Le blogue de l'édito

Archive de la catégorie ‘Politique fédérale’

Vendredi 3 février 2012 | Mise en ligne à 10h21 | Commenter Commentaires (116)

Les Québécois et la peine de mort: tout dépend du sondage…

Photo AP

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NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Selon un sondage Léger Marketing publié vendredi dans Le Journal de Montréal, 57% des Québécois sont opposés à la peine de mort au Canada, tandis que 32% y sont favorables. L’enquête a été menée jeudi, dans la foulée de la controverse provoquée par les déclarations du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu. Cette donnée confirme l’impression qu’on a généralement de l’attitude des Québécois face à la justice criminelle, comme quoi ils seraient plus favorables que les autres Canadiens à la réhabilitation et moins portés vers les sentences sévères.

Cependant, ces données contredisent celles de plusieurs autres enquêtes réalisées au fil du temps, dont la plus récente, beaucoup citée par les médias au cours des derniers jours: selon un sondage Angus Reid réalisé en 2010, 69% des Québécois sont favorables à la peine de mort pour les meurtriers. D’autres sondages avaient précédemment indiqué un appui majoritaire, au Québec, à la sentence ultime:

% de Québécois favorables à la peine de mort – 1990-2012

1990 (Gallup) – 51%

1994 (Gallup) – 55%

1997 ( Gallup) – 66%

2000 (SOM) – 61%

2001 (Léger) – 54%

2010 (Angus Reid) – 69%

2012 (Léger) – 32%

Bien sûr, le libellé de la question et la méthodologie peuvent varier d’un sondage à l’autre. Tout de même, les Québécois ne semblent pas avoir une opinion tranchée sur cette question. Comment expliquer cette volatilité sur un sujet aussi fondamental? Se peut-il que la réprobation générale qui a suivi la déclaration du sénateur Boisvenu ait porté les répondants à taire leur point de vue véritable? Pourtant, je note que selon la même enquête, 41% des Québécois sont d’accord avec les propos du sénateur conservateur.

En tout cas, j’ai du mal à croire qu’en à peine deux ans, la proportion de Québécois favorables à la peine capitale soit tombée de moitié. Qu’en dites-vous?

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Jeudi 2 février 2012 | Mise en ligne à 14h58 | Commenter Commentaires (36)

Pourquoi la politique est une affaire de pros

Photo Presse canadienne

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André Pratte

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu a choqué beaucoup de gens avec ses propos scandaleux au sujet du sort qu’on devrait réserver aux meurtriers jugés non-réhabilitables. Ce n’est pas la première fois que M. Boisvenu tient des propos excessifs. On le sait, l’homme n’a jamais fait dans la dentelle. Tant qu’il n’était que président de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues, personne ne s’en formalisait. Mais il devrait savoir que comme sénateur, et surtout comme porte-parole du gouvernement fédéral dans les dossiers de justice criminelle, il ne peut pas se permettre de dire n’importe quoi.

C’est d’autant plus vrai à l’ère des informations continues et des médias sociaux, alors qu’une déclaration controversée fait le tour du pays dans les secondes suivant le moment où elle a quitté les lèvres de son auteur. Le sénateur Boisvenu a eu beau rapidement s’excuser, la controverse était lancée. Et elle se poursuit 24 heures plus tard. Dans ce monde-là, même des propos beaucoup plus banals que ceux qu’a tenus le sénateur conservateur peuvent mettre leur auteur dans l’eau chaude. La moindre parole déplacée ou maladroite peut valoir des ennuis à celui qui l’a prononcée. Or, les politiciens sont constamment appelés à parler sans notes, notamment à répondre à brûle pour point à de multiples questions des journalistes. Le potentiel d’erreur est considérable.

Le candidat à l’investiture républicaine, Mitt Romney, est à nouveau dans l’embarras ces jours-ci après une déclaration faite le lendemain de sa victoire en Floride. «Je ne m’en fais pas pour les très pauvres, nous avons un filet social. S’il a besoin d’être réparé, je le ferai. Je ne m’en fais pas pour les très riches, ils se portent bien. Je m’en fais pour le coeur même de l’Amérique, les 90, 95% des Américains qui, maintenant, en arrachent». De la part d’un politicien que certains accusent d’être trop riche pour se soucier des gens ordinaires, cette phrase constituait une gaffe de premier ordre.

Photo Presse canadienne

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Ce n’est pas pour rien qu’un nombre croissant de politiciens évitent toute improvisation dans leurs discours en ayant recours à des télésouffleurs. Cette technique est utilisée depuis plusieurs années aux États-Unis. Elle a fait son apparition au Canada avec Stephen Harper. La fin de semaine dernière, lors du conseil national du PQ, Pauline Marois en faisait usage; pas une parole spontanée dans ses deux discours.

Il n’est pas étonnant non plus que les partis fournissent des «lignes de presse» à leurs députés sur les sujets d’actualité de chaque journée (voir à ce sujet l’article de Jean-Marc Salvet, du Soleil).  Cela évite qu’un élu particulièrement fort en gueule fasse une déclaration qui mette sa formation dans l’embarras.

Le résultat de tout cela, c’est que pour réussir en politique, il faut sortir le moins possible du message cuisiné par les stratèges. Et quand arrive une situation ou une question inattendue, il vaut mieux patiner et prononcer des paroles creuses que de chercher à y répondre sincèrement. Et c’est ainsi que la politique est de plus en plus l’affaire de professionnels, comme M. Charest est Mme Marois, qui maîtrisent bien l’art complexe du parler politique.


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Dimanche 22 janvier 2012 | Mise en ligne à 16h40 | Commenter Commentaires (65)

Mme Marois: 2 M. Duceppe: 0

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

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André Pratte

Quiconque doutait de l’habileté politique et de la force de caractère de Pauline Marois devra, à la suite des événements des derniers jours, se raviser. Le communiqué publié dimanche par Gilles Duceppe, annonçant qu’il renonce à un retour à la politique active, consacre le deuxième KO obtenu par Mme Marois contre son adversaire potentiel. On se souviendra qu’après le départ d’André Boisclair en 2007, M. Duceppe avait décidé de se lancer dans la course. Mais il changea d’idée quelques heures plus tard, constatant les appuis écrasants déjà obtenus par Pauline Marois.

Cette fois-ci, dans ce qui avait toutes les allures d’un putsch, M. Duceppe a fait savoir qu’il était disponible si le Parti québécois décidait de forcer Mme Marois à quitter ses fonctions. On se serait attendu à ce que les déclarations publiques d’appui fusent de partout. Or, cela s’est limité aux deux patrons du SPQ Libre, Marc Laviolette et Pierre Dubuc. Pas un député n’a osé déclarer son voeu de voir l’ancien chef du Bloc québécois prendre la tête du PQ.

De son côté, Mme Marois est rapidement passée à l’attaque, annonçant deux candidatures importantes en vue des prochaines élections. Lundi, dans un discours à l’occasion de la «Semaine de la souveraineté» à l’Université de Montréal, elle doit faire «une annonce importante».

De plus, Mme Marois s’est tout à coup montrée favorable à une éventuelle alliance avec Québec Solidaire, amenant son rival potentiel, Bernard Drainville, à lui donner son appui. Les deux principaux adversaires de la chef ont donc été neutralisés. Le caucus et le conseil national, qui doivent avoir lieu dans les prochains jours et qui s’annonçaient difficiles, seront probablement tranquilles.

M. Duceppe invoque, pour expliquer sa capitulation, la nouvelle publiée à la une de La Presse de samedi selon laquelle le Bloc aurait violé les règles de la Chambre des communes en rémunérant deux employés du parti à l’aide de fonds destinés aux activités parlementaires. «Dorénavant, déclare-t-il, j’entends me consacrer entièrement à défendre mon intégrité et à rétablir ma réputation.» Cette affaire a peut-être joué dans sa décision mais, de toute façon, le peu d’enthousiasme suscité au sein du caucus péquiste par l’annonce de sa disponibilité l’aurait probablement mené à la même conclusion.

Tout indique maintenant que Pauline Marois mènera les troupes péquistes lors de la prochaine campagne électorale. Et sa performance solide des derniers jours devrait améliorer son image au sein de l’électorat.

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