Militaires canadiens à Zhari, en Afghanistan - Photo Martin Tremblay, La Presse
Il y a quelques mois, j’étais à Québec pour couvrir un procès et un soir, je suis allé souper avec David Desjardins, rédacteur en chef chroniqueur de Voir Québec, J’avais quelques fois plogué sa chronique, on avait échangé des courriels, mais je ne l’avais jamais rencontré.
Rendez-vous fut donné au Cosmos, sur Grande-Allée. Nous avions parlé d’un tas de choses, notamment de ma difficulté à écrire une certaine chronique sur un sujet assez délicat. C’est que je ne crois pas que les soldats qui vont en Afghanistan sont des héros. Dit comme ça, c’est cru. Mais le fait de s’enrôler, de suivre l’entraînement et de servir sous les drapeaux ne fait pas de soi un surhomme qui devient, du jour au lendemain, courageux. Dans une armée professionnelle, on s’engage en sachant qu’on peut mourir. Ça fait partie de la job.
Sujet hautement délicat. Bien sûr, il y a des actes de courage sur le champ de bataille. Ça, c’est indéniable. Ramper sous les balles pour aller secourir un camarade blessé, kicker une grenade qui vient de tomber près de son unité, ce genre de truc est ponctuellement récompensé par des médailles militaires. De l’abnégation, du sens du devoir, de la passion, du goût de servir, de l’idéalisme, du patriotisme, si. Mais du courage, tout le temps ? Non. Le courage est par essence exceptionnel.
Je disais à David que j’étais irrité par la récupération de la mort des soldats par certains politiciens et partisans de la mission. Si ce n’est plus un soldat qui meurt, si c’est chaque fois un héros meurt bravement en terrain ennemi pour nous protéger contre le terrorisme, alors ce soldat n’est pluss tant courageux qu’instrumentalisé pour fermer la gueule à tous ceux qui osent critiquer la mission. Parce que « Supportez les troupes », en certains quartiers, en un code pour « Taisez-vous, les critiques ».
Je n’ai jamais écrit cette chronique. Parce que je n’ai jamais trouvé les mots justes. Le bon angle. Je l’ai écrite cent fois dans ma tête, j’ai même commencé à l’écrire sur papier puis… zéro. Vaut mieux, des fois, abandonner un bon sujet si on s’apprête à l’écrire avec les mauvais mots.
Eh bien, David Desjardins l’a écrit, cette chronique. C’est son papier de la semaine, autour de la suggestion du député adéquiste Gérard Deltel de changer le nom de l’autoroute Henri-IV pour autoroute de la Bravoure. C’est l’autoroute, bien sûr, qui mène au coin de la région de Québec qui abrite la base militaire de Valcartier. Extrait :
Autrement, la bravoure ne tient pas compte de la nature de la guerre qui veut qu’on échange des vies humaines, mais aussi des bras, des jambes et des yeux contre… des idées, des alliances, une image. De la politique, quoi. Il y a quelque chose d’infiniment cruel et injuste là-dedans qui n’a rien à voir avec la bravoure. Envoyer des gens mourir pour défendre une position, une décision parfois bonne, mais le plus souvent mauvaise, ça n’a rien de glorieux. C’est d’une tristesse infinie, en fait. C’est le plus grand échec de la civilisation.
Et la chute, plus loin, est immense.
























chroniquesblondes
24 Septembre 2009
15h17
Merci… Et du lien et de la générosité de rendre à César. C’est chic.
ysengrimus
24 Septembre 2009
15h17
Je vous seconde totalement. Il faut le dire et le redire. L’armée ne fait pas partie de la société civile
hyperlien
Alors la “bravoure” dont elle se réclame… je vous demande un peu…
Paul Laurendeau
theosaurus
24 Septembre 2009
15h23
“Tout ça pour dire que je veux bien, pour ton boulevard, Gérard. C’est juste le nom qui me tanne. Bravoure, c’est positif. Et pourtant, tout cela relève du drame le plus horrible. Que dirais-tu d’autoroute des Sacrifiés à la place?”
En effet, très bonne chute!
rogiroux
24 Septembre 2009
15h29
Un ADQuiste qui fait dans le populisme de bas étage…
Shocking…!!
ramses2.1
24 Septembre 2009
15h31
L’armée consacre des efforts énorme à polir son image. Le mythe de l’héroïque combattant fait partie de son arsenal. Il y a, bien sûr, des gestes héroïques fait par de soldats, mais pas plus que par d’autres personnes.
sirkowski
24 Septembre 2009
15h44
La schnoutte va pogner dans la fan à Québec.
Mais je suis d’accord avec David Desjardins.
phazon
24 Septembre 2009
15h45
Moi c’est la récupération de morts de soldats par plusieurs journalistes pour se supporter dans leur position anti-mission qui m’exaspère au plus haut point!
Comme quoi…
johanne.b
24 Septembre 2009
15h45
La bravoure est le mot qui pourrait qualifier les gouvernements, l’ONU et tous les puissants qui décrèteraient l’abolition de l’industrie de l’armement et la destruction de toutes les armes (à l’exception, peut-être des bâtons de baseball et des couteaux à découper qui peuvent être généralement utiles). Ce serait brave.
Il y a-t-il quelque chose de plus lâche que de tirer sur quelqu’un avec un fusil?
frischtom
24 Septembre 2009
15h47
La réalité c’est que l’armée recrute des jeunes de 17 ans, qui sont a peine sorti de l’école secondaire en leur offrant 45 000 $ par année (encore plus lorsqu’ils sont en mission à l’étranger).
Bref, les militaires sont davantage opportunistes que courageux. J’ai été militaire pendant 8 ans et je n’aurais pas enduré de travailler (car il s’agit bien d’un travail) dans ce système archaïque si je ne n’avais pas été aussi bien payé.
siocanrf
24 Septembre 2009
15h51
En effet, on tente de donner un qualificatif à un groupe de gens. Or les militaires ont un métier qui peut les amener dans des zones de combats. Être un héros ou faire preuve de courage n’est pas nécessairement le propre des militaires. Dans toutes les situations cela mérite d’être cité en example. Mais de dire tous les militaires font preuve de courage ou sont des héros. C’est un peu léger.
d.lafreniere
24 Septembre 2009
15h56
Vous dites qu’on s’engage dans l’armée en sachant qu’on peut mourir. L’engagé doit donc vaincre sa peur de la mort afin d’exercer le métier de son choix. Et si la définition du courage est d’affronter sa peur, la personne qui s’engage dans un métier où sa vie peut être en danger est courageuse puisqu’elle affronte sa peur de la mort (ou souffrance physique et psychologique).
Donc, chaque militaire n’est pas un héros, et cette qualification de la part des politiciens est bien sûr de la petite politique qui vise à toucher les coeurs sensibles, mais chaque militaire est brave par son choix de faire un travail qui risque de mettre sa vie en danger.
Par contre, je suis contre qu’on change le nom de l’autoroute Henry IV, ce bon roi qui financa les voyages de Pierre Dugua de Monts et Samuel de Champlain.
nike
24 Septembre 2009
15h57
Je me demande ça donne quoi de remettre en cause la valeur de l’effort fait par ces soldats? Surement qu’il y a des soldats qui y vont pour la cash, d’autre pour voir pêter des vrais bombe et tout plein de fausse bonne raison mais en bout ligne, ces soldat y vont pour nous qu’ils en soit tous conscient ou non et je ne voit pas l’intérêt de chroniquer sur la justesse de leur motif.
Est-ce que tout les chroniqueurs sont muent par le même bon sentiment non, certain le font même pour du cash! Certain ont même arrêté de chroniquer parce qu’on ne les payait pas assez, Est-ce que ça enlève de la valeur à ce qu’ils font? Non.
Cette chronique est une habile façon de critiquer des gens qui font une salle guerre pour la quelle certain ne sont pas d’accord. On peux-tu les laisser en paix et pas trop beurré épais d’un bord comme de l’autre.
heron23
24 Septembre 2009
15h58
Dans la région de Québec, au moins deux médias nous renforcent jour après jour l’idée qu’il faut absolument supporter D’ABORD nos “p’tits gars et nos p’tites filles” avant de remettre en question cette guerre. Comme si leurs morts ou leurs souffrances étaient un mal nécessaire pour la survie de notre civilisation… (”défendre nos valeurs” !!)
Attention, suivez les commentaires qui vont suivre sur ce billet: vous reconnaîtrez des perroquets.
Pager
24 Septembre 2009
16h04
@ysengrimus et Monsieur Lagacé.
24 Septembre 2009
15h17
Où croyez vous que nous serions si nous n’avions pas eu ces courageux soldats de toutes nationalités pour préserver notre liberté sur les plages de Normandie et autres endroits…Hitler était sur le point d’avoir l’arme atomique (Il l’aurait surement utilisé)!
Tout cela n’a pas changé, sauf que maintenant, nous combattons un ennemi hypocrite et sournois…mais, c’est le même combat pour la liberté?
michelnotredame
24 Septembre 2009
16h07
Que font exactement les soldats d’origine québécoise dans cette guerre à la con ?
Sont-ils enrôlés de force ? Non, ils y vont parce qu’ils font partie de l’armée canadienne. Ils savent ce qui les attend. La mort est toujours embusquée quelque part, dans ce pays où l’Occident n’est pas nécessairement le bienvenu.
Quand tu joues au soldat, attends toi à mourir dans tes fonctions. C’est comme ça, sinon reste chez toi.
Laissez-nous tranquille avec votre bravoure. Parlez plutôt de massacre de jeunes qui font montre d’un idéal qui fait d’eux des victimes qui nous reviennent les deux pieds devant.
Le métier de soldat est le pire sur terre.
Mercador
24 Septembre 2009
16h09
Un autre petit post pour basher Québec, toujours important :)
mia-maude
24 Septembre 2009
16h09
”De l’abnégation, du sens du devoir, de la passion, du goût de servir, de l’idéalisme, du patriotisme, si. ”
En fait, non. La guerre, c’est un gros trip de testostérone, au pire, un besoin d’aventure, au mieux. Ça me semble assez évident. Sens de la patrie, MDR. !
dkca
24 Septembre 2009
16h10
Ouf !
1. Pat, moi je crois que tu as raison, c’est une job pas de la bravoure ( même si je compatis pour la mort de ces enfants de 22 d’âge en moyenne, genre ).
2. C’t’une véritable groupie de l’armée Deltel, quelle glorification ! Ça prend rien qu’un ADQuiste pour penser à ça, un vrai copier-coller des Reptiliens Républicains des USA.
Tant qu’à ça, si on parle de bravoure, la rue Côte Ste-Catherine que l’infirmière, le préposé aux bénéficiaire, le médecin empruntent chaque nuit pour se rendre à Ste-Justine, on la rebaptise comment ??
noumi
24 Septembre 2009
16h13
Qu’en est-il de la bravoure dans ce contexte de l’Afghanistan. Je ne crois pas que sa définition corresponde aux perceptions plutôt personnelles.
Et ce Henri IV…méritait-il que l’autoroute porte son nom? Enfin pourquoi pas être honnête et nommé ce chemin “Le chemin des innocents”.
venture103
24 Septembre 2009
16h17
Je ne me souviens malheureusement pas de qui a dit ça, mais je le cite régulièrement: “À la guerre, il n’y a pas de lâches, pas de héros, il n’y a que des survivants…”
parj2105
24 Septembre 2009
16h20
Ce débat dépasse la sémantique du mot courage.
Les militaires sont des héros qui font la mission décidée par nos zéros. Ces zéros sont nos politiciens.
Les militaires et leurs familles vivent actuellement des drames humains.
Tous les soldats qui sont morts, mais surtout les blessés et leurs familles ont besoins du réconfort que leur apporte la reconnaissance de ce qu’ils ont fait. Que ce soit par une autoroute rebaptisée, un monument ou un simple marche citoyenne.
Cela n’a rien à voir avec les bonnes ou les MAUVAISES raisons pour lesquels les militaires sont en Afghanistan. Rien à voir avec le fait que les militaires aient du courage ou qu’ils fassent des actes courageux, par patriotisme ou par professionnalisme.
Clemence
24 Septembre 2009
16h24
Je suis une ancienne soldat et je dois vous dire que je suis d’accord avec vous. Comme soldat on mets notre nom sur la petite ligne en bas de la page. On remplie des , pas un, DES testaments, on s’entraîne mentalement et physiquement à aller en guerre ou en mission de paix. Tout ça pour faire un travail qu’on croit utile et intéressant. Je crois que le travail des militaires est nécessaire, utile et parfois très intéressant, mais aussi très dangereux. Est-ce que cela fait des mes confrère et consoeur des héros automatiquement? NON! Comme vous le dites certains font des actes héroïque et courageux et ils sont récompensés. Ce n’est pas parce qu’on porte l’uniforme qu’on est un héros désolé.
Par contre, moi ce qui m’insulte à chaque fois qu’un militaire meurt c’est la réaction de certain média et certaine personne: AH! NOS PAUVRES SOLDATS QUE NOS MÉCHANT POLITICIENS ENVOIENT À LA GUERRE. Non je suis désolé, je trouve ça vraiment frustrant et imbécillisant pour les militaires. Pauvre conjoint? OUI. Pauvre parents?OUI. Pauvre famille qui ont perdu un proche?ABSOLUMENT. Mais pas pauvre soldat. Comme militaire on sait dans quoi on s’embarque, on choisi la vie militaire et tout les risques que ça implique. Les militaires ne sont pas des imbéciles qui se sont fait avoir par les politiciens. Ce sont des gens qui ont prit une décision de carrière informé.
Désolé, à chaque fois la moutarde me monte au nez. J’entend d’un coté les pro-guerre dire NOS SOLDATS SONT TOUS DES HÉROS et de l’autre les anti-guerres dire NOS PAUVRES PETITS SOLDATS QU’ON ENVOIE SE FAIRE TUER. Une minute svp ça suffit la propagande d’un coté comme de l’autre! Est-ce qu’on pourrait juste dire je suis pour cette guerre pour les raisons suivantes et je suis contre cette guerre pour les raisons suivantes sans utilisé les soldats comme portes de sortie facile? Je ne sais pas je pause la question!
geckorn
24 Septembre 2009
16h25
Si aller risquer sa vie à l’autre bout du monde (tous les conflits confondus) ne prend effectivement pas de courage il y a beaucoup de candidats ici!
ramses2.1
24 Septembre 2009
16h28
Pager : 1 point Godwin pour vous. MDR
petit-jean
24 Septembre 2009
16h39
C’est certain que nos gars qui sont là-bas vivent des moments extrêmement difficiles, mais c’est leur métier.
Ils ont choisi d’être soldats sachant, et peut-être espérant, vivre ce type de situation.
Ils sont très bien payés, même en temps de paix, et bénéficient d’excellentes conditions de travail.
Leur métier c’est avant tout d’obéir aux ordres … aller mordre la poussière en Afghanistan, c’est un ordre (stupide selon moi) qu’on leur a donné, nous les canadiens.
J’ai des amis militaires qui sont là-bas … ils ne m’ont jamais parlé de bravoure, ni de mission civilisatrice … ils m’ont simplement dit qu’ils allaient faire leur travail.
Être brave, ça fait partie de leur description de tâche, mais ce n’est pas de la bravoure désintéressée, c’est leur métier.
Je les supporte à 100 % … mais surtout parce que j’espère les voir revenir au plus vite.
Je suggère donc d’appeler Henri IV l’Autoroute de l’Engagement … en plus ça fait moins wanna be que l’autoroute de la bravoure.
numero6
24 Septembre 2009
16h54
Gérard Deltel manque vraiment d’imagination… à Québec il y a déjà une rue et un parc “des Braves”… et je suis certain que moins de 10% des gens de Québec savent de quels Braves il s’agit.
S’il veut rendre hommage aux vétérans d’Afghanistan, il faut plutôt penser à rue de Khandahar… ou quelque chose du genre.
Cela dit, je suis tout à fait d’accord pour dire que les militaires n’ont pas le monopole de la bravoure… Ils ont choisi un métier dangereux comme bien d’autres.
michele32
24 Septembre 2009
17h13
Je dirais comme frischtom. Les soldats ne sont pas nécessairement braves mais plutôt opportunistes et souvent irréalistes.
Les soldats qui meurent en Afghanistan âgés de 21 ou 22 ans n’avaient que 13 ou 14 ans lorsque la guerre a débuté. La guerre est devenue banale pour eux ou peut-être même qu’ils n’en ont jamais entendu parler parce qu,ils n’écoutent pas les nouvelles.
Le salaire d’une recrue commence à environ 30000$ et on n’exige qu’un secondaire 3 pour s’enrôler. Beau salaire pour un décrocheur! Quel autre métier pourrait lui offrir un salaire pareil avec aussi peu d’études. En plus ils peuvent monter jusqu’à 80000$ de salaire annuel lorsqu’ils deviennent adjudant-chef. C’est plus que la moyenne des “piochons” au Québec. Surtout des “piochons” peu scolarisés…
Je suis allée voir le site web des forces armées. La première chose à laquelle ça m’a fait penser c’est à un jeu vidéo. Pareil à ceux que les jeunes et moins jeunes jouent sur la PS3 ou la Xbox… Attrayant pour un jeune inexpérimenté qui confond les jeux vidéo avec la vraie vie…
michele32
24 Septembre 2009
17h16
Bravo Clémence! Bien dit!
Vous avez beaucoup de lucidité et mon commentaire précédent ne s’applique probablement pas à vous.
allenzheimer
24 Septembre 2009
17h22
@phazon (15hr45) Moi,c’est la récupération des morts de soldats par plusieurs rétrogrades droitistes pour se supporter dans leur” Sainte Mission “qui m’exaspère au plus haut point.
Comme quoi…! La guerre fait toujours l’affaire des charognards.
jeanfrancoiscouture
24 Septembre 2009
17h26
Si j’ai bien lu, le titre est : «La bravoure des soldats au combat». On parle donc de combat, de vraies balles, de vraies roquettes, de vraies bombes.
Ici, on entend une «balloune» qui éclate sur un quai du métro et tout le monde fait le saut. Faudrait voir à ne pas mêler les choses.
Nous pouvons convenir que s’enrôler dans les forces armées n’est pas un acte de bravoure. Nous pouvons aussi convenir qu’en s’enrôlant, surtout en période de missions de guerre, le soldat sait qu’il court un risque plus grand que, disons, la moyenne des citoyens qui chialent après les nids de poule ou après le maire Tremblay.
À la limite, on pourrait même convenir qu’il n’y a pas de vraie bravoure à être dans un TTB qui saute sur une mine mais il devrait y avoir une petite gêne à éructer n’importe quoi.
J’en ai un peu marre des commentaires à la noix. Comme le disait le personnage du Colonel Jessep joué par Jack Nicholson dans le film «Des hommes d’honneur», nous sommes bien contents d’avoir des soldats prêts à faire le job au lieu que nous montions nous-mêmes aux barricades.
Ici, contrairement à la Suisse, les citoyens ne contribuent pas à la défense et ne font pas partie de la réserve avec tout ce que cela implique. Facile d’avoir une opinion, de juger, de critiquer et le reste quand on a choisi de rester bien à l’abri dans un blogue et qu’on n’a jamais, même de loin, entendu la détonation d’une arme de gros calibre en se demandant si c’est nous qu’on vise.
insisyphe
24 Septembre 2009
17h48
“Mourir pour une cause ne justifie pas que cette cause soit juste!” disait quelqu’un!
bozappa
24 Septembre 2009
18h33
Hormis la bravoure, il y a le mérite et c’est le mérite qui caractérise pour moi l’abnégation du militaire.
Combien autour de vous ont léché votre patron aujourd’hui ? (Hé ! Hé !)
“Supportez vos troupes” est un anglicisme , Monsieur Lagacé.
Le verbe supporter s’emploie lorsqu’un militaire revenant d’une mission à l’étranger, supporte l’indifférence ou l’ingratitude de ceux qui toujours ignoreront à quel prix ils posent chaque matin au sol le pied sur un terrain libre.
“Appuyez vos troupes” est beaucoup plus approprié.
Quant à l’autoroute de la bravoure, où la plupart des gens déserterait le passage de la dépouille de nos militaires, je baptiserais plutôt “l’Allée de Gilles Kègle”.
Ça , c’est unanimement à Québec un vrai Héros.
heron23
24 Septembre 2009
18h55
@bozappa:
Quant à l’autoroute de la bravoure, où la plupart des gens déserterait le passage de la dépouille de nos militaires, je baptiserais plutôt “l’Allée de Gilles Kègle”.
C’est drôle mais moi, je crois que lorsque Gilles Kègle sera disparu (que Dieu veuille que ce soit le plus tard possible), je ne vois pas du tout une autoroute à son nom: je crois que l’homme mérite qu’on souligne sa légendaire abnégation et le lieu de ses valeureux accomplissements dans une rue du quartier Saint-Roch. Une toute petite rue correspondrait davantage à sa modestie.
patlemay
24 Septembre 2009
19h02
David Desjardins est pour moi le meilleur chroniqueur québécois. Il est le seul, à mon avis à être capable de marier opinion, poésie, images chocs, petits riens, grandes vérités avec autant de fluidité (et oui, plus que Foglia). Il valse avec les mots à un tel point que même si souvent je ne sais pas exactement de quoi il parle (n’étant pas de Québec) je le lis avec avidité, juste pour le plaisir de savourer ses textes.
Dommage, il ne blogue pas beaucoup.
heron23
24 Septembre 2009
19h15
@Pager:
“Où croyez vous que nous serions si nous n’avions pas eu ces courageux soldats de toutes nationalités pour préserver notre liberté sur les plages de Normandie et autres endroits…”
Cette comparaison est de mauvaise foi, quant à moi. Hitler possédait l’armée la plus puissante d’Europe, son but avoué était de conquérir le monde en commençant par son continent ainsi que l’Afrique et il y était presque parvenu, avec l’aide des Japonais en Asie.
Les Talibans, même si vous leur ajoutiez le réseau Al-Quaïda, ne sont que quelques poignées de fanatiques qui cherchent à empêcher de puissants conquérants venus d’ailleurs de diriger leurs gouvernements locaux. Ils l’ont fait contre les Soviétiques, AVEC l’appui des puissances occidentales qui les combattent maintenant depuis 2001 (sans succès).
Comparer nos soldats de Dieppe et du Jour-J (notamment) avec nos valeureux soldats de Kandahar relève de la démagogie.
Les Soviétiques ont tenté d’instaurer à Kaboul un gouvernement-marionnette avec LES MÊMES prétextes: gouvernement laïque, droits des femmes, système démocratique. Croyez-vous vraiment que les Rouges étaient sincères ? Ou bien l’enjeu de la mainmise sur cette région du monde était purement économique et stratégique ?
Un “combat pour la liberté”, dites-vous ?
Quelle liberté, précisément ?
livebabylive
24 Septembre 2009
19h26
Merci, Patrick, de m’avoir inspiré à terminer une chronique entamée lors du Jour Du Souvenir de l’an passé… hyperlien
rogiroux
24 Septembre 2009
19h51
@ JFC ~ La Suisse… La Suisse ??
Le pays retranché en arrière de ses belles et hautes montagnes et qui se déclare neutre pour mieux profiter des guerres des autres…?? Trop drôle… et trop facile!!
13leu_marco
24 Septembre 2009
20h55
«Être patriote, c’est croire que votre pays a raison parce que vous y êtes né.»
La plupart de nos idées politique et personnelles dénotent une grande incompréhension du monde, sans compter que celles-ci proviennent généralement de nos parents. Comment un jeune peut-il se considérer de droite lorsqu’il a 15 ans ? A-t-il la connaissance appropriée ? Dès lors il faut se demander : comment peut-on savoir où est la limite ? Même à 80 ans, un homme peut ne rien connaître du monde de l’éducation, mais il pense avoir toute les réponses sur le sujet.
La seule manière (la plus efficace) pour détenir une opinion juste et approprié sur un sujet est d’étudier celui-ci avec un esprit critique et une ouverture d’esprit. Et être ouvert d’esprit ne signifie pas que l’autre doit être d’accord avec vous (beaucoup de gens se confondent). Le monde se porterait beaucoup mieux si les gens se permettaient de douter de leurs propres opinions. Ils cherchent à s’opposer en cherchant des preuves et en critiquant l’autre plutôt qu’à mettre en lumière leurs propres arguments. Nos opinions sont souvent émotionnelles avant d’être raisonnées.
D’ailleurs, la question me semble idiote à prime abord : Les soldats sont-ils des héros ? Mais, les soldats nazis étaient-ils des héros ?! Personne n’est un héros ; nous pouvons faire un geste héroïque, mais cela ne fais pas de nous un héros.
Nous sommes tous humains, et en ce sens nous cherchons tous notre petit bonheur égoïste. L’altruisme est seulement un égoïsme raffiné. Le héros est seulement un homme à qui on donne des honneurs qui, souvent, ne sont pas tout à fait mérité. Vouloir mourir pour son pays, c’est une maladie psychologique qui s’attrape. Beaucoup de gens ont cette maladie depuis très longtemps. Ne pas se remettre en question n’est pas sain.
Clairement, c’est le nombre qui fait la santé mentale.
jeanrene775
24 Septembre 2009
21h21
Ce n’est pas parce que c’est une job que ce n’est pas de la bravoure. Les pompiers aussi ont fait un choix, et la possibilité de mourir fait aussi partie des risques de la job. Comme les militaires, ça n’en fait pas automatiquement des héros, mais je peux affirmer que globalement, ça en fait des gens courageux, des gens qui, peu importe ce qu’on pense de leur job, méritent le respect.
L’histoire de renommer l’autoroute est franchement conne cependant. Mais au chapitre de la récupération politique sur le dos des soldats, il faut être complètement aveugle ou de mauvaise foi pour blâmer uniquement les partisans de la mission. A commencer par le PQ et le Bloc qui cassent du sucre sur le dos des soldats pour marquer leur opposition politique à la guerre en Afghanistan. Ou les médias qui utilisent chaque mort pour exiger le retour des soldats au bercail, euh non, s’cusez pour se “questionner objectivement sur l’opportunité de poursuivre la mission”?
jeanfrancoiscouture
24 Septembre 2009
23h14
@rogiroux.(19H51) Bravo. Vous avez tout compris. Je vous souhaite une bonne nuit.
fujiios
25 Septembre 2009
00h52
je crois que le changement de nom de l’autoroute Henry IV aurait dû être fait depuis longtemps, je dirais même que celle-ci n’aurait jamais dû être nommé ainsi. C’était un pédophile qui n’a jamais posé un pied ici.
mais faut lui donner ça, c’est tellement plus facile et rapide à prononcer par rapport à AUTOROUTE DE LA BRAVOURE…
estec
25 Septembre 2009
01h29
Non seulement je supporte nos soldats, mais aussi la mission, à telle point que ceux qui sont dans l’armée devraient obligatoirement y aller une fois, sinon démissionner. Payer pour du monde qui passe leur temps à s’entraîner pour rien est une perte de temps, ya du travail demandé au civil, manque de main d’oeuvre. Alors payer le double pour le même type d’emploi à la base me fatigue. De même, il serait temps d’arrêter de nous emmerder avec nos morts en mission et d’avoir enfin en page couverture nos succès avec le nombre de connards qu’on descend, on commémorera nos morts une fois la mission terminée. Pi fuck off changer le nom d’un boulevard ou d’une ruelle, on l’a assez fait pour les fusion$$
lulu06
25 Septembre 2009
06h47
Ça me scie en deux, à chaque fois que je vois un petit gars de 20 ans qui est allé se faire tuer la-bàs… Que d’énergie gaspillée à tergiverser sur le nom d’en stupide boulevard… C’est de la connerie de haut niveau…ça va donner quoi au juste?????????????
paulverreault
25 Septembre 2009
08h29
Je félicite la personne qui a suggéré l’”Autoroute des Sacrifiés”, c’est en effet le seul nom qui convient; qu’y a-t-il d’héroïque dans fait de sacrifier sa vie en “sautant” sur une mine parce qu’un Général a ordonné d’aller à tel endroit??? (Ce n’est jamais le Général qui “saute”). Cela dit sans avoir une grande peine pour une mort si jeune et si inutile la plupart du temps.
jeannot_vachon
25 Septembre 2009
08h38
Et si on nommait ce boulevard : “Boulevard de la Chair à canon”?
Je suis toujours profondément touché par la mort d’un de nos militaires et je ne discrimine aucunement si le gars est mort par accident ou en plein combat. Le simple fait d’accepter d’aller là-bas vivre avec une forte probabilité d’en revenir mort ou éclopé fait d’eux des héros.
Par contre, je n’assisterai jamais à leurs funérailles et je ne glorifierai pas leur travail parce que pour moi toutes ces morts sont inutiles. On a étiré cette guerre beaucoup trop longtemps et on a probablement fait plus de mal que de bien là-bas. On a entretenu une guerre civile pour occidentaliser (évangéliser) des orientaux.
Parenthèse: Sylvain Bouchard du fm 93, grand défenseur de la guerre, ramasse Patrick Lagacé ce matin 6:50h. Et il en met: “gauchiste qui pue, aveuglé par sa haine des USA, etc”
D’ailleurs il demande les solutions des “gauchistes” sur sa boite vocale. Lâchez-vous lousse: 418-687-3693 ext 3-1. Il fera écouter ça demain à 6:30h.
jeannot_vachon
25 Septembre 2009
08h54
Oups j’ai oublié le lien des podcasts du FM93 (choisir le jour et la case horaire qu’on veut):
hyperlien
petdud
25 Septembre 2009
11h00
Entièrement d’accord!!!
rogiroux
25 Septembre 2009
12h51
@ fujiios ~ On parle d’Henri IV ou de Michael Jackson…??
paulverreault
25 Septembre 2009
16h13
Je me suis très mal exprimé car “j’ai” une grande peine pour…
Claraettoi
25 Septembre 2009
18h02
C’est ça. Lorsqu’on ne sait pas verbaliser soi-même, on se tait M. Lagacé. Un avis, c’est facile à donner. C’est comme autre chose, tout le monde en a.
Il y a des abus et eccès des deux côtés. Mais qui peut juger de ce qu’est un héro? de ce qu’est le courage? Qui a le droit de dire que ces militaires sont des héros ou des imbéciles? Les seuls qui peuvent répondre à ces questions ce sont eux et leurs familles. J’aimerais vous voir dire, M. Lagacé, à un enfant qui vient de perdre son père au combat, que ce dernier n’est pas un héro. Non, vous ne le feriez pas. Pourquoi donc? Pensez-y. Écrire n’importe quoi, c’est facile. Avoir un blogue et donner son avis à gauche et à droite pour payer ses factures, c’est facile. Donner un avis fondé, mesuré. logique et rationnel, c’est autre chose. J’aimerais lire ça. Ça aiderait l’opinion publique à se bâtir sur des faits réels et non sur des croyances populaires, des expériences personnelles trop positives ou néfastes, sur des stupidités et des combats politiques.
eldiabloblanco
26 Septembre 2009
18h11
hyperlien
Peu importe la raison derrière le choix de carrière, notre monde est quand même là et revient trop souvent mort ou blessé. Tout le monde peut comprendre l’engoument des jeunes à s’enrôler; les métiers sont nombreux et très accessibles et les pub sont captivantes. Ils ne sacrifient pas seulement leur vie personnelle pour être des guerriers, mais aussi pour passer des nuits blanches avec vous au lieu d’être proches de leur famille si un sinistre naturel ou quoi que ce soit d’autre arrivait ici. À part quelques individus (qui ne se battent même pas pour défendre ladite bonne cause qu’ils défendent, qui veut vraiment se battre, jour après jour (constater ça ne veut pas dire les prendre en pitié). Si toutes les rues menant à des gens braves changeaient de nom pour Bravoure, les GPS se taperaient des épuisements professionnels. Je suis d’accord avec Patrick, et avec bien des choses qui se disent ici, et ailleurs mais…
C’est un sujet à mille facettes. On mélange les affaires. Tout est discutable. Tout est relatif. Triste.
mephistau
26 Septembre 2009
18h16
Alors un militaire, un policier, un pompier, un journaliste qui meurt en faisant sa job c’est pas brave?
Parce qu’il y a plusieurs raisons pour lesquelles ils se sont engagés dans des avenues dangereuses?
Ils sont sacrifiés?
Et les personnes qui écrivent cela, cogitent pendant des mois pour trouver le mot juste, parce qu’ils ont peur des conséquences.
Car bien entendu, s’ils se font lancer des roches, ils seront sacrifiés.
Brave = Courage guerrier, vaillance. La bravoure de nos troupes. Il a fait preuve de bravoure en mille occasions.
“Le courage est un trait de caractère qui désigne la capacité à surmonter la peur pour faire face à un danger. Le terme peut aussi être employé pour exprimer l’endurance, notamment à l’égard de la douleur.” De Wiki.
Je suis certain que dans les milieux journalistiques, le synonyme de pleutre est diplomate.
charlpic
26 Septembre 2009
20h26
@ramses2.1
Le +1 Godwin n’est pas souvent évoqué sur les blogs de Cyberpresse. Vous risquez d’en relever plusieurs. Mais j’avoue que cela en était un beau… un sans équivoque.