André Pratte
Salut Vincent,
Ah! la politique. Toujours des surprises! Les sondages nous promettaient une victoire libérale confortable. Tellement que les réseaux de télé nous ont vite annoncé un gouvernement
majoritaire… pour quelques minutes plus tard se demander s’ils n’avaient pas été trop vite en affaires.
Le résultat a été tellement plus serré que prévu que les commentateurs parlaient en fin de soirée comporté comme si c’est le Parti québécois qui l’avait emporté.
Or, il ne faut pas l’oublier: Jean Charest a obtenu une majorité. Majorité courte, mais majorité quand même. Il a réussi, dans des circonstances très similaires, ce que Stephen Harper a raté il y a deux mois.
Les libéraux seront donc majoritaires. Mais ils auront devant eux une Opposition officielle extrêmement forte. Pauline Marois est désormais bien en selle au PQ, et a avec elle une équipe de fort calibre. Les libéraux ne pourront se permettre de faux pas. Ni une série de défaites dans des élections partielles!
Le gouvernement Charest sera confronté à un formidable défi. Guider le Québec à travers une grave crise économique. Garder le contrôle des finances publiques. Prendre les décisions difficiles qui s’impose. Et tout cela, avec une fragile majorité. Jamais les talents de Jean Charest n’auront été mis à l’épreuve à ce point.
Et puis, la grosse question: Mario Dumont ayant annoncé son départ prochain, qu’arrivera-t-il à l’ADQ? Parions que les députés adéquistes feront l’objet d’un cour assidue des libéraux et des péquistes!
Bon, un peu de repos pour nous sur le flanc provincial. Pendant ce temps, à Ottawa…
André
Une certaine normalité
Salut André,
D’abord, réglons les dossiers prioritaires: tu me dois une bonne bouteille de vin! Quoique dans mon état, une bouteille de Tylenol-rhume ferait tout aussi bien l’affaire…
J’ai parlé à des libéraux aujourd’hui qui prévoyaient… 67 comtés. Ils en ont eu 66.
Les plus optimistes parlaient de 78 à 83, mais c’était évidemment trop élevé.
Donc, majoritaire. Courte majorité, mais un gouvernement peut très bien gouverner avec un tel coussin. Bernard Lord, au Nouveau-Brunswick, a dirigé sa province pendant un mandat avec UN siège de majorité. C’est quand il a déclenché des élections que ça s’est gâté.
Nous, des médias, aimons bien les drames. On aimait bien l’ambiance électrique du gouvernement minoritaire à Québec. Va falloir s’y faire, toutefois, nous venons de retomber dans une certaine “normalité” à Québec.
Ce qui est anormal, c’est que Mario Dumont ne sera plus dans le paysage. C’est ça, je pense, l’événement majeur de cette soirée spectaculaire.
Vincent
(Photo Presse canadienne)



























