Sophie Cousineau

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    Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.
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    Jeudi 11 mars 2010 | Mise en ligne à 13h35 | Commenter Aucun commentaire

    Une bien belle hérésie

    Michel Laroche, 73 ans, s'est associé au groupe AdVini pour assurer la succession de sa maison de Bourgogne. Photo d'archives, La Presse.

    Michel Laroche, 73 ans, s'est associé au groupe AdVini pour assurer la succession de sa maison de Bourgogne. Photo d'archives, La Presse.

    J’ai rencontré hier soir Antoine Leccia, président du directoire du producteur de vins français AdVini, qui est de passage à Montréal cette semaine.

    AdVini est complètement méconnu. Sans surprise. C’est le nouveau nom du groupe issu de la fusion, en janvier, des réputés producteurs Jeanjean et Laroche, auxquels sont aussi associées les maisons Ogier, Rigal, Gassier, Cazes et Antoine Moueix.

    Une invitation étonnante de son distributeur canadien, Select Wines, que je m’explique par le fait qu’AdVini soit l’un des rares producteurs de vins de France inscrit en Bourse. Le titre de ce producteur de vins avec un chiffre d’affaires de 190 millions d’euros (267 millions CAN) se négocie sur le marché Euronext Paris.

    «C’est une hérésie, admet tout de go Antoine Leccia, lui-même fils d’un vigneron corse.

    «Produire du vin, ce n’est un métier qui représente un intérêt véritable pour les financiers, poursuit-il. C’est un métier de patience. Nous n’avons qu’une seule nouvelle par an, au moment de la récolte !»

    En fait, l’entreprise fonctionne bien plus sur le modèle coopératif. Les sept maisons du groupe, enracinées dans leurs régions, conservent leurs identités propres. Elles mettent en commun leurs achats et leur force de commercialisation, qui compte 80 personnes.

    Le principal avantage de la Bourse – les familles Jeanjean et Laroche contrôlent à elles seules 60% du capital –, c’est de permettre à un petit groupe d’actionnaires minoritaires de longue date, des industriels français, de liquider facilement leurs actions.

    En dégustant hier un verre de chablis Saint-Martin, je me suis dit que c’était tout de même une bien belle hérésie…

    Bourse ou pas, le regroupement de producteurs de vins est une tendance lourde, croit toutefois Antoine Leccia. Les grands acheteurs de vins comme la Société des alcools du Québec comptent diminuer le nombre de leurs fournisseurs. Dans le contexte, les petites maisons indépendantes auront de plus en plus de mal à s’épanouir.


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