Notre collègue Mathieu Perreault est notre père invité de la semaine:
La distance des ados
Ma fille de 11 ans est revenue la semaine dernière de 13 jours de vacances à Paris avec sa mère. Je suis allé en milieu de matinée à l’école pour aller lui porter sa boîte à lunch. La secrétaire l’a appelée dans la classe et je l’ai attendue.
Mais quand je me suis avancé pour l’embrasser, elle a reculé. Je lui ai dit « mais ça fait 13 jours qu’on ne s’est pas vus !» Elle m’a répondu qu’elle devait retourner en classe.
Quand j’ai raconté ça à sa mère, elle m’a dit qu’elle n’avait pas eu le droit de tenir notre fille par la main de tout le voyage . Bref, elle devient adolescente et plus distante au niveau affectif, du moins en public (c’est pour cette raison que je ne la nomme pas dans ce billet : elle m’a plusieurs fois dit qu’elle n’aime pas quand je parle d’elle à autrui).
La distance affective à l’adolescence m’a semblé un sujet tout indiqué quand Silvia m’a demandé de faire un « père blogue ». Surtout que le sujet a fait l’objet de plusieurs études scientifiques.
L’une d’entre elles, publiée en 2007 par des psychologues américains, démontre que la baisse de « chaleur » entre enfants et parents est minime : moins de 15%, sur une échelle de huit questions du style « vous sentez-vous compris et accepté par vos parents », qui étaient posées aux enfants. Si ma fille est dans la moyenne, je fais peut-être une montagne d’un grain de sable. D’ailleurs, le soir de son arrivée, elle a voulu prendre ma main comme toutou pour s’aider à s’endormir.
L’étude américaine, qui a suivi 200 familles de deux enfants pendant cinq ans, voulait vérifier si l’adolescence des cadets est influencée par celle des aînés. Pour les fratries de même sexe, la réponse est non. Par contre, quand il s’agit de frères et de sœurs, les relations avec le parent du même sexe (fille-mère, fils-père) s’intensifient avec l’adolescence, alors que les liens avec le parent de l’autre sexe (fille-père, fils-mère) s’étiolent. Les mères qui ont eu une fille puis un garçon ont même une absence totale de distance affective durant l’adolescence : mère et fille se rapprochent durant l’adolescence, alors qu’elles s’éloignent de leur cadet. Évidemment, ce sont des moyennes et des exceptions sont toujours possibles.
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seve11
15 mars 2010
10h17
Chaque étude a ses limites et chaque découverte a ses exceptions! Moi comme ado (il y a plusieurs années maintenant) j’ai vécu autrement la relation : Je me suis vraiment rapprochée de mon père (relation fille-père) et détachée beaucoup de ma mère! Je pense que c’est le type de relation qu’il faut voir sur une base davantage longitudinale que ponctuel.
Il reste quand même que les résultats rapportés me semblent plausible de l’observation des mon entourage.
nemo
15 mars 2010
11h08
Votre article m’a fait sourire parce que c’est ce que je vis présentement. Mon fils aîn a 12 ans (secondaire 1). Ça m’a frappé en voyage à la semaine de relâche. Habituellement, il se promène main dans la main avec moi, étand ses grands pieds de géant sur moi en écoutant la télé. Mais, je sens que cette époque est finie. Il préfère les sourires et les petites tapes à l’arrière de la tête en guise d’approbation aux baisers. J’ai droit à un ch’t'aime marmoné entre les dents de temps en temps, bien-sûr quand il n’y a personne dans le coin.
Ce qui me console un peu est qu’il est toujours prêt pour une certaine routine familiale. Il est encore partant pour le ski avec moi, adore quand on sort la petite table dans le salon pour souper en écoutant un match de hockey, football la fin de semaine, a hâte de jouer au basket dans la rue avec moi. Oui, il est très près de son père mais de toute façon il l’a toujours été. Je garde le cap parce que je le vois heureux , c’est tout ce que je veux et pour moi ça compte plus que tous les baisers et les caresses. De toute façon, je m’habitue parce que je suis mal foutue, j’ai 2 garçons….
ysengrimus
15 mars 2010
13h31
Il y a une chose que les ados font toujours et qu’on mentionne bien peu: ils critique la société…
http://ysengrimus.wordpress.com/2010/02/15/societe-allegorie-philosophique-d%E2%80%99un-ado-de-seize-ans/
Et ils ont bien raison…
creekcreek
15 mars 2010
16h56
@ysengrimus d accord pour critiquer la société a l adolescence mais apres quelques années,if you can t beat it,join it…Passer sa vie a lutter contre le courrant est contre-productif. Cest un challenge parsemé de surprises ce passage de l enfance au monde adulte.Personnellement j ai mieux dealé avec mon ado de sexe opposé.Peut-etre parce que je ne sentais pas que j avais a définir l identité de mon propre genre aupres de mon enfant.D autre part il faut dépersonnaliser ces attitudes négatives de nos ados..ils ont un compte a régler avec le systeme et ca adonne que le systeme c est aussi le pere ou la mere…Et vogue la galere…
samsuffi
15 mars 2010
19h36
Avec les commentaires négatifs que j’ai eus hier suite à mes opinions sur les comparaisons enfants : bébé-enfant/animal et bébé-enfant/monstre, je ne pousserai certainement pas mon opinion sur les ados. Sa fille est certainement très intelligente, ce dont je félicite les parents, car c’est avec son intelligence qu’elle va s’en sortir dans la vie, même si elle s’est fait maganée comme enfant. C’est l’intelligence qui trouve les bonnes actions de résilience. Je ne veux pas jouer les psychologues, mais la petite, elle lui a flanqué un coup de poing dans l’estomac à son père en refusant de l’embrasser. Et comme réflexe, il a essayé de se soulager de la claque en en parlant avec la mère de la petite. Ça ne lui a rien donné, car la petite a été excusé par une autre explication de la mère, toute aussi futile. Aurait peut-être fallu qu’il engueule sa fille à la maison sur son geste inadéquat? Si madame (la petite) commence à jouer là-dedans à onze ans, à quinze ans??? Oui, faire appel à la raison, mais parfois, ce sont les émotions qui prennent le dessus. Ici, on a une situation émotionnelle. Pas facile, contrairement avec un enfant de 2 ans de composer avec une telle situation. Tu peux pas lui demander de faire la stupide statue.
insulaire-du-nord
15 mars 2010
20h22
Même si ça nous donne un petit pincement au coeur, ce besoin de détachement est un signe de réussite puisque nous sommes parvenus à en faire des personnes autonomes. De toute façon, les bisous et les colleux reviennent vite quand les amis sont hors de vue hihi !
De mon côté, mon grand ado de treize ans m’a agréablement surprise quand il a eu à faire un exposé oral sur une personne qu’il admirait et qu’il a choisi sa mère ! Je me suis dit que même s’il me regardait parfois comme si j’étais un dinosaure, j’avais réussi à être une référence pour lui. J’en profite, ça achève…
sophocle
16 mars 2010
08h01
Et si je suis un père veuf avec une adolescente ? Que j’ai élevée seul ? Il y a, comme Mathieu Perreault le dit, des exceptions. Nous nous sommes très bien amusés et compris à l’adolescence.