Vincent Marissal

Jeudi 9 février 2012 | Mise en ligne à 10h02 | Commenter Commentaires (33)

Le point sur Hard

Hard Saison 2 megaupload

La série soft-porn française Hard, qui a choqué le premier ministre Harper et son ministre du Patrimoine, James Moore, les poussant même à sermonner Radio-Canada qui a acheté cette série, a disparu de Tou.tv pendant quelques jours, mais vient d’y revenir.

Problèmes techniques, dit-on à Radio-Canada, puisqu’il a fallu modifier la plate-forme de diffusion web pour limiter Hard de minuit à 4 heures du matin. Or cette plate-forme n’a pas été développée pour y inclure des restrictions. Certaines régions du pays pouvaient donc voir Hard, d’autres pas, et les utilisateurs de l’application iPhone y avaient apparemment accès partout et en tout temps.

Et puis, il y a aussi le problème des fuseaux horaires. Quand il est minuit à Montréal, il est 21h à Vancouver… Après une période d’essais-erreurs et quelques modifications manuelles, ça devrait tenir la route, me dit-on.

Pas simple, la censure.

Oups, pardon, il ne faut pas dire qu’il y a eu censure, me corrige-t-on au département des communications de Radio-Canada.

On peut débattre de la définition de censure, mais pour moi, un premier ministre qui critique ouvertement la télé d’État et son ministre qui appelle ses dirigeants pour lui dire qu’il ne veut plus voir de foufounes, ça commence à ressembler beaucoup à de la censure.

Quand, en plus, cela se passe à quelques semaines du dépôt d’un budget qui coupera vraisemblablement les fonds à ce diffuseur, j’ai presque envie d’ajouter le mot intimidation…

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Jeudi 2 février 2012 | Mise en ligne à 13h48 | Commenter Commentaires (93)

Les pensions? Who cares?

Le député Robert Goguen en compagnie de son chef, Stephen Harper

Le député Robert Goguen en compagnie de son chef, Stephen Harper

Dans le brouhaha provoqué par les déclarations du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu, mercredi, une autre sortie étonnante, d’un député conservateur cette fois, est passée inaperçue. Il est question ici non pas de peine de mort, mais de l’autre sujet de l’heure: le sort des fonds de pension publics et la réaction des Canadiens.

Je l’ai entendu furtivement dans un topo de mon collègue Martin Bégin, à la radio de Radio-Canada, et comme je n’en croyais pas mes oreilles, je suis retourné sur le site de Radio-Canada pour retrouver les propos de Robert Goguen, député conservateur de Moncton-Riverview-Dieppe.

Voici ce que ça donne (vous pouvez écouter le reportage ici, deuxième nouvelle, vers 2min50) :

«Je ne pense que les gens vont faire des manifestations dans les rues. Sur (sic) un gars qui va travailler 25 ans qui va peut-être travailler 25 ans, est-ce que ça lui fait quelque chose de travailler 30 ou 32 ans? Il y a tellement de préavis et d’écart avant que ça les affecte, qu’est-ce que ça va changer dans leur vie quotidienne?»

Tout le contraire d’un autre député du nouveau-Brunswick, le néo-démocrate Yvon Godin, qui a affirmé connaître des «gens qui ont commencé à travailler à 14 ans, qui n’ont jamais eu de fond de pension, qui veulent juste vendre le peu qu’ils ont et se reposer».

Les conservateurs semblent souffrir d’un manque chronique de sensibilité sur la question des fonds de pension. D’abord, Stephen Harper a annoncé au forum économique de Davos (devant les puissants de ce monde) que le Canada modifiera son régime de pension, sans toutefois préciser comment, ce qui a évidemment provoqué des rumeurs angoissantes, en particulier pour les personnes âgées.

Depuis, ses ministres ont ajouté à la confusion et à l’inquiétude en y allant de déclarations floues, tentant surtout de minimiser l’affaire.

Contrairement au député Goguen, il semble que ses collègues ont bien saisi l’inquiétude dans la population et en ont fait part au premier ministre, mercredi, en caucus.

À lire, ici, sur Macleans.ca.

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Mercredi 1 février 2012 | Mise en ligne à 14h17 | Commenter Commentaires (263)

Le suicide assisté…en prison

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu (à gauche) et le ministre de la Justice, Rob Nicholson

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu (à gauche) et le ministre de la Justice, Rob Nicholson

Depuis qu’il a été nommé sénateur par Stephen Harper, en mars 2010, Pierre-Hugues Boisvenu nous a habitué à des sorties musclées contre les criminels et en faveur d’un durcissement des peines.

Il est allé une coche plus (trop) loin mercredi en disant que chaque «criminel devrait avoir une corde dans sa cellule», tout en précisant être contre la peine de mort. Contre la peine de mort… mais pour le suicide assisté en prison. (Au fait, sait-il qu’inciter quelqu’un à s’enlever la vie est un acte criminel au Canada?).

M. Boisvenu a été nommé, non élu, ce qui veut dire qu’il ne parle pas au nom du gouvernement. Sauf que tout le monde sait que Stephen Harper l’utilise systématiquement comme porte-parole au Québec dans les dossiers de justice. On voit rarement le ministre Rob Nicholson (unilingue anglophone) au Québec, mais très souvent le sénateur Boisvenu.

Il est aussi parrain pour la majorité conservatrice du projet de loi omnibus sur la criminalité au sénat.

M. Boisvenu s’est excusé mercredi d’avoir tenu de tels propos, affirmant qu’il les a «échappés».

La question n’est pas de savoir s’il a perdu une belle occasion de se taire, mais bien plutôt de savoir s’il est apte à parler de justice au nom du gouvernement canadien, ce qu’il fait, avec la bénédiction du premier ministre.

Nous connaissons tous l’histoire de M. Boisvenu, qui a perdu une fille aux mains d’un assassin, une horrible histoire suivi d’un deuil terrible qui lui a valu la sympathie sincère de tous.

Cette sympathie est inaltérable, mais elle n’autorise par le sénateur Boisvenu à dire n’importe quoi dans un domaine où, visiblement, ses sentiments l’emportent sur la raison.

Stephen Harper ne peut démettre Pierre-Hugues Boisvenu de son poste de sénateur, mais il peut cesser de l’utiliser comme porte-parole en matière de justice. À moins qu’il juge rentable politiquement de brasser périodiquement des dossiers explosifs comme la peine de mort sur la place publique.

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