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André Désiront

Le Mardi 9 Février 2010 | Mise en ligne à 11h30 | Commenter Aucun commentaire

Une semaine dans la région du Léman

Q : Je suis l’heureux gagnant du Concours Sélection Chartier  2010, organisé en collaboration avec La Presse, ce qui me vaut un voyage dans la région du Léman, en Suisse. Comme c’est une région que je ne connais pas, pourriez-vous me donner quelques conseils qui m’aideraient à me bâtir un itinéraire? J’arriverai à Genève, par Air Canada, et mon prix me donne droit à six nuits d’hôtel dans des villes de la région de mon choix, ainsi qu’à une passe de train pour deux personnes.
Michel Gagné

R : Genève, à elle seule, vaut qu’on y passe au moins trois nuits (ce qui ne donne que deux jours complets) pour découvrir le quartier international (le musée de la Croix Rouge) et se promener dans la vieille ville (ne manquez pas la maison Tavel) et sur les rives du lac. Partez ensuite pour Lausanne, qui est bien située pour rayonner vers Vevey, Montreux et le château de Chillon, mais aussi la corniche du Lavaux où 300 familles exploitent 850 hectares de vignoble en terrasse, qu’elles se transmettent de génération en génération.

Puisque vous avez participé au concours Sélection Chartier, j’imagine que le vin vous intéresse. Le vignoble du Lavaux, où on cultive un cépage exclusivement suisse – le chaselas - a été classé au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, en 2007. Des coteaux, on bénéficie d’une vue superbe sur le lac Léman, bien sûr, mais aussi sur les Dents-du-Midi et les Alpes de Haute-Savoie (on aperçoit le Mont-Blanc, par temps clair).

En voyageant en train, vos déplacements seront limités au réseau des Chemins de fer suisses (les CFF pour «Chemins de fer fédéraux») qui, même s’il est le plus dense du monde, ne permet pas de musarder dans les campagnes. Mais des trains touristiques sur roues partent des gares de Lutry, Cully et Chexbres, villages situés sur la ligne Lausanne/Vevey. Consultez le site www.lavaux.ch.

Et puisqu’on est en pays de montagnes, il serait dommage de ne pas faire une ou deux excursions en altitude. J’en recommanderai deux vers des endroits encore situés dans la région de Léman. Mais pour cela, il faudra recourir au service «Click & Drive» des Chemins de fer suisses, qui vous permettent de louer une voiture à l’heure (pour un minimum de trois heures) dans 350 gares du pays. La première excursion, qui peut se faire au départ de Genève, est l’ascension à La Dôle (à 1680 mètres d’altitude). Le train vous déposera au petit village de Saint-Cergue, dans le Jura, d’où il vous faudra prendre une voiture pour atteindre le départ du sentier (à une dizaine de kilomètres) qui mène au sommet. Vous y bénéficierez d’une vue extraordinaire sur les Alpes suisses et françaises, ainsi que sur le massif du Jura.

L’autre excursion vous mènera dans la Vallée de Joux, également dans le Jura. De Lausanne, un train vous déposera à Vallorbe, où une voiture vous permettra de parcourir la route panoramique qui longe le lac de Joux, coincé entre deux massifs montagneux, et de grimper à la Dent de Vaulion, autre sommet à la vue panoramique. Pour l’information sur le programme Click & Drive, consulter le site des Chemins de fer suisses : www.sbb.ch/fr/ (chercher le service en question sur le plan du site).

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Le Lundi 8 Février 2010 | Mise en ligne à 11h02 | Commenter Commentaires (6)

Le Manuel de l’antitourisme : un bouquin farfelu

Les médias font grand cas, ces jours-ci, d’un ouvrage, paru en France en 2008, qui vient d’être réédité à Montréal par la maison Écosociété : le Manuel de l’antitourisme. Le Devoir lui accorde même les honneurs de sa une, ce matin (le 8 février), avec une entrevue de l’auteur, Rodolphe Christin, par Fabien Deglise.

Je n’ai pas lu l’ouvrage; j’en ai parcouru des extraits lorsqu’il est sorti en France voici un an et demi et j’ai pris connaissance de plusieurs entrevues que l’auteur, un sociologue, avait alors accordées. Il dit plein de choses vraies. Mais sa thèse – voulant en gros que le tourisme soit une industrie éminemment nuisible et obscène - repose sur des prémisses complètement farfelues.

Considérons d’abord le vrai. «Le tourisme sert de moins en moins à découvrir le monde», affirmait Rodolphe Christin, interrogé sur le forum du Nouvel Obs, en juin 2008. Il a raison. À Cuba et en République dominicaine, par exemple, la majorité des touristes occidentaux s’enferment dans des tout-inclus. Ils y vont pour se reposer. Voici 50 ans, ils auraient été (moins nombreux, parce que moins de gens avaient les moyens) à Ogunquit ou dans le Bas-du-fleuve. Mais aujourd’hui, l’avion à bon marché permet d’aller vers le soleil assuré. Où est le mal?

Les devises du tourisme permettent à Cuba, étranglée par le blocus américain, de survivre. Elles permettent à la République dominicaine de développer ses infrastructures (des routes notamment) et elles créent de l’emploi. Des emplois qui, pour mal payés qu’ils soient à nos yeux, n’en sont pas moins très convoités par la population locale.

Rodolphe Christin pose la question du besoin d’évasion généré par l’aliénation : «Pourquoi avons-nous autant besoin de partir, aujourd’hui : pour oublier notre réalité? La vie quotidienne est-elle devenue si insupportable? Alors c’est elle qu’il faut changer!» Là encore, je suis d’accord avec lui. Mais ce n’est plus de mon ressort. La révolution, je voulais la faire quand j’avais 20 ans. Ce n’est, hélas, plus le cas!

Il affirme : «Aujourd’hui, les organisation touristiques sont davantage dédiées au divertissement qu’à la découverte de la diversité.» Là encore, je l’approuve en grande partie. Mais, c’est parce qu’une bonne partie des touristes ont besoin d’évasion, donc de divertissement. Encore une fois, où est le mal?

Ses réflexions parfois très pertinentes, l’auteur les fait malheureusement reposer sur unes prémisses complètement erronées. Ainsi, il dit que le tourisme n’est accessible qu’aux riches et que seuls, 3,5% de la population mondiale fait du tourisme. Il est complètement dans le champ!

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, quelque 880 millions de personnes ont fait du «tourisme international», l’an dernier. C’est-à-dire qu’elles ont voyagé à l’extérieur de leur pays. Or, 880 millions, sur une population d’un peu plus de six milliards d’individus, cela fait 14%, pas 3,5%. On pourra ergoter en avançant qu’au moins la moitié de ces gens sont des voyageurs d’affaires, donc pas vraiment des touristes. Admettons!

Mais à côté du tourisme international, il y a le tourisme intérieur. Les gens font beaucoup plus de tourisme dans leur propre pays qu’à l’étranger. Ainsi, environ un million de Québécois partent à l’étranger chaque année. Mais il y en a beaucoup plus qui font du tourisme chez eux (c’est-à-dire, selon la définition admise ici, qui partent à plus de 80 kilomètres de leur résidence et y passent au moins une nuit). Quand vous allez passer un week-end à Tremblant ou dans Charlevoix, vous êtes un touriste. On a enregistré 22,7 millions de voyages touristiques au Québec, en 2007. Environ 4 millions de Québécois ont fait du tourisme chez eux, soit quatre fois plus qu’à l’étranger. C’est la même chose pour les Américains, les Français, les Australiens, les Scandinaves, les Japonais… Ces gens-là sont plus nombreux à voyager chez eux qu’à l’étranger.

3,5% de la population, selon Rodolphe Christin… mon œil! Bien sûr, les Vietnamien, les Cambodgiens, les Maliens et les Honduriens ne font pas beaucoup de tourisme. Mais les deux tiers des habitants des pays développés en font et une bonne proportion des habitants des pays dits «en voie de développement» aussi. Comment voulez-vous accorder de la crédibilité à quelqu’un qui fait reposer son argumentaire sur des chiffres aussi ridicules?

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Le Mercredi 3 Février 2010 | Mise en ligne à 16h13 | Commenter Commentaires (8)

Une bonne combinaison pour un premier voyage en France

Q : Nous prévoyons passer deux semaines en France, l’été prochain. Mon conjoint, qui est passionné d’histoire veut visiter les sites majeurs du débarquement de Normandie. Est-il possible de visiter Honfleur en passant? Nous ne disposerons que de deux semaines et nous pensions en passant une (ou un peu plus) à Paris, où nous voulons louer un appartement, question de réaliser quelques économies. Quel serait le meilleur moyen de transport pour aller en Normandie et quels attraits ne devrions-nous pas manquer à Paris, où ce sera notre premier séjour? Quel budget devons-nous prévoir?
Lynda Booth et Éric Quirion Drummondville

R : Un appartement ne vous reviendra pas moins cher que l’hôtel, à la location, mais il vous permettra de réaliser des économies en préparant vous-même une bonne partie de vos repas. Je vous suggère d’ailleurs d’adopter la même formule en Normandie. En louant une maison dans la région de Caen (à cet effet, consultez un agent de voyages ou la section «location de maisons» du site d’Atout France, à l’adresse www.franceguide.com), vous pourriez aisément rayonner vers les plages du débarquement et ces jolies villes du littoral que sont Honfleur, Deauville et même Étretat, et revenir tous les soirs à votre point d’ancrage.

Caen n’est qu’à une vingtaine de kilomètres du secteur de Juno Beach (le Centre Juno Beach, le cimetière militaire canadien de Bény-sur-Mer), où débarquèrent les 14 000 Canadiens qui ont participé à l’assaut du 6 juin, à une soixantaine de kilomètres d’Omaha Beach (le champ de bataille de la pointe du Hoc, le musée des Rangers, le Mémorial d’Omaha) et à 85 kilomètres de Saint-Mère-Église et des plages du Cotentin.

En une semaine, vous auriez également le temps de découvrir Bayeux (toute proche), le Mont-Saint-Michel, Rouen (un peu plus d’une heure de route dans les deux cas) et les jolis paysages du Pays d’Auge. À mon sens, Paris et la Normandie constituent une excellente combinaison pour un premier voyage en France. Naturellement, pour réaliser ce programme, il vous faudra louer une voiture pour la semaine que vous passerez en Normandie. Le train et le bus ne seraient pas des options pratiques.

En ce qui concerne les attraits à ne pas manquer à Paris, je vous renverrai au programme pour un séjour d’une semaine à Paris, suggéré dans cette chronique l’été dernier. Vous le trouverez sur mon blogue dans la section archives du mois d’août 2009 ou directement en accédant au lien suivant : http://blogues.cyberpresse.ca/desiront/?m=200908. Notez cependant que le musée Picasso, dont je recommandais la visite est fermé pour rénovations. Un lecteur a suggéré de le remplacer par la visite du musée Carnavalet, consacré à l’histoire de la ville de Paris. Quant au budget, prévoyez entre 6000$ et 7000$ pour le couple, tout compris.

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