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Sophie Cousineau - Sophie Cousineau
Sophie Cousineau

Depuis 2001, Sophie Cousineau est chroniqueuse affaires au journal La Presse. Voilà 15 ans qu'elle pratique le journalisme, dont 12 comme reporter économique.

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Vendredi 16 Octobre 2009 à 13h30

La guerre du livre n’a rien de virtuel

Sophie Cousineau, LaPresseAffaires

commentaires (24)

Wal-Mart et Amazon viennent de lancer une féroce guerre de prix sur le front des livres. Cette nouvelle rivalité annonce des chambardements dans le commerce du détail. Les librairies seront particulièrement touchées, elles qui sont déjà aux prises avec la révolution du livre numérique.

C’est ce qu’explique le Wall Street Journal dans un article qui est un must pour qui s’intéresse au commerce de détail.

Jeudi, Wal-Mart a ouvert les hostilités en annonçant la mise en vente de 10 bestsellers de l’automne au prix en apparence imbattable de 10$. Livraison incluse ! Du nombre se trouvent le dernier Stephen King et les confidences de Sarah Palin.

«S’il y a quelqu’un qui doit devenir le ‘Wal-Mart du web’, ce sera Walmart.com. Notre objectif est de devenir le site web le plus important et le plus fréquenté», a dit le chef de la direction de Walmart.com, Raul Vazquez, en entrevue au Journal.

Amazon, le grand détaillant virtuel qui ne se contente plus de vendre des livres et des disques, mais qui offre aussi des articles courants comme des couches, n’a pas tardé à répliquer. Il a égalé ce prix.

Ce matin, Wal-Mart est ensuite revenu à la charge avec des bestsellers en prévente à 9$, et Amazon lui a aussitôt emboîté le pas .

Ces prix coupe-gorge ressemblent d’ailleurs aux prix des livres numériques aux États-Unis, et ce n’est sans doute pas un hasard. Sur le site spécialisé de la chaîne canadienne Indigo, les livres téléchargeables sont sensiblement plus chers, toutefois. (Lire sur ce sujet l’entrevue que m’accordait Heather Reisman la semaine dernière.)

Qu’arrivera-t-il aux librairies, aux éditeurs et aux auteurs si les consommateurs s’habituent à trouver les nouveautés, en couverture rigide s’il vous plaît, à des prix de 10 dollars ou moins ? Dures perspectives.
 

Commentaires (24)

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  • Il va arriver qu’ils vont fermer ou se recycler dans la vente de bébelles, cossins et autres aimants à frigos.

  • Je ne vois rien de mal à cela. Tant mieux pour la progression de l’économie. Des livres moins chers favorisent tout le monde.

    Idéalement par contre, il faudrait se rendre au point où les auteurs pourront vendre eux-mêmes leurs ouvrages.

  • je dirais même plus que c’est la disparition du support papier qui a commence , un peut comme un certain Gutenberg VS les moines copistes . personnellement je ne consomme plus de papier

  • Haha, pas de danger que les prix baissent comme ça ici. On va encore payer nos livre/cd/dvd le double du prix des usa même avec les dollars à parité.

  • Les sentiments des gens ne sont pas non plus virtuels : le livre le plus téléchargé : The Complete Illustrated Kama Sutra…

  • @Elvince

    Effectivement, c’est beaucoup plus cher chez Amazon.ca que Amazon.com

    Par contre, j’ai pu commandé sur Amazon.com Je n’ai pas eu droit à la livraison gratuite mais les prix étaient plus bas tout de même.

  • @Decelerate

    Au contraire, des livres moins cheres n’a rien de bon pour tout le monde. Et d’ailleur, vous croyer que 10$ couvre la valleur réel des livres concernés! Oui, vous allez payer votre “best-seller” moins chers pour le moment. Mais à la longue, le consommateur sera perdant lorsque la plupart des librairies seront tombées au combat. Les Wall-Mart de ce monde, contrairement aux librairies, ne s’intéressent qu’aux produit rentables. Oui, elles s’arrachent les Stephen King, Dan Browns et… - Dieu seul sait pourquoi - les ouvrages du style Sarah Paulin de se monde, mais on est loin de parler de grande littérature. Si vous cherchez un bon ouvrage d’analyse ou un titre particulier, ne compté pas sur Wall-Mart pour vous le vendre. Ce rôle revient traditionnellement au “vrais” librairies. Mais ces librairies, pour survivre, on aussi besoins des revenues procurés par les “best-seller”. Ce sont ces revenues qui leur permettre d’offrir une grande variété de titres et d’ouvrages qui sont sans doutes beaucoup moins populaires, mais tout de même très importants d’un point de vue culturel.

  • Je ne suis pas inquiet du tout pour Stephen King… Par exemple…

    Mais là on parle aux States et pour les libraires on parle desquelles de grosses chaînes ? Ils doivent miser sur le fait d’offrir plus de choix sans délaisser les best sellers mais s’habituer à faire moins d’argent sur ceux-ci.

    Pour les petits libraires résistants ? J’ai jamais compris pourquoi ils s’entêtaient à vouloir vendre les best sellers mais tout dépend de quels petits on parle… Il faut se spécialiser mais avec les coûts et tout, ils sont peut-être trop petits pour survivre…

    Comme pour le disque.

    Et je ne crois pas vraiment au prix unique pour le livre.

    Les livres sont chers à mon goût. J’en achète peu. Les best sellers m’intéressent rarement.

    Pour du moins cher ? Il faut probablement y aller pour des classiques dont les auteurs sont décédés depuis longtemps.

  • Les petits libraires qui vendent des best sellers pour moi ce seraient comme des épiciers fins qui se mettraient à vendre de la soupe Habitant…

    Qu’ils vendent des beaux livres, des ouvrages spécialisés, qu’ils aient le bon emplacement, la bonne niche… Les best sellers ? La logique économique nous dit pas que ce serait un produit de volume et non de marge nette élevée ?

    Ce serait pareil pour un détaillé de café spécialisé qui vendrait du Taster’s Choice ou du Nescafé…

    Il y a rien à faire… C’est comme cela depuis des lunes et des lunes… Les libraires qui sont plus grands doivent grossir encore et toujours pareil comme les épiceries se regroupe et faire du volume s’ils veulent concurrencer Wal Mart… Pour les petits c’est dans les niches qu’ils doivent trouver leur place ou bien fermer leurs portes.

  • Quand il ne restera plus comme commerces que des Wall-Mart ,quand ils aurons écrasés toute compétition pensez vous que vous en aurai encore pour votre argent .

  • Je ne crois pas que “l’écriture spontannée” de Mme Palin vaut plus que les 9$ en question.

    En fait, c’est la fonction elle-même du “best-seller” qui a changée.

    Ces gros trucs flash-fluo n’ont qu’une seule fonction : Attirer le consommateur sur son site ou dans sa librairie pour lui vendre d’autres gugusses ou lui facturer des services additionnels. Et c’est déjà beaucoup de pouvoir générer du traffic dans notre économie sur-saturée de vendeurs de tout acabits.

    Sans vouloir vexer personne, il y a 4 dépanneurs par coin de rue à Montréal. Les Maxi, Cosco etc ne les ont pas fait fermer.

    Les librairies de proximité, dans un créneau plus spécifique, avec un inventaire plus restreint et un service plus convivial vont toujours exister.

    Avec l’arrivée du livre en fichier informatique, la notion même de “volume d’achat” va disparaitre.

    La culture plus “underground” n’a jamais eu autant de canaux de diffusion et n’a jamais été autant accessible à qui s’en donne la peine.

    Vraiment, je ne vois pas qui pleurer. A part les “wanna be WallMart” qui ne voulaient pas se contenter d’être une petite librairie plus modeste.

  • Si vous allez au wall-mart je vous méprise. Et je suis loooiiinnn d’être fortuné.

  • Selon moi ce n’est pas d’hier que les librairies font de l’argent sous le nez même du client. On se plaint que les livres sont trop chers, mais rien n’y fait c’est comme ça et on s’en retourne la mine basse avec le livre convoité. Que les librairies viennent se plaindre de la concurence c’est de bonne guerre, mais cela ne démontre nullement qu’ells vont rester la tête hors de l’eau. Que non! Que non!

    Au centre-ville les livres sont de plus en plus chers. Pour 100$ je reviens chez moi avec presque rien sous le bras! Nous sommes plusieurs à attendre que le bouquin sorte en format de poche pour pouvoir se le procurer. Plus tard, on prétendra que les québécois n’ont pas de culture parce qu’ils ne lisent pas assez ou pas du tout. A mon avis je suis pour la concurence qui s’annonce devant les librairies XYZ qui continuent de nous voler à tour de bras.

  • Quelques best-sellers à 9$, on appelle ça des «loss leaders». Rien de nouveau…
    Je n’achète plus de livres à 39.95$, c’est voler le monde !
    Qu’on réduise le prix de tous les livres sinon le monde va se tourner vers le eBook, évidemment !

  • Wal-Mart dans les livres ? j’en suis très content…Vive la concurrence ! et vive le livre électronique ! on se fait fourrer depuis assez longtemps…! enfin une guerre de prix dans les livres !

  • Un maigre 10 % aux auteurs ne permet qu’aux auteurs de “best sellers” de vivre luxueusement. Tous les autres auteurs peinent à joindre les deux bouts. 600 livres imprimés, 100 donnés pour la promotion de ce titre, 500 livres vendus 25$ = 12 500 $ X 10 % = 1250 $ pour l’auteur seulement pour une année de création littéraire. C’est très loin du salaire minimum.

    Si WalMart et d’autres BIG coupent les prix à 9.00 $ du livre, il restera 0.90 $ du ilvre à l’auteur, soit 450 $ pour sa création d’une année. C’est la valeur de la culture aux yeux des WalMarts et compagnies. Au Canada, un best seller équivaut à 5 000 copies vendues soit 450 $ x 5000 = 4 500 $ pour l’auteur.

    Triste avenir pour les créateurs littéraires et pour les Canadiens car la culture ne sera plus qu’étatsunienne et mercantile. Finis, les petits auteurs !

    André Chamberland, petit auteur

  • Qu’arrivera-t-il aux librairies, aux éditeurs et aux auteurs? Ils feront comme n’importe quel commerce, s’adapter ou mourir. Les éditeurs, feront comme les manufacturiers, ils seront obligés de revoir leur coût de production, les auteurs ne seront pas vraiment affectés, il reste les libraires qui devront se trouver une “niche” plus spécialisés, des auteurs moins connus donc, en bout de ligne, tout le monde sera gagnant, à part des “loosers” qui de toute façon sont probablement des marginaux dans cette industrie.

  • Il y a quelques temps je me suis procuré “Hell.com” le dernier roman de Patrick Senécal au prix de $29.95 à la librairie X taxe non incluse. Le surlendemain voilà-t-y pas que je vois le même bouquin à $21.95 chez Loblaws et ce, à deux pas de chez moi. Je vous laisse le soin de deviner où j’avais le feu sacré…

    Toutefois il ne faudrait pas que Wall-Mart et Amazon deviennent des centres littéraires où on peut trouver des romans à l’eau de rose, des jeux Sudoku et Cie ou même l’horoscope de 2010! Il est permis de douter que ce ne soit pas l’endroit idéal pour s’élever par des trucs sérieux et pas trop complaisants.

  • Je ne sais pas trop mais si les petits auteurs comptent sur leurs droits d’auteur pour vivre quand ils écrivent des romans ou ce genre là… C’est minime, il y a aussi les subventions ou les prix mais encore là c’est pas suffisant pour gagner sa vie de sa plume.

    Les auteurs à succès outre les noms connus au Québec ?

    Ils font dans la croissance personnelle.

    hyperlien

  • Ce sont les maisons d’édition qui foutent la merde! Alors que le roman utltime de Nelly Arcan est resté sur la glace pour les raisons que l’on sait, son éditeur parisien veut quand même avoir la galette! La preuve tangible et irréfutable qu’il y a un déséquilibre éhonté dans le monde merveilleux de l’édition envers ses auteurs ou créateurs. Il semble bien que les libraires n’aient pas grands pouvoirs dans les échelons de la pyramide.

  • J’ai voulu commander un livre dans une librairie ( Monic ) , sa ma pris 1 mois et demi avant de me faire dire que le livre FINALEMENT n’est plus disponible . Je l’ai commandé le lendemain sur amazon.ca et je l’ai recu 2 jours plus tard et en plus , au lieu de payer 80 $ , il m’en a coûté que 51 $ avec shipping inclus.

    Les librairies , tout comme les salles de cinéma … on fait leurs temps ….

  • Les best-sellers, ce n’est pas si intéressant que ça. Moi, ce que j’aime, c’est aller dans une librairie, regarder les livres, lire la quatrième de couverture, choisir 1 ou 2 titres qui me permettront, soit de m’instruire, soit de me divertir. L’odeur des livres neufs, l’atmosphère feutrée et souvent studieuse des librairies, me plaît. Si la vente des best-sellers dans les Wal Mart amène la fermeture des librairies, nous y perdrons certainement. Magasiner mes livres dans le web ne me tente pas non plus. Je veux voir le bouquin pour me faire une idée avant de l’acheter.

  • @denis_boudreau

    Je crois que justement, en payant moins cher pour les best-sellers, les acheteurs auront plus d’argent pour acheter un livre moins populaire. Si je dépense 50$ en livre par mois, avant je ne pouvais m’offrir que deux best-seller. Là, je peux en prendre deux ou trois PLUS un moins populaire. Le consommateur est gagnant (j’ai plus de livres pour mon argent), le libraire est content (il vend beaucoup), et les auteurs sont contens, leurs livres sont plus vendus!

  • Après “l’incident 1984″, Amazon est mieux de se concentrer sur le livre papier. Ils ont tués leur propre produit.

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