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Patrick Lagacé

Patrick Lagacé - Auteur

Patrick Lagacé

Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.

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Le Samedi 7 Mars 2009 | Mise en ligne à 12h40 | Commenter Commentaires (82)

Doc de Piedmont : le trou noir…

Publié dans la catégorie La vie

J’ai déjà fait un billet sur le drame de Piedmont, je vous avais dit que j’avais tenté d’écrire une chronique sur le sujet. C’est fait. Rarement autant peiné, bûché sur une chronique. Rarement autant écrit « dans ma tête ». Finalement, elle est sortie d’une traite alors que j’allais me coucher, plus tôt cette semaine. La voici, elle s’appelle Le trou noir de Piedmont.

  • C`est pas compliqué,ce gars là était fou de jalousie,il a tué ses enfants pour punir son ex-femme.

    On place ce gars là pour le restant de ses jours en prison,c`est tout ce qu`il mérite.Il est extrêmement chanceux de vivre au Canada.

  • ..tassez vous ! y’a rien a comprendre (nie) a voir ! … et la vie continue !

  • Bravo pour votre pertinent et touchant billet.

  • Je n’arrive pas à m’imaginer qu’on puisse tuer ses enfants par vengeance où pour quelque autre raison.
    Moi il m’arrive de me réveillé angoissé avec une peur qui me tord l’intérieur en pensant qu’il pourrait arriver quelque chose à mon enfant.
    J’ai lu le livre la route,c’est une merveilleuse histoire d’amour dans un monde d’horreur, il y a longtemps qu’un livre ne m’a autant remué.
    J’espère que le film sera aussi bon,avec Vigo Mortensen je crois que ce sera le cas, j’aime bien cet acteur.

  • Elle est très touchante votre chronique de ce matin. Elle fait mal, mais en même temps, elle dit tout haut ce que moi (et beaucoup d’autres, je suis certaine) pense tout bas.

    Merci M. Lagacé de votre vision des choses et d’être (enfin) capable de mettre noir sur blanc cette épouvantable tragédie qui nous touche profondément.

  • Je suis un policier à la retraite et ma réaction fut la même. Lorsque j’ai entendu les propos de la mère des enfants rapportés par les médias la semaine dernière, je me suis dit: « Si elle peut réagir de cette façon, pourquoi pas moi?» Les faits ne changeront pas, le sentiment d’horreur du geste restera à tout jamais, la crainte que ça se reproduise reste présente mais le jugement ne m’appartient pas…

  • Comment faire souffrir la femme qui vient de nous quitter. La tuer? Bien trop simple; bien trop expéditif. Elle ne souffrirait que quelques secondes ou 1 minute tout au plus. Puis après? Plus rien: on ne la voit plus souffrir, on ne la sent plus souffrir, on SAIT qu’elle ne souffre plus.

    Non: le meilleur moyen de faire souffrir cette femme, c’est de tuer tous ses enfants. Ainsi elle souffrira, et souffrira, et longtemps. Il me semble que le Dr Turcotte était assez intelligent pour qu’une telle pensée perverse, mais entièrement logique, lui traverse l’esprit. (D’autant plus qu’en regardant les yeux de ses enfants, cela lui rappellait peut-être trop les yeux de sa femme maintenant haïe.) Il aura perdu la guerre de la séparation, mais il aura gagné la guerre de la souffrance. Du moins, il me semble que c’est le type de pensée qui pourrait lui avoir traversé l’esprit.

    Sachons éviter, dans un premier temps, l’hypothèse du “désespoir”, ou de la “maladie mentale” pour un cardiologue en plein exercice de ses fonctions. Il me semble que l’hypothèse ci-haut est plus plausible.

    Mon hypothèse: si le Dr Turcotte aimait ses enfants plus qu’il ne détestait sa femme, ses enfants seraient vivants aujourd’hui.

    Rappelons-nous cette citation célèbre et fort réaliste: “Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent.” Golda Meir, ancien premier ministre d’Israel.

    Tout comme les extrémistes palestiniens sont prêts à immoler leurs enfants, pour autant que cela fasse mal aux Israéliens, il me semble que le Dr Turcotte était prêt à immoler ses enfants, apparemment satisfait de ce que cela ferait beaucoup de mal, et pour longtemps, à son ex-femme.

    Malheureusement, il y a trop de gens au Québec, qui, programmés à voir du “désespoir” dans les odieux actes de haine des extrémistes palestiniens, en viennent à voir du “désespoir” automatique dans le geste à mon avis purement haineux du Dr Turcotte.

    Notre société sous-estime, généralement, à quel point le bien, le mal, et même le bonheur sont des choix. On ne nait pas bon ou mauvais, heureux ou malheuruex. On ne vit pas dans un milieu familial qui nous mène nécessairement au bien ou au mal. On choisit d’être bienveillant ou malveilant. Gens bienveillants, vous avez toute mon estime. Vous n’êtes pas des chanceux sans mérite: vous avez choisi le bien. Le mérite vous revient. Gens malveillants: cessez de blâmer vos gènes, vos parents, votre envirennement ou votre conjoint. Vous choisissez librement, sauf exception, la voie du mal.

    La Bible dit bien clairement: “Vous avez le choix entre la vie et la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisissez donc la vie.” (Deutéronome 30, 19)

    Nous avons tous le choix, sauf fort rares exceptions. Cessons de jouer les victimes en détresse. L’essence de nos vies demeure ceci: nous avons le choix; choisisson le bien, la vie, le bonheur; soyons bienveillants et non malveillants. Ces choix, nous sommes libres de les faire, stressés ou non.

  • (…..Les enfants seraient morts de plusieurs coups de couteaux……)

    Moi aussi c’est là mon bogue…..des coups de couteaux.
    Surtout qu’il est médecin….connait tout ce qu’il faut pour une mort douce.
    Plusieurs coups de couteaux….donc acharnement.

    Comprendre…. vous n’y arriverez jamais M.Lagacé, jamais.

  • Patrick je suis touché par vos émotions. Je suis triste de voir autant d’hommes dans le trou noir. Je respecte les hommes, j’ai besoin des hommes et j’aime les hommes. Dans notre maison mon mari et mon beau fils ont toujour uriné DEBOUT, moi et ma belle-fille assisent. Hommes du québec debouts car il y a des femmes jeunes et moins jeunes qui vous espère. Je crois que si vous écoutez votre instint masculin elle serat répondre à plusieurs de vos questions.
    Aux femmes qui veulent changer les hommes et tout leur expliquer lachez prise. Occupons nous de nous meme et laissons nos maris et nos fils vivre leur vie d’hommes et nous en serons gagnantes dans notre propre vie et dans notre lit.
    Éliane 57 ans

  • Patrick, tu as réussi à pondre ta chronique. Mais à part ça, il n’y a pas de développement. Je réfère donc tes lecteurs au blogue de la semaine dernière où nous avons déjà exprimé nos opinions.

    hyperlien

    Et si au lieu de commentaires sur l’événement ou sur le geste, on essayait d’orienter la discussion sur des solutions? Ta chronique est loin d’aller dans ce sens. C’est un gros point d’interrogation.

    Tu as toujours été aux premières loges pour planter la religion. Qu’est-ce que tu proposerais pour une société meilleure avec des valeurs profondes susceptibles de soutenir des personnes qui vivent des détresses extrêmes amenant des gestes aussi horribles?

  • Faut vraiment avoir du brouillard dans le cerveau pour vouloir tuer ses enfants. Beaucoup de souffrances et de désespoir. C’est honteux. Faut dire qu’il a y pas assez de ressources pour aider les hommes qui ont des gros problèmes; contrairement aux femmes qui sont fortements avantagées à ce point de vue.

  • Votre billet décrit bien la façon dont on se sent quand de telles horreurs se produisent … on se ‘triture’ les esprits, il n’y a RIEN à comprendre : cela s’est produit de telle et telle façon : c’est fait - FINI ! Au Québec, province architaxée, aux plus bas salaires pour les employés de bureau non syndiqués, il y a fort peu d’enfants. Il y a bien eu des statistiques l’an dernier, à l’effet que le taux de natalité croissait fort … mais ce ne sont pas les Québécois de souche, il s’agit des nouveaux arrivants qui font plein d’enfants … et s’en occupent !!! ici les jeunes font des enfants et ne s’en occupent pas (évidemment et heureusement, il y a encore des exceptions) … mais tout cela n’est pas rassurant - et, sans compter les enfants qui disparaissent, sont abusés voire tués … de tels drames ne DEVRAIENT MÊME PAS EXISTER !!! … Maintenant, si les parents n’ont pas la maturité psychologique pour traverser les aléas de la vie et s’en prennent aux enfants … PAUVRE PLANÈTE … OÙ T’EN VAS-TU ???

  • Il n’y a rien à comprendre là. Surtout la façon dont il les a tués. C’est abominable. Imaginez la frayeur de ces petits. Ils faisaient confiance à leur père.

  • Que le gars soit psychotique, en dépression majeure ou qu’il n’accepte pas l’épreuve de la séparation, au Québec, on ne fait rien.

    On ne considère pas que faire de la prévention et adopter une approche spécifiquement masculine soit appropriée.

    Une approche en fonction de la psychologie des hommes qui est DIFFÉRENTE de celle des femmes est considérée inutile, voire sexiste au Québec.

    Pourtant approximativement un demi-milliard est dépensé au Québec pour répondre aux besoins spécifiques des femmes à travers une myriade d’organismes à vocation féministe, bien souvent vides à 90%.

    Une tentative bien timide d’examiner les besoins spécifiques des hommes a été faite par notre gouvernement à travers le “Rapport Rondeau: Les hommes: s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins.” (comité présidé par monsieur Gilles Rondeau, Ph.D., T.S.) déposé le 7 janvier 2004 au Ministère de la Santé et Services sociaux du Québec.

    La réponse des groupes de femmes? La voici: (extrait du site internet québécois féministe Sisyphe)

    “L’analyse du “Rapport du comité de travail en matière de prévention et d’aide aux hommes Les hommes s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins” est devenue nécessaire pour les groupes de femmes dans le contexte où le gouvernement du Québec pourrait orienter ses décisions à partir du dit rapport notamment en matière de santé et services sociaux.

    En fait, c’est avec étonnement que nous assistons à la fabrication de toutes pièces d’une problématique de « condition masculine » qui cache mal une dynamique antiféministe.
    (…)
    Autrement dit, il y a une absence de problématique.”

    Par la suite, le rapport Rondeau a été mis sur les tablettes, déchiqueté, oublié.

    Pourquoi?

    Parce qu’il est contraire à l’idéologie féministe et que des féministes bien ancrées au sein de notre gouvernement et à l’abri du processus démocratique ont le pouvoir d’influencer celui-ci.

    Aurait-on pu prévenir le drame de Piedmont ?

    On ne le saura jamais avec certitude mais au moins on aurait essayé et ce qui est certain c’est qu’on préviendrait sûrement de futurs drames du même genre qui vont inmanquablement arriver au Québec.

    Les Conseils du Statut de la Femme, la Fédération des Femmes du Québec, le Centre d’Information et de Référence pour Femmes et autres Relais-femmes ne sont ni plus ni moins que des “ministères” qui reçoivent des budgets, dépensent l’argent de nos taxes et influencent notre gouvernement, la famille, la société et les individus.

    Pourtant ces “ministères” ne sont pas soumis au processus démocratique d’un élection, pourquoi?

    Font-elles quoi que ce soit pour prévenir la violence familiale à part blâmer constemment les hommes et seulement les hommes dans un contexte qui obligatoirement devrait inclure la violence psychologique, verbale, économique et bien sûr physique des femmes envers leurs enfants et leurs conjoints ? Non.

    Pire, ces organismes mentent carrément à la population à travers des mensonges comme le tristement célèbre mensonge des 300 000 femmes battues.

    Dans le cas qui nous concerne, bien sûr que le gars est coupable, mais qu’est-ce qui l’a mené là, le sait-on? Non.

    Veut-on le savoir ? Non plus.

    On attend le prochain drame …

    Car vous pouvez être certain que dans un contexte identique et avec des causes identiques on obtiendra dans une autre famille un résultat identique, ce n’est qu’une question de temps.

  • Vaut mieux allumer une bougie que de maudire les ténèbres !

  • Je crois que pour comprendre, il faudrait que l’interrogatoire du Doc de Piémond nous soit dévoilé. Comme l’interrogatoire de la mère au Saguenay. Ce sont eux qui pourraient nous aider à aider.
    Malheureusement.

  • Merci Patrick, pour l’aveu. Que vous ne comprenez pas.
    Je rejoins @’honorable’ en ceci: c’est une horrible histoire de vengeance.
    Ce cardiologue avait le moyen de tuer ses enfants d’une simple bulle dans une seringue… Le geste nous prouve qu’on peut être médecin, cultivé… mais terriblement vulnérable, puis en fin de compte méprisable.
    Il est inexcusable.
    Je n’ose même pas m’imaginer dans la peau de la maman.
    Tout comme vous, Patrick, qui ne pouvez pas imaginer vivre un tel drame.
    Il n’y a rien à comprendre. Parce que vous et moi (et bien d’autres), on donnerait notre vie pour que nos enfants vivent !

  • jeannot_vachon vous proposez:
    [ une société meilleure avec des valeurs profondes susceptibles de soutenir des personnes qui vivent des détresses extrêmes amenant des gestes aussi horribles? ]

    M.Vachon,
    Toujours le même gros point d’interrogation???????????????????????

    - Que dire a un homme qui n’accepte pas que le vagin de sa femme” appartienne” à un autre….” appartienne ” selon ses dires? Faut dire les choses comme elles étaient dites.

    -Quelle valeur profonde peut-on favoriser quand un homme avertit son ex que si elle le laisse…elle s’en souviendra TOUTE sa vie?

    - Que faire quand un homme décide, le jour où il apprend que sa femme à quelqu’un de sérieux dans sa vie, de tuer ses deux enfants?
    Au moins le nôtre, il a réussi son suicide!
    Il a réussi à tuer ses deux enfants, se suicider et détruire la vie de tous les gens qui l’entouraient, c’était SA solution….et oui on s’en rappelle.

    J’aimerais bien que vous me disiez comment on aurait pu le soutenir plus?
    Qu’est-ce qu’une société meilleure pourrait faire?

    SA solution était selon moi SA seule alternative.
    Impossible de partager nos solutions, ils n’en veulent pas.

  • pour moi aussi, c’est une histoire qui me suit depuis 2 semaines : j’y pense régulièrement et c’est l’incompréhension et l’horreur du geste d’utiliser un couteau qui me dérange au plus haut point. Et gâcher sa vie, avec le talent de guérir les autres qu’il a, et interrompre les vies de ces deux enfants, plein de potentiels… sans parler de la cicatrice de cette femme qui ne se refermera probablement jamais. Et pauvres grand-parents…

    j’aimerais bien comprendre pourquoi? mais saura-t-on jamais, parce que finalement, ça ne nous regarde pas… quoique c’est devenu tellement public qu’on s’est approprié collectivement une part de cette peine. je préfère finalement penser que c’est un disjoncteur qui a sauté, et que la prise de drogues et médicaments a contribué à sa folie meurtrière.

  • Moi aussi j’ai lu l’Adversaire et ce livre est sidérant.
    Beaucoup d’analphabètes mythomanes l’ont aussi lu, par ailleurs…

    Excellent papier, Monsieur Lagacé.
    À quand un premier essai ?

  • On est comme toi Patrick, on comprend pas. Si un père aime ses enfants, il ne les tue pas pour punir sa femme pour ensuite rater son suicide. Il est le king des imbéciles. Il savait quelle bonne dose prendre pour se suicider, mais il s’est raté. Par sadisme extreme. Pour avoir le plaisir de voir sa femme souffrir autant que lui souffre. Il l’a attaquée dans ce qu’elle avait de plus important juste pour la regarder souffrir. J’ai aucune compassion pour ce maudit lâche. Tout ce qu’il mérite, c’est la prison à vie en espérant qu’en prison, les gars lui feront une bonne job. La peine de mort serait une punition trop douce. Il mérite de souffrir au centuple.

    Y’a rien à comprendre sauf que c’est une guénille qui a eu tout cuit dans le bec.

  • Monsieiur ou madame l’honorable, vous avez un très bon jugement.
    Vous avez été capable de juger comme un juge l’aurait fait, sans y mettre vos propres sentiments.

    Ce que j’ai bien aimé est : L’essence de nos vies demeure ceci: nous avons le choix; choisissons le bien, la vie, le bonheur; soyons bienveillants et non malveillants. Ces choix, nous sommes libres de les faire, stressés ou non.

    C’est bien vrai mais, on oubli trop facilement. La majorité, des personnes, blâme les autres pour leurs actions. Même moi, souvent, je blâme la personne la plus proche de moi pour mes petits malheurs, quand au fond, c’est de ma faute à moi, seule.
    Je suis heureuse de vous avoir lu, merci.

  • J’apprécie ta chronique sincère, remplie de doutes, vraie. Qui ne fait pas semblant d’avoir compris. Compris passe par la tête, le rationnel. Là, ce n’est pas par là que ça passe.

    Parfois, on préfère ne pas envisager l’horreur, parce que c’est trop dur. Ça veut dire que l’horreur est plus grande dans la réalité que dans notre imagination. Si la réalité dépasse notre imagination, on s’approche de la sensation d’inquiétude … de peur même.

  • Sans vouloir tomber dans le macabre, je ne suis pas tellement surprise sur la manière dont ce chirurgien s’en est pris pour tuer ses enfants. Je peux me tromper, mais son geste correspond pour moi à toute la haine obsessive qu’il devait entretenir envers sa femme durant les derniers jours où il travaillait. Il a simplement usé du même d’instrument qu’il manipulait à tous les jours.

  • @ honorable

    Je n’ai jamais commenté les commentaires des autres sur ce blogue. Il faut une première. J’ai l’intution que vous mettez le doigt sur une majeure partie de la vérité. Mais, le saura-t-on un jour?

  • Bonjour M. Lagacé,

    Pas d’accord avec ceux qui disent qu’il faut s’orienter vers une solution plutôt que de continuer à parler du problème. J’abonde plutôt dans le même sens que vous. On doit exprimer le vide ressenti, car il n’y a pas d’autre chose que du vide. Pour dire franchement, j’avais presque hâte que les funérailles soient passés pour qu’on en finisse. Puis, le soir même après les funérailles, je me suis demandé comment la mère voyait justement ce soir venu. Je me suis mis à sa place pour quelques minutes. C’était fini. Ils étaient enterrés, la page est tournée sur trois et cinq ans d’existence des deux plus importantes personnes de sa vie. Fini les calins, les becs dans le cou. Il ne reste que les souvenirs distillés par sa vaporeuse conscience, sans compter qu’une brume épaisse risque de s’y installer. Comment faire autrement? Tant qu’à moi, la douleur serait tellement vive, que ma vie en serait irrémédiablement écourtée. Le corps et l’esprit ne suivent plus en pareilles circonstances. Alors, je comprends très bien que cette chronique ait pu être difficile à écrire. Et je comprends aussi le fait qu’elle était nécessaire et qu’une suite pourrait l’être tout autant.

  • « Le cœur à ses raisons, que la raison ignore… »

    Mon cher Patrick,

    Oui, je sais, vous êtes « monsieur le chroniqueur », mais à la suite de la lecture de « Trou noir à Piedmont », je me sens plus près de vous. Je suis sensible à l’humain bouleversé tentant de calmer sa douleur et peut-être ses inquiétudes en cherchant (au moins) un peu de sens à une catastrophe humanitaire d’une tristesse infinie et désespérante. D’où le ‘Tu’…

    Je suis touché par l’ardeur dont tu fais preuve à tenter de comprendre les causes de ce genre de drames. D’autres se contentent d’en condamner les auteurs et de déplorer avec fatalisme le sort des victimes.

    J’ai soixante ans et je suis en ‘cheminement’ depuis une trentaine d’années. J’utilise une technique permettant de laisser parler le ‘cœur’ pour qu’il puisse exprimer toute la douleur de ses blessures. Ceci permet de guérir ces blessures, de trouver la paix intérieure et d’éviter que les peines qu’on traîne ne faussent notre perception de la réalité dans des proportions qui peuvent devenir dramatiques.

    Tout au long de ce parcours, j’ai découvert la quantité phénoménale de souffrance que pratiquement tous les humains portent en leur cœur. Il suffit de si peu pour blesser un enfant, la plupart du temps de la même manière que l’on a été blessé soi-même. D’ailleurs, moi qui ne croyais même pas avoir besoin de thérapie avant, ou, sinon, quelques week-ends ici et là, j’en découvre encore, trente ans plus tard!

    J’ai aussi été à même de découvrir les « raisons » du cœur, qu’on pourrait aussi appeler les « méandres » de l’inconscient. Le cœur a sa façon de « voir » les choses; il est insensible tant à la logique de l’esprit qu’à la morale humaine ou sociale. On doit d’ailleurs s’entraîner à mettre parfois momentanément de côté la logique et la morale afin de permettre au cœur de s’exprimer. Et lorsque ces secrets sont dévoilés, ils sont généralement d’une désarmante simplicité, tellement que la personne qui les traînait souvent depuis des années en demeure elle-même souvent ébahie.

    Pourquoi Guy Turcotte a tué ses enfants? Parce qu’il souffrait terriblement. De quoi exactement? Même lui ne le savait pas, sinon il ne serait pas passé à l’acte. Va-t-il comprendre un jour pourquoi il a commit ses meurtres infâmes? Peut-être, parfois le passage à l’acte provoque un bouleversement émotionnel permettant la prise de conscience. D’autres fois, la souffrance additionnelle qu’entraîne le geste enterrent les raisons initiales encore plus profondément dans le déni ou la psychose pour toujours. Les raisons exactes du meurtre de ces pauvres petits enfants sont enfouies dans le cœur de leur père. Toute hypothèse d’explication de ce cas précis, venant de l’extérieure n’est que spéculation.

    Par contre, pour mieux comprendre la « mécanique » émotionnelle qui génère ce genre de drames, je me permettrai d’inventer une histoire. C’est l’histoire d’un bon gars : gentil, talentueux, bien élevé, poli avec le monde, aimable, aimé de tous, bon dans le sport, bon dans les études. Il tombe en amour un jour avec une belle fille de haut calibre, comme lui.

    C’est le bonheur total, tant sur le plan personnel que professionnel. Ils terminent leurs études, établissent leur carrière et s’installent dans une belle maison. Puis, pour couronner le tout, décident d’avoir des enfants. Le bonheur total, enfin, presque…

    C’est que le gars ne le réalise même pas, mais son cœur est triste. Depuis que les enfants sont là, ce n’est plus comme avant. Avant, il avait sa blonde pour lui tout seul, mais maintenant une grande partie de l’amour de sa blonde va vers ses enfants. Lui, il adore ses enfants, mais son cœur en est jaloux. Pour d’autres, le deuil de l’exclusivité de la blonde se passe bien, mais pas pour lui. La belle image qu’il a de lui-même ne lui permet pas de s’avouer, ni d’avouer à quiconque, un sentiment si enfantin. D’autant plus qu’étant enfant, il a été jaloux de son petit frère plus jeune mais n’a jamais pu exprimer et résoudre ses sentiments de jalousie. « Mais non, il faut être gentil avec ton petit frère, tu l’aimes ton petit frère… »

    Cette épine au cœur l’aiguillonne de plus en plus douloureusement, mais il ne va pas consulter, ni s’en ouvrir à sa femme. Voyons donc, d’abord c’est un homme, un médecin en plus et la consultation c’est pour les faibles qui ont des problèmes psychologiques. On devine la suite; ce problème, sérieux mais pas particulièrement grave, trainé depuis l’enfance dans l’inconscience, va peu à peu miner la relation de couple provoquant la rupture.

    Une rupture catastrophique pour lui, qui de toute sa vie, n’a jamais connu l’échec. C’est la débâcle émotionnelle, d’autant plus difficile à vivre quelle est sa première. Son tourment est tel que la mort lui apparaît la seule issue possible. Même dans sa folie, il est incapable de prendre conscience de sa jalousie. Prétextant que par amour il veut éviter qu’ils souffrent de son suicide, il assassine violemment ses enfants puisque, toujours inconsciemment, ce sont eux la cause de ses malheurs.

    D’une tristesse infinie et désespérante, ces pauvres petits sont morts inutilement, victimes innocentes de la souffrance inconsciente. De la souffrance émotionnelle que tout le monde traîne, à des degrés divers. Heureusement les résultats ne sont pas toujours aussi catastrophiques. Mais les dangers de tels drames sont quand même présents. Merci d’en parler, d’en lancer le débat, c’est important. Je crois que la solution dépasse les services psychologiques. On pourrait parler de techniques d’hygiène émotionnelle à apprendre en tout jeune âge de préférence.

  • Ton article est vraiment magnifique. Très existentielle tout comme moi. Je me suis posé la même question. Pourquoi avec la rage et le couteau à la main? Si ton psy a dit qu’il les aimait quand même lors de son acte, même si ce psy a toute les connaissances que je n’ai pas il se trompe. Ce n’est plus de l’amour pas en tout les cas selon ma conception. Scott Peck est un grand psychiatre qui a écrit le livre “Le chemin le moins fréquenté” et d’après moi beaucoup de réponse pourrait être dans ce livre pour toi. Mais il faut le lire au complet.

  • “C`est pas compliqué”
    -jackwood

    Pardon?!

  • Dédé à travers les brumes sort ces jours-ci. Encore la souffrance indicible. Encore le drame. Encore une violence inouie pour répondre à une souffrance inouie.

    Je ne comprendrai jamais le fait de tuer un être humain, fut-il lui-même. Je ne comprendrai jamais qu’on puisse trouver cet énergie en soi pour en arriver à un tel acte quand on est tellement souffrant au fond.

    Je ne comprendrai jamais le meurtre (soit-elle institutionnalisée comme dans certains étatsuniens), et je comprends a fortiori encore moins qu’on puisse enlever la vie un de si jeunes et innocents enfants. Cela me touche profondément, d’autant que j’ai un fils de l’âge de la plus jeune victime de ce cardiologue.

    Cet homme est cardiologue. Il a dû sauver plusieurs vies. Ça aussi c’est troublant en regard de ce geste terrible posé sur ses propres enfants. On dit souvent à la blague “Dieu arrive” quand un médecin entre en salle d’op. Que s’est-il passé dans la tête de cet homme ?! Qui sait.

  • @ delbast
    Quel baume pour le coeur que sont vos paroles!!!

  • Comme il n’y a pas d’explications humaines pour comprendre…on plonge dans un trou noir. Mais il faut arrêter d’essayer de comprendre l’incompréhensible. Le père pourra-t-il, un jour, nous aider à y voir plus clair?

  • Article touchant. Surtout juste. Vous mettez des mots sur l’incompréhensible, le vide, la douleur, le noeud dans l’estomac, le haut-le-coeur…

  • @jean41
    Oui, c’est justement à lui de le dire. Mais tout va être encore caché. Pourtant ça aiderait surement.

  • Il n’y a rien à comprendre, c’est comme ça.

    Je me suis aussi questionné. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y avait rien à comprendre parce qu’un tel acte relève d’un phénomène qu’on ne peut appréhender.

    On ne peut que recevoir cela comme un fait, une réalité, déplorable et atterrant certes, mais une réalité.

    « Je veux que vous soyez près de votre père pour l’aider à passer à travers cette épreuve. » - La mère des enfants

    Voilà, il n’y a plus rien à dire, la mère et l’Abbé Gravel ont tout dit. Et je ne suis absolument pas religieux.

    Arrêtez d’essayer de comprendre, vous n’y arriverez pas. Vous ne trouverez pas non plus de solutions, car c’est imprévisible.

    Par contre, un tel événement en dit beaucoup sur ceux qui le commentent. ça agit un peu comme un miroir de l’âme pour nous révéler ce que nous sommes vraiment au tréfonds de nous-mêmes.

    Relisez les commentaires qui précèdent le mien. Je pourrais personnellement me lier d’amitié avec ceux qui ne comprennent pas, avec ceux qui ont de la peine, avec ceux qui ont subi un choc en apprenant cette nouvelle, même avec ceux qui pardonnent.

    Je me méfierais comme de la peste de ceux qui ont tout compris, de ceux qui jugent, de ceux qui réussissent à créer un lien entre cette histoire et le conflit israélo-palestinien, de ceux qui s’en prennent encore aux féministes et de ceux qui font preuve de voyeurisme, qui veulent tout connaître des détails les plus sordides.

    Tous ceux qui sont certains que le docteur a fait ça pour atteindre sa femme, pour s’en venger sont certainement les pires et les plus dangereux. Si j’étais leur proche, je serais prudent. Je pense à jackwood, honorable, Jim777, fabi, kasimir35, martine_h, jeanpeutpu.

  • “On donnerait notre vie pour que nos enfants vivent”, c’est pourquoi ce meurtre fait si mal. Félicitations à “honorable” et “sapinette12″ pour leurs interventions : leur réflexion sur cette tragédie m’a beaucoup touché.

  • j’ai adoré le commentaire de @honorable. Quand la haine est plus fort que l’amour on pense sincerement que tout est permis. J’ai un fils de 21 mois jamais je ne toucherais un seul de ses cheveux, pour moi il est le plus beau cadeau que la vie peut donner. Moi je ne cherche pas à comprendre l’incompréhensible, d’excuser l’impardonnable. On ne peut que honnir un tel geste un tel manque d’humanité.

  • Quelle horreur! Très adroit pour réparer les coeurs, il les a tués de plusieurs coups de couteau… c’était quoi le plaisir morbide?

  • @ michel_laurence

    Bonsoir.

    Il y deux choses qu’on peut faire quand on a un problême, que ce soit un problême individuel, familial ou social.

    La première chose qu’on peut faire c’est de baisser les bras, de s’en remettre à Dieu, de blâmer l’incompréhensibilité de la nature humaine ou la cruauté du destin et de se mettre à pleurer.

    La deuxième c’est de trouver un solution à notre problême, et pour règler un problême il faut l’étudier et de le comprendre avec acharnement, pour ensuite y remédier en essayant soit de nouvelles approches et de nouvelles stratégies ou bien les approches et les stratégies qui ont fait leurs preuves dans le passé.

    C’est ce que font les spécialistes de la nature humaine; psychologues, psychiatres, thérapeutes, et travailleurs sociaux.

    Aucune de ces disciplines n’est inutile et négliger d’y avoir recours comme société équivaut à de la non-assistance à personnes en danger, un acte criminel s’il est commis par un individu et qui devrait être aussi considéré comme un acte criminel pour une société comme la nôtre.

    Chacune de ces disciplines pourrait apporter une compréhension de cette épidémie de meurtres-suicides qui frappe les familles Québécoises, comme ce fut le cas pour bien des gens qui y ont eu recours et qui ont vu leurs problêmes se règler et leurs vies s’améliorer par la suite.

    Les conclusions du Rapport Rondeau que j’ai cité plus haut dans mon précédent commentaire sont claires:

    Extrait:
    Les hommes: s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins, page 35-36:

    Recommandation 3.2.6
    Le développement des services communautaires

    Le Comité recommande donc que l’importance des organismes oeuvrant auprès des hommes soit reconnue et que l’émergence de nouveaux services communautaires à leur intention soit favorisée.

    Un financement adéquat doit être accordé aux organismes existants et le développement de nouveaux services dans l’ensemble des régions, encouragé.”

    Pourquoi continuer à se garder la tête dans le sable?

    Il est absolument certain qu’une famille, un couple ou un individu quelque part au Québec va vivre un drame semblable au drame de Piémont à plus ou moins brève échéance…

    Pourquoi ne porte-t-on pas assistance, comme société, à ceux parmi nous qui sont en danger?

  • @ michel_laurence

    Arrêter de défendre l`indéfendable et surtout ne faites pas de moi un meurtrier.
    C`est grave vos affirmations.

  • Je n’y arriverais jamais moi non plus de comprendre ce geste: hyperlien

  • @jackwood

    « C`est pas compliqué,ce gars là était fou de jalousie,il a tué ses enfants pour punir son ex-femme.
    On place ce gars là pour le restant de ses jours en prison, c`est tout ce qu`il mérite.Il est extrêmement chanceux de vivre au Canada. »

    Ce n’est pas moi qui ai écrit cela. C’est vous. Et c’est beaucoup plus grave que mes affirmations.

    Qu’est-ce qui vous permet de juger cet homme ? Êtes-vous un professionnel de la psyché humaine ? Connaissez-vous tout de sa vie ?

    Vos propres frustrations vous aveuglent.

    Je défends l’indéfendable moi ? Où ça ? Citez-moi, s.v.p., sinon taisez-vous.

    Bonne fin de semaine.

  • @Jim777

    Vous avez écrit : « Parce qu’il est contraire à l’idéologie féministe et que des féministes bien ancrées au sein de notre gouvernement et à l’abri du processus démocratique ont le pouvoir d’influencer celui-ci.
    Aurait-on pu prévenir le drame de Piedmont ?
    On ne le saura jamais avec certitude mais au moins on aurait essayé et ce qui est certain c’est qu’on préviendrait sûrement de futurs drames du même genre qui vont inmanquablement arriver au Québec.
    Les Conseils du Statut de la Femme, la Fédération des Femmes du Québec, le Centre d’Information et de Référence pour Femmes et autres Relais-femmes ne sont ni plus ni moins que des “ministères” qui reçoivent des budgets, dépensent l’argent de nos taxes et influencent notre gouvernement, la famille, la société et les individus. »

    « Pourquoi continuer à se garder la tête dans le sable? »

    Qui garde sa tête dans le sable ? Je dis seulement que nous ne comprenons pas parce qu’il n’y a rien à comprendre. Je n’excuse rien ni personne.

    Et vous, vous trouvez le moyen de faire une sortie contre les féministes; de là à affirmer que c’est leur faute, il n’y a qu’un pas et vous nous donnez toutes les indications que vous l’avez franchi.

    Bonne fin de semaine.

  • Salut Patrick
    Je te félicite d’essayer de mettre en mots ce que plusieurs ne comprennent pas. J’ai appris à plus t’apprécier suite à tes articles relatant les drames au Moyen Orient. Comme toi, je dois avouer que cette nouvelle m’a profondément troublé. On a tous conscience que enfants et femmes sont les derniers à qui s’attaquer. Il me semble que cette valeur transcende la plupart des cultures, des religions et des sociétés. Je peux facilement imaginer que comme moi, tu dois avoir des enfants et que tu les aimes tendrement. Comme moi, je suppose que tu dois te dire, c’est moi qui se sacrifierai si mes enfants sont en danger. Je ne sais pas pourquoi, mais l’image qui me vient en tête, c’est le capitaine du Titanic, le dernier à quitter le navire. J’ai de la difficulté à imaginer qu’on puisse quitter le navire avant les autres, surtout quand la famille est en jeu. Les femmes et les enfants en premier et au diable ce qui arrivera…
    Dans ce drame, je crois qu’il y a des choses qu’on ne connaît pas, il y a des détails importants qui manque sur les acteurs du drame qui nous empêche de comprendre le pourquoi des actions.
    Dimanche dernier, je suis allé à l’endroit le plus paisible, le plus réconfortant que je connaisse, l’Oratoire St-Joseph. Nous avons allumer deux cierges pour la consolation des affligés, puis nous avons assisté à la messe. Je suis content de croire. L’Oratoire a vraiment ce côté apaisant. On a beaucoup pensé aux enfants.
    Continue tes articles personnels, c’est réconfortant de lire ta véracité et tes questionnements sur des sujets qui te touchent profondément.

  • “Question au psy: disons qu’un homme tue ses deux enfants, les aimait-il quand même?

    Sa réponse: tout à fait.

    Les psychiatres sont-ils des pervers pédophiles?
    Quelle différence entre médecine et charlatansime?

  • Moi non plus je n’arrive pas à comprendre. Lorsque j’en parle, un goût de haine me monte dans la bouche. La seule question qui me vient à l’esprit est: Ces enfants non pas eu le temps de faire du mal, ils ont fait que du bien, alors pourquoi?????

  • Bonjour M. Lagacé

    J’ai bien aimé votre article, surtout sa conclusion: “vous ne comprenez pas”.

    Il y a ici un problème de définition. “Aimer”, ça veut dire beaucoup de choses différentes. Entre autre: amour égoïste et amour altruiste. Je suis très étonné que votre psy n’ait pas pris la peine de faire cette distinction.

    C’est certain qu’il “aimait” ses enfants: c’était des enfants maginifiques, objets de mille fiertés, satisfactions, plaisirs, le symbole de sa réussite personnelle. Dans ces conditions, n’importe quel crétin “aimerait” ses enfants.

    La question fondamentale est de savoir s’il les aimait pour lui, pour ce qu’ils lui apportaient, comme un être narcissique, ou s’il les aimaient pour eux, pour ce qu’ils étaient, comme personnes humaines. Poser la question, c’est y répondre.

    Même en supposant que plusieurs fusibles ont sauté dans sa tête, seul un sentiment de possessivité extrême de ses enfants (en tant qu’objets déhumanisés qui n’ont pas d’existence propre à l’extérieur de la sienne) peut expliquer ce geste horrible.

    Vous ne comprenez pas son geste? Excellente nouvelle! Ça veut dire que, contrairement à notre amis cardiologue, vous aimez vos enfants de façon altruiste.

    Que Dieu, ou toute spiritualité ou philosophie à laquelle vous vous référez, continue de vous éclairer de cette belle façon!

  • Tout à fait d’accord avec “honorable” (7 mars 14:02), surtout les 4 derniers paragraphes. La liberté de choix est le fondement de la dignité humaine et la condition incontournable à toutes nos prétentions à la liberté. Si nous ne sommes pas responsables, il est dangereux de nous laisser libres: nous devrions être contrôlés pour notre propre bien…

  • Bien que comme tout le monde j’ai trouvé ce drame absolument horrible et profondément attristant, je vais oser ce qui sera probablement le commentaire le plus moche que vous aurez lu sur ce sujet.

    La détresse humaine qui a mené à ce drame est omniprésente dans notre société. Elle se manifeste quotidiennement sous diverses formes. Les spécialistes nous répètent sans cesse que personne n’est à l’abri de ce type de dérapage. Pourtant on en prend conscience principalement quand ce type de phénomène touche les gens les plus haut placés dans la hiérarchie sociale. Les médias en font davantage état. Le fait que ce drame touche un couple de médecins frappe davantage l’imaginaire que s’il s’agissait d’un couple de commis de magasin. Pourtant le drame humain est de même ampleur. Il semblerait cependant que le malheur des plus pauvres est presque banal et anodin. C’est bête à dire mais les forces sociales de toutes sortes sont plus faciles à mobiliser quand vient le temps de tenter de comprendre et de chercher des solutions à ces phénomènes de détresse humaine lorsqu’ils touchent ceux que l’on place dans le haut de la hiérarchie sociale. La détresse des pauvres et des petits passe beaucoup plus facilement inaperçue même si elle est aussi grande.

    Nous traversons une époque très difficile. Nous sommes tous témoins des centaines et des milliers de milliards de dollars que nos gouvernements investissent depuis des mois pour sauver les entreprises les plus riches de la planète, celles qui pendant des décennies ont réalisé des profits indécents sur le dos des consommateurs et de leurs employés, victimes de pratiques de “réingénierie” et autres excuses pour toujours augmenter la part de profit et les dividendes payés à des actionnaires qui n’arrivent plus à dépenser leurs colossales fortunes. Pendant qu’on sauve des entreprises à coups de sommes inimaginables, que fait-on pour aider les moins bien nantis? Combien de dollars sont investis pour aider les individus les plus affectés par la récession actuelle. Probablement même pas un milliardième de ce qui est accordé aux milliardaires responsables de la situation actuelle. En ce moment il n’y a jamais eu autant de pauvres demandant de l’aide alimentaire ou autre. Et les organismes en mesure de les aider sont à court de ressources. On frise actuellement une catastrophe que peu d’entre nous ont déjà connu ou envisagé. Notre société repose en trop grande partie sur la charité plutôt que sur des politiques de répartition équitable de la richesse. Il faut, semble-t-il, laisser aux riches le plaisir de donner aux pauvres. Sauf que l’industrie de la charité fonctionne davantage au ralenti que tout le reste quand tout le reste se met à ralentir. Des politiques basées sur une répartition plus équitable de la richesse mettraient les plus démunis à l’abri du caractère aléatoire et arbitraire de la charité qui est le luxe de ceux qui roulent dans un surplus de richesses.

    Vous ne voyez pas le lien entre ce commentaire et le drame de Piedmont? Attendez quelques mois, quelques semaines ou quelques jours et vous verrez des drames comme celui de Piedmont se multiplier. Lors de la grande crise économique du siècle précédent plein de gens se sont suicidé. Maintenant, à notre époque, les gens qui ont des idées suicidaires ont de plus en plus tendance à amener leurs enfants et le conjoint dans leur entreprise destructrice.

    Peut-être que dans le fond ça fait l’affaire de la société de voir les plus démunis plonger dans la détresse. Si les gouvernements ne parviennent pas (ou n’essaient pas de parvenir) à éliminer l’extrême pauvreté, le problème va peut-être se régler de lui-même, si les pauvres se mettent à s’éliminer eux-mêmes. Puisque les gouvernements ne font rien pour aider les plus démunis on peut penser que c’est ce qu’ils souhaitent.

    Nous n’avons plus les réseaux d’aide du siècle précédent ou le réseau existant actuellement est à court de ressources. Les prochaines semaines vont avoir de quoi nous toucher et même nous faire peur si rien n’est fait rapidement.

  • @ michel_laurence

    Rebonsoir

    Vous dites:

    « Pourquoi continuer à se garder la tête dans le sable? »

    Qui garde sa tête dans le sable ? Je dis seulement que nous ne comprenons pas parce qu’il n’y a rien à comprendre. Je n’excuse rien ni personne.

    Et vous, vous trouvez le moyen de faire une sortie contre les féministes; de là à affirmer que c’est leur faute, il n’y a qu’un pas et vous nous donnez toutes les indications que vous l’avez franchi.

    Rappelons la réaction des groupes féministes face au Rapport Rondeau :

    “L’analyse du “Rapport du comité de travail en matière de prévention et d’aide aux hommes Les hommes s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins” est devenue nécessaire pour les groupes de femmes dans le contexte où le gouvernement du Québec pourrait orienter ses décisions à partir du dit rapport notamment en matière de santé et services sociaux.

    En fait, c’est avec étonnement que nous assistons à la fabrication de toutes pièces d’une problématique de « condition masculine » qui cache mal une dynamique antiféministe.
    (…)
    Autrement dit, il y a une absence de problématique.”

    Absence de problématique ???

    Quand des gars sont poussés au désespoir et au meurtre parce que les moyens présentement disponibles au Québec pour leur donner ne serait-ce qu’une une écoute appropriée sont inexistants et que ça plonge de façon chronique le Québec dans le deuil il y a absence de problématique ?

    Si la prévention des drames conjuguaux est une approche complètement inutile, pourquoi ne pas carrément abolir la prévention face à la problématique des accidents de la route comme par exemple la publicité pour contrer la vitesse et l’alcool au volant un coup parti ?

    Par contre, ces mêmes groupes féministes qui ne veulent pas qu’on dépense un seul sou pour aider les hommes reçoivent elles-mêmes un demi-milliard par année de nos taxes pour financer des “maisons d’hébergement” vides à 90% (selon le Vérificateur Général du Québec) ainsi que des myriades d’organismes qui blâment les hommes pour tout et pour rien sans apporter quoi que ce soit en termes de solutions.

    De plus, tous ces “services” sont completement inaccessibles à 50% de la population (evidemment) en plus de mentir carrément à celle-ci comme ce fut le cas pour le célèbre mensonge des 300 000 femmes battues.

    Rappelons aussi qu’il existe, en Suisse et en Allemagne, des maisons d’hébergement pour hommes battus parce que la violence des femmes existe et que cette violence peut mener certains hommes au désespoir dans un contexte Québécois féministe où tout, mais vraiement tout, est de la faute du gars quand on parle de violence conjuguale.

    Au point où un gars qui appelle le 911 parce que sa conjointe le bat ou lui lance des objets va se retrouver lui-même en prison, même si c’est clairement lui la victime. Incroyable mais vrai.

    C’est de ÇA dont je parle quand je parle de réponse inappropriée au Québec face aux besoins des hommes !

    Selon l’Enquête psychosociale du Saguenay-Lac-St-Jean auprès d’un vaste échantillon de 3023 répondants représentatifs de la population âgée de 18 ans et plus de la région, enquête menée en novembre 2000:

    -Chez les personnes âgées de 18 ans et plus qui vivaient avec un conjoint lors de la tenue de l’enquête, le taux annuel de la prévalence de la violence physique (toute forme) subie de la part du conjoint actuel au cours des 12 mois précédents s’élevait à 5,4 % chez les hommes, soit un nombre estimatif de 4 870 victimes, et à 2,4 % chez les femmes, soit 2 044 victimes, au sein de la population d’environ 175 000 hommes et femmes de 18 ans et plus que comptait la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2000.

    Le taux annuel de prévalence de la violence grave se situe à 1,3 % chez les hommes et à 0,8 % chez les femmes au Saguenay-Lac-St-Jean en 2000.

    En d’autres termes, 25 % des hommes et 32 % des femmes victimes de violence conjugale rapportent avoir subi de la violence grave au cours des 12 mois précédents, cependant le nombre estimatif d’hommes victimes de violence grave, soit 1 207, est environ deux fois plus élevé dans cette région que celui des femmes, soit 651.

    L’Enquête psychosociale a également mesuré le recours à la violence verbale ou psychologique.

    Les résultats montrent que 35,8 % des hommes et 34,3 % des femmes de 18 ans et plus vivant avec un conjoint ont subi de la violence psychologique au cours des 12 mois précédant l’enquête.

    À un moment donné, Monsieur Laurence, il faut se rendre compte que certaines personnes exploitent la crédulité et l’instinct protecteur inné des hommes envers les femmes au Québec pour se payer des salaires et vont tout faire pour maintenir artificiellement cette crédulité par des mensonges ou en taisant la vérité, comme les résultats des enquêtes que j’ai citées plus haut.

    Ces mêmes personnes mal intentionnées vont aussi interdire que le moindre sou soit dépensé pour faire une quelconque prévention de drames comme le drame de piedmont en prétendant qu’il y a “une absence de problématique…”

    Bonne fin de semaine à vous aussi.

  • Mes sources pour l’enquête au Saguenay-Lac St-Jean:
    hyperlien

  • Mes sources:
    Le rapport du vérificateur général 2008-2009, faits saillants, chapitre 3:
    hyperlien

  • Mes sources:
    Rapport Rondeau, Les hommes : s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins
    Rapport du Comité de travail en matière de prévention et d’aide aux hommes – Document de consultation.
    hyperlien

  • Associer le conflit du Moyen-Orient à un assasinat d’une telle horreur est un véritable tour de force. Ça me rappelle ces centaines d’écoliers palestiniens tués par les enfants du voisin sur la terre de Gaza. Des enfants qui n’y sont pour rien dans la cause du conflit mais à qui l’on fait payer de leur mort la guerre de pouvoir folie de leurs parents.

  • @ Jim777

    Allez voir Polytechnique vous comprendrez peut-être votre fixation sur les féministes.

  • Comme parent d’enfant handicapé je peux vous dire que à un moment donné tu penses à mourir en même temps que ton enfant. Tu ne pose pas le geste et tu es bien fier de ne pas l’avoir fait, puis tu n’y penses plus jamais.
    Mais tuer tes enfants juste pour faire chier ton ex. j’me l’explique pas.

    @ P.Lagaçé
    Continuez votre lecture de Cormac Mc Carthy vous ne le regretterez pas
    c’est une grande oeuvre.

  • «Si elle peut réagir de cette façon, pourquoi pas moi?»
    je pense ça ausse monsieur giacques-2004 ! Et aussi, moi je pense à tout ces enfants au Québec là, se posent-ils des questions? Se sentent-ils en sécurité avec papa et maman? Dans ma tête à moi, je me poserais des questions ! Mais j’en ai tout plein des questions et j’ai pas aucune maudite réponse !

  • Il n’y rien à comprendre et en même temps il y a tout à comprendre! C’est difficile de l’extérieur de comprendre ce qui peut se passer dans la tête d’un homme ou d’une femme qui pose un tel geste et tellement facile pour certains de juger! Et en même temps, comment prévenir, comment aider si on ne se donne pas au moins la peine d’essayer de comprendre?

    Certains disent qu’au Québec, on essaie trop de comprendre et on ne règle jamais rien… J’ai plutôt l’impression qu’on se donne l’illusion de vouloir comprendre sinon comment en serait-on arrivé à penser qu’un homme qui tue ses enfants le fait par vengeance tandis qu’une femme le fait par “amour”? Et que finalement tout le débat tourne autour du machisme et du féminisme?…

    Une autre des réflexions qui m’a jetée à terre est qu’on ne puisse pas travailler quand on souffre réellement… ah bon? Je sais très bien qu’on peut en venir à ne plus “fonctionner adéquatement” dans aucun des aspects de sa vie mais je sais aussi qu’on peut tenir très longtemps avant d’en arriver là!

    De mon côté, je me suis demandé aussi pourquoi au couteau? C’est l’horreur totale de faire cela! Puis je me suis dis - peut-être justement pour mieux faire passer l’horreur - que l’esprit dérangé d’un cardiologue a cru que c’était la meilleure façon. Ce que j’ai beaucoup plus de mal à m’expliquer est qu’il ait manqué son suicide…

    M.Lagacé, votre article m’a énormément touchée. C’est le reflet d’une vraie réflexion avec toutes ses contradictions et si peu de certitudes…

  • je crois qu’en cette journée du 8 mars….ces drames d’hommes laissés qui disjonctes (faite le décompte depuis 5 ans)..commence a être troublant pour la liberté de la femme….et aussi naturellement, pour la vie des enfants..

  • La peine de mort, ca vous dit quelque chose ? Hors de tout doutes, cet homme a tué ses propres enfants. Pour avoir fait ces gestes, il en coûtera 25 années en prison x 65000$ (1,625.000$) aux autres familles en impôts et en taxes qui peinent à élever leurs enfant et qui sont dans des conditions financières dès plus précaires….

    Alors…!

  • J’opterais pour les deux dernières hypothèses, un mélange des deux. La seule chose qui me semble tordue dans cette histoire, c’est la violence faite aux petits … les coups de couteaux ! La douleur, souffrance et l’incompréhension qu’ils ont dû vivre… est-ce qu’on y pense ?

    C’est toujours cela qui revient me hanter. Il m’est déjà arrivée de vouloir - comme tout individu sain et normal - me soustraire à la vie - (période plus que difficile, dépression…) mais moi, ce qui me retenait en vie c’était justement la présence de mes enfants. Jamais, je ne leur aurais fait subir cela…

    Non. Cet homme était consumé de colère et de douleur, une souffrance telle qu’il ne savait plus ce qu’il faisait… je me demande même s’il ne s’agit pas d’un cas Dr Jekill and Mr Hide…

  • honorable

    Votre paragraphe sur les mérites des gens bienvaillants et le choix de la haine par les malveillants m’a touché.
    Vous avez parfaitement raison. J’aimerai voir venir le règne de la responsabilité. Car je suis tannée. Pourquoi être responsable et fine si je peux me laisser aller et dire que c’est parce que j’ai une maladie ou que je suis faible que j’ai agit en perverse.

    On choisit l’amour ou la haine. Il y a des gens qui savent hair et il faut cesser de penser qu’ils ne sont que des victimes.

    Ces gens haineux choisissent de tuer et de rater leu suicide!!!!!

  • Si ce médecin SOUFFRAIT tant que cela, POURQUOI a t il raté son SUICIDE.

    De la lacheté pure ou une intelligence très fine et tortueuse!!! Il sait que les québécois vont le prendre en pitié alors il fait semblant de se suicider. (il a accès à des poisons virulent mais il prend quelques petit pilules bonbons!

    Quel homme lâche et dangereux.

  • Je voudrais bien, comme certains autres, être capable de ne pas rager contre ce genre de geste, être capable de comprendre ou d’essayer de comprendre.

    Mais je ne le peux juste pas.

    Bon, comprendre la mécanique, aussi perverse ou désaxée soit-elle, peut-être. “Techniquement”.

    Mais “l’accepter”, non.

    Ce genre de geste est soit un exemple d’immense et terrible folie, le genre qui va au-delà de la possibilité de réhabilitation et de compassion, ou alors c’est le fruit pourri d’une méchanceté ou d’une colère démesurée et sans nom, qui ne mérite pas plus, selon moi, de merci ou de pardon, ni encore de compassion pour l’assassin.

    C’est trop vil, trop répugnant, trop mesquin, trop empreint d’égoïsme et de méchanceté.

    Pour moi, ce genre d’acte mérite amplement et sans équivoque la peine de mort.

    L’élimination. L’euthanasie. Appelez ça comme vous voudrez.

    Mais les Hommes (l’espèce, la communauté, donc aussi les femmes) de bonne volonté et capables de bons sentiments, de contrôle, de retenue et de bon sens, n’ont aucunement besoin de savoir ce genre d’être inhumain ou déshumanisé vivant et errant dans notre monde.

    Je prône l’élimination pure et simple du cancer.

    “DELETE”.

  • @ tous

    En écho aux propos de “honorable”: la lecture du texte de M. Lagacé et de tous vos commentaires réchauffe le coeur. Votre humanité et votre bienveillance sont pleins d’humanité et d’espoir. Croire en l’homme dans ce qu’il a de meilleur n’exige d’appartenir à aucune religion, si ce n’est celle de la foi en l’homme. C’est la seule qui m’anime et elle ne fléchira jamais. Dans la plus grande noirceur de son âme, la vulnérabilité de l’être humain côtoie sa grandeur. À côté de son geste le plus cruel dort toujours le germe de son geste le plus généreux.

    “Honorable”, vous parlez de choix. Vous êtes au coeur du mystère de l’âme humaine, et d’une vérité qui lui fait si peur qu’il la fuit. À la différence de l’animal, l’homme, doué de conscience, doit constamment analyser, choisir, décider. Mais quel travail! Quand il s’en lasse, il fléchit et plaide l’instinct, l’inévitable, le génétique, le programmé, la douleur, le désespoir, le trop-plein de souffrance.

    M. Lagacé, quand vous aurez fini “La route” - et je sais que vous le finirez, je vous conseille d’enchaîner avec un autre McCarthy, “Un enfant de Dieu” (en anglais, “Child of God”).

    À tous, si comme moi vous croyez en la bienveillance de l’homme et à sa capacité à faire des choix: “La dimension humaine” d’Alexander Alland”.

  • Bonjour, Je viens de lire sur une altercation radiophonique entre l’abbé Gravel et madame Francine pelletier. Elle décrie que la violence faite au femmes existe toujours. Et sa forme de violence elle ne l’entends pas. Mon vécu d’enfance fut construit autour d’une femme qui faisait violence envers son mari et ses enfants. Ma mère encore aujourd’hui fait violence verbalement envers ses enfants. Je suis sur que de sexualiser l’origine de la violence en diminue la portée parce que bien que des femmes en subissent, des hommes aussi se retrouvent dans la situation. Et ce qui me turlupine le plus, c’est de ne pas savoir la réalité du partage de la violence dans un couple. je ne crois pas à l’unidirectionnel, j’ai trop vécu de bagarre, ou je me défendais et recevais des coups, et ce avec plus d’une partenaires. La violence aux femmes hors de la relation de couple par symptôme de domination j’y crois, dans un cadre d’oppression religieuse ou a caractère d’écrasement socioculturel aussi. La violence strictement relevant de l’homme dans 100% des relations des couples occidentaux qui ont vécu les changements féministes des 50-60 dernières années je n’y crois pas.
    Que cette femme de Piedmont présente de la miséricorde envers le père, je mettrais ma main dans le feu, que cette femme se sent coupable quelque part de ce qu’il s’est passé. Comme ce que je viens d’écrire est une présomption sans preuve, c’est tout de même une forme de diffamation. La miséricorde ne relève pas toujours de bon sentiment pourtant, alors c,est d’autant plus facile de faire ce genre de pronostic. Tout comme il est facile de faire une généralisation de la violence faite par les hommes envers les femmes par les féministes. J’ai toujours trouvé que leurs statistiques cachaient une montagne de non-dit et que les analyses évacuaient trop de situations. Il est temps que quelque chose fasse en sorte que les hommes parlent plus de la violence conjugales qu’ils reçoivent, y compris tout les chantages, manipulations et mesquineries qui demandent un changement dans l’éducation des femmes pour assainir les rapports.
    J’espère que ce que j’écris n’est pas fielleux, parce que j’aimerais que ça aide un débat, qui est somme toute évacué. Et je ne fais pas partie des groupes de revendication masculiniste en passant.

  • “Certains disent qu’au Québec, on essaie trop de comprendre et on ne règle jamais rien… ”

    majoleg

    C’est en effet une société de plus en plus moumounarcale où on aime bien “parler” des problèmes pour se donner l’illusion qu’on “règle” ces problèmes.

  • .@ gilbertduquette

    Merci de la recommandation, mais le film “I Shot Andy Warhol” serait 100 fois plus intéressant à ce sujet.
    hyperlien

  • @sergecorbeil

    Votre intervention est représentative des approches qui n’apporteront aucune solution préventive à ce genre de drame. La répression peut être efficace devant certains gestes criminels, mais de tels gestes de désespoir où quelqu’un veut se suicider et emporter sa famille avec lui ne seront sûrement pas évités parce que le gars aurait peur d’encourir la peine de mort.

    Moi j’ai pensé exactement le contraire face à ce cas. Je me suis dit que ce gars-là a eu un moment de folie et de désespoir. Pourquoi va-t-on ruiner sa vie et imposer un double fardeau à la société, en se privant d’un spécialiste de cette valeur puis en supportant le fardeau financier carcéral?

    À part le suicide, quels craintes de récidives pour cet homme? 25 ans de prison ferme dans son cas c’est ridicule, sauf bien sûr si on est de l’école de la vengeance mais moi je suis de celle du pardon, déformation de ma chrétienté.

    De même, tous ceux qui pensent vengeance et haine font probablement partie du problème plus que de la solution. Une personne désespérée a besoin de soutien, d’affection, de compréhension et non de ces juges dont le jugement est aussi tranchant qu’un couteau. « Accepte tes problèmes et marche droit sinon le bras de la justice sera sans pitié à ton égard, sans parler du regard accusateur de toute la société et du mépris qui te suivra le reste de tes jours»

  • Sapinette12, mamiedoux, jeanpeutpu, lavolal, cass76, mielblanc, mi_mi et, je crois, bill-inquietude: je vous remercie de votre appui. Que la bienveillance continue de vous accompagner. Tous les mérites du choix de la bienveillance et du refus de la malveillance vous reviennent: ces choix sont les vôtres, et non ceux de vos gènes, de vos parents ou de votre milieu social.

  • Ceux qui rejettent que les femmes font de la violence conjugales, ignorent probablement qu’il y a un plus grand taux d’actes violents déclarés chez les lesbiennes au prorata du nombre de couple par rapport à celui des couple hétéros. Alors dire que les femmes ne font aucune violence sous quelque forme que ce soit, c’est se mettre la tête dans le sable.

  • Il y a seulement deux choses que je ne comprends pas.
    Pourquoi utiliser des couteaux pour tuer ses petits enfants et pourquoi il n’a pas pris des moyens infaillibles pour se suicider ???
    Car comment un père aimant peut-il tuer ses deux petits amours si brutalement
    sadiquement, alors que j’imagine, depuis leur naissance, il en était fier…Il a dû
    souvent les cajoler…jouer avec eux…rire avec eux…les protéger…
    Et son suicide manqué…incompréhensible…Pour un médecin qui doit connaître
    les effets d’une “over dose” en médication…c’est pas fort. Pourquoi…au couteau pour ses enfants et pas pour lui. Aurait-il eu peur de souffrir…???
    Sinon où est la logique…?

  • Ce cardiologue de Piedmont m’émeut tout autant que vous et j’arrive à la même conclusion, mais par un autre chemin. J’ai moi-même été la femme d’un père en dépression et je m’en suis longtemps voulu de ne pas l’avoir détectée. J’ai donc énormément d’empathie pour la mère de ces deux enfants qui n’aurait jamais pu entrevoir l’issue de ce drame.
    Il faut dire que l’on n’est guère équipé comme conjoint ou proche d’une personne en dépression et que l’on est souvent la cible de la violence qui découle automatiquement de cet état, ce qui nous met souvent sur une fausse piste. Rajoutez une psychanalyse par-dessus le tout, et vous avez-là un beau mélange d’émotions : ce que voit la personne en état dépressif, c’est comme la vase d’un lac que l’on secoue et dont les particules se déposent tranquillement au fond. On a beau s’écarquiller les yeux, on n’y voit rien, du moins pendant un bon moment. La dépression est mieux connue qu’autrefois en théorie, mais en pratique, elle est encore rarement détectée à temps.
    Mon expérience n’est aucunement comparable au drame dont vous faites état ici : divorce demandé par mon ex-conjoint et re-set total au sortir de sa dépression, soit une nouvelle union et même un nouveau bébé. Pour ma part, je me suis sentie privilégiée pendant 12 ans d’avoir connue une vie de famille épanouie. Le plus dur, ce n’est ni le divorce, ni les aléas qui s’ensuivent, c’est de renoncer à comprendre. Le plus dur, c’est aussi de pardonner, comme semble déjà l’avoir compris la femme de ce médecin. Elle est sur la bonne voie!

  • @jeannot_vachon,

    Vous avez des enfants..? Si oui, je suppose que votre chrétienneté serait la même si on tuait vos enfants ?

    C’est un geste de PURE VENGEANCE. On ne tue pas quand on aime… La vie continue après une séparation.

    Vous dites, on vas se priver d’un spécialiste…? Un spécialiste comme cela, je m’en passerait bien. C’est comme allez voir un médecin qui nous dit que fumer est néfaste pour la santé tout en s’allumant une cigarette.

    La foi chrétienne peut faire dire bien des choses…!

  • @sergecorbeil

    Personne ne peut être indifférent à la mort d’un enfant, que ce soit le sien ou celui du voisin. Par contre, une fois mort, on ne peut le ramener à la vie. On peut être fou de rage et penser haine et vengeance mais ces sentiments ont justement causé le drame selon vous. On peut aussi se poser la question sur les causes du drame, sur des solutions ou plutôt sur des éléments de prévention mais aussi sur les conséquences de nos réactions.

    Pour moi le geste du médecin a été fait dans un moment de folie. Je connais peu les détails de l’affaire mais, à prime abord, je ne peux m’expliquer un geste aussi dément par la simple méchanceté d’un amant frustré. Si c’est de la folie, ça relève plus de l’accident que d’un geste purement criminel.

    Vous essayez de m’amener sur le terrain de s’il s’agissait de mon enfant. Mais moi je suis de l’école de laisser la justice aux mains du système de justice et non des victimes. On doit gérer la justice en fonction du bien commun. S’il fallait que les victimes décident des sanctions des responsables de crimes ou d’accident ou parfois d’un mélange des deux, ça imposerait un fardeau énorme à la société, surtout quand certaines victimes se montreraient sans pitié.

  • @jeannot_vachon,
    Vous essayez de m’amener sur le terrain de s’il s’agissait de mon enfant.

    C’est facile de théoriser quand l’événement est extérieur à nous. C’est ce que vous faites, vous théoriser (et non terroriser). Nous vivons dans un système qui encadre plus les agresseurs que les victimes… Vous dites qu’on doit gérer la justice en fonction du bien commun (le 1,625,000$ que coûtera l’incarcération d’un médecin -et ce qu’il en a couté pour être formé-) aurait certainement pu bien être utilisé pour le BIEN COMMUN.

    Et oui, un moment de folie…facile à dire.

  • Monsieur Lagaçé. C’est la première fois je je laisse un commentaire. Comme vous je suis hantée par ce Doc de Piedmont. Je ne suis pas ici pour juger, pour condamner. J’essaie seulement de comprendre. Ce qui me hante par dessus tout dans cette histoire c’est la mère, aux funérailles de ses deux enfants, prend la parole pour dire qu’il était le meilleur papa du monde. Qu’elle avait beaucoup d’estime pour lui et qu’il était son ami. Une connaissance toujours aux funérailles dit: Guy s’occupait super bien de ses enfants. Que s’est-il passé dans la tête de cet homme ce soir là. Je répète…ça me hante et j’essaie de comprendre et encore une fois je ne juge personne car je n’en ai pas le droit je ne sais de cette histoire que ce qui a été raconté. Mes pensées vont souvent pour cette pauvre maman qui ne l’est plus et pour ce père qui est vraiment dans un trou noir.

  • Je suis une personne proche de cette personne et il n’a pas juste la séparation de couple qui l’affectait… si ça serait juste ça combien de personne tuerait leur propre enfant…La justice s’occupera de lui… Si je pourrais parler librement, je dirais vraiment tout ce que je pense…

  • Il a une page sur Facebook pour supporter Guy Tucotte

  • Mon message s’adresse à Martin_199. Est-ce possible de savoir comment s’appelle cette page sur Facebook pour supporter Guy Turcotte. Merci.

  • h.m. elle a été enlevé

  • h.m., bonjour,

    Partage de ma petite hypothèse suite à notre expérience:
    Voir…laloueapril 7 Mars 2009 15h20….

    Si la mère réagit comme cela ” présentement ” c’est peut-être qu’elle est incapable de faire autrement.( refus de prendre en charge un fragment important de la réalité)

    Incapable d’admettre qu’elle a été la femme, l’épouse de celui qui a TUÉ ses 2 enfants.

    Incapable d’admettre qu’elle n’a rien vu venir. (comme tout l’entourage aussi)

    Incapable de blâmer quiconque, puisqu’elle doit se sentir si coupable(elle n’a aucune raison de ressentir cette culpabilité, mais elle la ressent).

    En plus, s’il est vrai que toute cette merde est arrivée à cause d’une autre relation….
    elle risque de perdre ce nouvel amour….malheureusement ça ne résistera pas considérant l’horreur, l’ampleur des conséquences.

    Peut-être que dans 4 ou 5 ans, le temps ayant fait son oeuvre elle réagira autrement.

    Je souhaite qu’une chose à cette Dame, que son entourage reste disponible pour elle longtemps, longtemps…..longtemps.

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