
Percé. Photo Armand Trottier, La Presse.
N’êtes-vous pas tanné, vous aussi, de ce syndrome nord-américain que j’appellerais le “on serait-tu ben si on était méditerranéen” ? On cuisinerait à l’huile d’olive, on cueillerait des citrons dans le jardin, on mettrait du basilic frais sur nos tomates à longueur d’année.
Moi, en tout cas, je n’en peux plus. Pas que je n’aime pas les tomates et l’huile d’olive. J’adore. C’est le “on serait-tu ben si on était autre chose” qui m’exaspère complètement.
C’est comme si le Québec était un ado qui n’avait pas encore compris que personne n’est parfait et que la clé du bonheur, c’est de vivre le mieux possible avec ce qu’on a et ce qu’on est sans constamment rêver d’être autre chose. Parce que pensez-vous que tous les autres se trouvent parfaits ? Que les Crétois ne rêvent pas d’un peu plus de pluie ? Que les Provençaux adorent leur mistral ? Que les Andaloux aiment ça ne pas être capables de sortir de leur maison entre midi et 16h tellement il fait chaud ? Que Paris aime sa grisaille permanente ? Que les Napolitains trouvent ça drôle quand le Vésuve a des frissons ?
Chaque lieu, chaque climat, chaque ville a ses défauts avec lesquels les gens apprennent à vivre s’ils ne passent pas leur temps à rêver d’être autre.
On devrait faire pareil ici. Embrasser notre nordicité avec tous ses oursins, ses bleuets, ses chanterelles, ses saumons et ses homards.
Ce matin, j’en parle dans le cadre du dossier “Le Québec qu’on aime”, publié dans La Presse.










maxime34
6 juin 2009
09h39
Bravo! Vous m’enlevez les mots de la bouche! Le gazon n’est pas plus vert chez le voisin. C’est ce que ma vie dans plusieurs pays différents m’a appris. Le Québec est un véritable paradis. Il a tous les atouts pour réussir par lui-même. Il ne reste qu’à le découvrir et en profiter.
olea
6 juin 2009
09h48
Bien d’accord. Et ça ne se limite pas qu’à la bouffe. J’aime mes 4 saisons. J’aime mon hiver interminable. J’aime les lièvres, l’orignal et la perdrix. J’aime mes forêts. J’aime mon grand-père qui me raconte son enfance passée à nourrir les vaches et à entailler les érables. J’aime notre langue riche en image qui témoigne tout ce que l’on est et d’où l’on vient. Je suis de ceux qui aiment voyager, qui rêvent de Paris, de Londres et de l’Italie. Mais je suis aussi de ceux pour qui le plus beau pays c’est ici.
raoul914
6 juin 2009
09h50
Vous avez raison, la preuve étant que beaucoup des ces Méditéranéens on préférés venir vivre ici. Mais comparés à d’autres peuples, le Québec n’est même pas encore un ado, il est encore à la période du non.
hdufort
6 juin 2009
11h25
Pour commencer, il faut arrêter de tourner le dos à l’hiver. Il y a un clivage un peu malsain entre l’hiver ludique (jouer dehors, skier) et l’hiver du quotidien (râler, pelleter, s’enfermer dans la maison surchauffée). On finira par croire que seuls nos poètes ont compris quelque chose à notre climat.
TSLS
6 juin 2009
15h26
Votre billet est excellent! Vous ne pourriez pas mieux dire. En fait, le Québec a un potentiel immense à développer, mais rien n’est fait. Dans une autre vie peut-être!
http://www.tslskonsult.com
jolico
6 juin 2009
23h29
Nous avons des pommes merveilleuses, des maïs succulents (nous en avons déjà eu des variétés qui ne se retrouvent plus dans les marchés soit parce que plus fragiles ou moins en demande comme les pommes Melba et Fameuses, côté maïs, il y avait un maïs tout petit mais à la saveur incroyable appelé le “Dwarf Bantam”. Notre agriculture prend les mauvais plis américains : produire! produire! produire! en quantité, on se fout de la qualité! et le maïs est RoundUp Ready… Nos petits fruits, faut importer de la main-d’oeuvre de l’étranger pour les cueillir. Nos fraises du Québec sont pourtant de beaucoup supérieures aux grosses américaines triangulaires sans saveur! etc. etc.
mout
7 juin 2009
11h28
Je ne crois pas avoir la vérité infuse, mais comme j’ai un peu voyagé à travers le monde, je crois que tout cela tient à un phénomène bien particulier, LA CURIOSITÉ d’apprendre et de découvrir et de connaître.
Les gens voyagent mais que font-ils en général? Suivre les guides touristiques en oubliant bien sur de s’arrêter dans un petit bistro charmant dans un village qu’on ne mentionne pas dans les circuits préparés d’avance.
Une petite anecdote: À Paris j’ai eu la chance de suivre une québécoise qui y demeurait et qui me fit découvrir les vrais endroits où on mange drôlement bien à des prix abordables.
Une autre… En Tunisie avec des amis coopérants: j’ai découvert des mets extraordinairement bons à prix réduits servis sur le bord de la mer.
Il y a le bon et le TRÈS moins BON même à Paris un jour ou le peuple à quitter pour la cote….
Au Québec….
J’ai mangé une gibelotte extraordianaire à SOREL dans une maison “presque privée”
J’ai dégusté sur la plage à Sept-Îles une délicieuse marmite de morue, de pommes de terre et d’oignons cuits dans le lait. MÉmorable! en plus de l’air frais qui vous met en appétit.
Je pense que le secret est bien caché dans les familles et si on connait un tant soit peu notre monde, on peut faire d’agréables découvertes. Je pense aux cipâtes du Lac St-Jean, aux tartes fraises et rhubardes de nos mères, à la recette de veau aux carottes cuit dans un chaudron de fer de ma grand-mère.
Je crains que chez nous ce soit encore un complexe, celui qui nous fait toujours envier ce que le voisin possède sans même prendre le temps de regarder autour pour découvrir que nous n’avons rien à envier à nos voisins proches et lointains.
Dans mon village peu de gens utilisent l’aubergine, la bette à carde etc. dommage, mais là encore ça tient à la CURIOSITÉ de toutes choses.
Je serai toujours honteuse pour cet homme dans un autobus qui revenait d’une vacance à Cuba et qui dit devant tout le monde et l’accompagnatrice cubaine du tour, qu’il avait donc hâte de retrouver son hamburger au Québec!
dandy
7 juin 2009
11h37
(…)
Vous avez parfaitement raison. J’ai beaucoup senti ca chez les québécois. Y a quelque chose qu’ils n’assument pas. Même un sentiment d’infériorité parfois. En même temps ils jalousent d’autres. C’est assez subtil. Beaucoup de mes amis québécois ont la même phrase : Avant, on n’avait rien, juste des patates. Ca en dit beaucoup.
ina34
7 juin 2009
12h29
Que je suis d’accord avec vous madame Lortie.
Et si également nos urbanistes et concepteurs de terrassement urbains allaient chercher des idées dans les pays qui ont un hiver plutôt qu’en Floride et en Californie où le sol ne gèle pas, on aurait de plus beaux trottoirs et de plus belles routes.
Avez-vous pu constater si les routes sont très cahoteuses en Suède? Par curiosité…
lineni
7 juin 2009
15h05
J’ai toujours pensé que nous pourrions tirer parti de contacts approfondis avec les pays nordiques parce que nous avons, à tout le moins, le climat en commun. Ce “damné” climat a une incidence sur nos infrastructures, notre moral, notre alimentation, notre santé, notre façon de vivre… Quand Adrienne Clarkson avait fait sa tournée tant décriée des pays nordiques avec des créateurs et penseurs, je devais bien être la seule à trouver que c’était une initiative très louable. Évidemment, c’est sans compter avec le syndrome “quand je pense que jelle se paye ça avec l’argent de mes taxes!”.
TSLS
7 juin 2009
17h30
Lineni,
je vous conseille de lire ceci http://www.tslskonsult.com/2009/04/developpement-durable.html
S’il y a une chose que je suis convaincu, c’est que le Québec devrait créer des liens avec la Suède, du moins, espionner et s’inspirer.
gato
7 juin 2009
19h42
Je n’aime pas tout de l’hiver, je ne suis pas poète à ce point. Ce que j’aime de l’hiver c’est la polyvalence qu’elle nous apporte. Je donne l’exemple de parc d’Oka où je vais à la plage et camper pendant l’été. Je vais observer les feuilles en couleurs et les oiseaux en migration à l’automne. Je vais faire du ski de fond, de la raquette et du patin en hiver. Finalement je vais observer les arbres en bourgeons et en fleurs, le retour des oiseaux et la fonte des neiges au printemps. Sur un territoire aussi petit, seul l’hiver nous permet une telle variété, d’autant plus que je n’ai pas tout nommé. Si on transpose à la grandeur de la province, on peut faire des miracles.
jolico
7 juin 2009
23h48
@mout – vous m’avez bien fait rire avec le bonhomme qui avait hâte de retrouver son hamburger. Une amie qui revenait de Cuba – eh oui! la destination soleil à la mode – m’a dit combien elle avait trouvé le ketchup horrible…. Elle mange tout au ketchup, donc plutôt du ketchup assaisonné à toutes sortes de choses!
melodie1974
8 juin 2009
09h04
@Ina34 : Mon copain et moi sommes allés en Scandinavie 2 fois et y retournons en… décembre ! Les routes sont magnifiques ! Je me rappelle avoir été très frustrée contre le gouvernement québécois en roulant sur des routes perdues du nord de la Norvège, car elles étaient presque en parfait état. Alors quand notre gouvernement dit que nos hivers rigoureux endommagent nos routes, c’est des sottises. C’est plutôt sa manie de payer pour le moins cher qui donne des résultats endommageables… Si vous voulez voir quelques photos de routes scandinaves que nous avons prises en voyage : http://humeursdemelodie.canalblog.com/archives/chroniques_scandinaves/index.html
Merci, MCL, de nous parler de la Scandinavie. C’est justement de cette région du monde qu’il faudrait s’inspirer. Peut-être qu’à force d’en parler, les changements arriveront.
ina34
8 juin 2009
11h24
Mélodie, merci pour votre lien, c’était très intéressant.
Je vous souhaite de bons prochains voyages.
roybaill
9 juin 2009
10h43
@ melodie1974: Pourquoi les routes norvégiennes survivent-elles infiniment mieux à l’hiver que les nôtres? Mon hypothèse se vérifie en un mot: camionnage. La prochaine fois que vous mettrez les pieds au pays des fjords (chanceuse!), faites-moi plaisir et comptez le nombre de 18 roues que vous croiserez sur l’E6 près de Trondheim. De retour au Québec, faites le même exercice sur la 138 dans les environs de Port-Cartier, pour avoir un échantillon similaire. Vous n’en reviendrez pas.
En Scandinavie, une proportion très importante des marchandises est livrée par voie ferroviaire. Ici, on n’a toujours pas compris à quel point c’est avantageux d’agir ainsi, alors on se rabat encore et toujours sur le camionnage et on laisse cette industrie moribonde défoncer nos routes sans vergogne. C’en est désolant.
@ mcl: Vous avez bien raison, au point de vue gastronomique, l’exclusivité du Québec est encore à faire mais on a du potentiel à revendre. Le hic, c’est qu’on n’agit vraiment pas toujours dans notre intérêt collectif, à ce chapitre. Mon exemple: le sirop d’érable, l’essence même du Québec «profond» et traditionnel… que l’on transforme malheureusement de plus en plus en produit de luxe, ces temps-ci.
Dans la chronique que vous citez ci-dessus, vous écrivez: «Ces produits d’ici vraiment intéressants culinairement sont nombreux. Pourquoi les apprête-t-on si peu ailleurs que dans les grands restaurants? Pourquoi sont-ils si chers et si difficiles à trouver?» En lisant ces trois phrases, j’ai senti un début de frisson remonter ma colonne vertébrale. Ferons-nous un jour ce constat à propos du sirop d’érable? Moi qui ai cessé d’espérer que je pourrais m’en procurer en bonne quantité directement auprès d’acériculteurs cette année en raison du prix, je ne peux que me désoler de voir la petite boîte de conserve au prix exorbitant de 9,99 $ dans nos supermarchés — et ce, quelques semaines à peine après la fin de la saison des sucres. Combien le sirop coûtera-t-il pendant les Fêtes? 20 $ le 500 mL? Deviendra-t-il un produit de luxe au même titre que l’huile de truffe et le piment d’espelette? Vivrons-nous un jour où les bourgeois et l’élite économique s’enorgueilliront d’en avoir versé quelques gouttes sur leurs crêpes en brunchant au Château Frontenac pendant que nous regretterons ses saveurs délicieuses en avalant de travers notre pain doré imbibé d’infect sirop de poteau Habitant?
melodie1974
9 juin 2009
22h30
Vous avez raison, Roybaill, les 18 roues sont peu nombreux en Norvège. J’ai par contre vu beaucoup de camions remplis de billots de bois en Suède. Une plus petite quantité de camionnage expliquerait donc en partie “ces belles routes” scandinaves, mais pourquoi une telle différence entre les routes de l’Ontario et duQuébec, par exemple, deux provinces qui utilisent leurs routes de la même façon ? Je suis de mauvaise foi en ce qui concerne le gouvernement, alors j’ai envie de penser qu’il accorde les contrats de construction à celui qui offre le meilleur prix, pas le meilleur produit, mais j’ai peut-être tout faux :-) En fait, je l’espère, sinon, ce serait triste.
Mais je suis tout à fait d’accord avec vous en ce qui concerne le train. Tellement sous-utilisé ici, au Québec, côté marchandise et passager.