles se sont joint Nicki Minaj et M.I.A., le tout coiffé par une cohorte de tambourineurs en costumes de fanfare. Tout à fait approprié dans le contexte.
On aura su plus tard, que le doigt d’honneur brandi par M.I.A. (au terme de l’exécution de son rap en direct) en aurait indisposé plus d’un, à tel point que la NFL a déjà présenté ses excuses pour cette scène qu’elle juge disgracieuse - lire la dépêche de Rolling Stone. « Finger malfunction » , pour reprendre l’ironie de plusieurs sur la Toile, non sans rappeler le «wardrobe malfunction» de Janet Jackson en 2004 ? Il s’en faut bien peu chez les voisins pour activer le baromètre de l’indignation…
Pour boucler la boucle, la fanfare footballesque fait place à une chorale gospel, le chanteur Cee Lo Green vient apporter du volume à la soliste pour la finale Like A Prayer.. La foule se transforme alors en constellation ceinturant les chanteurs… Madonna culmine sur la scène centrale avant de disparaître dans une puissante bouffée de fumée.
Les chorégraphies ont été intéressantes quoique moins exigeantes pour Madonna-Cléo en talons aiguilles… et moins athlétique force était de constater. L’esthétique du Cirque du Soleil y fut peu perceptible sauf peut-être pour la participation du danseur funambule. Quant au rôle de Moment Factory, boîte montréalaise spécialisée dans les événements multimédia, il a été particulièrement remarquable dans la création des environnements virtuels complémentaires aux décors physiques. Environnements virtuels de plus en plus importants, il va sans dire.
La mise en scène (Jamie King) et la scénographie nous ont donné droit à un divertissement très classe. Madonna est encore bien en vie, elle ne s’entoure pas de créateurs nostalgiques, ternis par des idées surannées. D’accord, MIA n’est pas la visionnaire qu’elle fut il y a quelques années, Nicki Minaj est une artiste pop, idem pour Cee Lo Green ou LMFAO. Dans un spectacle aussi grand public, tout ce monde perd (forcément) de son mordant en contribuant à rajeunir la facture de Louise Marie Ciccone. Aurez-vous déduit que cette dernière sort gagnante de cet échange inter-générationnel.
Well, bon spectacle. Supérieur à plusieurs présentés dans ce cadre. Oui oui, Elton John pourra bien soulever le lip-synch assez évident de cette performance (en fait, la voix réellement en direct semblait renforcée par des préenregistrements) mais… comment pourrait-il en être autrement dans un numéro chrorégraphié de cette taille ? Faut-il vraiment s’en formaliser ? Haussement d’épaules de mon côté quoique… m’est d’avis que les praticiens devraient assumer publiquement.
Assistée ce soir du Cirque du Soleil et de Moment Factory, entreprise montréalaise spécialisée dans le Multi Média, Madonna assure la mi-temps du Super Bowl pour en mettre plein la vue aux centaines de millions de spectateurs qui regarderont le match, soit le 46e de son histoire.
Avant de nous prononcer sur le spectacle de la mi-temps, voyons voir ce qui s’est produit depuis 1967.
Au cours des premières années du Super Bowl, la tradition des fanfares prévalait comme elle prévaut d’ailleurs aujourd’hui dans le football universitaire américain.
En 1967, 1968, 1969, 1971 et 1974, les fanfares University of Arizona, Grambling State University , Florida A&M, Southeast Missouri State, University of Houston se sont partagé la tâche de présenter les spectacle de la mi-temps.
Les fans finis de football savent que ce match de 1969 est l’une des grandes surprises du Super Bowl: les Jets de New York l’avaient emporté sur les Colts de Baltimore par la marque de 16-7.
Au tournant des années 70, l’idée de présenter des thématiques plus proches du showbiz s’est progressivement imposée:
* Mardi Gras en 1970.
* Hommage à Louis Armstrong avec notamment Ella Fitzgerald en 1972.
* Le grand orchestre de Woody Herman et Andy Williams en 1973.
* Hommage à Duke Ellington sous la direction de Mercer Ellington en 1975.
* Spectacle consacré au bicentenaire des États-Unis en 1976.
* It’s A Small World, célébration du cosmopolitisme américain et des cultures du monde en 1977.
* From Paris To America en 1978.
* Hommage à la culture antillaise en 1979.
* Salut à l’ère des big bands en 1980.
* Re-Mardi Gras en 1981.
* Les années 60 de l’étiquette Motown en 1982.
* Centenaire d’Hollywood en 1987.
* Le twist de Chubby Checker en 1988.
* Indiana Jones and the Temple of Forbidden Eye en 1995.
Et ainsi de suite…
Au fil du temps, la professionnalisation de l’événement-spectacle a impliqué moult producteurs et entreprises spécialisées dans l’organisation de grands événements. Up With People, organisme américain consacré à l’éducation des jeunes dans plusieurs pays du monde, a présenté trois fois des spectacles de mi-temps au Super Bowl, soit en 1976, 1982, 1986. Le clip ci-dessus est celui de 1976, les Steelers de Pittsburgh avaient vaincu les Cowboys de Dallas 21-17.
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En 2000, les Rams de Saint-Louis avaient vaincu les Titans du Tennessee par la marque de 23-16. Disney avait produit le concept Tapestry of Nations, mettant en vedette Phil Collins, Christina Aguilera, Enrique Iglesias, Toni Braxton, orchestre de cordes et choeur à l’appui. Allo la tapisserie… Disney a d’ailleurs produit cinq spectacles de mi-temps au Super Bowl.
Jim Skinner, Bob Jani, Clear Channel, Dan Wilowski, la US Air Force, Select, Timberline, Radio City Music Hall, MTV, Don Misher, White Cherry Entertainment et Ricky Kirshner sont parmi les principaux producteurs de ces spectacles de plus en plus ambitieux.
En 1993, feu Michael Jackson était le roi de la pop et les Cowboys de Dallas rois de la NFL. Ils avaient planté les Bills de Buffalo par la marque de 52-17. Onze ans plus tard, soeurette Janet faisait scandale aux côtés de Justin Timberlake. Au terme de la dernière chorégraphie au programme, soit la chanson Rock Your Body, Justin avait arraché un morceau de de vêtement à Janet, dévoilant un sein dont le mamelon était recouvert d’un astre stylisé.
À la suite de plaintes nombreuses (et tout autant puritaines), le tout alimenté par un battage médiatique dont seuls les Amerloques ont le secret, une amende de 550 000 $ fut attribuée au réseau NBC par la Federal Communication Commission. Le producteur MTV fut banni par la NFL. Cette décision de la FCC, faut-il également le rappeler, fut reconsidérée par la suite avec l’autorisation de la Cour Suprême des États-Unis.
Toujours est-il qu’en 2004, les Patriots l’avaient emporté 32-29 contre les Panthers de la Caroline.
Au cours des deux dernières décennies, les thèmes ont fait place (sauf exceptions) aux superstar: New Kids On The Block en 1991, Gloria Estefan en 1992, Michael Jackson en 1993, stars de la country (Clint Black, Tanya Tucker, Travis Tritt, The Judds) en 1994, Diana Ross en 1996, ZZ Top et les Blues Brothers en 1997, U2 en 2002 (en hommage aux victimes du 11 septembre), Shania Twain, Sting et No Doubt en 2003, Janet Jackson en 2004, Paul McCartney en 2005, les Rolling Stones en 2006, Prince en 2007, Tom Petty & the Heartbreakers en 2008, Bruce Springsteen en 2009, The Who en 2010, Black Eyed Peas l’an dernier.
En 2011, d’ailleurs, on avait remarqué l’usage de projections dernier cri sur les corps en mouvement (technologie de mapping)… qui risquent ce soir d’être développées davantage par la firme Moment Factory de concert avec le Cirque du Soleil. Entre les branches, on m’a dit que la Madone dirigeait le tout d’une main de fer. Le dos de la main morte, très peu pour elle…
L’an dernier, les Packers renouaient avec les grands honneurs en battant les Steelers de Pittsburgh, en les battant par la marque de 31-25.
Qu’en sera-t-il ce soir ?
En tant que spectateur assidu de la NFL, j’y vais humblement pour les Giants par 10 points. Je sais, je sais… tout le monde y va par 3 points pour l’une ou l’autre des équipes finalistes. Mais… Eli Manning à son meilleur, trois receveurs de passes en santé (Cruz, Nicks, Manningham), une défensive légèrement supérieure à celle des Patriots (bravo à l’ailier défensif Jason Pierre-Paul, d’origine haïtienne) et un excellent coach (Tom Coughlin) devraient avoir raison de la dynastie de Nouvelle-Angleterre et remporter le 4e Super Bowl de l’histoire des Giants.
Tom Brady a beau être un très grand quart de notre époque, mais ses receveurs ne sont pas au sommet – l’ailier Rob Gronkowski, qui aurait pu faire la différence, est affligé par une blessure qui devrait amoindrir sa performance (à moins qu’on ait bluffé un tantinet). Oui oui, je sais aussi que Bill Belichick est un coach de génie… Or, ce génie devra vraiment être à l’oeuvre ce soir afin de ramener le trophée Vince Lombardi à la maison pour une quatrième fois. Très possible, remarquez…
Plus tard ce soir (peut-être demain matin…tout dépendant de mon party du Super Bowl), on discute de la mi-temps de Madonna.