Le New York Times rapporte ici que les garderies offrant des services à des heures moins traditionnelles (lire, au-delà du classique 7-18h) sont de moins en moins difficiles à trouver. Le ralentissement économique aidant, de plus en plus de travailleurs se retrouvent à bosser de nuit, d’où la demande. Et d’où l’offre, donc, rapporte le journaliste.
Au Québec aussi, on le sait, quelques garderies commencent à offrir ce genre de services, mais demeurent néanmoins peu nombreuses.
Cela peut être particulièrement utile pour les infirmières, les médecins, mais aussi pour les mères monoparentales plus défavorisées (on pense à cette mère qui travaille dans un Burker King, citée dans l’article), les travailleurs de nuit de toutes sortes, etc…
Les parents ici cités reconnaissent pour la plupart qu’ils préfèreraient une gardienne à la maison. Mais ce type de service coûte cher, disent-ils. D’où le recours à des garderies de nuit, qui, du coup, leur permettent de travailler. La garderie de nuit est donc vue non pas comme une panacée, mais plutôt un moindre mal. Mieux vaut travailler, dans des conditions difficiles, certes, que d’être au chômage, disent-ils. Et ce, dans le meilleur intérêt de l’enfant.
Reste que ces modèles soulèvent plusieurs questions: pensez-vous que ce soit la voie du futur (quand on sait que de plus en plus, le modèle du travailleur de 9 à 5 se fait désuet)? Et pour les enfants, pensez-vous que cela puisse se passer en douceur? Comment? Surtout: que se passe-t-il après, quand l’enfant entre à l’école?
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gv60
16 janvier 2012
15h40
Ouf.. sujet complexe. Le “droit au travail” et à l’aide de l’État pour pouvoir travailler est-il total et inaliénable ? Un enfant a, normalement, deux parents, que ce soit unis ou en alternance. Et idéalement des grands-parents, des oncles et tantes, des voisins. Qu’il faille faire garder l’enfant le soir ou la nuit à l’occasion, je peux comprendre. Mais offrir des CPE ou des crédits d’impôts pour garderies privées pour du soir et des fins de semaine ? Pour les monoparentaux sans réseaux pour dépanner, ou qui font garder cinq jours par semaine ? Et l’enfant là-dedans ?
Je me souviens d’avoir discuté ferme avec des Français qui militaient très à gauche. Ils revendiquaient… l’interdiction du travail de nuit pour les femmes. Je trouvais ça terriblement rétrograde… en vieillissant et maintenant que j’ai des enfants, et au risque de m’attirer des tomates, je commence à trouver qu’il serait peut-être mieux de bonifier l’aide sociale et la déduction pour conjoint à charge plutôt que d’avoir deux parents qui travaillent de nuit pour survivre.
Quant aux médecins et infirmières, s’ils tiennent à leur emploi au point de travailler de nuit, qu’ils paient, ils en ont les moyens.
jeffypop
16 janvier 2012
15h54
Que le gouvernement commence à offrir un programme universel de jour avant de penser se lancer dans les horaires atypiques.
Si il y a une demande suffisante le privé devrait s’en occuper. Je vois mal les CPE se lancer la dedans. Avec les conventions collectives les coûts exploseraient avec ces horaires.
dibern
16 janvier 2012
16h43
Oui c’est un service qui peut être utile pour sortir les gens de la pauvreté et les faire travailler à la place d’être sur le BS. Je suis entièrement d’accord. Mais là où je ne suis plus d’accord c’est que le médecin qui travaille de nuit a amplement les moyens de se payer une gardienne à la maison (ou de payer le plein tarif en CPE), même chose pour l’avocat qui travaille de jour. Les CPE à 7 $ devraient être pour les revenus bas-moyen (en fonction du revenu familial), pas pour les riches.
noirod
16 janvier 2012
16h54
Ce n`est pas un modele du futur mais ca devrait déja être en place ! On a qu`à voyager entre 4 et 5 heures du matin pour constater que le 9 à 5 c`est une norme idéale mais que peu de gens sont concernés et probablement peu de gens qui ont les moyens d`avoir un horaire élastique. Et puis tu arrive en retard parce qu`exceptionellement il y a de la circulation (sarcasme) et tu recois le traitement des gros yeux si ce n`est une facture supplémentaire.
J`ai toutefois tendance à aussi dire qu`on devrait paufiner le systeme actuel avant de se lancer dans une entreprise dont nous ne connaissons ni les tennants et les aboutissants. Il y a une maudite différence qu`il faudrait comprendre entre un professionnel qui a un douillet travail bien rémunéré de 9 à 5 et une mere monoparentale qui doit bûcher pour arriver. L`universalité ne profite pas nécéssairement à ceux qui devraient pouvoir en bénéficier.
Inévitablement il faudrait en arriver à ce que la tarification soit établie selon les moyens de chaque utilisateur car puisque nos enfants sont élevés par des syndiqués, il est certain que ca va couter la totale à l`utilisateur si il doit en profiter en dehors des heures stipulées dans la …convention collective.
alexcayer
16 janvier 2012
17h25
Je ne crois pas que la conciliation travail-famille soit facile, malgré tous les progrès faits dans les dernières années!
gv60 je suis bien d’accord avec vous pour que le réseau élargi aide les parents qui ont des horaires atypiques… mais quand la famille est à 800 km ce n’est pas facile! Et les nounous, il y en a peut-être beaucoup à Montréal, mais je ne suis pas certaine qu’il y en a des tonnes à Fermont, Val-d’Or et Percé!
larousse_estdouce
16 janvier 2012
19h33
Le 9 à 5 reste malgré tout la norme, y’a qu’à voir la congestion aux heures de pointe…
Je serais plus en faveur d’offrir une allocation supplémentaire pour que le parent puisse payer une nanny à la maison que de le voir traîner son enfant à moitié endormi à 22h…! Ça n’a pas de bon sang et c’est mauvais pour le rythme de l’enfant.
Les garderies le week-end (de jour) pourquoi pas…
charloudelidou
16 janvier 2012
19h55
J’ai la chance d’avoir une place en CPE de soir pour mes enfants. Elles sont peu recherchées et donc on en entend peu parler, mais elles existent et elles sont mêmes ridiculement faciles a obtenir (j’ai appelé en avril pour m’inscrire et me suis faite répondre…que j’appelais trop tôt! Et de rappeler en août! Pas croyable). Étant de soir et mon conjoint de nuit, c’est un horaire très agréable pour les enfants qui passent la journée avec nous, commencent leur nuit au CPE et reviennent avec moi a minuit, avec assez peu de dérangement pour le transfert. Je ne vois pas le problème d’un horaire pareil. Les matins paresseux avec les enfants a jouer dans le lit tous les jours de la semaine, quel calvaire!! Oui, l’horaire va changer avec l’école…et on verra rendu la! Les enfants ne vont pas exploser, ils vont s’adapter!
madame (ou monsieur) gv60 ne connait évidemment un gros rien pantoute a la dynamique des travailleurs de la santé. Les postes de jours étant les plus recherchés, quand on commence c’est rare d’avoir autre chose que soir et nuit. Mais on devrait juste laisser tomber et changer de job debors, parce qu’on est tellement en surplus de personnel dans la santé! Et madame (môssieur) semble ignorer totalement l’existence des infirmières auxilliaires et des préposées aux bénéficiaires, aussi essentiels le soir et la nuit dans les hôpitaux et infiniment moins bien payées. Mais ca aurait probablement donné moins de punch a votre argument boiteux, n’est-ce pas?
loubia
16 janvier 2012
21h17
Pourquoi pas? Il faudrait que les gens commencent à réaliser que tout le monde ne cadre pas dans le bon vieux 9 à 5 du lundi au vendredi.
J’ai été longtemps sur l’horaire de 23h, 6h30 du matin. Un jeune RESPONSABLE venait dormir chez moi et avait le plaisir d’être payé en plus. Les enfants dormaient depuis longtemps quand je partais, et j’arrivais à temps pour leur réveil, leur déjeuner et les envoyer à l’école. Pour eux, c’était comme si maman ne travaillait pas, parce qu’en cas d’urgence, j’étais à la maison de jour.
Et non, ce n’est pas tout le monde qui dispose d’un réseau social ou qui a envie d’imposer sur sa famille ou ses amis une responsabilité à temps complet la nuit. Parce que j’avais besoin de quelqu’un qui serait toujours disponible.
Que le gouvernement s’en mêle? Je trouve déjà que partout où le gouvernement met son nez, il y a assez des bisbille, de mauvaise gérance et d’explosion des coûts.
Mais que la société au complet fasse une place plus grande à ces NOMBREUX travailleurs, ne serait-ce qu’en leur donnant des transports en commun dignes de ce nom? Pourquoi pas.
jeanfrancoiscouture
16 janvier 2012
23h25
…Sortir un poupon du lit à six heures trente du matin, surtout en hiver. Le transport aller-retour vers la garderie. Les horaires trop serrés. Les téléphones en plein milieu de la journée pour une poussée de fièvre. Bien sûr, c’était avant les CPE, dans lequel cas il aurait fallu ajouter les «moyens de pression« épisodiques. Un véritable chemin de croix.
De toute façon, c’est un cauchemar que nous avons réglé en ayant une gardienne à la maison. Bien sûr, ce que cela a coûté supposa des choix en divers domaines mais rien ne vaut la paix qu’un tel arrangement suppose surtout quand on tombe sur la perle rare, ce qui fut exactement notre cas.
J’ai beaucoup de sympathie pour les parents aux prises avec ces problèmes et je n’ai malheureusement pas de conseil à donner. Et de toute façon il n’y a jamais deux situations pareilles. Mais je comprends le désarroi des parents quand tout se met à aller de travers.
mrbuziness
17 janvier 2012
00h35
Ma femme (concierge au CHU Ste-Justine) et moi (mécanicien industriel) travaillons de soir et notre fille (3 ans) fréquente une CPE de soir (en milieu de famille). Nous vivons donc les 3 de soir, 7 jours sur 7. Pour l’enfant, c’est simple, elle a toujours vécu ainsi et son horaire n’est SI différent des autres (de 10h00 à 0h00 la semaine et 10h00 à 23h00 le week-end). Je ne vois pas de problème pour son entrée à l’école, elle se lève à la lumière du jour et se couche lorsqu’il fait noir comme les autres enfants!
À gv60 et Jeffypop, si c’est si facile de faire garder ses enfants par des proches, alors fermons toutes les CPE! S’il y a des CPE prêt à offrir le service de soir, c’est quoi le problème??? Pour l’état, il n’y a aucune différence dans le coût.
diji
17 janvier 2012
08h14
jugement à la Salomon. Oui et non. Oui aux garderies pour accommoder les parents aux horaires atypiques mais après avoir tout fait pour qu’il y ait de moins en moins de parents avec de tels horaires. Quels est la nécessité d’aller au Burger King la nuit? Je comprends qu’on doive rendre des services essentiels tels que soins infirmiers, police mais franchement on n’a pas à consommer 7 jours sur 7, 24 hres sur 24.
gasston
17 janvier 2012
09h23
J’en reviens pas qu’on soit encore à discuter de ça. Je croyais que cet excellent choix de société avait été fait depuis longtemps. Chaque québécois/québécoise a un droit inaliénable de faire garder ses enfants par l’État, peu importe la raison, et peu importe l’heure du jour ou de la nuit!
Il faut arrêter de sous-financer le système, et mettre les milliards qu’il faut pour que chaque québécois/québécoise puisse exercer son droit inaliénable immédiatement!
Quand je vois le nombre de québécois fortunés qui paient moins de 50% d’impôt, alors que des milliers de québécois/québécoises ne peuvent pas exercer leur droit inaliénable, je m’indigne! Augmentons les impôts, et donnons à chaque québécois/québécoise gardienne syndiquée disponible 24/7, ça urge!
jeffypop
17 janvier 2012
10h30
@mr buziness
lis mon commentaire avant d’écrire n’importe qoi
rg8487
17 janvier 2012
10h48
“Quant aux médecins et infirmières, s’ils tiennent à leur emploi au point de travailler de nuit, qu’ils paient, ils en ont les moyens.”
Combien croyez-vous que nos très riches infirmières gagnent?????????? Et même les docteurs… Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais il est courant que les docteurs commencent à fonder leur famille durant leur spécialité à une époque où ils gagnent souvent moins qu’une infirmière.
rg8487
17 janvier 2012
10h51
@dibern: Vous oubliez que ce sont les “riches” qui paient pour le programme via leur impôt justement. Ils y ont autant droit que les pauvres. Sans compter que les “riches” ne peuvent pas compter sur des déductions pour leur frais de garde ni d’allocations familiales… Vous seriez halluciné du montant que notre gouvernement donne par mois aux gens à faibles revenus.
Alors laisser les riches en paix, sans eux la province ne fonctionnerait pas et personne n’en aurait de garderie à 7$.
dibern
17 janvier 2012
11h40
@rg8487
C’est la classe moyenne dont je fais partie qui paie pour ce service et c’est aussi la classe moyenne qui fait fonctionner la province et non les riches comme vous dites.
rg8487
17 janvier 2012
12h25
@dibern: Et c’est quoi riche pour vous? Pcq selon les chartes, à 90 000$ de revenu conjoint, on est considéré riche! C’est drôle, mais sur l’île, avec un tel salaire, on peine à s’acheter une propriété…
Peut-être que la situation est différente en région éloignée, mais je peux vous dire qu’à Montréal vos “supposés” riches ne sont pas SI riche que ça. Et puis, si on parle en proportion (ie montant en $ versus quantité de personnes), c’est la classe riche qui pait le plus. Il est dit que la classe moyenne pait plus pcq’elle est plus nombreuse.
Tout le monde a droit aux garderie à 7$, mêmes les docteurs, mêmes les avocats. Eux aussi paient pour le système et eux aussi ont le droit à un CPE de qualité. Et aux dernières nouvelles, ils ont autant de difficulté que vous à trouver une place, mais s’ils y arrivent alors non ils ne sont en obligation de “céder” leur place à un moins fortuné.
dibern
17 janvier 2012
13h21
@rg8487
Quand je dis riche je veux dire par exemple un couple de professionnels qui gagnent 300 000 $ chacun annuellement et cela existe car j’en connais. Scandaleux.
jeanfrancoiscouture
17 janvier 2012
13h53
..La discussion à savoir qui est «riche» et qui ne l’est pas et aussi à savoir si, en situation de programmes dits «universels», tous doivent y avoir accès sans égard à la «richesse» met en évidence cette affirmation d’Alain Minc dans son livre «L’ivresse démocratique»:
«Et chacun de croire, pendant des décennies, que l’identité des prestations assurait l’égalité des citoyens, indépendamment de leur situation sociale de départ. Et les mêmes de croire que l’accumulation des avantages sociaux finissait par unifier les conditions.»
Or, la réalité démontre bien que cela n’est pas le cas. Mais remettre en cause le modèle est un casse-tête pour tous les intervenants, notamment les politiciens en situation électorale,….. ou minoritaire.
rg8487
17 janvier 2012
14h28
@dibern: On a pas les mêmes riches en tête alors. Trop souvent, les gens considèrent “riches” des couples qui ne le sont pas vraiment.
Évidemment, les gens dont vous parler on amplement les moyens d’utiliser un service autre que le CPE à 7$… Ils devraient alors, selon vous, payer une nounou à la maison ou encore une garderie privée puisqu’ils en ont les moyens… Pourtant, vos “connaissances” envoient environs 300 000$ à l’impôt chaque année et vous dites qu’avec tout ça ils n’ont pas le droit de choisir le CPE si l’occasion se présente? Devraient-ils également payer plus cher leur électricité, leur passe d’autobus, les études de leurs enfants? Devraient-ils payer pour aller à l’hôpital? Pcq’il s’agit tous de programmes financés par l’État, tout comme les garderies.
Les services existent pour tous. C’est ça l’universitalité.
Le problème des CPE n’en est pas un de qui a les moyens de faire autrement, il en est un de manque de place, pour tout le monde: les riches comme les moins riches.
stephanie2009
17 janvier 2012
14h35
Je n’ai rien contre des services adaptés aux horaires atypiques mais je trouve inquiétant que nous nous dirigions vers une société qui fonctionne 24h/24h, 7j/7j. Ça a commencé avec les commerces qui ouvrent le dimanche et il y a de plus en plus de centres commerciaux qui sont ouverts jusqu’à 21h du lundi au vendredi. Les gens qui y travaillent le soir le font souvent parce qu’ils n’ont pas trouvés mieux et dans d’autres cas, ce sont les travailleurs de jour qui se tapent du 9 à 9. Je crois même qu’aux États-Unis, on parle d’ouvrir des centres commerciaux 24h/24h! Je ne sais pas jusqu’à quel point ça répond à une demande du public mais il faut cesser de croire que se faire servir 24h/24h est un droit! Je ne me vois pas magasiner à 4h du matin…
Évidemment, il y a des services qui doivent être disponibles le soir et la nuit (police, pompier, transport, milieu hospitalier, etc).
dibern
17 janvier 2012
15h16
@rg8487
Mes “connaissances” mettent également chacun le maximum dans leur REER chaque année, donc ne paie pas la moitié de leur salaire en impôt comme vous dites.
Mais pour en revenir aux CPE, tout ce que je veux dire c’est que ça devrait revenir comme avant, déduire sur nos impôts, donc payer selon nos revenus, les gens qui ont moins de revenus pourraient toujours demander un remboursement anticipé via le formulaire de déduction d’impôt approprié, ou une subvention. Disons 2$ pour les démunis afin de favoriser le marché du travail de ceux-ci, 10$ pour la classe moyenne et $25 pour les riches. Mais il est évident que les CPE soient disponibles pour tous.
Pour ce qui est des études universitaires et j’en suis rendue là comme mère monoparentale, mon fils n’a droit à aucune aide financière pour ses études parce que sa maman gagne 50 000 $ par année et je lui paie entièrement ses études. Alors j’imagine que deux professionnels gagnant 300 000 $ chacun ont les moyens de payer 25 $ par jour pour faire garder leur enfant dans un CPE.