
Xavier Dolan avec son Jutra du meilleur film. (Photo Graham Hughes, PC)
Le discours qu’a livré Xavier Dolan dimanche après avoir reçu le plus prestigieux Jutra de la soirée a inspiré à mon collègue éditorialiste Mario Roy une réflexion à propos du financement des films.
Lisez cet éditorial de Mario Roy.
Publié mardi dans La Presse, ce texte a suscité certaines réactions dans le milieu du cinéma. Il est notamment évoqué dans cet éditorial d’Helen Faradji. Le principal intéressé a quant à lui voulu réagir. Voici sa réplique. Du pur Dolan.
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L’État des choses (ou le parce que du pourquoi)
un texte de Xavier Dolan
Quelle ne fût pas ma surprise de constater que mon dernier discours aux Jutra ait pu choquer des esprits. J’y dénonçais simplement «[… des institutions bien-intentionnées mais pourtant mercantiles, qui imposent à l'industrie comme aux spectateurs des standards qui sous-estiment notre intelligence et effacent notre identité.]
Deux jours plus tard, le journaliste Mario Roy de La Presse publiait son éditorial intitulé Cinoche et fric, où il critiquait le laïus en question : « Est-ce devenu une obligation formelle que de débiter ce genre de clichés lorsqu’on a les médias devant soi et une statuette dans les mains? », a-t-il écrit, suggérant, donc, une forme d’opportunisme de ma part. Une révolte circonstancielle visant, je suppose, à assouvir ma carence affective et mon besoin d’attention médiatique. J’ironise. Et M. Roy, lui, démystifie.
Anabelle Nicoud, Nathaëlle Morrissette et Marc Cassivi ont tous trois, pas plus tard que la semaine dernière, écrit un assortiment de textes criant haro sur le financement public en cinéma ; des cuvées abêtissantes, des films commerciaux conçu pour que monsieur, madame Tout le monde «comprenne» (dans toute la déficience que leur confère ce genre d’intentions), des oeuvres couronnées de gros noms et de gros pop-corn bien gorgé de beurre et bon pour la gorge québécoise… en un mot comme en cent : un manque de vision et d’audace manifeste, un frisson «intellectuophobe» — et si je puis paraphraser : des standards sous-estimant l’intelligence de l’industrie et du public, et effaçant notre identité… Dimanche dernier, je ne faisais donc, pour ainsi dire, que surfer sur la vague.
Et pourtant, ces désolantes vérités, qu’elles soient énoncées par ses collègues ou par moi, Roy les dénie et les banalise dans son billet de mardi. Synthétisant l’idée et cultivant l’illusion, il écrit, au sujet de nos inquiétudes collectives : « C’est faux. »
Il poursuit ensuite en énumérant : J’ai tué ma mère n’avait pourtant rien d’une «tentative mercantile de faire du fric sur le dos d’un public sous-estimé», et Polytechnique, rien de léger, film suggérant au spectateur une réflexion profonde. Enfin, il surenchérit, nommant Dédé à travers les brumes, une oeuvre puissante culturellement, et aux forts relents séparatistes. Le problème, c’est que Roy parle des deux premières oeuvres citées comme si elles avaient été financées… Dommage qu’il n’ait pas fait ses devoirs : J’ai tué ma mère a été refusé à son dépôt à Téléfilm Canada et recalé au 3e tiers (un sort réservé aux scénarios jugés embryonnaires et non-prioritaires). J’en possède encore le rapport de lecture fourni par je-ne-sais-plus-quel lecteur, jadis responsable d’une grille horaire du dimanche, celle des films de série B comme Le secret d’Ann-Maragret ou Alcools et douleurs banlieusardes. La SODEC a financé J’ai tué ma mère une fois la production entamée, déclarant que les scènes tournées et montées avaient joué un rôle prépondérant dans la décision du comité. En ce qui concerne Polytechnique, le film a été refusé au volet sélectif à Téléfilm, et seule la SODEC l’a financé, en partie par l’intervention d’un dénommé Jean-Guy Chaput. Dans l’indigence et la précarité, Remstar s’en est allée chez nos cousins ontariens, dénichant Don Carmody et son enveloppe à la performance, une somme remise par Téléfilm, mais dont le producteur seul est gestionnaire et décideur… Quant à Dédé à travers les brumes, c’est une équation simple : 400 % des Québécois francophones iront voir un film portant sur la vie du chanteur des Colocs ! Le sacrifice des idéaux institutionnels vaut bien un tiroir-caisse rebondi. Et tout le monde y gagne.
Roy se formalise du fait qu’un réalisateur, amateur ou aguerri, pense ne «pas avoir à rencontrer de difficultés» pour financer ses projets. Franchement, l’affaire n’est pas si simple. Être refusé à un dépôt est une chose, certes. Mais qui dit perdant, dit gagnant. Or, les films financés aux dépôts auxquels ont postulé les producteurs de Polytechnique sont-ils tous meilleurs, à l’écran comme à l’écrit, que le film de Denis Villeneuve ? Bon. Alors qui accuser ? Les institutions ? Roy les défend, en tout cas, les faisant pratiquement poser en victimes, et écrivant que le cinéma, même d’auteur, requiert une quantité industrielle d’argent. Vérité de La Palice ! Les artistes, que le journaliste semble percevoir comme une cohorte de poètes réfractaires à ce genre de mathématiques, sont en revanche les sauvages et ingrats détracteurs des bailleurs de fonds. Manichéen, va ! Ma profonde déférence pour certains employés ou dirigeants cultivés et compétents des institutions financières ne m’empêche pas de voir clair : les enveloppes malingres en provenance d’Ottawa obligent une gérance rentable, et qui dit rentable dit humoriste du Théâtre St-Denis et autres impostures lucratives ! Voilà les vrais enjeux.
Au lendemain de cette déclaration inquiétante, nier l’existence de la dictature du commerce devient pure folie ! Je suis ébahi que l’éditorial Cinoche et fric ait pu paraître dans La Presse si peu de temps après que le cahier Arts et Spectacles ait été presque entièrement consacré à la dénonciation des failles du financement étatique. Je n’ai rien contre la liberté d’expression ni la diversité d’opinion, mais Monsieur Roy lit-il, à l’occasion, le journal qui l’embauche ? Mesure-t-il l’absurdité et la pauvreté de ses arguments, la prétention de ses arguties fallacieuses ? Connaît-il le milieu des artistes, connaît-il cette cause au-delà de ses spéculations et de ces a priori pour en infirmer ainsi la teneur ? Connaît-il quelqu’un ayant déjà soumis un projet de film aux institutions ? Quelqu’un, comme moi, comme d’autres, ayant vécu sans salaire pendant un an, deux ans après coup ?
J’en doute, mais une chose est sûre : si je suis une « douairière snobinarde » qui ressasse des clichés, eh bien : au royaume des aveugles, les borgnes sont Roy.
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Si j’étais commentateur sportif, je dirais : ouf!
* Mise à jour 4 avril: La «réplique à la réplique» de Mario Roy (via blogue de l’édito):
Lisez cette réponse de Mario Roy.
Je suis aussi sur Twitter.










emiilezola
2 avril 2010
16h24
De bon ton et de bonne guerre. Tu as entièrement raison. Mots de cambronne. Vas-y Xavier!
mailman2121
2 avril 2010
16h41
Dès que j’ai vu le titre du texte, je me suis dit que celui-ci serait prétentieux. Effectivement, mais le style littéraire et le vocabulaire riche ne suffisent pas à me convaincre. Le texte de Dolan illustre très bien le cliché de l’artiste hautain et supérieur, qui dénonce le système bassement mercantile qui le finance.
La vérité, Dolan le dit lui-même, c’est qu’à la fois son film et Polytechnique ont été subventionnés par l’argent du gouvernement. Donc l’impression que ça me donne, c’est que peu importe la manière, l’argent se rend et le système fonctionne, non?
cinecruche
2 avril 2010
16h52
Ce texte — je dois bien l’avouer — est absolument brillant.
Et me donne (presque) envie de visionner l’œuvre au cœur du débat.
http://cinecruche.blogspot.com/2009/12/jai-tue-ma-mere.html
haddock9
2 avril 2010
16h58
Wow. Une preuve de plus, comme si il en fallait, que M.Dolan est un artiste intelligent qu’il ne faudra cesser de surveiller, non pas par une quelconque méfiance anti-intellectuelle absurde comme le font certains, mais parce que cet homme est intéressant, pertinent et éloquent. Bon texte!
Pour ce qui est de M.Roy…et bien, que dire de plus? Chacune de ses escapades sur la culture résulte en des textes de qualités inférieures. Nous pourrions facilement nous en passer.
Merci
Steve Montpetit
haddock9
2 avril 2010
17h08
@mailman2121
Vous faites un bel exercice de lecture sélective.
jpl2008
2 avril 2010
17h11
Bien lancé. Peut-être que M. Roy les fera ses devoirs finalement.
nickoleterrible
2 avril 2010
17h27
Ça doit être sa première critique négative.
andre_d
2 avril 2010
17h36
J’attendais cette réplique avec impatience. Je ne suis pas décu. Moi meme en lisant les énormitées du dit Roy, la premiere chose qui m’a paru évidente, c’est qu’il n’avait fait aucune recherches avant de débiter ses aneries. Le cinema et son finacement ne sont pas les seules carences dans son curiculum. Mais c’est de bonne guerre, les réactionnaires de droite se doivent de réagir quand le saint profit est remis en doute, par un artiste de surcroit.
Le profit n’était pas l’essentiel de votre propos Mr. Dolan, je le sais bien. Mais plutot le nivellement par le bas que l’on voit trop souvent dans la culture. Ce que de toute évidence Mario Roy lui, n’a pas compris. Le monsieur a l’insulte facile s’est senti attaqué par vos propos. C’est que voyez vous, l’argent est tres important pour le compteur d’étoile.
cinemarc
2 avril 2010
18h06
Super déjà a la cérémonie j’avais aimé ce discourt…mais la ca couronne le tout…trop de monde ce laisse marcher sur les pieds…peuple relève toi et fait entendre ta voix…Xavier Dolan face a l’industrie…les étudiants de l’UdM…les millier de gens dans la rues contre le budget…Peuple lève toi et fait entendre ta voix….
pterv
2 avril 2010
18h40
J’ai trouvé que son film très ordinaire, mais j’aime bien cette réplique. M.Roy n’a pas tout faux par contre…
rejeanlatour
2 avril 2010
18h55
Ce petit jeune-là n’a que vingt ans et il est très articulé. En plus, il semble connaître le dossier. Bravo !
daniel_dumais
2 avril 2010
18h57
XAVIER EST SORTI DU GARDE ROBE! IL EST HETERO!
scarecrow
2 avril 2010
19h08
Très bon texte. C’est à se demander qui devrait écrire des éditoriaux pour la Presse…
zymed
2 avril 2010
20h33
@ sacrecrow : entièrement d’accord.
La dernière phrase est particulièrement bien choisie. Et vlan dans les dents!
descelciusetdeskilometres
2 avril 2010
21h39
-
ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ
Marc-André Lussier
2 avril 2010
21h50
@ descelciusetdeskilometres
Je tiens à vous remercier publiquement pour ce commentaire des plus éclairants, qui contribue d’extraordinaire façon au débat.
louise52
2 avril 2010
21h58
Mon jeune, tu ne peux imposer ta façon d’analyser un film, se sont les citoyens qui décident, l’argent et les commandites viennent à la suite de l’évaluation de ceux qui payent. Quand tu vas jouer dans la cour des grands cinéastes, tu apprendras que ce n’est pas ce que tu aimes qui te vaudras d’être reconnu, mais ce que le publique aime. Un succès ne fait pas la célébrité. Un gros bravo pour ce que tu as fait à date, mais reste les pieds sur terre. Des goûts et des couleurs, il ne faut pas discuter.
descelciusetdeskilometres
2 avril 2010
22h06
-
Je ne participe a aucun débat ici et je ne prétend pas non plus être éclairant, je réagis simplement au texte endormant de Dolan, c’est le sujet de ce blog non? Il semble bien prétencieux.
p-y-au-japon
2 avril 2010
22h19
Je n’ai pas vu le film car, croyez le ou non, il n’est pas disponible au Japon. Mais force est d’admettre que ce jeune peut très bien écrire. Très articulé. Impressionant
luigi
2 avril 2010
23h00
Effectivement de toutes évidence M. Roy ne lit pas les articles écrits par ses propres collègues de son propre journal,peut-être par prétention, ignorance, manque de temps, d’intérêt, snobinardise ou autre manquement. Ou toutes ses réponses…..mais ce que je sais c,est que moi je ne lirai plus ses articles, commentaires, éditoriaux ou autres écrits…je n’ai ni temps à perdre, ni intérêt à lire quelqu’un sans intérêt ni intelligence ni ouverture ni connaissance ni devoir journalistique qui commande d’abord et avant tout la collecte factuelle et la connaissance du sujet sur lequel on veut écrire…..assez perdu de temps pour cet individu
jeanfrancoiscouture
3 avril 2010
00h38
Monsieur Lussier,
En publiant ce texte du jeune Dolan, vous faites en quelque sorte mentir Alain Minc qui, dans son livre «L’Ivresse démocratique», écrivait ce qui suit:
«Spectateur et acteur, le journaliste bénéficie d’une rente: il est le seul opérateur dans nos société complexes à ne jamais être soumis à sa propre critique. Même s’il pratique l’introspection, s’il s’impose des règles éthiques sévères, s’il n’est pas dupe de lui-même, il ne peut néanmoins mettre en cause le principe qui fonde son métier: je pense, donc je suis l’opinion publique.»
Qu’en pense cependant votre collègue Mario Roy, celui qui se fait «varloper» par XD?
ben_oui
3 avril 2010
00h38
Je suis entièrement d’accord sur le fond de sa réplique en ce qui a trait au financement et à son attribution en fonction du profit anticipé, à une nuance près au sujet particulier de son film. Il prend plaisir à dénigrer Téléfilm Canada et la SODEC parce qu’ils n’ont pas tout de suite vu la qualité indéniable de son projet, les résultats le prouvant, qualité qui devait nécessairement transcender les pages soumises aux comités évaluateurs selon son idée. Téléfilm est donc, de facto, crédité d’être le lieu de retraite des fabricants de grille de télé-horaire pour leur erreur. Mais on peut avoir une autre lecture de la situation: son projet était simplement mal présenté et les deux comités en ont eu la même lecture finale. Ce qui me fait voir d’un excellent oeil, en fait, le fait que la SODEC ait corrigé le tir à la vue des résultats primaires de l’oeuvre à venir: le jugement n’est pas péremptoire, à tout le moins pas autant que les propos de M. Dolan.
Pour la forme de la réplique, elle est très moyenne, n’en déplaise à ceux qui y voient du quasi-génie: on dirait un essai de fin d’année en classe de littérature française au cegep. Écrite avec le dictionnaire des synonymes en main et un brin trop touffue (pédante?) pour être pleinement incisive. Trop c’est comme pas assez, et la fin est un flop: avec les deux points qui se suivent, on pourrait remplacer la chute par ‘celui qui le dit, c’est lui qui l’est’. Pas très édifiant.
Au contraire de vous alors, et prenant ‘J’ai tué ma mère’ à témoin, je ne crois pas que ce soit ‘du pur Dolan’.
phazon
3 avril 2010
02h01
Ooook… d’accord… Mais il a fait quoi Xavier Dolan pour mériter que l’on s’attarde à ce texte? Un énième film sur l’homosexualité?! Et puis?
Sans intérêt… On s’en fou de l’avis de Dolan. Lorsqu’il aura accompli quelque chose, on écoutera.
p0917666
3 avril 2010
02h17
Xavier Dolan a donc réalisé un film, un seul. Un film certes qui promet tant par la qualité de ses tirades et ses dialogues de grand cru témoignant telle cette réplique fielleuse d’un sens de la répartie impressionnant … Sur l’autel de la liberté d’expression et de son talent de cinéaste, Dolan peut ainsi se permettre ce genre d’éclats, d’autant plus qu’il font preuve d’une clairvoyance assez gênante pour M. Roy…
Dolan ne frime pas, son éloquence et son sens de l’image sont bien là…. soufflés par l’ardeur et la fougue de l’enfant-Roy… Dolan est l’exception, et sans vouloir justifier la frilosité de nos institutions, rares sont les Xavier Dolan qui parsèment la colonie artistique de la Belle province et ce toute catégorie d’âges confondues… Et compte tenu de cette belle exception, il peut paraître compréhensible que l’on refuse des financements à des cinéaste à l’humeur hâbleuse qui n’ont pas la créativité dolanienne (woah un épithête est né)…
A priori, même au nom de la liberté créatrice et de la vision, je ne crois pas que vous confierez la coquette somme de 500 000 $ à un jeune autoditacte flamboyant dont le curriculum se limitait jusque là à un travail de doublage et à des apparitions dans pubs de Jean-Coutu !
Les talents embryonnaires, latents qui n’attendant que le FEU Vert des institutions pour s’épanouir et être ne courent pas les rues.
Dolan est une rareté.
Néanmoins la Sodec et Téléfilm peuvent-il se permettre de faire preuve ce genre d’audace… Le devraient-il ? Certainement.
L’industrie cinématographique québécoise génère-t-elle réellement des profits, de toute façon est-ce là réellement le mandat d’une industrie qui sans être représentative d’une exiguité culturelle s’affiche néanmoins esseulée dans un pays majoritairement anglophone… Et le succès au box-office de nos films est-il réellement le baromètre le plus fidèle de la qualité et de la santé de notre cinéma ???
Et pourtant, auréolée ou pas de son succès public, à mes yeux, le film de Dolan aurait eu la même valeur ; sa popularité ne venant que corroborer ses qualités artisititques et auteuristes indéniables…
Ainsi, le mécénat public devrait-il être mû par l’appat du gain ou par le souci de diffuser une oeuvre artistique différente unique , ou sinon par les préoccupations populistes et démagogiques visant à donner à la plèbe ce qu’elle veut… Financer des films tels DÉDÉ À TRAVERS LES BRUMES relève-t-il réllement d’un laxisme culturel… ?
La part des choses dans tout cela…. j’ai bien du mal à la définir…
Ces fonds sont publics et ,incidemment, ne peuvent faire abstraction du “potentiel” populaire des oeuvre qu’elle finance… Cela va sans dire…
Une oeuvre capable réconcilier les deux pôles reléverait-elle un phénomène exceptionnel dans notre paysage cinématographique ?
Espérons que le cas Dolan saura insuffler un vent de sagacité et d’audace qui visiblement peuvent difficilement s’opérer….
Un film n’est ni morale ou immorale, elle est bien ou mal réalisé, voilà tout. Probablement que mon point de vue fera prendre une autre tangente à ce débat…
rodeur
3 avril 2010
06h06
Les intellos n’ont jamais eu la cote au Québec. Les homosexuels non plus. Les batailleurs non plus. Xavier Dolan porte les 3 chapeaux fièrement et sans complexe. Ça nous change des pissous et pisse-vinaige québécois moyens, Ceux-là trouveront peut-être sa réplique ‘endormante’ parce que ce sont des demeurés.
Bravo Dolan. Il en nous faudrait des tonnes comme lui.
Après les générations ratées des X et Y, il y aurait-il de l’espoir en vue?
simon_beaudoin
3 avril 2010
07h39
Wow, c’est vraiment bien dit, et sans hargne superflue envers qui que ce soit! J’avoue n’avoir pas vu son oeuvre, mais ce qu’il dit là fait très bien apparaître qu’il ne voit pas le monde en noir et blanc, et c’est tout à son honneur. Qu’il continue donc comme ça, peut-être parviendra-t-il à “abaisser” les standards de subvention du gouvernement (ça, c’est une autre paire de manche). Mais pour l’instant, cette réplique est très sensée et intéressante.
Simon Beaudoin
@ rejean latour & rodeur : Il n’est pas dans mon intention de m’attribuer la moindre part de son mérite, mais c’est gentils de reconnaître que les jeunes peuvent faire des efforts et des choses intéressantes. J’ai 20 ans et je les porte fièrement.
delhornissimo
3 avril 2010
08h10
Monsieur Dolan,
Je n’ai rien contre vous, contre les cinéastes, contre le cinéma. Hors du Québec depuis plusieurs mois, je n’ai pas pu voir votre film.
Je viens de lire votre texte et celui de monsieur Roy. J’étais plutôt d’accord avec Roy. Vous m’apparaissez le digne rejeton d’une génération de cinéastes «toujours mal subventionnés», «victimes de fonctionnaires mal intentionnés», «crevant de faim plus ou moins par la faute des contribuables».
Si vous aviez été mon fils, je vous aurais dit de recevoir votre prix dignement, de remercier simplement ceux qui vous ont aidés, de vous remettre à l’ouvrage le plus tôt possible pour produire un chef d’oeuvre. Vous avez choisi un métier difficile, vous le saviez sans doute, cessez de vous plaindre et travaillez. Prenez un emploi dans un dépanneur, si vous crevez de faim. Beaucoup de Québécois le font: ça n’empêche pas de penser, d’imaginer et de produire.
antoinepierpont
3 avril 2010
08h15
Aucun doute que Xavier Dolan a raison sur toute la ligne. J’avais été impressionné et touché par son discours dimanche.
Comme Xavier le souligne, seule la SODEC avait sur le tard “endossé” son film et Polytechnique. Et bien quel dommage, c’est fini. François Macerola, grand messager d’Ottawa (ex-directeur de Téléfilm Canada et de l’ONF), nommé par le gouvernement Charest à la tête de la SODEC, a annoncé mercredi dernier qu’Il fera le grand ménage à la SODEC afin de l’orienter vers “”"un soutien affirmé aux films à saveur plus commerciale”"” (à lire dans l’article d’Isabelle Paré, jeudi le 1 avril- page B 8- “François Macerola annonce un grand ménage à la SODEC”").
Quand au texte de Mario Roy, la charité me demande de ne pas dire ce que j’en pense, Xavier y a très bien répondu, sauf qu’il ne semble pas comprendre la mission de Mario Roy
pauvre Xavier, merci d’avoir pris la plume, mais tu vas t’épuiser rapidement contre ceux dont c’est le travail à plein temps que de faire les jobs de bras
vlrglqqf
3 avril 2010
10h24
Je vais en décevoir quelques uns, mais je ne crois pas que le texte ci-haut ait été pondu par Xavier Dolan. La structure des phrases, l’agencement de celles-ci et le choix des mots portent plutôt à croire que l’auteur virtuel vient d’une seconde main remplie on ne peut plus de sagesse et d’expériences professionnelles dans le cinéma. Cependant cela n’enlève rien à Xavier Nolan, ses intentions sont bonnes, il n’était que le messager. Mais de qui?
Il se peut que Xavier Dolan soit un autre Orson Welles en puissance. Advenant le cas, je suis malheureux pour lui parce que le fait d’être comdamné à l’excellence n’est pas donné à tout le monde. La création n’est pas un don. Dans les années 60, plusieurs prétendus écrivains ou auteurs québécois allaient à Paris pour trouver l’inspiration. Mais le temps passant, l’inspiration n’étant pas au rendez-vous, ils sont rentrés bredouille avec les ailes basses.
Ce n’est pas négatif ni destructeur de ma part, c’est une mise en garde.
Marc-André Lussier
3 avril 2010
10h32
@ vlrglqqf
Ceux qui connaissent ce jeune homme peuvent vous rassurer. Ce texte n’aurait pu être écrit par personne d’autre que Dolan.
vlrglqqf
3 avril 2010
10h56
@ Monsieur Lussier
Venant de vous, directement de vous, je vous crois. Sincèrement Xavier Dolan a un style d’écriture qui me dépasse, compte tenu de son jeune âge. Maintenant je crois que c’est cela qui me stupéfie davantage que toute cette histoire qui tourne autour.
timag
3 avril 2010
11h04
WaH! Pourquoi sur le net quand un texte est brillant y’a toujours un idiot qui écrit des ZZZZZZZZZZZZZZZZZ?
jeunevieeve
3 avril 2010
11h13
@ ben_oui
À chacun son style littéraire, bordel! Est-ce que Dolan a le droit de s’exprimer avec un dico de synonymes à ses côtés? Ben oui! Dolan est un CINÉASTE qui, en témoigne son texte, jouit d’une belle plume. Il ne s’est jamais proclamé écrivain à ce que je sache? J’ai encore de la difficulté à comprendre le malaise du Québécois devant l’un des siens qui ose élever son niveau de langage. Il se sent à la fois fasciné et trahi. Son propos est (très) pertinent. Est-ce que ça ne devrait pas suffire? On cherche les poux sur sa belle couette, là!
bobhineault
3 avril 2010
11h50
Vous remarquerez que ceux qui viennent s’en prendre ici a Dolan, Roy entre autre, sont en général les mêmes qui se plaignent sans cesse sur les blogues qu’au Quebec on nivelerait par le bas. Devant un artisan qui tente sans contredit de niveler par le haut, que font-ils, ils tapent dessus. Bravo quelle cohérence.
setzer
3 avril 2010
12h24
@ phazon
“Mais il a fait quoi Xavier Dolan pour mériter que l’on s’attarde à ce texte? Un énième film sur l’homosexualité?! Et puis?”
Si le débat ne vous intéresse pas il suffit de ne rien dire pour avoir l’air intelligent.
“Sans intérêt… On s’en fou de l’avis de Dolan. Lorsqu’il aura accompli quelque chose, on écoutera.”
En quoi, le fait d’avoir accompli ou non quelque chose, a à voir avec la validité du propos de Dolan? Je trouve, au contraire, que Dolan démontre très bien la faiblesse du raisonnement de M. Roy.
guillaumeh
3 avril 2010
12h44
Sur le fond, Dolan a raison, bien qu’il se serve très maladroitement de son exemple personnel pour exposer la situation. Il me semble qu’il soit très mal placé pour parler, en fait, compte tenu de son jeune âge et de sa relative inexpérience, et de la facilité avec laquelle il a réussi à obtenir l’argent (d’une façon ou d’une autre) pour réaliser son projet hautement personnel.
Sur la forme, ça se gâte… Il écrit comme un jeune homme qui doit prouver sa verve, qui tente d’en mettre plein la vue en utilisant un paquet de mots “compliqués” pour cacher que son propos, au fond, se résumerait en 150 mots. Un peu comme son style cinématographique qui place de la forme où il n’y a pas de fond, comme ses personnages criards et frustrés qui, en bout de ligne, n’ont pas grand chose à dire de nouveau.
sybo
3 avril 2010
12h47
Bravo Xavier!
Continue à surprendre les croutons qui croient que les jeunes ne savent pas écrire…en fait ne savent rien faire à part nous faire rire de farces plates (nos fameux humoristes) depuis des décénies. Surdouées que tu es je te suggère de te protéger. Il vient un temps ou le tirage vers le bas, la jalousie, l’envie des autres, usent.
Merci de nous offrir ta belle lumière
sybo
3 avril 2010
12h57
@rodeur
“Après les générations ratées des X et Y, il y aurait-il de l’espoir en vue?”
Voilà une bonne question ici qui vaut la peine d’être contextualisée. Au Québec ou la babyboomeire a vraiment écraser tout ce
sybo
3 avril 2010
13h05
La suite…qui se trouvait derrière elle depuis des décénnies, il est normal qu’il y ait très peu de réels talents à émerger. Dans les années 80 et 90 il ne fallait pas dépasser les vaches sacrées en place. On se retrouve aujourd’hui avec de grosses lacunes et une relève vraiment talentueuse quarantenaire et trentenaire quasi inexistante sur la place publique. Les grands talents des X et Y sont restés dans le maquis incapables de se tailler une place dans le merveilleux monde artistique sauf en humour. Et Dieu sait que ce n’est pas toujours drôle.
Enfin un sudoué qui prend la parole malgré nous et le babyboomer Roy n’y peut rien…les temps seraient t’ils en train de changer. Enfin!
agaguk40
3 avril 2010
13h08
@phazon
Xavier Dolan n’a pas fait “un film sur l’homosexualité”, il a fait un film dont un des personnages principaux se trouve à être homosexuel. Mais à quoi bon essayer de vous expliquer la nuance…
germanicus
3 avril 2010
13h58
Ce que Dolan ne veut pas comprendre, c’est que sa démarche artistique consiste à parcourir des sentiers qui ont été cent fois empruntés avant lui.
Son film aurait été original il y a 30 ans, 20 ans peut-être, à une époque ou l’homosexualité était beaucoup moins acceptée.
Qu’y a-t-il d’original, de décalé ou de nouveau dans son film? Ricky Martin est-il original, prend-il des risques en avouant son homosexualité en 2010? Et bien la démarche de Dolan, c’est la même chose.
Le problème aujourd’hui c’est que ces nouveaux artistes sont des copies en moins bon de ce qui a été fait mille fois avant eux par leurs aînés. Ils sont formatés et ce qui est pire, c’est qu’ils ne le savent pas.
Xavier Dolan, peu importe qu’il soit hétéro ou pas, est à l’originalité ce que les Moquettes coquettes sont au féminisme: un plat MacCain que l’on sort du congélateur et que l’on réchauffe au micro-ondes. Bien sûr, ça fait triper ses aînés qui se disent qu’ils ont bien formé idéologiquement des petits moutons.
Les soixante-huitards cassaient les codes de leurs parents. Les nouvelles générations ne cassent rien, elles enfoncent des portes ouvertes, elles font du soixante-huitard en moins bon.
Mario Roy a bien raison de sourire du discours de Xavier Dolan sur le cinéma et l’argent. Ce discours, c’est la génération de Mario Roy qui l’a inventé. Dolan n’est que le perroquet de cette génération.
Je conseille à tous de revisionner “My beautiful Laundrette”, réalisé 1985: il sera ainsi facile de comprendre que Dolan n’a rien d’original.
Xavier Dolan n’est pas un rebelle, c’est un “rebellocrate” sorti d’une école de “rebellitude”.
Si j’étais commentateur sportif, je dirais “ouf” aussi, mais seulement parce que la réplique de Dolan est aussi ennuyeuse et convenue qu’une partie de curling.
jon8
3 avril 2010
14h01
Ce débat capte grandement mon attention. Essentiellement parce que je suis déchiré entre l’aspirant réalisateur/producteur et… l’homme d’affaire et contribuable que je suis.
D’un côté je pense que l’art devrait être, dans toute société, épaulé. Malgré les inévitables erreurs de parcours.. D’un autre côté, je trouve déplorable, voire même inquiétant, qu’une industrie (parce que c’est AUSSI ça) ne puisse être autonome financièrement.
Nul besoin de chercher bien loin le problème: un film doit être rentable et, ultimement, profitable. Or, il semble que le seul moyen d’y parvenir c’est d’attirer les foules avec le type de films que nous connaissons trop bien. Est-ce qu’il y a du mal à ça ? Non. Offre et demande, tout simplement.
Là où le cercle vicieux se pointe le bout du nez, c’est que pour que la demande change, il faut que l’offre… change! Les goûts ne peuvent évoluer si l’offre n’évolue pas. En ce moment c’est une recherche systématique de recette qui fera sonner les tiroirs caisses. Et pour des raisons louables, on ne veut pas perdre de fric! Qui le voudrait ?
C’est fort ennuyant parce que si une recette (ou recherche de) s’installe, la prise de risque disparait. À force de vouloir éviter de se planter (financièrement), tu réussis à éviter les erreurs coûteuses. Au prix de sacrifier beaucoup au niveau de la liberté de création.. Ce qui, de facto, est un non sens total.
La bonne nouvelle c’est que les coûts de production peuvent baisser si l’on accepte d’y mettre l’effort. J’ai personnellement choisi l’autonomie financièrement complète pour la production de mon futur film et j’ose espérer que je serais assez créatif pour arriver à remplir mes objectifs sans trop de compromis.
zoom
3 avril 2010
14h33
@jon8
La bonne nouvelle c’est que les coûts de production peuvent baisser si l’on accepte d’y mettre l’effort. J’ai personnellement choisi l’autonomie financièrement complète pour la production de mon futur film et j’ose espérer que je serais assez créatif pour arriver à remplir mes objectifs sans trop de compromis.
—————————
Eh,bien… Bonne chance…
(D’un gars qui en est rendu à sa 30 ième année dans le milieu…)
PS… Roy dit n’importe quoi…
Z…
guillaumeh
3 avril 2010
14h38
@germanicus : Je suis dans la fin vingtaine, et je suis complètement d’accord avec tout ce que vous avancez. Même pas besoin d’avoir vécu les révolutions des années 60 pour comprendre que Dolan fait dans le micro-ondé. Que les français crient au génie en voyant Dolan ne confirment qu’une seule chose : la critique française est encore plus dépassée que celle du Québec…
vlrglqqf
3 avril 2010
14h41
[...] c’est que pour que la demande change, il faut que l’offre… change!
Ce sont les producteurs des grosses compangies qui sont intéressés et combien mercantiles de proposer ce qu’ils offrent aux cinéphiles. Ce n’est pas le public qui décide. On bien on adore les oeuvres proposées via les médias et la publicité, ou bien on les boude. Il serait étonnant que les choses deviennent inversées puisque le cinéma est une industrie qui doit rouler, il faut que la roue tourne au plus fort la poche. Le public le sait, il gobe ce qui passe la bouche ouvArte comme des carpes en eaux tièdes.
Le nombre de scénarii refusés est effarent (talents absents, manque d’originalité etc). De nos jours ce sont strictement les effets spéciaux qui font office de rendement, i.e. “Avatar” pour ne pas le nommer. Le talent d’un acteur ou d’une actrice? Bof!
Si l’argent n’existait pas, il n’y aurait pas de guerres dans le milieu des ARTS.
ramses2.1
3 avril 2010
14h42
“Sans intérêt… On s’en fou de l’avis de Dolan. Lorsqu’il aura accompli quelque chose, on écoutera.” phazon
===
Édifiant, venant d’un nobody dont l’activité principale consiste à vomir sur la culture québécoise et faire son “Québec-bashing” de blogue en blogue. :)
Jean Émard
lecteur_curieux
3 avril 2010
14h49
Quand Roy parle qu’il n’y a pas de frontière étanche entre l’artistique et le commercial… C’est à la fois vrai et faux. Que les deux soient réunis cela arrive pas du tout à tous les coups.
Et les films qu’il mentionne, c’est tout simplement sur le marché mondial. Est-ce que Kubrick est là dans les All Time du Box Office ? Je l’ai pas vu moi… Alors est-ce vraiment des films à grand succès et déploiement qu’il a fait ?
2001, Odyssée de L’Espace semble avoir eu un succès pas mal fort avec 120 000 000 millions de recettes en 1968 et sur le plan mondial voir Wikipédia…
Malheureusement la liste suivante ne tient compte que du marché américain pour les recettes ajustés à l’inflation :
http://boxofficemojo.com/alltime/adjusted.htm
Mais commercialement alors Kubrick n’a juste eu un film qui est vraiment un qui a scoré pour de vrai au BoxOffice ? Et beaucoup grâce au marché mondial… Les chiffres aux États-Unis ne sont pas vilain mais ils sont loin des autres machines…
lecteur_curieux
3 avril 2010
14h56
C’est de la politique et de la joute verbale… Le débat nous concerne tous mais nous ne sommes pas directement impliqués dans tout cela.
Si on veut être un peu baveux avec Xavier Dolan, on lui rappellerait de ne pas oublier les pubs de Jean Coutu. Je n’ai pas encore vu son film et tant mieux pour lui s’il gagne un prix.
Tant mieux pour lui s’il remporte le prix du meilleur film, cependant j’essayerais de décerner ce prix à un film qui a obtenu 4 étoiles et plus dans le barème de Lussier.
http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/critiques/critique-cinema/8554-ijai-tue-ma-merei-un-grand-cri-damour.html
Trois étoiles et demi, pour moi cela ne devrait pas être suffisant sauf si la compétition est trop faible. On a tenu compte de l’âge du cinéaste ? Sûrement.
lecteur_curieux
3 avril 2010
15h01
Mediafilm lui a donné un 4 eux…
Alors oui c’est acceptable… Quoique je trouve plus que c’est un film fort qui gagne s’il obtient un 3.
http://www.mediafilm.ca/fr/films-detail.sn?Id=47210
De plus, Mediafilm a donné un 4 à Twilight : New Moon, ils ont perdu alors pas mal de leur crédibilité à mes yeux…
astyanax
3 avril 2010
15h30
@ germanicus
Soit nous n’avons pas vu le même film, soit votre regard sur le film de Dolan en est un de très courte vue.
J’AI TUÉ MA MÈRE n’est pas du tout un film sur l’homosexualité. C’est un film sur les rapports d’un jeune homme qui n’arrive pas à trouver le lieu de son identité, ni parmi ses congénères, ni, surtout, auprès de sa mère. En fait, seule son identité sexuelle semble solide et assumée, c’est d’ailleurs le seul aspect de sa vie qui fonctionne et c’est tout le reste qui va mal.
C’est pourquoi je ne comprends pas votre point de vue. Vous reprochez à Dolan de proposer un discours convenu sur l’homosexualité. Or, combien de films présentent l’homosexualité non pas comme un enfer, mais au contraire comme un refuge? J’attends vos suggestions…
Et parce qu’il y est surtout question du rapport à la mère (et par extension du rapport à ce qui est familier) et de la question identitaire, J’AI TUÉ MA MÈRE me semble un film profondément québécois et, du coup, profondément troublant. Si cette métaphore politique vous a échappé, je vous invite à revoir le film, c’est très frappant.
Enfin, si les artistes étaient tous tenus à la nouveauté et à l’originalité en ce qui a trait aux thèmes qu’ils abordent, il n’y aurait plus d’art depuis au moins 200 ans…
lecteur_curieux
3 avril 2010
15h49
Le débat a peu à voir avec le film et même le discours quoiqu’un peu…
C’est plutôt le discours plus à gauche représenté par Dolan ici et celui un peu plus à droite présenté par Mario Roy.
C’est un débat mais c’est en même temps comme toujours un dialogue de sourds. Dans ce temps là, l’effet est quoi ? De faire parler les curieux, de provoquer un divertissement. Mais de susciter vraiment une réflexion pour l’action ? Pas vraiment. Ce sont les oeillères et ornières qui reviennent comme toujours dans le débat politique.
germanicus
3 avril 2010
15h49
@guillaumeh
Que les français crient au génie en voyant Dolan ne confirment qu’une seule chose : la critique française est encore plus dépassée que celle du Québec…
—
Je suis 200% d’accord avec vous. En fait, s’ils crient au génie, c’est moins par admiration de l’oeuvre de Dolan que par auto-satisfaction. Dolan étant leur “fils spirituel”, ce n’est pas à lui qu’ils décernent un prix, mais à eux-mêmes. Avec évidemment un zeste de snobisme propre au microcosme parisien.
L’ironie est qu’il a reçu le prix “Regards jeunes pour les longs métrages”. Si jeune dans son corps et pourtant si vieux dans sa tête… de l’humour noir ;-)
haddock9
3 avril 2010
15h53
Ceux qui parlent d’homosexualité et de niveau de language ne peuvent visiblement pas comprendre le débat dont il est question.
mercedes164
3 avril 2010
16h31
on sait pourquoi le quebec est dans la m_rde
il subventionne tout ce qui n’est pas bon “vos tartistes gauchistes quebecois”
si ce jeune a du talent qu’il aille a los angeles il ne restera pas pauvre
longtemps
l’industrie du cinema au usa n’est pas subventionne c’est une industrie privee
c’est pour cela que ca fonctionne bien quand tu es pas bon c’est out
quand tu es bon tu deviens multimillionnaire
martinbi
3 avril 2010
16h35
Et v’lan dans les dents Xavier!
À mes yeux, le cinéma dit d’auteur mérite davantage, beaucoup plus de considérations financières que le cinéma d’ici dit populaire de par sa capacité à conjuguer identité culturelle — voire à faire jaillir des réflexions — et sa propension à l’exportation, son désir de lui donner une autre vie sous d’autres cieux.
Quelle sont les différences entre De père en flic et J’ai tué ma mère? Poser la question, c’est sciemment y répondre…
germanicus
3 avril 2010
16h39
@astyanax
Lorsque j’étais au collège, mon prof de philosophie avait l’habitude de sortir des énormités afin de provoquer des réactions, de la réflexion et des débats chez son auditoire habitué à la pensée de groupe (le fameux moule). Pendant que la classe s’excitait et s’invectivait, il se mettait à sourire, assis sur son bureau. Le même sourire que celui du chat qui prend le temps de jouer avec la souris car il sait qu’il va de toute façon l’avaler.
Que provoque le visionnement du film de Dolan, que je n’ai même pas réussi à finir, sinon l’ennui du déjà vu, du moule?
Jeune homme homosexuel en criss avec sa mère au bord de la ménopause, qui prend des conseils “profonds” de ses chums mais dont on sait dès les premiers cris qu’il l’aîmmeuuuh sa mère et qu’en fait il cherche à façonner son identité dans ses yeux à elleuuuuh. Homosexuel + jeune + cris contre la mère aimée + mère dépassée + chums, il ne manquait que le racisme et le machisme pour achever de faire orgasmer les critiques contemporains.
“My Beautiful Laundrette”, 1985: paki + skinhead british + homosexualité + acceptation famille + acceptation chums + racisme, etc. On est dans le même registre, la nouveauté et la performance de Lewis en moins.
Le chat Mario Roy a donc raison de provoquer la souris Xavier Dolan pour la faire réfléchir sur ses clichés. Et lui réagit dans sa lettre comme mes condisciples en cours de philosophie du collège: “Nier l’existence de la dictature du commerce devient pure folie !” écrit-il.
C’est du slogan mai 68 en 2010, c’est un grand coup d’épaule dans une porte ouverte. Le discours statuette en main c’est du déjà vu. Tout est déjà écrit, tout est cliché.
Relisez également guillaumeh 12h44 2ème paragraphe, il le résume mieux que moi.
Celui qui l’explique avec humour également est daniel_dumais (XAVIER EST SORTI DU GARDE ROBE! IL EST HETERO!).
Enfin, je précise que ce n’est pas la coupe de cheveux de Dolan que je critique mais son manque d’idées neuves et son formatage. Mon regard sur son film n’est ni de très courte vue, ni de très longue vue, ni LA vérité, mais juste mon opinion.
germanicus
3 avril 2010
16h54
@astyanax
Maintenant, si ça ne vous gêne pas, échangez votre opinion contre la mienne. Pourquoi, selon vous, ce film méritait-il ses prix? Pourquoi le discours et la lettre de Dolan vous donnent-ils envie de dire “wow”?
andre_d
3 avril 2010
17h39
Mr. Dolan. Vous avez eu les réprimandes du Docteur Roy et aujourd’hui la bénédiction de Pierre Foglia. On peux difficilement imaginer meilleur bulletin. Tout vas pour le mieux.
mlektra
3 avril 2010
18h40
@germanicus
Je ne sais pas quelle age vous avez mais vous n’êtes pas très original dans vos propos.
Dolan n’est pas un révolutionnaire et je ne crois pas que son film soit la prétention de quoi que ce soit.
Moi ça me ronfle quand les boomers (ce que je suppose que vous soyez pour débiter ces âneries) s’amusent à casser du sucre sur les nouvelles générations seulement parce qu’ils pensent que les nouvelles générations “tentent” de casser les “codes” de leurs parents.
De toute façon c’est cyclique ce truc. Les soixante-huitards ont cassé un génération hyper conservatrice des 30 dernières années. Voilà et c’est très bien.
Quels codes doit-on casser maintenant en 2010 lorsque plus rien n’est tabou?
L’idée d’un film c’est de faire valoir un autre point de vue ou de traiter d’un sujet usé à la corde avec un angle différent.
Vous n’avez pas aimé le film c’est tout. Mais le fait demeure qu’il a des qualités artisitques et scénaristiques indéniables.
germanicus
3 avril 2010
18h59
@mlektra
Si vous avez aimé le film pour ses qualités artistiques et scénaristiques (indéniables?), c’est évidemment votre droit.
Lorsque vous dites que Dolan n’est pas révolutionnaire, ça c’est sûr, c’est un rebellocrate qui
dénonce quelquechose de jamais entendu: le cinéma et l’argent.
Pour mon âge, vous vous trompez complètement. Mais si vous m’acceptez, je suis prêt à rejoindre votre monde, celui de l’intelligence, afin que je ne débite plus d’âneries ;-) :
http://www.youtube.com/watch?v=uKeOug7z_fM
antoinepierpont
3 avril 2010
20h29
Bravo Xavier, quelle plume, quel souffle…
vous êtes un artiste articulé, de la trempe de Robert lepage,
qui a l’occasion n’hésite pas à prendre la plume pour défendre la culture et les arts.
Merci.
tiens Pierre Foglia a écrit aujourd’hui que votre film était
“”100 minutes de bonheur cinématographique. (…)
c’est un film brillant, intelligent. Incroyablement bien écrit par un ado. Formidablement interprété par Anne Dorval et Dolan. Je sais, je répète ce qui a été écrit cent fois à propos de ce film, mais vous ne vous doutez pas comme cela me fait plaisir”"”"”"
on est bien loin des jugements désuets de Germanicus …
j,ai une bonne amie qui vous a connu lorsque tout jeune encore vous étiez à Edphy, déjà vous étiez quelqu’un de très articulé…. laissez parler votre talent….
continuez d’enrichir la culture québécoise, la culture francophone et la culture planétaire
alea jacta est
lecteur_curieux
3 avril 2010
20h38
”nier l’existence de la dictature du commerce devient pure folie”…
Je ne sais pas avec qui je suis d’accord mais associer le commerce à une dictature… Cela n’a rien à voir… Mais comme on est dans la période de Pâques pour certains nous pourrions les comparer aux marchands du temple quand ils veulent mettre la main sur les institution.
Le commerce est pas mal plus source de liberté qu’autre chose. L’art, le cinéma par contre est un bien public ou semi-public c’est notre culture qui est un bien public ce qui fait en sorte qu’une intervention de l’état est nécessaire.
Ce qui sans me surprendre outre mesure mais que je constate c’est que très peu d’artistes du Québec ne tiennent pas le même discours que les syndicats et les autres groupes de gauche. Alors qu’un Clint Eastwood aux États-Unis, lui a un discours pas mal plus libre. Son marché est pas mal plus grand me direz vous, c’est sûr. Eastwood se décrit comme ”libertarian”.
J’ai aucun, aucun problème à ce que Dolan se dise de gauche. Mais qui n’y est pas au moins un artiste se disant plus capitaliste est bizarre. Le commerce une dictature ? Peut-être une standardisation et un empire et une force mais dictature ? Tu y vas fort le jeune… Et on va te reparler de Jean Coutu… Ou de ton papa…
lecteur_curieux
3 avril 2010
20h44
Je suis pour l’État et même plus pour aider le cinéma d’ici. Cependant le privé devrait plus pouvoir s’impliquer avec certaines commandites et avec du mécénat. IL y a pas personne…
Pour ce qui est de la rentabilité de films d’auteur, ou pour un petit marché et faits avec intelligence… C’est évident que c’est très difficile cela ne peut pas exister sans un financement autre que celui des spectateurs. Cela n’a rien à voir avec la qualité. C’est une question de grandeur du marché. Que le privé fasse sa part… Puis tiens pourquoi il n’a pas demandé des fonds à Jean Coutu ? Bon c’est pour taper sur le même clou.
Ceux qui disent de se rendre à Hollywood… Et on aurait plus de cinéma local ? Cela ne tient pas debout, il faut que chaque puisse avoir et cultiver sa cinématographie.
unholy_ghost
3 avril 2010
20h51
Ce texte n’est que Justice: Mario Roy a vraiment fourni le bâton pour se faire battre…
@Lussier
Est-ce que vous pouvez dire à votre collègue Cassivi que le titre de son dernier texte est une indignité?
rodeur
3 avril 2010
21h03
@mlektra
Vous devez être un Y pour ne pas avoir compris que germanicus est un X!
teddybear
3 avril 2010
22h45
Est-ce que quelqu’un crève de faim au Québec en 2010? Non , pourtant les marchés d’alimentation sont privés, les artistes disent crever de faim, bizzarement le gouvernement est impliqué dans la Culture. Je lisais Martineau qui échange avec un réalisateur qui réussit a vivre de son métier, mais a Toronto ou aux USA, pas au Québec, parce que cause de favoritisme, si le marché déciderait ca serait beaucoup plus efficace, comment ca se fait que Jean-Claude Lord, qui dans les années 70 faisait des films pertinents qui cartonnaient au box office, qui a révolutionner la télé avec Lance et compte ou Jasmine, est incapable de tourner un film au Québec ? Mais on a droit aux Boys 1,2,3,pis 4 ?
astyanax
3 avril 2010
22h58
@ germanicus
Je ne sais pas dans lequel de mes commentaires vous avez pu lire «wow!»… Le film de Xavier Dolan n’est pas sans défaut, certes, mais on y trouve plus de cinéma que dans les oeuvres des Binamé, Canuel et Tessier réunies. Ce n’est pas rien…
Et puis, merde, c’est un premier film réalisé par un gamin de 18 ans. 18 ans! Si vous voulez mon avis, s’acharner sur lui comme vous et d’autres le faites ne témoigne pas d’une grande élégance, c’est le moins qu’on puisse dire.
Je ne suis pas très impressionné non plus par les propos que vous tenez sur les critiques d’ici et d’ailleurs qui ont aimé le film. Si je comprends bien, ceux qui ne pensent pas comme vous sont tous des cons et/ou des snobs, c’est ça? Voilà qui me semble particulièrement puéril et inepte comme position. Le film vient de prendre l’affiche à New York. Là bas aussi ils sont ridicules?
Je ne vois pas non plus par quelle pirouette vous arrivez à comparer MY BEAUTIFUL LAUNDRETTE et J’AI TUÉ MA MÈRE. Quel rapport entre les milieux pakis du Londres sous Thatcher et le Québec de Xavier Dolan? L’homosexualité des personnages principaux? Pas fort…
descelciusetdeskilometres
3 avril 2010
23h10
-
@timag
Quelles sont vos qualifications pour me traiter d’idiot?
mamiedou
3 avril 2010
23h17
Pour un film réalisé par un si jeune homme, je dis bravo!
Et je pense comme Foglia en qui je fais pas mal plus confiance à son jugement que certains ignares de ce blogue pour qui le meilleur film est Les Boys…
astyanax
3 avril 2010
23h26
@ Ghost
Tu connais sans doute le célèbre mot de Dany Laferrière à propos de Richard Martineau: «Intellectuellement, Martineau vit au-dessus de ses moyens.» Il m’a toujours semblé que c’est à Mario Roy qu’il aurait dû les adresser. Je suis sûr que Martineau n’est pas dupe de son poujadisme et de la faiblesse intellectuelle de ses papiers. Roy par contre, avec ses éditoriaux aussi pompeux que (grand?) guignolesques sur les grands enjeux géopolitiques de notre époque, se montre, il me semble, beaucoup plus aveugle de ses limites.
Sinon, tu auras compris que j’ai pris prétexte de l’une de tes rares sorties pour te saluer, cher ami. Voilà qui est fait.
teddybear
3 avril 2010
23h45
Et je pense comme Foglia en qui je fais pas mal plus confiance à son jugement que certains ignares de ce blogue pour qui le meilleur film est Les Boys…
C’est parce que Foglia l’a déja dit, il ne fait que remplir du papier, alors son opinion la…
unholy_ghost
3 avril 2010
23h58
Mon cher Astyanax, j’espère que tu utilises tes absences de ce blogue pour nous écrire quelque grand roman. Je devine qu’intellectuellement tu vis au-dessous de tes moyens…
Moi je cloue des clous dans les nuages…
nickbg
4 avril 2010
00h04
Je pense aux nombreux films pop-corn américains, ”impostures lucratives”, auxquels Xavier Dolan participe en prêtant sa voix pour le doublage québécois et pour lesquels il est rémunéré. Je me dis que ce sage personnage sait trop de choses et que nous sommes des cadavres de mouches sur le pare-brise de la vie.
nickbg
4 avril 2010
00h10
@mlektra : ”L’idée d’un film c’est de faire valoir un autre point de vue ou de traiter d’un sujet usé à la corde avec un angle différent.”
Euh, l’idée de faire un film, c’est de faire de l’argent. Les artistes qui le font pour d’autres raisons ne prennent pas la parole en public sur l’aspect pécunier de leur art à la première occasion.
jon8
4 avril 2010
00h34
@ zoom
”Eh,bien… Bonne chance…
(D’un gars qui en est rendu à sa 30 ième année dans le milieu…)”
tiens, je vais prendre des notes.. C’est où à ton avis que les dépenses sont incompressibles ? Je parle essentiellement production… Distribution/mise en marché c’est une autre question. Production only… À ton avis ?
astyanax
4 avril 2010
00h37
«Moi je cloue des clous dans les nuages…»
Il y a des activités moins nobles… À moins, bien sûr, que ce soit pour y creuser un trou par lequel tu t’envoleras pendant que nous, nous resterons là…
jon8
4 avril 2010
00h44
@ melektra
”Quels codes doit-on casser maintenant en 2010 lorsque plus rien n’est tabou? ”
affirmer que les Beatles c’est pas si hot que ça est un bon début. Quoique dangereux.. :-P
jompierre
4 avril 2010
01h02
D’aussi loin que la Thaïlande, je suis de ceux qui ont compris ton film et qui te comprends.
Merci Xavier
andre_d
4 avril 2010
01h13
@Teddybear: ”Est-ce que quelqu’un crève de faim au Québec en 2010? Non ”
C’est pour ca que des regroupement on mit sur pied le club des petits déjeunés. Personne ne meurt de faim, mais y’en a un bon paquet qui creve de malnutrition. On les voit peu, c’est que voyez vous ca prend du temps.
Vous faite la meme erreur que le proffesseur Roy. Vous ne fouillez pas le dossier.
ben_oui
4 avril 2010
02h02
@ unholy_ghost
J’ai eu exactement la même réaction que vous à la lecture du titre de l’article de Cassivi: étonnement suivi d’un perplexe “euh une fille de joie tant qu’à y être ?!” Un bien étrange choix.
@jeunevieeve
D’abord je ne critique pas tant le style littéraire de Dolan, il n’est pas écrivain après tout comme vous le dites, que l’enthousiasme admiratif de M. Lussier sur son texte. Vous conviendrez que c’est tout de même le sujet du billet. Je suis simplement dubitatif quand on dit que c’est ‘du pur Dolan’. Qu’est-ce que du ‘pur Dolan’ de toute manière? Comment peut-on même déterminer un style à partir d’une seule oeuvre? C’est tout. À mon avis, et à mon avis seul, M.Lussier a parfois tendance à placer les gens qui le touchent sur des piédestaux un peu trop hauts: Polanski est encore frais en mémoire. Je concluais donc en disant que oui, ‘J’ai tué ma mère’ est très bon, et oui Dolan est prometteur, mais sa lettre, le sujet du billet, est ordinaire et non pas ‘ouf!’
Du reste, je ne suis pas ‘fasciné’ et encore moins ‘trahi’ par un niveau de langage élevé et des propos articulés. Je les apprécie au contraire! J’aime un texte soutenu qui se veut incisif dans chacun de ses mots. Mais ce n’est pas le cas avec celui de Dolan. Trop d’artifices et quelques sophismes en prime. Le bout du rapport de lecture est un ‘ad hominem’ qui ne sert à rien sauf diminuer son propos, et sa conclusion, dans laquelle on sent tout le maladroit empressement du vicomte Valvert ‘à lui lancer un de ces traits’, ne veut rien dire.
“Si je suis une douairière snobinarde…, au royaume des aveugles, les borgnes sont Roy”
…??
Enfin, ce n’est que mon opinion, tout comme le fait que vous tireriez avantage selon moi à investir quelques dollars dans des tisanes ou des camomilles.
zoom
4 avril 2010
09h33
@jon8
Il faudrait que j’en sache plus.
On veut tous réduire les coûts.
Ça se fait mieux quand tu veux faire ton film sans autre ambition que de “tripper”… Alors oui, tu peux faire beaucoup de chemin avec le différé… Le film de Dolan a commencé comme ça jusqu’à ce que la SODEC lui donne un coup de pouce…
Si tu as des vus commerciales, les règles du jeu sont pas mal plus contraignantes. Prix de l’équipement, les conventions collectives, les droits de suite, les locations etc…
germanicus
4 avril 2010
10h00
@astyanax
“Et puis, merde, c’est un premier film réalisé par un gamin de 18 ans. 18 ans!”
Rimbaud et Nelligan ont produit l’intégralité de leur oeuvre avant l’âge de 20 ans. Rimbaud écrivait des textes politiques sur Bismarck dans des journaux à l’âge de 16 ans:
http://fr.wikisource.org/wiki/Le_R%C3%AAve_de_Bismarck
Que dire de Mozart? Pour vous, à 18 ans on est un “gamin” et en effet, Dolan fait un film semi-autobiographique dans lequel un jeune homme de 17 ans fait sa crise d’ado un peu tardivement.
“Je ne suis pas très impressionné non plus par les propos que vous tenez sur les critiques d’ici et d’ailleurs qui ont aimé le film.”
J’ai soupé il y a deux jours avec une connaissance qui est responsable de la promotion du festival de Cannes pour la ville de Paris. Il m’a expliqué qu’en dehors de ses obligations officielles, il ne regardait plus de films français, qui se ressemblent tous. Selon lui, l’effet pervers des subventions de l’État à la culture est que celles-ci sont souvent accordées par les mêmes personnes selon une grille d’analyse idéologique qui empêche la diversité des sujets.
Les films (et autres oeuvres contemporaines) semblent toutes sorties du même moule. Le film de Dolan cadre bien dans cette mouvance. Il y a un microcosme parisien et il y a un microcosme montréalais, identiques idéologiquement. Les critiques françaises et québécoises ont souvent des relations incestueuses avec ces microcosmes. Ceci explique peut-être pourquoi, comme l’a souligné à plusieurs reprises M. A. Lussier, le cinéma français est devenu quasiment inexistant au Québec.
“Le film vient de prendre l’affiche à New York. Là bas aussi ils sont ridicules?”
“Homines quod volunt credunt” (les hommes croient ce qu’ils désirent) disait Jules César.
Je ne sais pas si vous connaissez bien la grosse pomme, mais les films de langue française sortent en général dans 2 salles minuscules: celle qui est à côté du Plaza et une autre dont j’ai oublié l’emplacement. Une goutte d’eau dans la mer.
—
Pour conclure, mon cher astyanax, je vous avais prié de m’expliquer pourquoi vous aviez aimé le film. Vous en avez été incapable.
Au lieu de cela, vous avez fait une critique de ma critique. C’est me faire trop d’honneur.
Vous en avez même profité pour y aller de vos petites insultes personnelles, “inepte”, “manque d’élégance”, “puéril”.
En cela, vous représentez bien la “pensée” de notre époque. Il est évidemment plus difficile d’argumenter sur le fond que de “tirer sur le pianiste”.
Dolan, dans sa réplique, même si elle est un peu ampoulée, prend au moins la peine de discuter sur le fond. Prenez-donc exemple sur lui, vous verrez c’est difficile au début, mais avec le temps ça aiguise l’intellect. Joyeuses pâques.
fruitloops
4 avril 2010
10h30
… Et maintenant le SEQUEL:
COMMENT J’AI TUÉ TOUT LE MONDE!
Dolan ne vous fait pas penser à MINI-ME (Petit-Moi) dans AUSTIN POWERS?
vlrglqqf
4 avril 2010
10h34
La rédaction d’un texte de cette importance répond à un besoin d’exprimer explicitement ce qui nous tient à coeur non pas dans le but de provoquer, mais d’informer ou pour le dire autrement, mettre les pendules à l’heure juste. N’eut été la réponse directe de Monsieur Lussier hier à 10h32, je serais resté sur ma faim. C’est en ce sens que j’ai lu et relu quelques phrases du texte de Xavier Dolan, surtout celles du “genre entourloupette” où il veut captiver d’avantage l’attention des lecteurs. Xavier Dolan n’écrit pas, il vole au-dessus de la mêlée avec les mots qu’il faut pour ce qu’ils valent expressément. Pour un gars de 20 ans qui s’affirme de la sorte, c’est extrêmement rare. Super!
sebastienmassey
4 avril 2010
11h05
Bravo M. Roy.
lecteur_curieux
4 avril 2010
11h09
Je viens de lire la réplique de Mario Roy. Je ne suis pas d’accord avec lui sur les talents actuels ou futurs de Xavier Dolan comme polémiste. Mario Roy, j’ai l’image d’un bon journaliste. Par contre, si je compare la plume de Dolan avec la sienne dans cet échange. Désolé mais le jeune a beaucoup plus de style.
Il se trompe peut-être dans certains de ses arguments, certains aiment peut-être pas cette plume. Cependant le style, c’est quelque chose qui ne s’achète. Tu l’as ou tu ne l’as pas. Peu de gens l’ont… Bien sûr, à La Presse on pourrait nommer Foglia.
Je crois qu’ils sont mûrs tous les deux pour un petit débat-rencontre à la radio et probablement Radio-Canada.
Que chacun ait ses préjugés, au départ, ce n’est pas grave en autant qu’on puisse discuter par la suite. Ils sont rendus à cette étape là, sinon cela risque d’être moins intéressant ou ne véhiculer que les clichés justement d’une part et d’autre.
ben_oui
4 avril 2010
11h40
La contre-réplique de M. Roy est efficace puisque le texte de Dolan prêtait flanc à la critique sur toute sa longueur. Cela dit, Dolan peut encore tourner la situation à son avantage, à défaut d’en sortir vainqueur.
D’abord avouer avoir erré. Non seulement les gens aiment beaucoup, mais ça démontre une capacité d’autocritique. Ensuite exploiter la partie ‘molle’ de le contre-réplique: la règle #3. Dolan, avec sa jeunesse et sa fraîcheur, peut tourner l’opposition romantisme / réalisme à son avantage, surtout avec l’utilisation du livre ‘Rebel sell’ par monsieur Roy, un livre qui vole plutôt bas disons.
Un échange intéressant au final.
sonolisto
4 avril 2010
12h24
Les opinions contre Dolan dans ce blogue sont en majorité le fait de gens qui n’aiment pas les jeunes, de gens qui n’aiment pas les homosexuels, de gens qui n’aiment pas les artissss, de gens qui n’aiment pas les quotient intellectuels plus élevés que les leurs… Dolan est un jeune artiste homosexuel très brillant! CQFD
demagogue
4 avril 2010
12h29
Dans cinq ans, au plus, plus personne ne parlera de ce petit prétentieux.
tsls
4 avril 2010
12h42
Je n’ai pas vu le film de Dolan, mais je suis au courant du processus et des rouages en ce qui a trait à la SODEC et Téléfilm Canada. Bravissimo Dolan pour avoir fait le tour de la question.
Je suis content de voir qu’il n’y a que quyelques “PHAZON” qui sont “intellectuophobe” parmi les personnes qui ont écrit des commentaies.
Mario Roy ne va pas publier beaucoup de commentaires. Roy est un anti-intellectuel, tout comme Pratte et Dubuc. Ce sont ces personnes simples “Elvis Gratton” qui sont les cheersleaders du fédéralisme au Québec. La Presse, c’est une honte nationale.
mariefrance101
4 avril 2010
12h46
“Cette réplique de la réplique” que Mario Roy nous a livrée ce matin est quant à moi un exercice plus que douteux. Rempli de remarques acerbes et hargneuses, cette chronique nous révèle un homme amer et condescendant. Pour l’avoir lu régulièrement et apprécié (autant pour les qualités littéraires du monsieur que sa grande érudition), je ne peux qu’être décue en ce dimanche pascal.
Pour lui avoir fait savoir ce matin sur son blogue, il ne me reste qu’à espérer que Monsieur Roy ne me censura pas.
astyanax
4 avril 2010
12h59
@ germanicus
Vous avez raison, Xavier Dolan n’est ni Rimbaud, ni Mozart, ni même Nelligan. Aussi, vous devriez joindre la parole aux actes et sommer tous nos fils qui ne sont pas d’authentiques génies de se taire.
Maintenant, pour ce qui est de ma propre appréciation de J’AI TUÉ MA MÈRE, j’ai cru l’avoir déjà à peu près rendue dans un commentaire précédent, mais comme vous ne semblez pas savoir lire, je veux bien préciser un peu ma pensée. Le film de Dolan exprime avec beaucoup de justesse et un sens du dialogue remarquable, le désarroi d’une certaine jeunesse québécoise incapable de sortir des pièges d’une familiarité qu’elle méprise, une jeunesse qui ne trouve pas sa liberté parce que le lieu de son accomplissement n’existe pas (encore). Cette démonstration, dans le contexte du Québec actuel, trouve il me semble des résonances sociales et politiques que je trouve très intéressantes et pour le moins troublantes. Ceci dit, mon intellect n’est peut-être pas très aiguisé, comme vous dites, mais je crois avoir tout de même réfléchi un peu plus longuement sur le film que vous qui, si j’ai bien compris, ne l’aimez pas parce que son thème est soi-disant éculé. Ah, j’oubliais, vous reprochez aussi à Xavier Dolan d’être moins bon acteur que Daniel Day Lewis. C’est là un argument capital et on ne peut que reprocher à toutes ces critiques paresseuses et complaisantes de ne pas l’avoir relevé…
Je connais effectivement un peu New York et aussi les deux ou trois salles dont vous parlez (celle que vous oubliez est située dans Houston St., Lower East Side), une goutte d’eau dans l’océan comme vous dites. Fatalement, très peu de films y sont projetés. C’est pourquoi les programmateurs doivent faire des choix déchirants, des choix qui les mènent à sélectionner, eh oui cher Germanicus, la crème de la crème du cinéma mondial…
Sinon, votre distingué commensal du Festival de Cannes vous a-t-il expliqué pourquoi son employeur s’apprête à programmer dans sa prochaine édition le nouvel opus d’un cinéaste aussi nullard que Dolan? Vous a-t-il expliqué, puisque les films français se ressemblent tous, en quoi UN PROPHÈTE, LES BEAUX GOSSES, LA JOURNÉE DE LA JUPE et LES HERBES FOLLES sont semblables? Ah! mais c’est vrai, il ne regarde plus les films français, comment pourrait-il répondre à la question, n’est-ce pas? Ne pouvons-nous pas penser que, de même, il prétend que les critiques de cinéma sont tous pareils et que c’est précisément la raison pour laquelle…. il ne les lit pas?
Joyeuses pâques à vous aussi.
yveslachance
4 avril 2010
13h00
Je viens de lire la réplique de Roy à celle de Dolan, et je trouve qu’il dit vrai… Il y a des limites à faire dire à quelqu’un des choses qu’il n’a pas dite et a éviter l’essentiel de l’argument de l’autre pour se concentrer sur les effets de toge. Pour ce qui est de sa rhétorique monsieur Dolan manque nettement de rigueur.
Au fait, Roy dit avoir bien aimé son film, alors quand il se fera vraiment planter, et ça va forcément arriver un jour, comment Dolan réagira-t-il?
lenomade
4 avril 2010
14h02
J’ai toujours eu pour mon dire qu’un artiste, aussi brillant soit-il, devrait toujours compter sur lui-même si son art mérite d’être reconnu. Et non sur une supposée “obligation” des pouvoirs publics pour financer son talent auto-proclamé (fut-il réel)!
Vive le mécénat, qui laisse la décision de financer l’Art à ceux qui l’estiment valable et n’imposent pas à la société au complet des choix imposés par une minorité “éclairée”!
André Doucet
guillaumeh
4 avril 2010
15h22
“Ceux qui connaissent ce jeune homme peuvent vous rassurer.” -Lussier
Et voilà la belle relation incestueuse entre critiques et journalistes qui se montre encore une fois au grand jour. Merci d’ailleurs à @germanicus de nous rappeler à quel point le microcosme montréalais entraîne un laxisme qui met au rancart l’idée même de l’existence d’un critique “professionnel”. Les critiques sont souvent si fiers de “connaître” les artistes qu’ils oublient parfois de… les critiquer. Désolé, Mr. Lussier, mais quand les commentaires deviennent teintés d’une espèce d’amour mal refoulé, il est temps de revoir ses manières… Sérieusement, en lisant les entrevues et les textes présentés içi, on a parfois l’impression de voir un émule d’Anne-Marie Losique, circa 1998, béate et émoustillée devant Ben Affleck.
unholy_ghost
4 avril 2010
15h23
La dernière réplique de M. Roy est consternante de condescendance. La réaction du Roy quand il s’est fait mater par le fou.
Qu’il commence par savoir lire. Dolan n’a pas attaqué le “cinéma mercantile”, comme Roy l’écrit avant d’y aller de ses fadaises sur le fric au cinéma, mais au système des subventions de Téléfilm, système que critique à peu près tout le cinéma dit indépendant et les revues cinéphiles.
M. Roy nous laisse deviner, bien candidement, qu’il connaît quelqu’un qui a soumis un projet de film aux institutions. Si j’étais méchant, je dirais que Mario Roy est presque en conflit d’intérêt en défendant bec et ongle les organismes subventionnaires quand on sait que sa biographie de Gerry Boulet est sur le point d’être tournée par Alain DesRochers, exactement le genre de film populiste que fustige à bon droit Dolan. Bref, le jupon semble dépasser…
Marc-André Lussier
4 avril 2010
15h40
@ guillaumeh
J’aime beaucoup Anne-Marie Losique :-))
jon8
4 avril 2010
15h53
@ sujet
Houlala… Nous tombons ici dans le puéril débat intello masturbatoire.
Tiens, le ”jeune” et le ”vieux”… pour vous stimuler. Ne me remerciez pas.
http://www.youtube.com/watch?v=6c4OlAsAvOk
@zoom
Bien sûr que j’ai des vues commerciales. On ne balance pas 500k de sa propre poche sans ambitionner de récupérer sa mise, d’une façon ou d’une autre..
Oui, je sais pour les conventions collectives, UA and such… Dans ce cas, je ne vois qu’une solution: réduire l’équipe de tournage/production au minimum. Ce qui réduira les frais de shooting sur location, ceux là même réduit au minimum, et tout ce que cela implique en frais divers.
Pour l’équipement… J’opterais pour le numérique. DSLR probablement, ce qui permettrait de sauver en (laborieux et coûteux) setting d’éclairage, poids donc transport et main d’oeuvre, etc… Louer autant que possible, acheter le reste et revendre avant que la dévaluation frappe.
Mais avant tout, n’est-ce pas possible de penser aux coûts dès l’écriture du scénario ? N’est-ce pas possible de réduire les coûts par une planification serrée ?
Mais mon questionnement demeure: qu’est-ce qui est incompressible ? Et qu’est-ce qui coûte le plus cher de nos jour dans la production d’un film ?
Sur ceci, d’ailleurs, Mario Roy s’égare (ou croit à la vie sur Mars). Nombreux films dans l’histoire ont été tournés avec un budget très mince, voire rachitique. Et plusieurs d’entre eux ont connus un succès tel au box-office qu’ils ont les meilleurs rendements de profitabilité % de l’industrie.
Un des plus connus: Blair Witch Project. Coût: 22,000$. Revenus mondiaux: 248 millions $.
Plus vieux, le film Deep Throat en ‘72 a coûté aussi 23,000$ (de l’époque) pour engrager des centaines de millions.
Un film plus récent: Paranormal Activity… 15,000 balles que ca a coûté.
David Lynch avec son film culte Eraserhead: 10,000$ qu’il a amassé de peine et de misère pour tourner quelques scènes à la fois.
La trilogie de Apu (années 50) de Satyajit Ray a coûté des peanuts, et pourtant c’est considéré comme dans les meilleurs films de tous les temps.
Bergman, ne finançait-il pas la plupart de ses propres films ? Qui ne coûtait pas la peau des fesses à produire..
El Mariachi, qui a lancé la carrière de R. Rodriguez: 7,000$
Reservoir Dogs de Tarantino… Il n’avait même pas assez de fric pour prendre l’avion en réponse à l’invitation a NY de Keitel!
Je pense qu’il y a un effort à faire de la part de l’industrie cinématographique, en général, et sur le marché Québécois plus spécifiquement, pour au moins tenter de se diriger vers une rentabilité de ces projets, fatalement commerciaux, puisque distribués.
J’observe le réflexe malsain de vouloir ‘’suivre” le modèle hollywoodien, a l’instar de la planète entière, autant au niveau de ”trouver la recette qui paie” qu’au niveau technique (style de film, effet spéciaux, esthétique, etc..) alors que le marché potentiel est absolument incomparable au modèle U.S (anglophone). La langue ici étant, entre autre, une barrière. Il ne faut pas s’en cacher.
Si les revenus moyens d’un film sur le marché Québecois sont de, disons, 1,5 million. Les budgets devraient impérativement être ajustés en conséquence. L’aide gouvernementale devrait, à mon humble avis, aider les jeunes aspirants réalisateurs à produire des films à micro-budget; par le biais d’aide au niveau éducatif, prêt d’équipement, concours, etc…
Ce qui ferait d’une pierre deux coups: former et encourager une relève possiblement écrasée devant la difficulté financière de produire un film (tous n’ont pas le guts, le charisme et le timing d’un Xavier pour arriver à leurs fins) et aussi cela les habituerait à travailler avec peu pour faire beaucoup, sans devoir se fier systématiquement à la mamelle gouvernementale.
Je crois fermement qu’à l’ère d’internet et du numérique, un profond changement s’impose. À plusieurs niveaux.
guillaumeh
4 avril 2010
15h59
Si j’étais commentateur sportif, je dirais : il marque dans son propre filet!
crocomick
4 avril 2010
16h10
Qu’il ait raison ou pas, il est une chose certaine à 100 %, ce gars-là a une plume extraordinaire. Extra !
zoom
4 avril 2010
16h31
@jon8
Est ce que ce sera ton premier film?
scarecrow
4 avril 2010
16h32
Quant à moi, M. Roy s’enfonce encore davantage avec sa réplique à la réplique. Désolant.
lecteur_curieux
4 avril 2010
16h41
Je pense encore plusieurs choses dont celle que ce n’est pas le rôle d’un éditorialiste de faire ce genre de texte d’humeur ou de chronique. L’éditorialiste doit être plus neutre émotivement tout en défendant l’opinion de son journal.
Pour ce type de textes, il devrait avoir son propre blogue tout comme Nathalie Collard en a un depuis peu. Si l’éditorialiste redevient chroniqueur tout en gardant sa position, il faut distinguer les deux textes. Est-ce que Nathalie Petrowski pourrait être éditorialiste en chef de La Presse ? J’en doute et cela ne l’intéresserait pas.
Autrement, Roy tout comme Dolan peuvent continuer à débattre quoique si j’étais OBAMA, je convoquerais UN SOMMET DE LA BIÈRE et ce serait réglé.
jon8
4 avril 2010
16h50
@zoom
Long-métrage, oui.
germanicus
4 avril 2010
17h27
@astyanax
Le fait que le prochain Dolan soit sélectionné à Cannes ne veut rien dire. Ainsi que je vous l’expliquais, il représente (sa personne, sa personnalité, son parcours, le sujet de son film primé) tout ce qu’aime le microcosme contemporain.
L’angle sous lequel vous avez appréhendé le film de Dolan est symptomatique. Lorsque vous dites : “une jeunesse qui ne trouve pas sa liberté parce que le lieu de son accomplissement n’existe pas (encore)”, je trouve que vous tombez justement dans le piège de notre époque: la liberté de la jeunesse est-elle seulement possible? La “jeunesse” existe-t-elle même réellement en dehors du marketing capitaliste? Cette entrevue récente de Bégaudeau chez Ruquier sur son dernier livre est assez éclairante: “la jeunesse, invention marketing”.
http://www.dailymotion.com/video/xctmd9_begaudeau-sorman-vs-naulleau-zemmou_news?start=2
http://www.dailymotion.com/video/xctmi2_begaudeau-sorman-vs-naulleau-zemmou_news
Si vous avez le temps de regarder cet entrevue au complet, vous comprendrez combien Dolan est tombé les deux pieds joints dans le moule. Il fait dans le cliché car il est lui-même le produit de son époque. À mon avis, cependant, il est déjà le passé.
Mario Roy lui a parfaitement répondu: c’est la leçon du créateur au créé. À la lecture des commentaires cependant, on sent que le ton du professeur à l’élève agace au plus haut point. Là encore, nous sommes bien dans cette époque qui est le produit de l’idéologie des 30 dernières années, idéologie dont les murs commencent à se fissurer.
Vous et moi, nous ne sommes pas d’accord, mais je vous remercie tout de même d’avoir finalement échangé vos idées avec les miennes. C’est beaucoup plus intéressant comme ça. On s’accordera au moins sur un point: l’ “affaire Dolan” ne laisse pas indifférent, grâce au nouveau pouvoir du net.
zoom
4 avril 2010
19h37
@jon8
Je salue ton audace et ton courage. Je te souhaite que tout roule comme prévu…
jpl2008
4 avril 2010
20h02
@vlrglqqf, je suis d’accord avec vous.
Ce n’est pas le contenu de cet échange de répliques qui me frappe. C’est la forme. Et Xavier Dolan aura l’intelligence de ne pas répondre à l’éditorialiste, ce qui n’a pas été le cas de ce dernier.
antoinepierpont
4 avril 2010
20h34
Que de condescendance de Mario Roy, pour qui se prend-il ce niveleur par le bas
quand il écrit
“il n’y a pas de frontière étanche entre la qualité artistique et le potentiel commercial d’un film.”"
Toute l’histoire des arts prouve le contraire. Van Gogh n’a jamais vendu un seul tableau de sa vie… regardez la valeur aujourd’hui
des choses doivent être aidées et la valeur sera reconnue…
aucune des “petites cultures ” de la planète n,existerait avec un tel raisonnement….
et la diversité des expressions culturelles mourraient
jon8
4 avril 2010
21h55
@antoinepierpont
Je pense que c’est totalement faux.
Mario Roy a raison sur ce point: il n’y a rien qui empêche un succès critique d’être un succès commercial, et vice versa. C’est, à mon avis, le consécration absolue d’un produit artistique; l’artiste n’accepte pas le compromis dans sa liberté créative, et… Un (large) public l’accepte et le récompense. C’est aussi une recherche d’équilibre qui peut être extrêmement difficile à réaliser…
Trois exemples de notre époque, parmis tant d’autres, que je puisse trouver c’est:
Radiohead (musique)
Chris Nolan (cinéma)
Steve Jobs (techno)
Je déconne bien sûr pour le dernier (quoique..) haha
astyanax
4 avril 2010
22h03
@ germanicus
Au fond, vous blâmez Xavier Dolan d’être un pur produit de son époque. Et de quelle autre époque devrait-il être le témoin? Désolé, mais je ne vous suis pas. Vous avez mentionné Mozart un peu plus tôt. Existe-t-il une musique plus représentative de la fin des Lumières que la sienne? Quelqu’un a-t-il, mieux que lui, exprimé les derniers feux de l’Ancien Régime? Et allez-vous, Germanicus, le lui reprocher? Et puis d’abord, sur cette question, vous vous contredisez: vous prétendez d’abord que Dolan est tombé dans le «moule» du «microcosme contemporain» avant d’ajouter qu’il «est déjà le passé». Faudrait vous brancher, non?
Par ailleurs, merci pour les liens, je les regarderai peut-être quand j’aurai plus de temps. Je reste toutefois dubitatif devant les conclusions que vous en tirez. Ainsi, la jeunesse serait une invention du «marketing capitaliste»? Je veux bien admettre les liens entre le capitalisme et la «culture jeune», mais la jeunesse tout court? La jeunesse dont ont parlé les poètes, de Ronsard à Verlaine, c’était aussi une invention du marketing capitaliste? Et puis, enfin, depuis quand c’est chez Ruquier que disparaît l’idée même de la jeunesse?
Vous dites aussi: «Le fait que le prochain Dolan soit sélectionné à Cannes ne veut rien dire.» Absolument rien, en effet! Tout le monde sait bien qu’il s’agit là d’un tout petit festival de province dont la planète entière se fout royalement…
Enfin, vous dites aussi que «vous et moi, nous ne sommes pas d’accord». Rien n’est plus vrai, en effet. Je ne pourrai jamais être d’accord avec ceux qui, comme vous, entretiennent une détestation du présent, détestation que je laisse aux réactionnaires et aux nostalgiques d’un temps passé qui n’a jamais existé autrement que dans leurs fantasmes.
astyanax
4 avril 2010
22h16
@ germanicus
Nous ne sommes pas d’accord, mais, néanmoins, je viens de flasher que nos deux pseudos sont présents dans les tragédies de Racine. Est-ce un signe?
boleo
4 avril 2010
22h47
Il serait temps de retirer ces blogues qui sont sans intéret a part l´égo de l´un et de l´autre.
missmckenzie
4 avril 2010
23h12
@jon8 : Mais vous dites vraiment n’importe quoi !! Vous semblez vraiment vous improviser producteur/réalisateur… J’en suis soufflée.
demagogue
5 avril 2010
00h50
Il a l’air d’un petit Chiant. Pas capable de prendre une critique, qui s’avère, finalement assez juste en regard de la réaction du petit génie.
Cannes a apprécié le film, c’est tout, les intellos d’ici ont coller la vedette du jour en espérant que ça les imbibent du génie du Dolan.
Film finalement assez platte. Rien de neuf.
Attendons le deuxième. Si les snobinard du bord de la Méditerranée trouve autre chose pour s’extasier….. plouf…. le flop.
J’en ai assez des bébés gnagnagna qui sont pas capable de prendre une tite-critique.
Je les emmerde tous, ces cons.
effemmere
5 avril 2010
01h24
je seconde boleo, le supposé “journalisme” n’a jamais été si bas.
mamiedou
5 avril 2010
07h48
Demagogue, je ne sais pas si cela vous a fait du bien de cracher ainsi votre venin qui sent à plein nez le mépris pour le succès des autres, mais espérons-le! Je ne serais pas surprise que vous n’ayez même pas vu le film tout en nous faisant croire le contraire. Je trouve que pour un 1er film, c’était excellent. J’ai beaucoup aimé et ça ne fait pas de moi une “snobinarde” et une “conne”… Mais bon!
Cela étant dit, je trouve que M. Roy use à outrance d’un ton paternaliste dans sa réplique. Il n’était pas nécessaire qu’il en rajoute autant.
arnolde
5 avril 2010
08h07
J’ai rien compris de ce qu’il a dit. En langage ‘du peuple’ svp. Je dois être un espèce de demeuré qui préfère manger du popcorn en écoutant Avatar (comme 90% du reste du monde).
M’a l’air méprisant le p’tit gars. Si on donnait de l’argent à tout le monde qui voulait faire un film, y’en aurait pas mal de gaspillé. Aussi simple que ça
sbarry
5 avril 2010
09h34
Wow … on dirait qu’il y’en a deux qui aurait bien aimé être invité à TLMEP …
cependant, je crois que Mr Dolan aurait accepté d’y être en même temps que vous afin de débattre, mais vous Mr. Roy ? J’en doute … du moins, vous ne pourriez certainement pas utiliser le style ”Là-m’a-t’expliquer-le-sens-de-la-vie-ti-gars, moi-j’ai-un-long-CV” propre aux professionnels bien assis sur leur expérience et qui utilisent l’argument de la jeunesse lorsque ébranlé …
Telefilm a presque le devoir de retourner tout le monde à sa planche à dessin au moins une fois, et il est vrai que Mr. Dolan devrait dire un p’tit merci car il a du remettre un meilleur scénario grâce à ses premiers refus.
Steve Barry
pierlebel
5 avril 2010
10h21
Ce jeune homme, décidément, a le succès difficile. Son premier film a été reconnu par plusieurs prix un peu partout. Ça lui a monté à la tête. Et je crois qu’il y a bien des gens autour de lui qui l’aident à la garder bien enflée, malheureusement. C’est déplorable, car une fois bien gonflée, elle risque d’éclater. Il a fait un bon premier film? Bravo! Il a gagné des Jutra? Rebravo! Je ne crois pas que ça lui confère déjà l’autorité morale de mordre tout ce qui bouge, en commençant par les mains qui le nourriront, les bailleurs de fond et le public (qu’il dénigre de façon hyper pédante et pas à peu près…). L’éditorial de M. Roy était bien innocent comparé à ce délire hystérique d’adolescent frustré par ce monde qui ne le comprend pas, qui n’a pas su reconnaître son grand talent et qui l’a laissé souffrir trop longtemps, lui le génie intello. Mieux vaut en rire. C’est pitoyable. Il aurait mieux fait de se taire.
kallisoon
5 avril 2010
11h05
@ Arnolde
Pourquoi est-ce que les gens qui sont intelligents et qui savent bien articuler leurs opinions se devraient d’écrire en «langage du peuple» comme vous le demandez? Serait-ce pour ne pas complexer les pauvres gens qui n’ont jamais voulu lire un putain de livre de leur vie? Vous percevez Dolan comme méprisant parce que la qualité de son texte vous complexe. Je vous conseille d’oublier l’affront que vous avez subi avec une ration de beurre supplémentaire dans votre popcorn lorsque vous vous précipiterez pour voir le dernier succès hollywoodien fait pour «90% du reste du monde».
georgesprivet
5 avril 2010
11h13
Réplique à la réplique de la réplique (ça peut durer longtemps comme ça, mais on ne s’en plaindra pas, tant que ça permet de balancer quelques vérités entre deux mensonges…),
Monsieur Roy,
Que la courte déclaration (justifiée, posée et élégante) de Xavier Dolan à la Soirée des Jutra ait pu vous contrarier au point de lui consacrer un éditorial est déjà stupéfiant en soi (comme s’il n’y avait pas d’autres « clichés », pour reprendre votre expression douteuse, à dénoncer au terme de cette soirée mortifère, truffée de lieux communs et de bêtises autrement plus « clichés » que la sortie de Dolan). Mais de vous voir revenir à la charge pour attaquer la réplique très bien écrite et argumentée de Dolan avec la condescendance d’un donneur de leçons particulièrement méprisant (« Règle numéro un », « Règle numéro deux », « l’écrit pamphlétaire, c’est pas son truc », ZZZZZZZZZZZZZZ, etc…) est franchement triste, étonnamment puéril et ne vous honore guère.
En disant ce qu’il a dit (avec beaucoup de tact et de sang froid) à la Soirée des Jutra, Xavier Dolan n’a fait qu’exprimer ce que TOUS les cinéastes indépendants devraient dire en ce moment (et que beaucoup taisent de peur de mordre la main qui les nourrit… parfois). Et que ces propos évidents (dénonçant « des institutions bien-intentionnées mais pourtant mercantiles, qui imposent à l’industrie comme aux spectateurs des standards qui sous-estiment notre intelligence et effacent notre identité ») puisse faire l’objet d’un débat comme celui que vous avez amorcé, témoigne d’une bien triste situation ; celle d’une culture où les millions dilapidés en niaiseries (« Pour toujours le Canadien », « Le bonheur de Pierre », « Grande Ourse », etc…, la liste est longue et vous la connaissez comme moi…) choque moins qu’une évidence formulée de façon juste et posée ; une culture où le cinéma indépendant a – peu importe ses réussites – toujours moins de moyens, de salles et de visibilité, et où l’autre cinéma bénéficie, peu importe ses manquements, de toujours un peu plus de place et d’argent…
Vous dites que Dolan en appelle à la censure dans son texte; c’est faux. Il ne fait que s’étonner, comme plusieurs lecteurs de « La Presse », que vous ayez pu écrire un texte comme le vôtre quelques jours à peine après que vos collègues Nicoud, Morrissette et Cassivi aient signé un excellent dossier mettant très bien en relief les problèmes bien réels que vous tassez pourtant du revers de la main. Nul appel à la censure là-dedans. Juste un étonnement légitime (et partagé).
Et si la référence à « Dédé à travers les brumes » vous hérisse tant (elle occupe la plus grande partie de votre texte), c’est peut-être – comme le souligne très justement unholy_ghost, dont je viens tout juste de lire le commentaire – à cause de votre implication dans un projet du même genre; à savoir la biographie de Gerry Boulet, partiellement basée sur votre ouvrage, « Avant de m’en aller », qui sera bientôt portée à l’écran par Alain DesRochers, d’après un scénario de votre collègue, Nathalie Petrowski. Quand on sait ça (et vous ne vous en vantez évidemment pas…), on comprend mieux votre réaction épidermique à la phrase assassine de Dolan.
Vous commencez votre texte en disant qu’ « On ne peut pas être un génie en tout ». Peut-être…Mais il est toutefois possible de se tromper, comme vous, avec une belle constance. Et à choisir entre deux pamphlétaires, je préfère de loin l’argumentation et la plume de Dolan aux vôtres.
Car si au royaume des aveugles vous n’êtes peut-être pas encore le Roy (faut dire qu’il y a de la compétition!), force est d’admettre que vous ferez un redoutable candidat au titre si vous persistez longtemps à signer des éditoriaux comme celui-là…
Georges Privet
Marc-André Lussier
5 avril 2010
11h27
@ georgesprivet
Permettez-moi simplement de vous saluer. On s’ennuie de vous.
astyanax
5 avril 2010
11h49
@ georgesprivet
Tout est dit, et très bien dit.
Merci et au plaisir de vous lire ici ou ailleurs…
unholy_ghost
5 avril 2010
11h55
Monsieur Privet, c’est un honneur d’être cité par vous. Effectivement, on s’ennuie de vous.
unholy_ghost
5 avril 2010
12h06
M. Privet souligne une chose importante: grâce à sa position de force après son succès critique et publique, Dolan se permet de dire tout haut ce que la plupart des cinéastes indépendants pensent tout bas et ne peuvent dire pour ne pas essuyer les représailles des organismes subventionnaires. Il y a aussi l’insouciance de la jeunesse: s’il se plante au prochain film, Dolan devrait avoir le retour de manivelle d’un système qui fonctionne plus par prébendes que par la liberté d’opinion.
unholy_ghost
5 avril 2010
12h13
Tous les films naissent égaux, mais peut-on dire que sur papier Gerry s’annonce royal: biopic de Boulet + Alain DesRochers + Mario St-Amand, tous les ingrédients sont là…
Et puis, Dieu du ciel, on ne coiffe pas son film du même titre qu’un chef-d’oeuvre absolu du cinéma signé Gus Van Sant….
carmella
5 avril 2010
13h07
@ Monsieur Privet: Je vous aime.
bomarco
5 avril 2010
13h39
@germanicus
Toujours intéressant de lire vos interventions, et ce, peu importe le blogue ;)
Salutations
norm05
5 avril 2010
13h54
Vous devriez remercier M. Dolan de vous faire l’honneur d’écrire sur votre blogue car il le fait bénévolement et ce n’est pas votre cas. Nous n’avons aucune idée des sujets qui pourraient vous intéresser de manière gratuite, vous les journalistes qui avez une tribune chauffée pour vous exprimer et qui vous donne toujours le dernier mot sur les débats que vous amorcez.
Ce jeune homme a le droit à ces coups de sang et à l’invectiver n’est-ce pas le meilleur moyen de le conduire tout droit à “vouloir tuer le moindre critique”.
Que faisiez-vous à 20 ans, vous M. Roy? Vous semblez avoir tout fait ce que M. Dolan vous reproche de ne pas avoir fait qu’il a fait! Il y a beaucoup de Mozart assassinés par ces détenteurs du pouvoir de la parole dont vous êtes et qui se gardent bien de partager ce pouvoir de crainte de perdre quelques sous.
monsieur1979
5 avril 2010
14h27
@unholy_ghost: “Si j’étais méchant, je dirais que Mario Roy est presque en conflit d’intérêt en défendant bec et ongle les organismes subventionnaires quand on sait que sa biographie de Gerry Boulet est sur le point d’être tournée par Alain DesRochers, exactement le genre de film populiste que fustige à bon droit Dolan. Bref, le jupon semble dépasser…”
MÉCHANT ? Vous n’êtes pas méchant du tout ! Vous éclairez et expliquez la réaction épidermique de Monsieur Roy à un commentaire sommes toutes assez banal de Monsieur Dolan. C’est pour ça qu’il est pas content. Il se sent piqué parce qu’il va bientôt faire son entrée au cinéma à travers la grande porte des biopics qui plaisent tant à ceux qui trippent sur Avatar et Marie-Claire Blais !
jon8
5 avril 2010
15h12
@missmckenzie
faudra plus que de balancer deux lignes pour me faire sortir mon calepin de notes.. Un peu d’effort! ;-)
zoom
5 avril 2010
15h30
Ne pas mordre la main qui vous nourrit… Voilà ce qui impose le silence à certains et qui motive d’autres à “téter”…
Pour bien comprendre les propos de Dolan, il faut comprendre le mécanisme de financement. Téléfilm par son mandat mise sur la performance, donc le côté plus commercial du cinéma. La Sodec, de son côté, encourage le film d’auteur et les jeunes cinéastes, quoiqu’elle ne renie pas l’aide à quelques projets plus commerciaux. Pour monter un financement, on se doit d’avoir le financement des deux institutions…
Mais voilà qu’un se veut résolument commercial alors que l’autre préfère les auteurs.
De plus, il faut attirer un distributeurs qui va dépenser beaucoup d’argent, pour les films commerciaux, et de la bonne volonté pour les films d’auteurs. Dépendant du produit et de l’argent investit, le nombre de salles sera conséquent. Maintenant, pour bien vendre son film, le distributeur fera appel à un palmarès d’acteurs qui peuvent remplir les salles (C’est pourquoi on voit toujours les mêmes têtes…) Bien sur Téléfilm est très sensible à ce palmarès et se permet souvent de remettre en question le casting proposé par les créateurs… De plus, pour un film dans lequel ils investissent une bonne somme, les distributeurs ont pris l’habitude de faire des “focus group” pour s’assurer que tout le monde va comprendre le film. Ils peuvent alors demander des changements au montage. Les exigences du commerce sont régulièrement en conflit avec la création…
Bien sur que ça coûte cher faire du cinéma mais tout ce que Dolan dit c’est que le commerce y tient le haut du pavé et que les critères de sélection sont dominés par l’aspect commercial et les “primes” à la performance…
Nier ceci est du à la crainte de mordre la main qui nous nourrit…
jon8
5 avril 2010
17h25
@zoom
le cinéma c’est la croisée des chemins entre le monde des affaires et celui de l’art. Quel beau challenge! :)
zoom
5 avril 2010
17h54
@jon8
Malheureusement le talent que ça prend pour achever les deux volets se retrouve rarement chez la même personne.
Autrefois (pas loin, 10 ans) il y avait un producteur exécutif et un producteur au contenu. Un des deux à disparu. Devine lequel?
Vive les comptables…
cinematographe
5 avril 2010
18h01
M. Privet, permettez-moi d’en rajouter: en effet, on s’ennuie.
Pour le cas Dolan, je suis quand même d’accord avec Roy sur une chose: c’était bel et bien un cliché. Je ne sais pas quel réalisateur indépendant se tait sur la question du financement au Québec, le débat est soulevé constamment, et il me semble bien qu’il se trouve toujours quelqu’un au gala des Jutras pour faire un petit speech du même acabit que celui de Dolan cette année. Ceci dit, si cette critique revient souvent, c’est qu’elle est juste. Ceux qui disent que Dolan fait son petit roi en revendiquant plus d’argent pour SES projets devrait relire son texte, jamais il se plaint d’avoir manqué de financement, il brosse un portrait at large, avec lequel il est difficile d’être en désaccord.
@zoom Je ne sais pas où vous avez vu que la sodeq finance plus le cinéma dit “d’auteur” (je déteste cette appellation appliquée à cette situation, surtout au Québec), ils ne sont pas vraiment mieux que Téléfilm, à part quelques programmes destinés aux débutants. Il y a seulement le Conseil des Arts quant à moi qui semble vouloir donner un réel soutien à des projets plus personnel, moins axé sur la rentabilité.
Il y a un problème pour moi dans tous ces organismes qui basent leur évaluation sur un scénario, ce qui exclue d’emblée tous les films qui ne sont pas fondés sur un scénario. Comment proposer un film contemplatif à la sodec? Même pour les documentaires, il faut écrire un scénario complet avant le tournage et prévoir la réaction des intervenants, on ne peut pas dire simplement “ben on va voir ce qui va se passer”, ce qui est le propre des démarches documentaires les plus intéressantes. Les accidents de tournage, l’inspiration du moment, la créativité du tournage ne semble pas possible pour les organismes financiers, il faut que tout soit contrôlé à l’avance. Au final, cela réduit énormément le type de projets qui peuvent être sélectionné et appauvrit la cinématographie nationale de manière significative. Sodec, Téléfilm, c’est du pareil au même, c’est de la m…
C’est toujours drôle d’entendre des petites piques comme celle de Dolan dans le cadre des Jutra, une soirée qui est là essentiellement pour dire qu’il n’y en a pas de problème, et qu’il est donc bon notre cinéma. Je ne pense pas que c’est la meilleure tribune pour ce genre de critique, ce serait plus significatif de carrément boycotter la soirée, aussi m… que ces organismes qu’elle soutient.
arnolde
5 avril 2010
18h28
@kallisoon
Laisse-moi te dire que si j’étais responsable de sommes d’argent, que je devais rentabiliser, j’investirais dans des Avatar plutôt que d’autres films.
Ici au Québec, on devient fou quand un des nôtres obtient quelque succès que ce soit. Cette sympathie que Dolan s’est attirée, il s’en sert, comme 95% du monde ici le prouve car ils sont prêts à lui lécher le cul parce que quoi? Il a fait UN bon film?
Et savez-vous quoi? Je le plains ce gars-là. Parce que son prochain film sera très attendu. Il se prend déjà pour une star. Mais si il livre pas la marchandise, il va tomber de très haut.
Ce gars-là est prétentieux et ça m’achale. Je veux pas que ça représente le Québec et je veux pas qu’il ait une cenne de mes impôts.
En passant l’intelligence c’est pas nécessairement de savoir parler avec des beaux mots. Ce gars-là est certainement intelligent, mais il a pas fait de la physique nucléaire, mais bel et bien un putin de film. Cameron c’est un génie à côté de ce gars-là, un visionnaire.
zoom
5 avril 2010
19h16
@cinematographe
Je le tiens par expérience et parce que j’ai souvent affaire avec la SODEC. Sur les blogues, il n’y a pas que des théoriciens…
Pour ce qui en est des scénarios documentaires, ce qui est déposé offre toute la lattitude pour jouir des imprévus. Un scénario de documentaires est avant tout une proposition bien étayée des objectifs à atteindre et du point de vue qui sera développé dans le film (avec beaucoup de bla bla pour soutenir)…
Quand au film contemplatif… Pourquoi avez-vous besoin d’institution… Le Conseil des Arts est tout indiqué pour vous…
zoom
5 avril 2010
19h19
PS cinematographe…
J’ai tourné 2 documentaires avec les institutions et jamais je ne me suis buté cette rigueur que vous exprimez lors du dépôt des scénarii…
jon8
5 avril 2010
19h19
@zoom
Faire un film c’est aussi (et p-e avant tout) une histoire de travail d’équipe. C’est peut-être une des rares formes d’art où il est virtuellement impossible de tout faire seul. Cet aspect rapproche beaucoup du domaine des affaires.. Gestion, administration, ressources humaines, etc..
“Anyone who has ever been privileged to direct a film also knows that, although it can be like trying to write ‘War and Peace’ in a bumper car in an amusement park, when you finally get it right, there are not many joys in life that can equal the feeling.” – Stanley Kubrick
zoom
5 avril 2010
19h55
@jon8
Ce n’est que ça…
zoom
5 avril 2010
19h59
Jon8
J’oubliais ça prend aussi des idées…
zoom
5 avril 2010
20h23
@cinematograohe
Je vous relisais… Vous pétez vraiment plus haut que le trou…
jon8
5 avril 2010
20h25
Je discute avec le même “zoom” que sur le blogue de bourse ?
jon8
5 avril 2010
20h30
“Malheureusement le talent que ça prend pour achever les deux volets se retrouve rarement chez la même personne. ”
J’imagine que c’est un peu le même portrait que dans le web; programmeur/designer
D’ailleurs, au cinéma est-ce que ce n’est pas plus naturel qu’un réalisateur décide d’être (aussi) producteur que l’inverse ?
Un réalisateur-producteur est avant tout un réalisateur qui ne cherche qu’à garder le contrôle, am i right ?
zoom
5 avril 2010
20h44
C’est le même …
Ils sont rares les producteurs qui deviennent réalisateur. L’inverse est plus fréquent.
cinematographe
5 avril 2010
20h45
@zoom
Vous ne semblez pas comprendre: ça dépend simplement du type de projet que vous proposez. Le problème, c’est que la SODEC, comme Téléfilm, ne sont ouvert qu’à un type assez restreint de projets. Franchement, je ne vois pas pourquoi vous tenez tant que ça à défendre la SODEC. Ils donnent leur aval essentiellement aux mêmes projets que Téléfilm, la majorité des films qui se retrouvent sur nos écrans ont eu du financement des deux côtés. Vous le dites vous-mêmes, on a besoin des deux. On parle essentiellement de long métrage fiction ici, pour les courts et le documentaire, c’est certainement différent, la SODEC est, oui, plus ouverte pour ces genres. Pour le documentaire, oui, on présente avant tout des objectifs, il reste que le document à remettre est ridiculement précis pour un genre qui repose souvent sur un certain inconnu.
Pourquoi le film contemplatif devrait se passer du financement des deux principaux bailleurs de fonds? Vous confirmez exactement ce que je disais: ces organismes sont ouverts à certains types de projets seulement, au détriment d’autres. Je n’ai rien contre les scénarios, mais il y a autre chose. Anyway, la très grande majorité de ce qui se fait au Québec est très scénarisé, ce n’est pas pour rien. On a une structure de producteur / distributeur aussi serrée ici qu’ailleurs, malgré qu’il s’agit de fonds public, et le côté mercantile ressort de façon flagrante.
jon8
5 avril 2010
20h52
@zoom
le ”Z” majuscule/minuscule m’a fait hésiter. (et aussi le fait que la bourse et le cinéma attirent habituellement une clientèle fort différente… hehe)
zoom
5 avril 2010
21h00
@cinematographe.
Je ne défends pas la SODEC. Mais c’est faux de prétendre que les deux institutions financent les mêmes films. Ceux qui sont produits, oui. Mais tous les autres qui ne se font pas? Je ne défends rien. J’ai eu autant de projets refusés qu’acceptés. Je pense que le système est à repenser mais pour l’instant c’est celui qui fonctionne et pour arriver à faire des films, il vaut mieux le connaître que de l’imaginer.
Pour ce qui est de films plus audacieux, ces institutions sont des organismes gouvernementaux et n’ont pas le mandat de faire du cinéma “sans scénario”. Et ce n’est pas péjoratifes de dire que le Conseil des Arts s’en occupe.
Pour le reste, le jour où les Réalisateurs, les Producteurs , les Scénaristes, les Techniciens et les acteurs arrêteront leur guerres de clochers, une nouvelle force pourra faire changer les choses. En attendant, il vaut mieux savoir dans quoi on embarque quand on veut en vivre et qu’on pense qu’on a à dire quelque chose à dire qui peut intéresser ceux qui paient (Ici je parle du payeur de taxe)
zoom
5 avril 2010
21h09
@jon8
Dans les deux cas ça prend des nerfs solides et beaucoup de travail…
jon8
5 avril 2010
22h33
basé sur mon expérience récente, le cinéma risque de demander immensément plus de travail que la bourse… Pour les nerfs, ça je te l’accorde. Quoique…
unholy_ghost
6 avril 2010
11h35
“En attendant, il vaut mieux savoir dans quoi on embarque quand on veut en vivre et qu’on pense qu’on a à dire quelque chose à dire qui peut intéresser ceux qui paient (Ici je parle du payeur de taxe)”
Ce que je dis: du populisme. Premièrement, le “payeur de taxe” ne sait pas ce qu’il veut; il n’y a pas de recettes assurées pour avoir un succès. Qui aurait pu deviner qu’un film avec des universitaires qui parlent de Marx et de cul allait marcher autant? Deuxièmement, les cinéphiles aussi payent des taxes. Troisièmement, ce sont souvent les films pointus qui ont du succès à l’international et deviennent des classiques, autrement dit qui ont un impact certain sur la définition même de la culture québécoise. L’investissement dans le cinéma devrait aussi (surtout?) servir à cela. Pour faire une analogie, les Gouvernements sont bien mieux d’investir dans Denis Marleau que dans le théâtre d’été.
zoom
6 avril 2010
15h26
@unholy_ghost
Le bout important que vous avez manqué c’est “Avoir quelque chose à dire”…
Populiste?… Pointus?… Le payeur de taxe, à ce que je sache fait partie des deux…
germanicus
6 avril 2010
20h08
@bomarco
Merci, c’est gentil :-)
louise52
7 avril 2010
11h33
Comme certains, je doute qu’il soit l’auteur du texte de sa réponse ! Si c’est lui, il possède à 18 ans, une plume qui dépasse les vieux loups de la critique.
p0917666
13 avril 2010
22h22
Je ne doute pas un seul instant que Dolan soit l’auteur de sa réponse. Elle a été tout simplement beaucoup plus réfléchie et moins précipité que celle de M. Roy… Comme quoi l’on apprend pas aux jeunes singes à faire des grimaces…