Sophie Cousineau

Le Mardi 16 mars 2010 | Mise en ligne à 10h55 | Commenter Commentaires (8)

Le chèque est à la poste

J’ai souri cette fin de semaine en lisant le dossier principal du cahier affaires du Globe & Mail. Ce dossier, qui coïncide avec les 10 ans du krach des technos, portait sur les difficultés des entreprises en démarrage de trouver du financement de capital-risque.

Alors que le Canada anglais n’a pas fini de traverser le  désert, le Québec y est dépeint en des termes élogieux, comme une sorte d’Eldorado du capital-risque. On y vante notamment le nouveau fonds québécois Teralys Capital. Financé par la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité de la FTQ et le gouvernement du Québec, Teralys dispose de plus de 700 millions de dollars à investir dans les nouvelles technologies (santé, environnement, information), la moitié au Québec.

«Le gouvernement s’est rendu compte qu’il doit faire quelque chose pour soutenir l’industrie. Je suis pour la libre entreprise, mais dans un environnement comme celui-ci, où la Chine a la main haute, c’était une décision brillante», a noté John Ruffolo, grand responsable des secteurs des technologies, des médias et des télécoms à la firme Deloitte & Touche.

Wow ! Tout un changement de ton du Globe, qui dénonce régulièrement l’interventionnisme québécois et qui dépeint souvent la «mighty Caisse» comme une sorte de force machiavélique au service des intérêts (forcément indépendantistes) du Québec.

Mais le fait est que Teralys n’a pas fait ses preuves. Du moins pas encore. Lancé il y a près d’un an, Teralys n’a consenti à ce jour qu’un seul investissement, de 75 millions de dollars, dans Tandem Expansion. Et ce fonds lancé par Charles Sirois et Brent Belzberg doit investir cet argent à son tour. 

Tout cela pour dire que les entrepreneurs technos du Québec n’ont pas encore reçu le grand coup de pouce qu’ils attendent. Qu’est-ce qu’on dit déjà ? Le chèque est à la poste ?

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Le Lundi 15 mars 2010 | Mise en ligne à 7h23 | Commenter Commentaires (28)

Ce que signifie le départ de Google de Chine

Photo AP.

Photo AP.

Alors que le ton monte de part et d’autre, les négociations entre le gouvernement chinois et Google se trouvent dans une impasse. C’est ce qui fait dire à plusieurs grands quotidiens internationaux que l’entreprise californienne est sur le point de fermer ses bureaux en Chine, ne voulant plus censurer les résultats de son moteur de recherche, comme l’exige Pékin.

Détail révélateur : les journalistes campent devant le quartier général de Google dans la capitale chinoise, dans l’attente de cette décision qu’on dit imminente, rapportait hier le New York Times.

Devant cette éventualité, tous préparent leurs mesures de contingence. Les autorités chinoises ont exhorté les partenaires locaux de Google, comme le portail www.sina.com.cn, d’avoir un plan B prêt à l’emploi. Les agences de publicité recommandent aussi à leurs clients de mener leurs campagnes sur le site rival de Baidu, qui domine le marché de la recherche internet en Chine, relate l’agence Bloomberg.

Si Google devait faire ses boîtes, on ne peut pas minimiser l’importance de cette décision qui oppose l’une des sociétés internet les plus dominantes au pays qui recence le nombre le plus élevé d’internautes (estimé à 400 millions).

Le départ de Google confirmerait l’échec des sociétés de l’information occidentales, qui ont été incapables de se tailler une place significative dans l’Empire du Milieu (Amazon, Expedia, MySpace) ou qui ont quitté le pays (Ebay), note le Wall Street Journal. SeuleYahoo! semble avoir fait contre mauvaise fortune bon coeur puisqu’en cédant ses activités chinoises de guerre lasse, ce pionner en Chine est devenu un actionnaire important d’Alibaba.

Les conséquences pour Google sont aussi importantes, au-delà des pertes de revenus immédiates, qui ne sont pas significatives dans le grand ordre des choses. Surtout si cette crise diplomatique déborde dans les autres secteurs d’activité de Google – et ils sont de plus en plus nombreux. À moyen et à long terme, Google n’a pas les moyens de tourner le dos à la Chine.

La Chine, elle, se trouve de plus en plus isolée. Nombre de sociétés de technologies de l’information  hésitent à s’implanter en Chine en raison des contrôles stricts de Pékin. C’est le cas de Facebook, qui aurait rebroussé chemin après avoir exploré le terrain il y a deux ans.

Une société peut-elle prospérer à long terme sans l’électrochoc de la concurrence ? Et sans informations qui circulent librement ?

On aimerait croire que non.

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Le Dimanche 14 mars 2010 | Mise en ligne à 15h25 | Commenter Commentaires (18)

Peut-on rajeunir Laura Secord ?

Photo d'archives, La Presse.

Photo d'archives, La Presse.

Jean et Jacques Leclerc, de la quatrième génération de la famille des biscuits Leclerc, de Québec, entendent relancer la chaîne Laura Secord, qu’ils viennent de racheter d’un groupe de fonds d’investissements américains. Lire à ce sujet le dossier que je signais cette fin de semaine.

Réussiront-ils là où trois propriétaires étrangers ont échoué ? C’est tout un défi. Autant la marque Laura Secord est connue au pays, autant elle n’est plus associée à des chocolats raffinés.

Les deux frères Leclerc comptent redresser la barre en offrant plus de chocolats à forte concentration en cacao, du chocolat équitable et peut-être même du café. Ils poursuivent ainsi un projet pilote avec Van Houtte dans cinq boutiques en Ontario. Et cela, sans négliger les sucreries classiques, comme les oeufs de Pâques avec la crème jaune et blanche dégoulinante…

«On veut offrir des produits plus modernes et recherchés, dit Jean Leclerc. Des produits que les gens ne seront pas gênés d’apporter en cadeau quand ils vont souper chez des amis.»

Avec la concurrence de la chocolatière Geneviève Grandbois et compagnie, disons que ce n’est pas évident. Même pour les Leclerc, qui ont une sacrée feuille de route dans l’industrie agroalimentaire.

Au minimum, cela va exiger une retentissante campagne de publicité et de marketing pour dépoussiérer l’image de cette héroïne de la Guerre de 1812.

Que devront faire les Leclerc pour que vous apportiez une boîte de chocolats Laura Secord à des amis qui vous ont invité à dîner ? Vu autrement, est-ce une mission impossible ?

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