C’est trop drôle pour que je n’en parle pas. Il y a un gars qui s’appelle Carl Bergeron. Je ne sais rien de lui, sinon qu’il tient un blogue au nom grandiloquent, L’intelligence conséquente – journal de l’offensive conservatrice (on a fait son éducation conservatrice dans Vers demain, des Bérets blancs, mon gars ?). Et qu’il me fait l’honneur d’une rebuffade, aujourd’hui, à propos de ce billet que j’ai pondu, sur cet enfoiré de warden américain qui refuse à une fillette de dix ans qui se meurt d’un cancer le privilège de voir son détenu de papa à son chevet.
Extrait : (ce billet est un exemple de) “compassion” typique du techno-progressisme, qui se décline constamment sur le mode de l’injonction vertueuse et inquisitoriale…
Enfin, vous lirez le billet de Carl Bergeron si ça vous tente, mais je vous préviens, le gars s’écoute écrire, je veux dire par là qu’entre deux mots, il prend le plus compliqué, le plus obscur ; il fait aussi de trèèèèèèèès longues phrases. Bref, la marque des gens qui écrivent lourdement parce qu’écrire lourdement, ça passe pour plus intelligent. Sauf qu’il faut relire trois fois pour comprendre parce qu’on se met immanquablement à penser qu’on manque de Windex et de papier-cul quand on lit la prose des gens qui écrivent lourdement, tant ils sont plates.
Extrait #2 : On se demandera sans peine depuis quand la Loi doit puiser sa pleine légitimité dans les émotions personnelles d’autrui, a fortiori dans celles d’une enfant, pour traiter les affaires de la cité? Qu’est-ce à dire? Parce que la Loi ne fléchit pas et n’apporte pas le réconfort réclamé, elle devient soudain abusive et injuste?
Le gars écrit tellement lourdement, qu’il a oublié de lire ce que j’ai écrit. Que c’est pas une question de loi. C’est une question de pouvoir discrétionnaire, celui d’un fonctionnaire fédéral américain. Il pourrait libérer le prisonnier papa d’une mourante, le warden. Mais il décide de pas le faire. Rien à voir avec la loi, Carl Bergeron…
Je m’égare, désolé. Je voulais vous dire que Carl Bergeron écrit loi avec une majuscule, Loi.
Sauf exception (genre, pour faire ironique), la majuscule discrétionnaire dans un texte d’opinion est l’équivalent du foulard rouge que porte l’aspirant poète fumant une Gitane dans un café. Une coquetterie niaise dont on se moque dans le dos de l’aspirant poète.
Je crois que la majuscule est la marque des idéologues de tous crins.
Je crois que les idéologues devraient avoir des relations Relations* sexuelles plus fréquemment, surtout. Ça les décoincerait.
(*Mario Asselin : merci !)
























verret
22 Mars 2008
22h16
Si tu préfères ça court: DURA LEX SED LEX. Sinon, tout fout le camp et on y va à la gueule du client.
benoitforget
22 Mars 2008
22h29
La phrase qui m’a fait le plus sourire est à la toute fin :”Les commentaires sont fermés”.
Non seulement le gars s’écoute écrire, mais en plus, il est totalement fermé à tout dialogue.
Patrick Lagacé
22 Mars 2008
22h37
Verret, bon sang, pas toi aussi !?! Non, dis-moi que tu me tires la jambe (ok, traduction bâtarde) !!!!!
C’est pas une question de loi, qu’elle soit impitoyable ou pas. C’est justement un cas de « gueule du client » : le warden a un pouvour discrétionnaire dans les cas de circonstances exceptionnelles. S’il n’en avait pas, je n’aurais pas fait de post. Mais il en a un, attribué par la loi, justement. Et il choisit de s’asseoir dessus.
hdufort
22 Mars 2008
22h42
Quand il fait référence aux “affaires de la cité”, il se prend visiblement pour Platon. Ça ne m’étonne pas, puisque certaines personnes très imbues de leur petite personne en viennent à écrire comme leur “mentor” (le personnage historique sur lequel ils ont une fixation).
Il faudrait peut-être faire remarquer à monsieur Bergeron que les choses ont quelque peu évolué depuis les derniers 2400 ans. Nous croyons aujourd’hui que la loi doit se mettre au service des idéaux qu’elle matérialise; par exemple, la loi doit servir la justice. La loi doit servir la dignité humaine. La loi doit permettre à la justice d’assurer la dignité, en faisant parfois preuve de compassion. Évidemment, ces subtilités sont mal reçues par les esprits obtus, pour qui toute trace d’humanité relève du domaine des “émotions” (ce qui, dans leur bouche, sonne comme “chancre mou”).
Il faudrait juste se souvenir, à un moment donné, dans notre démarche intellectuelle, que ce n’est pas la fillette mourante qui est coupable d’un crime. Le devoir de compassion de la société n’est pas ici envers le père, mais envers la fille. S’il y a injustice causée par une application trop stricte de la loi, c’est envers la fille.
Tartin
22 Mars 2008
22h55
@ patrick
c’est étrange ces 2 derniers jours t’as fait 8 sujets de discutions, dont 1 se rapporte à un autre blog sur lequel t’écris même si t’aimes pas la façon d’écrire de l’auteur.. ça donne l’impression de quelqu’un qui a beaucoup de temps libre ;)
moi qui croyait que les blogs étaient purement secondaire à votre métier..
mais bon, maintenant je vois mieux l’émotion derrière le blogueur.. c’est drôle de penser que si j’aurais un blog, on pourrait me pointer du doigt sur cyberpresse :p (ceci n’est pas un reproche soit-dit en passant, mais seulement qu’une remarque)
et sur le sujet… eh oui, c’est la vie.. y en a de toutes les couleurs comme dans les boîtes de smarties.. faut juste s’adapter aux autres comme les autres à nous.. si simple à dire..
roybean
22 Mars 2008
22h56
Moi ce qui me chicote c’est le fait que selon ce que vous en dites M. Lagacé, ce gars serait en tôle pour traffic de je ne sais quelle merde. Pas pour meurtre, pas pour viol. Et on ne semble pas demander qu’il soit libéré à vie, simplement pour voir sa fille. Y a des gars condamnés pour plus que ça qui peuvent recevoir leur femme dans une roulotte. Je me dis que, mutadis mutandis, ça doit se faire pour une petite fille qui se meurt d’un cancer.
Cela dit, c’est vrai que la gestion des exceptions ne doit pas être guidée uniquement par la teneur en émotion d’une situation.
Mario Asselin
22 Mars 2008
22h57
Patrick… Tu aurais pu écrire «Relations sexuelles» avec un «R» majuscule pour que ce soit un peu plus invitant pour ceux que tu vises ;-)
ertw
22 Mars 2008
23h10
Pour continuer dans le latin:
Ivs est ars boni et aeqvi
mais
Nulla regula sine exceptione
et
Summum ius, summa iniuria
lagrenouille
22 Mars 2008
23h16
Ce mec, il écrit comme Mathieu Bock-Côté parle. Mdr! Pour ceux qui ne le connaissent pas (Bock-Côté), c’est un sociologue qu’ils invitent parfois à “Il va y avoir du sport”, pour débattre des questions sociales et qui est absolument, positivement INSUPPORTABLE! On dirait qu’il apprend des textes par coeur et qu’il les recrache, à grand renfort de simagrées hargneuses.
En gros, je trouve ça dommage pour eux, dans le fond, parce que leur façon de s’exprimer fait en sorte qu’on oublie de porter attention (ou qu’on en est incapable, par grand bouts!) au contenu de leur discours, qui est peut-être, qui sait, intéressant…
searabbit
22 Mars 2008
23h17
J’ai déjà commenté sur ce sujet… mais… là, y a un truc totalement ‘pas rap’, mais ça me dérange…et ce n’est vraiment pas mon genre.. mais tant qu’à critiquer…
Si j’avais, j’aurais, Tartin????
S’il te plait???? C’est très facile à retenir…
Et puis, y a pas à y penser trente-six fois, une enfant se meure et demande papa!! On fait quoi???
Me semble que ça ausii c’est simple… mais je dois être trop émotive ce soir…
claude-henri
22 Mars 2008
23h30
si vous voulez lire un autre truc déprimant, et débordant de foi dans la conservation des problèmes du passé hyperlien
roberto1958
22 Mars 2008
23h34
Le système carcéral américain est une aberration complète. Dès le départ, le gars n’aurait jamais dû être condamné pour 5 ans. Je crois sincèrement que les Etats-Unis se fabrique des criminels dangereux. Imaginez ce qu’il se passera dans la tête de cet individu si sa fille meure. Il existe une probabilité non-négligeable qu’il veuille se venger contre la société. J’aime beaucoup mieux le système très clément au Québec, qui fait en sorte que oui, il y a des criminels en liberté, mais ceux-ci ne couvent pas en eux un désir féroce de revanche contre la société…
guillaumelamy
22 Mars 2008
23h50
@patrick Lagacé
Ainsi, vous dites que ce bloggeur fait de longues phrases. Or, vos phrases sont plus longues que celui dont vous faites la critique!
Dans le billet de Carl Bergeron, on compte 38 phrases pour un total de 44 lignes (texte collé dans le logiciel Word, police : ‘Times New Roman’, 12 points de caractères)
Dans votre propre billet, on compte 18 phrases pour un total de 25 lignes (citations excluses).
Le ratio des phrases de Carl Bergeron : 44/38 = 1,15
Le ratio des phrases de Patrick Lagacé : 25/18 = 1,39
Donc, on critique le style d’écriture de l’autre, on le traite indirectement de frustré sexuel (ad hominem), on fait de la leçon orthographique au lieu d’attaquer la théorique… (Vais-je me fais insulter moi aussi parce que j’ai placé du latin dans la phrase précédente?) Ça ne vole pas haut comme débat…
Quoi qu’en désaccord avec M. Bergeron. Son billet a au moins l’honneur d’être écrit dans la politesse
et de faire dans l’argument…
Ayumi
22 Mars 2008
23h56
Euh…
Avez-vous vraiment pris la peine de lire, avant de critiquer?
??
maudell
22 Mars 2008
23h57
C’est interessant de voir a quel point cet homme utilise la meme sorte de propagande qu’il vous accuse de faire… Mais aussi subtilement qu’un gros marqueur rose fluo. C’est aussi malheureux qu’un homme qui se pretend aussi intelligent ne sache pas lire (il devrais elaborer sur le rapport avec l’anti-americanisme… parce que je vois vraiment, vraiment pas). Oups, j’ai voulu laisser un commentaire sur son blogue, mais ils etaient fermes. Je paris qu’il n’y en aurais pas eu epais qui seraient d’accord avec lui, alors ces complots merdiques des medias pour laver le cervaux des imbeciles de la masse, yen a marre. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer (a lire son blogue, je me demandais si c’etait une joke…) ca deviens de moins en moins drole. Ca doit etre ca qui arrive quand on remplace le sexe par masturbation intellectuelle; mais je trouve sa grosse erection cervicale pas mal vide. J’espere tout de meme que votre billet ne lui fera pas trop de publicite…
papitibi
23 Mars 2008
00h04
@ à Patrick
L’usage de la majuscule, dans le mot Loi, n’est ni une faute de grammaire ni une faute de sens. Employé avec une minuscule, le mot LOI ne vise qu’une loi en particulier. La majuscule en élargit le sens; La Loi, c’est un peu le droit - l’ensemble du droit. Parole de juriste… Ceci dit, chez ce Carl Bergeron un tantinet imbu de sa propre Personne, ça dénote un problème certain… J’ai mis une majuscule à Personne; le mot devient alors synonyme de “Majesté”…
@ ertw
Si tu permets, je vais traduire, avant de commenter.
Le droit, c’est l.art de faire le bien et de rendre justice. À chaque règle, son exception. Et l’autre, j’en suis moins convaincu: Plus le droit est grand, et plus la blessure est profonde?
Manifestement, notre blogueur n’écrit que pour lui-même, en des termes philosophico-ésothériques dont il est le seul à comprendre le sens. Je m’en réjouis!
Comment expliquer l’incapacité du Warden d’exercer JUDICIEUSEMENT sa discrétion? Tout est matière d’intelligence. Pas capable, le bonhomme, de donner à l’expression “dans des circonstances exceptionnelles” le moindre sens. Pas capable d’évaluer les conséquences de sa décision sur le succès de la réhabilitation de ce dealer d’amphétamines qui achève de purger sa peine.
Et tout est matière de culture. L’imposition d’une peine constitue, aux yeux du Warden, une simple punition. Une vengeance. Pas capable, le bonhomme, de considérer le volet “réhabilitation”.
C’est son côté “fonctionnaire”, pris dans le sens le moins noble du terme. Il n’est pas payé pour réfléchir. Il est payé pour appliquer la loi dans toute sa rigueur. C’est triste à pleurer…
Et ce qui est plus triste encore, c’est que quelqu’un, un jour, a considéré que ce bonhomme était assez compétent pour occuper le poste et interpréter, de temps à autres, les mots “dans des circonstances exceptionnelles”.
Ce dealer d’amphétamines va sortir de prison et aller prier sur la tombe de sa fille. Ensuite, il va rendre visite a Warden et lui en cri… toute une. Et ce bon warden pourra dire: “Vous voyez, j’avais raison de ne pas le laisser sortir”.
Il n’est pas capable de voir plus loin. Tout comme ce blogueur radical.
bozappa
23 Mars 2008
00h05
Un autre qui souffre de culoculaire : mélange néfaste des nerfs optiques et sphinctoraux. Ça crin .
Patrick Lagacé
23 Mars 2008
00h08
@ Guillaume : Je faisais référence à l’ensemble de l’oeuvre, pas seulement le billet m’étant consacré.
sherbrookoise
23 Mars 2008
00h19
Bonsoir Patrick,
Je vous ai laissé un message tout simple le 21 mars dernier. Il ne s’est pas rendu, comme plusieurs messages que je tente de vous adresser. Je ne sais trop pourquoi.
Pour en revenir à ce cas d’espèce, si on peut dire, nous devons d’abord penser à l’enfant et à son souhait de revoir son père avant de rendre l’âme.
Quant au prisonnier-père en question, on n’aura qu’à bien le surveiller pendant son séjour auprès de l’enfant. Monsieur le directeur de la prison, qui a le dernier mot, pourrait ajouter les journées de « congé » à la suite de sa peine (i.e. quatre mois + X heures ou jours).
Hélas ! Le « warden » en question semble s’accrocher mordicus au principe de la Loi et de l’Ordre.
Je le répète, c’est à l’enfant qu’il faut penser.
Sans doute suis-je naïve.
Et sait-on ce qui pousse quelqu’un à « dealer » de la drogue ? Évidemment pour assurer une certaine survie. Que sait-on au juste de ce père ? La mère soutient qu’il a toujours été un bon père pour sa petite fille.
C’est à hurler cette histoire, bien américaine, semble-t-il.
verret
23 Mars 2008
00h23
@Patrick Lagacé
C’est SON pouvoir discrétionnaire. Pas le mien ni le tien. Ce pouvoir fait partie de la Loi. S’il est exercé dans un sens qui ne fait pas notre affaire, tough luck. Donc, oui, DURA LEX SED LEX, on ne s’en sort pas. Quand on est valet, on n’est pas roi. Je n’aurais pas forcément pris la même décision s’il m’était revenu de décider, mais en attendant, la décision ne m’appartient pas.
Cela dit, dans ce cas précis, la pression médiatique aura peut-être raison des autorités et une volte-face est probable; ce serait un étrange message à envoyer, mais je n’en serais pas étonné le moins du monde.
Tartin
23 Mars 2008
01h40
@ searabbit
ah bin là, j’exige une réforme de la langue française! ;)
gall
23 Mars 2008
02h17
De quelle façon donner du fou à son zizi donne-t-il de la sagesse au jugement?
- Georges Allaire.
malvina
23 Mars 2008
06h45
,,,J’ai fait une recherche et sur Recent US News, nous en savons plus sur ce qui se passe ou ce qui s,’est passé,,, et aussi Journal star.com de Lincoln,, . nous savons le parcours de Yaeger, sa femme et ses deux filles,,
fragments
23 Mars 2008
07h47
Les ultra conservateurs eux aussi sont animés par leurs valeurs en ces jours saint !
La loi et l’ordre la police et les gardiens de prisons sont les prêtes de cette religion. Malheureusement, ce n’est pas exeptionnel cette façon de penser.
fragments
23 Mars 2008
08h44
Mr Lagacée, vous avez dejà les conspirationnistes à vos trousses, maintenant, vous vous venez de vous aliener les fervents de l’odre et la loi ! On va vous accuser bientôt de maudit go-gauche. C’est pas facile d’être humain!
lapafinne
23 Mars 2008
09h00
La guerre de la masturbation intellectuelle est ouverte. Le gagnant est celui qui “pitche” le plus loin………………
papitibi
23 Mars 2008
14h39
@ Verret @ Patrick Lagacé @ tous
L’expression “pouvoir discrétionnaire” n’est pas synonyme de “pouvoir absolu”. Tous les juristes le savent mais puisque tous les lecteurs ne sont pas juristes…
Le pouvoir DISCRÉTIONNAIRE doit être exercé de façon JUDICIEUSE, à l”intérieur de la certaines balises. Ces balises doivent nécessairement tenir compte de la définition qui a déjà été donnée à l’expression “dans des circonstances exceptionnelles”. Pouvoir DISCRÉTIONNAIRE n’est pas synonyme de pouvoir ARBITRAIRE. Et c’est justement dans le but d’éliminer l’arbitraire qu’il faut tenir compte des précédents, ou de ce que j’ai qualifié de “balises”. Dans le cas qui nous intéresse, le Warden a cru, à tort, qu’il peut prendre la décision qui lui plait. Il a rendu une décision purement arbitraire et les tribunaux auraient tendance à juger que le warden n’a pas exercé à discrétion, ou, s’il s’a exercée, qu’il ne l’a pas exercée de façon judicieuse.
À lire certains commentaires, je pense qu’il était temps d’apporter cette distinction entre POUVOIR DISCRÉTIONNAIRE, POUVOIR ARBITRAIRE et POUVOIR ABSOLU.
jean-lucproulx
23 Mars 2008
14h50
@ Pat Lagacé.
Je suis retourné sur le blogue de Carl Bergeron juste pour le fun et j’ai vu qu’il répond à ton billet. Voici d’ailleurs ce billet avec les gros arguments de la mort, toi: hyperlien
À lire les textes catholiques de ce monsieur, j’en déduis qu’il doit être sûrement un Bérêt blanc.
jsbaribeau
23 Mars 2008
15h19
PATRICK LAGACÉ,
Votre perspicacité pleine de sensibilité vous honore. Vous ne confondez pas «intellectuel» («intello») et idéologue. Ce ne sont pas tous les participants aux divers blogues qui réussissent à reconnaître cette distinction, pourtant essentielle. Être un penseur plus ou moins valable ou être un intellectuel plus ou moins compétent, ce n’est pas la même chose qu’être un IDÉOLOGUE dont les horizons intellectuels et analytiques sont bloqués («jammés») par une idéologie simplette et triomphante, par des parti-pris considérés comme indiscutables et sacrés!
JSB, bien modeste intello
jsbaribeau
23 Mars 2008
15h24
CHER LAGRENOUILLE,
J’ai bien apprécié vos remarques décapantes sur le discours habituel de Mathieu Bock Côté. Vous épinglez bien, avec beaucoup de finesse, ce sociologue bizarroïde. Étant moi-même sociologue depuis quelques décennies, je ne puis qu’être ravi par votre commentaire on ne peut plus véridique.
JSB
longueuilloise
23 Mars 2008
15h42
Ah le bonhomme est catholique! Tiens, ça c’est pour notre amoureux de la Loi. Les pharisiens aussi étaient des experts en Loi. C’est leur attitude qu’il faut dénoncer.
«Matthieu 23:23 (Louis Segond)
23Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.»
verret
23 Mars 2008
16h05
@papitibi
Je comprends bien que le pouvoir discrétionnaire d’un responsable ne lui permet pas d’outrepasser les limites fixées par les lois. Rien ne me permet de croire que c’est ce qui ce soit passé ici par ailleurs. En l’absence d’une connaissance approfondie du dossier lui-même ou des précédents concrets pour ce type de requête, je ne me reconnais pas le droit de remettre en cause une décision administrative sur la base toute superficielle de son côté vaguement contre-intuitif et du besoin maladif des médias de faire pleurer dans les chaumières (souvent en omettant des faits qui ne lubrifieraient pas suffisamment la mécanique lacrymale).
Si on me démontrait que l’incurie généralisée, la mauvaise foi ou une soif de vengeance ont présidé au processus décisionnel, je n’hésiterais pas à demander une révision, mais je n’ai pas de raison de croire que l’administrateur a erré. Il devait bien avoir ses raisons, et il semble bien qu’elle se situait dans le périmètre légal prévu.
Par exemple, si le protocole pour pareille escapade surveillée prévoit une généreuse escorte policière et entraîne des coûts prohibitifs, il serait logique de refuser une permission. Quand on se voit privé de sa liberté pour quelques années afin de purger une peine d’emprisonnement, il me semble attendu que certains événements se déroulant hors les murs demeureront hors d’atteinte. C’est triste, bien entendu, mais c’est dans la nature même d’une peine d’incarcération de vous couper de votre monde.
Encore une fois, sans nécessairement accorder une permission de 30 jours, j’aurais personnellement opté pour une mesure plus clémente et moins de nature à générer chez le détenu hargne et ressentiment envers le système, mais je ne suis pas le décideur dans ce cas précis et je respecte les prérogatives de chacun jusqu’à ce que l’abus soit raisonnablement soupçonné.
jonasattali
23 Mars 2008
17h05
Les ideologies sont dangeureuses, et je crois que le combat ideologique entre gogauche et droidroite est le plus dangeureux qui soit. Toutefois, j’ai beaucoup moins peur de la gogauche que de la droidroite. hyperlien
papitibi
23 Mars 2008
18h12
@ verret
“je n’ai pas de raison de croire que l’administrateur a erré. Il devait bien avoir ses raisons, et il semble bien qu’elle se situait dans le périmètre légal prévu”.
D’où tenez-vous. mon cher Verret, que les raisons du Warden se situaient à l’intérieur du périmètre légal prévu?
Je ne suis jamais à l’aise d’étaler sur la table mes compétences professionnelles. Mais les quelques dizaines d’années que j’ai consacrées à obtenir réparation au nom de mes clients m’ont appris que la paresse intellectuelle du preneur de décision n’a d’égale que sa crainte d’être blâmé pour avoir outrepassé ses pouvoirs. Il lui est donc plus facile de dire NON que de dire OUI à une telle requête. Dire NON, c’est souvent une manière de refuser de faire l’effort de justifier un OUI.
… “besoin maladif des médias de faire pleurer dans les chaumières (souvent en omettant des faits qui ne lubrifieraient pas suffisamment la mécanique lacrymale)”.
Patrick Lagacé s’est-il senti visé? Pour ma part, je ne vois pas dans cet article de Patrick le moindre désir maladif de déclencher les glandes lacrymales de ses lecteurs. J’y vois, par contre, une tentative réussie de les amener à relever d’un cran le niveau de leur réflexion.
Je ne partage pas votre point de vue mais je vous reconnais le mérite d’avoir livré des propos articulés. Du choc des idées jaillit la lumière, non? J’imagine qu’il fait maintenant un peu plus clair…
verret
23 Mars 2008
18h37
@papitibi
Par défaut, le décideur sait ce qu’il fait. Si ce n’est pas tout à fait le cas, il faut encore le prouver. Je n’ai vu jusqu’ici aucune preuve concluante permettant de jeter le doute sur la procédure à l’étude, ou sur la compétence du décideur.
Vous avez évidemment le droit de préférer le bonnet d’âne au bénéfice du doute comme valeur par défaut, toutefois, je vous demande de respecter mon droit à la dissidence en ces matières.
verret
23 Mars 2008
18h41
“qu’elleS se situaiENTt dans le périmètre légal prévu” Oi!
Suis allé faire un tour chez le blogueur en question et il semble que j’aie été conscrit à mon insu. Bon… Ça fait partie de la game, j’imagine.
Je ne me suis pas aventuré plus loin que l’histoire de la fillette, je ne suis donc pas en mesure de trancher quant à la filiation entre le blogueur et sainte Gilberte Côté-Mercier. Par contre, ce que j’ai lu ne me rendait pas l’individu foncièrement antipathique, pour peu qu’on fasse abstraction de l’envie évidente d’en découdre avec une mascotte des mass-médias (@PL: c’est dit sourire en coin).
Le style est dense et je comprends qu’on puisse y percevoir un fan de Bock-Côté, mais il n’y pas de mal à écrire pour vrai plutôt que de transcrire bêtement son style oral informel. Évitons le populisme facile: on ne devient pas une baudruche d’intellectuel nombrilliste fini du simple fait qu’on accorde ses participes passés comme du monde, qu’on structure ses paragraphes en fonction d’idées distinctes et qu’on n’applaudisse ni ne pleure en même temps que la majorité émotive pour qui l’irrationalité est un gage d’authenticité.
verret
23 Mars 2008
19h11
@papitibi
L’avantage d’éviter les attaques “ad hominem” dans la discussion dynamique sur un blog, c’est que les échanges qui s’ensuivent peuvent générer des quasi-consensus plutôt cool, et même (voire surtout) des consensus concernant la difficulté de s’entendre. Pas toujours, c’est sûr, mais même quand ça foire, personne à tout le moins n’a à rassembler les morceaux épars de son Ego fracassé pour se recomposer une contenance factice.
jonasattali
24 Mars 2008
00h57
Pat, tu dis qu’il faut lire trois fois pour comprendre, mais j’ai compris du premier coup. C’est un combat de coq et les deux ont gagnés selon moi. Both déplumés.
hyperlien
s.martel
24 Mars 2008
01h40
C’est facile de comprendre l’utilisation d’un style laborieux de la part d’un idéologue comme Bergeron: la culture c’est comme les confitures, moins t’en as, plus tu l’étends.
longueuilloise
24 Mars 2008
08h21
M. Verret
Sans tomber dans le «don’t trust anybody over 30» (ce qui serait drôle vu que j’en ai presque 52), je préfère avoir le réflexe de remettre en question le bien-fondé de l’exercice de l’autorité plutôt que celui de présumer dès le départ qu’il est judicieux.
Qu’est-ce qui est le plus nuisible? Une autorité exercée de manière abusive (si tel est le cas) ou une critique mal fondée? Qu’est-ce qui est le plus nocif pour les droits de la personne? Je préfère avoir le premier réflexe, surtout compte tenu du fait qu’on baigne dans un climat de dérive autoritaire dans le coin du monde où cette histoire se passe.
papitibi
24 Mars 2008
13h10
@ s.martel
Délicieuses, ces confitures! Et pan dans les flans!
@longueuilloise
Bien dit. Et ça traduit tout à fait ma pensée. Comme ça traduit cet autre principe de droit qui veut que l’on doit tenir compte de la balance des inconvénients. Ici, la balance des inconvénients penche indéniablement du côté d’une autorisation de la requête, même le Warden a préféré faire pencher la balance de la Justice (justice?) du côté de la ligne dure.
La Justice est aveugle. Malheureusement, il arrive parfois que ça paraît un peu trop!
hdufort
24 Mars 2008
15h06
Carl Bergeron écrit de manière aussi élégante que La Chicane.
longueuilloise
24 Mars 2008
17h14
Il me reste juste à souhaiter la déconfiture du sieur Bergeron!
marcstpierre
24 Mars 2008
17h28
Carl Bergeron…en lisant ses 3 derniers articles, je suis dégouté de la façon avec laquelle il s’acharne sur ton cas. Drôle de réaction de la part d’un gars qui se prend pour plus intelligent que tout le monde avec ses textes interminables.
verret
24 Mars 2008
18h02
@longueuilloise
Je comprends bien l’indignation qu’on peut ressentir face à une décision qu’on considère inique et mal fondée. Ce que j’en dis, c’est que je suis incapable de me rendre jusqu’à l’indignation dans ce cas-ci dans la mesure où il manque beaucoup trop de pièces au puzzle.
Je n’ai aucune raison de croire qu le directeur n’a pas fait pas sa job ou l’a mal faite. Le détenu a-t-il eu une conduite exemplaire qui justifierait la permission? Je n’ai pas consulté son dossier et je n’en sais rien. Une remise en liberté, même limitée, pourrait s’avérer risquée et difficile à contrôler. La procédure d’encadrement ou de surveillance pour une permission de ce type est-elle lourde et coûteuse? Fort possible.
Dans un monde idéal, un père repenti et libre arriverait au chevet de la petite malade avec un flacon de potion magique et tout le monde vivrait heureux jusqu’à la fin des temps. Dans le réel, toutefois, les choses sont plus complexes. On n’emprisonne ni ne libère les gens sur la foi d’un article bref dont le seul mérite est d’émouvoir efficacement.
Je ne vois en pas en quoi la prudence la plus élémentaire face à un dossier nébuleux et le bénéfice du doute face au travail des autorités font de moi un gros méchant fasciste au coeur de pierre. Je comprends l’attrait romantique de l’idéalisation du père martyr et de la jeune mourante, mais avant de transformer un simple fait divers en mélodrame mexicain à la sauce Monte Cristo, j’aurais besoin d’en savoir plus.
cadavreexquis
25 Mars 2008
03h53
verret : 0
papitibi : 2
Pas de taille mais pas de taille, j’en ai les côtes qui se soulèvent, c’est du burlesque à l’état pur, je vous verrais verret (héhé !) comme fou du roi (pas celui de Radio-Canada !).
chrysobashonga
25 Mars 2008
15h17
Question de curiosité,
J’ai tiqué sur la mauvaise foi dont vous vous accusez Monsieur Lagacé et je suis allé lire sieur Bergeron dans son époque jugé archaïque. Je suis estomaqué par la hargne et le jugement négatif que vous avez réussi à inspirer contre le pauvre. Et si on abordait uniquement le sens de son propos au lieu d’essayer de reviser vos cours de littérature…
Et si on disait franchement que vous avez beaucoup de difficulté à composer avec les gens dont la pensée est très articulée. Et si l’étendu des dossiers que vous évoquez dépassait vos compétences et que la seule issue est de les censurer…Et si on passait tout simplement tout en essayant d’aider justement ceux qui ont des opinions à les clarifier…
Êtes-vous apte à jouer sur ce plan?
Si Monsieur Bergeron dont je n’ai lu que les lignes qui vous ont tous inspiré toutes les diatribes que vous affichez fièrement continuait à écrire, ce que je l’encourage de faire sur son blog( je le lirai )comme je lis tous les intervenants qui laissent leurs traces ici…. Comme quoi, le ridicule ne tue pas et c’est dommage que le nivellement par le bas est un fléau bien enraciné dans toutes les couches et strates sociales.
Je voulais savoir si vous comprenez un iota des conflits de l’Afrique centrale, si vous n’êtes pas du tout informé dans ce domaine. La moindre des choses, c’est de le reconnaître pour vous mettre à l’abri de toute accusion gratuite.
fulcan
25 Mars 2008
17h53
“On se demandera sans peine depuis quand la Loi doit puiser sa pleine légitimité dans les émotions personnelles d’autrui, a fortiori dans celles d’une enfant, pour traiter les affaires de la cité? ”
Monsieur Bergeron démontre par ce passage une très grande méconception philosphique de la Loi. La source de légitimité de la Loi est un problème qui alimente bon nombre de débats et de discussions en philosophie politique. Selon qu’on soit républicain ou démocrate (au sens philosophique), la loi peut tirer sa légitimité du peuple, de la nation, ou de principes moraux (par le biais d’une loi constituante).
Monsieur Bergeron semble expédier l’affaire un peu vite dans le cas actuel. Car sous sa plume, on comprend que la Loi est souveraine et tire d’elle-même la légitimité de sa souveraineté. Ce point de vue, par ailleurs décliné avec mépris pour la compassion qu’inspire la mortalité imminente d’une fillette qui n’aura pu voir son père une dernière fois, est digne d’un fasco. Je signe et répète: ce discours est PAR DÉFINITION, facsiste.
Le directeur de prison jouit d’un pouvoir discrétionnaire qui est justement prévu pour ce genre de situations. Cette disposition DE LA LOI n’existerait pas autrement, et le directeur de prison a décidé DE NE PAS exercer son pouvoir discrétionnaire. Je crois que c’est une honte.
Patrick traite Carl Bergeron d’idéologue, et il a raison. Je rappellerai aussi, à propos de la tournure “guerre des styles d’écriture” que cette discussion a prise, que si le nivellement par le bas sévit dans notre société, le nivellement par le haut, dans sa forme élitiste, est encore plus méprisable.
Au demeurant, Monsieur Bergeron ne fait pas (encore) partie de l’élite journalistique. Loin s’en faut. Son style sent la sueur, a pour ressort une auto-promotion apparente, et témoigne d’une impardonnable ignorance du fait que littérature et réflexion journalistique font très mauvais ménage.