Deux journalistes sont morts en Syrie. La reporter de guerre Marie Colvin, du Sunday Times of London, et le jeune photographe français Rémi Ochlik (il n’avait pas 30 ans). Deux ou trois autres journalistes auraient été blessés (les nouvelles évoluent d’heure en heure).
Hier, le Comité pour la protection des journalistes publiait le bilan des morts pour 2011: 46 vaillants reporters décédés en fonction (on en compte 6 pour 2012 et nous ne sommes qu’en février). Ils étaient allés sur le terrain pour rapporter la nouvelle au reste du monde, ils ont payé de leur vie.
Marie Colvin et Rémi Ochlik sont morts le jour même où on soulignait la disparition d’un autre reporter de guerre, Anthony Shadid, du New York Times.
Mme Colvin avait accordé une entrevue au journaliste Anderson Cooper pas plus tard qu’hier (mardi), soit quelques heures avant de mourir. On peut visionner l’entrevue ici.
En 2010, lors d’une cérémonie commémorative pour des journalistes disparus, Marie Colvin avait déclaré: «Nous devons toujours nous demander si l’histoire à raconter vaut le risque encouru.»
Ce qui se passe actuellement en Syrie est une histoire on ne peut plus importante et les horreurs qui s’y déroulent doivent être rapportées afin de sensibiliser l’opinion publique. Mais il ne faut jamais oublier le prix à payer pour aller sur le terrain à la recherche d’information. Non seulement les journalistes risquent leur vie mais ils reviennent rarement intacts de ces reportages hyper-dangereux. Stress post-traumatique, cauchemars, blessures physiques, dépression, etc. Les séquelles sont nombreuses.
Les risques ne doivent jamais être pris à la légère.
* Pour lire le dernier reportage de Marie Colvin (ici).









