Intéressant papier sur Salon.com à propos du braille, dont l’apprentissage est mis à mal depuis l’avènement du livre audio. Selon la Fédération nationale des non-voyants, seulement 10% des enfants souffrant de cet handicap apprennent aujourd’hui le braille, comparativement à 50% dans les années 50.
Plus intéressant encore est cette question que je ne me suis jamais posée: est-ce qu’un non-voyant qui ne connaît pas le braille est en quelque sorte un analphabète? Car après tout, lire et écouter sont deux activités complètement différentes, qui ne sollicitent pas les mêmes neurones, et qui n’ont pas du tout le même niveau de complexité, selon cet article.
Ce qu’il y a de triste dans cette constatation, c’est que le braille est une invention qui a servi aux non-voyants à sortir de leur condition en leur permettant d’accéder à l’éducation. Ne pas voir ne signifiait plus ne pas lire, et tout un monde de connaissances s’ouvrait enfin à eux…










marie-douce
8 mars 2010
22h54
Saviez-vous que 90 % des personnes vivant avec une déficience visuelle voyaient un peu? Et que plus de 50 % de ces mêmes personnes sont en fait des personnes âgées? Donc, 1) pourquoi demandé à des personnes vivant avec un résidu visuel qui leur permet de lire, d’apprendre un système qui ne répond pas à leurs besoins et 2) pourquoi demanderions-nous à des personnes âgées qui ont perdues à vision suite à des maladies (exemple le diabète) de réapprendre à lire? Donc, toutes personnes vivant avec une déficience visuelle ne sont pas dans l’obligation d’apprendre le braille pour lire. Dans d’autres cas, l’adaptation et l’effort que demanderait l’apprentissage du braille sont trop élevés relativement aux bénéfices qu’apporterait la lecture.
Je suis moi-même atteinte d’une maladie grave de la rétine et, malgré ma difficulté croissante à la lecture, j’ai tenté d’apprendre le braille et je n’ai pas trouvé que ce système pouvait m’être utile. Mais ne croyez en rien que cette inutilité est en lien avec une inactivité, au contraire! Je suis étudiante en droit et je me considère impliquée dans mon milieu.
Par contre, je crois qu’il est important que les jeunes enfants non voyant et incapable de lire puissent apprendre le braille pour ainsi apprendre la grammaire et l’orthographe. Mais, il est correct et normal que ce groupe soit limité et qu’ils apprennent également à utiliser toute la technologie qui s’offre à eux.
Je crois toutefois que la conclusion de la journaliste est erronée : oui, le braille a permis à plusieurs personnes ayant une déficience visuelle de s’intégrer socialement, mais pourquoi nous empêcherions-nous d’évoluer? La technologie nous offre de plus en plus de possibilités et, grâce à elle, je serai une contribuable fière de payer mes impôts! Le braille est un moyen parmi tant d’autres pour arriver au but que je me suis fixé : l’intégration. Ce système de lecture est un moyen, et non l’unique moyen, pour arriver à mes objectifs et ce n’est pas lui que j’ai choisi parce qu’il ne correspond pas à mes besoins. Permettez-moi donc de vous signifier que je suis outrée de me faire reprocher de ne pas utiliser ce moyen de lecture! D’autant plus que des systèmes sont mis en place pour que j’aille accès à la littérature et que je crois avoir un vocabulaire qui ne correspond pas à une personne analphabète.