Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Mardi 2 mars 2010 | Mise en ligne à 7h17 | Commenter Commentaires (15)

    Les Prix Genie: Un pilote dans l’avion?

    Polytechnique-1

    Pour leur 30e anniversaire, les Prix Génie ont réussi tout un exploit dès l’annonce des nominations: afficher leur non pertinence.

    La soirée de gala aura lieu le 12 avril. À moins d’un mois et demi de l’événement, l’organisation n’est même pas encore parvenue à conclure une entente avec un diffuseur, preuve par 30 que cette non soirée n’intéresse strictement personne. À part deux pelés et trois tondus qui croient encore qu’une industrie «nationale» du cinéma puisse naître en imposant une mixité inexistante, à peu près tout le monde trouve l’exercice profondément ridicule.

    Ma collègue Anabelle Nicoud signe un article ce matin à propos des réactions qu’a suscitées le dévoilement des nominations hier.

    En 30 ans d’existence, les Génie n’ont jamais suscité beaucoup d’intérêt au Québec. Au Canada anglais non plus d’ailleurs. Chez nous, ils ont connu le coup de grâce le jour où sont nés les Jutra. Lesquels furent notamment créés par Michel Coulombe, et un certain Roger Frappier. Le célèbre producteur déclarait à l’époque que la mise sur pied des Jutra n’était pas une attaque contre les Génie mais dans les faits, il n’y a même pas de comparaisons. Frappier a continué à soumettre quelques-uns de ses films aux Génie quand-même au fil des ans,  mais ce ne fut pas le cas de Dédé à travers les brumes cette année.

    On a par ailleurs du mal à expliquer l’absence totale de J’ai tué ma mère (pourtant soumis), dans la mesure où le film de Xavier Dolan a  non seulement bénéficié d’une sortie à l’extérieur du Québec, mais il fut aussi choisi pour représenter le Canada aux Oscars. On ne pourrait être plus incohérent.

    Suivez-moi sur Twitter. Cassivi y est aussi.


    • Je ne suis pas un fanatique de cinéma québécois, mais je laisse toujours la chance au coureur, même si l’exercice m’apporte souvent plus de frustration que de plaisir. Cela viens sans doute de ma conception bien personnelle du cinéma qui se doit d’être à mes yeux une maîtrise d’un ensemble de techniques artistiques (photo, son, texte, jeu des acteurs, montage, musique, etc.). En somme, si t’as qu’une bonne histoire, écrit un livre et si t’as que de bons comédiens, fais du théâtre…

      J’ai bien aimé « J’ai tué ma mère », à part une scène d’ouverture un peu maladroite. « Polytechnique », j’ai trouvé que ça n’apportait rien au drame que l’on ne connaissait déjà, à part des détails sensationnalistes… un film? Non. Un film, ça jette un regard, un angle, ça répond à des questions, ça ne fait pas qu’en poser… et puis, un film, ça dure plus de 77 minutes…

      Je ne serais pas très triste si les Prix Génie disparaissaient du paysage canadien, ça ne changerait rien à la vitalité du cinéma d’ici et au fait qu’il s’améliore sans cesse.

    • J’ai tué ma mère, un phénomène des médias, rien à écrire à sa mère pour faire un mauvais jeu de mots. Vous et Cassivi, que je respecte beaucoup, avez parlés de ce film là à fond car vous avez étés charmés par la perso de Xavier Dolan et le fait qu’il n’avait que 20 ans. Ce gars là a pus faire son film à cause des contacts qu’il avait. Je connais beaucoup de jeunes de 20 ans qui autant de talent que lui, mais pas les moyens pour le faire. Pourquoi ne pas parlé plutôt que un de nos meilleurs talents, Denis Côté n’est pas en nomination? Le gars est-il trop baveux pour les médias d,ici?

    • @pierre79

      Désolé, mais la notoriété du film de Dolan – et l’engouement médiatique qu’il a suscité – n’est pas dû qu’à deux journalistes. Et n’est pas seulement l’affaire des médias québécois non plus.

    • Vraiment désolé monsieur Lussier, mais la notoriété du film de Dolan n’est affaire que média et de manipulation des médias. Une belle campagne débutée à Cannes et qui s’est effondrée un peu plus loin.

    • @ lowtech

      Je ne dis pas qu’il n’y a pas eu enflure médiatique (il faudrait être aveugle pour ne pas le reconnaître) mais je dis qu’il y a aussi eu engouement des professionnels et des intervenants du milieu. Cet engouement est d’ailleurs né quelques jours avant même la présentation du film aux journalistes (contrat de distribution en France deux semaines avant Cannes, etc…)

      Aux prix Lumière à Paris, Anne Dorval reconnaissait que Dolan ne croulerait probablement pas sous tous ces prix s’il avait réalisé ce film à 35 ans. «Mais je suis certaine qu’il aurait été remarqué quand même», a-t-elle dit. Je partage cette opinion.

    • Les Génies sont plus pertinents que les Jutras, désolé.

      N’importe quel membre de l’UDA peut voter pour les prix Jutras et ce, sans qu’il n’y ait aucune vérification de la part de qui que ce soit si la personne a vu le film ou non.

      LEs Jutras ont eu un jury fantôme l’année que Les Invasions Barbares ont gagné. Le jury lui avait préféré Gaz Bar Blues.

      J’ai encore reçu le bulletin de vote cette semaine. Encore une fois, je peux jouer à Am Stram Gram… Je le fous au recyclage comme à chaque année.

      En ce sens, les Génies sont de loin plus crédibles.

    • @ abzurd

      Ce sont les membres de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision qui votent pour les gagnants aux Génies, alors c’est du pareil au même. Les votants n’ont pas de qualifications particulières, outre le fait de travailler dans l’industrie, et rien ne garantie qu’ils auront vu tous les films en lice. Je le sais, car je suis moi-même un membre votant de l’Académie.

    • ++Une belle campagne débutée à Cannes et qui s’est effondrée un peu plus loin.

      Euh, le film a gagné certains prix de jeunesse à Cannes. Il ne s’agit pas d’une “campagne” publicitaire, mais de vrais prix, donné par un jury de connaisseurs.

      Au Québec, ce ne sont pas nécessairement des connaisseurs qui ont le pouvoir dans le milieu culturel. Il s’agit beaucoup d’une question de Qui Connais Qui, et les résultats sont parfois lamentables (quand ils ne sont pas carrément loufoques).
      Dolan, je le trouve un peu prétentieux, mais c’est mieux que pas mal d’autres choses qui se fait ici (et qui gagne des prix ici, wiwi, juste ici).

    • Oops, j’ai dit ‘Québec”, je voulais dire Canada, mais Canada incluant Québec. Je n’épargne pas le Québec. Nenon.

    • @ sultitan

      Les “campagnes” ne s’adressent pas seulement aux journalistes, elles n’ont pas forcément quelque chose à voir avec la publicité. Croyez-vous vraiment que les studios d’Hollywood ne font pas campagne auprès des membres de l’académie ?

      Dolan a comprit la game, étant tombé dedans quand il était petit, c’est tout. c’était justement le boulot des médias de le voir.

    • @françoislafreniere

      Merci de la précision. Bref, ils ne valent pas grand chose ni l’un ni l’autre.

    • @ lowtech

      Le film de Dolan n’ayant strictement aucune qualité à vos yeux, le comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs, probablement victime d’une manipulation honteuse lui aussi, a eu tort de le sélectionner. Les médias internationaux étant évidemment à la traîne, n’y ont ensuite vu que du feu. Wow.

    • On l’a vu dernièrement à Vancouver, même après plus de 5 décennies de “nation building”, le Canada est toujours un pays en mal d’identité culturelle et trop fortement ancré dans ses quelques “symboles de consensus national” (castor, police montée, canot d’écorce, sirop d’érable, feuille d’érable). Pourquoi les Canadiens-anglais ressentent-ils le besoin d’aller s’abreuver dans le reste du Commonwealth (ou au sud de la frontière) pour trouver des créateurs ou des produits culturels, alors qu’il y a tant de talent au pays? 33 millions d’habitants, c’est à peu près dans la même ligue que l’Espagne ou l’Italie, qui sont de très gros producteurs de films et de contenus culturels de haute qualité.

      Le caractère “un peu plus” latin du Québec et son sentiment d’isolation linguistique nous force, en quelque sorte, à nous démener un peu plus et à produire un volume relativement important de contenu culturel relativement à notre taille. Le Canada anglophone souffrirait-il du sentiment opposé, soit une intégration quasi étouffante dans le bloc géographique des États-Unis et dans le bloc historique du Commonwealth, la langue agissant plus comme un facteur de démotivation que comme un multiplicateur de la créativité (complexe du “petit joueur”)?

      La créativité trouverait-elle son origine dans la prise de conscience d’une différence, qu’elle soit linguistique, culturelle, religieuse ou historique? Si tel est le cas, le Canada a une longue et pénible route devant lui. Et il faudrait commencer par évacuer les castors gonflables qui bloquent le chemin.

    • @ marcandrelussier

      Ne soyez pas de mauvaise foi monsieur Lussier, vous savez exactement de quoi je parle.

      De plus, ça ne serait pas la première fois qu’un mauvais film soit récompensé. Non ?

    • Personne ne parle du film 3 Saisons. C’est pourtant un film québécois qui a été fait avec un petit budet par des artistes d’ici. Un film poignant et émouvant qui est finalement reconnu après avoir gagné des prix ailleurs.
      J’imagine que Jim Donovan et les productrices Maude Bouchard-Sandy Martinez ne font pas partie de la clique!! Je trouve indécent que ce film fait ici n’ait pas eu meilleur presse depuis sa nomination comme meilleur film.

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