Silvia Galipeau
De retour au boulot, ce matin, dans le tourbillon des préparatifs de la rentrée. Retour à la routine, quoi. Et en une de La Presse, retour aux inépuisables sujets à débats: la réforme.
Voilà que la première cohorte de jeunes issus de la réforme arrive au cégep, nous apprend Catherine Handfield ici. Il faut dire qu’on les suit à la loupe, ces jeunes de la réforme (ici, un article du mois de juin du Devoir sur les ultimes examens du secondaire de cette fameuse première cohorte).
Et sans surprise, les professeurs craignent le pire: «tout le monde a peur qu’ils soient moins bien préparés», «les taux d’échecs vont nécessairement augmenter», «on a tout un problème». C’est le festival de la quote catastrophée.
Dans le courrier des lecteurs de La Presse, toutefois, une mère offre un écho tout autre de ces jeunes tatoués «réforme». Son fils, Léon, entre ces jours-ci au cégep. Oui, il fait des fautes d’orthographe, parfois, surtout des fautes d’inattention, comme tous les jeunes de son âge. Comme tous les jeunes du monde, même ceux qui ont été au cours classique. Comme tout le monde, quoi. Et oui, il sait lire. Il a même lu des livres (elle ironise). Oui, des BD, mais aussi des classiques. Et il sait même écrire. Argumenter de façon très structurée.
«Bien sûr, conclut-elle, la réforme nous a aussi apporté bien des exagérations de la part de fonctionnaires désireux de trop bien faire. De là à dire que la réforme de l’éducation va gâcher la qualité du français de toute une génération, il y a un boutte.»
Rare note discordante dans la marée de critiques de la réforme.










carpediem99
23 août 2010
13h38
Voici une autre notre discordante:
Posons-nous tous une question. Tous les journalistes de ce monde, tous les enseignants syndicaleux de ce monde se sont trouvés une cible durant les dernières années: la réforme.
Le problème, c’est que quand vous vivez dans le monde scolaire, vous constatez rapidement, que là où le bât blesse, c’est qu’on peut accuser la réforme tant que l’on veut, mais dans les faits, on ne l’a JAMAIS appliqué.
On s’est plutôt attardé à émettre des demi-vérités pour mieux torpiller le changement. On dit que l’on n’enseigne plus de connaissances. Quelle idiotie. Il s’enseigne autant de connaissances qu’auparavant.
Prenons un exemple. Votre transmission de voiture a besoin d’une réparation et les deux seuls garagistes disponibles sortent de l’école. Le premier sort d’une école classique où a il appris des connaissances, mais il n’a jamais travaillé dans une transmission réelle parce qu’il ne fallait pas évaluer sa compétence, mais ses connaissances. Le second sort d’une école de la réforme où il a appris des connaissances parce que la compétence dépend tant des connaissances que de l’application de ces connaissances. Mais il a aussi appliqué ses connaissances dans des cas pratiques. Il a donc fait des travaux concrets sur des transmissions.
Si je suis la logique de ceux qui dénigrent la réforme, ils devraient tous aller chez le premier garagiste parce qu’on lui a appris des connaissances. En pratique, ils vont tous aller chez le second qui rallie connaissances et compétence pratique.
Ce virage, une grande part des enseignants ne l’ont pas pris parce qu’ils n’ont rien compris aux compétences. Comme si on pouvait être compétent sans avoir de connaissances. Comme si on pouvait écrire un texte articulé avec aucune connaissance de grammaire et de structures de textes! Quelle idiotie! On a réussi à faire avaler cela au bon peuple.
On va donc accuser les élèves de la réforme d’être faibles à cause de la réforme alors que ce ne sont pas des élèves de la réforme, mais des élèves qui ont eu à peu près le même type d’enseignement qu’il y a 11 ans. Et il y a 11 ans, on remarquait déjà les mêmes difficultés.
On en reparlera dans 11 ans. Rien ne devrait avoir changé quant aux problèmes.
Les seuls points de la réforme que l’on a appliqués, ce sont les plus administratifs comme la réduction des doublures. Tout le reste a été classé dans la filière 22 ou dénigré par des gens qui ne voulaient rien savoir de modifier quelque chose. Le changement fait trop peur.
Carpediem
imposteur
23 août 2010
14h00
Mon fils débute le Cégep ce matin. Encore une fois, on leur dit que cela ne fonctionnera pas. C’est tout ce que les enfants entendent depuis le début de la réforme. Après, on se demande pourquoi ils ne sont pas motivés. Faites-vous dire pendant onze ans que ce que vous étudiez n’est pas ce qu’il faut, pas correct, que vous n’apprenez plus….. et essayez d’être enthousiasme. Bonne chance.
Personnellement, j’ai vu peu de différences entre mon fils dernière année avant la réforme et celui première année de la réforme. Si je compare leurs années primaires et secondaire par rapport aux miennes, je peux dire que leurs apprentissages étaient de loin supérieurs aux miens. Plus approfondis, plus de culture générale.
Je pourrais reprocher à l’école secondaire de ne pas assez faire travailler les jeunes à la maison. Cela pourrait leur nuire au Cégep. J’ai entendus plusieurs parents protester parce que leur enfant a des travaux scolaires à la maison. Ce n’est pas le système scolaire qu’il faut ici blâmer.
La réforme n’est pas sans reproche, mais elle n’a pas tous les torts.
marie-so123
23 août 2010
14h37
Le plus scandaleux dans tout cela, ce n’est pas la réforme elle-même. C’est tous les tollés qu’elle soulève et toutes les inquiétudes non-fondées par ceux même qui ont imposé cette réforme! C’est à croire qu’elle est tombé du ciel cette réforme! Non mais est-ce qu’il y a quelqu’un, quelque part, qui se rappelle encore des raisons qui ont servi à la justifier? Moi je dis qu’on fait une tempête dans un verre d’eau, que ces jeunes ne sont pas plus pires que les autres, qu’ils savent sûrement aussi bien écrire que la majorité des Québécois (on s’entend que la moyenne des Québécois n’a de leçon de français à donner à personne!). Fichez-leur donc la paix à ces jeunes et laissez-les donc profiter de leur rentrée scolaire!
cjulie
23 août 2010
14h56
Excellent commentaire de carpediem99.
Je connais plusieurs jeunes qui commencent le Cégep cette année ou dans les prochaines années. Ils sont tous aussi (ou aussi peu) préparés que je l’étais…
Que de sornettes entendues en lien avec cette réforme. Qu’y a-t-il de mal à vouloir moderniser le système éducatif ? Il y en aura toujours pour penser que tout était mieux “dans leur temps”. Bien sûr, il y a toujours place à l’amélioration. Mais le système scolaire ne peut pas tout faire… Qu’en est-il de la place des parents ? N’ont-ils pas aussi leur part à faire pour s’assurer que leurs enfants soient prêts pour le Cégep ? J’ai fait mes études bien avant la réforme, mais je ne pense pas que j’étais mieux outillée que les jeunes d’aujourd’hui lorsque j’ai commencé le Cégep. J’ai bien réussi, par contre, mon désir d’apprendre ne m’a pas été transmis par l’école, mais par des adultes significatifs autour de moi qui m’ont donné le goût de la culture, de l’écriture, de la science… Mais cracher sur une réforme que personne ne veut vraiment comprendre, c’est beaucoup plus facile que de se demander ce que l’on peut faire pour améliorer la culture générale de nos enfants, si on juge que celle-ci est déficiente…
montrealaise
23 août 2010
14h58
Ceux qui entrent au CEGEP cette année n’ont pas nécessairement subi la réforme tout au long de leur parcours. La réforme s’est implantée lentement, sur plusieurs années. Des professeurs n’y sont jamais entré totalement. C’est dans 3 ou 4 ans qu’on aura affaire aux vrais enfants de la réforme.
elorio
23 août 2010
15h12
« « Et oui, il sait lire. Il a même lu des livres (elle ironise). Oui, des BD, mais aussi des classiques. Et il sait même écrire. Argumenter de façon très structurée. « «
Un vrai petit Einstein !! Que c’est extraordinaire ; on ne s’attendrait pas à ça après ONZE ans d’étude ….
carpediem99
23 août 2010
15h17
@cjulie
Vous cernez bien le problème. La réforme s’est largement inspirée de ce qui se passait en Finlande, petit pays qui arrive presque toujours premier sur la planète pour ce qui est des résultats scolaires. On a juste oublié que les parents finlandais ne sont pas les parents québécois. Les enfants finlandais arrivent à l’école avec en tête l’importance de la réussite scolaire et du travail . On ne peut en dire autant de nos enfants québécois, même si les résultats sont loin d’être aussi catastrophiques que ce que l’on veut bien laisser sous-entendre.
@montrealaise
Ne vous en faites pas, les générations suivantes seront identiques à celles de cette année!
La réforme ne s’est jamais appliquée au Québec. On a toujours enseigné autant de connaissances et il était normal qu’il en soit ainsi. il ne peut y avoir de compétence s’il n’y a pas de connaissances. Évidence que les critiques de la réforme ont toujours cachée.
Si vous constatez un changement dans les années du futur, si on abolit cette réforme, ce sera seulement que ceux qui sortiront de l’école auront une tonne de connaissances sans savoir quoi en faire.
Bonne chance.
Carpediem
tipoporapido
23 août 2010
15h29
Ils me font bien rire les profs de Cégep, maintenant que c’est leur tour, ils crient au scandale et ont peur? De quoi? Accompagner leurs élèves peut-être. J’ai fait une année de science humaine en attendant de pouvoir commencer une technique…tout un monde entre les deux.
Les profs qui enseignent des techniques (travail social dans mon cas) étaient beaucoup plus près de nous ET de la vrai vie, du vrai monde du travail. Idem pour les profs en soins infirmiers, en technique du bâtiment ou autre. Ils préparent des jeunes au monde du travail. Il y a donc, selon moi, deux Cégep. Celui ou on acquière des connaissances générales et l’autre, qui prépare à travailler, pour vrai.
L’autre sujet dans La Presse ce matin, les étudiants ayant des troubles d’apprentissage, encore là, levée de bouclier des Cégep. Pourtant comme le rapporte votre journaliste, c’est une bonne nouvelle, ces étudiants ont réussit leur secondaire alors qu’il n’y a pas si longtemps, ils étaient condamnés au professionnel court. Je n’ai rien contre mais quand il ne te manque qu’un petit coup de pouce pour suivre ton rêve, c’est frustrant de te faire mettre sur la voie d’évitement. Franchement qu’ils cessent d’avoir peur…au boulot!
@carpediem99 Bravo!!! Excellente intervention!
rogiroux
23 août 2010
16h47
Ce que dit carpediem99…!!
J’ajouterais que la Réforme a été prise en otage par le syndicat des enseignants au moment des DEUX négociations de convention collective qui ont eu lieu pendant son implantation.
J’ajouterais aussi que les fonctionnaires du MEQ ont fait preuve d’amateurisme en proposant de nouveaux programmes avant que le matériel pédagogique ne soit disponible.
J’ajouterais aussi que trop de parents n’ont jamais voulu donné la chance aux nouveaux programme car si ce n’était pas comme dans leur temps, ça ne pouvait pas être efficace.
J’ajouterais enfin que les média se sont fait un plaisir de rapporter surtout les irritants et les *J’va appeller J.E.!* et qu’ils n’ont que rarement chercher à montrer ce qui fonctionnait.
Je me rappelle avoir expliquer à un parent membre du Comité de parents ce que voulait dire une compétence transversale… En cours d’année, la personne dit à tous ceux qui voulaient l’entendre qu’elle n’y comprend rien. Je lui ai expliqué de nouveau mais elle a dû l’oublier aussi vite parce qu’elle a continuer à dire que personne ne lui disait c’était quoi une compétence transversale…!!
D’abord, transversale veut simplement dire: qui s’applique et qu’on peut/doit apprendre à utiliser dans toutes les matières!
Et la différence entre une connaissance et une compétence … On peut connaître le livre des règlements et le livre de jeux de votre équipe par coeur, ça ne fait pas de vous un bon joueur de football. Ce n’est pas tout d’apprendre tout par coeur… il faut être capable d’appliquer ces connaissances dans le monde d’aujourd’hui!
cjulie
23 août 2010
17h02
@rogiroux
Ça m’a toujours fait marrer ce bloquage face aux “compétences transversales”. Pourquoi le mot “transversal” fait-il si peur ? Visiblement, l’éducation pré-réforme ne devait pas être si supérieure que cela si tant de parents (et certains enseignants) ne pigent pas ce concept pourtant fort simple. Peut-être est-ce parce qu’ils ne veulent pas comprendre…
montrealaise
23 août 2010
17h23
@ carpediem
Je suis d’accord avec vous. La réforme ne s’est jamais appliquée d’un mur à l’autre au Québec. Quelques profs ici et là, oui. D’autres en ont appliqué une partie. Il y a peu d’enfants qui ont été scolarisés entièrement sous la “réforme”.
Et comme vous le mentionnez, les parents finlandais et les parents québécois n’ont pas la même attitude face à l’école, l’effort et les apprentissages à faire… Soupir…
tipoporapido
23 août 2010
18h31
@rogiroux
Bien d’accord avec votre ajout. D’autant plus que plusieurs écoles “alternatives” appliquaient déjà les grandes lignes de la réforme avec succès. La réforme, ici dans ma petite ville de région, a emmené la fermeture de cette école parce que la C.S., tout à coup se pense capable de l’appliquer à toutes ses écoles. C’est d’ailleurs une blague courante chez nous: Ils ont fait assoir les enfants en équipe de quatre et HOP! La réforme est appliquée…Y’a pas juste certains parents qui ne l’ont pas comprise,les commissions scolaires et les directions d’école non plus!!!
kurtz
23 août 2010
19h22
C’est symptomatique de voir les exemples des défenseurs de la réforme et des compétences: Un garagiste compétent, un joueur de football compétent…
Comme le fait très justement remarquer tipoporapido, les sciences humaines sont d’un autre ordre que les techniques.
Quand on parle de l’histoire, par exemple, on oppose compétence et connaissance avec raison, du moins en partie. Que veut-on pour nos jeunes? Qu’ils comprennent l’évolution du monde et sa place dans cette dernière, qu’ils apprennent à analyser et réfléchir sur les transformations du monde (approche par connaissances)
…ou qu’ils apprennent à utiliser les méthodes et techniques d’un historien professionnel: recherche de documents, analyse de sources, production d’un récit cohérent sur une époque, etc. (approche par compétences)
Veux-on former un historien de métier ou un citoyen cultivé? C’est là où le bat blesse: on tente de nous faire croire qu’on peut faire les deux et qu’on le doit.
On dit que les connaissances sont nécessaires aux compétences. Tout-à-fait d’accord. Mais savez-vous le volume de connaissances qu’un historien doit maîtriser seulement pour comprendre un document d’époque et l’associer à un contexte? Le temps consacré à cette matière à l’école secondaire ou au cégep est nettement insuffisant pour atteindre le double objectif des connaissances sur l’histoire et de la capacité à faire de l’histoire.
Et sans compter qu’au contraire des techniques, les sciences humaines ne visent pas à former à un métier, mais à donner les outils conceptuels, les repères culturels et la perspective sociologique qui seront nécessaires pour aborder des études universitaires. L’application des concepts de façon concrète est un des aspects à aborder, mais la réforme en a fait le centre de tout.
Cela convient peut-être lorsqu’on construit un guide touristique ou qu’on fait de l’arpentage, mais pas quand on a 17 ans et qu’on confond vaguement le Moyen-Âge avec la Renaissance en histoire, le fascisme avec le communisme en science politique ou le béhaviorisme avec le constructivisme en psychologie, sans parler de la philo.
Avant d’apprendre à construire un modèle sociologique bourdieusien ou de faire un commentaire de document sur l’Édit de Nantes, faut d’abord et avant tout SAVOIR de quoi on parle et oui, c’est long avant d’en savoir assez pour faire ça.
Reste les autres compétences, dites “transversales” celles-là. Du genre “l’élève utilisera son esprit critique” ou bien “L’élève maîtrisera les technologie de l’information”
Avait-on vraiment besoin d’une réforme pour faire ça?
kurtz
23 août 2010
19h31
“technologies”
rien_de_grave
23 août 2010
19h36
J’imagine que tous ces commentaires ici viennent de sommités du monde de l’éducation qui vivent cette réforme au quotidient!!
C’est si facile de parler de ce que l’on ne connait pas!
@ cjulie:
Voir l’absurdité d’une chose n’est pas en avoir peur!! Je ne sais où vous allez chercher votre brillante analyse!!
cjulie
23 août 2010
23h23
@rien_de_grave
Vos compétences transversales en compréhension de texte laissent à désirer…
carpediem99
23 août 2010
23h41
@kurtz
L’objectif du primaire et du secondaire est de former des gens qui un jour seront garagistes, joueurs de football et historiens.
Quel que soit le choix, la démarche demeure la même et implique des connaissances et la capacité d’utiliser ces connaissances pour développer des compétences. La connaissance ne peut s’opposer à la compétence puisqu’on peut difficilement atteindre une compétence sans avoir acquis les connaissances.
L’un des problèmes de l’école primaire était de valoriser uniquement les connaissances sans jamais aborder la compétence, c’est-à-dire la capacité de produire quelque chose avec ce que l’on a appris.
Cela me rappelle l’arrivée de l’informatique dans l’école primaire. Les logiciels étaient plutôt primitifs et n’étaient que des exerciseurs visant l’acquisition de connaissances comme le pluriel ou les règles d’accord du participe passé. Les élèves finissaient par ne faire plus aucune faute mais, dès qu’ils écrivaient une ligne, ils n’étaient plus capables de reconnaître un pluriel et ils faisaient une faute. Un ensemble de connaissances non intégrées.
Quand je relis votre texte, j’ai l’impression que la plupart des enseignants ne reconnaitraient pas des connaissances dans ce que vous appelez connaissances: “Qu’ils comprennent l’évolution du monde et sa place dans cette dernière, qu’ils apprennent à analyser et réfléchir sur les transformations du monde.”
Pour la plupart du monde, vous êtes déjà dans le monde de la compétence puisque vous permettez aux élèves d’analyser une situation à partir de ce qu’ils ont appris. Si la majorité acceptait de voir cela comme une connaissance, j’aurais beaucoup moins de difficulté à accepter que l’école retourne à l’univers exclusif de la connaissance.
À lire votre texte, j’ai l’impression que vous êtes en histoire. Parlez d’histoire à des personnes qui n’y connaissent rien. Allez-vous les amener à s’y intéresser en leur présentant exclusivement une série de données historiques composée uniquement d’événements et de dates ou en établissant des relations entre ces événements, en y adjoignant des connaissances venant de la géographie puisque l’une est souvent la cause de l’autre, en y introduisant des éléments d’économie, etc et en leur demandant par la suite de pondre un travail sur les causes d’un événement.
carpediem
legorf
24 août 2010
09h07
J’ai fréquenté l’école alternative (lanaudière, nouvelle Querbes)
J’ai fréquenté l’école à curriculum (École le Plateau, 50% musique)
J’ai fréquenté l’école publique normale (PGL)
J’ai fréquenté un établissement privé (Brébeuf)
Mon constat? l’école alternative (qui fonctionnait par projets et compétences) m’a fait perdre 2 ans de scolarité. Quand je suis arrivé à Brébeuf, j’étais vraiment une coche derrière les autres mais surtout j’avias des lacunes certaines en français et en math par rapport à ce qu’on supposait que je devais savoir. Quand j’ai quitté Brébeuf et que je suis retourné au publique, j’étais vraiment une coche en avant du programme, et ce, peu importe la sélection des élèves, le programme du ministère reste le même d’une école à l’autre.
C’est juste ça, en même temps, c’est tout ça aussi …
C’est plate à dire mais oui, pour apprendre, il faut se forcer, faire des devoir, des dictées, des tests surprise, etc … J’avais ça à Brébeuf et à l’école le Plateau, je n’ai jamais eu ça au public “normal” ou “alternatif”. Le jour où je vais devoir choisir une école pour mes enfants, devinez où je vais les envoyer … surtout pas au public.
T’as pas besoin d’un projet pour apprendre les maths. Il n’y a qu’une façon d’apprendre les maths et c’est de faire des exercices. Mais ça, c’est ben ben dur à comprendre pour les fonctionnaires du ministère.
kurtz
24 août 2010
09h20
@ carpediem
Tout d’abord ce billet porte surtout sur le cégep et le but du cégep n’est pas de former des garagistes et des joueurs de football, mais bien des techniciens et des scientifiques (sans dénigrer ni un ni l’autre).
En second lieu, mon argument concerne les sciences humaines au collégial et le but du programme de sciences humaines n’est pas non plus d’amener les jeunes à s’intéresser à un sujet, mais bien de leur donner une culture plus appronfondie dans les domaines couverts par le programme. Les intéresser est un moyen, mais pas une fin en soi. Maleureusement, l’intérêt de l’élève est devenu tellement central qu’on est prêt à tout pour qu’il accepte de rester à l’école: on baisse les standards, on lui fait lire des oeuvre “proches de lui”, on lui donne ce qu’il aime avant tout.
Dans les universités, on fait subir aux futurs enseignants des centaines d’heures de cours sur comment motiver les élèves, comment individualiser l’apprentissage, comment former des équipes “équitables”, comment faire participer l’élève à la construction des règles de classe, comment cibler les besoins de “l’apprenant”…
Et où coupe-t-on? Dans les connaissances à maîtriser pour les futurs profs au secondaire. Pas étonnant qu’ils aient de la difficulté à intéresser les élèves…
Troisièmement, analyser, comparer, synthétiser ou même comprendre sont des choses qui font partie des programmes depuis la naissance du Cégep et ce que la réforme introduit de nouveau sont les compétences transversales et le recentrage de l’enseignement sur l’action de l’élève. Les dates et la mémorisation sont environ 10% de ce que les profs de cégep enseignent et ce depuis au moins 25 ans.
Ce qui tue dans la réforme, c’est que tout le temps investi pour préparer une “activité” dans laquelle “l’élève est actif, travaille en équipe, met en commun ses découvertes, construit son propre savoir, réinvestit dans d’autres projets, interagit avec les autres, s’auto-évalue, est évalué régulièrement de façcon formative” et etc. ne laisse plus assez de temps et de latitude à un professeur passionné pour transmettre son savoir et sa culture.
gl000001
24 août 2010
09h29
SVP arrètez de dire que c’est la faute aux profs ou aux parents. Ce sont les fonfons qui ont garroché celà dans les pattes de tout le monde du système. Et en même temps que la Suisse et quelques autres pays faisaient marche arrière avec le même genre de réforme.
Ils ont fait des projets pilotes et les commentaires étaient négatifs. Personne en voulait. Mais le minustère avait dépensé beaucoup d’argent pour développer celà (savez-vous que ça a été développé par des consultants ?).
@carpediem
J’ai fait mon cours d’histoire du Québec en 1979 et le prof nous y a intéressé en montrant les relations entre les événements. Ca marchait déja un peu comme ça à l’époque.
tarzile
24 août 2010
11h19
@legorf, vous avez raison. Il n’y a qu’une manière d’apprendre. Comme dans le proverbe C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Ce sont les devoirs et les exercices à faire et à refaire au besoin qui permettent de maîtriser les concepts. Quand les parents vont pleurer à l’école parce que leur ti-chou a trop de devoirs, il y a un problème. Quand un père dit à son fils (quatrième secondaire) qu’il vaudrait mieux qu’il n’ait pas de devoirs et d’études pendant le week-end parce que la famille va faire du ski et que ses études dérangeront les loisirs, il y a un problème. Oui, la manière d’enseigner fait toute la différence. Tout comme les efforts de l’apprenant. On apprend le français en lisant. Plus on lit, meilleur on est. Idem pour la géographie et pour l’histoire. Comme parents, on ne peut pas tout demander à l’école, ni aux enseignants. Il n’y a pas une Réforme qui va pouvoir changer ça. Ce qu’on peut demander à l’école ? De la rigueur, un climat favorable à l’apprentissage. Pour le reste, il faut se retrousser les manches et travailler.
rogiroux
24 août 2010
15h33
“J’imagine que tous ces commentaires ici viennent de sommités du monde de l’éducation qui vivent cette réforme au quotidient!!
C’est si facile de parler de ce que l’on ne connait pas!”
@ rien de grave ~ Avec votre commentaire, vous venez d’en faire la preuve!!
rien_de_grave
24 août 2010
19h46
@ rogiroux
Mon Dieu que votre commentaire fait cour d’école: “celui qui l’dit, c’est lui qui l’est!”
Franchement!
rogiroux
24 août 2010
21h42
@ rien de grave ~ Franchement…
C’était en réponse au votre!
Vous avez bien compris le message… Bravo!