Sophie Cousineau

Sophie Cousineau - Auteur
  • Sophie Cousineau

    Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.
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    Jeudi 12 janvier 2012 | Mise en ligne à 10h22 | Commenter Commentaires (22)

    Le blues de la métropole

    Montréal a le blues. Et il n’y a aucune petite granule qui réussira, ce matin, à lui remonter le moral.

    Coup sur coup, cette semaine, deux géants pharmaceutiques ont annoncé des coupes importantes.

    La société française Sanofi supprime une centaine d’emplois, et l’essentiel de ces postes en R&D se trouvent à Montréal. Le groupe américain Johnson & Johnson ferme carrément le centre de recherche spécialisé dans les produits hygiéniques attenant à son usine d’Hochelaga-Maisonneuve, où travaillent 126 professionnels.

    Ces réductions d’effectif reflètent la volonté des multinationales de la santé de réduire leurs coûts à l’échelle mondiale. Leurs brevets expirent, et elles ont de plus en plus de mal à remplacer leurs médicaments-vedette, les molécules étant moins prometteuses et plus coûteuses à développer et à mettre en marché. À l’été de 2010, par exemple, Merck a fermé son centre de recherche de Kirkland où travaillaient 180 scientifiques et laborantins.

    Mais cela ne rend pas la chose plus facile à avaler pour le Québec. La province a historiquement misé gros sur le secteur pharmaceutique et en particulier sur les médicaments dits d’origine par opposition aux médicaments génériques.

    Le gouvernement l’a fait avec de généreux crédits d’impôt à la recherche et au développement. Et avec la fameuse «règle de 15 ans». En vertu de cette règle, Québec rembourse le médicament d’origine pendant 15 ans à partir de son inscription sur la liste des médicaments de la province, même si son brevet expire avant. Ce faisant, le Québec se prive d’économies importantes.

    Or, il n’y a pas que la recherche dans les multinationales qui se porte mal. Les PME en biotechnologies crient famine. Elles ont de plus en plus de mal à attirer des capitaux, les financiers étant déçus par les rendements historiques de ces entreprises. Même la vedette Theratechnologies, qui a vu son médicament Egrifta approuvé par la FDA aux États-Unis en 2010, a dû licencier une soixantaine de salariés – les deux tiers de son effectif! – pour protéger ses liquidités.

    Le secteur pharmaceutique n’emploie plus que 7550 personnes au Québec en R&D et en fabrication, selon les données les plus récentes de Statistique Canada, contre plus de 10 420 salariés à la fin de 2006, rapporte le Globe & Mail. Une chute dramatique.

    Le gouvernement et en particulier le ministre du Développement économique, Sam Hamad, ont de sérieuses questions à se poser, sans plus tarder. Il faut revoir de toute urgence la stratégie biopharmaceutique mise au point en 2009 qui, à l’évidence, ne fonctionne pas.

    Et il faut oser remettre en question la règle du 15 ans. Vu l’état précaire de ses finances publiques, le Québec n’a pas les moyens de jeter de l’argent par les fenêtres au nom d’une politique industrielle périmée. Si Québec est incapable de faire la démonstration que cette politique rapporte à la province, il faut la balancer sans plus tarder.


    • Centre de recherche spécialisé dans les produits hygiéniques : pas une grosse perte au fond.

      Balancer la «règle de 15 ans». Ça presse.

    • Ce qui se produit était à prévoir. L`aplatventrisme de la municipalité et des gouvernements devant ces entreprises qui vampirisent tout ce qu`ils peuvent à l`aide de leur lobby ne peut que mener vers d`autres résultats ,d`autres suBventions plus alléchantes ailleurs.

      On ne parle pas ici de faillite,on parle de multinationales qui maximisent leurs profits sur le dos de leurs employés. À vrai dire ce n`est pas une grosse perte.On a beau vouloir préserver des emplois mais se mettre à genou devant les pharmas ?

    • Finalement, elles sont très dispendieuses pour la Province ces 7550 personnes. Québec va-t-il se user du gros bon sens et rembourser des génériques ?

    • Le plus triste c’est que le Québec est le champion canadien des subventions aux entreprises avec un moyenne de $993 par personne! En Ontario c’est seulement $381.

      http://www.antagoniste.net/2012/01/11/le-modele-quebecois-dans-toute-sa-splendeur/

      Notez qu’en 2011 l’ontario a crée 55 000 emplois alors que le Québec en a perdu 54100

      http://www.antagoniste.net/2012/01/08/chomage-la-catastrophe-quebecoise/

      Il serait peut être temps de revoir “le modèle Québécois”.

    • Pendant ce temps là, à Québec…

    • Johnson & Johnson ferme sont site de R&D de produits hygiènique féminin, pas un centre de recherche pharmaceutique!

      Le pharmaceutique à le dos large une fois de plus!

      Le vraie débat: nous perdons des emploies de haut niveaux qui s’en vont dans des autres provinces et ou d’autres pays!

      Oui il y a une certaine responsabilité ministérielle, mais il y a aussi la mondialisation qui y joue un rôle!

      La perte d’emploie de haut niveau telle le pharmaceutique, l’ingénirie ou la médecine ne fait qu’empirer notre manque de compétitivité.

      Le Québec fait piètre figure face à la mondialisation.

      Pour ce qui est du générique, il y a une misconception de ces compagnie.

      Les compagnies génériques copient les médicaments découvert par les innovateurs.

      A force d’encourager majoritairement les génériques et en boudant les innovateurs, il y aura moins de financement en R&D pour les innovateurs qui auront moins de nouveau médicaments à copier par les génériques!

      Moins de financement en R&D résulte en des restructurations des compagnies pharmaceutiques qui font des mise à pied . . . en R&D.

      En plus, ajouté la crise économique qui à touché la majorité des compagnies publics dont les pharmaceutique!

      En somme, c’est plus complexe que de dire: les pharmaceutiques sont les méchants et que le génériques est moins chère!

    • Les multinationales n’hésitent pas à supprimer des emplois dès qu’il y a baisse de leur niveau de profits, malgré qu’elles aient bénéficié d’énormes subventions à l’installation.

      C’est ce qui arrive lorsqu’on s’entête à maintenir un semblant de vitalité économique et des emplois à l’aide des mesures artificielles.

      Les entreprises privées qui s’installent au Québec sont avant tout attirées par la kyrielle d’aides gouvernementales qui leur sont servies sur un plateau d’or : subventions de démarrage, de développement, de recherche et développement; subventions salariales et pour la formation; crédits d’impôts; financement à des conditions avantageuses; contrats provenant des gouvernements.

      Le Québec est considéré comme le champion en matière de subventions des entreprises privées qui empochent des milliards de dollars sans garantie en contrepartie des emplois temporairement créés dans la province. Québec verse chaque année plusieurs milliards de dollars (6 milliards en 2007) à l’entreprise privée, et au profit d’une poignée actionnaires, pour soutenir d’hypothétiques créations d’emplois. En plus des subventions de l’État, il y a aussi l’ensemble des exemptions fiscales qui leur sont consenties. De 2004 à 2010, cette aide fiscale aurait grimpé de 730 millions $ pour totaliser 2,5 milliards $. Si on considère certaines mesures d’application générale, il faut ajouter 1,1 milliard $ de plus qui a été consenti aux entreprises en 2010.

      Actuellement, tout le monde s’extase devant l’explosion du secteur des jeux vidéos à Montréal. Je suis également heureux de cette bonne nouvelle mais n’oublions pas que la majorité de ces emplois ont été créés à l’aide de subventions salariales généreuses. Que se passera t-il dans quelques années lorsque le secteur va vivre un ralentissement économique?

      Rachad Lawani

    • @bloganon
      Qu’y-a-t’il de mal avec le développement de nouveaux produits hygiéniques?

      @noirod
      maximiser ses profits sur le dos de ses employés, dites-vous? Avez-vous un accès privilégié aux états financiers de Johnson et Johnson? Parce que, voyez-vous, les compagnies privées, c’est pas comme l’état: il n’ont pas (pour la plupart) pas un monopole imposé. Ils doivent se soucier d’être rentables, d’être compétitifs. Et il faut que les chiffres balancent, à un moment donné…contrairement au Québec qui s’enfonce (ben oui, les dirigeants des multinationales font des salaires faramineux. So what? çCa change quoi à l’affaire?).

      Les premiers coupables ne sont-ils pas nos différents paliers de gouvernements qui, irresponsables et dépensiers comme toujours, distribuent subventions, crédits d’impôts ou autres avantages aux compagnies (sans parler de suavegarder à répétition des canards boiteux).

    • L’âme de la Métropole espère à un renouveau économique et administratif basé sur les enseignements libertariens.

    • Changer de maire, ça ne ferait pas de tort non plus.

      @johanne.marcotte : Pourriez-vous nous donner un exemple d’un pays ayant prospéré sous l’enseignement libertarien?

    • @xenon
      Rien de mal, mais c’est loin de la recherche fondamendale et de la recherche pharmacologique.

    • L’argent est au États Unis pour les compagnies pharmaceutiques d’origine et elles ont avantage a y créer des emplois pour mettre en valeur leur lobying. Les sommes qu’elles consacrent au marketing, publicité etc. sont toujours plus importante qu’en recherche. Il ne faut pas s’étonner du peu de nouveau médicament mis en marché et de l’augmentation de leur cout. (ex avec BMS et Pfizer http://investor.bms.com/phoenix.zhtml?c=106664&p=irol-reportsannual p. 18 et 19 du raport annuel 2010 et http://www.pfizer.com/files/annualreport/2010/financial/financial2010.pdf p. 20 et 112 du rapport ). Je suis peu sensible a l’argument de l’encouragement a la recherche tant que je vois autant de sommes consacrées au marketing, a la publicité etc. par ces compagnies.

      Avec un cout 4 fois plus élevé pour le médicament d’origine, il en coute tres cher au gouvernement pour maintenir la regle de 15 ans, juste en regardant le médicament lipitor ( http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/sante/201006/17/01-4291125-pfizer-et-son-medicament-lipitor-sement-la-pagaille.php). En abolissant cette règle et en donnant le droit de substituer a travers certaines classes thérapeutique de médicament au pharmacien le gouvernement économiserait énormément.

    • @bloganon @xenon

      L’article est trompeur, il débute en parlant de deux géants pharmaceutiques ce qui est vraie. Cependant, Aventis est un centre de recherche pharmaceutique avec une usine pharmaceutique alors que J&J est une usine de produit hygiènique féminin avec un équipe de recherche en la matière!

      Comparons des pommes avec des pommes!

      De plus, l’article termine avec des coups de coudes aux pharmaceutiques.

      C’est de la désinformation ou de l’ignorance de ce qui ce passe dans le pharma ou de la paresse intellectuelle!

      Un bon article serait de faire un bilan sur les 10 dernières années dans le monde du pharmaceutique et petites compagnies de biotechnologies au Quebec. Les enjeux politiques, le comparatif par rapport à ce qui ce passe à l’internationnal!

    • “La province a historiquement misé gros sur le secteur pharmaceutique” – Problème numéro 1. Vous pensez que le Québec peut compétitionner avec les US et Singapour?

      Singapore’s Science Bet – By Gunjan Sinha – March 06, 2009

      “It is the ability to focus and plan for the future”

      Singapore has fast become a significant biomedical hub. But can it maintain the momentum? By Gunjan Sinha

      http://sciencecareers.sciencemag.org/career_magazine/previous_issues/articles/2009_03_06/science.opms.r0900067

      Le problème est justement la capacité de planifié le futur. À moins de contrôler les autres nations, impossible de savoir la contre-réaction d’un autre pays.

      Chaque citoyen à cependant besoin de bouffe et de matériaux de base.

      It is NORM’s belief that a citizenry, informed about raw material economics, can return the U.S. economy to widespread and stable prosperity.

      http://www.normeconomics.org/

      Et que fait le Québec dans ce domaine?

      En 2001, plus de 4000 fermes au Québec sont jugées trop petites pour être reconnues par l’Union des producteurs agricoles. Ce sont des exploitations qui ont rapporté moins de 5 000 $ au cours de l’année.

      http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/agriculture/clips/12117/

      Le Japon semble savoir où est l’intérêt du peuple:

      The Agriculture, Forestry and Fisheries Ministry is the main agriculture bureaucracy. Land reform after World War II took land from powerful landowners and distributed it among ordinary farmers.

      http://factsanddetails.com/japan.php?itemid=941&catid=24&subcatid=159

      Quand on émettra la devise en échange de biens ou services au lieu d’une contrepartie en dette portant intérêt, on pourra mettre en échec l’establishment et son système de corruption.

    • Montréal est devenu un boulet pour le reste du Québec.

    • Les principes libertariens entreront de force à Montréal lorsque NYC sonnera l’alarme.

    • Montreal va mieux qu’on le pense. Les affaires vont relativement bien.

    • Le réel problème c’est que les Québécois ne sont pas assez entrepreneur, donc ne génére pas assez d’emploi en créant des multinational.
      Donc pour accroitre l’emploi, les gouvernements se doivent de donner des bonbons pour attirer les compagnies.
      Avez-vous déjà essayer de négocier quand vous êtes en position de force???
      De plus, que quelqu’un m’explique pourquoi une entreprise viendrait s’installer ici au lieur de Ottawa ou Toronto? Juste 3 raisons me suffirait si vous être capable de m’en donner.

    • Vous avez raison, laissons partir les grosses compagnies pharmaceutiques, perdons les 8000 emplois bien rémunérés, de toutes façon, le gouvernement du Québec a tellement pas besoin de leurs impôts !

      8000 jobs bien payées, on peut se permettre de perdre ça sans problème au Québec !

      Ça va bien au Québec…..les papetières se meurent, les alumineries sont en lock-out, on ne veut pas du développement des gaz de schiste, les raffineries de pétroles de l`Est de Montréal vont fermer, et on fait tout ce qu`on peut pour discréditer le plan Nord. Lâchez-pas, dans 20 ans, le Québec ne sera constitué que d`assistés sociaux et de gens sous le seuil de la pauvreté.

    • En Allemagne, un Algérien lui propose de rejoindre clandestinement le Canada. La traversée dure vingt-sept jours, au départ de la Belgique. Il aimerait bien, car il pense que là-bas, au Canada, on trouve du travail. Mais la traversée coûte trop cher : 8 000 euros.

    • Le bonheur c’est dans le fond d’un rang en campagne éloignée avec 10,000$ par année.
      Je suis débarqué de ce système à la con.

    • La “règle des 15 ans” comporte un aspect unique dans la panoplie des aides gouvernementales. Il s’agit du seul programme où le gouvernement rembourse le prix d’un produit à des entreprises. Pour la justifier on a invoqué l’appui à l’innovation. Pourtant, jamais une semblable politique n’a profité aux entreprises québécoises des instruments médicaux dont le succès a du se confirmer à l’étranger avant de réussir à vendre aux établissements québécois. On a plutôt choisi d’encourager des entreprises étrangères sans même exiger que leurs activités de R&D aient lieu au Québec ! Pis encore, elles en font moins au Canada que ce à quoi elles se sont engagées et Québec continue de payer. Il est grand temps d’abolir la règle des 15 ans.

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