Photo Patrick Sanfaçon, La Presse
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Ariane Krol
Le modèle des Centres de la petite enfance (CPE) est mûr pour de sérieuses remises en questions. Le rapport du Vérificateur général du Québec, mercredi, ne sera pas tendre à leur égard. (Ajout: vous le trouverez ici, au chapitre 5)
Le ministère de la Famille doit s’occuper de ses problèmes de cohérence et de supervision, mais je trouve les lacunes signalées ici encore plus préoccupantes.
«Le Québec s’enorgueillit d’un réseau étendu de garderies à sept dollars par jour. Toutefois cette politique sociale, qui favorise la participation des mères de jeunes enfants au marché du travail, attire moins les mères pauvres dont les enfants profiteraient davantage d’une stimulation précoce que les autres», souligne la Direction de santé publique de Montréal dans son rapport annuel.
Ça se vérifie ailleurs au Québec. Les enfants qui auraient le plus besoin de fréquenter un CPE n’y vont pas. C’est un problème majeur. Évidemment, le travail des éducatrices n’est pas perdu. Je n’ai pratiquement jamais entendu de commentaires négatifs de parents qui ont la chance d’avoir des places en CPE. Mais leurs enfants, pour la plupart, s’en tireraient très bien à l’école s’ils n’étaient pas passés par là. Pour les enfants de milieux défavorisés, par contre, ça peut faire toute la différence du monde – la différence entre décrocher ou réussir ses études.
Malheureusement, c’est souvent dans les secteurs moins aisés de l’île de Montréal que le nombre de places en CPE par 100 enfants est le moins élevé. Ça n’explique pas tout, puisque les familles qui ont un revenu moindre ou dont la mère est peu scolarisée ont moins tendance à utiliser les services de garde. Le directeur de santé publique de Montréal a beau recommander d’accroître l’accessibilité aux CPE dans les quartiers les plus démunis, je me demande qui va l’appuyer.
Ce serait pourtant essentiel. On parle toujours des «places à 7$» sous l’angle économique. Ce qu’elles nous coûtent collectivement, ce qu’elles permettent (deux revenus dans le ménage, un enfant de plus, etc.), le casse-tête financier et logistique de ceux qui ne trouvent pas de places subventionnés à la fin du congé parental… Où est passée la mission d’insertion sociale?
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