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    Voici un blogue pour ceux et celles qui aiment Vivre... autrement. Ses auteures, deux adeptes de yoga quasi végétariennes et semi-crudivores qui mangent parfois du bacon (bio), s'y intéresseront à la santé, à l'alimentation, à l'écologie, à la mode (éthique, mais pas quétaine!), à la beauté, au voyage et à la spiritualité.
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    Vendredi 13 août 2010 | Mise en ligne à 14h18 | Commenter Commentaires (18)

    Eat, Pray, Love et moi

    Sylvie St-Jacques

    C’était un soir vraiment froid et moche du mois de mars 2007.

    Je me remettais difficilement et pas vraiment intelligemment- relations pansements vous dites?-  d’une rupture avec un gars beau, super brillant, aimable, mais qui n’était juste pas pour moi.

    J’errais comme une âme en peine chez Indigo centre-ville. Ayant décidé sur un coup de tête total de partir seule, un mois, en Écosse (Expedia peut créer l’accoutumance), je m’étais rendue à la librairie pour me procurer un guide de voyage. Puis, au moment de passer à la caisse, mes yeux ont été attirés vers la couverture de cet étrange titre à trois mots.

    eat pray love

    Je ne l’ai pas acheté tout de suite, préférant confier à ma soeur aînée (moins radine que moi) la lecture de cet intrigant objet. Elle n’a pas tardé à livrer son verdict: “oui, c’est très bon, faudrait que tu le lises.”

    Cette semaine, alors que je travaillais sur mon dossier sur le “phénomène Eat, Pray, Love” (qui paraît aujourd’hui dans les Arts et Spectacles), Caro et moi revenions sur ce livre qui nous a tant marquées pour des raisons qui sont propres à chacune d’entre nous.

    Ma soeur- qui a surtout apprécié l’invitation au voyage de ce livre- me disait qu’Eat, Pray, Love était le titre qu’elle a le plus recommandé, dans toute sa carrière d’entremetteuse littéraire …

    En entretien téléphonique, Paul Slovak, éditeur de la maison Penguin (qui a pris le risque de financer le périple d’un an en Italie, en Inde et en Indonésie d’Elizabeth Gilbert) abondait dans le sens de ma frangine, disant que le “virus” Eat, Pray, Love a été moins une affaire de critique et de promo qu’un phénomène de bouche-à-oreille.

    J’ai dévoré Eat, Pray, Love en 72 heures et souligné plusieurs passages. Ce livre m’a transformée, pour des raisons pas très originales apparemment:  les 7 millions d’entre nous qui avons lu ce livre devons bien partager certaines névroses, dépendances et mauvais plis typiques de notre époque.

    Avec le recul, je constate que la lecture du récit d’Elizabeth Gilbert a réveillé en moi le désir d’entretenir un vie spirituelle. Et par cela, je n’entends pas faire brûler de l’encens par jour de pluie ou me faire infuser du thé Eat, Pray, Love (les produits dérivés, quelle hérésie…)

    En décrivant le “mur” qu’elle a frappé entre 30 et 35 ans, Liz Gilbert a mis le doigt, de toute évidence, sur un malaise assez bien partagé. J’en parlais à Mark Darby, mon prof de yoga, cette semaine. Celui-ci me confirmait qu’il était assez typique de voir des gens se mettre au yoga, à cette période de la vie. “Dans la vingtaine, on cherche un confort matériel, on se consacre à trouver un partenaire de vie, faire de l’argent, trouver une carrière. Mais le besoin de trouver un sens finit par nous rattraper.”

    Si, lors de cette soirée de mars 2007, vous m’aviez parlé de l’importance de “trouver l’équilibre” avant de m’annoncer que deux ans plus tard,  j’allais passer un mois dans un ashram en Inde, je vous aurais traité d’extraterrestre.

    J’ai ma soeur à remercier. Et Liz Gilbert.


    • J’ajoutes ce roman à ma ”to-read-list” ;oP

    • Je suis intéressé à lire ce livre depuis quelques temps. Pas du tout pour l’aspect “spirituel” par contre (comme entendu par la majorité du monde) avec yoga et tout. Mais je partage l’idée du “walkabout” (le vrai voyage, contrairement aux club Med ou Cuba), comme une des (la?) meilleurs thérapie d’enrichissement personnelle.

    • Voici, à date, la meilleure critique du livre/film que j’aie lu:
      “Eat, Pray, Love is this typical white, bourgeois bullshit”
      Oh, ma vie est dont ben platte, j’ai dont ben de la misère, je vais aller me trouver dans une place exotique. First World Problem, indeed.

    • Ce livre est une illusion. La gourou chez qui l’auteure a été en Inde – et dont elle cache le nom – a été impliqué dans plusieurs scandales pas très spirituels.
      Après avoir été en Inde et vue la lumière (!) l’auteure n’a pas hésiter à manger du cochon à Bali.
      Cherchez l’erreur…

    • Le nom du gourou de l’auteure E.Gilbert est Gurumayi.
      De nombreux sites témoignent des scandales autour d’elle que Gilbert s’est bien gardé de mentionner. Moins romanesque de savoir que Muktananda (maintenant décédé), le gourou de Gurumayi a été accusé de pédophilie et d’abus sexuels sur des jeunes femmes. Et ce même s’il prêchait l’abstinence sexuelle! Le tantrisme est une excuse d’abus pour trop de gourous.
      Gurumayi a toujours défendu Muktananda, malgré les accusations. Elle est elle-même au centre d’abus de pouvoirs et monétaires. L’Inde peut parfois être un mirage, tout comme certaines pseudo expériences spirituelles. Mais ca fait vendre des livres…

      http://www.leavingsiddhayoga.net/

      http://home.comcast.net/~sresnick2/oguru.htm

      http://www.spiritualwarriorstoday.com/Biography/biography-155_swami-
      chidvilasananda-gurumayi-1955

      http://www.leavingsiddhayoga.net/agitator.htm

      http://www.hindunet.org/srh_home/1995_10/msg00060.htm

    • Je dis ceci sans farce, j’ai 30 ans, je suis marié, j’attends un enfant :
      Après réflexion, questionnement, Dieu est la seule chose qui fait du sens, qui représente l’équilibre. Prenez ça comme vous le voulez.

      *Je fais pas du preaching ici et je suis ni “Jesus freak”.

    • “trouver un sens”….”trouver l’équilibre”….J’habite en Équateur…Ici, on vit au jour le jour, les gens passent beaucoup de temps en famille, ils prennent le temps de vivre, on prend soin des parents âgés à la maison, les gens se saluent sur la rue, on souhaite bon appétit aux tables avoisinantes quand on quitte un resto,les amis réels (et non virtuels!) sont très importants….C’est peut-être juste ça l’équilibre et le sens de la vie…Non pas dans la quête absolue du bien-être, sinon de s’entourer et prendre soin des gens qu’on aime et communiquer avec ces autres êtres qu’on dit humains…mais qui le semblent de moins en moins en étant branchés sur un monde virtuel et une position repliée sur eux-mêmes par le cellulaire, et autres bidules technologique…Je vous invite à décrocher un temps soit-il..Saluez votre voisin (connaissez-vous son nom?!), allez au parc, jouez et soyez vivant…

    • Effectivement, intéressant comme livre.

      Je partage l’idée de stevevallée, en y ajoutant qu’il ne s’agit pas uniquement de l’aspect spirituel.
      Cela peut être aussi de se retirer pour revenir éclairer et prêt à prendre des décisions plus saines.

      Bcp de gens commence à faire du yoga, etc… dans le but d’entretenir une vie spirituelle ou pour trouver des réponses, mais pour pouvoir s’élever faut d’abord être capable de se “grounder”.

      Faudrait définir la spiritualité aussi (plutôt ardu comme tâche), ce mot fait peur à bcp de gens.

      Petit “hint” au passage qui n’a pas rapport avec l’article mais peut faire économiser plusieurs dizaines de $$ à vous ainsi qu’aux lecteurs: Il y a bcp moins cher en matière de billet d’avion qu’Expédia.

      Qq exemples: flightnetwork ou kayak.

    • “Eat, Pray, Love” adapté à la femme nord-américaine moyenne:

      - Eat (bourrez-vous la face de yogourt miracle 0% de gras et sucré à l’aspartame, qui fait maigrir comme dans l’annonce, tout en surveillant de manière obsessive les calories; passez 45 minutes à étudier le menu au restaurant en discutant à voix haute des vertus de la fibre sur le gros colon)

      - Pray (achetez toutes les gugusses inutiles qui pourraient donner l’apparence d’une vie spirituelle, puis faites redécorer votre bungalow avec la toute dernière palette de couleurs “zen chaleureux” de Benjamin Moore; ajoutez un bain d’oiseau en forme de Bouddha à votre rocaille)

      - Love (après le divorce, criez tout haut “les hommes, pu jamais!” tout en vous laissant séduire par le beau parleur ténébreux qui vous laissera tomber; compensez ensuite votre vide affectif en vous bourrant la face de Haagen Dazs, parce que c’est ce que font les filles seules dans les comédies romantiques)

    • Les Américains appellent cela de la “priv-litt”: de la littérature de privilégiés (qui peut se permettre cette aventure à la Julia Roberts?)

    • @ plamarre:

      Oh oui, Kayak.com est là où je planifie mes vols depuis des années, je le conseil fortement. Et hostelworld.com pour dénicher les meilleurs hostels.

    • @ hdufort, trop drôle

      Mais après Bridget Jones 2001, eat pray love 2010, qu’arrivera-t-il en 2019 à la femme qui sera dans la quarantaine bien avancée, aura fait tout ses trips sexuels et spirituels…quelle autre gugusse sera à la mode, où dépensera-t-elle …..

    • @delbosco: complètement d’accord avec vous! J’ai détesté ce livre, que j’ai lu par “pression sociale” en me disant que si des millions de personnes le dévoraient, c’est qu’il devait y avoir quelque chose d’intéressant. Nul-nul-nul. Je me suis pourvue du droit de sauter des pages, tel que le prône Pennac, et j’ai allègrement sauté des passages entiers. Ce livre est d’un nombrilisme écoeurant, la pauvre petite femme qui est donc si malheureuse dans sa petite vie parfaite, avec sa parfaite job et son parfait mari. Alors elle prend l’argent accumulé dans cette vie de misère et de torture et part un an pour se regarder bien comme il faut dans le fond du nombril. Je ne vois pas en quoi le livre de Gilbert est différent de tous ces autres romans d’occidentaux paumés et riches qui décident de “trouver un sens” à la vie. Ah oui, la différence c’est que Gilbert a un fichtre de bon éditeur qui a tellement cru dans sa capacité à vendre ce roman savon qu’il a donné carte blanche à sa belle. Pour moi, Eat, Pray, Love n’est que le résultat de la méga-machine de la littérature qui a décidé que CE livre deviendrait un best seller. Point.

    • Tout à fait d’accord avec mariesol123 et delbosco!
      Quel navet marketing ce livre! J’ai détesté royalement et je n’ai pas été capable de lire le dernier chapitre. Je ne comprend pas du tout l’engouement. C’est l’horreur de voir que ça inspire autant de monde…
      Dans ce cas-ci, la citation de Nietzsche est bien vraie : “Veux-tu avoir la vie facile? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui.”

    • Après tant de voyages et de choses nunuches …

      Un livre pour le retour chez soi !

      Le livre La maison du retour de Jean-Paul Kauffmann, journaliste ex-otage au Liban. Attention Littérature, cependant !

      Paul Beliard

    • Personne n’est contre la vertu. Mais il existe une infinité de manières d’être vertueux. C’est comme la peinture, il y a tant de styles. Pourtant, certaines personnes choisissent de faire de la peinture par numéros et ne se rendent pas compte que la moitié du plaisir d’être libre, c’est de chercher l’endroit et le moyen de vivre sa liberté.

      “Eat, Pray, Love” pourrait être vu comme un livre apportant une prise de conscience sur cette liberté d’être, de bouger et de faire. Hélas, beaucoup trop de gens prendront cette recette au pied de la lettre (l’analogie de la peinture par numéros) et auront donc tendance à émuler très exactement l’héroïne, à consommer des produits dérivés pour “faire comme”, voire même à payer pour un voyage organisé/un tour “Eat, Pray, Love”.

    • Nombrilisme décadent. Je suis du même avis que hdufort et marie-soL. Naiveté des adeptes du yoga qui suivent un guru. Comme on dit en anglais “EVERY SECOND, A SUCKER IS BORN”.Infantilisme, égocentrisme.

    • Je ne comprendrai jamais pourquoi les gens cherchent absolument un sens a leur vie.
      Il n’y en a pas!

      Faites ce qui vous rend le plus heureux, débarassez-vous de ce qui vous rend malheureux. Prenez le temps de vous écouter. C’est tout!

      Les gens qui se réveillent un beau matin et qui se rende compte que leur vie n’est que pur matérialisme ne se sont jamais écoutés. Ils ont préféré suivre les nombreuses pressions sociales.

      Pas besoin d’écouter un gourou, pas besoin d’essayer d’être en harmonie avec le cosmos (c’Est quoi ça, de tout façon?). Vous ne vous sentez pas mal a l’aise de baser votre vie sur les enseignements de quelqu’un d’autre?

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