LeDroit à Vélo-City

Vendredi 25 juin 2010 | Mise en ligne à 5h46 | Commenter Aucun commentaire

Irlande: politique nationale du vélo

Pour honorer la mémoire des cyclistes tués dans la circulation, des vélos-fantômes (ghost-bikes) sont installés dans plusieurs grandes villes du monde,ici à Dublin. Source: http://www.ghostbikes.org

À la mémoire des cyclistes tués dans la circulation, des vélos-fantômes (ghost-bikes) sont installés dans plusieurs grandes villes du monde, ici à Dublin en Irlande.Source: http://www.ghostbikes.org

L’Irlande compte sur un ministre d’État aux Transports assez rigolo (et un brin baveux) du Parti Vert. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que Ciaran Cuffe est un partisan convaincu des déplacements en vélo.

Le jour de l’ouverture d’un nouveau stationnement étagé pour voitures, M. Cuffe s’est rendu offrir un vélo à l’heureux propriétaire des lieux. Et lors de la première journée sans ma voiture à Dublin, il a joué au golf au centre-ville. Ce coloré personnage, qui ne craint pas d’afficher ses convictions, était conférencier hier au sommet Velo-City 2010 à Copenhague.

Très populaire dans l’Irlande des années 1960, le vélo a perdu du terrain au profit de l’automobile. Aujourd’hui, les déplacements en vélo comptent pour moins de 2 % à Dublin, la capitale. Pour renverser la vapeur, une première politique nationale du vélo a été adoptée en janvier 2009. Elle prévoit notamment des dégrèvements fiscaux pour inciter les employeurs à fournir des vélos à leurs employés, afin que ceux-ci les utilisent pour se rendre au boulot.

Le camionnage lourd a aussi été banni du centre de Dublin, afin de faire de la place aux cyclistes. Le gouvernement a également institué deux semaines nationales du vélo et 350 événements de toutes sortes sont organisés chaque année.

Pour le moment, ce sont surtout les cyclistes convaincus et réguliers qui se rendent au boulot en vélo. Même la neige, assez rare à Dublin, ne suffit pas à décourager les irréductibles. «Il nous reste à convaincre les cyclistes occasionnels et ceux qui ne font pas de vélo», dit M. Cuffe.

D’ici 2020, l’Irlande veut rallier 10 % des citoyens réticents au vélo. Pour y arriver, on a ciblé les candidats les plus évidents. Chaque année, près de 250 000 déplacements en voiture se font sur une distance de moins de 4 km autour du centre de Dublin.

Dans les écoles, les enfants sont initiés aux joies du vélo, de concert avec la police irlandaise. Dublin compte aussi un système de vélo-partage municipal (genre Bixi) qui serait le plus utilisé en Europe.

Mais il reste encore beaucoup de travail à faire. Les automobilistes ont encore une influence importante sur les décisions politiques. Une proposition pour bannir en tout temps les voitures d’un carrefour très achalandé de Dublin a été rejetée par le conseil municipal. Les élus locaux ont tout de même accepté de fermer la voie aux voitures aux heures de pointe du matin et du soir, afin de faciliter le passage des autobus et des vélos.

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Jeudi 24 juin 2010 | Mise en ligne à 22h02 | Commenter Aucun commentaire

Nuit de Saint-Jean à Copenhague

Les Danois ont assisté en plein air à l'élimination de leur sélection nationale de football jeudi soir à Copenhague.

Les Danois ont assisté en plein air à l'élimination de leur sélection nationale de football jeudi soir à Copenhague.

On a manqué le début du match. Mais on était là quand les Danois se sont mis à lancer des verres de bière en direction de l’écran géant installé en plein air place Radhuspladsen.

Leur sélection nationale perdait 2-1 contre les Japonais en Coupe du monde de foot, et les dernières secondes s’égrenaient au cadran. Ils étaient des milliers, sur la grande place de Copenhague, devant le Tivoli et le clocher majestueux de l’hôtel de ville. Partout, du rouge et du blanc, les couleurs nationales. Des gens coiffés de casques de viking ou drapés dans le pavillon national. La bière coulait à flot, de la Carlsberg et de la Tuborg, on dirait que les Danois ne boivent que ces deux là. Même ici, on entend le chant des vuvuzelas, ces trompettes africaines, décidément la marque de commerce de ce Mondial 2010.

Un instant, on a craint l’émeute. Les policiers étaient prêts, discrets mais présents au milieu de la foule. Ici, ils se déplacent par peloton de six, dans des camionnettes qui traversent la ville à vive allure, toutes sirènes hurlantes. Le match a pris fin et, de dépit, des partisans ont lancé leur bouteille par terre. Le sol a été vite jonché de détritus, de tessons de verre, et les gens ont quitté la grande place à pied ou en vélo.

Des dizaines de gens, déjà passablement émêchés, sont allés se réapprovisionner en bière au dépanneur voisin. Le tenancier avait prévu le coup, il se tenait accoudé sur des centaines de canettes de Carlsberg, sans doute commandées pour l’occasion. Des bières bues ensuite en plein air sous l’oeil vigilant – mais bienveillant – des policiers de l’escouade anti-émeute.

Aux dernières nouvelles, pas d’émeute, pas de vitrines cassées. Mais les sirènes de police, les chants de joie et les beuglements ont retenti jusque tard dans la nuit de Copenhague. Une belle soirée de la Saint-Jean. On n’ose pas imaginer leur réaction s’ils avaient gagné le match!

Les vuvuzelas ont retenti jusqu'à Copenhague.

Les vuvuzelas ont retenti jusqu'à Copenhague.

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Jeudi 24 juin 2010 | Mise en ligne à 13h34 | Commenter Aucun commentaire

Le vélo cargo de Copenhague

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Mes collègues de la télévision de Radio-Canada d’Ottawa-Gatineau couvrent eux-aussi le sommet Velo-City Global 2010 à Copenhague. Ils ont loué un vélo-cargo (l’équivalent cycliste de nos minifourgonnettes) pour transporter leur encombrant matériel. Nous les avons pris sur le fait. De toute évidence, la journaliste Élise Brunet fait tout le travail, tandis que le caméraman Thierry Laflamme se la coule douce. Heureusement que Copenhague est sur le plat et qu’il n’y a pas trop de montées!

Blague à part, les vélos-cargos sont monnaie courante à Copenhague. On y transporte des marchandises, son épicerie, des enfants et parfois même son conjoint (ou son partenaire de travail). Plusieurs exemplaires sont assemblés et vendus à Christiana, l’enclave «libre» située au coeur de Copenhague. La plupart des modèles sont assez rudimentaires, voire artisanaux. D’autres sont à la fine pointe de la technologie, ultralégers, avec des parties rétractables, et valent une petite fortune.

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