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Vincent Brousseau-Pouliot
Une grève générale de 48 heures, des ministres qui démissionnent, les policiers grecs qui menacent d’arrêter les fonctionnaires européens pour « chantage » et « politiques destructives » : la dernière entente de principe conclue jeudi entre la Grèce et l’Europe provoque passablement de remous. Au point où l’entente pourrait échouer.
La dernière impasse? Les politiciens grecs ne veulent pas imposer les compressions de 300 millions d’euros dans les régimes de retraite qui sont demandés par l’Europe. Le premier ministre grec Lucas Papademos tente de dénouer l’impasse, notamment en proposant d’autres coupes alternatives de 300 millions. Un ancien vice-président de la Banque centrale européenne nommé à la tête du gouvernement grec en novembre dernier, Lucas Papademos a averti les membres de son gouvernement de coalition de l’importance d’adopter le plan d’austérité. “Nous ne pouvons pas laisser la Grèce faire faillite”, a-t-il vendredi lors d’une réunion du conseil des ministres de la Grèce.
L’Europe s’impatiente, d’autant plus que le gouvernement grec ne veut pas s’engager par écrit à respecter l’entente après les élections qui pourraient se tenir au printemps. Les pays de l’Union européenne, qui ne veulent pas renégocier avec la Grèce après les élections, exigent un engagement par écrit qui lierait la Grèce peu importe les résultats électoraux. « Il faut vraiment que cette affaire se termine et se boucle », a déclaré vendredi le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.
Tous les Grecs ne l’entendent pas ainsi. Après une première grève générale mardi où 20 000 personnes ont protesté dans le calme, les Grecs remettent ça aujourd’hui et samedi. Le syndicat des policiers grecs a aussi menacé par lettre d’arrêter les représentants de l’Union européenne et du Fonds monétaire international à Athètes pour « chantage » et « politiques destructives ». Cette menace pourrait difficilement être mise à exécution puisqu’un juge doit approuver un mandat d’arrestation.
La Grèce a besoin d’un plan de sauvetage de 130 milliards d’euros – le troisième en trois ans – pour renouveler des obligations de 14,5 milliards le 20 mars. Pour obtenir ce plan de sauvetage, le gouvernement grec doit réduire ses dépenses et son déficit. Les dernières mesures d’austérité demandées par l’Europe atteindraient environ trois milliards d’euros. Le taux de chômage est de 21% en Grèce, dont 48% chez les 15-24 ans.
L’Europe a fixé le milieu de la semaine prochaine comme échéancier pour que la Grèce adopte son dernier plan d’austérité. Le gouvernement de coalition a perdu hier l’appui d’un de ses trois partis : l’Alerte populaire orthodoxe, un parti populiste d’extrême droite qui votera contre le plan d’austérité. L’Alerte populaire orthodoxe ne comptant que 16 députés sur 300, l’entente devrait tout de même être approuvée par le parlement grec. Le gouvernement conserve toujours 252 sièges sur 300.
S’il n’y a pas d’entente, la Grèce pourrait être en défaut de paiement et devoir abandonner l’euro. Certains observateurs du milieu financier ont peur qu’un défaut de paiement de la Grèce engendre des conséquences négatives sur l’économie mondiale, un peu comme la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. Qu’en pensez-vous? La Grèce doit-elle accepter les mesures d’austérité imposées par l’Europe? Craignez-vous son départ de l’Union européenne?
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