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André Pratte

André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité.

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Le Mardi 14 Juillet 2009 | Mise en ligne à 11h05 | Commenter Commentaires (72)

Plus c’est cher, plus c’est populaire

Publié dans la catégorie Général, Éducation, Politique québécoise

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Photo François Roy, La Presse

André Pratte

Les données les plus récentes de Statistique Canada sur les effectifs universitaires ajoutent une preuve de plus à l’encontre de la thèse selon laquelle des droits de scolarité bas encouragent les études.

Selon ces données publiées lundi, le nombre d’étudiants de premier cycle dans les universités canadiennes a augmenté de 17,6% de 2002-2003 à 2007-2008. C’est en Ontario (29,8%)  et en Colombie-Britannique (29,7%) que la population étudiante a le plus augmenté.  Or, l’Ontario est, après le Nouveau-Brunwick, la province où étudier à l’université coûte le plus cher (en moyenne 5388$ par an, pour un étudiant à temps plein au premier cycle). Ce coût a augmenté de 15% au cours des cinq dernières années. Ça n’a pas freiné la croissance des effectifs.

Le cas de la Colombie-Britannique est encore plus spectaculaire. De 2002-2003 à 2007-2008, les droits de scolarité moyens sont passés de 3176$ à 4922$, un bond de 55%. Impact sur les effectifs? On l’a vu plus haut, une hausse de près du tiers.

Et au Québec? Le gel des droits (qui a pris fin il y a deux ans) n’a pas eu de résultats spectaculaires. En cinq ans, le nombre d’étudiants du premier cycle universitaire a augmenté de 11%, sensiblement moins que la moyenne canadienne (17,6%). En 2002-2003, les effectifs québécois représentaient 22,6% des effectifs totaux du pays; cinq ans plus tard, cette proportion a glissé à 21,4%.

D’ici 2012, les droits de scolarité annuels auront augmenté de 500$ au Québec, une hausse significative de 30%. On verra quel effet cela aura sur les effectifs (en tenant compte d’autres facteurs qui peuvent jouer aussi, notamment la conjoncture économique). Mais même à 2168$ par an, ces droits resteront beaucoup moins élevés que dans les autres provinces. Qu’est-ce que ça donne, outre  priver nos universités de précieux revenus?

  • Il y a d’autres facteurs. Écrire que de hausser les frais de scolarité encourage les jeunes à aller à l’université porte un nom: malhonnêteté intellectuelle.

  • On ne prône pas la gratuité scolaire par corrélation avec la fréquentation, mais bien pour AIDER ceux qui font le choix d’étudier… et qui auraient probablement fait le même choix peu importe le prix.
    C’est peut-être difficile à comprendre dans notre beau cadre utilitariste.

  • On le fait parce qu’on s’accroche à ce genre de chose comme si c’était intimemment lié à notre identité. Que ca soit bon ou pas, les gens s’en tapent. Ils veulent y croire !

    Les gens ici ne se prennent pas en main. Le Québec, en quelque part, mérite d’être sous-éduqué (en nombre et en qualité): il court apres depuis tellement de temps.

  • @Louis Préfontaine
    L’article ne dis pas tout à fait ca…
    Le titre est un peu vendeur, mais en gros, M. Pratte dit que des frais de scolarité élevés ne semble pas décourager les jeunes à aller à l’université. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose que ce que vous avez écrit vous même.
    Si vous ne saisissez pas la nuance entre les deux, c’est bien dommage…

  • Vous allez attirer des universitaires qui parasitent le système avec un article de la sorte ;)

  • Le coût des études n’est pas une relation de cause à effet. Les provinces où les frais de scolarité sont plus élevées sont aussi là où se trouvent la plus forte proportion de gens scolarisés qui eux, n’hésitent pas à encourager leurs enfants à poursuivre leurs études et à les financer au besoin.

    Le taux de décrochage au secondaire, au Québec, est le plus élevé au pays: 11% selon les sources officielles. Même avec de faibles frais de scolarité, les décrocheurs n’ont tout simplement pas accès aux études supérieures, puisqu’il faut au minimum un DES pour y accéder.

  • Je commence l’université l’an prochain et je peux vous garantir que, et j’ose même parler au nom de tous les futurs étudiants, une hausse des prix de scolarité ne donne pas plus le goût de commencer des études universitaires. C’est clair qu’il y a d’autres facteurs qui expliquent ces statistiques puisque la conclusion de ce rapport est illogique.

  • ”Mais même à 2168$ par an, ces droits resteront beaucoup moins élevés que dans les autres provinces. Qu’est-ce que ça donne, outre priver nos universités de précieux revenus?”

    Ca donne que l’université n’est pas réservé à ceux qui en ont les moyens peu etre?

  • Et toc !

    Que veux-tu LOUIS, l’usage de l’IÉM fait des ravages au niveau du cerveau.

  • Évidemment, les frais de scolarité sont le seul facteur en cause. L’éducation secondaire et préuniversitaire n’y est pour rien. La publicité pour tous les emplois techniques au Québec n’y est pour rien. Limiter un effet x à une cause y est une erreur.

    La hausse des frais de scolarité est totalement ridicule. Les sociétés où le savoir est valorisé se portent généralement mieux, est ces sociétés ont souvent un accès gratuit à l’éducation post-secondaire (en Suède, par exemple).

    Il est bien certain que cette hausse de 500$ n’empêchera pas beaucoup d’étudiants d’aller à l’université, mais c’est l’idée même d’utilisateur-payeur qui est dépassée et ridicule. L’éducation ne devrait pas être une marchandise, elle devrait être un droit.

  • @Louis Préfontaine: Aucun passage de l’article ne prétend que l’augmentation des frais de scolarité encourage les jeunes à aller à l’université. C’est la proposition contraire qui y est réfutée.

  • @Louis Préfontaine: Je suis tout à fait d’accord avec vous. De plus, pourrait-on avancer qu’il y a une diminution de l’achalandage dans les universités causés par les mesures du gouvernement qui encourage les jeunes à choisir des métiers professionnels pour aller sur le marché du travail ( le gouvernement sait qu’il y aura un problème, d’ici 10 ans la plupart de «boomers» iront à la retraite) le plus vite possible.

    Bref, je crois qu’il faut faire attention Mr.Pratte, vous faites des généralisations hâtives, il vous faudrait un peu plus de rigueurs! ;-)

  • Je vais à l’université et je suis pour une augmentation des tarifs scolaires. Je suis bien conscient de l’état financier précaire de nos universités. Mais il serait faux de penser pouvoir faire comprendre cela aux gens de gauche qui se réclament solidaire. Elle est ou la solidarité quand on laisse aux élèves de demain des écoles en décrépitude.

    Et après on blâme le capitalisme pour l’individualisme de notre société… trop drôle!

  • “Plus c’est cher, plus c’est populaire”

    Hausse des frais de scolarité = hausse de la fréquentation scolaire. Vous nous écrivez cela sans rire?

    C’est plutôt simpliste.

  • “Qu’est-ce que ça donne, outre priver nos universités de précieux revenus?”

    Pourquoi toujours se comparer au pire? Regardez en France où c’est gratuit et vous allez voir ce que ça “donne”. Ça “donne” plus d’accès à l’éducation et une population mieux instruite et plus cultivée donc plus intelligente en moyenne.

    Je vais terminer mes études avec plus de 60 milles dollars de dettes que je ne serai jamais capable de rembourser parce que j’étudie dans ce qui me passionne plutôt que ce qui rapporte. Je n’ose pas imaginer la situation pour la génération suivante, terminer avec 100000$ + de dettes dans un système capitaliste corrompu. Ça va créer une société robotisée, où personne n’osera étudier dans les branches plus sophistiquées comme les arts, la philosophie et la littérature par peur de ne pas y trouver d’emploi.

    D’ailleurs, les sécurités d’emplois disparaissent a vue d’oeil et l’intérêt de nos dettes communes est utilisée pour des pots de vins gouvernemental ou pour acheter des tanks et éclater des familles de Talibans. Pourquoi ne pas investir ce 170 milliards d’achat de tanks dans la société et l’éducation plutôt? Ça serait une question beaucoup plus importante à se poser.

  • Pour faire bref, parce qu’il y en aurait long à dire là-dessus et je suis curieux de voir comment ça va dégénérer, je commencerais par deux points:

    - Ça ne coûte pas juste 2168$ par année pour des études de premiers cycles au Québec. Sans avoir les chiffres exactes, il serait malhonnête de mettre de côté les autres frais chargés par les universités. On doit s’approcher beaucoup plus du 3000$/an, sans les livres et autres frais du genre.

    - Personnellement, sachant que l’argent déboursé par les étudiants représentent une très petite partie des revenues des universités et donc que les hausses ne règleront pas les problèmes de sous-financement des universités, je suis personnellement pour une solution radicale: la gratuité scolaire. On ne verra malheureusement pas ça de sitôt au Québec avec les récentes mesures gouvernementales, mais personne ne viendra jamais m’enlever de la tête que ça serait un investissement pour le Québec si on enlevait les frais de scolarité de la questin de l’accès à l’éducation. Toutes les études prouvent qu’un bachelier rapportera beaucoup plus d’impôts et de taxes au cours de sa vie qu’un travailleur sans diplôme universitaire, en plus de ”rembourser” allégrement à l’état ce que ça a coîté pour le former. C’est pas pour dire que tout le monde doit aller à l’université, c’est pour dire que toute la société profiterait d’un Québec plus avancé sur le point des connaissances. Personnellement, je voudrais que ça devienne une objectif de société que de devenir le Japon de l’Amérique du Nord. Mais bon…

  • Il faut comprendre que ceux qui ont de l’argent choissisent les écoles prestigieuses (dont $$$$$$$$$), par contre les élève moyen sans bourses n’ont pas ce genre de privilège, certains vont s’endetter parce que leur programme est plus “reconnu” dans certaines école, d’autres qui ne peuvent pas se l’offrir vont essayer de trouver le programme qui leur convient le mieux selon le coût. Combien de jeunes arrête les études pour pouvoir se payé l’université en travaillant plusieurs années de suite, combien d’entre eux n’iront jamais finalement? Combien de jeune s’endette dans des BAC qui ne leur donneront peut-être même pas de travail? Combien de jeune travaille 20-25h par semaine en même temps que leur étude?
    Habité chez maman/papa c’est bien beau, mais ceux qui vont à l’extérieure pour étudié ont des factures énorme et 500$ ça peut faire chaviré un bateau qui est déjà percé.
    Pour ma part, les étudiants que je connais, ne sont pas prêt à pouvoir payer 500$ de plus par session, visa pleine, prêts, emprunt de la banque, emprunt des amis/famille. Ils travaillent 40h et + l’été, 2 jobs pour certains, 20h et + pendant leur session, etc. C’est les notes qui en souffre au bout du compte et c’est étudiant n’auront jamais accès au bourses d’excellence alors qu’ils en ont besoin.
    L’école devrait de tout façon, être accessible à toute personne qui désire s’instruire, ce qui n’est pas le cas dans le monde aujourd’hui. l’état devrait trouver un moyen de financer efficacement ses étudiants qui veulent vraiment, parce que sur le marché du travaille il raporteront beaucoup plus à l’État.
    De tout manière tout le monde le sais l’éducation est loin d’être une priorité au Québec.

  • Voilà une hypothèse qui est souvent étudiée par les admirateurs de Ayn Rand: hausser les coûts hausserait le “respect” et le taux d’utilisation d’un produit ou d’un service. Or, il y a autant d’études “démontrant” cette hypothèse que d’études l’invalidant. Parmi les effets dont il faut tenir compte: des services plus coûteux reçoivent davantage d’autofinancement et ont donc davantage de moyens pour rejoindre les clients, voire même pour polir l’exécution de l’offre et la rendre plus “appréciable”. En gros, c’est un effet marketing: prenez le même produit, vendez-le plus cher (ce qui augmente la marge), et réinvestissez le surplus dans l’emballage, dans le confort ou dans la promotion. Mais en gros, il s’agit sensiblement du même produit que la marque “Sans Nom” concurrente. C’est juste que vous payez pour qu’on vous dise que c’est meilleur.

  • @ Louis Préfontaine

    Et comment on appele ca déformer ce que dit un texte?

    Il n’a jamais mentionné que de hausser les frais de scolarité encourage à aller à l’Université. Il a seulement démontré par des statistiques que les hausses de scolarité n’ont pas influencé les inscriptions dans certaines provinces.

    De toute façon, on peut pas blamer les étudiants de pas vouloir payer plus, le modèle québecois stipule que payer plus au Québec ne fait pas en sorte que le service est meilleur mais juste qu’il est plus mal géré avec plus de moyens.

  • @ Louis Prefontaine
    Comment appelez-vous crier ;a la malhonneteté intellectuelle devant des chiffres? Évidemment, parler de hausser des frais dans une dynamique positive attaque votre pauvre gauche? Sans offense, bien entendu. Je ne crois pas que la personne qui a écrit l’article affirmait cela, mais démontrait plutot de quoi se questionner. Ce que vous semblez prendre comme une attaque contre le public.

    Enfin, moi je crois que cela encourage le monde a aller a l’université; ca donne un statut d’universitaire et crée une fierté par apport a son université. Aux États-Unis, où il est cher étudier a l’université, on parle de beaucoup de ville ou le taux de diplomattion universitaire tourne entre 45 et 50 % (Boston, par exemple.)

  • Correlation simpliste.

    Je suis au Doctorat en ce moment. Si les frais de scolarité avait été ceux du NB ou même de l’Ontario, je ne suis même pas certains que j’aurais pu faire une maîtrise.
    Mes parents gagnaient trop d’argent pour que je reçoive des prêts et bourses, mais comme ils ont eu une malchance financièeres imprévus (histoire personelle), ils n’ont jamais pu m’aider.
    J’ai payé mes études en travaillant comme plongeur, comme cuisinier, comme caissier, etc.
    Je n’aurais jamais pu faire cela ailleurs qu’au Québec.

  • Le fait que nos universités soient justement privées de précieux revenus (donc plus pauvres) ne donne pas nécessairement envie d’y étudier. Nier que le manque de fonds entraîne une importante baisse de qualité, c’est comme dire que l’eau n’est pas mouillée.

    Des études universitaires, on en fait pas soixante, dans sa vie. On veut donc les faire dans un établissement qui ne tombe pas en ruines et où la qualité de l’enseignement n’est pas mise en péril par un idéalisme qui défie toute logique. Oui, à la fin, on obtient un diplôme… mais que vaut-il, dans le monde d’aujourd’hui, si on le compare à un diplôme provenant d’une université mieux financée? Ça dépend, vous me direz, mais disons qu’on part derrière.

    Et pourquoi fait-on des études? Pour décrocher un emploi payant (qui nous permettra, entre autres, de rembourser notre investissement… parce que oui, les études, c’est un investissement). Sauf si on étudie en psychosociologie des tziganes unijambistes. Là, on veut que ce soit gratuit, puisqu’on ne fera jamais d’argent avec ça. Alors on manifeste… on se plaint que ça coûte cher… et on gèle les frais de scolarité.

    Les domaines moins en demande devraient coûter moins cher, et vice-versa. C’est une question d’investissement personnel, après tout, et les programmes de prêts et bourses sont là pour ça.

  • Je ne crois pas qu’il y ait de lien entre le % de scolarité et les frais de scolarité… Quoique plus c’est cher, plus le % de motivation a des chances d’être élevé.
    Je suis fraîchement diplomé… Et pas très satisfait de l’éducation que j’ai recu. J’ai un bon emploi, ce n’est pas là le problème… C’est juste que j’ai l’impression que j’aurais pu apprendre plus, auprès de personnes plus compétentes.

    Est-ce que hausser les frais de scolarité pourrait augmenter la qualité des cours? Peut-être.

    Si une hausse est envisagée, est-ce que l’aide financière devra être modulée? Probablement.

    J’ai réussi à m’en tirer avec peu de dettes et un bon salaire, malgré que j’aie étudié en lettres. Oui, j’ai travaillé beaucoup les étés, mais je ne vois pas le problème a travailler 50+ heures l’été lorsque je ne suis pas à l’école… Ce qui est, selon moi, tout à fait normal : j’aspirais à quelque chose, je n’y étais pas encore. Et il fallait que je m’impose les sacrifices nécessaires pour arriver à mes fins.

  • Le fait qu’il y a plus d’étudiant lorsque les coûts de l’université sont plus élevé est encore une relation des plus tordue. Cette statistique nous indique que les provinces ou l’assiduité des université est plus grande est une question de culture. Notre culture est syndicaliste au Québec les parents n’ont pas eu a forcer trop fort le syndicat a assuré leur travail performance ou pas et ce dans toutes les sphères de notre société. Comment voulez vous que les parents soient des modèles pour leur enfant. On le voit dans l’école secondaire avec les gens qui laissent avant d’avoir gradué leur secondaire 5 même si on laisse passer tout le monde pour ne pas frustrer les petits enfants et leur parents qui ne peuvent accepter la défaite. Nos syndiqués commencent juste a voir le résultat de leur paresse et leur non performance.

  • M. Pratte vous n’avez pas peur du ridicule……Ca on vous le donne…..plusieurs de vos lecteurs aussi…ils foncent dans le ridicule….ils foncent dedans …s’en rejouissent….s’y roulent….
    L’ education est une responsabilitee de l’Etat….. que ce soit rentable ou pas n’a rien a voir a la question. Et tous ceux qui crient a la Gauche,du haut de leur secondaire 5, ne comprennent rien a rien. Pauvre petit monde

  • Au Québec, l’instruction, à tous les niveaux, devrait être totalement gratuite. De plus, un pré salaire devrait être consenti aux étudiants, au moins 6 mois avant la fin de leurs études, menant à un l’exercice d’un métier ou une profession.
    Ainsi l’État s’occuperait véritablement des ses affaires et de son avenir !

  • Une session d’université, ça coûte plus que 2168 $. Il faut penser aussi aux frais d’achat de livres. Et maintenant, c’est rendu qu’il faut même payer la moindre photocopie ou impression à la bibliothèque, alors qu’il y a quelques années à l’UdeM quand j’ai commencé mes études, la carte d’étudiant venait avec une centaine de pages d’impression sans frais. On paye plus et on obtient moins. Et je ne vous parle pas de la qualité de certains cours, qui ne vaut pas du tout le montant supplémentaire que vous aimeriez nous voir payer. Pour les étudiants qui viennent de l’extérieur de leur région d’études, il faut aussi trouver un appartement, payer pour l’électricité, le téléphone, etc. Même avec des frais réduits, il est impossible d’y arriver sans avoir un travail. Il faut tenir compte de tous ces facteurs, ce que les chantres d’une augmentation des frais omettent toujours de mentionner.

    J’ai maintenant terminé mon bac et je traîne une dette de 20 000 $. Selon M. Pratt, c’est sûrement très peu d’argent 20 000$, mais laissez-moi vous dire que cela équivaut à ce que j’ai payé en impôt et taxes à ma première année de travail post-universitaire. Et je vais continuer de rapporter ce montant (et encore plus même) en taxes et impôts jusqu’à la fin de ma vie. Alors, les frais d’inscription à l’université, c’est une quantité négligeable pour l’État, selon moi, mais pas dans le budget d’un étudiant.

  • C’est simple, cela va en reste avec la société Québecoise: ce sont les autres qui vont payez, pourquoi est-ce que je ferais attention?
    Quand tu as des études payés, que tu passes ou que tu échoues, pourquoi est-ce que tu te forcerais à étudier fort? Si les notes ne sont pas bonnes, le syndicat étudiants va surement déclencher une grève pour décaler la session et demander un ajustement des notes.

    Quand tu dois les payer tes études, je peux dire que ça motive à travailler pour l’avoir son diplôme.

  • J’aimerais apporter une petite correction. M. Pratte écrit: “D’ici 2012, les droits de scolarité annuels auront augmenté de 500$ au Québec, une hausse significative de 30%.” D’après mes calculs la hausse cumulative des droits de scolarité annuels sera plutôt de 1000$ en 2012. En effet, le gouvernement a décrété une hausse de 50$ par session de 2007 à 2012. En 2012 la hausse sera donc de 500$ par session ce qui fait une augmentation de 1000$ par année ou 60%, ou si vous préférez une hausse moyenne de 12% par année. Quand on prétend que la hausse sera de 500$, on fait le calcul suivant: 50$ X 2 sessions = 100$ par an X 5 ans = 500$. Mais en réalité les hausses sont cumulatives:

    Coût de la session 0: 834$
    Session 1: 884$
    Session 2: 934$
    Session 3: 984$
    Session 4: 1034$
    Session 5: 1084$
    Session 6: 1134$
    Session 7: 1184$
    Session 8: 1234$
    Session 9: 1284$
    Session 10: 1334$

    1334$ X 2 sessions par an = 2668$ de droits de scolarité annuels et non pas 2168$ comme le prétend M. Pratte qui, a sa décharge, ne fait probablement que répéter ce que le gouvernement a clamé sur toutes les tribunes au moment de l’annonce du dégel.

    Qu’on soit en faveur ou non de la hausse des frais de scolarité, je crois qu’il est important de débattre en se basant sur les vrais chiffres.

  • Comme vous avez raison M. Pratte !

  • Je serais curieux de voir combien y a t-il de Québécois qui ont été étudié en Ontario et en Colombie-Britannique…gratuité égale moins bonne qualité tout simplement, mais les étudiants d’aujourd’hui s’hostine à vouloir garder les frais bas, et donc à obtenir des dîplomes qui ne valent pas un clou. On a juste à voir le nombre de professeur qui abandonne nos université, nous restons ensuite avec le bois mort tout simplement.

  • Effectivement, on doit le rappeler souvent, ce n’est pas la politique d’éducation à rabais que l’on a au québec qui fait que nous avons des fortes cohortes d’étudiants motivés.

    @simonac: “La hausse des frais de scolarité est totalement ridicule…” … “mais c’est l’idée même d’utilisateur-payeur qui est dépassée et ridicule. L’éducation ne devrait pas être une marchandise, elle devrait être un droit.”

    C’est décourageant de voir a quel point plusieurs sont déconnectés de la réalité au Québec. Ces gens veulent que tout soit gratuit, comme si l’argent pousait dans les arbres. Mais ils seront les premiers à se plaindre des déficits et de futures aumgentations de taxes. Ah non, j’oubliais, 40% de la population qu Québec ne paie pas d’impôts. C’est pratique de voukoir le beurre et l’argent du beurre.

    C’est le gel des frais de scolarité toutes ces dernières années qui a été une décision ridicule. Le pire, c’est que Pauline Marois promet encore des gels de différents frais. Pourtant les coûts de fonctionnement, eux, continuent d’augmenter. Je ne suis plus le PQ pour cette raison. Ne pas indexer les frais de scolarité au coût de la vie, c’est condamner les institutions à dépérir à petit feu, c’est pelleter les dettes et les décisions impopulaires dans le futur, pour les générations à venir. Les bâtiments tombent en ruines, les équipements dans les laboratoires sont dépassés, mais on continue à entendre les gens se plaindre d’une augmentation de 50$ des frais par session. Come on! S’il n’y avait pas eu de gel, une augmentation suivant le coût de la vie aurait été juste normale, mais là on a frisé le drame national.

    Encore faut-il se rendre là bien sûr. Ce n’est pas à cause des frais de scolarité qu’on a un taux de décrochage de 30% et plus au québec, bien avant de se rendre à l’éducation post-secondaire.

    Qui s’instruit s’enrichit. Les études le prouvent à répétition, ceux qui poursuivent leurs études en général ont de meilleurs emplois et de meilleurs salaires. C’est donc un investissement qu’une personne fait. Au lieu de parler de gel de frais de scolarité, on devrait au Québec se questionner sur les modalités qui permetttraient aux étudiants moins fortunés d’étudier et de payer une partie des frais à la fin des études, ou un rebalancement des prêts et bourses. Ou alors les universités, à l’image de l’Universtié de Sherbrooke, pourraient aider les étudiants à trouver des stages rémunérés dans leur domaines, un régime qui a fait de cette université un leader tout en permettant à ses étudiants (j’en fut) de payer leurs études et d’acquérir de l’expérience précieuse à la fin des études quand vient le temps de se trouver un bon emploi.

    Cela étant dit, comparé à l’époque où j’ai fait mes études, je trouve que les jeunes ont bien de l’argent. Allez, combien des jeunes aujourd’hui ont un cellulaire? Combien ça coûte, déjà ces bébelles là?

    Ce qui aiderait la fréquentation scolaire se serait l’entourage et l’attitude générale envers l’éducation, qui est loin d’être positive. J’ai même un fils qui me dit que c’est pas vu comme cool d’avoir de bonnes notes à son école! Ah oui, c’est vrai, s’il jouait au Hockey ou au Basket, là ce serait cool, il pourrait rêver de devenir millionnaire sans compléter ses études….

  • Louis Préfontaine vous avez bien raison.

    Y’en a d’autres qui peuvent bien ne pas vouloir l’admettre mais ce message sous-entend bel et bien que la hausse des frais de scolarité pourrait influencer à la hausse la fréquentation des universités. Le titre est plutot sans équivoque.

    J’ajouterais pour ces gens, de grâce, essayez d’éviter les fautes de français, ça nuit grandement à la crédibilité. Surtout pour émettre une opinion au sujet des études supérieures!

    D’ailleurs, pour l’équipe de rédaction, la vrai question n’est pas vraiment que “des droits de scolarité bas encouragent les études” car pour les gens qui ont de l’argent et/ou le support de leurs parents ce n’est un facteur aussi crucial que pour ceux qui sont autonomes. La vrai question est bien que pour les étudiants dans le besoin, les droits de scolarité abordables découragent moins aux études.

    C’est aussi une question de culture et y’a pas à dire, la culture d’encourager l’éducation n’est pas si répendue au Québec.

  • Gel des frais de scolarité mon Q! Pendant toutes ces années ou les frais sont demeurés “fixes”, le % du portefeuille que cela représentait diminuait à mesure que l’inflation faisait augmenter le coute de la vie année après année.

    Les quelques +/- 1100$ par session de frais de scolarité que je devais me taper en 1995 représentaient beaucoup plus d’argent que les mêmes 1100$ qu’un étudiant devait débourser 10 ans plus tard. Donc, on valeur relative, les frais on DIMINUÉS au cours de ces années.

    Vous ne me ferez pas pleurer parce qu’on augmente les frais de scolarité. C’était a peu près temps. Nos université manquent de ressources. Je ne suis pas fiscaliste, donc je ne pourrai dire à quel point les frais devraient être augmentés pour assurer la pérénité de nos institutions du savoir. Mais au strict minimum, les frais doivent être indexés au coût de la vie.

  • Nous sommes ici au Québec où les Préfontaines sont légion. Ils utilisent l’argument massue de la gauche: les injures personnelles. Faut pas s’en faire avec ça. Les injures fusent aussitôt que les gauchistes sont confrontés à des faits déplaisants (pour eux) qu’ils sont incapables de réfuter par des arguments sérieux.

  • D’accord avec Simonac… Je crois que la hausse moins grande d’universitaires est aussi liée au fait que beaucoup de gens font le choix de faire des DEC techniques ou des diplômes professionnels… On leur dit que ce sont les nouvelles jobs d’avenir… Au courant des dernières années, les jeunes étaient plus confiants d’avoir un emploi payant en faisant un DEC ou un professionnel… Ce qui n’était pas faux avant la crise…

    Ils ne sont pas très chauds à l’idée de voir leurs collègues de 24-25 ans avec un bacc en poche et peu de débouchés professionnels… Je fais partie de ceux et celles, qui, avec un bacc, avaient beaucoup de difficultés à me trouver un emploi une fois sortie de l’université. Aussi, j’ai vu un grand nombre de mes collègues abandonner leur champ d’expertise parce qu’ils ne trouvaient pas d’emploi dans leur domaine ou parce qu’ils sont payés au salaire minimum… (ce qui est assez frustrant quand tu viens de te taper un bacc ou un grade plus haut)…

    Cependant, avec la crise économique où on ferme de plus en plus de portes (les coupes de personnel et le gel d’embauches), je ne sais pas ce qu’ils feront… Peut-être feront-ils des études supérieures plus longtemps, le temps de se perfectionner en attendant que la relance économique arrive… Qui sait?

  • Avant de faire payer les étudiants, le gouvernement du Québec pourrait deja commencer à faire sa part. Il y a sous-financement des universités Québécoises par rapport aus autres provinces et ce malgré qu’on paye plus d’impots

    Dépenses per capita pour le financement des universtités:

    Québec: 708$
    ROC: 834$

    Une difference de près de 18%!!!

    Évidemment le décrochage au secondaire est un gros problème au Québec. Mais en meme temps, quand un plombier est mieux payé qu’un chercheur en neurologie…

  • A ce que je sache, en France, l’education superieure est gratuite pour les plus intelligents seulement. Les universités publiques (les meilleures) sont gratuites, mais font une selection tres serrée. Le reste du monde doit aller payer le gros prix dans une université privée (moins réputée).

    On discrime sur l’intelligence (ou plutot, les resultats scolaires) plutot que sur la richesse. Peut-etre un peu plus noble, mais certainement pas beaucoup mieux.

  • M. Pratte, le phénomène de “double cohorte” en Ontario, ça vous dit quelque-chose? En 2003, le gouvernement ontarien a décidé de retrancher un an aux études secondaires en Ontario, ce qui a eu deux effets: 1) deux cohortes sont rentrées simultanément en 2003 sur les bancs de l’Université, gonflant artificiellement les effectifs universitaires 2) La plupart des universités ontariennes ont commencé à remplacer des programmes de baccalauréat de 3 ans par des programmes de 4 ans.

    Les effectifs ontariens sont donc artificiellement gonflés: il n’y a pas énormément plus d’étudiants d’une génération qui fréquentent l’université en Ontario. Simplement que comme ils y passent 4 ans plutôt que 3, il y en a automatiquement 33% de plus à la fois dans le système universitaire.

    Vous devriez vérifier ce genre de données avant de tirer des conclusions à la va-vite!

  • @ sammmuel
    J’appelle ça de la malhonnêteté intellectuelle quand on utilise les chiffres n’importe comment. L’un des principes en économie est d’évaluer un changement “ceteris paribus”, c’est-à-dire lorsque tous les autres paramètres que celui qu’on veut évaluer sont identiques. Manifestement, comparer un taux de croissance dans le contexte de l’Ontario et dans le contexte du Québec ne respecte pas ce principe. L’une des différences importantes au Québec est notamment la présence du réseau des cégeps, qui accapare une grande part des effectifs postsecondaires!

  • Personnellement, je suis pour la hausse des droits de scolarité. Valoriser le statut d’universitaire, financer la recherche, créer un climat d’émulation et d’excellence: tout cela a un prix.

    Mais prétendre que cette hausse ne fait pas baisser les inscriptions est un peu facile, pour ne pas dire boiteux.

    Voici un exemple: La hausse des frais en Colombie britannique pourrait très bien avoir fait BAISSER les inscriptions de 5% et d’autres facteurs (hausse du niveau de vie, baby boom, programmes gouvernementaux, pénuries dans certains secteurs, etc.) pourraient avoir fait augmenter les inscriptions de 35% pour une hausse totale de 30%.

    Ceci n’est pas vérifiable scientifiquement, pas plus que les conclusions de votre article, qui pourrait figurer dans l’encyclopédie du journalisme, sous la rubrique “désinformation”.

    De plus, la clientèle qui s’inscrira à l’université malgré une hausse n’est pas nécessairement la même que celle qui choisira d’abandonner à cause des frais trop élevés ou de l’endettement.

    Nulle part un lien de corrélation n’a été établi entre l’augmentation des frais de scolarité et la hausse des inscription ou l’absence de baisse.

    Personne n’est objectif ou neutre politiquement, M. Pratte. Mais l’acceptation de la subjectivité n’autorise pas la mauvaise foi, qui semble chronique chez vous.

  • Dans ces statistiques, on parle à ce que je vois de l’augmentation du “nombre” d’étudiants inscrits. Il y a des facteurs bien plus important que les frais de scolarité qui influences ces chiffres, notamment la démographie et la présence des inscriptions d’étudiants étrangers, données qui ne sont pas disponibles pour interpréter ces résultats. Alors tout ce débat est futile.

    On peut bien débattre du bien fondé au non de la gratuité vs un juste coût pour les frais de scolarité, mais ces statistiques sommaire ne constituent pas une base de travail solide.

  • Je suis également pour la hausse des frais de scolarité.

    Je viens de terminer un baccalauréat et laissez-moi vous dire que ce ne sont pas les frais de scolarité qui m’ont ruiné, loin de là. En fait, c’est plutôt mon loyer, épicerie et autres factures car j’ai pris la décision d’aller étudier dans une autre ville que Montréal, loin de chez mes parents. Mais ça, c’est mon choix. Mes sessions m’ont coûté entre 1 200$ et 1 500$ chacune pour un total de 6 sessions, 5 ou 6 cours par session (donc environ 250-300$ par cours de 3 crédits). Come on people, ce n’est pas si cher que ça.. Ça fait gros max 2 500 ou 3 000$ par année. Les prêts et bourses offerts par le gouvernement couvrent ça. Et ceux qu’ils n’y ont pas droit, et bien c’est parce que leurs parents font d’assez gros salaire pour leur payer 2 500 à 3 000$ par année. Come on, nos universités font dures ! Êtes-vous déjà allés au pavillon Roger-Gaudry à l’UdM ? C’est tellement vieux, j’ai toujours peur que le plafond me tombe dessus, que les escaliers tombent pendant que je les emprunte sans parler de l’ascenseur… La faculté des arts et sciences ? OMG, avec-vous vu la bibliothèque Bronfman ? Et la faculté de droit ? Il n’y que le nouveau HEC et la nouvelle poly qui font du sens.. (no where la mais à l’UdSherbrooke ce sont aussi les fac de génie et d’admin qui font le plus de sens…) Hey, moi je passais la grande majorité de mon temps à étudier/manger/traîner à l’univ.. c’était mon milieu de vie.. Come on, il faut investir là-dedans si ce n’est que pour nous donner un peu plus de motivation quand on étudie des heures à la biblio avant les finaux..

  • J’invite tous les lecteurs de ce blogue à lire ma réponse à ce texte de André Pratte. hyperlien

  • Il n’y a rien de plus mauvais qu’un service gratuit…la preuve est faite par quatre…quand est-ce que vous allez comprendre cela??

    Si c’est gratuit, les gens en abusent…la nature humaine est ainsi faite!

    Je vais vous donner un exemple tout simple:

    Vous allez chez Costco (Club Price) et vous achetez 10 rouleaux de “Tape” en un seul achat. Vous calculez que ça vous reviens vraiment pas cher du rouleau et vous avez raison, sauf que, vous gaspillez, vous pensez avoir perdu le rouleau que vous utilisez présentement et, au lieu de le chercher, vous vous précipiter pour en ouvrir un nouveau etc… Si vous aviez acheter un seul rouleau pour plus d’argent, vous auriez fait attention pour ne pas le perdre…

    C’est la même chose pour les frais de scolarité…le gars qui paie 4900$ pour une année, il voit à son affaire…celui qui paie 1650$ se dit: Si j’échoue, c’est pas grave, je vais recommencer.

    Il n’y a rien de pire que la gratuité…et en plus, contrairement à la croyance de plusieurs, il n’y a rien de gratuit!

  • N’oublions pas non plus que même si les droits de scolarité demeurent “gelés” depuis quelques années, les coûts totaux déboursés par les étudiants sont en forte hausse. En particulier, les établissements perçoivent des “FRAIS AFFÉRENTS” qui leurs permettent de contourner le gel. Ajoutons à cela des recueils de notes de cours et autres publications obligatoires au coût souvent gonflé, qui s’ajoutent aux manuels scolaires officiels mais dont la vente génère des profits directs. Ajoutons la hausse phénoménale des coûts de tous les services associés au campus (plus de 500% de hausse pour les résidences universitaires de l’UdeM en 10 ans, carte de stationnement hors de prix, etc)… Combien en coûte-t-il RÉELLEMENT à un étudiant montréalais pour étudier à l’université?

  • La gratuité scolaire n’existe pas. Les infrastructures, les professeurs, le personnel de soutien, etc. ça se paye. J’ai hâte que nous nous en rendions compte, mais je ne crois pas que ce soit bientôt que ça arrive. Qu’on le veuille ou non, l’université, ça ne sert pas à vivre sa passion pour un domaine que l’on aime. Tant mieux si c’est le cas, mais ce n’en est pas le but. Elle sert à former des travailleurs qui, lorsque rendus sur le marché du travail, pourront produire pour ainsi payer ce que coûte l’université, le système de santé, etc.

    Le principe d’utilisateur payeur, ça sert à nous rappeler que ce n’est pas gratuit et qu’on n’y va pas pour le simple plaisir de se cultiver. Bien entendu, si c’était gratuit tout ça, ce serait bien que tout le monde étudie dans ce qu’il veut pendant autant d’années qu’il le veut, mais ce n’est pas la réalité. Quelqu’un paye à quelque part, point. Partant de ce principe, il faut rentabiliser l’investissement. Ce serait magnifique si tout le monde pouvait étudier en arts ou en philo parce que ça les passionne, mais si ça ne rapporte pas de richesse pécuniaire en bout de ligne, les générations suivantes ne pourront pas jouir de ce privilège. Je ne parle pas ici d’un combat entre la gauche qui veut des artistes et la droite qui veut des ingénieurs : je parle de la froide réalité de devoir payer ses comptes, que ce soit en réparant un avion ou en vendant un roman.

    Il faut donc que le système d’éducation soit rentable pour la société qui le maintient. On a peur qu’avec une telle pensée, on se retrouve avec plein d’ingénieurs et de médecins, pas de philosophes, d’artistes ou d’historiens. Je n’ai pas peur d’une telle éventualité. Les vrais passionnés suivront toujours leur chemin. Ces artistes, on en a besoin, mais certainement en moins grand nombre que des médecins. Si notre système décourage aussi facilement certains de ne pas poursuivre leur passion, ça apporte peut-être un équilibre. C’est une vision peu poétique de la chose, mais elle correspond probablement mieux aux besoins de la société. Gardons cela en tête : les besoins de la société, pas de l’individu qui veut poursuivre ses rêves.

    Nous devons bien entendu le financer notre système d’éducation. Mais il devrait se financer seul! C’est à dire que s’il augmentait tant que ça la qualité des travailleurs, la productivité, l’économie bref, nous ne penserions pas à le financer par des frais plus élevés. Il se financerait seul avec les dollars d’impôt des anciens étudiants devenus travailleurs mieux payés. Ce ne semble pas être le cas. Si les gens ne parviennent pas à rentabiliser leur investissement suffisamment pour le rembourser, on a un problème. Ce problème, qu’il incombe à l’étudiant ou à la société, reste entier : il indique à mon avis que dans l’ensemble, nos études ne valent malheureusement pas ce qu’elles coûtent.

    À ceux qui croient que l’université est la seule façon d’éduquer un peuple, je vous demande de vous réveiller. Les français ne sont pas cultivés que parce qu’ils vont à l’université. Ils le sont certainement parce que la culture est valorisée dans leur pays. Arrêtons de considérer l’université comme un droit inaliénable et le seul chemin vers la rédemption. Je n’ai jamais mis les pieds dans une université, ça ne m’empêche pas d’être compétent, cultivé et heureux (entre autres).

  • La solution est simple, redonner l’éducation aux Jésuites.
    C’est eux qui ont éduqué nos québécois les plus “illustres” avec les résultats que l’on connait. Comme ils sont religieux, ils ont des convictions et tous le monde sait que les gens avec des convictions c’est un excellent rapport qualité prix.
    En plus, ça ferait plaisir aux anti-renouveau pédagogique qui se plaignent de la réforme.
    Blagues à part, vous cherchez à liquider les acquis de la Révolution tranquille ou quoi ! Comme ça, on pourra vraiment dire que cette “révolution” n’aura bénéficié qu’à une seule génération (après moi le déluge devrait être votre devise).

  • Lorsqu’une personne a un objectif dans la vie, elle va l’atteindre…et ce n’est pas en ayant tout gratuit que ce seras plus facile…petite nouvelle, c’est exactement le contraire.

    Au Québec on a tellement dilué les cours pour les rendre plus faciles et de ce fait espérer un haut taux de réussite que l’on a maintenant des cours sans aucun intérêt et totalement insipides qui sont probablement responsable du haut taux de décrochage dans nos écoles!

    Il faut que ce soit difficile… que voulez vous, l’humain est fait comme cela.

  • @Pager,
    J’ai sursauté en lisant votre opinion selon laquelle les cours sont plus faciles au Québec qu’ailleurs. Pour avoir étudié dans un domaine universitaire, je peux vous dire que non seulement c’était d’un niveau très difficile, mais en plus, j’ai connu des étudiants étrangers provenant de pays tels la France, l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont échoué des cours de niveau Bac et Maîtrise à l’UdeM. Étudier au Québec n’est pas une sinécure et ceux qui arrivent d’autres pays industrialisés en pensant accumuler des A+ dans leurs cours, déchantent rapidement. Nous ne sommes pas une “république de sapins”.

    Pas cher, mal financé d’accord… mais nous avons des professeurs de très haut calibre provenant d’un peu partout dans le monde et notre niveau d’enseignement est équivalent, sinon supérieur, à celui des autres pays du G8.

  • Lorsqu’on compare le Québec et les autres provinces canadiennes en qui a trait aux effectifs universitaires, est-ce qu’on tient compte du fait que les systèmes sont différents ? Les autres provinces ne comportent pas de CÉGEP. Pour être honnête, on devrait comparer les études post-secondaires dans leur ensemble.

    Et pour ceux qui croient que la qualité des universités est moindre au Québec, je vous conseille de vous renseigner avant de raconter des inepties. L’université de Montréal est la première université francophone au monde. McGill se classe constamment dans le top 20. L’université Laval est reconnue pour la recherche et Sherbrooke a des programmes innovateurs conciliant les études et les besoins des entreprises. Je ne dis pas que les université québécoises ont assez d’argent, loin de là. Mais elles font beaucoup avec ce qu’elles ont.

  • @hdufort
    Bien dit !

  • @petit-jean

    Ce qui est ironique c’est que l’éducation des jésuites tant décriée a quand-même permis à une génération d’être suffisamment cultivée pour prendre le pouvoir du vivant de leurs aînés…et elle y est toujours, si l’on constate le faible renouvellement de la classe politique.

    Il faut d’ailleurs croire que l’enseignement des jésuites ne relevait pas tant que ça du lavage de cerveau, puisque ça n’a pas empêché cette génération d’utiliser son esprit critique pour renverser le système précédent.

    Peut-on dire la même chose du système scolaire actuel, lorsqu’on voit nos petits moutons bien-pensants qui sortent tous de l’université du même moule idéologique : celui de leurs parents?

    Pendant mes études universitaires, le mot d’ordre était: pas de politique! Quand on sait que la politique, c’est le pouvoir, on comprend pourquoi.

    Quant au sujet de M. Pratte, c’est la suite de cette logique ultralibérale : former de bons techniciens qui ne remettront pas trop en cause le nouveau système idéologique.

    De plus, pourquoi investir dans les universités puisqu’il coûte moins cher d’importer des diplômés formés à l’étranger (médecins, ingénieurs, etc.)?

    Mais chut, le monde meilleur nous attend. On le prépare pour nous.

    Pendant que d’autres décident, occupons-nous d’écologie, ça ne mange pas de pain.

  • C’est le festival du sophisme, ce papier.

    Une hausse des frais de scolarité génèrerait de précieux revenus pour les universités, soit, mais je parierais que ce ne sont pas les étudiants qui vont le plus en bénéficier, du moins pas directement. J’envisagerais plutôt de généreux dons “humanitaires”, le financement de fondations de toutes sortes, des budgets de marketing bonifiés - pour le recrutement, bien sûr, rien à voir avec le standing des institutions d’enseignement… - et peut-être une augmentation de la rémunération des recteurs?

    Avec tous les impôts qu’on paie au Québec, ce serait peut-être le temps de s’en servir pour des trucs comme ça, si on tient tellement à diriger de “précieux revenus” vers les universités.

    Le Québécois moyen débourse déjà suffisamment pour des “projets de société”… À go on arrête de se graisser la patte, s.v.p.!

  • Dans une société ou presque 50% de la population ne paie pas d’impôt, ça veut dire que l’autre 50% paient pour deux. Pour la première moitié, tout est gratuit et pour l’autre, tout coute le double. Comment voulez-vous que chaque moitié s’entende avec l’autre sur la valeur d’un service public? (dans ce cas, le financement des universités et les droits de scolarité)

    De plus, nous avons tendance (une grande part de la population étant allergique au concept de l’utilisateur-payeur) à faire payer tout par tout le monde. Le transport en commun par exemple, est financé partiellement par l’essence, partiellement par les droits d’immatriculation, partiellement par une enveloppe supplémentaire de fonds publics et partiellement par les billets et les laissez-passer mensuels. (Remarquez ici que la majorité des sources de financement de ce service public proviennent de personnes qui ne l’utilisent pas).

    Il en est de même pour tout (cela inclut les universités).

    Où je veux en venir est qu’à force de faire payer tout par tout le monde mais toujours par la porte d’en arrière, on en vient à ne plus connaitre la valeur de quoique ce soit surtout que réacheminer cet argent au bon endroit ne se fait pas par magie. Une fois tout les frais engendré par ce réacheminement payés, combien reste-t-il pour une tel université de mon dollars d’impôt lui étant destiné ? La moitié ? N’oublions pas qu’il y a une différence entre mal financé et mal géré…

    Il est aussi important de connaitre la valeur de ce l’on reçoit. Qu’elle est la valeur de mon diplôme? Est-ce que le cout de formation d’un philosophe est le même que le cout de formation d’un médecin ? Pourtant, ces deux étudiants paieront les mêmes frais de scolarité par session.

    Je retournerai moi-même sur les bancs d’école en septembre et effectivement, les droits de scolarité n’ont rien à voir dans ce choix. Je suis conscient qu’il s’agit d’un investissement. Je veux simplement savoir si je reçois ce pour quoi je paye et j’aimerais également connaitre la valeur de ce que je reçois.

    L’état se doit d’investir dans l’éducation mais je ne crois pas que l’éducation devrait être gratuite (et encore moins qu’on devrait payer les étudiants…). Contrairement à ceux qui prétendent que l’éducation est un droit, je crois personnellement qu’il s’agit d’un devoir et qu’il revient à chacun de se prendre en main.

  • “si c’est gratuit, il va y avoir de l’abus, tout le monde va faire 3-4 bacc.”; “les études en arts et en philo ne profitent pas, donc il ne faut pas payer les frais de scolarité.”

    On voit tout de suite que notre société ne valorise pas le savoir. Vous croyez vraiment que faire un Bacc c’est gratuit? 4 ans à ne pas vraiment travailler par manque de temps, à vivre dans des petits apparts avec plusieurs colocs. Je ne connais pas vraiment de trentenaires qui voudraient en être à leur 4ième Bacc!

    Et comme mrcrowley le disait, l’éducation d’un peuple n’est pas seulement l’université, mais aussi tous ces artistes et philosophes pour lesquels il a fallu payer. Et ça ne rapporte rien un artiste, pensons seulement à Robert Lepage, il n’a donné aucune visibilité au Québec.

    Il y a beaucoup d’autres façons de financer les universités que la simple augmentation pour les étudiants, mais cela passe par une révolution dans notre façon de penser. On doit cesser de voir l’éducation comme une marchandise. Imaginez un réseau d’écoles secondaires entièrement privées, où les frais augmenteraient sans cesse. Les parents et élèves monteraient aux barricades, cependant, il est prouvé qu’un diplôme d’études secondaires garantit un meilleur salaire, on devrait donc avoir des utilisateurs-payeurs…

  • Les frais de scolarité devraient refléter une plus grande partie des coûts de scolarité. C’est la seule façon d’être équitable envers tous les contribuables et les étudiants.

    J’ai été à l’université dix ans. J’y étais avant que les frais de scolarité soient gelés. J’ai toujours trouvé aberrant que les frais d’un quelconque service gouvernemental soient gelés.

    On trouve cela uniquement au Québec et dans les pays communistes. La plupart des pays communistes sont en faillite! Qu’attend le Québec pour ajuster les frais de ses services? la faillite|

  • C’est sur que ce n’est pas le prix, mais la culture qui definie si les gens vont ou non a l’universite. Ajoutez que le fait de ne pas payer n’encourage pas les parents a faire beaucoup de pressions pour la reussite de leur enfant: a 3000$ vs 10 000$ par an, je peux vous garantir que la pression de reussir differe.

    Je suis pour le systeme non pas de l’utilisateur payeur, mais de l’abuseur payeur. Gardons les couts bas, mais taxons enormement les echecs et les changements de programmes. Pour ceux qui connaissent reellement le principe francais et non pas uniquement pour sa gratuite, vous savez que vous n’avez le droit qu’a UN cheminement gratuit. Si vous choisissez ingenierie, oubliez hautes finances dans 1 ans parce que vous saviez pas dans quoi vous vous embarquiez. Alors pourquoi ne pas retirer les cancers, ceux qui sont au cegep depuis 10 ans en changeant de programme a tout bout de champs. S’ils ne savent pas quoi faire de leur vie, qu’ils aillent travailler chez Couche-Tard et ils reviendront lorsqu’ils le sauront.

    Et pour ceux qui croient que la gratuite encourage l’acces aux etudes et que ca donne un meilleur QI moyen, detrompez-vous. Il n’existe aucune corelation entre intelligence et education scolaire. Si vous pensez reellement que education = intelligence, alors vous devriez venir debattre de la crise economique, cree de toute piece par des gens bardes de diplomes des plus prestigieuses universites de la planete. Si c’est cela votre definition d’intelligence, alors nous sommes dans le trouble.

  • Allez donc les amis, encouragez Monsieur Pratte: qu’est-ce qu’on attend pour réduire l’université à ce qui rapporte du fric et abolissons ces trucs inutiles que sont les lettres, les sciences humaines (l’économie et une science exacte, selon l’Institut économique de Montréal, elle n’est donc pas à mélanger avec le reste…), les arts, etc. Mieux encore, écrivez-le comme vous le sentez en vous: dehors, les parasites gauchistes qui polluent la société, on devrait les mettre dans des camps de travail obligatoire, vu qu’ils ne produisent rien et blablabla… dans le plus pure sens des discours de Jean-Pierre Plante de Radio XTRM et autres fans de Radio-Pirate.

    Il est temps qu’il fasse plus beau, que de frustrations insignifiantes nous lisons ici… allez jouer dehors!

  • @oktobre7
    Comme je disais… J’ai étudié en lettres et j’estime avoir un emploi fort enviable. À un salaire en tous points comparable à celui de mes potes qui ont étudié en économie ou en droit (du moins, en moyenne).

    Une personne qui perd son temps à l’école (lire, tente sans succès de décrocher un diplôme OU décroche un diplôme pour la seule raison de… décrocher un diplôme, sans que ce dernier ne soit l’accomplissement d’une quelconque passion ou d’un désir d’obtenir un excellent emploi) devrait effectivement quitter l’école… non?

  • Plusieurs mentionnent que plus de 40% des Québécois ne paient pas d’impôts. Y a toutes sortes de raisons, mais si on admet que de poursuivre ses études donne plus de chance d’avoir un emploi, et un emploi plus payant, ça fera pas plus de rentrées en impôts? D’où le besoin de trouver des façons d’inciter les jeunes à rester à l’école, non?

  • @wyztix
    Y’a juste dans Chambre en ville que le monde reste 10 ans au Cégep.

  • Il faut aussi se demander si la qualité de l’enseignement augmente? Est-ce que les classes sont plus grosses? Quel est le ratio professeurs/étudiants? Quel est le niveau d’endettement à la fin des études? Combien de temps passent les anciens étudiants à rembourser leurs frais? En combien d’années les étudiants terminent leurs diplômes? Est-ce qu’ils étudient à temps pleins ou à temps partiels? Est-ce que vos chiffres prennent en compte les cours à distance? Est-ce que l’argent des frais est obligatoirement réinvestis dans les universités?
    Votre raisonnement est beaucoup trop simpliste et vous le savez. C’est beaucoup trop facile de faire parler des statistiques. Répondez à toutes mes questions et vous aurez peut-être un début d’analyse juste de la situation.

  • Hummm…dur pour les marxistes-leninistes de l’UQUAM cette étude!!! Faudra qu’ils abandonnent leurs i-pods, leur cellulaires, leurs i-books et même leurs automobiles et leurs voyages à Cuba pour…payer la juste valeur de leurs études. C’est pas humain surtout qu’ils sont en manque de prolétariens à libérer!

    Si nous voulons augmenter la qualité de l’enseignement universitaire au Québec, nous devons absolument augmenter les frais de scolarité ridiculement bas qui en fait, ne profitent qu’aux riches (vous en connaissez vous des étudiants universitaires qui viennent de familles pauvres et désoeuvrées?), et réviser en profondeur notre modus operanti.

  • @ Louis Prefontaine

    Qui s’instruit, s’enrichit. Si on donne gratuitement - ou qu’on subventionne en la vendant sous son prix coûtant - une formation universitaire, on fait PAYER PAR TOUT LE MONDE le fond de commerce du medecin ou de l’avocat qui en tirera ensuite au moins trois fois le revenu moyen du citoyen ordinaire qui lui aura payé ses études. Où est la justice sociale ? Il faut PRETER à l”étudiant, pas lui DONNER.

    hyperlien

    Pierre JC Allard

  • @ Gengis

    Votre commentaire est l’exemple parfait d’un ensemble de stéréotypes et de généralisations:

    - je ne vois pas pourquoi on devrait obliger les étudiants à vivre avec le moins de trucs possibles, genre en pseudo-pauvreté, parce qu’ils sont étudiants… Comme pour tout le monde (j’inclus là-dedans les travailleurs, oui oui, le “vrai” monde), un budget ça existe.

    - comme si l’UQAM, et juste l’UQAM, est rempli de marxiste-leninistes, et juste de marxistes-leninistes. J’y vais même pas et je trouve ça n’importe quoi.

    - c’est pas encore prouvé qu’une hausse des frais augmenterait la qualité de l’enseignement, entre autres parce qu’il existe pas mal d’autres postes budgétaires sur lesquels une université peut mettre de l’argent, ensuite parce qu’il faudrait déterminer quels sont les facteurs qui jouent vraiment sur la qualité de l’enseignement, et finalement parce qu’il existe déjà une multitude de procédures qui s’attardent à assurer un certain niveau de qualité de l’enseignement.

    - est-ce que l’enseignement est de si piètre qualité au Québec?

    - je suis d’une famille très moyenne (3 enfants, un salaire ordinaire) et avec mon travail commencé ado et les prêts et bourses, je me suis rendu assez loin dans le système éducatif (on peut pas aller bien bien plus loin…). Votre argument comme quoi les frais de scolarité ne profitent qu’aux riches est complètement bidon, j’ai eu des dizaines de collègues de classe pour le prouver, moi le premier.

    Le problème avec des visions comme la vôtre, c’est que vous voyez l’éducation et surtout les études universitaires comme un projet individualiste, qui ne profite qu’à l’étudiant (riche?!). C’est totalement faux, et le jour que le Québec se l’avouera (y a pas encore assez d’étude à ce sujet je suppose…), il ne s’en portera que mieux, beaucoup mieux.

  • Je sursaute en lisant le commentaire: «si c’est gratuit, il va y avoir de l’abus, tout le monde va faire 3-4 bacc».

    Faire un bacc, peu importe le domaine, demande une quantité assez phénoménale de travail. En fait, ce n’est pas très différent d’un travail à temps plein à 40 heures par semaine, avec horaire fixe, avec des périodes de “rush” qui empiètent sur les soirées, les fins de semaine et le sommeil. Celui qui a envie de faire plus d’un bacc et pourquoi pas une maîtrise, et qui réussit, a tout de même accompli quelque chose. Il aura démontré sa persévérance et développé une excellente méthode de travail. Lorsqu’il sortira du système scolaire, il sera en mesure de se trouver un bon emploi payant et de monter en grade.

  • Je ne suis pas convaincu qu’il soit socialement progressiste de faire payer par les fonds publics - nous tous - une formation qui ne servira qu’à quelques uns. Si l’État veut mettre plus sur l’éducation - et il le devrait - je crois que l’effort devrait porter sur le tronc commun général de l’éducation dont tout le monde bénéficie.

    La comparaison avec la santé ne me semble pas applicable, car le malade est une victime du sort et l’État qui le prend en charge le fait dans un cadre d’assurance: tout se passe comme si l’État assumait le paiement d’une prime d’assurance à vie “ab ovo” égale pour tous. La prime payée, bénéficient du service ceux pour qui se réalise la condition “être malade”. Ça me semble conforme à la solidarité qui doit exister dans une société

    Situation différente pour l’éducation universitaire. Ce n’est pas un coup du sort déterminé par la statistique, mais une DÉCISION. Une décision d’investissement dont le décideur va tirer une PROFIT. Et ceux qui prendront cette décision et feront ce profit seront parmi les privilégiés de la société. Faire payer cet investissement - quelque partie que ce soit de cet investissement - par la classe moyenne, me semble injuste.

    ( Voir les liens à mes commentaires précédents)

    Pierre JC Allard

  • @ Vincent B:

    Saviez-vous que pour un étudiant québécois, il en coûte aujourd’hui moins cher de passer une heure dans une salle de cours universitaire que dans une salle de cinéma? Renversant non?

    Et de plus et contrairement à la légende urbaine, les données disponibles pour les provinces canadiennes n’indiquent aucune relation directe entre le niveau des droits de scolarité et l’accessibilité aux études universitaires. En d’autres mots, des droits de scolarité peu élevés ne sont pas associés avec des taux de fréquentation élevés. C’est même l’inverse qui est vrai. Malgré les faibles droits de scolarité au Québec (1862 $ par an, niveau le plus faible au Canada), la fréquentation des universités y est parmi les plus faibles au Canada.

    Pour ce qui est des “retombées économiques” des universitaires qui “bénéficient à l’ensemble des contribuables”, les statistiques démontrent qu’au Québec, en 2001, un gradué universitaire gagnait un revenu annuel moyen de 21 763 $ de plus qu’un gradué du secondaire. En tenant compte du fait que leur vie active sera d’environ 35 ans, le gradué universitaire engrangera alors 761 705 $ de plus que le gradué du secondaire. Même en tenant compte du fait que 50% des gains additionnels du gradué universitaire seront remis au gouvernement en impôts et en taxes, il n’en demeure pas moins qu’il bénéficiera de revenus nets additionnels de 380 853 $. Comme on peut le constater, les bénifices vont surtout dans les poches des universitaires (ce qui est tout à fait normal). En supposant que les frais de scolarité augmentent à 10 000 $ par année (40 000 $ sur quatre ans), ceci représenterait un rendement de 950% – difficile, il me semble, de faire un meilleur investissement! Un tel avantage justifie amplement une augmentation des frais de scolarité pour réduire le fardeau fiscal de l’ensemble des contribuables. Il est clairement injuste qu’un ouvrier qui gagne 15 $ de l’heure paie des impôts pour financer les études d’un futur professionnel qui gagnera 30 $ ou plus de l’heure. Ces généreux revenus supplémentaires compensent très largement les coûts d’instruction versés par les étudiants.

    Les jeunes de familles riches sont deux fois plus nombreux à fréquenter l’université que ceux dont les parents gagnent un faible revenu. Votre position m’inquiète pour un gauchiste: vous réclamez aux contribuables moyens de financer l’éducation des enfants de leurs voisins mieux nantis. Est-ce vraiment ce que vous souhaitez? Pourquoi ne pas faire payer les riches en dégelant les frais de scolarité tout en assurant l’accessibilité à tous en aidant uniquement et strictement les étudiants pauvres?

  • Je crois absolument que la valeur d’une chose est étroitement liée à l’effort consenti pour l’obtenir. La désaffection vouée à l’école publique québécoise est en étroite corrélation avec l’énergie qu’il faut déployer pour y SIÉGER. L’école secondaire publique voit défiler en ses murs beaucoup d’amorphes, d’où sa piètre performance. Jusqu’à maintenant, on a voulu amortir le problème en nivelant vers le bas: quand on a une ”reconnaissance” à accorder, on la donne au plus nul pour ne pas qu’il développe un complexe. On tue l’élite puis on reproche à l’école privée qui fait le contraire d’obtenir de meilleurs résultats. Quand un jeune arrive à l’université, c’est ce même patron qui prévaut… on ouvre à tous quitte à sacrifier l’élite. L’amorphe de l’école publique québécoise n’est pas préparé à relever le défi de l’excellence à moins d’exiger de lui un effort. L’argent peut représenter cet effort.

  • Ok, d’accord que les frais élevés de scolarités ne vont pas décourager les gens qui le veulent vraiment à faire des études universitaires. Toutefois, ce que je me demande, et ce que vous pourriez aborder dans un prochain article M. Pratte, c’est les conséquences lors de l’arrivée sur le marché du travail. Pour faire une histoire courte, je suis originaire du Lac-St-Jean, de parents à l’aise financièrement mais avec une situation précaire (travailler pour une usine qui coupe des postes a chaque 2 ans, voila le sens de précaire ici). J’ai donc emprunté pour aller faire mon bac à l’UL. Or, je ne serais JAMAIS devenu pharmacien de ma vie dans un système ou les frais de scolarité ne sont pas gelés (j’en suis sorti tout de même avec 40 000$ de dettes et je continue de payer pour encore 3 ans post-études). Oups, pardon. Je viens de dire un mensonge, mais je crois bien que vous me voyez venir :)… En fait, peu importe le prix, je me serais inscrit, c’était mon rêve de devenir pharmacien. Sauf que si ça m’avait couté, par exemple, 4922$ comme au BC, et bien vous pouvez rajouter 39 376$ de plus a ma facture. Calculant que je paie ma dette relativement rapidement (sur 5 ans), et bien vous venez de me rajouter 5 autres années d’endettement, pour un total de 10 ans. J’aurais fini l’université a 24 ans et j’aurais été endetté jusqu’à 34 ans?! Donc, je me réveille a 34 ans pas de REER, pas de maison, rien! Ça n’a aucun sens!! Je remercie donc grandement les Québécois pour leur support financier et de m’avoir permis de réaliser mon rêve et je le leur rend au centuple en les soignant du mieux que je peux.

    Bon, trêve de bavardage et voici quelques questions/constatations:

    - Quel est le retour sur investissement pour un province au niveau global? (Ok, Gengis a bien répondu pendant que j’écrivais mon post)
    -Croyez-vous que certaines provinces, n’ayant pas gelé les frais des universités, ne seraient pas en quelque sorte en train de parasiter le Québec, en ce sens que le Québec paie plus cher pour former ses professionnels et que les autres se servent de l’argent économisée pour payer plus cher les-dits professionnels afin de les attirer ailleurs? (je prend ici l’exemple de la pénurie de pharmaciens en Outaouais car les salaires sont plus élevés en Ontario; les gens étudient ici et travaillent la-bas)?

  • @pierrejcallard

    Tout a fait d’accord sur plusieurs de tes points, sauf celui-ci: Une décision d’investissement dont le décideur va tirer une PROFIT. Et ceux qui prendront cette décision et feront ce profit seront parmi les privilégiés de la société. En fait, je suis d’accord et non. Effectivement, suite a mon bac en pharmacie, je suis un privilégié côté salarial. Sauf que je suis considéré travailleur autonome, je n’ai aucune assurance, aucun fond de pension, aucune sécurité d’emploi (pas dans le contexte actuel, mais un pharmacien il y a 10 ans, ça gagnait 18$/hrs et c’était remplacable). Pour ce qui est du fait que j’ai fait un investissement, encore la seulement d’accord en partie. Je paie bcp, bcp plus d’impôt que la majorité des gens, je réponds aux questions que les gens ont gratuitement (15% de mes interventions ou demandes d’informations se font par des gens qui ne me renuméreront pas), je collabore gratuitement a pleins de programmes sociaux implantés dans mon quartier, bref cela dépend plutôt de la personnalité de la personne. Étant assez de gauche, j’investis dans ma communauté bcp de temps et d’argent, donc tout le monde en profite. Évidemment, si je garde mon argent pour moi, que je refuse de répondre aux questions sans être payés et que je ne m’implique aucunement dans ma communauté, il est clair que je deviens une perte pour l’État et que cela ne sert que mon profit personnel.

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