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Vendredi 20 Novembre 2009 à 11h40

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Quelque 145 églises ont fait faillite aux États-Unis depuis que la crise du crédit a fait boule de neige à l’automne de 2008.

Les leaders religieux ne sont différents de la société dans laquelle ils évoluent. Eux aussi ont succombé au crédit facile et ont construit églises sur églises. Or, avec le taux de chômage qui dépasse les 10% et les dons qui se raréfient, leurs finances sont de plus en plus mal en point.

C’est une bien mauvaise nouvelle pour les institutions financières qui se spécialisent dans le financement des congrégations religieuses, rapporte l’agence Bloomberg dans un papier d’angle illuminant. (Et il n’est pas question de Goldman Sachs ici, même si son grand patron, Lloyd Blankfein, a récemment déclaré à un quotidien londonien qu’il réalisait «l’oeuvre de Dieu».)

Le plus important prêteur dans ce marché qui était autrefois considéré comme béton est la Evangelical Christian Credit Union, de Brea, en Californie. Cette caisse populaire consent plus de la moitié des hypothèques de premier rang aux églises américaines, qui totalisent environ 1 milliard de dollars américains bon an mal an. Près de 11% de ses emprunteurs sont en défaut de payer leur hypothèque de premier rang depuis plus de 30 jours.

Fait intéressant à noter, la banque française BNP Paribas est aussi très active dans ce marché aux États-Unis, par l’entremise de sa filiale Bank of the West, établie à San Francisco.

Les églises ont vu grand ces dernières années aux États-Unis. Ici, une église baptiste de Houston, l’une des plus imposantes au pays. Photo d’archives d’AP.

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Mercredi 18 Novembre 2009 à 11h14

Cosmos a confondu les analystes, hier soir, en égalant l’offre d’achat de la firme américaine Mill Road pour l’agence de publicité Cossette. Ce groupe d’investisseurs piloté par l’ancien vice-président du conseil de Cossette François Duffar n’a donc pas jeté l’éponge dans ce feuilleton qui dure depuis quatre mois.

Ce qui est doublement surprenant dans ce rebondissement, c’est que Cosmos offre une prime substantielle (50% de plus que son offre précédente) sans qu’il ait encore pu jeter un coup d’oeil aux livres comptables. Ce consortium laisse même entendre qu’il pourrait bonifier son offre de 7,87$, si jamais Cossette ne lui réserve pas de mauvaises surprises. Mais, les actionnaires ne doivent pas être dupes. Tant qu’il n’y a pas de nouvelle offre sur la table, ce ne sont que paroles.

Pour l’instant, donc, le conseil d’administration de Cossette se trouve devant deux offres de valeurs égales, mais dont l’une est hostile. Le groupe Cosmos a suffisamment d’actions (37,3%) pour bloquer l’offre de Mill Road. En revanche, les dirigeants actuels de l’agence, Claude Lessard et Pierre Delagrave, semblent avoir amassé presque assez d’actions pour obtenir, eux aussi, une position de blocage. Rappelons que toute offre doit recueillir l’appui d’actionnaires qui représentent les deux tiers des actions en circulation.

Quoi faire pour dénouer cette apparente impasse ? S’il veut l’emporter, Cosmos devra offrir plus. Mais pour ce faire, il est impérieux que ce groupe d’investisseurs puisse avoir accès aux livres de Cossette.

Le conseil d’administration de Cossette peut le lui refuser en se réfugiant derrière les conditions strictes qu’il avait édictées au départ. Ainsi, les firmes à qui l’agence ouvrait ses livres devaient s’engager à ne pas déposer d’offre d’achat non sollicitée.

Mais au-delà d’une interprétation rigoriste, le conseil de Cossette doit d’abord veiller à l’intérêt supérieur des actionnaires et à la pérennité de l’agence de publicité. Or, cet intérêt dicte que le conseil donne accès aux livres de l’agence à Cosmos si cela peut ouvrir la porte à une offre d’achat supérieure.

Déjà que le conseil a singulièrement manqué à ce devoir en octroyant des options d’achat d’actions à des dirigeants de Cossette, il ne faudrait pas qu’il en remette. Car, il y aura bel et bien un lendemain pour Cossette, avec des actionnaires ulcérés et des employés éprouvés par ce feuilleton, si les meilleurs créatifs ne sont pas tous déjà partis.

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Mardi 17 Novembre 2009 à 12h11

Michael Sabia donne un coup de barre intéressant dans la politique d’investissement de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Pour résumer cette politique, on peut paraphraser Dorothy Gale, la petite fille jouée par Judy Garland dans le Magicien d’Oz. «On est tellement mieux à la maison», répète-t-elle pour se sortir de son cauchemar.  

Fini, donc, les gros investissements à l’étranger de style BAA dans des contrées avec lesquelles la Caisse est moins familière. Sans exclure l’international, la Caisse privilégiera les investissements au Québec dans des entreprises de taille moyenne qui ont besoin de capitaux pour accélérer leur croissance ou percer à l’étranger. C’est ce qu’elle a fait récemment avec Laperrière & Verreault. La Caisse épouse en cela l’une des maximes de Warren Buffet, selon qui il faut toujours investir dans des entreprises que l’on connaît et que l’on comprend bien.

C’est très habile, politiquement parlant. La Caisse reprend à son compte l’une des principales charges que formulait l’ancien critique aux Finances du Parti québécois, François Legault. Il martelait sur toutes les tribunes, études universitaires à l’appui, que la Caisse obtiendrait de meilleurs rendements en investissant davantage au Québec. Bref, il n’y aurait plus de contradiction entre rendement et développement de l’économie québécoise.

Mais il reste à voir comment s’articulera cette nouvelle politique, dont les détails viendront au cours des prochaines semaines, rapporte mon collègue Martin Vallières.

Quel sera le poids de ces investissements au Québec ? Et y a-t-il assez d’entreprises moyennes dans une économie dont la structure industrielle semble - c’est du moins ma perception - divisée entre quelques grosses entreprises et une kyrielle de PME ?

Quelles sont les meilleurs candidates, selon vous, aux investissements de la Caisse ? Je suis curieuse de vous lire là-dessus.

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