LeDroit à Vélo-City

LeDroit à Vélo-City - Auteur
  • Patrick Duquette

    Patrick Duquette est devenu journaliste au Droit en 2000. Il est affecté aux affaires municipales à Gatineau depuis l'automne 2002. Il suit une délégation de la Commission de la capitale nationale et des villes d’Ottawa et de Gatineau pendant un voyage d’observation sur la place du vélo en milieu urbain à Copenhague.
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    Mardi 22 juin 2010 | Mise en ligne à 4h48 | Commenter Commentaires (3)

    Le vélo belge, une image de paria à combattre

    Reconnu pour ses meubles à assembler, Ikea fait aussi des vélos. Cet exemplaire était stationné près du centre de conférence de Copenhague où débute mardi une conférence internationale sur le vélo.

    Reconnue pour ses meubles à assembler, la société suédoise Ikea fait aussi des vélos. Cet exemplaire était stationné près du centre de conférence de Copenhague, au Danemark, où débute mardi une conférence internationale sur le vélo.

    Les promoteurs du vélo en Belgique doivent combattre un problème d’image. Voilà 15 ans, la bicyclette était encore un moyen honteux de se déplacer, associée aux marginaux et aux pauvres.

    Pour briser cette image négative, des organismes militants ont fondé Pro Vélo, il y a 17 ans. LeDroit a rencontré mardi son président, Michaël de Borman, en marge de la conférence internationale Velo-City Global 2010 qui débute à Copenhague.

    «Dans un pays comme la Belgique, la voiture participe au statut social de la personne, si bien qu’installer un autre type d’image, installer le vélo comme un mode de déplacement qui n’est pas socialement honteux comme on aurait pu le vivre il y a une quinzaine d’années, c’est un travail important», dit-il.

    En Belgique, la voiture fait souvent partie des avantages sociaux accordés aux travailleurs. «La moitié des nouvelles immatriculations sont des voitures dites professionnelles», note d’ailleurs Philippe Delchambre, membre du GRACQ, un organisme militant belge associé à Pro Vélo. Dans ce contexte, renoncer à sa voiture au profit du vélo est comme renoncer à une partie de son salaire, note-t-il.

    Pour redorer le blason du vélo, Pro Vélo a commencé par essayer de placer le vélo dans un contexte de loisirs. «Et donc nous avons monté toute une série de programmes, de tours guidés à vélo, dont le but n’était pas de faire du tourisme, mais de mettre les gens sur un vélo, de leur faire se rendre compte qu’il est possible de rouler à vélo, ce qui n’était pas dans la majorité des esprits», reprend Michaël de Borman.

    L’organisme à but non lucratif emploie aujourd’hui une cinquantaine de personnes, dont la moitié travaillent dans des programmes de vélo-éducation. La majorité des formations sont offertes dans les écoles. L’an dernier, 20 000 enfants ont obtenu un brevet de cycliste, certifiant qu’ils sont aptes à circuler de manière autonome et en toute sécurité dans la circulation.

    Les résultats sont au rendez-vous, selon M. de Borman. «C’était notre objectif, en commençant par le loisir, d’amener le vélo comme outil de déplacement et de le promouvoir comme tel. On a avancé. Les derniers chiffres à Bruxelles sont très optimistes, puisqu’on y a augmenté de 20 % le nombre de cyclistes depuis l’an dernier.»

    Les Belges sont toutefois loin d’atteindre les niveaux records de Copenhague, où 37 % des déplacements se font en vélo. À Bruxelles, la part du vélo est passée de moins de 1 %, à 4 ou 5 %, selon M. de Borman. C’est mieux qu’à Ottawa-Gatineau et que dans la plupart des villes nord-américaines, où la part modale des vélos se situe sous les 2 %.

    Malgré la popularité grandissante du vélo, les autorités belges n’ont pas commencé à investir réellement dans les infrastructures cyclistes. «Étonnamment, le volet infrastructures n’a pas suivi énormément. On pense que c’est vraiment notre travail au niveau de l’image, au niveau de l’information, au niveau d’arriver à mettre des gens sur des vélos, que les gens se sont dits: je vais le faire, même si les infrastructures n’ont pas vraiment suivi. On entre à Bruxelles dans une autre phase, un petit peu aussi en Wallonie, où les autorités publiques vont commencer à investir un peu sérieusement dans de meilleures infrastructures où la facilité et la sécurité sont présentes.»


    • l’AVANTAGE AVEC UN VÉLO BELGE EST QUE TU N’ES PAS OBLIGÉ DE LE CADENASSER: PERSONNE VA VOLER UNE HORREUR PAREILLE!

    • Bonjour Patrick. C’est Caroline du blogue Québec à vélo (La Presse) qui m’a mis sur la piste de votre blogue. Il y a certaines villes universitaires flamandes où la part du vélo est plus grande qu’à Bruxelles. Il va falloir dépasser l’image “récréative” du vélo si les Belges veulent qu’on nous prenne au sérieux comme moyen de transport quotidien. Et assurer des indémnisations au moins équivalentes aux travailleurs qui rénoncent à la voiture dite professionnelle. C’est une mesure qui s’impose pour des motifs écologiques évidentes.

      Et il ne pleut pas plus à Bruxelles qu’à Amsterdam. Oui, il y a plus de côtes, mais pas plus que dans d’autres villes (notamment Lyon) où l’on a marqué des progrès importants dans la part du vélo dans les moyens de transport.

      Bon séjour! Je n’ai jamais pédalé à Copenhague (j’y suis allée une seule fois, pour un colloque au mois de décembre, pas le moment idéal pour débuter à vélo dans une ville nordique car il fait toujours noir); en revanche j’ai souvent fait du vélo à Amsterdam.

    • Pas sûr! Dans une ville où tous les vélos se ressemblent, que le look du vélo ne semble pas important et que le côté pratique passe en premier, il doit y avoir des chances de voir disparaître notre moyen de transport principal aux mains d’une autre personne qui en a besoin tout autant. Au Canada, alors là peut-être que les chances de se faire voler un vélo pas très mode sont très minces.

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