
Source: http://www.copenhagencyclechic.com/
Nous devions être une dizaine de cyclistes à attendre le feu vert à un carrefour de Copenhague. Et il y avait ce gars qui chantait gaiement, son i-pod sur les oreilles, le portrait même de l’insouciance et du bonheur. Tout le monde s’est regardé, et on a souri, heureux de le voir si heureux.
Admettez que le même gars qui chante tout seul dans sa voiture, à l’heure de pointe du matin sur le boulevard des Allumettières, à Gatineau, ne susciterait pas la même réaction. En arrivant au bureau, vous diriez à vos collègues: t’aurais dû voir le gars qui chantait tout seul dans son char, qu’est-ce qu’il avait l’air con!
Alors que le vélo favorise l’esprit de communauté et rapproche les gens, l’automobile déshumanise les villes. En compartimentant, en isolant chaque individu dans sa voiture, dans le trafic de l’heure de pointe, l’ère de l’automobile favorise l’exclusion sociale. C’est le propos fascinant tenu mercredi matin par le cinéaste danois Mikael Colville-Andersen à la conférence Velo City Global 2010 à Copenhague.
M. Colville-Andersen pose un regard d’anthropologue sur le vélo. Il s’émerveille devant le moindre geste du cycliste, le mouvement des pédales qui rappelle une «danse tribale», cette façon qu’ont les Danois de se tenir en équilibre avec un seul doigt sur un poteau en attendant le feu vert, de vérifier, avec le même doigt, si le paquet posé sur le support arrière est toujours bien centré.
Il fallait sans doute un artiste comme lui pour mettre des mots aussi justes sur ce que je ressens depuis mon arrivée à Copenhague. Il y a quelque chose de profondément humain à rouler ensemble sur les pistes cyclables, à attendre à 10 ou 15 à un carrefour que le feu passe au vert. «Ça vous donne l’impression d’être en communauté, a dit M. Colville-Andersen. Vous êtes entourés de visages, d’émotions. Il y a le langage des corps.» Et à l’écran s’affiche une photo de deux cyclistes, un homme et une femme, s’embrassant langoureusement, corps et vélos entremêlés.
M. Colville-Andersen n’hésite pas à parler de poésie urbaine pour décrire la gestuelle associée au vélo. Son enthousiasme est très communicatif. Il entretient un blogue fascinant (www.copenhagencyclechic.com). Le quotidien anglais The Guardian l’a retenu dans sa liste des 10 meilleurs blogues de mode. M. Colville-Andersen s’intéresse à la manière dont les cyclistes marient la mode et les contraintes du vélo. On parle ici de mode sur vélo, et non de mode du vélo. Pas facile de rouler en minijupe!

Source: http://www.copenhagencyclechic.com/










lagatta
23 juin 2010
07h13
Pas difficile du tout de rouler en mini-jupe en selle d’une bicyclette urbaine, cadre femme. Je n’ai plus l’âge des mini-jupes, en revanche, je suis presque toujours en jupe, à part les jours très froids.
Pas difficile non plus pour les gars de rouler autrement qu’en lycra et cuissards en se prenant pour un coureur de la Tour de France…
velotout
23 juin 2010
07h49
Bonjour Patrick,
Grosse différence avec Gatineau! Est-ce que les gars de chars danois sont aussi peu évolués qu’ici? Portent-ils la calotte à l’envers? Pick-up ou minoune pétaradante? Qui paye les pistes? Tu as fait paniquer des cyclistes à propos du non-port du casque, les danois sont sur le pot ou ne sont pas des fonfons?
Bonne St-Jean