Les économistes sont reconnus pour se chicaner fort et s’entredéchirer. Mais disons que les couteaux volent particulièrement bas en ce moment.
Le président du conseil de Morgan Stanley en Asie, Stephen Roach, vient de s’en prendre vertement à l’économiste Paul Krugman. Il a même suggéré qu’on corrige le prix Nobel d’économie avec un bâton de baseball parce qu’il s’en est pris à la Chine. Lire le compte-rendu de l’agence Bloomberg ici.
Dans une chronique publiée dans le New York Times en début de semaine, Paul Krugman explique que les États-Unis doivent se tenir debout, le temps des réprimandes diplomatiques étant largement passé.
Selon ce professeur de l’Université Princeton, la politique de taux de change de la Chine, qui maintient le renminbi à un taux artificiellement bas depuis 2003 au moins, cause de grands dommages aux grandes économies mondiales qui n’arrivent pas à s’extirper de leur marasme économique. Pendant ce temps, les réserves chinoises s’accumulent à un rythme de 30 milliards US par mois…
Selon Paul Krugman, il ne faut pas avoir peur de critiquer la Chine, premier créancier des États-Unis. Si la Chine veut liquider ses investissements américains, explique-t-il, le pays se fera du tort à lui-même, puisque la valeur du billet vert chutera, ce qui réduira d’autant la valeur de ses placements.
De son côté, Stephen Roach affirme que les États-Unis devraient plutôt épargner plus. Mais en ces temps difficiles, son argument trouvera moins d’oreilles réceptives que le point de vue de Krugman.
Alors, êtes-vous Krugman ou Roach ?











