Sylvie St-Jacques
Depuis qu’une impressionnante portion des femmes de “30 ans et quelques” s’est reconnue dans le ton amical, drôle et gentiment névrosé d’Elizabeth Gilbert, Eat, Pray, Love (ou Mange, Prie, Aime dans sa traduction française) est LE bouquin d’aéroport par excellence.
À Oprah et dans tous les magazines où elle a été interviewée, Gilbert a répété à quel point elle était estomaquée par le méga-succès de son récit personnel d’une année de voyage en Italie, en Inde et en Indonésie. Un road trip intérieur, où elle s’est consacrée à tourner la page après un divorce éprouvant accompagnée de quelques années de mal-être chronique. À sa parution en 2006, qui aurait prédit que la quête spirituelle d’une femme de 35 ans, qui se tourne vers le yoga, la méditation, les cours d’italien et la conversation avec un guérisseur balinais pour se refaire une santé mentale, serait si rassembleur?
Alors que Julia Roberts se prépare à se glisser dans la peau de l’héroïne, dans la version cinématographique d’Eat, Pray, Love et que le bestseller a été la vedette d’à peu près tous les clubs de la lecture de la planète, Elizabeth Gilbert vient d’accoucher de Committed, sorte de “suite” d’Eat, Pray, Love où elle s’intéresse à l’institution du mariage.
On présume qu’il doit être assez paralysant d’affronter l’écran vierge de son ordinateur, quand on vient de commettre un livre qui a été un succès phénoménal. Dans cette conférence TED, Elizabeth Gilbert parle d’ailleurs avec humour et philosophie des mystères et écueils du processus de création.
Mauvaise nouvelle : le New York times rapporte que Committed (dans lequel Gilbert s’épanche sur son ambivalence à se marier avec Felipe, le Brésilien qu’elle rencontre à la fin d’Eat, Pray, Love) est une grosse, grosse déception.
Pas facile de faire de la bonne littérature, avec de bons sentiments…
Lire les commentaires (21) | Commenter cet article







