Nathalie Collard

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    Nathalie Collard explore le monde des médias dans les pages de La Presse, sur son blogue et sur twitter.
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    Mercredi 7 avril 2010 | Mise en ligne à 13h44 | Commenter Commentaires (27)

    Lise Bissonnette et les gazouillis

    Nathalie Collard

    Ce ne sera sans doute pas une surprise pour personne dans le milieu journalistique, l’ex-directrice du Devoir trouve que Twitter et Facebook sont une perte de temps pour les journalistes, en particulier dans le domaine politique.

    Lise Bissonnette a tenu ces propos hier, dans le cadre de la Huitième journée du livre politique. Le journaliste Antoine Robitaille rapporte ses propos ici.

    Un extrait:

    “Les reporters se dispersent «sur de multiples plateformes»: participation à des émissions de radio et de télé, ou alors entretien d’une «page Facebook», d’une «ligne Twitter», quand ils ne rédigent pas des blogues! Elle doute que cette «frénésie d’hyperactivité Web» contribue à faire progresser le journalisme politique.”

    L’utilisation des médias sociaux comme outils de travail est sujet de débats dans la plupart des salles de rédaction. En septembre dernier, le Washington Post a émis des lignes directrices après qu’un de ses journalistes ait donné son opinion sur Twitter.

    Facebook et Twitter sont-ils des outils d’auto-promotion (les journalistes s’adressent à leurs lecteurs et mettent leurs écrits en ligne), de communication (une façon plus directe d’échanger avec les lecteurs) ou de travail (on échange des liens, des articles de journaux sur des sujets donnés, des ressources)? Y a-t-il un danger que les journalistes dérapent, que leurs écrits dépassent leur pensée, que leur objectivité soit remise en question? Voilà des questions essentielles à se poser, davantage que de se demander si c’est une perte de temps.


    • Je crois que Mme Bissonnette exprimait ce que votre collègue Nelson Dumais a si bien expliqué ici: http://blogues.cyberpresse.ca/technaute/dumais/2010/03/12/1007745/

      À mon avis, Mme Bissonnette tentait d’exprimer davantage une crainte «d’éparpillement» qu’une simple perte de temps inutile et stérile. On s’entend pour affirmer que les médias sociaux prennent du temps à tous ceux qui les utilisent couramment et que parfois, nous manquons de temps pour accomplir les autres tâches de la journée.

      Je ne dirais pas que c’est une perte de temps, tout le temps, mais parfois oui. Je suis d’avis que «sites de placotages» est une définition qui va à merveille à Facebook et Twitter. Le ratio bruit vs signal me semble de plus en plus grand malheureusement.

    • Ce qu’il faudrait, c’est un outil de rédaction de texte qui permette de sélectionner certains éléments d’un texte de journaliste pour transmission par twitter, publication sur blogue, article destiné au journal imprimé, etc. En gros, la récupération ciblée et sélective du contenu d’UN SEUL méta-article (article au “format” généraliste), d’où l’on pourrait tirer de multiples formats et déclinaisons.

    • À mon humble avis, Twitter est un formidable outil de communication, de diffusion ou de recherche d’information. Ceux qui blâment la “technologie”, comme Twitter par exemple, parce quelques-uns n’ont pas compris son utilité et qu’ils nous assomment à coup de tranches de vie, et bien ceux-là, sont dans l’erreur.

    • C’est une perte de temps incommensurable pour les journalistes qui se dissipent en de multiples médiums. Le danger est réel que les rapporteurs de la nouvelle se laissent obnubilés par leur soudaine popularité virtuelle et sombrent dans le sensassionalisme et l’égo trip.
      De plus il est fort risqué de voir ces mêmes journalistes travailler en “free-lance” au détriment des organes de presse. En effet qu’est-ce qui empêche un journaliste d’être payé par son journal et de publier ses nouvelles sur les médias sociaux.

    • Bien sûr vous n’avez pas d’apriori sur Lise Bissonnette et ses orientations politiques… bien sûr que non!

      JPLegault

    • Je suis bien d’accord avec Mme Bissonnette, la surutilisation des média sociaux par les journalistes “sérieux” n’est qu’une excuse pour faire/dire n’importe quoi.

    • Madeleine de Verchères ne sait pas de quoi elle parle. Revenir à la belle époque de Bourassa.? Non, merci! Fais ce que veux! Tout le reste est secondaire, y compris les opinions de Mme Bissonnette sur i-pad.

    • Elle a raison sur le fond, madame Bissonnette. C’est de la dispersion des énergies. Et plus on se disperse moins il y a de profondeur. C’est presqu’une vérité de La Palice.

    • Se demander si les journalistes doivent utiliser des blogs, facebook, Twitter ou autres, c’est comme se demander si les journalistes peuvent utiliser le téléphone, un télécopieur ou un appareil photo. Ce sont simplement des moyens de communication, des outils.

      On fait ce qu’on veut avec ces outils. On peut pratiquer son métier. On peut aussi faire des conneries. Mais qu’on s’en serve bien ou mal, ce n’est en aucun cas la responsabilité de l’outil.

      Les recommandations du Washington Post (et d’autres) se résument à “Souvenez-vous que vous êtes journaliste; faites du bon journalisme”. On est d’accord. :-)

    • TWITTER, je dis: surprenant…

      http://ysengrimus.wordpress.com/2009/06/01/twitter-represente-t-il-la-mise-en-place-tranquille-du-totalitarisme-volontaire/

      TWITTER, je dis: prudence.
      Paul Laurendeau

    • Le jour où Foglia va passer son temps sur Twitter et tutti quanti, il ne nous restera plus qu’à le ramasser en pièces détachées. Sa force s’exprime en un seul endroit, sa chronique.

    • “Bien sûr vous n’avez pas d’apriori sur Lise Bissonnette et ses orientations politiques… bien sûr que non!” jpl2008

      ===

      Qu’est-ce que les “orientations” politiques de Mme Bissonnette ont à voir avec ce qu’elle dit sur les médias sociaux ?

      Jean Émard

    • Quand j’ai lu cela ce matin, je me suis dit qu’elle avait parfaitememnt raison. Il y a un vieil aphorisme qui est né avec les débuts de l’informatique et qui disait: «Data is not information». Autrement dit, une abondance de données n’est pas de l’information si on ne peut l’assimiler, la comprendre, la traiter et la rendre de manière intelligible.

      Qu’est-ce que c’est que cette manie de vouloir être partout et un petit peu à la fois? Vrai que pour le journaliste qui mange à tous les rateliers, c’est probablement un beau moyen de s’assurer un présent agréable et une retraite confortable tout en ayant l’air d’être un plébéien ordinaire. Mais ça n’abuse personne qui est le moindrement au courant de la mécanique du système.

      FaceBook, Twitter et autres machins, je ne fréquente pas. Déjà que j’ai de la misère avec les blogues et leur imprécateurs pléthoriques qui y sévissent confortablement cachés derrière leurs pseudos rigolos ou ridicules, il ne manquerait plus que ça pour me mettre définitivement de mauvaise humeur.

    • Nommez moi UNE réalisation importante des médias sociaux ?

      C’est de la purée pseudo-journalistique. Le fast-food de l’information.

      Jean Émard

    • Madame Bissonnette pose les bonnes questions, mais il est évident que les journalistes voudraient que le débat se limite au comment, non à la pertinence. Je vous soumets la citation suivante:
      “L’effet le plus problématique d’Internet pour les intellectuels publics ne vient pas de ce que tout un chacun peut créer un blog et s’autoproclamer intellectuel ; il y a toujours eu des Cafés du commerce. Internet ne fait qu’élargir leur rayon d’action. L’autorité des intellectuels est minée bien plus fondamentalement par la confusion croissante des sphères professionnelle et amateur sur la Toile. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les sites web des journaux et les portails d’information sollicitent en permanence les internautes :”Participez ! Donnez votre avis ! Devenez critique !” Que je sache, une boulangerie ou une compagnie d’aviation ne disent pas à leur clients ou à leurs passagers :” Participez ! Faites vous-même votre pain ! Prenez donc un peu les manettes !”
      Théa Dorn (Allemagne)

    • Bonjour,
      Je suis d’accord avec Mme Bissonnette en ce qui a trait aux blogues, surtout ceux tenus par des éditorialistes. Lorsque je lis des textes comme celui que vous avez écrit sur Tiger Woods ou celui de Mario Roy en “revanche” de Xavier Dolan, je trouve que ce mélange des genres mine votre crédibilité.
      Peut-on, par la suite, prendre au sérieux une analyse politique ou économique?
      Peut-être que oui pour certains mais certainement non pour d’autres.
      À mon avis , la prudence est de mise.

    • Twitter n’en a sans doute plus pour très longtemps. Il ne permet guère plus que des bouffées subjectives d’opinions condensées, par essence incompatibles avec le journalisme.

      Idem pour les politiciens. Leurs réactions à chaud sur tout et rien risquent tôt ou tard de les mettre en porte-à-faux par rapport aux positions entérinées par les instances de leurs partis.

      Au final, c’est du grand n’importe quoi et ça fonce vers un méchant mur. À trop vouloir réduire la commmunication à un grognement de 14 ou 140 caractères, on étouffe le débat.

    • Même avant Facebook, Twitter ou même le web, il était dur de croire en l’objectivité des journalistes individuellement ou de l’objectivité de votre association professionnelle dans plein de dossiers.

      Désolé, je n’y crois pas, je n’y crois plus. Le métier de journaliste n’est malheureusement pas sacro-saint et je vois souvent les journalistes, surtout maintenant, être juge, juré, policier et même avocats! Ils sont capable de faire tourner des opinions publiques avec une tournure de mots dans une manchette… pffft objectifs ?

      Il y a danger de s’exposer plus à une faute ouverte en utilisant les médias sociaux, mais ils sont inévitables dans ce monde. Et ce même si mme Bissonnette voudrait revenir au bon vieux papier.

    • La “frénésie” pour les outils que sont les médias sociaux doit être étudiée avec prudence, et non nécessairement méfiance. Comme je l’écrivais dans mon blog à propos des enquêtes contre le “cyberflânage” par les autorités municipales de la ville de Québec, arrêtons d’avoir peur du grand méchant Web (http://christianamauger.wordpress.com/2010/04/04/internet-au-travail-arretons-davoir-peur-du-grand-mechant-web/).

    • Je suis d’accord avec Madame Bissonnette. Ce que nous attendons des médias, surtout quand nous en payons l’abonnement ;-) , c’est de l’information fouillée et analysée, i.e. mise en relation avec d’autres infos pertinentes. Les déclarations du jour de Jean Charest ou Stephen Harper, ok, nous comprenons que c’est incontournable, mais nous préférons quand on nous présente ce qu’elles cachent ou ne disent pas, ou pourquoi elles sont faites aujourd’hui plutôt qu’hier, et qu’est-ce que leurs faiseurs d’images tentent de nous passer comme sapin à travers elles. Et pour nous offrir tout ça, nous comprenons que les journalistes, de moins en moins nombreux dans les salles de rédaction, ont besoin de temps. Le temps qu’ils passent à twitter et à «socialiser» est donc du temps gaspillé parce qu’ils ne le passent pas à fouiller l’information, à la décortiquer et à nous aider à en comprendre le sens et les finalités.

    • Le message de Lise Bissonnette s’adresse surtout aux journalistes et par les temps qui courent, ces derniers sont devenus tellement “politique correct” que Twitter et Facebook, les blogues, qu’à un moment donné, tout devient drable, la vie devient drable. Je regarde juste les blogues sur cyberpresse et je ressens l’écoeurement de certains journalistes, désoeuvrés, vidés. Aie, garder le même blogue dans le ciment pendant 3 jours, sans même publier ton texte, c’est quoi l’idée? Avez-vous des boss, ou une nétiquette, à qui appartient votre journal? À part de ceux et celles qui sont en pleine dépression. Finalement, elle a raison Lise Bissonnette, les journalistes ne font plus grand chose en profondeur sur le web. J’achète encore le papier. Bravo Nathalie Collard, vous avez encore le feu sacré et ça paraît. Ne côtoyez pas trop vos collègues si vous voulez garder votre piquant journalistique. J’ai même pas parlé de la censure des blogueurs.

    • Perte de temps ? Trop souvent !
      Plus grave encore : l’insignifiance des propos, fort caractéristique du vide (ou, à tout le moins, de l’anémie) de la pensée de notre époque.
      Péguy disait que Homère étaoi “plus nouveau que le journal du matin”.
      Que dirait-il de Twitter et de Facebook (intéressants comme concepts : comment ses usagers peuvent-ils être aussi “primitifs” quand vient le moment de s’en servir ? C’est plutôt là-dessus que je m’interroge…)

    • Tout à fait d’accord avec madame Bissonnette. Trop de blogs et abus de commentaires de lecteurs. Aucun intérêt à chercher TOUTES les versions de l’opinion d’un journaliste qui a déjà une tribune officielle dans le quotidien . Quant aux “gazouillis” des lecteurs ,il y a souvent des excès et des messages complètement illisibles. Un tri raisonnable devrait être fait avant publication. Àmon avis ces commentaires semblent rarement “modérés”.

    • Votre article était correct jusqu’à ce que vous fassiez mention de “”" l’objectivité journalistique “”". Voir que ce concept existe. L’avantage avec Facebook et Twitter, c’est qu’on connaît davantage le fond du journaliste, ses opinions, ses courants de pensée, bref, on est à mieux à discerner sa subjectivité.

      Quant à Mme Bissonnette, elle fait partie de cette génération qui ne prend rien à Internet.

    • les journalistes et les grands médias ne comprennent tellement pas l’opportunité que représente les médias sociaux.

      Les grands studios de cinéma et télévision ont l’œil sur les médias sociaux
      http://www.tvqc.com/2009/10/les-grands-studios-de-cinema-et-televisions-ont-loeil-sur-les-medias-sociaux/

    • Je ne peux m’empêcher de sourire quand je vois des sorties comme celle de Mme. Bissonnette et de Mme Petrowski…

      Je ne peux m’empêcher d’y voir une grande peur du changement. Un grand cri du coeur contre de ce qu’elles ne comprennent ou ne maîtrisent pas.

      Je suis sûr que ces mêmes cris ont été entendu lorsque les premiers journalistes ont passé à la télé pour y faire des reportages.

      Tout comme les photographes “old school” ont conspués ceux qui faisaient du numériques lorsque la technologie fut inventée, tout comme les peintres ont conspués les photographes au début du siècle…

      Je trouve ça triste, en un sens. Ce que font ces journalistes, pilier dans leur domaine, n’est rien de moins que de crier haut et fort que leur date d’expiration est au tournant du coin.

      @patricklemay

    • Intégrité et objectivité, c’est ce que recherche le lecteur en 2010. Malheureusement, certains journalistes n’ont pas encore compris que sa nouvelle ou sa prise de position sera analysée par
      différents moyens comme Facebook, Twitter ou autres. Cette nouvelle forme d’informations est
      là pour rester, car elle implique les citoyens de la planète entière. Avec la manifestation d’hier à Québec, 14,000 personnes sur Facebook se disait en accord avec le projet, des gens de tous les
      coins du Québec. Ce chiffre donnait aux organisateurs une idée du nombre de participants.Ces sites font le bonheur des citoyens, pour certains c’est un défoulement et pour d’autres, se faire entendre et s’exprimer. Presque impossible pour le citoyen sans titre et qui n’appartient pas à une certaine clique de faire entendre son opinion dans la journal quotidien de son coin. De plus,
      les mordus de ces sites ont le temps de fouiller l’information à l’échelle mondiale et les nouvelles
      nous parviennent bien souvent des journées avant une publication locale. Quelques fois dans une semaines, je donne mon opinion sur Facebook sur le sujet d’un journaliste, je suis assuré d’une chose, mon texte est publié.

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