Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Insolite’

Jeudi 10 novembre 2011 | Mise en ligne à 12h47 | Commenter Commentaires (32)

Faut-il séparer les pingouins «gais»?

CANADA__mPhoto Reuters

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Ariane Krol

Ils s’appellent Buddy et Pedro, et ils font une pub d’enfer au zoo de Toronto. Une pub dont l’institution se serait bien passée. L’histoire des ces deux manchots du Cap mâles qui interagissent comme un couple enflamme la Webosphère.

Ce comportement n’est pas si étonnant pour des animaux de même sexe, il a été observé au sein de nombreuses espèces. L’ennui, c’est que l’amitié particulière des deux petits pingouins n’entre pas du tout dans les plans du zoo. L’administration les a achetés pour leur génétique et est déterminée à les séparer pour qu’ils se reproduisent et contribuent à la survie de l’espèce.

Une position qui suscite un déferlement de commentaires sur ce qui est perçu par plusieurs comme une intervention homophobe. Le zoo promet maintenant que Buddy et Pedro pourront retourner ensemble une fois qu’ils se seront accouplés avec des femelles.

Il y a peut-être là une leçon pour les défenseurs des animaux: trouvez-vous quelques veaux, vaches, cochons, poulets «gais», et vous réussirez peut-être enfin à intéresser le grand public au bien-être des animaux d’élevage…

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Jeudi 26 mai 2011 | Mise en ligne à 11h08 | Commenter Commentaires (40)

Accommodements: une crise inventée?

héroux_s

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André Pratte

Dans un film documentaire projeté ces jours-ci*, le conseiller municipal d’Hérouxville, André Drouin, co-auteur du fameux code de vie du village qui a grandement contribué à la «crise» des accommodements raisonnables, laisse entendre que le document a été sciemment rédigé pour attirer les médias et choquer la population. Interrogé mercredi à ce sujet par notre collègue Laura-Julie Perreault, Drouin a confirmé: «Je riais aux larmes en écrivant ça. Il y avait quelque chose d’absurde dans l’idée d’écrire ce document à Hérouxville», où il n’y a qu’une seule famille immigrée. «Je me suis dit: il y a des journalistes qui vont sauter sur le morceau… Et ç’a été le cas!»

L’affaire d’Hérouxville a contribué à gonfler l’indignation de la population à l’égard des accommodements raisonnables. Enfin, se disaient bien des Québécois, des élus se tiennent debout! Or, le conseil municipal d’Hérouxville se tenaient debout… face à rien.

Rappelons que la Commission Bouchard-Taylor a fait des vérifications au sujet de plusieurs cas d’accommodements qui avaient provoqué la colère populaire. Cette enquête a démontré que bon nombre de ces incidents ont été gonflés ou caricaturés par la rumeur et les médias. S’il y avait bel et bien malaise, les cas d’accommodements déraisonnables étaient somme toute assez rares. Des enquêtes journalistiques avaient d’ailleurs conclu que dans les milieux de la santé et de l’éducation, les rapports entre membres de cultures minoritaires et les institutions se passaient généralement sans problèmes majeurs.

Ce qui mène à LA question: la réalité quotidienne justifiait-elle une crise de cette ampleur? Les craintes des Québécois «de souche» étaient-elles fondées sur des faits ou sur une perception tronquée de ceux-ci? La Commission a conclu que «si le public avait été mis en face à la version documentée des événements plutôt qu’à la version stéréotypée (…) il n’y aurait pas eu de crise des accommodements».

Ce qui ne veut pas dire que le débat aura été inutile. Au contraire, il a permis aux gens de s’exprimer, aux établissements publics de mieux s’outiller, au gouvernement de préciser les valeurs et principes chers aux Québécois, auxquels doit se plier chaque citoyen de la province. Certes, il reste toujours des zones floues, ce qui est inévitable en de telles matières. Mais la crise est bel et bien terminée. La preuve en est que les médias rapportent aujourd’hui très peu d’incidents du genre de ceux qui ont fait la manchette en 2006 et 2007.

* Liberté, égalité, accommodements, du réalisateur Stefan Nitoslawski

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Lundi 7 mars 2011 | Mise en ligne à 18h32 | Commenter Commentaires (29)

L’hiver n’est pas long

Photo La Voix de l'est

Photo La Voix de l'est

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André Pratte

Nous voici en mars, à la suite d’une grosse bordée de neige. C’est l’époque de l’année où l’Homo Québecus (HQ) commence à se plaindre de la durée de l’hiver. Chaque année, quand mars arrive avec une journée ou deux au-dessus de zéro, l’HQ espère l’arrivée du printemps. Inévitablement, il est vite déçu: arrive une vague de froid, puis une tempête, puis une autre. «Cou’donc, ça finit pas cet hiver-là?» Non, pas en mars. Au Québec, le printemps n’arrive qu’en avril, voire en mai.

«C’est pire cette année!» C’est l’impression qu’on a, mais les données historiques d’Environnement Canada prouvent le contraire. En moyenne, il tombe 36 cm de neige à Montréal en mars. C’est seulement 7 cm de moins qu’en février.  Aux 15 centimètres tombés lundi (à Montréal) devraient donc s’ajouter plusieurs autres centimètres d’ici la fin du mois, si la moyenne est respectée. (La situation est évidemment différente dans les Cantons-de-l’est, où la moyenne mensuelle (49cm) a été pulvérisée dans la seule journée de lundi).

Cela dit, il est vrai qu’en 2009 et 2010, il y a eu très peu de neige au mois de mars. Ces années étaient toutefois des exceptions qui confirment la règle. En 2008, il est tombé 77,8 centimètres en mars, dont deux tempêtes de 26 cm et 19 cm.

Alors, il faut prendre son mal en patience et attendre avril. Et même avril peut nous réserver des surprises: le 9 avril 2000, il était tombé 33,9 cm de neige à Montréal!

Ce rappel statistique ne nous empêchera évidemment pas de pester contre l’hiver qui n’en finit plus. Puis on trouvera que ce printemps est trop gris et pluvieux. Et quand l’été arrivera, l’HQ en sueurs soupirera: «Quelle chaleur!» Bref, le Québécois semble rarement satisfait du temps qu’il fait. Qu’en dites-vous? Préféreriez-vous une année sans hiver? Un climat tropical (avec les ouragans en prime!)?

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