Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Cinéma’

Jeudi 3 juin 2010 | Mise en ligne à 5h39 | Commenter Commentaires (23)

Droits d’auteur: l’étau se referme

MUSIC AT THE BEACH 20091201_mNDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Le nouveau projet de loi fédéral sur le droit d’auteur contient des
mesures intéressantes pour les citoyens et les milieux éducatifs,
mais cet accès est tributaire du bon vouloir des fournisseurs de
contenus. Il suffira en effet qu’un DVD ou un livre électronique soit
muni d’une serrure numérique pour que le simple particulier ou
l’étudiant perde tous les avantages que lui confère la Loi sur la modernisation du droit d’auteur. Car faire sauter un verrou numérique, pour quelque motif que ce soit, sera interdit et passible d’amendes pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars. Et pas besoin de partager des contenus en ligne pour être dans l’illégalité. Si le DVD que vous avez acheté ne vous permet pas de transférer le film dans votre téléphone intelligent et que vous déjouez cette interdiction, vous commettrez un délit.

C’est malheureux, car on sent une volonté de tenir compte de l’usage privé et non commercial que les individus font des nouvelles technologies. Ce projet de loi fait donc preuve de plus de souplesse que sa mouture précédente (C-61). Mais il permet aux entreprises détentrices des droits d’auteur de réduire cette souplesse à néant.

Qu’un producteur de jeux vidéos puisse sévir contre les petits malins qui vendent des copies piratées de leur nouveau titre vedette, c’est légitime. Mais si votre trajet matinal en train est le seul moment dont vous disposez pour regarder des films ou des émissions télés, pourquoi vous empêcher de les visionner sur l’appareil de votre choix? Et que dire des livres destinés aux étudiants? Tout au long de ma scolarité, j’ai acheté des bouquins usagés, chaque fois que je l’ai pu. Pourquoi un éditeur d’ouvrages en format électronique aurait-il le droit de mettre un verrou qui empêche l’acheteur de revendre ses manuels ou ses romans une fois qu’il en a terminé? Est-ce acceptable?

Reste à voir comment les détenteurs de droits exerceront leurs nouveaux pouvoirs – si le gouvernement Harper réussit à faire adopter son projet de loi. S’ils s’en servent pour faire fermer des services de partage illégal, passe encore. Mais s’ils les emploient pour traîner en cour des mères d’ados qui s’adonnent au téléchargement illégal, ça risque de barder. Même si le projet de loi réduit de beaucoup les amendes pour les usages non commerciaux.

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Samedi 29 mai 2010 | Mise en ligne à 10h31 | Commenter Commentaires (33)

André Mathieu au cinéma

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Mario Roy

La sortie en salles du film L’Enfant prodige (le film de Luc Dionne sur André Mathieu), ce week-end, me remet en mémoire un film de… 1947 9683137(non, je n’étais pas encore au monde à ce moment-là…) qui a dû donner à beaucoup de Québécois une première occasion d’entendre notre “Mozart” à nous.

Il s’agit du film La Forteresse , tourné à Québec, qui mettait notamment en vedette Paul Dupuis et Nicole Germain. J’en parle ici parce que la trame musicale du film était faite à partir du deuxième mouvement du Concerto de Québec d’André Mathieu, interprété par Neil Chotem. En 1947, Mathieu avait 18 ans et avait composé ce concerto cinq ans plus tôt -incroyable, non ? Il s’agit d’un film policier dont j’ai oublié le détail mais qui m’avait beaucoup frappé, notamment par sa musique, lorsque je l’avais vu à la télé dans les années 70 (il est toujours à la télé, d’ailleurs, accessible par le service de films sur demande d’un célèbre câblodistributeur…).

Est-ce que, parmi nos fidèles lecteurs, quelqu’un a un souvenir particulier de ce film ? Ou, l’âge aidant, a assisté à une partie de son tournage dans les rues de Québec ?

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Lundi 14 décembre 2009 | Mise en ligne à 5h48 | Commenter Commentaires (30)

Le Tintin de Spielberg: irez-vous le voir?

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Une scène de Tintin et le mystère de la Toison d’or

André Pratte

Le Monde offre en kiosque, pour la période des Fêtes, un numéro hors-série sur Tintin. Cette publication «retrace la saga et dévoile encore d’autres secrets de fabrication du héros». Difficile de croire qu’il puisse y avoir du nouveau à révéler sur Tintin, né dans l’imagination de Hergé il y a 80 ans cette année. Peu importe, je suis sûr que ce numéro spécial se vendra très bien. Même si le dernier album a été publié en 1976 et que Georges Rémi est mort en 1983, Tintin marche encore fort.

Pour attirer l’attention sur ce numéro spécial, Le Monde publiait il y a quelques jours une entrevue avec le cinéaste Steven Spielberg. Spielberg, on le sait, est en train de tourner son premier film basé sur les aventures de Tintin, film qui sera projeté en 2011. Le producteur y parle de certains aspects du tournage. L’exercice est éminemment périlleux; Tintin n’est pas Indiana Jones. Le monde qu’il parcourait avec Milou et Haddock n’existe plus. Aucun acteur ne peut incarner Tintin de manière crédible, en raison notamment du  physique improbable du héros.

Les deux films précédents réalisés sur la base des aventures de Tintin – Tintin et le mystère de la Toison d’or et Tintin et les oranges bleues – datent des années 1960. Le public fut déçu: on n’y retrouvait pas la magie des dessins de Hergé. L’acteur principal, Jean-Pierre Talbot, était un enseignant sans histoire choisi pour la seule raison de sa ressemblance avec le «reporter». Ce furent ses deux seuls films.

Comment Spielberg s’y prendra-t-il? Dans l’entrevue au Monde, il explique que le film (mélange du Secret de la Licorne et du Crabe aux Pinces d’or) est tourné grâce à la technique dite motion capture. Les comédiens jouent sans décors ni costumes. Leurs mouvements sont captés par ordinateur. Commence ensuite un travail de moine visant à restituer numériquement l’esthétique de la BD. Le film montrera «des vrais gens, mais vus par Hergé.»

Grand amateur de Tintin, j’éprouve encore beaucoup de plaisir à relire les albums. Le récit n’a plus d’intérêt, mais j’y admire le dessin de Hergé, en particulier son sens du mouvement. Il suffit de remarquer les poses et les mimiques de Milou pour réaliser combien le dessinateur était fin observateur.

Certain à l’avance d’être déçu,  j’irai quand même voir le premier film (Spielberg prévoit une trilogie), par curiosité.  Et vous?

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