C’est malheureusement seulement en anglais, mais c’est hilarant et très instructif: The Guardian a demandé à une douzaine d’écrivains leurs dix trucs pour écrire des romans. J’aime bien les réponses succintes (et plutôt cyniques) de Richard Ford:
1 Marry somebody you love and who thinks you being a writer’s a good idea.
2 Don’t have children.
3 Don’t read your reviews.
4 Don’t write reviews. (Your judgment’s always tainted.)
5 Don’t have arguments with your wife in the morning, or late at night.
6 Don’t drink and write at the same time.
7 Don’t write letters to the editor. (No one cares.)
8 Don’t wish ill on your colleagues.
9 Try to think of others’ good luck as encouragement to yourself.
10 Don’t take any shit if you can possibly help it.
S’il y a quelques écrivains québécois qui lisent ce blogue, qu’ils ne se gênent pas pour m’envoyer leurs trucs, eux aussi!
AJOUT: Laura Miller, de Salon.com, apporte un grain de sel intéressant au dossier de The Guardian en proposant ses trucs de lectrice aux écrivains.










unholy_ghost
23 février 2010
13h46
On avait demandé à Wim Wenders, du temps où il était grand, ce qu’il fallait pour devenir cinéaste. Il avait répondu: être capable de partir une auto sans les clés.
venise.passe-mot
23 février 2010
17h52
J’adore la septième ! Je comprends pas la dixième (anglais). La deuxième montre clairement qu’il a des enfants. La 5 montre clairement qu’il a une femme.
jim777
23 février 2010
19h09
C’est bizarre que tous ces trucs fassent référence aux autres alors que le métier d’écrivain est un métier de solitaire.
albine_leblanc
23 février 2010
20h39
Justement, jim777. Perso, j’avancerais le 2 avant le 1, même si le 2 habituellement est le corollaire du 1.
atchoum
23 février 2010
20h48
Le don de raconter, le souffle, l’intangible, il y a des trucs pour ça? S’il y avait une recette, ça se saurait… Mais l’exercice reste intéressant. À quand un truc semblable dans votre cahier lecture?
mikhail_boulgakov
24 février 2010
11h51
Fruit d’une bien modeste expérience… Garroché en dix secondes :
1. Si vous avez déjà lu qq chose qq part, ne l’écrivez pas
2. Évitez les métaphores figées, et n’en faites pas pour en faire
3. N’écrivez jamais les mots ‘un peu’ ou ‘beaucoup’
4. La touche la plus utile sur un clavier est ’select-delete’
5. Comptez vos ‘je’ ‘me’ ‘moi’ ‘être’ ‘avoir’ et ôtez-vous un point à chaque utilisation
6. Ne commencez jamais un chapitre avec un bulletin météo
7. Fuyez la pompe, l’ampoulage, le sententieux, etc.
8. Ne décrivez jamais un lieu où vous n’êtes jamais allé
9. Soyez votre pire ennemi : tout ce que vous écrirez sera vraiment pourri, mais vous n’aurez pas le choix que d’envoyer à l’éditeur
10. N’utilisez jamais une dictionnaire de synonymes. Ni même de dictionnaire : chercher un mot, c’est comme se chercher une blonde, y’a des endroits pour ça mais les meilleures arrivent par enchantement
chroniquesblondes
24 février 2010
12h27
Les trois premiers sont presque des incontournables, le #9 est une fenêtre ouverte.
Jim, pour un auteur, l’enfer, c’est les autres! Pas dans l’absolu bien sûr (quoique… ). Mais dans la pratique quotidienne de son métier, préserver sa solitude est une bataille quotidienne. Pour le reste du monde, on ne fait pas un “vrai” métier et on peut donc être dérangés n’importe quand pour n’importe quoi “c’est pas grave, t’arranges ton horaire comme tu veux”.
Heu, oui, mais j’ai déjà du mal à garder mes neurones en place, alors quand on vient me demander de jouer à Scategories /d’aller aux fraises/d’écouter la crise du jour au milieu de l’écriture d’une scène de meurtre, ça me fout ma concentration en l’air.
Donc, j’ajouterais un répondeur à toute épreuve et un compte Facebook pour donner des nouvelles à tous les amis qu’on ne voit pas/plus pendant qu’on écrit (et qui sont furieux qu’on refuse toutes les invitations), histoire de rester dans le style de vie monastique nécessaire à l’écriture.
Y’a pas plus plate invité qu’un auteur en train d’écrire. Par contre, une fois son manuscrit remis, c’est un joyeux luron!
unholy_ghost
24 février 2010
15h22
8. Ne décrivez jamais un lieu où vous n’êtes jamais allé
C’t'une blague? Brûlons Homère, Dante et Arthur C. Clarke!
fr4nck8
24 février 2010
15h26
je citerais Hemingway: “Buy yourself a rope”
mikhail_boulgakov
24 février 2010
16h05
@ghost
Vu d’même, mais c’est aussi ce qui fait que la SF est en définitive un genre mineur. J’avais lu une fois un peu de prose d’astronaute de première main, et franchement, on y était pas mal plus que dans 2001.
Quant à l’Odyssée, c’est proto-onirique. Décrire des lieux fabuleux, à la Tolkien, est un art en soi.
Je m’en prends surtout aux écrivaillons qui situent l’action d’un polar ‘à Rome’ même s’ils y ont jamais mis les pieds. Ça pue le google à plein nez.
chantalguy
24 février 2010
16h30
Un roman qui pue le Google? Je dois retenir cette idée, ça pourrait servir dans une éventuelle critique… :)
mikhail_boulgakov
24 février 2010
16h46
@chantal
En fait, le premier roman qui m’ait fait l’impression d’une culture générale empruntée de type ‘wiki’ est Life of Pi de Yann Martel. Paul Auster fait cet effet à l’occasion mais chez lui c’est plus maîtrisé.
Google est un outil formidable pour écrire (qu’on pense à StreeView) mais rien ne remplace des éléments vraiment vécus et pleinement intégrés. Et google sent rien, justement !
unholy_ghost
24 février 2010
17h16
Il y a une différence entre googler Rome et avoir une profonde connaissance livresque de la ville. De son âme. Le territoire d’un écrivain c’est avant tout la littérature et reconstruire une Rome imaginaire peut avoir autant d’intérêt que d’y vivre pendant dix ans. Croire le contraire n’est que du naturalisme à la petite semaine. Kakfa a écrit Amerika sans jamais y mettre les pieds, Kubrick a filmé le Vietnam sans non plus y poser son trépied…
hdufort
24 février 2010
21h39
Toujours avoir un calepin ou une enregistreuse avec soi, pour prendre des notes. Combien d’excellentes idées ou de tournures de phrases géniales se sont perdues, évaporées d’un cerveau qui doit penser à mille choses pendant la journée…
la_soldate
25 février 2010
13h57
@Venise: je crois que le dixième doit être pris au sens propre ie: Évitez d’allez ch*er si vous pouvez l’éviter (peut être dans le sens de n’interrompez pas l’inspiration pour quelque raison que se soit). Au sens figuré: Ne vous faites pas ch*er.
ourobouros
26 février 2010
09h24
@mikhail
Vraiment? Vous êtes allé à Jérusalem? J’espère bien, puisque vous avez tant écrit sur Ponce Pilate dans “Le Maitre et Marguerite”…
ilisepa
26 février 2010
11h00
1-Ne jamais s’aliéner le lectorat féminin, il représente 75% des ventes.
2-Ne soyez pas trop compliqués, après une longue journée au boulot…
3-Écrivez de petites phrases toujours au présent de l’indicatif.
4-L’héroïne du quotidien est un personnage obligatoire.
5- Jamais de mots rares.
6-Travaillez avant tout vos relations avec les médias.
7- Laissez votre éditeur vous fabriquer une image.
8- Ne parlez jamais contre Québécor.
9-Dites oui à tout.
10- Imitez ce qui marche déjà.
unholy_ghost
26 février 2010
16h07
Excellent!
alegre
27 février 2010
11h44
1- je pensais écrire ici pour un nombre limité de personnes. Puis, toutes ces fautes que j’ai eues à corriger sur moi-même et tout autour de moi, m’ont questionné au sujet de cette lecture. Était-elle d’ordre plus générale ou s’adresserait-elle à un public dont l’esprit serait plus étendu que le mien? Au fur et à mesure, j’ai trouvé que oui.
2-Je m’imagine écrire des choses incontournables, très frappantes, qui marqueront le petit Poucet perdu dans la jungle du siècle, ou ce qu’il en reste. Mais n’est-ce que de l’ordinaire, finalement qui en ressort? Puis-je espérer qu’on en retiendra quelque chose et qu’on pourra retrouver son chemin? Je l’espère.
3-Le souci de phrases non-confuses nécessite une logique continuelle, pour y bien comprendre quelque chose d’utile.
4-Pour ce qui est de la police de caractères, je vous réfère à celle-ci: VEGESIGNES, disponible à
http://www.dafont.com/fr/vegesignes.font
ysengrimus
4 mars 2010
08h12
Quend le roman que vous avex écrit est difficile, expliquez-le, mais sans vous justifier.
http://ysengrimus.wordpress.com/2010/03/01/adultophobie-l%E2%80%99expression-sans-concession-de-l%E2%80%99epouvante-lancinante-de-mon-imaginaire-de-parent/
Paul Laurendeau