Jozef Siroka

Jozef Siroka - Auteur
  • Le blogue de Jozef Siroka

    Jozef Siroka est journaliste au pupitre à lapresse.ca et blogueur cinéma à temps partiel.
  • Lire la suite »

    Mardi 6 octobre 2009 | Mise en ligne à 13h40 | Commenter Commentaires (42)

    Sortie en règle contre la «qualité québécoise»

    0207_cin_polytechnique.JPG

    Le plus récent essai d’André Habib dans Hors Champ, Mortes tous les après-midis, aurait pu avoir pour surtitre Une certaine tendance du cinéma québécois tant il évoque (par sa manière, par son ton, par son intensité) le célèbre texte de François Truffaut paru en 1954 dans les Cahiers du Cinéma.

    Dans Une certaine tendance du cinéma français – devenu par défaut le manifeste de la Nouvelle Vague – Truffaut dénonce avec un grand D ce qu’il considère avec sarcasme la «qualité française», ce cinéma encensé par les bien-pensants de l’époque qui mise sur des adaptations académiques de classiques littéraires et qui prétend au réalisme psychologique. «Ni réel, ni psychologique», ironise le futur réalisateur.

    Truffaut ne fait pas que critiquer la valeur de ce type de films mais les accuse de carrément nuire à l’art du cinéma en général. En parlant des scénaristes porte-étendards de la «qualité» :

    Aurenche et Bost sont essentiellement des littérateurs et je leur reprocherai ici de mépriser le cinéma en le sous-estimant. Ils se comportent vis-à-vis du scénario comme l’on croit rééduquer un délinquant en lui trouvant du travail, ils croient toujours avoir «fait le maximum» pour lui en le parant des subtilités, de cette science des nuances qui font le mince mérite des romans modernes.

    Habib, qu’on peut voir comme un héritier spirituel des pionniers des Cahiers, dénonce à son tour ce qu’il nomme la «qualité québécoise», personnifiée ici par un film en particulier : Polytechnique de Denis Villeneuve. Plus qu’une entreprise de délégitimisation d’une oeuvre acclamée à la quasi-unanimité, son essai se veut aussi une rebuffade contre l’establishment médiatique qui, selon lui, a accordé trop facilement sa bénédiction à cet «événement cinématographique» :

    Les médias étaient contents, soulagés (on tenait notre «auteur», notre enfant prodigue revenu des limbes de la pub, le film était de «bon goût»). Puis les médias se sont aussitôt tus : le «produit» avait été jugé digne, le «pari de Villeneuve» fut considéré esthétiquement et moralement «remporté».

    Malgré la brûlante ferveur qui anime l’auteur (ce désir de protéger envers et contre tous une certaine vision «juste» du cinéma), malgré son mépris absolu du film mis à l’examen, son discours n’est pas doctrinaire pour autant. En fait, Habib fait preuve d’une démarche méthodique, élabore chacun de ses arguments; si ses attaques se montrent souvent très dures, elles sont rarement gratuites. On peut bien sûr être en désaccord avec sa thèse, mais on ne pourrait jamais l’accuser de mauvaise foi ou de paresse intellectuelle.

    Enfin, même si vous êtes le plus grand admirateur de Polytechnique, je vous encourage quand même à lire l’essai. Parce que, au-delà de la critique, Habib offre simultanément un véritable cours sur le langage cinématographique. Il nous aide à devenir des spectateurs plus actifs, des cinéphiles plus engagés, en nous apprenant comment mieux lire un film.

    Voici quelques extraits :

    Questions de style

    À quoi répond cette embellie de la tragédie, sinon à une embolie cinématographique ? Ce qui frappe, d’entrée de jeu, c’est l’image. Non que l’on puisse s’opposer a priori à l’utilisation du noir et blanc, mais bien à ce qu’on a voulu en faire: une belle image. Pas une image juste (qui serait celle d’Elephant, qui est «juste» bien avant d’être «belle»). Une image polie, dans les deux sens du terme. Avec ce petit surplus de soin, ce souci d’orfèvrerie dans l’éclairage, l’étalonnage, la construction des cadres, qui la rend immédiatement, horriblement, odieusement maniérée. Ce «style stylé», typique des années ’90 au Québec avait atteint son apogée dans Cosmos, film générationnel à sketch auquel prenait part Denis Villeneuve, et dont il n’est pas revenu esthétiquement.

    Cette esthétique repose sur un principe visuel généralisé : le flou. En gros, il faut à tout prix ne garder que 10 cm de zone au foyer dans l’image, le reste est relégué à un hors-foyer-vaseliné. L’utilisation de la longue focale, ça permet de parler de la solitude contemporaine (en isolant un personnage de son environnement immédiat), de la folie (quand on y rajoute un léger décadrage, mais parfois on se plaît à rajouter un décadrage simplement parce que ça fait changement), ça permet de bien mettre en valeur ses stars, ça fait à tous les coups une belle image, qui a toute l’élégance d’une image soignée, pensée, posée, étudiée, coquette (c’est l’esthétique des pubs de la SODEC, de Desjardins ou d’ALCAN : c’est un signe de la «qualité québécoise»). Du coup, peu importe qui ou quoi est filmé, ce sera exécuté de la même manière.

    [...]

    Comment ne pas voir, dans la réexécution (c’est le bon mot) ad nauseam de la bande annonce de Polytechnique, dans l’esthétique trop étudiée du film, son image surfaite, un effet de remplacement, d’effacement de l’événement. Quand le style veut rejouer trop habilement, trop élégamment l’événement (c’est ce qu’ils appellent de la sobriété, un refus du sensationnalisme, comme si c’était la seule alternative) au point de le remplacer, quand l’imagerie se substitue au réalisme, quand le clip (à grands coups de Moby) fait office de mémoire, on est à deux pieds dans ce que Rivette appelait «l’abjection», une «obscénité mémorielle».

    Or, cet effacement de l’événement, des victimes par l’image, par les stars (qui s’y substituent), va très littéralement, dans le film, jusqu’à l’effacement des victimes elles-mêmes.

    Questions d’écriture

    Faire du suspense à partir d’une tuerie sans précédent, en faire la source d’un ressort scénaristique, est l’équivalent obscène de ce que Spielberg a filmé dans Schindler’s List quand, au lieu du Zyclon B attendu avec frémissement par les spectateurs et les victimes concentrationnaires, c’est plutôt de l’eau qui sortait des becs au-dessus de leurs têtes. Et tout le monde (le public, les victimes) était soulagé. Employer exactement les mêmes mécanismes scénaristiques que ceux qu’aurait employé un suspense hitchcockien pour filmer une banale histoire d’espionnage et pour traiter le génocide de 6 millions d’individus, c’est ce qu’on peut appeler de l’obscénité. Celle de Villeneuve n’est pas moins problématique.

    [...]

    [O]n se met à suivre une histoire, on se laisse captiver par un scénario «bien huilé», qui ressemble à tant d’autres, plutôt que de rencontrer, d’accompagner, d’assister à un événement dans ce qu’il a de plus impénétrable, douloureux : en somme, de fixer un abîme (et c’est alors Shoah, Nuit et brouillard, Fengming une histoire chinoise, Hommes à louer, mais aussi bien Elephant de Clarke et Gus van Sant, Salo de Pasolini, Hitler de Syberberg, Aguirre de Herzog, etc.). On nous demande de regarder un film, de suivre une histoire, de croire à des personnages, de vivre des émotions, de rire et de pleurer, et ainsi, sans s’en rendre compte, nous nous réconcilions avec l’événement, et chemin faisant, nous nous le rendons peu à peu «tolérable», à force de le faire ressembler à tant d’autres récits. Cette forme de normalisation conduit directement à la banalisation et à l’oubli.

    Comparaison avec un film «juste»

    Elephant ce n’est pas que des plans en steadicam dans des corridors d’école, un tueur isolé qu’on filme en rond dans une cafétéria, un homme armé qui arrive de loin filmé avec une longue focale et qui n’arrive au foyer qu’une fois qu’il a le visage presque collé à la lentille, une boucle de temps reprise en suivant des points de vue différents, etc. Gus Van Sant a attendu jusqu’à la fin de son film pour faire résonner un seul coup de feu, non pas pour créer un climax dramatique, mais pour nous laisser le temps de prendre acte, de goûter ce bloc d’espace-temps suspendu, avant que la quiétude soit éclaboussée par l’horreur.

    [...]

    Villeneuve, au contraire, nous place d’office dans le commerce idéologique et dans l’horreur (le premier plan du film), au point où l’horreur, la violence se banalise à chaque fois qu’elle est reprise, de plus en plus. De telle sorte, que la dernière fois qu’on voit Gaudette grimper sur des pupitres et tirer sur les filles, avec la voix off de la Vanasse qui lit sa lettre, on se dit que «ça suffit» : on l’a assez vu, on l’a déjà vu, autant dire qu’on ne voit plus rien. Ni les victimes, ni l’événement, tous deux évanouis…

    Je dirais même, pire que leur effacement, les victimes sont abandonnées : que ce soit les femmes tuées ou le suicidé (Jean-François), ils sont laissés à eux-mêmes. Or, si c’est ce que le film tentait de démontrer (la lâcheté des gars qui n’ont pas apporté leur secours à des personnes en danger, la société qui n’a pas voulu écouter le cri silencieux des hommes qui ne se sont jamais remis de l’événement), devait-il en rajouter en abandonnant filmiquement une nouvelle fois les victimes à leur sort? C’est ce qui faisait, a contrario, évidemment la force d’Elephant, d’avoir fait de l’accompagnement quasiment son unique vecteur narratif et formel, qui plus est, moral.

    Vous pouvez lire ici les articles d’André Habib publiés dans Hors Champ.


    • Je suis content que vous releviez ce texte d’André Habib, que j’ai beaucoup aimé moi aussi. Mais franchement, je ne vois pas comment on peut être en désaccord avec sa thèse. Film abject s’il en est un, je m’étonne encore de la réaction critique si positive. Tous ne relevait que la faiblesse du dernier tiers, mais on s’enchantait quand même sur la “sobriété” du tout. Comment un film peut être sobre alors qu’il reprend les codes du film d’horreur (Karine Vanasse, le visage à moitié ensanglanté courant dans les couloirs de l’école pour se sauver d’un tueur fou, ça fait très Prom Night)? Mais bon, les images sont belles…

    • Je suis sidéré de voir que la critique à enscensé un film que j’ai ecouté récemment. Polytechnique…. bizarre, mais loin de moi l’idée de faire du bashing, mais j’ai pas aimé du tout…. pas de commencement, pas de pourquoi il a fait ca (même si plusieurs le savent, il avait la haine des filles à cause de sa soeur… ce qui n’est pas dit). Cela ressemble plutôt a un essai qu’a un film.

      Il est désolant de voir certain média déformer tout simplement pour encaisser leur chèque. On applaudi et on ne ses pas pourquoi!
      Pour moi c’est un autre échec du cinéma québécois

    • personnellement, avant la sorti du film j’ai entendu une entrevue avec le réalisateur et j’ai tellement trouvé qu’il se prenait pour un autre, utilisant un jardon digne d’un artiste en pleine masturbation intellectuelle que j’ai décidé de ne pas voir ce film.

      Faut croire que j’avais raison.

    • Truffaut faisait du cinéma. André Habib se contente de critiquer.

    • @ hdufort

      Votre analogie est très boiteuse. C’est le vieil argument de dernier recours qui consiste à tirer sur le messager et qui me rappelle l’ineptie lancée par Patrice Sauvé à TLMEP.

      Si vous êtes en désaccord avec l’essai, allez-y, développez votre point de vue.

    • Excellente analyse, merci pour le lien. J’ai souvent eu l’impression d’être le seul à penser du mal de ce film incroyablement surestimé. C’est rassurant de savoir que d’autres partagent mes réserves.

    • @ hdufort

      En passant, Truffaut ne faisait pas encore de cinéma quand il a écrit son texte pour les Cahiers. Il n’était qu’un critique.

    • Le film demeure correct si on le compare à bien d’autres merdes produites ici, mais je ne peux toutefois qu’être d’accord avec l’auteur à bien des niveaux. C’était tout un défi que de s’attaquer à un tel sujet, et selon moi, comme dans le cas de Dédé, le défi n’a pas été relevé.

    • @hdufort

      “Truffaut faisait du cinéma. André Habib se contente de critiquer.”

      Quand Truffaut critiquait il ne faisait pas encore de films, quand il s’est mis à faire des films, il a arrêté de critiquer.

    • Nous verrons quand Habib commencera à faire des films.

    • je suis d’accord qu’à moitié…faut être quand même un peut snob pour dire que Schindler’s list est obscène car non seulement ce film est très beau très brutal et réaliste dans la manière dont la violence est présenté, mais faut être aussi de mauvaise foi pour ne pas comprendre que Spielberg rendait hommage aux films noirs des années 40… cela explique le visuel surtout pour les scènes de Liam Neeson….pour polytechnique, je ne l’ai pas vu alors je ne peut commenter.

    • On me demande mon opinion sur le film.

      Je n’aime pas la narration du film Polytechnique, on nous place les idées déjà digérées dans la tête, les paroles qui sortent de la bouche des victimes semblent d’ailleurs provenir d’un narrateur unique; comme des haut-parleurs qui diffusent tous la même musique. Comme dans bien des films québécois, la fin est trop travaillée, trop définitive. Pourquoi ne pas raconter à la Katherine Mansfield, en tronquant certaines parties, en refusant de clore le chapitre et d’arriver aux conclusions? Il y a un travail de déconstruction du récit à faire au Québec, dans TOUS nos arts. La narration est un peu notre faiblesse. Trop présente, trop appuyée. Une nation de “raconteux”?

      Par contre, je crois que l’horreur est nécessaire ici. Villeneuve aurait peut-être dû être plus honnête avec nous et nous avouer en pleine face: “Voilà l’horreur. J’ai fait un film qui parle de l’horreur, qui vous la montre sans détour.” Le noir et blanc, d’accord, ça humanise le film (quand on enlève toutes les couleurs des décors et des vêtements, il reste les expressions des visages). Peut-être que la plus grande faiblesse de ce film se trouve hors de l’écran. Villeneuve lui-même.

    • J’ai aussi vu le film de DÉDÉ et je vais dans le même sens que Charkie…. moi aussi je trouve que le défi n’a pas été relevé…. ceux qui aiment le film ( sans vouloir mettre mes paroles dans votre bouche, simple supposition) je crois qu’en fait il sont trop axé sur le peronnage que le tout. oui dédé fut un grand de notre culture musical, mais le film est très loin de toucher le but.

    • Je n’ai pas encore lu Habib et je ne verrai pas Polytechnique, mais si je puis avancer un bémol, il faudrait penser un peu moins avec des poncifs (Qualité française + abjecte de Rivette + politique des Auteurs + hyperboles lanzmanniennes).

    • “Pourquoi revenir maintenant sur Polytechnique alors que nous aurions eu, dans Hors champ, amplement le temps d’y revenir ? Simplement parce que l’auteur de ces lignes n’avait pas envie de verser un autre 12$ dans la caisse des Rémillard pour retourner voir le film.”
      Cette phrase fait perdre beaucoup de crédibilité à son propos. Ça a l’air d’être personnel son affaire.

      Il y a une animosité dans son propos qui m’empêche de prendre sa critique au sérieux.
      Je n’ai pas vu le film. Je n’avais pas l’intention, mais, là, je vais peut-être le regarder. M. Habib, votre méchanceté plutôt gratuite, va enrichir les Rémillard.
      Bravo.

      Il y a une limite à intellectualiser le cinéma et à chercher le 18ème degré de chacun des moindre choix fait par un réalisateur. Surtout quand on sait que, dans bien des cas, ces réalisateurs (comme tout artiste) font ces choix simplement “because it felt right”
      (désolé pour l’anglais, mais j’ai entendu ou lut cette phrase tellement souvent et je ne trouve pas d’équivalent français qui soit suffisamment exact)

    • Les arguments de M. Habib sont justes et pertinents. Je suis en accord avec la majorité de ce qui est avancé.

      Par contre, entre deux arguments forts se retrouvent bien souvent – et bien malheureusement – des commentaires méprisants et colériques qui non seulement fragilisent l’ensemble mais donnent à son auteur un caractère puéril. À lire certains passages, cela ressemble moins à une critique qu’à un règlement de comptes ou à une démonstration d’une quelconque supériorité intellectuelle.

      Je crois qu’elle est là, l’erreur souvent commise par certains critiques (et aussi par certains artistes), c’est-à-dire, ce besoin si aggressant d’être plus intéressant que le propos discuté ou que l’oeuvre proposée.

      Je trouve aussi qu’il y a quelque chose d’excessivement complaisant dans le fait de vouloir intellectualiser à outrance chaque élément d’une oeuvre. Certes, une démarche nécessaire, voire lumineuse, mais qui peut aussi rapidement tourner à vide.

      Hier soir j’ai régardé AWAY WE GO de Sam Mendes. Dans une des scènes finales, il y a un long plan fixe sur le personnage de Verona (délicatement interprétée par Maya Rudolph) qui raconte un souvenir d’enfance. Rien ne bouge dans le plan, ni l’actrice, ni la caméra; tout est immobile. L’unique mouvement est derrière elle, le vent souffle délicatement sur les feuilles d’un oranger. Je ne pense pas que ça que ça nécessite plus d’explications et j’ai trouvé ça magnifique.

      M.

    • Je n’ai pas vu Polytechnique, mais je trouve que la critique de Habib sur The Shindler’s list est injustement sévère. La scène de la douche est une des plus puissante du film puisque le spectateur adopte complètement le point de vue des femmes qui croient leur dernière heure arrivée. En quelques minutes, Spielberg réussi à montrer au spectateur toute l’anxiété vécu par les juifs victimes de l’holocauste. De plus, pour faire suite au propos de mudland, Spielberg a emprunté beaucoup de trucs Hitchcockiens dans sa carrière et je crois que la plupart du temps, il s’agissait d’hommages assez bien réussi.

      Pour ce qui est de Dédé, que plusieurs personnes comparent à Polytechnique (2 films basés sur des faits vécus sortis à quelques mois d’intervallle), ce film est d’après moi à moitié réussi. Son principal point fort est la bande-sonore qui est merveilleusement bien adaptée au propos et ne semble jamais placée là de force. Malheureusement, les dialogues sonnent parfois faux, certains personnages sont des accessoires très mal utilisés (Mononc’ Serge, les blondes de Dédé, surtout la première, le batteur du groupe, etc.), et l’histoire se perd un peu en cours de route… J’ai quand même passé un bon moment en le regardant, mais ce n’est certainement pas un chef-d’oeuvre.

    • Maintenant que Habib dénonce ou critique amplement la «qualité québécoise» et qu’il prend le film Polytechnique en exemple, voilà que plusieurs ici se rallient et déclarent que eux aussi sont d’accord avec la critique. Mais si je me rappelle bien, lors de la sortie du film, ça faisait presque l’unanimité concernant celui-ci. Ou alors, certains n’ont pas oser dire leurs vraies pensées concernant ce long métrage ou plutôt avaient des craintes de critiquer le contenant dont le contenu relevait d’un sujet délicat. Pour l’essai, je ne peux pas me prononcer encore car je ne l’ai pas encore lu. Mais une raison pour laquelle je ne vois pratiquement plus de long métrage québécois, c’est que j’ai toujours considéré que le cinéma québécois est surévalué surtout par la critique ici.

    • Comme Max.a., je relève un mélange inadéquat de tons dans cet article comme si l’auteur péchait par là même où il prèche! Toutefois, ses propos “justes et pertinents” l’emportent sur les écarts de ton à plusieurs endroits. D’abord, c’est sur les dangers de la suresthétisation que sa lecture est la plus forte. Sur les dangers de l’image; qu’elle puisse en ‘dire’ plus que ce que l’on veuille lui faire dire. Sur la puissance des détails au cinéma. L’étude comparatiste qu’il développe en rapport à Éléphant est fondammentale. Un détail du film de Vant Sant qui m’a frappé, c’est cette espèce d’édulcoration des images du jeu vidéo auquel jouent les protagonistes, comme si elles avaient été lavées de toute esthétisation, réduites à de simples formes quasi inhumaines; à l’opposé réel des jeux contemporains. Sorte de miroir javellisant de son propre film sans être une attaque propre aux jeux dits vidéo.
      Villeneuve lui, dans la lignée du film québécois, accompli ou parachève, une décénnie en retard, une certaine école, circonscrite par Habib, des années ‘90. Il me semble que les années 2000 auront pavé de nouveaux chemins au Québec, des chemins où à l’esthétisme moins gratuit et moins naïf, plus en accord avec les propos.

    • J’ai lu les extraits et j’ai eu peine à me rendre jusqu’au boût. Quelle colère! Il est tellement furieux que toute son argumentation en est teintée!

      Les meilleures critiques de films que j’ai lues étaient des critiques qui réussissaient, malgré mon désaccord avec leur conclusion, à exposer leurs arguments sans tourner le tout en confrontation. Ce n’est pas pour rien que Roger Ebert possède l’un des blogues les plus civilisés du Web: il a le lectorat qu’il mérite!

      L’extrait que vous présentez de M. Habib laisse croire que je devrais me tenir loin de tout ce qu’il écrit. Il méprise tellement le film, tellement l’artiste que tout les arguments qu’il avance sonnent injustes. Je suis très intéressé par le côté technique du cinéma mais uniquement lorsque le ton est neutre et posé.

      En fait, c’est faux: j’ai lu des explications techniques écrites par des gens passionnés par le film qu’ils analysaient et c’était quand même utile parce qu’ils nous donnaient un apperçu de la démarche artistique du cinéaste. Est-ce qu’en lisant M. Habib, j’ai une meilleure idée des intentions de M. Villeneuve? Absolument pas! Il est tellement en désaccord avec toute les décisions de M. Villeneuve qu’une défense du film semble nécéssaire pour faire contre-poids.

      De plus, le venin de M. Habib est tellement puissant qu’on peut se questionner sur la validité de ses arguments. Il déteste le film, soit, mais est-ce que chaque élément du film est raté à ce point? En d’autres mots, est-ce que M. Habib serait capable de voir les qualités d’un film qu’il déteste? Malheureusement, le manque de nuance de ce texte laisse plâner un doute.

      Il est là tout le problème avec Polytechnique: le ton de ses détracteurs est tel qu’il empêche toute discussion!

    • Habib affaiblit son argumentation en lançant des attaques personnelles. On peut comprendre son ras-le-bol face à la “qualité québécoise”. On a eu droit à combien de spin off de CRAZY depuis 4 ans ? Je peux vous en nommer au moins quatre ! Les fonctionnaires qui décident des subventions cherchent à garder leur job. Des films comme “Antechrist”, y’a AUCUNE chance que ça existe ici. On a sûrement un Lars Von Trier P.Q. qui s’est recyclé dans un autre domaine à force de se faire dire non. Ç’a rendu Falardeau désagréable, vous le savez.

      Par contre, oui ce film est obscène et il était temps que quelqu’un se lève et le dise. Et pour Schindler’s List, je vous raconte la petite histoire de quelqu’un qui a assisté à la première, assis juste devant deux rescapés des camps de concentration, l’avant-bras tatoué en faisant foi. À la fin du film, tout le monde se lève, mouchoir au nez bien sûr et là, un des deux vieux dit à l’autre : “I’ve been to Auschwitz and Dachau, but this beats them all”. Schindler’s List, c’est la revanche de Spielberg sur Leni Riefenstahl.

    • L’allusion (plutôt obscure pour les moins initiés) de M. Siroka aux déclarations de M. Sauvé à TLMP m’a poussé à fouillé un peu.

      Voici un article de M. Habib sur Cheech dans Le Devoir:
      http://www.ledevoir.com/2006/09/29/119336.html

      En plus des nombreux épithètes négatifs, je trouve ceci:
      “Ces gais lurons frais nés de la dernière pluie avancent satisfaits de ne rien connaître, sans histoire, sans passé, convaincus du caractère résolument «international» (c’est Guy A. qui l’a dit) du cinéma de pacotille qu’ils commettent et dont, de toute évidence, nous sommes loin d’être débarrassés. ”
      Je ne connais pas M. Habib, mais en lisant ce genre de phrase, j’ai un peu l’impression qu’il s’agit avant tout d’un conflit de génération.

    • Pour Polytechnique, je crois qu’on se méprend sur la vraie nature du film. Je crois que derrière cette réalisation, il n’y avait pas de prétention «internationale», mais plutôt une mise au point collective d’un événement qui nous a profondément choqué. Pour le cinéma québécois dans son ensemble, sa qualité en s’entend, quand on compare, on se console. Bien qu’on puisse prendre un malin plaisir à discréditer ce qui est fait ici, je crois que nous n’avons pas de leçons à recevoir de qui que ce soit!

    • @ hdufort J’abonde dans votre sens! Un agent de sécurité, c’est un policier qui n’a pas réussi à faire Nicolet. Des déchus, il y en a partout!

    • @ garaino

      Depuis quand un critique de film est-il un sous-cinéaste? Il s’agit de deux professions très différentes. C’est comme dire qu’un journaliste politique est un sous-politicien. Votre comparaison ne tient pas la route.

    • @Unspoken request

      Je ne pense pas qu’il s’agit d’un conflit de génération, j’ai eu André Habib comme professeur et il a le même âge – ou à peu près – que ceux qui ont fait Cheech, c’est-à-dire la fin trentaine.

    • @Jozef Siroka

      Juste une petite question: Est-ce que A Serious Man est sorti dans nos salles? Sa date de sortie etait le 2 octobre et je ne le vois pas disponible dans nos salles…

    • @ lord

      Le film sort vendredi.

    • Oui, Habib a le même âge que les gais lurons Patrice Sauvé et Patrice Robitaille, et pour peu que je le connaisse c’est quelqu’un de très sympathique.

      Lors même qu’un grand polémiste (Falardeau) vient de mourir, pourquoi a-t-on toujours si peur de la violence polémique au Québec? Est-ce par l’atavisme d’un peuple muet réfugié pendant un siècle sous les soutanes? Oui Habib est violent mais cette violence n’est que l’image inversée de l’unanimisme critique autour de Polytechnique. Le fait de ne pas donner à quelqu’un le droit d’haïr une oeuvre est tout aussi violent, violence d’autant plus insidieuse qu’elle est sous le couvert d’un consensus, d’une Vérité.

      Comme disait Godard, on parle souvent de la violence du fleuve qui déborde; on parle moins de la violence des rives qui l’enserrent et le contraignent.

    • Je suis d’accord avec les critiques de Habib, sauf sur le fait que l’effet de style et l’esthétique constituent un effacement de l’événement.

      Sans dire qu’il est du même calibre Denis Villeneuve propose habituellement une esthétique à la Wong Kar Wai, mais un peu plus “léchée”, ce qui peut paraître superficiel à prime abord et retirer une humanité au film.

      C’est certain que le son et l’image sont beaucoup plus “crus” dans les films de facture allemande ou de l’Europe du Nord en général (Von Trier, La vie vie des autres, etc.)

      Mais un film n’est pas un événement culturel ou un événement social. avant tout, c’est un événement artistique et la sensibilité esthétique de Villeneuve est une part importante de la facture québécoise en cinéma. Je pense qu’il faut de ces films pour pour apprécier ensuite des images plus rudes ou moins mielleuses.

    • Je cherchais un moment ce qui m’agaçait à propos du film, et bien, j’ai trouvé: c’est trop léché. C’est ”trop beau”. La caméra qui virevolte, le noir et blanc permettant de jolis effets d’éclairages, les plans bien étudiés… Si ce n’était du sujet, on dirait que c’est merveilleux.

      Mais justement, ce n’est pas un sujet ”beau”. Je préfère ainsi largement les films de Haneke (voir 71fragments d’une Chronologie du Hasard, Benny’s Video, Funny Games…) où la violence est réelle, douloureuse. Pas de beau mouvement de caméra, de musique larmoyante: la violence, la vraie.

    • Je ne connais rien au cinéma et c’est peut-être pourquoi j’ai beaucoup aimé Polytechnique. Le film est beau, très léché, c’est vrai; mais pour moi ca représente la beauté de certains matins banals et tranquilles quand je me rends à l’université. À la sortie de ce film, j’étais peut-être saisi par l’horreur de l’évènement, mais le lendemain je voyais mon campus et ses étudiants avec un nouveau regard. Tout d’un coup, le geste banal que ma voisine de classe faisait en déposant ses livres, je trouvais ca beau grâce aux images que j’avais vu la veille, et ça m’a fait apprécier comment la vie – et ses journées banales – sont précieuses.

    • Partie 1

      @unholy_ghost. Tu soulèves, je crois, une question fondamentale : « pourquoi a-t-on toujours si peur de la violence polémique au Québec? » Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’ai pas vu le film Polytechnique et que je n’ai malheureusement pas le temps de lire l’article de ce critique. Je chercherai simplement à hasarder quelques commentaires en réponse à ta question.

      Nous souffrons au Québec de ce que je qualifierais de pudeur atavique et cela s’exprime de diverses façons. Beaucoup trop de Québécois n’aiment pas se voir décrits comme des intellectuels – même s’ils le sont – sans doute parce que ça fait trop élitiste. Nous n’aimons guère les polémistes à la Falardeau ou à la Richler (un polémiste et un écrivain de génie, à mon avis). Même certains Bye Bye de fin d’année, pourtant beaucoup moins bêtes et méchants, heurtent certaines âmes sensibles. Nous n’aimons pas que nos écrivains décrivent trop, que nos réalisateurs montrent trop et que nos rares polémistes attaquent trop. Et ce NOUS est … inclusif! C’est-à-dire qu’il englobe tout autant les gens du commun que les élites de notre société. L’article récent de N. Petrowski sur Falardeau est symptomatique de cet état de pensée ou plutôt de non-pensée. NP est devenue une matante.

      Nous préférons nous réfugier dans une certaine quiétude unanimiste qui prend souvent la forme de consensus forcés. Même à la Commission Bouchard-Taylor, les médias ont préféré voir certains épisodes plus juteux comme des séances de défoulement collectif plutôt que comme l’expression de préoccupations bien réelles. Nous votons depuis des lustres pour des formations politiques autonomistes au Québec et depuis 1976 pour un parti souverainiste à Québec et à Ottawa depuis 1990, mais en prenant bien soin de n’avoir jamais à faire face à une décision ultime where there’s no turning back. On ne tient pas à sortir de notre confort relatif et de jouer à se faire peur. Politiquement, nous nous complaisons à vivre entre deux chaises. Et socialement parlant, nous recherchons à ne jamais faire trop de vagues. En outre, quand un événement nous ébranle comme société (ex. : Poly), il nous est presque impossible de le considérer dans toute son horreur et sa réalité i.e. sa vérité intrinsèque.

      Pudeur atavique aussi dans les images des funérailles de ces soldats québécois morts en Afghanistan. Tu es de Québec, ghost. Et ces soldats québécois tombés en Afghanistan viennent presque tous de la région de Québec i.e. de la base de Val-Cartier. À quand un Coming Home québécois? Ça prendra sans doute une éternité. C’est tout de même curieux que ces morts québécois – les premiers depuis la guerre de Corée et peut-être même la Seconde Guerre Mondiale à mourir de manière aussi régulière en terre étrangère – soulèvent si peu d’interrogations ou d’articles de fond dans les médias grand public.

    • Partie 2

      Par ailleurs, on peut tolérer des intellectuels désabusés qui parlent de cul comme dans le Déclin d’Arcand, mais je crois qu’on aurait eu beaucoup de mal à visionner Love and Human Remains. Outre le fait que l’auteur de l’œuvre initiale est anglophone, peut-être qu’Arcand s’est dit qu’il ne pourrait jamais tourner un tel film au Québec. Pauvre Arcand. Dieu sait qu’il a cherché à nous brasser la cage, et ce, plus d’une fois : On est au coton, Réjeane Padovani, Le confort et l’indifférence et même le Déclin. Surtout le Déclin car, par l’entremise d’intellectuels qui dissertent sur le sexe, comment ne pas y voir une parabole sur le déclin de notre société? Car quand des intellectuels en sont réduits à tout associer au cul, c’est que le déclin est bien entrepris. Un poisson pourrit d’abord par la tête, dit-on.

      C’est le personnage de Mario qui, par son franc parler et sa manière directe d’agir sans s’embarrasser de paroles inutiles, démasque tout ce beau monde et leur jette à la gueule leur profonde hypocrisie. Après Mario, le monde de ces intellos s’écroule et les tromperies apparaissent. C’est précisément cela qu’on ne veut pas voir comme société. On a beau dire que nos politiciens nous mentent en pleine face, songe-t-on à y changer quelque chose? Ben non, on l’accepte au fond car nos politiciens dans leur absolue médiocrité nous renvoient une image de nous-mêmes nullement déformée. On les mérite ces zigotos, croyez-moi. Et ce ne sont pas les boy-scouts de Québec Solitaire (!) qui pourront y changer quoi que ce soit. Et vous avez vu les choix qui s’offrent aux électeurs de Montréal pour le 1er novembre? Misère.

      Aussitôt qu’un Falardeau ou un Richler, pour ne citer que les plus mentionnés (les Jean Larose, Jacques Godbout et al. sont beaucoup moins lus), commet une grosse boulette, les âmes bien pensantes ont eu tôt fait de les ramasser. Une société encore frileuse qui prône le consensus à tout prix, qui a peur de son ombre, dont presque 40 % de ses membres vit au crochet de l’État et qui fait souvent obstacle à un ensemble de projets pour des raisons souvent absurdes, ce n’est pas une société en santé. Ah oui, le dossier de la santé. Sur le plan des valeurs, le Québec est l’un des rares sociétés occidentales (peut-être même la seule) à être passée en coup de vent d’une société pré-moderne à une société postmoderne sans s’attarder à vivre sa modernité. Rien d’étonnant à ce qu’on y observe des relents de pré-modernisme frileux et de postmodernisme relativiste. Je m’arrêterai ici, mais j’en aurais encore plus long à dire.

    • Je continue de réfléchir sur le sujet (la narration, l’esthétique du film de Villeneuve, la qualité dans le cinéma québécois) et quelques titres de films me (re)viennent à l’esprit. Je me demandais plus tôt, quand est-ce qu’on va voir un film québécois dont l’histoire est onirique, “pas rapport”, intimiste jusqu’au point où l’explication finale (la “morale” du film-conte à la Disney) est absente. Une “Double vie de Véronique” québécois, un “Magnolia” montréalais. Et puis je pense à Maelström, La turbulence des fluides, Possible Worlds, Deux secondes, etc. Ce sont tous des films imparfaits à plusieurs égards, mais ils viennent nous démontrer qu’une narration “postmoderne” est possible ici.

      Et ne parlons pas de Dédé, où (encore une fois) tout le monde sonne comme une étude sociologique ou comme un communiqué de presse. Qu’on en finisse avec la maudite “authenticité des intentions” (décriée par Charles Taylor dans son essai “Malaise of Modernity”) et qu’on ramène une authenticité un peu plus viscérale. Et si le film sur Dédé avait plutôt des odeurs de vieille bière et la sueur, sans glorification aucune?

      Et puis je reviens à “Truffaut contr Habib”, je sais que mon premier message avait l’air d’utiliser un vieux sophisme élimé. Mais que serait Truffaut s’il n’avait que publié ses idées sans faire de films ensuite. Serait-il ce monument, ce réformateur du cinéma français (et mondial)? Il me semble que si l’ambition d’un critique est de casser la baraque, il n’a pas le choix de prêcher par l’exemple. S’il veut critiquer un film, voire un courant, tant mieux pour lui. Mais Habib semble avoir des ambitions plus grandes.

    • Maelström, tout ça.. une période à oublier. Ils sont nuls ces films. Il y a quelque chose de pourri dans tous les films de Villeneuve et je ne sais pas si Habib met bien le doigt dessus. Et ce n’est pas uniquement Villeneuve mais tout ce qui émane de ce Cosmos.. donc y compris Manon Briand. Surtout Manon Briand.

    • Après avoir approfondi le texte de Habib, je pense être d’accord, même si je ne saisis pas tout (une bonne partie s’appuie sur un décorticage des scènes que je n’ai bien sûr pas fait).

    • J’ai lu l’analyse au complet et la réflexion qu’il propose est très enrichissante. J’avais eu la même impression qu’il a eu lorsque j’avais regardé le film “American History X” que l’image nous vendait quelque chose d”amoral voire irréfléchi…En somme c’est l’éternel débat du cinéma commercial VS le cinéma d’auteur…C’est comme 2 frères siamois qui ne pourraient pas vivre un sans l’autre mais qui ne peuvent s’empêcher de se foutre des taloches… et polytechnique c’est le dernier jouet qu’ils vont se briser sur la tête…

    • Polytechnique est un chef-d’oeuvres….de propagande. premierement il ne relate pas les faits comme tels, mais utilise un massacre réel (commis par uns chizophrene) pour y coller des personnages et des evenements fictifs et lui donner une saveur de symbolisme social….technique tres prisée d’hollywood (voir Spielberg).

      Le gros problème politique de ce film c’est que le symbolisme des evenements et personnage fictifs est plus fort, parle plus, que les evenements reels (le massacre et la lettre)…lire la lettre sans les fautes, les ratures, etc…de Marc lepine donne a la lettre une aura de lucidité haineuse, alors que cette lettre est un pur délire. L’acteur la lisant tres bien, clamement, on ne sent pas l’excitation et la folie du texte réel qui a été gribouillé rapidement quelques minutes avant le massacre.

      Villeneuve ne montre que des hommes lamentables….l’image du pere (le mononk qui embauche la jeune etudiante geniale) est pointé comme responsable absolu: son sexisme va mener à deux choses: un jeune homme imbu de violence contre les femmes et un autre faible, qui se laisse piler sur les pieds (par des femmes…) et qui se suicide..ce dernier ne semblant pas avoir de pere, alors que dans la réalité, l’étudiant qui s’est suicidé avait deux parents qui se sont suicidés egalement peu apres. Villeneuve gomme la réalité et l’enveloppe de fausseté pour que l’on épouse sa these sans broncher. À voir se film on peut se poser la question: le monde serait-il mieux avec seulement des femmes?

      L’image de l’homme dans ce film est typique de la culture quebecoise: un looser, un violent, un inapte, un lache, un batteur de femme (ici un meurtrier), un pere absent, un gros mononk pervers….aucun autre pendant masculin positif, sauf peut-etre un pere, invisible, qui parle à sa fille (la belle vanasse) comme une mere…polytechnique est le reflet de la culture populaire (romans, tele, poesie, theatre, etc…) quebecoise….important de voir ce film pour comprendre pourquoi les jeunes hommes se suicident ici plusque partout en occident, que le taux de decrochage des garcons avoisine les 50% dans certaines regions, etc…
      Pour la technique, Villeneuve ne voulait pas faire un film artistique, mais populiste….et à mon avis Habib est dans le champs….car Elephant n,a pas eu aucun impact sur la population americaine car il ne frappe pas l’imaginaire de l,americain moyen…alors que Villeneuve, malheureusement, l’a reussit parfaitement…comme disait lenine: le cinema est de tous les arts, le plus important….c-a-d le meilleur outil de propagande!

    • “Polytechnique”, c’est le mariage du clip publicitaire et de l’idéologie féministe misandrique, un des trois piliers de référence de l’establishment culturel quécécois (avec l’ésotérisme managérial et le festivisme programmatique, comme disait un auteur qui me pardonnera de ne pas le citer pour cause d’Alzheimer). Un climat qui ne bénéficie qu’aux petits arrivistes politiquement corrects.

    • Enfin quelqu’un autre que moi pour affirmer que le cinéma québécois fait pitié.

      Ca manque de fiction, d’imagination, de vrai comédie.

      Il y a un flagrant manque d’acteurs compétents et divertissants.

    • Je n’ai vu que la bande annonce de Polytechnique, mais cet “orfèvrerie dans l’éclairage, l’étalonnage, la construction des cadres, qui la rend immédiatement, horriblement, odieusement maniérée” dont parle Habib, est la principale raison pour laquelle je n’ai jamais eu envie de voir l’œuvre de Villeneuve. Et je comprend la réaction outré de certains critiques de cinéma face à cette analyse percutante car nul n’est jamais très heureux d’être le dindon de la farce.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  • Blogues sur Cyberpresse

  • Calendrier

    août 2011
    L Ma Me J V S D
    « juil   sept »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives