
Kathryn Bigelow sur la scène du Kodak Theatre
(Photo: Reuters)
C’était écrit dans les astres. Quand Barbra Streisand s’est avancée sur la scène du Kodak Theatre pour remettre l’Oscar de la meilleure réalisation, il ne faisait alors plus aucun doute que Kathryn Bigelow allait être consacrée. Streisand a tellement milité pour que les femmes aient aussi leur place à Hollywood que sa présence hier soir à la cérémonie ne pouvait relever d’une simple coïncidence.
«The time has come!», a-t-elle dit avant de révéler le nom de la lauréate.
Oui, Kathryn Bigelow est entrée hier dans l’histoire en devenant la première femme à mettre la main sur l’Oscar de la réalisation en 82 ans d’existence. Alors que s’amorçait tout juste la journée internationale de la femme, on ne pouvait qu’applaudir.
Certains verront dans ce sacre une véritable avancée pour la cause des réalisatrices. J’aimerais souscrire à cet enthousiasme mais je n’en suis pas si convaincu. Comme je le relève dans une chronique publiée ce matin, la réalisatrice de Point Break n’a jamais porté sur son art un regard «féminin», du moins pas de la façon dont on l’entend habituellement.
Ce n’est pas dans l’exécution que les réalisatrices – moins nombreuses il est vrai – ont plus de difficulté à se faire valoir. Mais plutôt dans les projets qu’elles soumettent. C’est à ce niveau qu’elles ont parfois du mal à s’imposer, producteurs et institutions estimant probablement – souvent à tort – que les thèmes spécifiquement «féminins» ne peuvent attirer les foules. C’est absurde. Mais c’est comme ça.
Kathryn Bigelow ayant fait l’histoire, on passera maintenant à autre chose. Si la réalisatrice a pu démontrer hier que l’art n’est surtout pas une question de genre, ce sera bien là sa plus grande victoire.
Notre compte-rendu de la soirée.
Petite note hors contexte:
Métropole Films nous apprend ce matin que El secreto de sus ojos (Dans ses yeux), lauréat «surprise» de l’oscar du meilleur film en langue étrangère, prendra l’affiche à Montréal le 16 avril. L’un des précédents films de Juan José Campanella, El Hijo de la novia (Le fils de la mariée) avait obtenu le Grand prix spécial du jury au Festival des films du monde en 2001.
Suivez-moi sur Twitter. Cassivi y est aussi.










la_soldate
8 mars 2010
08h32
Petite question: était-ce prévu que Tom Hanks présente l’Oscar du meilleur film de façon “short and sweet” comme ça ou était-ce son initiative?
Coudonc’ ils sortent Spielberg, Lucas et Coppola (je crois) pour présenter l’Oscar à Scorsese et Streisand pour Bigelow. C’est à croire que l’Académie avait ouvert l’enveloppe…
Marc-André Lussier
8 mars 2010
09h03
@ la_soldate
À mon humble avis, il se faisait tellement tard (il était minuit; l’heure où les journalistes des médias écrits de la côte est frôlent la crise d’apoplexie) qu’on a certainement dû demander à Hanks d’y aller avec le gagnant tout de suite, sans récapituler la liste des dix films en nomination.
Il est par ailleurs certain que les concepteurs de la cérémonie ont un accès privilégié aux résultats. Il en est ainsi de n’importe quel gala de ce genre.
Mes deux cennes…
charkie
8 mars 2010
09h27
Je crois que l’effet d’entraînement y est pour beaucoup. The Hurt Locker est loin d’être un mauvais film, mais il n’est pas marquant pour autant…J’ai préféré de loin Inglourious Basterds et A serious man…Je suis tout de même contente qu’Avatar ne l’ait pas remporté…Ça aurait été le comble de la connerie!!! Quand le scénario d’un film événement de ce genre sera aussi important que les prouesses technologiques, on pourra peut-être le considérer pour le plus grand honneur de l’industrie du cinéma…
vlrglqqf
8 mars 2010
09h39
Totalement subjugué par le résultat! J’ai été exaucé, Avatar et un Prophète n’ont pas triomphé. Seule déception, le ruban blanc a été ignoré alors que je souhaitais que quelque chose se produise. Le reste, c’est du verbiage, du remplissage et des m’as-tu vu? Bonne journée à tous et toutes.
chat65
8 mars 2010
09h53
J’ai trouvé que Mme Streisand jubilait tellement que je croyais qu’elle allait toute suite remettre la statuette a Mme Bigelow!
martinbi
8 mars 2010
09h59
Je serais bien surpris moi aussi que ce sacre de madame Bigelow vogue vers un effet d’entraînement… à moins que les Campion, Coppola et autres Bigelow se lèvent et produisent et réalisent des films bénéfiques pour l’industrie cinématographique, mais levons notre chapeau à son triomphe. En cette Journée internationale des femmes, impossible de ne pas tabler sur cette journée : toutes nos félicitations à elle et à toute l’équipe du film.
Note : je l’ai justement loué hier avant la cérémonie et je me serais attendu à un film plus lourd, plus consistant, plus « dur »; c’était peut-être mal connaître la réalisatrice. Malgré une caméra fort alerte, sans jamais être trop nerveuse, un dosage de plans bien orchestré et une direction photo impeccable pour un genre de guerre, j’ai tiqué sur les ruptures de ton entre les moments d’actions, ces séquences de déminage soutenues et rythmées. Bref, déception dans le scénario et grande maîtrise dans la réalisation.
Pour Sandra Bullock, on retiendra probablement davantage son discours empreint d’humanisme, d’humilité et de bonté que sa performance dans le film, que je n’ai pas vu, mais rendons à César ce qui appartient (maintenant) à César. Son émotion sur scène revêt un caractère rarement vu de sa part — a fortiori qu’elle vient de remporter un prix pour un rôle dramatique –, alors qu’elle prêche habituellement la « comédie », voire le côté humoristique, dans d’autres discours pour ces rôles plus comiques, au détriment des bons sentiments. Hier, ces derniers étaient bien sentis et son humour placé toujours à la bonne place… Chapeau madame Bullock. Je n’aurais jamais cru la voir remporter cette statuette, alors voilà maintenant chose faite. Mission accomplie! Voilà une actrice, une personne qui ne changera pas d’un hiatus sa « miss » personnalité… mais fort assurément qu’elle prônera une approche plus dramatique dans ses prochains films… avec quelques comédie au travers!
guy777
8 mars 2010
10h41
Parlant de femmes, nul besoin d’un oscar pour souligner le travail de certaines réalisatrices hélas oubliés comme Mimi Ledder qui a travaillé avec Clooney et Mary Lambert qui a signé l’adaptation d’un roman de Stephen King. Plutôt bien comme résultat, non ?
la-vie-et-rien-d-autre
8 mars 2010
10h46
Outre une soirée endormante comme l’a si bien écrit Marc Cassivi (MArtin et Baldwin, inutiles), ce qui me choque c’est que le discours des artisans de The Cove a apparemment été coupé au montage (y’a t-il un décalage de 3 minutes?). Au moment où l’un d’eux a déroulé une affiche encourageant les gens a épauler la cause, la caméra s’est tout de suite posée sur la salle et il y a eu un moment de silence: le discours s’est arrêté, coupé. Ce qui aurait pu relever quelque peu la soirée a été muselé.
Plus choquant encore, c’est que cette censure n’a pas été rapportée par les médias (à ma connaissance).
ilisepa
8 mars 2010
11h08
Je croyais que Bastards aurait les plus hautes distinctions grâce au très fort lobby juif d’Hollywood…mais c’est un lobby encore plus fort qui a fait chaviré mes prédictions : celui de la fierté d’une nation en guerre…eh oui, Hurt locker n’offre qu’une vision idyllique de la guerre. Celle de nos héros et de leur patriotisme…les Irakiens dans le film sont tous des abrutis…encore une fois…et Cameron est reconnu pour ses propos antisémites…rien pour arranger les choses…
timag
8 mars 2010
11h10
Bien aimé cette soirée. Peu de bla bla, fonctionnel. Parfait!
mitte
8 mars 2010
11h49
Ma question est peut-être idiote (puisque je suis une femme!), mais c’est quoi, “un regard féminin”?
Suppose-t-on que nous ne sommes pas concernées par la guerre, la violence, l’éthique, le devoir, la mort… parce que nous sommes trop occupées à laver la vaisselle?
taila
8 mars 2010
12h32
@Ilisepa
Avez vous vu le film? Votre commentaire me semble bien gonflé de clichés. Ce film est tout sauf une version “idillyque?!” d’un film de guerre. Il me semble que l’héroïsme dans ce film est vu comme un acte égoïste qui met en danger la vie des autres. Jeremy Renner, qui joue le démineur, n’a qu’une conscience et c’est la conscience militaire. Sa perte de l’humanité entraîne sa rupture avec la réalité. En tout cas, je ne vois pas de héros ni de patriotisme dans ce film.
rafc
8 mars 2010
12h39
@ mitte
On pourrait emprunter une définition littéraire pour exprimer ce ‘regard féminin’. Au Québec par exemple, l’émergeance d’une littérature féminine au début du 20ème siècle ne s’inscrivait pas dans un combat collectif, mais était plutôt l’expression d’un lyrisme amoureux et d’une vision d’abord subjective du monde.
Le cinéma de Jane Campion par exemple, s’y conjugue bien.
The Hurt Locker se place au centre d’un combat collectif, est pratiquement dépourvu de lyrisme et accorde constamment le point de vue subjectif à une objectivité (qui d’ailleurs, ressort souvent des choix apportés à la réalisation).
Individualisme (acception méliorative), lyrisme, et subjectivité sont donc immensément concernés par “la violence, l’éthique, le devoir, la mort …” et peut-être un peu aussi par la vaisselle sur le comptoir!
Enfin, en manque de ‘regard féminin’ ! Allez voir du coté de Lucrecia Martel, son film La Femme Sans Tête montre bien cet accord fécond et attendu entre subjectivité et collectivité.
lavoieqc
8 mars 2010
13h21
Je ne vois pas en quoi c’est si merveilleux que les femmes soient enfin récompensées. Quant on regarde bien, c’est simplement car il y a toujours eu très peu de femmes réalisatrices et leurs films étaient moins bon certains fait par la pelletée de réalisateur masculin. J’ai l’impression qu’on a vu une opportunité de faire l’histoire en récompensant la première femme, et automatiquement on a porté moins attention aux autres nominés. Dommage.
sultitan
8 mars 2010
13h26
Je pensais que les notions féministes de la femme-cyborg avait évacué cette image de la femme frêle et émotive.
Tant qu’à moi, Fish Tank et Jules And Julia valaient d’autres films présentés hier. Ils auraient pu faire la compétition entre 3 femmes.
sultitan
8 mars 2010
13h27
Julie & Julia, j’ai mélangé 2 titres de films.
elisef
8 mars 2010
15h19
Mon Dieu, Baldwin et Martin étaient deux gros clichés ambulant plate! Tout était prévisible pour les lauréats d’acteurs, on savait déjà qui gagnerait…
Vous pouvez penser ce que vous voulez, mais moi j’ai été EXTRÊMEMENT déçu qu’Avatar ne remporte pas l’ultime statuette. Merde, ce film est incroyable, personnellement il m’a fait vivre des émotions qu’aucun autre film ne m’a jamais fait vivre! N’oubliez pas qu’on parle d’un prix GLOBAL pour un film, alors ne me sortez pas des “y’a pas de scénarios”, je ne parle pas de ça! Hurt Locker, j’ai trouvé que c’était un film correct sans plus, je ne l’aurais même pas nominé! Dans le genre film de guerre, il y a mieux quand même (Black Hawk Down, Thin Red Line, Schindler’s List, même Inglorious Basterds, etc)! Si j’avais eu à choisir autre qu’Avatar, Inglorious Basterds est une oeuvre beaucoup plus accomplie que ce petit film de guerre.
Je trouve tellement avec le temps que l’académie ne récompense pas de la bonne façon et pour les bonnes raisons; bien sûr, Mme Bigelow à fait un beau travail qui méritait une nomination pour la réalisation de Hurt Locker, mais entre vous et moi, on lui a donné plus pour son sexe féminin et pour ne pas gonfler l’ego à Cameron plus que sa qualité de réalisatrice. Qu’est-ce qui mérite plus de respect et de talent: un petit film à petit budget filmé dans le désert, ou un individu qui investit des années dans son projet, développe des nouvelles technologies, gère une méga production à 300 millions, des centaines de gens, en plus de devoir tout faire sans presque qu’aucun décors et invente un monde au complet?!? Non mais…
Une vraie farce ces américains, ça s’excite le poil des jambes du moment qu’on leur envoit des valeurs patriotiques au visage. Avatar, on le sait bien, c’est l’anti-guerre, l’écologie, le respect de l’environnement, le futur du cinéma; tout ce qui puent au nez des américains et des vieux péquenots de l’académie.
daniel_dumais
8 mars 2010
16h52
ketaine et sans avenues…I a woman de reddy franchement hahahaha
unholy_ghost
8 mars 2010
17h48
Je ne vois pas en quoi le point de vue d’une femme qui aime bien filmer des hommes en action n’est pas “féminin”. Justement, filmer les hommes comme des objets de désir est quelque chose de peu fréquent au cinéma où le regard est quasiment toujours dans le sens homme vers femme puisque filmé par des hommes. Voir aussi le cinéma de Claire Denis qui est dans la même configuration (Beau Travail, etc.).
Je ne comprends pas non à quoi correspond un thème “typiquement féminin”. Un sujet sentimental? Les hommes n’en ont pas filmés des milliers depuis le début du cinéma?
Sinon, dans la saga Cameron-Bigelow, il y a un truc intéressant: Bigelow aime surtout filmer des hommes virils alors que Cameron filme toujours des histoires où c’est la femme qui est le sexe fort.
sultitan
8 mars 2010
18h52
+++ne me sortez pas des “y’a pas de scénarios”, je ne parle pas de ça!
Je suis d’accord. Et je ne trouve pas que The Hurt Locker est le scénario du siècle. Étrange qu’il a gagné ce prix. Tarantino avait un bon scénario. C’est quasiment meilleur sur papier que sur film.
supercorm
8 mars 2010
21h10
Je trouve quand meme mal choisi le moment pour faire un “statement” de ce genre. Bien que Cameron a realise un des plus grands film de l’histoire, on donne le titre le plus convie a un autre film par surprise pour soit eviter le “mainstream” ou soit recompense une femme.
On ne donne pas ce prix a un film dont on va se souvenir longtems, a genere autant de revenus (ce qui veut bien dire qque chose non ?) et influencera les autres films a venir de par son innovation. Tout ca parce que qques artistes d’Hollywood veulent faire un statement ou eviter d’etre reconnu comme “mainstream”.
Tout comme donner l’Oscar de la meilleur interpretation feminin a Bullocks. Elle a tres bien joue son role, je l’aime bcp, mais pas le role le plus difficile a jouer. Encore une fois, pour ne pas donner l’Oscar a une nouvelle et/ou inconnue (Precious), on sacrifie le talent pour des raisons d’arrieres secenes.
Pour moi Avatar va demeurer une reference encore longtemps, et les Oscars viennent de perdre en credibilite.
goupil
8 mars 2010
21h26
Qu’est-ce qu’un point de vue «féminin» dans un film?
Est-ce un film qui est réalisé par une femme?
Ce serait trop simple.
Un film où une femme serait le personnage principal?
Dans le cas d’un film de guerre, comparez GI Jane à The Hurt Locker.
Des films ont été réalisés par des hommes et ont été plébiscités par le public féminin : Pretty Woman, Dirty Dancing, etc. Cela tourne autour du complexe de Cendrillon (et son pendant masculin, le complexe de Pygmalion)
Les film de Nora Ephron sont-ils «féminins» ou simplement des bluettes sentimentales que bien des hommes auraient pu réaliser? Ne pas confondre féminin et «matante». Il y a des matantes qui se rasent tous les matins.
Et l’adaptation de American Psycho, produit et réalisé par des femmes?
Qui se souvient du regard acide d’Elaine May, dont la carrière a été détruite par le mégaflop commercial de Ishtar?
Mais je dois dire que le marketing (guerre des ex) et le timing des Oscars était très fort : à 0h00 le 8 mars, on annonce la 1ère femme qui remporte la statuette du meilleur film.
sapine
9 mars 2010
09h46
Je suis contente des résultats, Avatar a mordu la poussière, place au vrai cinéma, ou disons à du meilleur cinéma.
Et pour Madame Bigelow, bravo, une première qui j’ose espérer ne sera pas une dernière.
Petite déception, Le ruban blanc n’a pas eu l’Oscar qu’il méritait tant.
vlrglqqf
9 mars 2010
11h11
Me permettez-vous un parallèle? sans heurter qui que ce soit. Dans son temps Citizen Kane 1941 un chez-doeuvre dans le genre n’avait pas obtenu d’oscar. Malgré cet avatar, le film est constamment cité pour mille et une qualités cinématographiques exceptionnelles. Aujourd’hui la même histoire se répète avec Avatar 2010 malgré son succès incontesté au box office, citizen Cameron n’a rien obtenu non plus. Pourtant il est à parier qu’à l’avenir Avatar sera constamment cité pour ses nouvelles technologies, le 3D etc.
Il y a ici une antithèse, une dicothomie. Alors que les supposés chef-d’oeuvres ne parviennent pas à se mériter l’ultime récompense, voilà qu’on les plébiscite à l’infini, après. Ce contraste est fascinant quand on y pense bien.
elisef
9 mars 2010
11h13
@sapine
Question: quel film, entre Avatar et Hurt Locker, restera dans le conscient collectif? Lequel allez-vous montrer à la prochaine génération dans 10 ans, 20 ans? Lequel aura un impact sur les prochains films à venir? Lequel mènera le bal de la prochaine génération de films? Et bien, pour moi c’est le genre de film qui mérite les plus hauts honneurs.
Hurt Locker est peut-être un bon film, mais Avatar est un grand film, tout comme Titanic, et détester Avatar juste parce que c’est un gros film à gros budget, c’est tout simplement ridicule.
Par contre, j’ai été très surprise moi aussi que Le ruban blanc ou Un prophète n’ai pas gagné l’oscar du film étranger.
unholy_ghost
9 mars 2010
11h46
Je n’ai pas encore vu Avatar et je crois bien que je vais aimer (j’aime beaucoup Cameron). Mais arrêtez SVP de dire que c’est l’un des meilleurs films de l’histoire, ça ne fait que laisser deviner que vous ne connaissez rien à l’histoire du cinéma. Pourquoi serait-il le meilleur? Parce qu’il révolutionne la technique? Le 3D n’est pas une invention de Cameron; il l’a seulement raffinée. Beaucoup de films qui ont fait évoluer la technique – The Jazz Singer par exemple – ne sont pas de grands films (faire évoluer la technique ce n’est pas forcément faire évoluer le langage). Du reste, Terminator II, avec son méchant en image de synthèse, était beaucoup plus novateur (il a lancé la course à l’imagerie numérique). Parce que ce serait un grand film tout court? Pas besoin de l’avoir vu pour savoir que le scénario n’est pas au niveau de Shakespeare, que les acteurs ont fait ce qu’ils ont pu (on fait ce que l’on peut devant un écran vert) et que l’imagerie reste de l’imagerie (si ce n’était pas le cas, beaucoup de jeux vidéo passeraient immédiatement devant Citizen Kane).
Bref, il y a de bonnes chances pour que la technique obnubilante d’Avatar vieillisse mal; attendez avant de dire que c’est un chef-d’oeuvre absolu. Il y a des chances pour que son monde synthétique nous donne le même effet kitsch que Tron, autre film à la technique révolutionnaire, aujourd’hui.
unholy_ghost
9 mars 2010
12h17
Je viens de lire le billet de Foglia sur les films des Oscar et par moment c’est consternant, comme toujours lorsqu’il parle de cinéma. Les idées reçues habituelles de ceux qui ne veulent pas avoir les idées reçues du troupeau. Du coup, troublé, je me demande s’il ne dit pas aussi des bêtises lorsqu’il parle des gamineries de Richard Virenque ou des chronos de ses chats (euh, à moins que ce soit le contraire).
vlrglqqf
9 mars 2010
13h35
@ unholy_ghost
Si je vous comprends bien, le fait d’aimer Cameron vous fera proportionnellement aimer son dernier film Avatar. Puisque désormais il suffit de mettre du vert* rien que du vert comme fond d’écran, je pourrais moi aussi à la rigueur usiner un truc plutôt gauchement disons, mais qui pognerait. Cela ne ferait pas de moi une icône pour autant, même si au fond j’aimerais pogner moi itou en même temps.
Selon moi, tous les procédés possibles ont été inventés, utilisés et perfectionnés au cours de l’histoire du cinéma aux dépens bien souvent du talent réel des protagonistes et cela se nomme les effets spéciaux. Une machinerie lourde vs le talent de l’être humain lui-même (acteur et actrice). Très bientôt d’ailleurs ceux-ci seront de moins en moins sollicités à l’élaboration d’un scénario pognant jusqu’aux tripes. C’est cela qui me désole le plus.
_________
*Chacun à leur façon Citizen Kane et Avatar ont gagné en popularité à cause des techniques (effets spéciaux) mis en valeur à leur époque respective. Et on va en parler encore longtemps.
sergio010
9 mars 2010
14h17
Pour perspective des Oscars différente de celle donnée par l’idéologie dominante :
“Pourquoi tant de films sont-ils mauvais ? Les nominations aux Oscars cette année constituent un défilé de propagande, de stéréotypes et de malhonnêteté pure et simple. Le thème dominant est aussi vieux que Hollywood : le droit divin de l’Amérique d’envahir d’autres sociétés, de voler leur histoire et d’occuper nos mémoires.” – La duperie des Oscars, article de John Pilger
http://www.legrandsoir.info/La-duperie-des-Oscars.html
hdufort
9 mars 2010
14h56
En tout cas, qu’on ne se mette pas à faire des comparaisons entre Kathryn Bigelow et Sophia Coppola (comme certains sites l’ont fait récemment). À part être femmes et réalisatrices, elles n’ont pas grand chose en commun. C’est comme si on comparait John Hughes et Stanley Kubrick juste parce qu’ils sont des hommes et des réalisateurs. Hello, les neurones?!
Bravo madame Bigelow et j’ai bien hâte de voir votre second grand film!
sultitan
9 mars 2010
15h27
+++effet kitsch que Tron
Wow, wow, wow, Tron est génial. Je trouve pas cela kitsch du tout. Rétro, mais pas kitsch. Et je reconnais tout de suite en le voyant la nouveauté technique de l’époque. Le succès de Jeff Bridge va aider la sortie du sequel, qui j’espère fera meilleur figure que le premier à l’époque au box office. Tron… Je suis allé le voir peut-être 10 fois au cinéma quand c’est sorti. Je sais que des jeunes d’aujourd’hui
font la même chose avec Avatar.
Mais, est-ce que Empire Strikes Back a gagné un Oscar du film de l’année?
Non. Même pas nominé. C’est Chariots Of Fire qui a gagné en 1981. Ben oui,
avouez que c’et le film de votre vie: Chariots Of Fire, que de mémoires.
On s’entends-tu que Empire Strikes Back est le meilleur Star Wars?
Ce qui aide est que le film prétend être à l’intérieur d’un jeu video. Et coudonc,
on y croit!
sultitan
9 mars 2010
15h30
Ok, erreur du message précédent. Je disais de Tron que le fait qu’on est “à l’intérieur” d’un jeu video de 1982 fait que les effets semblent authentique. La phrase a été déplacé.
unholy_ghost
9 mars 2010
16h08
Sergio, le commentaire de ce Pilger est stupide et manichéen. Juste Avatar montre le contraire: la bêtise de la domination américaine, le courage d’un petit peuple qui résiste. Encore et toujours des idées reçues. C’est de la critique de pétition de principe: comme Hollywood est la Grand satan dominateur, tout ce qui en sort est forcément de la propagande décérébrée, même s’il faut pour arriver à cette conclusion opérer une formidable réduction idéologique du film, quitte à ne plus voir le film réel.
Je me souviens d’un article aberrant dans Le Monde diplomatique où l’on affirmait que Titanic, malgré un discours gauchiste permanent, quasi-marxisant, était en fait un film de droite parce que les riches tuaient les pauvres des cales en barrant les portes avec des cadenas; seuls les riches s’en sortaient à la fin. Hey STUPID, c’est exactement ce qui c’était passé dans la réalité! Le film critiquait explicitement ce crime de classe mais l’auteur de l’article, avec ses lunettes déformées, ne pouvait faire cette lecture car un film hollywoodien ne pouvait qu’être de droite. Argument circulaire.
Or, c’est le contraire: un film hollywoodien peut bien avoir n’importe lequel contenu idéologique, de un, parce que la liberté d’opinion est un droit sacré aux USA, et de deux, parce que les producteurs s’en foutent si le filmn rapporte de l’argent. On me dira: s’il fait de l’argent, c’est donc un film capitaliste. Oui, comme les films de Godard.
Sultitan, “kitsch” n’est pas forcément un défaut (Pierre Lapointe a justement repris ce côté kitsch dans son clip). Tron est un très bon film mais kitsch. Il est nouveau techniquement à l’époque mais maintenant que les effets spéciaux sont rendus ailleurs, on juge davantage le film en soi. Force est de constater que le film n’a pas la profondeur et le génie de 2001 ou Solaris, pour rester dans la science-fiction. On pourra certainement en dire autant d’Avatar quand le buzz “3D” sera abandonné ou normalisé.
germanicus
9 mars 2010
17h11
Cet oscar, c’est aussi un peu l’oscar de Bodhi ;-)
http://images2.coveralia.com/dvd/l/Le_Llaman_Bodhi-Caratula.jpg
cinematographe
9 mars 2010
17h19
@vlrglqqf
Vraiment, la comparaison à Citizen Kane n’a aucun sens, indépendamment de la qualité des films. Ce n’est pas la technique qui a été révolutionné avec Welles, mais le langage, c’est vraiment pas la même chose. Il faudrait comparer Avatar à de Jazz Singer, l’un des premiers films sonores, pour être conséquent. Avatar sera cité à l’avenir comme on cite Jazz Singer, pour parler de l’innovation technique.¸
@unholy_ghost
Le commentaire de Pilger à propos d’Avatar n’est pas si con, attendez de voir le film. Ce petit peuple courageux qui se révolte ne peut le faire que parce qu’ils ont l’aide d’un Blanc justement, un outsider qui s’avère plus fort, plus intelligent, plus toutte qu’eux. C’est quand même le Blanc qui est sauveur ici. Il y a plein de contradictions dans le film, des trucs qui viennent contredire ce qui semble être un propos anti-milariste, écolo, etc. Je ne pense pas que c’est Cameron qui se fait impérialiste subtil, c’est juste des incohérences de scénario, mais quand même. J’aime bien Cameron aussi, mais il s’est un peu planté ici (pas juste sur le scénario quant à moi).
germanicus
9 mars 2010
17h39
Dans 10 ans, on ne se souviendra plus de The Hurt Locker. C’est possible en effet.
Mais dans 10 ans, on ne se souviendra plus non plus de Avatar.
Pourquoi? Parcequ’il s’agit de technologie entourant un scénario vide. La technologie ça se dépasse. Dans 10 ans, on aura fait des centaines de films utilisant cette technologie, mais cette fois avec de vrais scénarios. Donc on ne se souviendra plus de Avatar.
Si on se souvient de King Kong, ce n’est pas à cause des ‘effets spéciaux’, mais à cause de l’histoire. Et l’histoire offerte par Avatar est destinée aux moins de 10 ans.
Les critiques ont donc eu raison de nommer The Hurt Locker plutôt que Avatar.
unholy_ghost
9 mars 2010
18h07
“Si je vous comprends bien, le fait d’aimer Cameron vous fera proportionnellement aimer son dernier film Avatar.”
A priori, oui, cela s’appelle la politique des auteurs. On ne juge pas un film à la pièce mais l’oeuvre entière du cinéaste. C’est ce qui fait que même raté un film d’auteur sera intéressant alors que tout film de Canuel sera de la m… Cette politique est compensé par le principe selon lequel tous les films naissent égaux. Ce qui veut dire en clair qu’un bon film (Zodiac de Fincher) peut nous obliger à réévaluer toute l’oeuvre d’un cinéaste jugé médiocre alors qu’un mauvais film (tous les films de Wenders après Until the end of the world) d’un auteur consacré peut le faire tomber de son piedestal. L’idée c’est qu’on évalue une oeuvre d’un auteur en fonction de ses obsessions et de son style, en gros le monde qu’il met en oeuvre, et chaque partie (un film) entre en dialectique avec l’ensemble (tous les films).
Pour reprendre l’exemple de Cameron, ses thèmes obsessionnels sont la relation amour-haine des hommes avec la technologie – là où est le danger croît aussi ce qui sauve, dirait Cameron avec Hölderlin – et la supériorité de la femme sur l’homme. Son style, lui, est d’une grande élégance, quasiment transparent et sec mais d’une justesse folle dans les détails (regardez ses scènes au ralenti, vous allez comprendre).
mitte
9 mars 2010
18h28
@rafc
Vous confirmez le sexisme de toute notion de “regard féminin”. C’est bien beau le lyrisme (l’intérieur, le privé), mais le collectif (l’extérieur, le public) nous appartient aussi. En nous enfermant dans le ghetto du “regard féminin” (notion erronée, définie à partir d’œuvres artistiques le plus souvent créées avant la libération de la femme), vous dites en quelque sorte que toute une dimension du monde ne nous concerne pas, ou (pourquoi pas!) ne concernerait que les plus “contre-nature” d’entre nous.
Parle-t-on d’une “regard d’homme”? Critique-t-on les hommes qui traitent de la famille et de la psychologie sous prétexte qu’ils ne font pas vraiment des films d’homme?
En passant, je suis très bien placée pour savoir qu’en littérature, la notion de “regard féminin” est loin de faire consensus.
sultitan
9 mars 2010
18h34
Je persiste que je ne trouve pas Tron kitsch. J’adore la couverture du disque d’Adam Lambert. Çà, c’est kitsch (effet voulu). Satellipopettes, c’est kitsch.
Tron je trouve çà original. Une vraie idée de fou. Mais le film conserve un
jenesaisquoi, un aspect d’étrangeté qui le met en deçà du kitsch. Ce n’est pas Les Oraliens. Comment dire… I can still fully suspend my disbelief to Tron like I can’t
with Space 1999 anymore (scusez l’anglais, j’arrive pas à le dire en français).
unholy_ghost
9 mars 2010
18h37
Cinématographe, c’est dans la nature humaine et dans celle de l’art de se contredire. Il n’y a que les doctrinaires et les idéologues qui ne se contredisent pas – qui savent toujours où nichent les “méchants”. Le Blanc fort c’est tout simplement John Smith et c’est lui le héros auquel le public s’identifie (avec l’idée que le plus fort est toujours le métisse culturel, idée pas particulièrement de droite). Du reste, Avatar serait un pur film de droite, ça émouvrait peut-être le gauchiste en moi mais certainement pas le critique esthète. La réduction de l’art à une sociologie de bazzar ou à des slogans politiquement du bon bord me laisse froid. Se donner bonne conscience ou faire de la propagande n’est pas ce qui est en jeu dans une oeuvre d’art. L’art c’est une certaine rencontre entre une forme complexe et une densité humaine pour créer une nouvelle façon de voir et sentir le monde (étant entendu que le monde réel qu’on nous fabrique à la télé n’existe pas). Pilger ne voit pas le monde autrement, il ne fait que reconduire les grilles politiques qu’il s’est forgé dans le bourbier vietnamien.
sultitan
9 mars 2010
18h39
Franchement je suis assez cinéphile pour savoir que quelqu’un qui décris Avatar comme un navet exagère. Cela dit, il est faux de le comparer à Citizen Kane comme à The Jazz Singer. Comparer le plutôt à Star Wars ou à The Fellowship Of The Ring. Sont-ce des navets? On sais bien que Lucas a volé ses idées à Kurosawa.
Puis après? Combien de films sont entièrement originaux?
vlrglqqf
9 mars 2010
19h15
@ cinematographe 17h19
Il n’y a aucune comparaison possible entre Citizen Kane et Avatar. Dès le début je le spécifie: un parallèle entre les deux oeuvres. Cela sous-entend que derrière l’immense machinerie lourde qu’est l’industrie du 7e Art, le nerf principal en est cavalièrement l’argent comme à la guerre. La guerre des profits s’entend et donc on ne peut plus mercantile. A cet égard, les effets spéciaux sont de bonne guerre. Citizen Kane pour son époque innovait à sa façon tout comme Avatar prétend le faire avec la sienne. Je reconnais que Welles a eu un coup de génie à l’époque. Je cherche en vain celui de Cameron dans son Avatar.
“Le langage” cinématographique écrivez-vous. J’ai entendu maintes fois cette expression dans ma vie sans jamais savoir de quoi il en retournait au juste. C’est un argument pour le moins facile et presque caduque dans l’explication qu’il suggère. C’est un cliché abstrait pour ne pas écrire une généralisation. En un mot, cela ne mène nulle part à ce titre-là.
@ unholy_ghost 18h07
Merci pour votre argumentation explicative.
unholy_ghost
9 mars 2010
19h22
Sultitan, vous confondez kitsch et kétaine. Le kitsch c’est un juke-box fifties, une comédie musicale de Judy Garland, Betty Page, Albator… À mon sens, est kitsch toute production de masse qui est un peu dépassée, quelque peu surannée, mais qui garde un attrait, un aura qui va bien au-delà du second degré. C’est un mauvais goût qui remet en question le bon goût. Tron est kitsch.
unholy_ghost
9 mars 2010
19h40
Comparer le plutôt à Star Wars ou à The Fellowship Of The Ring. Sont-ce des navets?
Je vais faire crier dans les chaumières mais pour le deuxième, oui, un peu.
unholy_ghost
9 mars 2010
20h37
“Le langage” cinématographique écrivez-vous. J’ai entendu maintes fois cette expression dans ma vie sans jamais savoir de quoi il en retournait au juste.”
Le langage c’est la réalisation, la direction d’acteur, la mise en scène, le cadrage, découpage et le montage (image + son). C’est lier à la représentation et ultimement à la signification (rapport entre forme et fond). C’est si l’on veut la confection, la création de rapport entre l’abstrait et le sensoriel. La technique c’est quel numéro de focale, comment faire la parallaxe de la 3D, comment marche Final Cut, quel éclairage pour telle valeur de diaphragme, etc. Savoir dépasser la technique pour atteindre au langage, c’est ce qui fait un artiste.
Par exemple, quand Welles éclaire en un point (spot) pour créer une image low-key (un clair-obscur), c’est de la technique. Quand il crée un motif où le personnage de Kane passe constamment de l’ombre à la lumière, de la lumière à l’ombre dans un même plan, il signifie par la forme cinématographique le besoin de secret et de célébrité du personnage, son côté lumineux et sa noirceur d’âme. C’est du langage.
sergio010
9 mars 2010
21h17
@unholy_ghost : Je n’ai pas vu Avatar, et je ne compte pas payer pour le voir. Mon camarade Evo (Morales) a affirmé lors de sa sortie qu’il s’agissait d’un film anticapitaliste (pour résumer ses propos). Je m’en réjouis personnellement, mais je ne crois pas que la majorité des gens l’aient vu comme ça. Par ailleurs, l’article de Pilger ne consacre que 5 petites lignes à ce film, il faut lire le reste. Le Manichéisme, d’ailleurs, est très présent sur la scène Hollywoodienne et dans la culture (ou l’inculture) de masse occidentale. Je crois que de ce côté -là, on est bien mal placés pour donner une leçon à Pilger.
Mon intention en proposant cet article était de faire voir qu’il existe une autre façon de voir les choses que celle de l’idéologie dominante (ou de la liberté d’opinion, comme on l’appelle dans certains pays), qui ne nous fait voir que le tapis rouge, les robes les plus réussies et les plus laides, et le fait qu’une femme ait gagné (sans vraiment questionner le fond du sujet de son film). Je tente de faire voir à qui veut bien lire un petit peu plus que les articles de ce blogue, le cinéma comme outil de propagande. Ce qui ne veut pas dire non plus que tout ce que l’on présente à Hollywood est de la propagande pure et simple.
Pour continuer la réflexion et puisqu’on est en présence de cinéphiles, je vous propose ce petit court-métrage (peut-être l’avez-vous déjà vu) qui nous en apprend sûrement plus en 10min que 90% des films “grand public” : http://www.youtube.com/watch?v=JKqQVuiUDHE
mschumacher
9 mars 2010
23h42
Il y a définitivement un effet d’entrainement : celui de la fierté !
Un après l’autre, du simple soldat jusqu’au commandant en chef, les militaires en Irak clament leurs fiertés qu’un film qui rapporte leur travail héroïque ait remporté la plus haute distinction du cinéma. C’est la meilleure preuve qu’ils pouvaient avoir que l’Amérique est toujours derrière eux et que leurs sacrifices ne sont pas inutiles.
S’il avait fallu que l’infâme Avatar gagne, ça aurait été un désaveu inacceptable. Son insinuation que les américains sont impérialistes et que leurs buts sont mercantiles est tellement fausse. L’Amérique est et demeure la terre des héros, de l’espoir, de la justice et de la liberté.
Heureusement Bigelow l’a bien compris et les membres de l’académie ont eu la sagesse de le reconnaître. Les autres pays devraient prendre exemple sur les valeureux américains qui ont eu le courage d’une guerre préventive, d’avoir éradiqué la menace des armes de destructions massives Irakienne et d’aider à la reconstruction du pays sur de bonnes bases. Enfin, ils devraient prochainement gagner la guerre et triompher du terrorisme.
Vivement un autre film patriotique sur nos vrais héros, nous en avons besoin. Et pour Avatar, faudrait trouver un moyen de saboter la sortie d’un deuxième film. Sa rhétorique est aussi absurde que l’évolution des espèces. Quiconque a lu la sainte Bible sait que le monde a été créé il y a 8 à 10 milles ans, que l’extinction des dinosaures datent de l’arche de Noé et que les premiers humains étaient Adam et Ève. Alors, nous présenter des bibittes bleues avec des queues comme des singes, c’est révoltant, c’est un blasphème! Le Pape a 100% raison de mettre ce film pervers à l’index.
Et pour les écolos, give us a break et respirez avec le nez. Cameron a cru que c’était “in” et a joué cette carte. Vraiment un gros nul. Quel message ridicule. J’ai de l’urticaire juste à penser que ça aurait pu être eux qui aurait été fier… Ouf!
Bon, heureusement qu’on a Harper. Lui sait enfin quoi faire avec des soldats : la guerre! C’était quoi ces missions humanitaire? On ne remplace pas un fusil par une fleur quand même. Il faudrait d’ailleurs qu’il réfléchisse à la notion de traitre… après tout, ce réalisateur à la grosse tête, c’est bien un canadien, non?
Vive l’Amérique, vive la guerre, vive le pétrole!
germanicus
10 mars 2010
05h57
@ mschumacher
Je constate que vous connaissez la méthode écossaise, qui est dans le domaine de la lutte idéologique le pendant de la théorie gramscienne.
Cependant, comme ça manque un peu de subtilité, ça tombe à plat.
sultitan
10 mars 2010
07h17
Unholy, je connais la référence. Je ne mentionne pas les Oraliens pour rien. Y a rien de kétaine dans Les Oraliens. C’est une excellent émission pour enfant, mais très kitsch. Flamboyante, pour ainsi dire. Mais je persiste: Tron n’est PAS de mauvais gout! C’est un classique de science fiction, tout comme Le Voyage Dans La Lune de Méliès. On ne peut pas dire que le film de Méliès est kitsch, uniquement car les effets spéciaux sont désuets. Tron n’est pas Logan’s Run, du moins pas pour moi. Tron est selon moi un vrai classique de science fiction, pas le simulacre exagéré de quelque chose d’autre, prérequis du kitsch.
Schumaker:
++++l’Amérique est toujours derrière eux
J’ai vraiment pas interprêter The Hurt Locker comme étant un film pro-militaire.
+++avoir éradiqué la menace des armes de destructions massives Irakienne
hmm..ok, je pense que tu essaies de rigoler.
Sergio:
++le cinéma comme outil de propagande.
Si on avait mis des soldats Laponais en Irak plutôt
que des américains dans le film The Hurt Locker,
l’absurdité dépeinte aurait été la même.
Le fait demeure que ce sont des américains
qui sont en Irak. Mais le film ne semble pas dire
“wiwi, çà bien de l’allure que les choses soient
ainsi”. Ni que l’Irak a absolument besoin
de l’aide des américains, ni que çà y change
quoi que ce soit.
Quant à Avatar, il y a plusieurs façons
d’interprêter la potentialité du film comme
outil de propagande. On peut aussi y
trouver de la subversion.
@vlrglqqf (langage cinématographique: kossé çà?)
Peut-être lire Film Art: An Introduction de David Bordwell ou
autre livre semblable.
sultitan
10 mars 2010
07h21
mschumaker est un outil de propagande de cyberpresse.
cladonie
10 mars 2010
07h26
Ce que vous dites, M. Lussier, m’a rappelé que la première femme à siéger à l’Académie française, Marguerite Yourcenar, a elle aussi une oeuvre qu’on ne peut pas vraiment qualifier de “féminine”. Mais au moins, maintenant, la glace est brisée.
vlrglqqf
10 mars 2010
10h02
Vous savez quoi? J’apprends vraiment sur le 7e art maintenant, aujourd’hui. Malgré mes nombreuses lectures sur le sujet, jusqu’ici je n’avais que des opinions bourrées de préjugés sur à peu près tout ce qui se fait dans le domaine. Pour le dire autrement, j’ai parlé quelques fois à travers mon chapeau, mon ignorance en est la cause. Cela ne signifie nullement que je suis sans colonne vertébrale, je ne suis pas naïf au point de gober la bouche ouvArte tout ce qui s’écrit tout de même! A vrai dire, je me félicite pour mon audace avec mon parallèle que l’on sait. Pour moi en tous cas, il* a ouvert de nouveaux intérets sous un nouveau jour. C’est beaucoup.
_____________
*Unholy_ghost à certainement contribué à éclairer d’autres esprits obtus comme le mien. Encore une fois mille merci à vous.
unholy_ghost
10 mars 2010
11h04
“@vlrglqqf (langage cinématographique: kossé çà?)
Peut-être lire Film Art: An Introduction de David Bordwell ou
autre livre semblable.”
Je seconde: L’art du film, une introduction, de David Bordwell et Kristin Thompson (il ne faut pas oublier la femme…).
unholy_ghost
10 mars 2010
11h28
“Pour continuer la réflexion et puisqu’on est en présence de cinéphiles, je vous propose ce petit court-métrage (peut-être l’avez-vous déjà vu) qui nous en apprend sûrement plus en 10min que 90% des films “grand public””
Justement, l’art ne sert pas à livrer des messages (il y a la poste pour cela). Le problème avec les gens qui voient l’art avec des lunettes idéologiques et qui croient que tout film n’est que “propagande” de “l’idéologie dominante”, c’est qu’il ne voit plus les qualités esthétiques et nous impose des “films”, comme celui que vous proposez, où il n’y a aucun cinéma et un message d’une pauvreté effarante (qui apprend des choses aux cégépiens, mais au-delà?).
“Je m’en réjouis personnellement, mais je ne crois pas que la majorité des gens l’aient vu comme ça.”
Après la politique des auteurs, la politique des spectateurs… Justement, je n’ai pas vu le film, mais je suppose que je vais surtout lui reprocher la naïveté (Gaïa, bon sauvage, etc.) de son message écolo-gauchiste.
unholy_ghost
10 mars 2010
11h39
“le film de Méliès est kitsch”
Méliès c’est très kitsch et génial. Je crois que l’on s’entend mais on ne définit pas kitsch de la même façon. Avec le pop art, la camp culture, les cultural studies et la post-modernité (où la frontière entre grand art et kitsch n’est plus aussi précise), kitsch n’est plus une catégorie aussi négative. Le mot “kitsch” a été inventé par la grande bourgeoisie pour désigner les objets industriels qui imitaient le grand art avec mauvais goût; il y avait un besoin de distinction des hautes classes sociales par rapport aux masses ne pouvant se payer du grand art. Aujourd’hui, plus personne peut croire qu’il n’y a pas d’art dans les produits industriels.
unholy_ghost
10 mars 2010
11h40
Sultitan, je vous ai mal cité.
unholy_ghost
10 mars 2010
12h18
Sergio: “Par ailleurs, l’article de Pilger ne consacre que 5 petites lignes à ce film, il faut lire le reste.”
Je l’ai lu et c’est encore plus consternant.
sergio010
10 mars 2010
12h21
@unholy_ghost : J’apprécie énormément l’esthétique, comme j’apprécie qu’on me livre un message qui porte à réfléchir. Le problème, est qu’on retrouve souvent le premier uniquement.
Il y a des messages qui sont pauvres, mais il y a aussi le niveau du public, il faut avoir un récepteur qui comprenne ce qu’on lui dit. C’est comme la poste : expéditeur et receveur. Ici je crois que le receveur fait défaut, que voulez-vous ? Si vous affirmez que l’art ne sert pas à livrer des messages, vous venez juste de démontrer mon argument principal. Merci :D
J’espère que d’autres auront su apprécier ce vidéo.
unholy_ghost
10 mars 2010
13h35
Sergio, justement, un film qui livre un message univoque ne porte pas à réfléchir; il ne porte qu’à adhérer à une façon de penser, ce qui est le contraire de réfléchir par soi-même. Pourquoi ne pas lire des articles si vous voulez absolument conforter votre vision du monde. Une oeuvre d’art ne démontre pas, elle montre et déstabilise nos opinions par une remise en question de nos schèmes mentaux. C’est une machine qui montre un monde ambigu, complexe, où les questions morales et politiques ne se résout pas par enchantement, dont le plus important est la poésie et non la propagande. En cela elle est politique parce que le monde dans lequel on vit essaie de nous faire croire à un monde “réel” alors qu’une oeuvre d’art, par son travail sur la forme, montre que le réel n’est pas si sûr. Un oeuvre reflète des valeurs politiques, c’est bien certain, mais elle ne livre pas des messages, ce n’est pas de la rhétorique. Une oeuvre d’art peut aussi bien refléter une sensibilité de gauche ou de droite de son auteur, ce n’est pas celle-ci qui fait sa valeur. Il n’y a jamais eu aucune oeuvre importante dont le but premier est de livrer un message politique; en tous les cas ce n’est pas ce que l’histoire a retenu. Heureusement, il y a autant d’oeuvres valables de part et d’autre des divisions politiques (Proust, Hitchcock, Michel-Ange ne sont pas des hommes de gauche). Vouloir à tout prix que seules les oeuvres de gauche soient valables c’est un formidable aveuglement.
“Il y a des messages qui sont pauvres, mais il y a aussi le niveau du public, il faut avoir un récepteur qui comprenne ce qu’on lui dit.”
Ce que vous me dites c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait des oeuvres subtiles parce que les gens n’ont pas la capacité de les comprendre. Vous ne pensez pas qu’à force d’avoir des oeuvres édifiantes aux messages univoques les spectateurs auront de moins en moins la capacité de décoder la subtilité?
unholy_ghost
10 mars 2010
14h08
Virgiqqf: “Unholy_ghost à certainement contribué à éclairer d’autres esprits obtus comme le mien. Encore une fois mille merci à vous.”
J’imagine que vous utilisez aussi la méthode écossaise (ironique) mais croyez bien mon cher que je n’ai jamais trouvé vos posts stupides. Mais quand vous dites que le langage cinématographique ça n’existe pas, que tout se ramène à la technique, permettez-moi d’être un peu fâché. C’est comme si vous me disiez que pour un écrivain il n’y a aucune différence entre la grammaire et le style. Et sinon, oui, il existe une culture cinématographique au sein de laquelle il existe un certain nombre d’idées fortes, idées que l’on peut remettre en question, mais pour ce faire, il faut au moins connaître ces dites idées.
rafc
10 mars 2010
15h47
@ mitte
Il semble que je ne peux me permettre de ne pas vous repondre. Toute notion de regard féminin sous-tend un sexisme dites-vous.
“En nous enfermant dans le ghetto du “regard féminin” (notion erronée, définie à partir d’œuvres artistiques le plus souvent créées avant la libération de la femme), vous dites en quelque sorte que toute une dimension du monde ne nous concerne pas”
C’est tout à fait le contraire que je tentais d’exprimer en confrontant un exemple grossièrement historicisé (la littérature féminine québécoise des années ‘20) au contre-exemple qui nous occuppe ici, Hurt Locker. Leur rencontre montre qu’on ne peut enfermer un sexe dans un regard universelle fixe et cimenté, mais que par-contre, ce regard existe bel et bien dans sa différence. Si on concoit le regard sexué comme un ghetto-prison, on est pris au piège par deux fois. Tout, absolument tout, concerne chacun et chacune. C’est une question de position du sujet, d’angle. Lorsque je lis L’Oeuvre au Noir, je lis le 16ème siècle d’un angle féminin; Zénon s’y plie, s’y réfracte.
L’erreur est d’y voir une verticalité vertueuse alors que le regard sexué enrichie son objet pour les deux parties.
vlrglqqf
10 mars 2010
16h45
@ unholy_ghost 14h08
Qui de nous n’a jamais fait de l’ironie, du sarcasme même i.e. avec des jeux de mots bien placés mais pas au point de se payer la tête de quelqu’un! Que ce soit par la méthote écossaise ou autre, l’humour est selon moi l’un des meilleurs vecteurs pour pouvoir après coup rire de soi-même d’abord et des autres ensuite. Dans la vraie vie c’est 50/50, la moitié du monde rit de l’autre moitié c’est archi connu. L’être humain se distingue du monde animal par le rire, ce n’est pas rien! Pour un blogue comme celui de M. Lussier consacré au cinéma, il faut savoir faire preuve de souplesse, de tolérance en utilisant (’scusez-moi) les accommodements raisonnables, sans toutefois trop user de la clause dérogatoire soit le fameux nonobstant.
Nous parlons toujours de cinéma bien évidemment.
sultitan
10 mars 2010
16h55
Unholy, je pense seulement que Tron n’est pas assez kitsch pour mériter ce terme. Mais je comprends que des gens le voit comme cela. Moi je le vois comme un pilier important de la culture electro. Une fierté pour ce mouvement (surtout musical, mais la culture du jeu vidéo lui est associée).
Je ne crois pas qu’un artiste puisse inventer quelque chose et être kitsch à la fois. Le kitsch est souvent une distortion, une exagération, de ce qui existe déjà. Le kitsch perd de ce qu’il essaie de transmettre en focussant sur le paraitre, en repoussant les limites du paraitre.
Il est clair que Tron repousse les limites du paraitre en utilisant l’imagerie 3D, mais il y a quelque chose d’authentique dans le message que le film transmet, c’est à dire une tentative de communiquer un monde purement électronique. Ma foi, c’est plutôt avant-gardiste. Aussi, le film conserve une auto-conscience. Il ne prétend pas être un film de science-fiction. Les costumes sont ceux de personnages d’un jeu video, alors pour moi le film est plutôt comme un épisode de Twilight Zone, où toute absurdité est permise, qu’un film rétro-futuriste, qui paie le prix de sa naiveté. Certains rigolent en regardant ce film, mais moi son originalité m’épate encore. Pour moi Tron n’est pas un film naif.
mschumacher
10 mars 2010
23h53
Germanicus,
J’avoue ne pas connaître la méthode écossaise… à part l’ouverture aux échecs. Alors, c’est bien possible que je l’ai utilisée, mais je n’en sais rien. Enfin, ça pique ma curiosité et je vais lire un peu sur le sujet.
Et oui, ça manque de subtilité et c’est volontaire. J’ai déjà écrit plus d’un texte similaire ou ironique qui ont été compris au premier degré… soit à des lieux de mon opinion. Alors, j’ai appris à ajouter des éléments vraiment gros… D’ailleurs, j’ai juste à regarder les réactions de sultitan pour comprendre que malgré de gros indices et avec ton point, la compréhension n’y est pas.
Alors, oublions le style. Mon point est simple : si The hurt locker et Avatar étaient nez à nez, sans entrer dans l’argumentation de pourquoi un ou l’autre aurait dû gagner, pour moi c’est clair que les académiciens ont été influencé par le côté patriotique, et c’est tout à fait normal.
Je ne pense plus que le service militaire est obligatoire aux États-Unis, encore que je peux me tromper, mais il l’a été pendant des décennies avec pour résultat qu’un pourcentage significatif des américains ont été soldat et que la très grande majorité connaît un parent ou un proche qui est ou a été dans l’armée.
Alors, un film qui montre le travail dangereux des soldats en Irak contre un les présentant sous un jour où ils n’ont pas le beau rôle… pour moi le choix était facile. Je ne dis pas qu’Avatar aurait dû gagner, mais je pense quand même que se facteur a été décisif.
sultitan
Non, je ne fais pas de propagande. J’ai vraiment détesté l’ère Bush, sans l’ombre d’un doute un des pires présidents que les États-Unis ont eu. Obama a d’énormes critiques, peut-être justifiées, mais je me demande ce qu’il aurait pu faire s’il n’avait pas eu l’héritage empoisonné de George W…
Alors, non, mon message est à l’opposé d’être pro guerre, peu importe qu’on le trouve simpliste, je préfère celui d’Avatar à « une bonne histoire de guerre avec des américains héroïques ». En comparaison, je n’ai jamais embarqué dans les films où des criminels sont valorisés, j’en suis incapable… et même si The Godfather fut en son temps un immense succès, ça ne correspond pas à mes valeurs.
Voila pour les précisions…
mitte
11 mars 2010
08h47
@ rafc
Vous finassez pour masquer une pensée traditionnaliste. Aujourd’hui hommes et femmes reçoivent la même éducation, vivent dans le même monde, comment osez-vous dire que, par essence, nous avons des regards différents? C’était sûrement vrai lorsqu’hommes et femmes vivaient dans des univers distincts, mais c’est de moins en moins vrai aujourd’hui. Vos propos ne sont pas seulement sexistes, ils sont caricaturaux et enferment chacun dans des stéréotypes sexuels de plus en plus désuets.
vlrglqqf
11 mars 2010
09h54
Il serait temps qu’on nous explique ce qu’est cette méthode écossaise puisqu’il semble que cela en intrigue plusieurs. Ce ne serait pas une diversion dans ce blogue que de nous en parler franchement. Je piaffe d’impatience comme un cheval qui attend sa portion d’avoine.
unholy_ghost
11 mars 2010
10h53
Schumacher (l’odieux pilote de cours ou l’odieux joueur de foot francocide ou l’odieux personnage de la Règle du jeu de Renoir?): “Alors, un film qui montre le travail dangereux des soldats en Irak contre un les présentant sous un jour où ils n’ont pas le beau rôle… pour moi le choix était facile. Je ne dis pas qu’Avatar aurait dû gagner, mais je pense quand même que se facteur a été décisif.”
Un film sur des démineurs n’est pas forcément patriotique comme un film sur la mafia n’est pas nécessairement pro-mafia. Par ailleurs, je n’ai toujours pas vu Avatar… mais on pourrait aussi le voir comme un film patriotique. Je m’explique: on perçoit le film comme une métaphore d’un petit peuple (les Irakiens) envahi et dominé par des Impérialistes (les Américains). Mais à un niveau plus profond, il s’agit de la scène américaine originelle: un petit peuple (les Américains) qui résiste à un Empire (l’Angleterre). C’est par exemple le récit des Star Wars. Donc, on pourrait voir Avatar comme un façon de dire que le vrai patriotisme américain c’est de se rebeller contre l’envahisseur et non d’avoir des visées impériales sous de faux prétextes.
unholy_ghost
11 mars 2010
11h20
“Vous finassez pour masquer une pensée traditionnaliste. Aujourd’hui hommes et femmes reçoivent la même éducation, vivent dans le même monde, comment osez-vous dire que, par essence, nous avons des regards différents? C’était sûrement vrai lorsqu’hommes et femmes vivaient dans des univers distincts, mais c’est de moins en moins vrai aujourd’hui. Vos propos ne sont pas seulement sexistes, ils sont caricaturaux et enferment chacun dans des stéréotypes sexuels de plus en plus désuets.”
Pfff! Encore heureux qu’il y ait une différence homme-femme et que les deux sexes n’aient pas absolument le même regard. Les féministes se tuent à dire que les femmes voient et font les choses différemment (en politique, par exemple). Les sexes sont égaux et différents. Après, définir ce regard féminin versus un regard masculin, ce n’est pas facile si on ne veut pas tomber dans les stéréotypes, dans la mesure où on ne peut essentialiser le regard féminin (qui varie énormément avec les cultures, l’époque et même les individus). Ce qui est certain c’est qu’on fait un film avec ses désirs, son corps, sa sensibilité, c’est impossible à cacher à l’écran, et donc on peut ressentir comme spectateur la différence entre les deux sexes. Par exemple, en général, un homme et une femme ne filment pas de la même façon un acteur ou une actrice, c’est évident. Un regard subjectif sur un objet du désir sera (presque) toujours masculin lorsque filmé par un homme. Par ailleurs, on produit du sens en construisant une intentionnalité de l’auteur et on ne construit pas le même sens en sachant qu’il s’agit d’un homme ou d’une femme derrière la caméra. Par exemple, un cinéaste qui filme une femme dominée par un homme lui apprennant à jouir se fera interpréter comme étant misogyne alors que qu’une femme (Jane Campion dans la Leçon de piano) ne le sera pas (en tous les cas, pas par tous).
Je dirais même plus: c’est une chance pour le cinéma qu’il y ait un regard féminin. Les hommes ont fait le tour du cinéma; ils ont presque tout dit. Le renouveau du cinéma viendra de ce que plusieurs femmes feront des films.
Par ailleurs, dans un débat, traiter quelqu’un comme Rafc de misogyne parce qu’il donne un autre point de vue sur une question complexe c’est une indignité qui n’est malheureusement pas réservée qu’aux hommes.
unholy_ghost
11 mars 2010
11h31
“Il serait temps qu’on nous explique ce qu’est cette méthode écossaise puisqu’il semble que cela en intrigue plusieurs.”
Je pense, mais je ne suis pas sûr, que c’est écrire des antiphrases. C’est particulièrement utilisé par les gens d’extrême-droite pour pouvoir être publié sur les blogues des grands journaux. Par exemple: tu prends un préjugé raciste et tu écris l’opinion contraire de façon angélique, avec accumulation et absurde pour laisser entendre que penser de façon non-raciste n’est pas possible.
unholy_ghost
11 mars 2010
11h36
“Pour un blogue comme celui de M. Lussier consacré au cinéma, il faut savoir faire preuve de souplesse, de tolérance en utilisant (’scusez-moi) les accommodements raisonnables, sans toutefois trop user de la clause dérogatoire soit le fameux nonobstant.”
Ok, je vais ôter ma burka cinéphile… ;-)
mschumacher
11 mars 2010
12h38
unholy_ghost,
Tu peux qualifier le nom de Schumacher d’odieux… mais pour moi, c’est simplement mon vrai nom de famille. Je suis désolé de ne pas m’appeler Villeneuve, Lafleur, Richard ou même Tremblay…, mais c’est ainsi. Et oui, il y a des Schumacher au Québec, dont moi qui suis né ici, ne connait pas un traitre mot d’allemand et n’a aussi aucun lien de parenté avec ceux que tu cites. Je vais encore te décevoir, car je ne planifie pas de renier mon nom ou de le faire changer… C’est comme ça, je m’y suis habitué.
Pour Avatar, passes par dessus tes préjugés. Je sais que c’est “in” sur on blogue de cinéma de dire qu’Avatar ne vaut pas grand chose… mais vas le voir pendant qu’il est encore disponible en 3D (mais malheureusement disparu d’IMAX au profit d’Alice), mais plus pour longtemps. Attendre qu’il sorte sur DVD, ou pire qu’il passe à la télé entrecoupé de commerciaux, c’est comme regarder Pavaroti sans le son avec sous titres, ou Alice au pays des merveilles en noir et blanc, il manque quelque chose…
rafc
11 mars 2010
12h46
@ mitte
Je n’appliquerai pas la méthode écossaise ici, même si tout les matériaux sont disponibles. Malgré de très sensibles réserves, je ne peux qu’être d’accord avec vous pour ce qui est de partager une même éducation et un même monde, nous l’avions déjà tout deux exprimé, et c’est ce qui discalifie la notion de ‘thème féminin’ qui est un leurre, une chimère pour d’autre.
Cependant, affirmer une différence sexuée dans la position du sujet désirant et regardant, n’est pas selon moi suffisant pour se faire taxer de traditionnaliste et, de sexiste. Nous ne sommes pas dans un monde lobotomisé, au regards directionnels, et à la vision unique. Vive le cinéma.
Nous parlons d’esthétisation du regard. Permettez moi une autre caricature sans finassage cette fois. Si ma soeur et moi entrons dans un bar (un lieu du regard désirant) les parcours de nos regards respectifs dessineront de forts différents motifs. En les traduisant esthétiquement en scènes filmées nous verrions deux angles d’un même moment. D’accord, c’est facile …
Mais selon vos propos, il semble qu’il n’y aurait pas de cinéma-regard féminin, de cinéma-regard gay, de cinéma-regard lesbien, de cinéma-regard monstre puisque nous partageons tous le même monde? Ce serait triste. L’erreur reste d’y voir une verticalité vertueuse, ou un rapport de domination. La différence ne mène pas à tout coup à la soumission. Vive la différence égalitaire.
unholy_ghost
11 mars 2010
14h10
Cher Schumacher,
Ce n’est pas votre nom que je trouvais odieux – comment cela se pourrait-il? – mais les trois vilains personnages dont j’avais fait mention et à laquelle, pensais-je, vous aviez volé votre pseudonyme. Désolé pour la méprise. Du reste, j’ai un nom “d’origine canadienne-française” (pour reprendre Bouchard-Taylor) mais plusieurs personnes pensent que c’est un nom vietnamien. Alors…
unholy_ghost
11 mars 2010
14h11
Bien raison, Rafc, s’il y a un regard féminin, il n’y a pas de thèmes féminins.
sultitan
11 mars 2010
15h46
Schumaker
+++les réactions de sultitan pour comprendre que malgré de gros indices et avec +++ton point, la compréhension n’y est pas.
Ben voyons, j’ai clairement énoncé que vous cherchiez à rigoler.
sultitan
11 mars 2010
15h52
En tout les ca, je viens de voir All About Steve. Film assez moyen mais pas le pire navet de tous les temps, et Sandra Bullock ne méritait pas ce Razzie de la pire actrice. Franchement, elle joue le rôle d’un délurée dans un film qui penche vers la caricature. Elle fait son gros possible. Sandra a bien fait de se demander si elle méritait vraiment ce trophée (elle a donné des copies du film pour que l’audience lui dise comment mieux interpreter ce rôle), tout comme elle a bien fait de se demander si elle méritait l’Oscar. Mais elle est si sympa que je pense qu’elle le méritait, cet oscar. Meryl Streep aura d’autres occasions.
unholy_ghost
11 mars 2010
16h28
“Pour Avatar, passes par dessus tes préjugés. Je sais que c’est “in” sur on blogue de cinéma de dire qu’Avatar ne vaut pas grand chose…”
Je n’ai jamais dit ça, bien au contraire.
germanicus
11 mars 2010
18h07
@mschumacher
Méthode écossaise:
méthode qui consiste, dans une discussion politique ou un blogue par exemple, à reprendre l’opinion de ses opposants en l’exagérant afin de rendre celle-ci inopérante ou de créer le rejet ou la peur chez les “indécis”. Par exemple, quelqu’un qui est contre la burka pourrait se faire appeler “Dieuestgrand” et écrire que toutes les femmes au Québec devraient la porter.
Un exemple véridique m’a été raconté par un ami français assez âgé maintenant qui militait pour la droite au début des années 70. Ses amis et lui avaient imprimé un pamphlet de vocabulaire de base en français et en russe, qu’ils distribuaient pendant les campagnes électorales (surtout à des bourgeoises d’un certain âge) en leur disant qu’elles en auraient besoin pour faire leur magasinage lorsque la gauche gagnerait les élections, car les Russes ne manqueraient pas de venir occuper Paris (c’était encore la guerre froide). Il paraît que ça en affolait beaucoup. Une façon de mobiliser les électeurs ;-)
Méthode gramscienne:
C’est l’opposée de la précédente. Proposée par Antonio Gramsci, fondateur du parti communiste italien, lors de la IIIème internationale dans les années 20. Il s’agit de traiter systématiquement (et il faut insister sur le systématiquement) ses opposants idéologiques ou les idées des opposants politiques de “réactionnaires”, “contre-révolutionnaires” ou “fascistes”, afin de discréditer l’adversaire.
germanicus
11 mars 2010
18h26
Précision: ceux qui distribuaient le pamphlet franco-russe se faisaient passer pour des militants de gauche, évidemment, alors qu’ils couraient pour la droite.
Remarquez que ces deux méthodes sont encore fréquemment utilisées de nos jours, y compris par des médias sérieux.
mschumacher
11 mars 2010
19h23
Bon, cette fois j’ai fait mes devoirs et j’ai pris le temps de tout lire! Alors, oui, j’ai quelques rectificatifs à apporter.
*** unholy_ghost ***
Effectivement, mes excuses. Je n’avais pas lu ton intérêt pour voir Avatar et aussi aimer Cameron. Juste un conseil, fais vite. Il reste très peu de cinéma qui le présente encore en 3D… et ce serait vraiment dommage de manquer cette expérience. J’ai eu la chance de le voir sur IMAX et la mâchoire m’en est presque décrochée.
« Sinon, dans la saga Cameron-Bigelow, il y a un truc intéressant: Bigelow aime surtout filmer des hommes virils alors que Cameron filme toujours des histoires où c’est la femme qui est le sexe fort. »
Bien dit! 100% d’accord
« Mais arrêtez SVP de dire que c’est l’un des meilleurs films de l’histoire, ça ne fait que laisser deviner que vous ne connaissez rien à l’histoire du cinéma. Pourquoi serait-il le meilleur? Parce qu’il révolutionne la technique? »
Cameron n’a effectivement pas inventé la 3D, mais je trouve qu’il l’a amenée à un niveau jamais atteint. Ça me fait penser un peu à ce qui est arrivé aux ordinateurs personnels. Au début, on disait que ça ne serait que pour les jeux; les supers ordinateurs étaient, eux, conçu pour le travail. Et on connaît l’histoire. En comparaison, la 3D était rarement utilisée sérieusement; c’était surtout un gadget pour amuser les enfants. Ça aussi va changer. Il se fera encore de la 3D pour enfants… mais aussi pour les grands!
« Du reste, Terminator II, avec son méchant en image de synthèse, était beaucoup plus novateur (il a lancé la course à l’imagerie numérique). »
On s’en reparlera si tu vas voir le film avant que ce bloque se termine. Il en faut pas oublier que 80% du film sort d’ordinateurs. Résultat : des effets qu’on n’a jamais vu : volute de chaleur, éblouissement de l’œil à la lumière, effets aquatiques, et j’en passe. Mais j’admets volontiers que le flic en métal liquide, c’était quelque chose. Je regrette seulement que Terminator 2 n’ait pas de version française en DVD.
« Bref, il y a de bonnes chances pour que la technique obnubilante d’Avatar vieillisse mal; attendez avant de dire que c’est un chef-d’oeuvre absolu. Il y a des chances pour que son monde synthétique nous donne le même effet kitsch que Tron, autre film à la technique révolutionnaire, aujourd’hui »
C’est possible, mais j’en doute fortement. J’ai regardé les critiques ici et là et ce film est apprécié de tous les âges et sans distinction de sexe. Juste à Montréal, il y a plus de 2,500 critiques, des gens qui on prit un peu de leurs temps, plusieurs pour la première fois, pour qualifier ce film. Évidemment, ce n’est que le « peuple » (et oui, encore la méthode écossaise), mais pour arriver à une note de 9.5, soit la même pour les deux sexes, ça ne laisse peu de place pour les déceptions.
« Ce que vous me dites c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait des oeuvres subtiles parce que les gens n’ont pas la capacité de les comprendre. Vous ne pensez pas qu’à force d’avoir des oeuvres édifiantes aux messages univoques les spectateurs auront de moins en moins la capacité de décoder la subtilité? »
Avatar n’est pas subtile… je n’en suis pas 100% convaincu.
Ce que j’entends de ceux qui le pourfend, c’est qu’il a ramassé tout les clichés du genre pour faire la piastre. Oui, les recettes doivent être au rendez vous, mais je pense que son cheminement a été bien différent, mais je peux évidemment me tromper. Je crois que le point de départ de son film est le piteux état dans lequel notre planète se trouve et les périls qui la guettent. Pandora est une allégorie de la terre. Le véritable enjeu n’est pas de savoir si les valeureux petits vont résister aux gros méchants, mais s’ils peuvent empêcher l’homme de faire à cette planète, ce qu’il a déjà fait à la sienne… car Cameron n’hésite pas à déclarer la terre, dans 150 années, une planète sans vie. Certains parlent de message écolo en ricanant… mais je crois qu’il est puissant et que la claque est bien ressentit. Qui sait, ça pourrait être le coup de pied qui manque pour réveiller certains dormeurs ou indécis.
On parle aussi de cliché : manichéen, prévisible, facile, etc. Encore là, faut voir l’intention. Si, comme je le pense, Cameron cherchait à passer un message, alors il a fait comme les vulgarisateurs : tout ce qu’il pouvait pour que la majorité comprenne. Mais là où il s’est peut-être tiré une balle dans le pied est la 3D éblouissante. Je pense qu’il a attendu que la technique soit à point pour nous faire rêver à ce monde qu’il a imaginé. Mais, il a si bien réussit que nombreux n’en retienne que cela. Mais je peux me tromper.
*** Sultitan ***
Désolé. C’est quand j’ai lu « mschumaker est un outil de propagande de cyberpresse. » que j’ai cru à la méprise.
« Comparer le plutôt à Star Wars ou à The Fellowship Of The Ring. Sont-ce des navets? » … « Puis après? Combien de films sont entièrement originaux? »
Totalement en accord. Et, pour avoir mentionné les « Oraliens », je suppose qu’on doit être dans la même tranche d’age… encore que j’étais juste un peu trop vieux à l’époque, mais que mon frère en rafollait.
*** Autre ***
Ici et là on parle de Tron. Ça ne peut que me rappeler le seul jeu vidéo dont j’étais tombé accro. Et, curieusement, en y jouant, j’avais connu un asiatique, étudiant en ingénierie, qui s’attaquait alors au record du monde… et il n’en était pas loin (quelque chose comme 4 heures à survivre à la machine). Étrangement, dans un article parlant des avancés des femmes, ça me rappelle aussi qu’il était incroyablement misogyne… il m’avait dit quelque chose comme : « Le filles, c’est bien agréable, mais pour vraiment discuter et travailler, c’est entre homme ». Ouf… ça se passe de commentaire.
En terminant, voici quelques liens :
J’ai trouvé celui-ci pour la méthode écossaise. Si je m’y fie, elle semble bien jeune cette méthode :
http://www.fdesouche.com/articles/3721
Aussi, pour ceux qui seraient curieux de lire ce que le peuple a à dire d’Avatar, voici quelques milliers d’échantillons (par curiosité, j’en ai lui plus de la moitié) :
http://www.cinemamontreal.com/aw/crva.aw/que/Montreal/f/11913/0/Avatar_v_f.html
À titre de comparaison, voici ce qu’on trouve pour The hurt Locker, encore qu’il y a des critiques qui s’ajoute puisqu’il est de retour dans un cinéma de Montréal :
http://www.cinemamontreal.com/aw/crva.aw/que/Montreal/f/11499/0/Demineur.html
mitte
11 mars 2010
20h34
@ rafc
Si ma soeur et moi entrons dans un bar, nous ne verrons pas non plus la même chose, et nous sommes toutes deux des femmes hétérosexuelles. Moralité: nous avons tous des regards individuels.
Quant aux regards masculins, féminins, gays, etc, comment faites-vous pour les définir? Je veux dire, si ce n’est par généralisation et stéréotypie? Quelle est la formule? Parce que selon ce que M. Lussier dit de Bigelow, être femme ne suffit pas pour avoir un “regard féminin”… Alors on fait quoi? On passe toutes les oeuvres faites par des femmes au malaxeur et l’espèce de pâte brune que ça donne (mélanger toutes sortes de choses éparses ensemble, ça donne toujours du brun), c’est ça votre regard féminin? Ou on additionne ces oeuvres, on divise par le nombre d’artiste et la moyenne que ça donne, c’est le dénominateur commun du regard femelle?
Est-ce un truc universel, éternel ou est-ce qu’on reconnaît une spécificité aux femmes occidentales contemporaines? Et les filles qui jouent au hockey et qui donnent des bines, on en fait quoi?
J’ignore quel âge vous avez, mais je vous imagine beaucoup, beaucoup plus vieux que moi… Assez vieux pour ne pas comprendre qu’une femme ne reconnaisse à PERSONNE le droit de lui dire comment elle doit penser ni où elle doit diriger son regard.
Par ailleurs, allez donc voir un philosophe avec votre “Ce serait bien triste” juste pour voir ce qu’un tel argument vaut…
mschumacher
11 mars 2010
20h45
Faites-nous part de votre opinion.
mschumacher
11 mars 2010
20h53
Oups, ma sourie s’est enfargée en me dirigeant vers la case pour commenter :)
Germanicus,
Merci.
J’écrivais ma réponse quand tu as envoyé la tienne. Tu saura me dire si le lien que j’ai trouvé peut être ou non à l’origine de cette méthode. Si oui, ça serait récent et ça viendrait d’un blogue! Personnellement, pour les fois où je le fais, je “personnifie” un extrémiste. Il y a des idées valables, mais le dérappage est inévitable. Mais, pour ne pas être pris pour l’extrémiste en question, je beurre plus épais (car oui, on a déjà cru que je pensais ce que j’écrivais et ça arrive encore…).
mitte
11 mars 2010
21h13
@unholy_ghost
Il y a toutes sortes de féministes et en effet, certaines réclament leur différence. Elles commettent selon moi la même erreur que les macho et les misogyne en voyant la femme comme l’autre de l’homme, une espèce de fourre-tout où l’on met tout ce que n’entre pas dans la catégorie traditionnelle de la virilité. Mais on oublie que beaucoup de choses de retrouvent dans cette catégorie: elle réunit par exemple tout ce qui ressort du domaine public, puisque les hommes ont longtemps été les seuls à y avoir accès. Ces féministes à mon avis nuisent à la cause de l’égalité. Elles ne voient pas que plusieurs éléments reconnus comme spécifiques aux hommes ne l’ont été que par la longévité à travers l’histoire de structures sociales qui disparaissent aujourd’hui.
Vous dites: “Par exemple, un cinéaste qui filme une femme dominée par un homme lui apprennant à jouir se fera interpréter comme étant misogyne alors que qu’une femme (Jane Campion dans la Leçon de piano) ne le sera pas (en tous les cas, pas par tous).”
Autrement dit, si on vous présente un film d’artisans anonymes, vous ne savez pas du tout qu’en faire? Plusieurs théoriciens de la littérature se sont évertués à combattre l’interprétation esclave de l’intention d’auteur pour promouvoir plutôt une interprétation à l’écoute du texte lui-même. Selon toute apparence, ces théories ne se sont pas rendues dans le monde de la critique cinématographique. C’est dommage, parce que ça laisse entendre que tout cinéaste masculin filmant une femme dominée est automatiquement suspect. C’est plutôt misandre comme vision des choses. Les hommes sont-ils tous des prédateurs pour les femmes? Ne peuvent-ils pas compatir avec une personne humiliée si elle n’est pas du même sexe qu’eux?
Vous dites: “c’est une indignité qui n’est malheureusement pas réservée qu’aux hommes”.
Pourquoi ne pas tout simplement dire “c’est une indignité”? Pourquoi formuler votre phrase ainsi, comme si vous découvriez que l’agressivité pouvait également émaner d’une femme? Comme si vous vous attendiez à ce qu’une femme soit douce et n’attaque pas? Auriez-vous des préjugés?
Vous dites: “Je dirais même plus: c’est une chance pour le cinéma qu’il y ait un regard féminin. Les hommes ont fait le tour du cinéma; ils ont presque tout dit. Le renouveau du cinéma viendra de ce que plusieurs femmes feront des films.”
C’est bien connu, les femmes sont vaniteuses: essayons de les flatter (et de rabaisser les hommes), elles se laisseront convaincre. Mais je ne suis pas un corbeau, et vous n’êtes certainement pas un renard.
Par ailleurs si la femme n’est pas l’autre de l’homme, elle n’en est pas non plus l’avenir. Désolée de vous décevoir, mais la femme n’est qu’un humain comme les autres. Pas plus pure, ni plus douce, ni plus honnête, ni plus intuitive.
rafc
12 mars 2010
11h13
“Assez vieux pour ne pas comprendre qu’une femme ne reconnaisse à PERSONNE le droit de lui dire comment elle doit penser ni où elle doit diriger son regard.”
Mais quelle mouche vous a piquée mitte ? Je n’ai jamais rien laissé entendre d’aussi imbécile.
Faites attention, vous altérez mes propos; c’est vous qui les généralisez. Je n’ai toujours parlé que d’esthétisation du regard, en l’occurence, le cinéma. Je dis que ce n’est pas une question morale, et vous sortez une réfutation morale.
“Moralité: nous avons tous des regards individuels.”
Bien sûr nous avons tous un regard individuel; mais n’est-ce pas du relativisme infécond lorsqu’on applique un principe pareil en esthétique. C’est justement ce relativisme qui me rendrait triste. Si tout est pris pour différent, unique et individuel, on en fait un chaos, du coup, tout est amas semblable; le ‘brun’ est là en réalité.
“allez donc voir un philosophe avec votre “Ce serait bien triste” juste pour voir ce qu’un tel argument vaut…”
D’abord ce n’était pas un argument, ensuite, les philosophes ont droit à la tristesse, non? Vous semblez entendre ‘regard féminin’ comme quelque chose de réducteur, contraignant et simpliste, alors que je le conçoit comme un élargissement, une liberté, une complexité et une ouverture. Il n’y a pas de ‘formule’, de ‘généralisation ou stéréotypie’ à envisager. Tout est cependant dans votre question “comment le définir?” En travaillant. C’est là que le fun commence en perpétuel recommencement. Évidemment qu’être femme ne suffit pas pour avoir un regard féminin, il faut être une femme et avoir un regard féminin. Des combinaisons sont toujours possibles, souvenez vous de Todd Browning tournant Freaks, un homme avec un ‘regard de monstre’.
Enfin, comme le dit la chanson “if white is right / and black is beautiful / where does brown begins?” Je crois que pour arriver à certaines vérités comme à certaines beautés, il faut évité le brunâtre du relativisme à outrance de type: nous avons tous un regard unique, original et individuel.
sultitan
12 mars 2010
13h45
Il y a un “regard” féminin, gay, afro-américain, juif… etc…
Les films Romance, Another Gay Movie, Precious et A Serious Man ne seraient pas les même si ils n’avaient pas été réalisés par une femme, un gay, un afro-américain, et 2 juifs, respectivement. Nous n’aurions pas réagi de la même façon (j’ai osé choisir Another Gay Movie pour le film gay: à vos risques et périls!!).
C’est platte, je l’accorde, mais c’est comme çà.
maximemerineau
12 mars 2010
13h50
Il y aurait sans doute à discuter dans ce qu’écrit mitte, mais elle a raison sur le fond, à savoir l’inconsistance de cette notion de regard féminin. Nous pourrions d’ailleurs nous amuser à en retracer l’histoire, relativement récente, et la façon dont a été reprise sans discernement la mode américaine des « gender studies ».
Je me rappelle d’un échange assez comique sur le plateau de l’émission française Ce soir ou jamais, où Marjane Satrapi, coréalisatrice de Persépolis, balayait du revers de la main ces considérations en se demandant bien quel rôle pouvait avoir joué sa part de féminité dans la conception du film. Elle avait contre elle Catherine Deneuve, qui répétait « oui, oui, ça se sent qu’il y a un regard féminin » avant de noter la différence pour une actrice d’être dirigée par une femme, ce à quoi réagissait fortement sa fille Chiara Mastroianni, l’air de dire « de quoi tu parles, sa mère? ». Si ma mémoire est bonne, c’est aussi sur ce plateau que Satrapi avait admis refuser systématiquement les invitations aux festivals de bande-dessinée féminine.
« La pensée n’a pas de sexe, ne se reproduit pas », disait André Breton, et le cinéma comme tout art étant de la pensée en œuvre, on voit mal pourquoi cette sentence devrait être abandonnée au nom du plus vulgaire des différentialismes. (J’écris « vulgaire » car je veux préciser que cette question du différentialisme n’est pas forclose, mais que ce n’est certainement pas dans la voie engagée par certaines publications de la bien-pensance culturelle (chers Inrockuptibles…), entre une citation de Kristeva et un vitalisme deleuzien mal régurgité, qu’elle pourra être abordée).
Car en fait, quand elles ne servent pas à camoufler des truismes, ces conceptions permettent surtout de contourner l’analyse réelle des œuvres au profit de slogans et de phrases toutes faites. Et c’est ainsi, à l’image de son film plus qu’ordinaire et sept ans après la sortie de Michael Moore, que Kathryn Bigelow a pu impunément rendre hommage aux hommes et femmes en uniformes lors de la dernière soirée des Oscars…
rafc
12 mars 2010
15h07
Ce n’est pas parce qu’une notion est inconsistante qu’elle n’existe pas. Certains y voient là une faiblesse et un discrédit, d’autre une force. La Pensée même est inconsistante, et là est justement sa force. Je crois que personne sur ce blogue n’a manifesté une croyance en une essence du ‘regard …’
sultitan
12 mars 2010
15h42
C’est sur que, pour revenir à mon example précédent, si je prend The Hurt Locker, 2012, Hope Floats ou No Country For Old Men, on s’en fiche un peu si le premier a été fait par une femme, le second par un gay, le 3ième par un afro-américain, et le dernier par 2 juifs. Le “regard” compte seulement lorsqu’il est question de sa propre conscience (la conscience du regard, propre).
unholy_ghost
12 mars 2010
16h34
Chère Mitte, je pourrais répondre à vos amalgames, raccourcis et arguments ad hominem (d’ailleurs bravo pour l’utilisation ad hoc de la méthode gramscienne, à moins que ce soit l’écossaise?), mais je viens justement de réaliser que le “regard féminin” ne peut pas exister dans la mesure il n’existe pas une telle chose qui s’appelle le “regard” ni un tel être que l’on appelait autrefois de façon misogyne la “femme”.
vlrglqqf
12 mars 2010
18h12
Tout compte fait, est-ce qu’il se pourrait que regard féminin et/ou psychologie féminine soient l’unique et même chose? Dans les professions traditionnellement masculines (police, justice, sports et mille autres) où la femme étaient jadis exclues, on parle à présent plus spécifiquement d’approche féminine mieux appropriée pour désarmorcer des situations difficiles en cas de conflits. Dans le milieu des arts qui inclus le 7e, c’est un peu plus particulier parce qu’on voit les femmes y entrer à pleine porte et par ricochet normalisé. Pourquoi la réalisation ne resterait-elle que l’apanage des réalisateurs et interdites aux réalisatrices? Ce serait une sorte de suprématie strictement réservée aux hommes et donc tabou. Je crois que psychologie féminine et regard féminin aidant, une femme peut tout aussi bien se réaliser pleinement dans ce domaine aux mêmes titres que chez les hommes. C’est en ce sens que selon moi, regard féminin et psychologie féminine se rejoignent.
Qu’en pensez-vous?
sultitan
12 mars 2010
19h17
vlrglqqf: le thème du “Regard”, appelé Gaze en anglais, est un terme en esthétique qui est dévié de la psychologie, et qui provient des théories de Lacan sur ce sujet.
Donc, tout fait.
unholy_ghost
13 mars 2010
11h24
Virgiqqf: “Qu’en pensez-vous?”
Psychologie féminine? Tu n’y penses pas! Crypto-sexiste à tendance écossaise!!!