Sophie Cousineau

Le Jeudi 18 mars 2010 | Mise en ligne à 23h18 | Commenter Commentaires (37)

Les bâtons de baseball volent bas

Les économistes sont reconnus pour se chicaner fort et s’entredéchirer. Mais disons que les couteaux volent particulièrement bas en ce moment.

Le président du conseil de Morgan Stanley en Asie, Stephen Roach, vient de s’en prendre vertement à l’économiste Paul Krugman. Il a même suggéré qu’on corrige le prix Nobel d’économie avec un bâton de baseball parce qu’il s’en est pris à la Chine. Lire le compte-rendu de l’agence Bloomberg ici.

Dans une chronique publiée dans le New York Times en début de semaine, Paul Krugman explique que les États-Unis doivent se tenir debout, le temps des réprimandes diplomatiques étant largement passé.

Selon ce professeur de l’Université Princeton, la politique de taux de change de la Chine, qui maintient le renminbi à un taux artificiellement bas depuis 2003 au moins, cause de grands dommages aux grandes économies mondiales qui n’arrivent pas à s’extirper de leur marasme économique. Pendant ce temps, les réserves chinoises s’accumulent à un rythme de 30 milliards US par mois…

Selon Paul Krugman, il ne faut pas avoir peur de critiquer la Chine, premier créancier des États-Unis. Si la Chine veut liquider ses investissements américains, explique-t-il, le pays se fera du tort à lui-même, puisque la valeur du billet vert chutera, ce qui réduira d’autant la valeur de ses placements.

De son côté, Stephen Roach affirme que les États-Unis devraient plutôt épargner plus. Mais en ces temps difficiles, son argument trouvera moins d’oreilles réceptives que le point de vue de Krugman.

Alors, êtes-vous Krugman ou Roach ?

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Le Mercredi 17 mars 2010 | Mise en ligne à 17h08 | Commenter Commentaires (33)

Blockbuster ou la mort annoncée du club vidéo

Photo d'archives, Reuters.

Photo d'archives, Reuters.

La chaîne de clubs vidéo Blockbuster vient de sonner l’alarme auprès des autorités réglementaires aux États-Unis. En raison de ses difficultés financières, elle pourrait devoir se mettre à l’abri de ses créanciers, ce qui a fait chuter son titre de 30% aujourd’hui à la Bourse de New York.

Avec 6500 boutiques à travers le monde, cette chaîne américaine qui a longtemps été perçue comme la reine du club vidéo a bien du mal à s’adapter aux changements technologiques. Cette nouvelle concurrence vient autant de sites internet qui permettent de télécharger des films et des émissions de télé (Apple, par exemple) que de machines distributrices de vidéos (Redbox) ou de films envoyés par la poste (Netflix).

Blockbuster a bien tenté de s’y mettre, mais ses propres initiatives n’ont jamais remporté le succès espéré. Aujourd’hui, alors que la chaîne n’arrive pas à fermer ou à vendre assez rapidement ses boutiques, ses dettes dépassent de plus de 314 millions US la valeur de ses éléments d’actif, rapporte le Wall Street Journal.

Les chaînes télé offrent aussi un catalogue de plus en plus vaste de leurs séries aux consommateurs, qui peuvent télécharger gratuitement les épisodes et les regarder quand bon leur semble.

Les studios de cinéma songent même à offrir leurs nouveaux films par internet le jour même de leur sortie en DVD. Si cela arrive, le club vidéo perdra son seul avantage et, du coup, sa raison d’être.

Mais qui s’ennuiera des allers-retours inutiles entre le club vidéo, des disques rayés, des frais de retard et autres contrariétés qui font tellement XXe siècle ?

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Le Mercredi 17 mars 2010 | Mise en ligne à 10h09 | Commenter Commentaires (7)

Fonds souverain indien ?

Photo d'archives, Presse canadienne.

Photo d'archives, Presse canadienne.

Le gouvernement de l’Inde songe à établir un fonds souverain avec ses réserves de devises étrangères de 254 milliards US, rapporte Bloomberg. Le ministère du Pétrole en aurait fait la demande formelle au ministère des Finances, selon les sources de cette agence.

L’Inde jalouse la Chine, qui s’est doté d’un fonds souverain de 300 milliards US à partir de ses colossales réserves étrangères, de 2,4 billions de dollars.

C’est avec cet argent que la China Investment Corp. magasine des sociétés énergétiques et des producteurs de métaux et de minéraux au Canada et ailleurs sur la planète. Elle n’est pas seule puisque CNOOC, le société d’exploration pétrolière chinoise, enfile aussi les acquisitions.

L’an dernier, les sociétés chinoises ont dépensé 32 milliards US pour mettre la main sur des sociétés énergétiques et des producteurs de métaux, une somme record.

La Chine craint de manquer de ressources naturelles pour alimenter sa folle croissance – qui devrait s’élever à 9,5% cette année, selon la Banque mondiale, qui vient de réviser à la hausse sa prévision. Et l’Inde aussi, puisque le pays importe déjà 75% de ses besoins en pétrole brut.

Une éventuelle surenchère pourrait rehausser la valeur des producteurs de matières premières du Canada et d’ailleurs. Mais comme le capital de ces entreprises est généralement très disséminé à l’international, ce n’est pas avec cet argent que le Canada pourra créer son propre fonds souverain…

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