Marc-André Lussier

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    Journaliste à La Presse depuis 1995, Marc-André Lussier est fou de cinéma...
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    Dimanche 21 mars 2010 | Mise en ligne à 9h24 | Commenter Commentaires (3)

    Jafar Panahi en prison depuis maintenant 20 jours…

     Jafar Panahi - FFM1

    Jafar Panahi au soir de l’ouverture du FFM, entouré notamment de Christine St-Pierre, David La Haye et Pauline Marois.

    (Photo: André Pichette, La Presse)

    Cela commence à devenir franchement inquiétant. Arrêté chez lui le 1 mars en compagnie de 16 autres personnes (dont 14 furent libérées deux jours plus tard), le cinéaste iranien Jafar Panahi est toujours détenu dans une prison de Téhéran. Tant les membres de sa famille que son avocat seraient incapables d’entrer en contact avec lui.

    Farouchement opposé au régime de Mahmoud Ahmadinejad, le réalisateur du Ballon blanc et du Cercle avait déjà eu maille à partir avec les autorités l’an dernier, peu avant son arrivée à Montréal pour présider le jury du Festival des films du monde. Le soir de l’ouverture du FFM, plusieurs sympathisants, dont les autres membres du jury, arboraient fièrement du vert en guise de solidarité.

    «Chez nous, ce n’est pas quand on part que les problèmes commencent, m’avait-il dit au cours d’une interview. C’est quand on revient!»  Lisez cette interview.

    La communauté artistique internationale s’inquiète maintenant d’autant plus qu’aucune accusation précise n’a encore été portée contre le cinéaste. Des détenus interrogés, puis relâchés, se sont récemment plaint de maltraitance survenue pendant des interrogatoires musclés.

    Le journal Variety a fait un compte-rendu de la situation vendredi. Lisez cet article.

    Le cinéaste Abbas Kiarostami a de son côté publié une lettre ouverte dans un journal de Téhéran, laquelle fut reproduite en anglais sur un blogue du New York Times. Lisez cette lettre.

    Nous ne pouvons qu’exprimer notre indignation. Et donner notre soutien à un cinéaste prêt à prendre tous les risques au nom de la liberté de son peuple. Courage.

    La bande annonce d’Offside, le plus récent film de Jafar Panahi.

     

    Suivez-moi sur Twitter. Cassivi y est aussi.


    • Hé oui, des gens innocents sont détenus et torturés un peu partout dans le monde, parfois avec la bénédiction du SCRS et du Gouvernement canadien et le Canada reste passif devant des situations inhumaines partout dans le monde.

      Pendant ce temps, nous on s’inquiète et on s’indigne parce qu’une espèce de toquée “brainwashée” par la religion ne veut pas enlever son niqab pendant son exposé oral dans un cégep de Montréal.

      C’est pathétique et triste de voir ça.

    • Il ne faut guère se surprendre — malgré une profonde frustration et impuissance — de la position de ce gouvernement ultraconservateur, enfermé dans un esprit autocrate, muselant à qui mieux-mieux les voix dissidentes, si minimes pourraient-elles l’être. Je « comprendrais davantage » si ces voix venaient de l’étranger (É.-U., France, etc.), ce qui n’empêche pas cette puissance pétrolière de mener des charges à fond de train contre les diplomaties internationales, mais venant d’un des siens, j’ai plus que de la difficulté à cerner son objectif dans le dossier qui nous importe. Ah oui, AUCUN compromis n’est envisageable quand il s’agit de lever le ton contre son gouvernement, a fortiori quand il s’agit de l’Iran, grand pourfendeur de la liberté d’expression et gourou incontestable de l’enrichissement de l’uranium (voire bombe atomique)!
      Autre pays, autres moeurs… ma foi!

      Les Gardiens de la révolution — agissant en tortionnaires démentiels et insensibles — se révèlent la clé de toute cette énigme, de cette ignoble idéologie d’extrême droite bien réelle, Ahmadijenad n’étant qu’un pion et le « digne » représentant de cet État, alors ce sont eux qui doivent « plier », être déjoués par des forces aussi ou plus puissantes qu’eux. Leur main de fer, sans le velours, ils connaissent. Ainsi, une autre révolution digne de celle de 1979 s’impose, et ce seront les citoyens mêmes qui uniront, envers et contre tous, leurs voix pour déjouer ce gouvernement, non sans heurts, avec l’apport indéfectible de la communauté internationale… C’est chah qui est chah!

      Par conséquent, nous devons continuer de proclamer la libération du cinéaste iranien Jafar Panahi, un artisan défendant le droit de parole et de création, un réalisateur pourvu d’une intelligence certaine et d’une contribution au cinéma mondial évidente.

    • Je pense qu’il est grand temps pour Panahi de demander asile politique dans un autre pays.

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