Vincent Marissal

Jeudi 26 janvier 2012 | Mise en ligne à 13h21 | Commenter Commentaires (48)

Reconnaître (ou non) la CAQ?

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Comme prévu, la Coalition avenir Québec de François Legault réclame reconnaissance officielle (et budget s’y rattachant) à l’Assemblée nationale pour son caucus de neuf députés. Et comme prévu, cette demande provoque un débat avec les autres partis, en particulier avec le PQ, qui a vu trois de ses députés faire défection pour se joindre à la CAQ.

Pour les militants du PQ, qui doivent justement débattre de mesures anti-transfuges cette fin de semaine à leur Conseil national, il sera difficile d’accepter un assouplissement des règles de l’Assemblée nationale en faveur de la CAQ.

Le décision revient au président de l’Assemblée nationale, mais elle doit être entérinée par les chefs des deux autres partis officiellement reconnus, soit Jean Charest et Pauline Marois. Selon le règlement de l’Assemblée nationale, un parti, pour être reconnu, doit avoir fait élire au moins 12 députés (sous sa bannière) ou avoir récolté au moins 20 % du vote, ce qui n’est évidemment pas le cas de la CAQ, qui n’existait pas aux dernières élections.

La présidence de l’Assemblée nationale a déjà fait preuve de souplesse, notamment en 2009 en accordant un certain statut à l’ADQ (qui avait fait élire sept députés en 2008 (16 % du vote), mais accorder une reconnaissance formelle à un nouveau parti formé uniquement de transfuges passerait probablement mal dans la population passablement échaudée ces temps-ci par les changements d’allégeance en cours de mandat.

Personne au Québec n’a jamais voté pour la CAQ, on ne peut donc pas évoquer la volonté populaire ou même la légitimité des caquistes pour leurs accorder un statut de parti officiel. On ne peut pas remplacer la voix du peuple par un sondage.

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Mardi 24 janvier 2012 | Mise en ligne à 9h23 | Commenter Commentaires (236)

Qui a torpillé Duceppe?

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C’était prévisible…

Les adeptes de la théorie des complots «gescaiens» accusent La Presse d’avoir sorti l’artillerie lourde pour torpiller Gilles Duceppe.

Richard Le Hir signe même ici une longue tartine exposant le «complot».

M. Le Hir et autres adeptes ont visiblement beaucoup de temps libres et une imagination débordante, mais ils s’épargneraient des cheveux gris (et nous épargneraient leurs élucubrations) s’ils se posaient la bonne question: Qui a coulé des informations embarrassantes pour  Gilles Duceppe?

Pas de fuite, pas d’histoire. Et, visiblement, cette fuite vient de l’interne.

Certains n’ont pas besoin des médias pour se couler…

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Lundi 23 janvier 2012 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (52)

Qui se souvient de l’«affaire M3I»?

Mario Bertrand, nouveau conseiller de François Legault

Mario Bertrand, nouveau conseiller de François Legault

Il s’est dit beaucoup de chose sur Mario Bertrand depuis qu’on a appris, la semaine dernière, que cet ancien chef de cabinet de Robert Bourassa était maintenant conseiller de François Legault.

On a dit que sa personnalité lui avait valu le surnom de l’«Abrasif» à cette époque, qu’il a par la suite travaillé pour Charles Sirois et qu’il a vécu à Monaco.

Curieusement, il semble que bien peu de gens se souviennent de l’«Affaire M3I», dans laquelle a été impliqué M. Bertrand et qui avait fait couler beaucoup d’encre en 1994, notamment parce qu’il avait fait un gros coup de fric avec une filiale d’Hydro-Québec et qu’il avait été publiquement désavoué par le gouvernement libéral de Daniel Johnson. L’affaire était allée en cour et Mario Bertrand avait gagné sa cause contre le gouvernement.

À une époque où on parle beaucoup d’éthique, une époque où les François Legault de notre scène politique promettent de restaurer la probité dans la conduite des affaires publiques, un petit rappel de l’affaire M3I s’impose.

Voici d’abord une étude exhaustive du cas M3I menée par une équipe de l’École nationale administration publique: http://archives.enap.ca/bibliotheques/2008/02/030017479.pdf

Et puis, une copie d’un texte (introuvable sur internet) résumant l’affaire:

La Presse
Nouvelles générales, mercredi 11 mai 1994, p. A1

Mario Bertrand démissionne d’Hydro; «C’est indéfendable», dit le ministre

Lessard, Denis

Québec – Plongé dans une controverse quant aux profits tirés d’une ancienne filiale d’Hydro Québec -une transaction jugée «indéfendable» par le gouvernement Johnson-, l’ancien bras droit de Robert Bourassa, Mario Bertrand, a démissionné hier de son poste au sein du conseil d’administration de cette société d’État.

Il paraissait clair hier que le gouvernement Johnson avait décidé de prendre ses distances de la transaction controversée, par laquelle M. Bertrand encaissera un million de profit à même des actions de la firme M3i, une compagnie dontHydro-Québec détenait, en 1990, 82 p.cent de l’actif. Au moment où Hydro se retirait de cette entreprise à croissance phénoménale, Mario Bertrand , Marcel Côté et Pierre Jeanniot obtenaient à titre de membres du conseil d’administration deM3i le droit d’acheter 2000 actions, valant au départ 10$, qui sont montées depuis à 1000$ l’action.

Interrogé par le critique de l’opposition Guy Chevrette, le ministre de l’Énergie, Christos Sirros, a laissé tomber: «Ça paraît que c’est indéfendable, et l’indéfendable ne sera pas défendu». Plus tard, il devait renchérir: «Ça n’a tellement pas de bon sens que c’est pour ça que je voulais avoir une vérification». M. Sirros a demandé au ministère de la Justice de déterminer si ces transactions étaient conformes au droit corporatif, «pour vérifier s’il y a des recours et s’il y en a, ils seront exercés», a-t-il ajouté.

Le ministre a soutenu avoir pris connaissance de la situation quelques jours seulement avant qu’elle ne devienne publique. Or, M. Chevrette a déposé hier une note interne d’Hydro démontrant qu’Hydro-Québec était au courant depuis décembre 1990 que MM. Bertrand, Côté et Jeanniot allaient recevoir 2000 actions de M3i. «On est dans la gestion des deniers publics, et ces choses-là ne se font pas. Le gouvernement devrait dire: «Rendez nous ces actions», a lancé M. Chevrette.

Bien que trois personnes aient profité du retrait d’Hydro-Québec de M3i, notamment Marcel Côté, de SECOR, qui avait fait la recommandation à Hydro-Québec, M. Sirros en Chambre a carrément visé Mario Bertrand, membre du conseil d’administration d’Hydro.

Selon le ministre, la question qui se pose «au niveau de l’éthique», c’est «la possibilité pour un membre d’un conseil d’administration d’une société d’État de se retrouver sur un autre conseil d’administration d’une société détenue en majorité par cette société d’État et d’en recevoir des actions». Il absout toutefois le président d’Hydro, Richard Drouin, qui a pris les mesures nécessaires depuis que ces transactions sont devenues publiques.

Plus tard, devant les journalistes, M. Sirros s’est interrogé sur le rôle de M. Côté, qui est susceptible d’encaisser 500000 dollars de profits du fait qu’Hydro-Québec a suivi sa recommandation de se retirer de M3i.

M. Sirros veut surtout avoir des éclaircissements sur l’objectif de la vente de l’actif d’Hydro détenu par Nouveler, une filiale à part entière, dans M3i. Rappelons que la petite firme de logiciels qui avait débuté avec trois employés, dont l’ancien responsable de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ), Toby Gilsig, emploie maintenant 350 personnes et vend à travers le monde des programmes informatiques destinés à gérer les pannes sur les réseaux électriques, de transport ou d’aqueduc.

Lettre amère

Dans sa lettre de démission, transmise hier à Richard Drouin, président d’HydroMario Bertrand ne cache pas son amertume et laisse entendre qu’il s’estime mal défendu par ses anciens collègues. Il rappelle que c’est M. Drouin qui l’avait invité à faire partie du conseil de M3i en 1990, en dépit de sa présence au conseil d’Hydro, et estime «avoir assumé cette fonction sans équivoque, de façon transparente et visible auprès des actionnaires, des institutions québécoises.» «Depuis quelques jours, la politique partisane a toutefois donné un tout nouveau relief à cette collaboration, et ce nouvel environnement semble présenter la particularité d’effacer rapidement les solidarités et coopérations tissées ces dernières années», conclut M. Bertrand.

Devant les journalistes, M. Sirros a eu un sourire entendu quand on lui a demandé s’il avait sollicité la démission de M.Bertrand du conseil d’administration d’Hydro-Québec. «Disons que c’était une décision appropriée», a-t-il répondu.

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